La Rencontre Personnelle avec Jesus-Christ chez Un Missionnaire Vincentien

Le quêteur de cet article fait référence au charisme vincentien. Depuis longtemps, je suis convaincu que tout charisme authentique ne s’entend que de la personne. Par appropriation il peut s’attribuer à une institution, comme c’est le cas pour la Congrégation de la Mission et par extension à un ensemble d’institutions vivant du même esprit, en l’occurrence, la famille vincentienne.

Jean-Pierre Renouard

La Rencontre Personnelle avec Jesus-Christ chez Un Missionnaire Vincentien

Vincent est né chrétien, une évidence pour l’époque. Il est baptisé au sortir du sein maternel, le même jour. A Ranquines, on vit en chrétien, soir et matin on y salue Dieu en famille, on grandit sous son regard, on y reçoit le prêtre et les premiers rudiments de la foi. Celle-ci est constitutive sans question aucune. Et de la même manière, il reçoit une vocation presbytérale possible avec les études nécessaires à la clé. Il reçoit l’ordination en 1600. Sur ce laps de temps, une rencontre personnelle avec Jésus naît, s’affine, se transforme. Indice flagrant quand, buriné par une crise spirituelle, il en sort par le haut et «s’avisa un jour, de prendre une résolution ferme et inviolable pour honorer davantage Jésus-Christ, et pour l’imiter plus parfaitement qu’il n’avait encore fait, qui fut de s’adonner toute sa vie pour son amour au service des pauvres. » (Abelly III, 118,119. Chap. XI). La phrase est soignée mais toute une expérience spirituelle se cache sous ses mots.

Selon mon point de vue, c’est la marque que la vraie rencontre est accomplie. Peu importe le temps, l’essentiel pour cet homme est qu’il soit branché sur Jésus par un engagement à vie, pour lui rendre honneur en tant que Dieu, en le servant au mieux et fidèlement, dans les pauvres. Désormais voilà la perspective unique de la recherche de la sainteté. Il vit, il agit, il prie, il crée « à la suite du Christ », selon le principe unique et déterminant, le principe d’imitation. Il le reconnait comme moteur de sa vie. Et quand il imagine la Congrégation de la Mission, le but ultime donné à sa fondation est « de suivre le Christ, Evangélisateur des pauvres. » Tout s’articule selon ce désir, l’activité apostolique, la donation, la prière, la fraternité…Il cherche en permanence à se situer dans une sorte de va-et-vient permanent entre Evangile et vie, contemplation et action, prière et engagements, resourcement et travaux, Eucharistie et services. Il ne quitte jamais Dieu puisqu’il voit et sait que le Dieu fait homme est l’homme devenu pauvre. En permanence, il voit Jésus-Christ dans toute personne en situation de détresse quelle que soit la nature de cette déficience souvent avilissante.

Comment ne pas voir le Missionnaire de toujours en pareille recherche? Lui aussi veut imiter le Maître. Lui aussi est appelé à se situer en «disciple missionnaire». Lui aussi se projette au plus près du Christ. Expérience faite (bien et mal !) je préconise dans l’esprit des Règles Communes, des actes, un esprit, un climat incontournables pour pénétrer le cœur du Christ.

Des actes que j’estime fondamentaux

  • et d’abord cette plongée matinale, au saut du lit, dans la méditation. Cette heure d’oraison commencée par une demi-heure ensemble, est l’assise de la journée. La négligence qui peut s’installer très vite ou l’excuse toujours disponible sous de fallacieux prétextes, apportent la preuve que « rien ne va plus » quand cette heure bénie est omise. Aujourd’hui, il y a urgence ! Cette mise en présence de Dieu, cette réflexion sous son regard de l’exigence évangélique, cette recherche du lien avec ma vie apostolique du moment, cette détermination sur un point concret dont je vérifie l’application au temps fixé, m’aide puissamment à vivre ma vocation au quotidien. La résolution, ce point concret et saillant pour ma journée, est le signe d’une oraison accomplie. Sans oraison qui débouche sur du vérifiable, je me dessèche ; avec une oraison productive, je suis comme l’arbre toujours fécond. Ce débouché est de nécessité pour une oraison réussie.
  • Et je vis de la Parole de Dieu qui placée au cœur de ma vie de baptisé, est surclassée par ma vocation missionnaire. Rien de solide sans le roc qu’elle représente et qui n’est autre que le Christ lui-même. C’est elle qui peut nourrir mon oraison mais qui se propose comme l’élixir de ma vie quand elle devient lectio divina. Les méthodes fleurissent mais l’essentiel est d’être convaincu que cette Parole est tout autant pour moi que pour les autres, une semence de fruits nourrissants. Et toutes les prédications les plus fertiles s’enracinent en elle. Le pape François institue à point nommé, ‘un dimanche de la Parole’ de Dieu, suite logique à ses lignes de « Gaudium Evangeliae »
  • L’Eucharistie est le lieu par excellence où la Parole donne encore vie et puissance. La célébrer est vital et elle est le sommet de notre vie et de notre mission, de notre journée. La célébrer avec une assemblée nous aide à « faire Eglise » et à centrer notre vie de prière sur le Christ donné en nourriture de croissance pour la multitude. J’évite toute impasse sur elle. A elle s’arriment toutes nos autres pratiques spirituelles non facultatives. Le mot d’ordre est « fidélité ».

L’esprit qui anime ces temps forts est celui de la Mission. Je n’ai jamais aimé le réduire aux seules cinq vertus fondamentales. Même si elles en constituent une bonne part, elles sont dépassées par tout un ensemble animé par les personnes trinitaires qui en sont la source. Tout vient de là. Le Père nous appelle, le Christ nous modèle, l’Esprit nous anime. C’est forts de cet envoi que nous accomplissons, jour après jour, ce que Dieu attend de nous et qu’au rythme de la Providence, nous servons et évangélisons, les démunis de ce monde. Nous portons ainsi à la perfection notre vocation baptismale et, si nous sommes prêtres, notre condition sacerdotale. Tout donnés à Dieu et aux pauvres, selon le mot consacré, nous agissons en passionnés du Royaume. Telle est mon expérience, si imparfaite soit-elle, telle est ma foi.

Reste à définir le climat dans lequel nous agissons, la manière fraternelle. Nous sommes des ouvriers évangéliques travaillant, non en isolé, non en franc-tireur mais ensemble. Condition sine qua non, milieu naturel et ordinaire de la mise en œuvre de ce charisme vincentien. Il ne peut se vivre autrement. Il est le fruit de l’équipe, de la communauté, de la fraternité reprise au jour le jour, inlassablement. Tel est le moyen privilégié d’une mission efficace. Je suis heureux, au terme de mes ans, d’avoir vécu ainsi et je souhaite ce bonheur aux frères à venir. Quant à ceux qui gémiraient sous le poids d’un fardeau réputé trop lourd, je conseillerai une consultation médicale.

Il se murmure ici ou là que la Congrégation souffre de quelques poussées de fièvre. Au-delà de toute malice ou de clin d’œil, éclairé par les « maladies de la Curie » et réfléchissant avec d’autres, à l’état précaire et forcément à la recherche du meilleur remède, j’incline à penser que la seule voie de guérison est spirituelle. Il ne se peut que tout n’aille au mieux si Jésus-Christ s’en mêle.

Partager sur facebook
Share on Facebook
Partager sur twitter
Share on Twitter
Partager sur linkedin
Share on Linkdin
Partager sur pinterest
Share on Pinterest
Partager sur email
Email
Partager sur whatsapp
WhatsApp

Le quêteur de cet article fait référence au charisme vincentien. Depuis longtemps, je suis convaincu que tout charisme authentique ne s’entend que de la personne. Par appropriation il peut s’attribuer à une institution, comme c’est le cas pour la Congrégation de la Mission et par extension à un ensemble d’institutions vivant du même esprit, en l’occurrence, la famille vincentienne. Mais au début de cette chaîne je ne vois que des témoins, le premier d’entre eux étant saint Vincent de Paul. Nul n’a pu pénétrer et ne parviendra à le faire, au plus intime de son être. Mais au travers des témoignages reçus par la tradition depuis 1581 – ses écrits, ses biographes, la réflexion collective –  nous voyons mieux aujourd’hui ce qui peut constituer son héritage. Pour être missionnaire selon l’esprit de st Vincent, il est bon de pointer ce qu’il a semé dans sa propre découverte du Christ jusqu’à former avec lui un seul et même être.

Vincent est né chrétien, une évidence pour l’époque. Il est baptisé au sortir du sein maternel, le même jour. A Ranquines, on vit en chrétien, soir et matin on y salue Dieu en famille, on grandit sous son regard, on y reçoit le prêtre et les premiers rudiments de la foi. Celle-ci est constitutive sans question aucune. Et de la même manière, il reçoit une vocation presbytérale possible avec les études nécessaires à la clé. Il reçoit l’ordination en 1600. Sur ce laps de temps, une rencontre personnelle avec Jésus naît, s’affine, se transforme. Indice flagrant quand, buriné par une crise spirituelle, il en sort par le haut et «s’avisa un jour, de prendre une résolution ferme et inviolable pour honorer davantage Jésus-Christ, et pour l’imiter plus parfaitement qu’il n’avait encore fait, qui fut de s’adonner toute sa vie pour son amour au service des pauvres. » (Abelly III, 118,119. Chap. XI). La phrase est soignée mais toute une expérience spirituelle se cache sous ses mots.

Selon mon point de vue, c’est la marque que la vraie rencontre est accomplie. Peu importe le temps, l’essentiel pour cet homme est qu’il soit branché sur Jésus par un engagement à vie, pour lui rendre honneur en tant que Dieu, en le servant au mieux et fidèlement, dans les pauvres. Désormais voilà la perspective unique de la recherche de la sainteté. Il vit, il agit, il prie, il crée « à la suite du Christ », selon le principe unique et déterminant, le principe d’imitation. Il le reconnait comme moteur de sa vie. Et quand il imagine la Congrégation de la Mission, le but ultime donné à sa fondation est « de suivre le Christ, Evangélisateur des pauvres. » Tout s’articule selon ce désir, l’activité apostolique, la donation, la prière, la fraternité…Il cherche en permanence à se situer dans une sorte de va-et-vient permanent entre Evangile et vie, contemplation et action, prière et engagements, resourcement et travaux, Eucharistie et services. Il ne quitte jamais Dieu puisqu’il voit et sait que le Dieu fait homme est l’homme devenu pauvre. En permanence, il voit Jésus-Christ dans toute personne en situation de détresse quelle que soit la nature de cette déficience souvent avilissante.

Comment ne pas voir le Missionnaire de toujours en pareille recherche? Lui aussi veut imiter le Maître. Lui aussi est appelé à se situer en «disciple missionnaire». Lui aussi se projette au plus près du Christ. Expérience faite (bien et mal !) je préconise dans l’esprit des Règles Communes, des actes, un esprit, un climat incontournables pour pénétrer le cœur du Christ.

Des actes que j’estime fondamentaux

  • et d’abord cette plongée matinale, au saut du lit, dans la méditation. Cette heure d’oraison commencée par une demi-heure ensemble, est l’assise de la journée. La négligence qui peut s’installer très vite ou l’excuse toujours disponible sous de fallacieux prétextes, apportent la preuve que « rien ne va plus » quand cette heure bénie est omise. Aujourd’hui, il y a urgence ! Cette mise en présence de Dieu, cette réflexion sous son regard de l’exigence évangélique, cette recherche du lien avec ma vie apostolique du moment, cette détermination sur un point concret dont je vérifie l’application au temps fixé, m’aide puissamment à vivre ma vocation au quotidien. La résolution, ce point concret et saillant pour ma journée, est le signe d’une oraison accomplie. Sans oraison qui débouche sur du vérifiable, je me dessèche ; avec une oraison productive, je suis comme l’arbre toujours fécond. Ce débouché est de nécessité pour une oraison réussie.
  • Et je vis de la Parole de Dieu qui placée au cœur de ma vie de baptisé, est surclassée par ma vocation missionnaire. Rien de solide sans le roc qu’elle représente et qui n’est autre que le Christ lui-même. C’est elle qui peut nourrir mon oraison mais qui se propose comme l’élixir de ma vie quand elle devient lectio divina. Les méthodes fleurissent mais l’essentiel est d’être convaincu que cette Parole est tout autant pour moi que pour les autres, une semence de fruits nourrissants. Et toutes les prédications les plus fertiles s’enracinent en elle. Le pape François institue à point nommé, ‘un dimanche de la Parole’ de Dieu, suite logique à ses lignes de « Gaudium Evangeliae »
  • L’Eucharistie est le lieu par excellence où la Parole donne encore vie et puissance. La célébrer est vital et elle est le sommet de notre vie et de notre mission, de notre journée. La célébrer avec une assemblée nous aide à « faire Eglise » et à centrer notre vie de prière sur le Christ donné en nourriture de croissance pour la multitude. J’évite toute impasse sur elle. A elle s’arriment toutes nos autres pratiques spirituelles non facultatives. Le mot d’ordre est « fidélité ».

L’esprit qui anime ces temps forts est celui de la Mission. Je n’ai jamais aimé le réduire aux seules cinq vertus fondamentales. Même si elles en constituent une bonne part, elles sont dépassées par tout un ensemble animé par les personnes trinitaires qui en sont la source. Tout vient de là. Le Père nous appelle, le Christ nous modèle, l’Esprit nous anime. C’est forts de cet envoi que nous accomplissons, jour après jour, ce que Dieu attend de nous et qu’au rythme de la Providence, nous servons et évangélisons, les démunis de ce monde. Nous portons ainsi à la perfection notre vocation baptismale et, si nous sommes prêtres, notre condition sacerdotale. Tout donnés à Dieu et aux pauvres, selon le mot consacré, nous agissons en passionnés du Royaume. Telle est mon expérience, si imparfaite soit-elle, telle est ma foi.

Reste à définir le climat dans lequel nous agissons, la manière fraternelle. Nous sommes des ouvriers évangéliques travaillant, non en isolé, non en franc-tireur mais ensemble. Condition sine qua non, milieu naturel et ordinaire de la mise en œuvre de ce charisme vincentien. Il ne peut se vivre autrement. Il est le fruit de l’équipe, de la communauté, de la fraternité reprise au jour le jour, inlassablement. Tel est le moyen privilégié d’une mission efficace. Je suis heureux, au terme de mes ans, d’avoir vécu ainsi et je souhaite ce bonheur aux frères à venir. Quant à ceux qui gémiraient sous le poids d’un fardeau réputé trop lourd, je conseillerai une consultation médicale.

Il se murmure ici ou là que la Congrégation souffre de quelques poussées de fièvre. Au-delà de toute malice ou de clin d’œil, éclairé par les « maladies de la Curie » et réfléchissant avec d’autres, à l’état précaire et forcément à la recherche du meilleur remède, j’incline à penser que la seule voie de guérison est spirituelle. Il ne se peut que tout n’aille au mieux si Jésus-Christ s’en mêle.

Écouter la Parole de ce jour

Outre notre bel octave de Buglose, sous les premiers charmes de l’automne, nous sommes comblés par ce que nous venons de vivre ces derniers jours et d’écouter en ce dimanche.

Jean-Pierre Renouard

Écouter la Parole de ce jour

Outre notre bel octave de Buglose, sous les premiers charmes de l’automne, nous sommes comblés par ce que nous venons de vivre ces derniers jours et d’écouter en ce dimanche. A quelques soixante kilomètres d’ici, est situé un village désormais paré deux fois de pourpre, rouge par son piment, rouge par son cardinal, Roger Etchegaray ; il fut inhumé dans le caveau familial du village basque de son enfance proche d’une autre famille célèbre, celle du Père Armand David, le lazariste découvreur du Panda et missionnaire botaniste. Ces deux hommes issus de la même terre ont foulé le même champ apostolique de la lointaine Chine pour y faire entendre le message évangélique et y parler du Christ, seul Sauveur des hommes. Ce qui est frappant chez ces êtres d’exception épris d’humilité, c’est qu’ ils sont passés par un enracinement typé fait de solidité et d’endurance, doués d’une forte nature, d’une volonté à toute épreuve et d’une foi toujours prête à se donner sans réserve ni économie, à ‘rendre compte de son espérance’.

Pourquoi les évoquer aujourd’hui ? Parce qu’ils me font écouter la Parole de ce jour avec une oreille ouverte autrement, parce qu’ils sont arrivés au comble du bonheur, j’ai envie grâce à eux, de regarder ce Père des cieux amoureux des hommes qui nous attend tous et que nous chrétiens d’ici et d’ailleurs, avons toujours à annoncer. Ce père est bon comme celui de l’évangile. Il est réticent à se séparer d’un trop jeune fils, exécutant ses désirs malgré tout, et, des temps et des temps plus tard, scrutant l’horizon pour mieux apercevoir sa silhouette chérie revenant à la maison, être saisi de compassion, courir à sa rencontre, le couvrir de baisers , le revêtir comme un prince, lui passer la bague d’alliance, organiser la fête et calmer son frère à la jalousie déplacée. Ce Père se montre aussi ‘bon berger’, à la recherche exclusive de la brebis perdue et ‘bon balayeur’ à la quête de la pièce d’argent qui roule à la dérive dans quelque coin obscur de sa maison. Dieu est un empressé, un chercheur d’hommes, un insatisfait de sa battue tant qu’il n’a pas retrouvé l’objet ou le sujet de sa tendresse. J’aime ce Dieu la, le vrai Dieu, Celui qui s’est abaissé jusqu’à l’extrême. Quel regard habituel je porte sur Lui ? Est-ce que je convertis mon regard s’il est toujours tourné vers un Dieu avide de répression et de punition ? C’est à un accueil chaleureux que j’ai à m’ouvrir car il m’attend, bras et cœur ouverts.

Certes, je suis souvent de la race des « chiens perdus sans collier » comme celui qui a traîné toute la semaine, sur la place du Berceau, au gré de nos humeurs. Nous sommes de ce « peuple corrompu », adorateur de veau d’or ou d’argent selon les traditions bibliques. Et nous mériterions châtiment mais Dieu ne varie pas et reste délibérément optimiste sur la créature que nous sommes. Inlassablement, Il nous aime ! Et il martèle par st Paul interposé : « le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs ». Et le Christ, c’est son fils, son Bien aimé, son image parfaite, sa réplique, son double, l’expression éclatante de sa bonté toujours avide de partager l’amour et de le partager à l’homme. Est-bien ainsi que je m’approche moi-aussi de lui, cœur dilaté, toujours prêt à aimer et à répandre le bien sans frontières?

Et je reviens au Cardinal d’Espelette plus basque que romain et qui nous a confié de mille manières ce qui fit battre son cœur d’apôtre de la paix, le poussant à des milliers de kilomètres et qui fut le moteur de sa vie. Je le cite en remerciant Dieu de me l’avoir donné comme évêque à Marseille et puis, comme pèlerin du Berceau et de Buglose en 1981,  clamant sans se lasser à toutes races « l’amour du Christ nous presse » ; écoutez-le:

« -Heureux celui qui, ayant découvert cette source de l’amour, ne sait plus s’en détacher !

-Heureux celui qui, buvant à cette source de l’amour, voit la soif grandir à l’instant même où elle est comblée !

Heureux celui qui ne peut contenir son admiration et va, comme un fou errant, crier l’amour du Christ par-dessus les toits et de colline en colline ! »[1].

Amen.

[1] « J’avance comme un âne » – Roger Etchegaray Fayard 84 – L’amour du Christ nous presse p 89

Partager sur facebook
Share on Facebook
Partager sur twitter
Share on Twitter
Partager sur linkedin
Share on Linkdin
Partager sur pinterest
Share on Pinterest
Partager sur email
Email
Partager sur whatsapp
WhatsApp

Outre notre bel octave de Buglose, sous les premiers charmes de l’automne, nous sommes comblés par ce que nous venons de vivre ces derniers jours et d’écouter en ce dimanche. A quelques soixante kilomètres d’ici, est situé un village désormais paré deux fois de pourpre, rouge par son piment, rouge par son cardinal, Roger Etchegaray ; il fut inhumé dans le caveau familial du village basque de son enfance proche d’une autre famille célèbre, celle du Père Armand David, le lazariste découvreur du Panda et missionnaire botaniste. Ces deux hommes issus de la même terre ont foulé le même champ apostolique de la lointaine Chine pour y faire entendre le message évangélique et y parler du Christ, seul Sauveur des hommes. Ce qui est frappant chez ces êtres d’exception épris d’humilité, c’est qu’ ils sont passés par un enracinement typé fait de solidité et d’endurance, doués d’une forte nature, d’une volonté à toute épreuve et d’une foi toujours prête à se donner sans réserve ni économie, à ‘rendre compte de son espérance’.

Pourquoi les évoquer aujourd’hui ? Parce qu’ils me font écouter la Parole de ce jour avec une oreille ouverte autrement, parce qu’ils sont arrivés au comble du bonheur, j’ai envie grâce à eux, de regarder ce Père des cieux amoureux des hommes qui nous attend tous et que nous chrétiens d’ici et d’ailleurs, avons toujours à annoncer. Ce père est bon comme celui de l’évangile. Il est réticent à se séparer d’un trop jeune fils, exécutant ses désirs malgré tout, et, des temps et des temps plus tard, scrutant l’horizon pour mieux apercevoir sa silhouette chérie revenant à la maison, être saisi de compassion, courir à sa rencontre, le couvrir de baisers , le revêtir comme un prince, lui passer la bague d’alliance, organiser la fête et calmer son frère à la jalousie déplacée. Ce Père se montre aussi ‘bon berger’, à la recherche exclusive de la brebis perdue et ‘bon balayeur’ à la quête de la pièce d’argent qui roule à la dérive dans quelque coin obscur de sa maison. Dieu est un empressé, un chercheur d’hommes, un insatisfait de sa battue tant qu’il n’a pas retrouvé l’objet ou le sujet de sa tendresse. J’aime ce Dieu la, le vrai Dieu, Celui qui s’est abaissé jusqu’à l’extrême. Quel regard habituel je porte sur Lui ? Est-ce que je convertis mon regard s’il est toujours tourné vers un Dieu avide de répression et de punition ? C’est à un accueil chaleureux que j’ai à m’ouvrir car il m’attend, bras et cœur ouverts.

Certes, je suis souvent de la race des « chiens perdus sans collier » comme celui qui a traîné toute la semaine, sur la place du Berceau, au gré de nos humeurs. Nous sommes de ce « peuple corrompu », adorateur de veau d’or ou d’argent selon les traditions bibliques. Et nous mériterions châtiment mais Dieu ne varie pas et reste délibérément optimiste sur la créature que nous sommes. Inlassablement, Il nous aime ! Et il martèle par st Paul interposé : « le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs ». Et le Christ, c’est son fils, son Bien aimé, son image parfaite, sa réplique, son double, l’expression éclatante de sa bonté toujours avide de partager l’amour et de le partager à l’homme. Est-bien ainsi que je m’approche moi-aussi de lui, cœur dilaté, toujours prêt à aimer et à répandre le bien sans frontières?

Et je reviens au Cardinal d’Espelette plus basque que romain et qui nous a confié de mille manières ce qui fit battre son cœur d’apôtre de la paix, le poussant à des milliers de kilomètres et qui fut le moteur de sa vie. Je le cite en remerciant Dieu de me l’avoir donné comme évêque à Marseille et puis, comme pèlerin du Berceau et de Buglose en 1981,  clamant sans se lasser à toutes races « l’amour du Christ nous presse » ; écoutez-le:

« -Heureux celui qui, ayant découvert cette source de l’amour, ne sait plus s’en détacher !

-Heureux celui qui, buvant à cette source de l’amour, voit la soif grandir à l’instant même où elle est comblée !

Heureux celui qui ne peut contenir son admiration et va, comme un fou errant, crier l’amour du Christ par-dessus les toits et de colline en colline ! »[1].

Amen.

[1] « J’avance comme un âne » – Roger Etchegaray Fayard 84 – L’amour du Christ nous presse p 89

Homélie du 31° Dimanche du Temps Ordinaire – Chapelle de la Médaille Miraculeuse – Paris

La belle figure de Zachée et sa rencontre bouleversante avec Jésus sauveur nous est proposée aujourd’hui pour notre méditation. Qui est Zachée ? Qui représente-t-il dans ce récit ?

Roberto Gomez

Homélie du 31° Dimanche du Temps Ordinaire – Chapelle de la Médaille Miraculeuse – Paris

Chères sœurs et chers frères présents dans cette chapelle ou chez vous qui écoutez la messe à travers France culture.

La belle figure de Zachée et sa rencontre bouleversante avec Jésus sauveur nous est proposée aujourd’hui pour notre méditation. Qui est Zachée ? Qui représente-t-il dans ce récit ?

  • Du point de vue de la foule, Zachée est une personne non fréquentable. On le pointe du doigt parce qu’il est chef des collecteurs d’impôts. C’est ce qu’on appelle un publicain. En termes plus modernes il s’agit d’un collaborateur qui vole la population. C’est un canaille qui s’enrichi sur le dos des autres. C’est pour cela que les gens murmurent en disant : « C’est chez un pécheur qu’il est allé loger ». Bref, Zachée est un pécheur public !
  • De son point de vue à lui, il semblerait que Zachée soit stigmatisé par sa petite taille : c’est à cause de la foule et de sa petite taille qu’il lui est impossible de voir Jésus traversant la ville de Jéricho, la ville la plus basse dans le monde, à moins 240 mètres sous le niveau de la mer. Bref, non seulement il est détesté de tous mais il a une basse considération de lui-même. Il a honte de ce qu’il fait, de ce qu’il a fait !
  • Cependant, Zachée a un atout, un avantage : il est curieux, récursif et il est en mouvement! Il veut voir Jésus. C’est un désir vif et profond, pas seulement une banale curiosité ; peut-être pourrait-il le rencontrer ? Deux obstacles sont à surmonter : la foule qui lui fait écran et toujours cette petitesse qui l’empêche de se hisser, de se mettre à niveau. Alors, « il court en avant » et grimpe sur un sycomore. « Courir en avant » est une expression étrange dans la Bible. Elle décrit une poussée intérieure et profonde comme celle du Disciple bien-aimé et de Pierre le matin de Pâques.
  • Zachée représente à nos yeux toute ces personnes qui voulant voir Jésus, sont empêchées de la faire par la honte, la culpabilité et la stigmatisation qui s’en suit.

Dans cette histoire, c’est la rencontre avec Jésus qui change tout. Zachée est perché sur son sycomore, il veut voir Jésus passer ; mais il ignore que Jésus veut le voir aussi. En fait, le titre de cet épisode pourrait bien être : « Deux regards qui se croisent », n’est-ce pas ?  Zachée veut voir Jésus, mais il ignore que Jésus veut le voir aussi. D’ailleurs c’est Jésus qui levant les yeux lui dit : « Zachée, descends vite : il me faut aujourd’hui demeurer dans ta maison ». Il y a ici une nécessité, une urgence : il me faut demeurer chez toi. Le voyage de Jésus n’est pas une promenade, il ne fait pas un tour. Au contraire ce voyage de Jésus est un rendez-vous avec l’Homme, avec tout homme, avec l’homme Zachée. Jésus fait du chemin et chemin faisant se révèle dans l’aujourd’hui des personnes de bonne volonté. Il me faut AUJOURD’HUI être chez toi. Cet adverbe de temps, est très important dans la théologie de l’évangile de Luc. Du début à la fin de son évangile, Luc parle de l’aujourd’hui de Dieu qui est l’actualisation de son œuvre de salut : « Aujourd’hui nous est né dans la ville de David un sauveur », voilà le premier aujourd’hui dans l’évangile de Luc. « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis », voilà le dernier aujourd’hui dans ce même évangile.

Frères et sœurs, laissons résonner dans nos cœurs aujourd’hui ces parles de Jésus que jadis il adressait à notre frère jumeau Zachée : « Descends vite, il me faut aujourd’hui être chez-toi ».  Personne n’est trop petite pour Dieu. Personne ne doit désespérer de Dieu. Dieu nous cherche toujours avec espérance !

Alors c’est avec joie et rapidement que Zachée accueille Jésus chez lui. Et Jésus ose rentrer chez le pécheur public que tout le monde déteste et pointe du doigt. Quelle liberté de Jésus ! En disqualifiant Zachée la foule disqualifie aussi Jésus ; mais rien ne l’arrête. Telle est sa mission : chercher et sauver CE qui est perdu.

Zachée fait la vérité devant Jésus. Sa rencontre dans l’intimité avec le sauveur lui fait prendre conscience de ses torts. Le moi qui le condamnait et le tyrannisait (tu es un pécheur, tu es perdu, tu n’as plus d’espoir…) fait un pas de côté. Ce n’est pas devant soi que l’on peut faire la vérité mais bel et bien devant Dieu : De nous réhabilité, Dieu nous sauve, Dieu nous récrée, Dieu ouvre devant nous un avenir nouveau et le rend possible.

Zachée est un Fils d’Abraham, c’est-à-dire un fils de Dieu, aimé et désiré. Contemplons Jésus, ses paroles, son regard. Il cherche Zachée depuis toujours. Il le cherche parce qu’il y en lui quelque chose qui se perd. Il y a chez Zachée et chez chacun de nous une partie qui risque de nous perdre ou de se perdre. Voilà, pourquoi aussi Jésus cherche à nous voir et à nous rencontrer.

Détail magnifique du texte de Luc : il écrit : « le Fils de l’homme est venu chercher et sauver CE qui était perdu ». « CE » et non pas « CEUX ». Ce détail change tout ! Le Fils de l’homme n’est pas venu chercher et sauver CEUX qui se perdent, c’est-à-dire les autres. On serait tenté de penser que moi, je ne me perds pas… en ce cas-là, Jésus serait venu pour les autres, pour ceux qui se perdent. Or, aujourd’hui l’évangile nous fait pointer CE qui se perd en nous. Nous sommes donc cherchés et sauvés par Jésus.

Amen, Alléluia !!!

Partager sur facebook
Share on Facebook
Partager sur twitter
Share on Twitter
Partager sur linkedin
Share on Linkdin
Partager sur pinterest
Share on Pinterest
Partager sur email
Email
Partager sur whatsapp
WhatsApp

Quelques apperçus sur la saintété

La sainteté n’est pas seulement croitre dans la perfection particulière et personnelle, sans le désir de transformer le monde selon le coeur de Dieu.

Eliseu WISNIEWSKI

Quelques apperçus sur la saintété

Souvent et de façons diverses, la sainteté est un thème déjà connu. Bien qu’elle nous soit l’occasion d’un une ample production littérature, elle peut donner l’impression d’être une  dimensión reconnue et établie, il semble important de revenir sur cette réalité complexe, urgente et essentielle, alors que son intérêt n’a pas disparu et sa compréhension devient plus large.

L’appel à la saintété (cf. Lv 19,2) accompagne toute l’histoire du christianisme et parvient jusqu’à nos jours. Loin de se confondre et se traduire en une émotion au rabais, un fanatisme fondamentaliste, un fétichisme ritualiste, une évasion esthétique et un néoconservatisme, la sainteté est destinée à tout baptisé (Lumen Gentium chaptire V). Réfléchir sur ce qu’elle signifie exige que nous comprenions le sens qu’elle revêt dans le monde dans lequel nous sommes, que nous discernions sa spécificité, que nous identifions correctement ses défis et signalions des pistes pour notre marche en fidélité à notre charisme dans les traces de Saint Vincent de Paul.

Commençons par dire que la culture dans laquelle nous vivons marche à contre-sens de l’Evangile et de la proposition chrétienne. Pour décrire cette réalité, nous citerons un court extrait de l’exhortation apostolique Gaudete et Exultate, du Pape François (n°111) dans laquelle est clairement présenté ce qu’il advient dans nos cultures: “Dans cette culture se manifestent : l’anxiété nerveuse et violente qui nous disperse et nous affaiblit ; la négativité et la tristesse ; l’acédie commode, consumériste et égoïste ; l’individualisme et de nombreuses formes de fausse spiritualité sans rencontre avec Dieu qui règnent dans le marché religieux actuel.” Pour la congrégation de la Mission, cette situation représente sans doute, un sérieux défi, une fois que nous sommes isolés des douleurs et souffrances de nos contemporains, sans une profonde solidarité et communion avec eux, comme affirme le document final de la 42ème Assemblée Générale: “Les cris des pauvres, des réfugiés, des migrants, de ceux qui sont exclus et relégués aux périphéries, chaque jour en plus grand nombre, touchent nos coeurs et nous entrainent à contribuer de toutes nos forces pour que notre Eglise parvienne à être un hôpital de campagne où tous sont accueillis, écoutés, soignés, actualisant l’Evangile de la miséricorde” (1.1.c)

Nous ne pouvons pas cependant en rester seulement aux grands príncipes et dans les simples généralisations. Ces préoccupations et priorités doivent se concrétiser dans la vie de la COngégation de la Mission et dans chacun de ses membres. Solidarité, selon ce que nous dit le Pape François, dans Evangelii Gaudium (EG), signifie: “…beaucoup plus que quelques actes sporadiques de générosité. Il demande de créer une nouvelle mentalité qui pense en termes de communauté, de priorité de la vie de tous sur l’appropriation des biens par quelques-uns.” (EG 188) Une solidarité qui affronte et dépasse la “culture du déchet” (EG 53) et “l’idéal égoiste”, et la “globalisation de l’indifférence” qui se développent et s’imposent dans notre monde, nous rendant “incapables d’être touchés par les appels de autres” et nous ôtant la responsabilité face aux nécessités et aux souffrances (EG 57,67). Encore plus : “ la solidarité est une réaction spontanées “  La solidarité est une réaction spontanée de celui qui reconnaît la fonction sociale de la propriété et la destination universelle des biens” (EG 189) a à voir avec des convictions et des pratiques, étant fondamentales pour la réalisation et la viabilité d’autres “…d’autres transformations structurelles et les rendent possibles. Un changement des structures qui ne génère pas de nouvelles convictions et attitudes fera que ces mêmes structures tôt ou tard deviendront corrompues, pesantes et inefficaces.”(EG 189).

Tout ceci exige une grande lucidité, de la créativité et de l’audace. Sans l’engagement créatif pour la cause des pauvres, “facilement par être dépassée par la mondanité spirituelle, dissimulée sous des pratiques religieuses, avec des réunions infécondes ou des discours vides” (EG 207). En cela, nous pouvons trouver dans le Pape François quelques pistes pour dynamiser pastoralement l’option pour les pauvres dans la vie de la Congrégation de la Mission. Conscient que l’inégalité est à la racine des tous les maux sociaux (cf. EG 202), l’option pour les pauvres, comme charge commune, “implique autant la coopération pour résoudre les causes structurelles de la pauvreté et promouvoir le développement intégral des pauvres, que les gestes simples et quotidiens de solidarité devant les misères très concrètes que nous rencontrons”(EG 188). Pédagogiquement, cet engagement exigera la proximité physique avec les pauvres et l’effort pour les secourrir dans leurs nécessités immédiates (cf. EG 187). Mais aussi le soin spirituel des pauvres: “L’immense majorité des pauvres a une ouverture particulière à la foi ; ils ont besoin de Dieu et nous ne pouvons pas négliger de leur offrir son amitié, sa bénédiction, sa Parole, la célébration des Sacrements et la proposition d’un chemin de croissance et de maturation dans la foi.”(EG 200). Prenant en compte que “la pire discrimination dont souffre les pauves est le manque d’attention spirituelle” (EG 200), ceci ne signifiant pas que les pauvres doivent simplement être objets d’assistance religieux. Ils ont aussi un potentiel d’évangélisateur, étant pour nous nécessaire que “nous nous laissions évangéliser par eux” (EG 198).

Pour cela, la sainteté n’est pas seulement croitre dans la perfection particulière et personnelle, sans le désir de transformer le monde selon le coeur de Dieu. Et transformer le monde implique non seulement aider les besoins matériels et spirituells de chacun, mais aussi transformer les causes et les circonstances qui créent les besoins et les souffrances. Le critère pour vérifier la vérité de la rencontré et de l’union avec Dieu se mesure à l’aptitude à intégrer et assumer la douleur du monde, la douleur de ceux que l’Evangile appelle les “derniers”: ceux qui ont faim, ceux qui ont soif, les nus, les étrangers, et les prisonniers (Mt 25). Aujourd’hui, face à tant de spiritualités alienantes, nous sommes appelés à un christianisme incarné: “Mais plus que l’athéisme, aujourd’hui nous sommes face au défi de répondre adéquatement à la soif de Dieu de beaucoup de personnes, afin qu’elles ne cherchent pas à l’assouvir avec des propositions aliénantes ou avec un Jésus Christ sans chair et sans un engagement avec l’autre. Si elles ne trouvent pas dans l’Église une spiritualité qui les guérisse, les libère, les comble de vie et de paix et les appelle en même temps à la communion solidaire et à la fécondité missionnaire, elles finiront par être trompées par des propositions qui n’humanisent pas ni ne rendent gloire à Dieu”. (EG 89). Finalement, Dieu n’est pas apathique, ni insensible devant la souffrance. Dieu souffre où l’amour souffre….

Partager sur facebook
Share on Facebook
Partager sur twitter
Share on Twitter
Partager sur linkedin
Share on Linkdin
Partager sur pinterest
Share on Pinterest
Partager sur email
Email
Partager sur whatsapp
WhatsApp

Le Mois Missionnaire Extraordinaire et l’esprit missionnaire vincentien

Les estomacs des affamés du monde entier parlent la même langue … Les cœurs des pauvres du monde entier parlent la même langue … Les missionnaires du monde entier communiquent dans la même langue, le langage de l’amour …

Varghese Libin Parappuram

Le Mois Missionnaire Extraordinaire et l’esprit missionnaire vincentien

Les estomacs des affamés du monde entier parlent la même langue … Les cœurs des pauvres du monde entier parlent la même langue … Les missionnaires du monde entier communiquent dans la même langue, le langage de l’amour …

Le Mois Missionnaire Extraordinaire (octobre 2019) a été annoncé par le pape François à l’occasion du centenaire de la Lettre apostolique Maximum Illud du pape Benoît XV. Le thème choisi est “Baptisé et Envoyé : l’Église du Christ en mission dans le monde”, une initiative qui vise à faire prendre conscience de la valeur de la mission et à revitaliser le sens des responsabilités dans l’annonce de l’Évangile par un nouvel enthousiasme.

La mission est définie comme : “La vocation ou l’appel d’une organisation religieuse, en particulier chrétienne, à aller dans le monde et à répandre sa foi. Le concept de mission n’est pas nouveau dans l’Église. La Bible nous parle de la mission dès le début du genre humain. Avec l’amour de Dieu pour son peuple élu, les Israélites ont créé le besoin de missionnaires pour leur communiquer le message d’amour et de paix de Dieu. Les prophètes de la Bible étaient des missionnaires, ils ont quitté leur pays, leur peuple, leur culture pour vivre significativement les nouvelles situations dans lesquelles ils ont été placés par Dieu. Dans le Nouveau Testament, nous voyons Jésus devenir lui-même un missionnaire, passant d’un endroit à un autre pour proclamer une vie bonne et morale. A travers ses enseignements Saint Vincent a adopté le même esprit du Christ pour devenir un véritable missionnaire.

Je crois que l’identité vincentienne est dans la mission. La mission ne devient possible et réussie que si elle est accomplie avec amour et charité.

Le pape François nous appelle à redéfinir le concept de mission. Il nous invite à participer à une prédication enthousiaste de l’Évangile. La redéfinition de notre mission ne devrait pas être uniquement pour ce Mois Missionnaire Extraordinaire, mais pour toute notre vie. La notion traditionnelle de mission nous est familière.

Mais pour redéfinir la mission traditionnelle avec plus de responsabilité et d’enthousiasme, je suggère que les vertus suivantes soient assumées personnellement par chacun :

  1. Foi en Dieu:la foi dépasse nos attentes. Je crois que tout est possible pour et avec Dieu. La foi est une confiance totale et la confiance en Dieu. C’est croire aux promesses de Dieu. Il peut y avoir des moments dans la vie d’un missionnaire où on se sent seul. Il peut sembler que nous sommes seuls sur terre et cela est décevant. C’est alors qu’un vrai missionnaire a besoin de s’accrocher à Dieu. En mission, on peut parfois se sentir bien et parfois moins bien. Toutefois, ce que nous devrions toujours croire en la parole de Dieu qui nous dit : “Je suis avec vous pour toujours” Mt 28; 20. Que nos missions deviennent des exemples de la foi d’un Fils en son Père.
  2. Aimez les autres:L’amour est un ensemble complexe d’émotions, de comportements et de croyances associés à de forts sentiments d’affection, de protection, de chaleur et de respect pour tous. Le cri de saint Vincent ramena les cœurs des pécheurs au Christ. Notre mission devient le lieu de la présence de Dieu lorsque nous transmettons son amour pour les autres. Il est difficile d’aimer une terre étrangère, sa culture et ses habitants comme s’ils étaient des nôtres. Nous ne pouvons le faire qu’en donnant vie au Christ, comme l’a fait notre fondateur Saint-Vincent. Que nos missions deviennent des lieux d’amour.
  3. La charité pour tous:La charité signifie la volonté de faire preuve de gentillesse et de compassion. La charité est plus que faire de l’humanitaire. En tant que missionnaires vincentiens, nous devons être toujours prêts à motiver les gens pour aider ceux qui sont dans le besoin, comme l’a fait saint Vincent. La charité passe aussi par le fait d’offrir notre temps, nos talents et nos ressources pour le bien-être des personnes dans notre mission. Tout ce dont nous avons besoin, c’est d’une attitude de générosité. Que nos missions deviennent des centres de charité, où tous vivent la gentillesse et prennent soin des autres.

L’identité de la Congrégation de la Mission en tant que congrégation internationale de missionnaires clarifie en soi son objectif. L’objectif de tous les vincentiens devrait être de dépasser les frontières des communautés locales, des régions et des provinces pour établir une frontière plus large pour le Christ. L’esprit de mission devrait s’enflammer en nous. Le feu de l’amour du Christ et de son peuple ne doit jamais permettre à un vincentien de rester inactif dans sa vie. Nous ne pouvons pas nous permettre de trier en fonction de leur moralité les estomacs affamés à nourrir.

Ce qui compte dans notre vie de Vincentien, c’est la gentillesse et la compassion associées à l’amour pour Dieu et son peuple. Tout ce dont nous avons besoin est de façonner ensemble notre avenir en tant que vincentien. Quand tous les autres donnent des choses pour la vie, un vincentien appelle à se donner. Si je suis riche, je dois être encore plus riche en donnant. Ce Mois Missionnaire Extraordinaire nous incite à redéfinir notre attitude à l’égard de la mission. Faisons de la mission notre priorité. Nous sommes des missionnaires où que nous soyons. Essayons d’étendre la charité et la morale de Dieu et de notre fondateur à tous ceux que nous connaissons. Demandons à Saint Vincent d’intercéder pour nous tous afin que nous devenions des missionnaires rajeunis avec enthousiasme et zèle pour la mission.

Traduit de l’Italien par
Jean Baptiste GNING
Province de France

Partager sur facebook
Share on Facebook
Partager sur twitter
Share on Twitter
Partager sur linkedin
Share on Linkdin
Partager sur pinterest
Share on Pinterest
Partager sur email
Email
Partager sur whatsapp
WhatsApp

Dimanche 31 Temps ordinaire – C (Lc 19,1-10). Méditation

Lucas n’explique pas ce qui s’est passé dans cette maison. Il dit seulement que le contact avec Jésus transforme radicalement le riche Zachée. Son engagement est ferme. I

Jose Antonio PAGOLA

Dimanche 31 Temps ordinaire – C (Lc 19,1-10). Méditation

Pou Jésus il n'y a pas de cas désespérés

Jésus nous avertit fréquemment du risque d’être pris au piège par l’attrait irrésistible de l’argent. Le désir insatiable de bien-être matériel peut ruiner la vie d’une personne. On n’a pas besoin d’être très riche. Celui qui vit esclave de l’argent finit par s’enfermer en soi-même. Les autres ne comptent pas pour lui. Selon Jésus, « là où est ton trésor, là sera ton cœur ».

Cette vision du danger déshumanisant de l’argent n’est pas une ressource du Prophète indigné de Galilée. Différentes études analysent le pouvoir de l’argent en tant que force liée à de pulsions profondes d’autoprotection, de recherche de sécurité et de peur de la caducité de notre existence.

Pour Jésus, l’attrait de l’argent n’est pas une sorte de maladie incurable. Il est possible de se libérer de son esclavage et de commencer une vie plus saine. L’homme riche n’est pas «un cas perdu». Le récit de Luc sur la rencontre de Jésus avec un homme riche de Jéricho est très éclairant.

En traversant la ville, Jésus se trouve devant une scène curieuse. Un homme de petite taille a escaladé un figuier pour le voir de près. Il n’est pas un inconnu. C’est un riche et puissant chef des collecteurs d’impôts. Pour les gens de Jéricho, un être méprisable, un collecteur d’impôts corrompu et sans scrupule. Pour les secteurs religieux, « un pécheur » sans conversion possible, exclu de toute possibilité de salut.

Cependant, Jésus lui fait une proposition surprenante : « Zachée, descends vite car aujourd’hui je dois rester chez toi». Jésus veut être accueilli dans sa maison de pécheur, dans le monde de l’argent et du pouvoir de cet homme méprisé de tous. Zachée descend immédiatement et le reçoit avec joie. Il n’a pas peur de laisser le défenseur des pauvres entrer dans sa vie.

Lucas n’explique pas ce qui s’est passé dans cette maison. Il dit seulement que le contact avec Jésus transforme radicalement le riche Zachée. Son engagement est ferme. Il pensera désormais aux pauvres : il partagera ses biens avec eux. Il se souviendra également des victimes dont il a abusé : il remboursera au centuple ce qu’il a volé. Jésus a introduit dans sa vie la justice et l’amour solidaire.

Le récit se termine par quelques paroles admirables de Jésus : « Aujourd’hui, le salut est entré dans cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham. Car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu ». Les riches peuvent également se convertir. Avec Jésus, tout est possible. Personne ne doit l’oublier. Il est venu chercher et sauver ce que nous sommes en train de gâcher. Pour Jésus, il n’y a pas de cas désespérés.

Partager sur facebook
Share on Facebook
Partager sur twitter
Share on Twitter
Partager sur linkedin
Share on Linkdin
Partager sur pinterest
Share on Pinterest
Partager sur email
Email
Partager sur whatsapp
WhatsApp