2 Temps ordinaire – A (Jean 1,29-34)

Certains cercles chrétiens du premier siècle avaient grand intérêt à ne pas être confondus avec les disciples de Jean-Baptiste.

Jose Antonio PAGOLA

2 Temps ordinaire – A (Jean 1,29-34)

CE QUI EST PREMIER

Certains cercles chrétiens du premier siècle avaient grand intérêt à ne pas être confondus avec les disciples de Jean-Baptiste. La différence, selon eux, était abyssale. Les «baptistes» vivaient selon un rite extérieur qui ne transformait pas les gens : un baptême d’eau. Les «chrétiens», par contre, se laissaient transformer intérieurement par l’Esprit de Jésus.

Oublier cela serait mortel est pour l’Église. Le mouvement de Jésus n’est pas étayé par des doctrines, des normes ou des rites vécus de l’extérieur. C’est Jésus lui-même qui doit «baptiser» ou imprégner ses disciples de son Esprit. Et c’est cet Esprit qui doit les animer, les pousser et les transformer. Sans ce «baptême de l’Esprit», il n’y a pas de christianisme.

Nous ne devons pas l’oublier. La foi qui existe dans l’Église n’est pas celle des documents du magistère ni celle des livres des théologiens. La seule vraie foi est celle que l’Esprit de Jésus éveille dans le coeur et dans la conscience de ses disciples. Ces chrétiens simples et honnêtes, d’intuition évangélique et de coeur compatissant, sont ceux qui «reproduisent» vraiment Jésus et introduisent son Esprit dans le monde. C’est ce que nous avons de meilleur dans l’Église.

Malheureusement, il y en a beaucoup d’autres qui ne connaissent pas par expérience la puissance de l’Esprit de Jésus. Ils vivent une «religion de deuxième main». Ils ne connaissent ni n’aiment Jésus. Ils croient simplement ce que d’autres leur disent. Leur foi consiste à croire ce que dit l’Église, ce que la hiérarchie enseigne, ou ce que des experts écrivent, même si dans leur coeur ils n’éprouvent rien de ce que Jésus a vécu. Naturellement, au fil des années, leur adhésion au christianisme s’affaiblit.

La première chose dont nous, chrétiens, avons besoin aujourd’hui, ce ne sont pas des catéchismes qui définissent correctement la doctrine chrétienne, ni des exhortations qui définissent rigoureusement les normes morales. Cela seul ne peut pas transformer les personnes.

Il y a quelque chose de préalable et de plus décisif : faire découvrir dans nos communautés, la personne de Jésus, aider les croyants à s’entrer en contact direct avec l’Evangile, leur apprendre à connaître et aimer Jésus, apprendre ensemble à vivre selon son style de vie et son esprit. Recouvrer le «baptême de l’Esprit», n’est-ce pas notre première tâche dans l’Église?


Traducteur: Carlos Orduna

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Le baptême de Jésus. (12 janvier 2020)

Après avoir entendu le récit de son baptême, nous pouvons être étonnés de cette démarche de Jésus. Lui, le Fils de Dieu, pour- quoi insiste-t-il pour se faire baptiser par Jean Baptiste ?

Alain Perez

Le baptême de Jésus. (12 janvier 2020)

Après avoir entendu le récit de son baptême, nous pouvons être étonnés de cette démarche de Jésus. Lui, le Fils de Dieu, pour- quoi insiste-t-il pour se faire baptiser par Jean Baptiste ? En fait, Jésus n’avait pas besoin d’un baptême de purification ou de conversion, tel que le pratiquait Jean Baptiste. Cependant, par son baptême, Jésus a voulu montrer, d’une part,  sa solidarité avec tous ceux qui se présentaient au Jourdain pour être purifiés, et, d’autre part, sa démarche est aussi pour nous,  une invitation à mieux vivre notre propre baptême.

En effet, au moment du baptême, le prêtre insiste sur l’entrée des nouveaux baptisés dans l’Eglise et dans la famille de Dieu. Cela est très important , bien sûr. Cependant, il ne faudrait pas voir cette entrée dans l’Eglise, dans la famille de Dieu, comme une séparation d’avec les autres, ceux qui ne sont pas chrétiens. Pourquoi cela ? Parce que, par son baptême, manifestation de solidarité, Jésus se veut semblable aux autres, mêlé à eux, partageant leur désir de conversion pour le fortifier. Et donc, à l’exemple de Jésus, le chrétien ne doit pas oublier que sa présence au monde est justement la conséquence logique de son baptême !

Ce qui veut dire que le chrétien n’est pas un être supérieur, qui se tient à distance des autres, dans une séparation orgueilleuse ou frileuse… Au contraire, c’est justement parce qu’il est baptisé , qu’il se sent solidaire des hommes d’aujourd’hui ! Le baptême, bien loin de le mettre à part, le plonge un peu plus dans le monde, comme Jésus. Le baptême n’est pas pour lui, un vaccin qui le préserve de la maladie ou du mauvais sort, ni une assurance pour la vie éternelle…Si le baptême fait entrer dans la famille de Dieu, ce n’est pas pour y vivre en ghetto, mais plutôt pour y puiser des forces neuves, afin de vivre une solidarité plus forte avec les hommes d’aujourd’hui, tout en restant levain dans la pâte, témoin d’un Dieu vraiment Dieu et vraiment homme.

De plus, l’eau du Jourdain, avant d’être l’eau qui lave, l’eau qui purifie, est d’abord l’eau de l’engloutissement, l’eau de la mort. Dans cette eau, Jésus le Fils de Dieu se plonge volontairement. Il veut ainsi montrer un autre aspect de sa solidarité : en se plongeant dans l’eau du Jourdain, il se fait solidaire des hommes marqués par la misère, le péché et la mort. Il vient partager l’existence des hommes dans ses réalités les plus pénibles. Il descend dans les profondeurs de tout ce qui entrave la vie, dans nos souffrances, nos détresses, nos angoisses et nos fautes. Ce qui faisait dire à l’écrivain Paul Claudel :  « En Jésus Christ, Dieu n’est pas venu supprimer la souffrance. Il n’est même pas venu l’expliquer. Il est venu la remplir de sa présence. »

Oui, Jésus se fait solidaire des hommes marqués par la misère, le péché et la mort, afin de les arracher au pouvoir de la misère , du péché et de la mort… Et, s’il a pu se faire solidaire de ses frères les humains et les délivrer, c’est parce qu’il a vu « l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui ». Parce qu’il a entendu une voix qui disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé…en lui j’ai mis tout mon amour » .

De la même manière, en Jésus, par Lui et avec Lui, le jour de son baptême, le chrétien reçoit l’Esprit de Dieu et cette parole venu du Père s’adresse à lui personnellement : « Tu es mon Fils, ma Fille bien-aimé(e), en toi j’ai mis tout mon amour »… Grâce à l’Esprit de Dieu, grâce à l’amour du Père, le baptisé devient un homme nouveau. Il entre dans une grande solidarité avec les hommes d’aujourd’hui. Il n’a pas peur de vivre dans le monde, au milieu de ceux qui vivent, pensent ou agissent autrement. Il ne cherche pas à vivre à part des autres, dans une confrérie de purs. Mais il partage volontiers les joies et les espoirs, les angoisses, les luttes et les efforts des hommes d’aujourd’hui. Grâce à l’Esprit de Dieu et grâce à l’amour du Père, il ne met pas son drapeau dans sa poche, et il ose affirmer ses convictions, sans vouloir faire de prosélytisme, mais aussi sans honte ni lâcheté. Parce qu’il a reçu l’Esprit de Dieu et l’amour du Père, le Chrétien, le baptisé sait prendre position clairement et courageusement, et il est prêt à ramer à contre-courant des idées reçues, fidèle à sa conscience et en dépit du « qu’en dira-t-on ».

Durant cette Eucharistie, demandons au Seigneur de réveiller en nous la grâce de notre baptême. Pour certains d’entre nous, ce baptême a eu lieu il y a déjà un certain nombre d’années. Pourtant, ce jour-là, à nous aussi, personnellement, le Seigneur nous a dit : « Tu es mon enfant bien-aimé. En toi j’ai mis tout mon amour. » Alors aujourd’hui, en souvenir de notre baptême, tournons-nous avec confiance vers Lui !

Qu’il fortifie nos corps et nos cœurs ! Qu’il fortifie notre foi en Lui !  Qu’en le suivant, nous sachions choisir le bien et rejeter le mal, choisir le courage et rejeter la peur, la honte, la lâcheté. Choisir l’amour et la solidarité et rejeter l’individualisme, l’indifférence et le sectarisme. Que le Seigneur nous donne son Esprit et son amour pour être ses témoins sur toutes les routes que nous allons parcourir tout au long de cette nouvelle année qui commence ! Amen

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« Mobilisation pour la prière » Ver la 43e Assemblée Générale de la Congrégation de la Mission – 2022

Le 25 janvier 1617, en la fête de la Conversion de Saint Paul, Saint Vincent de Paul a prêché dans l’église de Folleville sur l’importance de la confession générale dans la vie de chacun. Plus tard, il a choisi cette date pour marquer le début de ce qu’il a appelé la Petite Compagnie.

Tomaz Mavric

« Mobilisation pour la prière » Ver la 43e Assemblée Générale de la Congrégation de la Mission – 2022

Mes chers Confrères. Que la grâce et la paix de Jésus soient toujours avec nous !

Le 25 janvier 1617, en la fête de la Conversion de Saint Paul, Saint Vincent de Paul a prêché dans l’église de Folleville sur l’importance de la confession générale dans la vie de chacun. Plus tard, il a choisi cette date pour marquer le début de ce qu’il a appelé la Petite Compagnie.

Quatre cent trois ans se sont écoulés depuis ce moment providentiel et historique où les premières graines ont été plantées. Ces graines ont poussé pour devenir, en 1625, la Congrégation de la Mission. On peut imaginer le feu intérieur et le zèle missionnaire de nos premiers confrères qui se sont joints à Vincent dans les années qui ont suivi. On peut aussi imaginer leur vie de prière, leur détachement volontaire des choses matérielles et leur soif de suivre le Christ Évangélisateur des Pauvres jusqu’aux extrémités de la terre.

En cette fête de la Conversion de Saint Paul et de la Journée de la Fondation de notre Congrégation, je demande et encourage chaque membre de la Petite Compagnie à mobiliser les autres et nous-mêmes dans une chaîne de prières pour la prochaine 43ème Assemblée Générale de la Congrégation de la Mission qui aura lieu du 27 juin au 15 juillet 2022. La chaîne de prières doit commencer cette année en la fête de la Conversion de Saint Paul, notre Journée de Fondation, et s’étendre sur les deux ans et demi de préparation de la 43ème Assemblée Générale de la Congrégation de la Mission jusqu’à sa conclusion le 15 juillet 2022.

La Commission préparatoire de l’Assemblée générale a été formée et annoncée officiellement dans la lettre du Temps Fort de décembre 2019 envoyée à tous les confrères. Au cours du prochain Temps Fort, en mars 2020, et après la première réunion de la Commission Préparatoire, le thème officiel de la prochaine Assemblée Générale sera annoncé.

La réflexion sur le thème principal de la prochaine Assemblée Générale a commencé à la Rencontre des Visiteurs à Manille (Philippines) en juin 2019 et s’est poursuivie pendant la réunion du Temps Fort du Conseil Général en décembre 2019. Elle se poursuivra tout au long des Assemblées domestiques, provinciales et vice-provinciales accompagnées par la Commission préparatoire et le Conseil général.

J’invite chaque confrère personnellement, chaque communauté locale, chaque province, vice-province, région et mission internationale à se mobiliser pour la prière au sein de la Congrégation, ainsi qu’au-delà. Je vous demande d’atteindre toutes les branches de la Famille Vincentienne au niveau local, national et international. En plus, demandez aux membres de la Famille Vincentienne, au sens large du terme, aux parents, amis, paroissiens, étudiants de toutes nos écoles et collaborateurs de prier avec nous. Nous pourrions aussi étendre cette demande aux Congrégations Contemplatives masculines et féminines de se joindre à nous dans la prière, ainsi qu’à d’autres Congrégations qui n’appartiennent pas à la Famille Vincentienne, afin de ne laisser personne de côté.

Pour le moment, je ne présente aucune prière spécifique que, tous, nous devrions réciter. Cela viendra après la première réunion de la Commission Préparatoire en mars 2020. Pour le moment, je voudrais encourager vos initiatives personnelles au niveau local, provincial, dans nos régions et dans les missions internationales, pour préparer et réaliser des rencontres de prières, de demandes, et plus tard utiliser la prière officielle que nous recevrons bientôt. Cependant, nous ne devons pas nous limiter à cette prière, mais faire davantage pour atteindre le même but avec notre inventivité, nos talents et nos dons.

Par exemple, sur une semaine ou un mois, nous pourrions offrir la Sainte Eucharistie à cette intention ; prier la Liturgie des Heures en nous concentrant sur le thème de la prochaine Assemblée générale ; organiser un temps d’Adoration devant le Saint Sacrement ; préparer un temps de prière en associant prières et chants en lien avec le thème de la prochaine 43e Assemblée générale ; prier au moins une dizaine de chapelet par jour à cette intention ; aller en pèlerinage sur les lieux saints dans le but spécifique de demander l’intercession divine par l’intermédiaire de Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse, des Saints, des Bienheureux, et des Serviteurs de Dieu de notre Congrégation, ainsi que de toute la Famille Vincentienne ; etc.

Notre prochaine Assemblée Générale aura lieu, si Dieu le veut, 405 ans après l’évènement providentiel de Folleville. Nous devons aspirer, viser et avoir soif du feu intérieur et du zèle missionnaire qui ont conduit nos premiers confrères à suivre le Christ Évangélisateur des Pauvres. Nous devons nous efforcer d’obtenir un nouveau Printemps, une nouvelle Pentecôte.

Nous connaissons bien nos faiblesses, mais nous croyons aussi fermement qu’en nous mobilisant pour la prière, à l’intérieur et à l’extérieur, en impliquant le plus grand nombre de personnes possible, nous parviendrons à réaliser le rêve de Jésus pour la Congrégation, tel qu’il a été communiqué à Vincent par la Providence divine. Comme nous l’a dit Saint Vincent,

« Donnez-moi un homme d’oraison, et il sera capable de tout ; il pourra dire avec le saint Apôtre : ‘Je puis toutes choses en Celui qui me soutient et qui me conforte’ (cf. Philippiens 4,13) »1.  Nous  pouvons  avoir  confiance  en  la  Miséricorde  de  Dieu  envers  notre  Petite Compagnie.

Que ces lignes encouragent chacun à embrasser, avec une totale confiance en la Providence, cette mission de mobilisation pour la prière en vue de la prochaine 43e Assemblée générale de la Congrégation de la Mission.

Votre frère en Saint Vincent,

Tomaž Mavrič, CM Supérieur général

 

 

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