Il y a une question que je me pose chaque année au moment où je commence à observer dans les rues les préparatifs qui annoncent l’arrivée de Noël...

Jose Antonio PAGOLA

4 Avent – A (Matthieu 1,18-24). Méditation. N’avons-nous pas besoin de Dieu parmi nous ?

Il y a une question que je me pose chaque année au moment où je commence à observer dans les rues les préparatifs qui annoncent l’arrivée de Noël: que peut-il y avoir encore de vrai derrière ces fêtes si gâchées par les intérêts des consommateurs et par notre propre médiocrité? Je ne suis pas le seul. J’entends beaucoup de gens parler de la superficialité de Noël, de la perte de son caractère de fête familiale et intime, de la manipulation honteuse des symboles religieux et de tant d’excès et d’absurdités qui détériorent Noël aujourd’hui.

Mais, à mon avis, le problème est plus profond: Comment une société qui vit pratiquement de dos à Dieu et qui détruit de tant de façons la dignité de l’être humain peut-elle célébrer le mystère d’un «Dieu fait homme»?

Comment «la naissance de Dieu» peut-elle être célébrée dans une société où le fameux professeur français G. Lipovetsky, en décrivant l’indifférence actuelle, a pu dire ces mots: «Dieu est mort, les grandes finalités se sont éteintes, mais tout le monde s’en fiche, voilà la bonne nouvelle»?

Apparemment, beaucoup de gens se fichent de croire ou de ne pas croire, d’entendre que «Dieu est mort» ou que «Dieu est né». Leur vie continue de fonctionner comme d’habitude. Ils ne semblent plus avoir besoin de Dieu.

Pourtant, l’histoire contemporaine nous oblige maintenant à nous poser des questions sérieuses. Il y a quelque temps, on parlait de «la mort de Dieu»; aujourd’hui, nous parlons de «la mort de l’homme». Il y a quelques années, on proclamait «la disparition de Dieu»; aujourd’hui, on annonce «la disparition de l’homme». Ne se pourrait-il pas que ce soit la mort de Dieu qui entraîne inévitablement la mort de l’homme?

Dieu étant expulsé de nos vies, restant enfermés dans un monde créé par nous-mêmes et qui ne reflète que nos propres contradictions et misères, qui peut nous dire qui nous sommes et ce que nous voulons vraiment?

N’avons-nous pas besoin que Dieu naisse de nouveau parmi nous, qu’il jaillisse avec une lumière nouvelle dans nos consciences et qu’il se fraye un chemin à travers nos conflits et nos contradictions?

Pour rencontrer ce Dieu, nous n’avons pas besoin d’aller très loin. Il suffit de nous approcher silencieusement de nous-mêmes. Il suffit de creuser dans nos questions et nos désirs les plus profonds.

C’est le message de Noël : Dieu est proche de toi, de là où tu te trouves, pourvu que tu t’ouvres à son Mystère. Le Dieu inaccessible est devenu humain et sa mystérieuse proximité nous entoure. Dieu peut naître en chacun de nous.

José Antonio Pagola
Traducteur: Carlos Orduna

 
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