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Une ode aux couleurs

Je dois avouer que ces jours ci j’ai “des bleus au cœur” quand je vois la tournure des événements autour de la question du racisme. J’en serai presque arrivé à en “broyer du noir”, sans vouloir en venir aux poings avec personne.

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C’est le moment d’établir une culture « vocationnelle » vincentienne !

Si le changement que COVID-19 nous a apporté est réduit à la “grande nouveauté” du travail virtuel, alors nous aurons échoué à traverser ce désert, parce qu’il n’y aura pas de terre promise, mais seulement un événement de plus dans la même culture d’aventures et de divertissement, friands de nouvelles expériences, mais sans possibilité de conversion.

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Lettre du Supérieur Général, P. Tomas Mavric CM. À tous les membres de la Congrégation de la Mission. 19 juin 2020

Au fil des semaines et des mois, alors que la pandémie diminue dans certains pays, mais dans d’autres continue de croître, où la douleur et la souffrance dans le monde sont si présentes, nous voulons rester en première ligne, en totale harmonie avec notre charisme, en étant inventif et voir quoi d’autre peut être fait en faveur de nos frères et sœurs.

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QUI SUIS-JE POUR JUGER?

La parabole du pharisien et du publicain éveille souvent chez de nombreux chrétiens un grand rejet envers le pharisien qui se présente devant Dieu arrogant et sûr de soi-même, et une sympathie spontanée envers le publicain qui reconnaît humblement son péché. Paradoxalement, le récit peut éveiller en nous ce sentiment: «Je te remercie, mon Dieu, car je ne suis pas comme ce pharisien». Pour entendre correctement le message de la parabole, il faut tenir compte du fait que Jésus ne la raconte pas pour critiquer les secteurs pharisiens, mais pour secouer la conscience de «ceux qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient les autres». Nous sommes certainement nombreux, nous catholiques de notre époque, à nous trouver parmi eux. La prière du pharisien révèle son attitude intérieure: «Oh mon Dieu! Je te remercie car je ne suis pas comme les autres hommes». Quel genre de prière est celle-ci où l’on se croit: meilleur que les autres? Même un pharisien, fidèle observant de la Loi, peut vivre dans une attitude pervertie. Cet homme se sent juste devant Dieu et, précisément à cause de cela, il devient un juge qui méprise et condamne ceux qui ne lui ressemblent pas. Le publicain, par contre, ne réussit qu’à dire: «Oh mon Dieu! Prends pitié du pauvre pécheur que je suis». Cet homme reconnaît humblement son péché. Il ne peut pas se vanter de sa vie. Il se confie à la compassion de Dieu. Il ne se compare à personne. Il ne juge pas les autres. Il vit dans la vérité devant lui-même et devant Dieu. La parabole est une critique pénétrante qui démasque une attitude religieuse trompeuse, qui nous permet de vivre sûrs de notre innocence, tout en condamnant à partir de notre soit disant supériorité morale, tous ceux qui ne pensent pas ou n’agissent pas comme nous. Des circonstances historiques et des courants triomphalistes éloignés de l’Évangile nous ont rendus, nous les catholiques, particulièrement enclins à cette tentation. C’est pourquoi, nous devons lire la parabole chacun dans une attitude d’autocritique: pourquoi pensons-nous être meilleurs que les agnostiques? Pourquoi nous sentons-nous plus proches de Dieu que les non-pratiquants? Quel est le fond de certaines prières pour la conversion des pécheurs? Comment réparer les péchés d’autrui en refusant de nous convertir nous-mêmes à Dieu? À une occasion, face à la question posée par un journaliste, le pape François a fait cette déclaration: «Qui suis-je pour juger une personne gay?». Ses paroles ont surpris presque tout le monde. Apparemment, personne ne s’attendait à une réponse aussi simple et évangélique d’un pape catholique. Cependant, c’est l’attitude de celui qui vit vraiment devant Dieu. José Antonio Pagola Traducteur : Carlos Orduna