Une première dans notre famille, quatre jours pour comprendre notre histoire, écouter ce que déjà nous vivons, approfondir le sens de notre charisme et finalement proposer des voies pour progresser afin d’offrir un service efficace des plus pauvres afin que l’Evangile de Jésus soit porté aux périphéries de l’Eglise et du monde.

Bernard Massarini

La rencontre des délégués de la famille vincentienne à Rome. 7-12 Janvier 2020

Nous étions près de 200 personnes de 97 branches de la Famille Vincentienne réunis à Rome du 7 au 12 janvier 2020 par le Bureau international de la Famille Vincentienne. Une première dans notre famille : quatre jours pour comprendre notre histoire, écouter ce que déjà nous vivons, approfondir le sens de notre charisme et finalement proposer des voies pour progresser afin d’offrir un service efficace des plus pauvres pour que l’Évangile de Jésus soit porté aux périphéries de l’Eglise et du monde.

La rencontre s’est ouverte par l’audience du pape. Il nous a accordé un temps de photo à l’issue de sa catéchèse. L’après-midi a ouvert la rencontre par deux conférences : celle du Père MALONEY, ancien supérieur général des Lazaristes, qui a mis en route cette aventure commune et une de l’actuel supérieur Général, le P. Tomaz MAVRICK qui nous a donné des orientations à vivre pour que la Famille Vincentienne développe la richesse du charisme que l’Eglise lui a confié.

C’est en 1994, lors d’une visite des lazaristes au Mexique, que le Père MALONEY aura la joie de découvrir avec les Pères de la Mission, les Filles de la Charité, ce qu’il avait l’habitude de rencontrer lors de ses visites mais cette fois, ils lui ont donné l’occasion de rencontrer la Société Saint-Vincent-de-Paul, les Equipes Saint-Vincent (AIC) et la Jeunesse Mariale Vincentienne. La découverte de cette solide collaboration fait prendre conscience du  dynamisme de ces divers acteurs animés de l’esprit laissé par Saint Vincent au Mexique. C’est cette prudence audacieuse alliant amour des pauvres et  attachement indéfectible à Jésus-Christ qui caractérisait Vincent. Fort de cela, le Père MALONEY va proposer l’année suivante, à Rome, que se retrouvent le président international de la Société Saint-Vincent-de-Paul, la Président des AIC et la Supérieure Générale des Filles de la Charité. C’est l’occasion pour chacun des responsables de dire leur joie de découvrir qu’en Eglise, ils vivent le même charisme, chacun dans sa tradition propre. Ils repartiront après avoir vécu un moment avec le Pape Jean-Paul II, heureux d’entendre que les vincentiens étaient disposés à mettre leur charisme au service de l’Eglise. Ils repartiront avec une intuition à manifester ensemble : ils établiront une date annuelle de fête et créeront une prière pour avoir une force commune.

Puis le Père MAVRICK, actuel supérieur général des prêtres de la mission et coordinateur de la Famille Vincentienne,  nous a partagé la joie de constater ce grand dynamisme que nous sommes au cœur de l’Eglise et il nous a invité à approfondir la formation à la spiritualité, à veiller à conserver le charisme dans toutes nos institutions d’éducation où la présence des religieux et religieuses diminue, à veiller au service intégral de la personne dans nos institutions de santé, à continuer à promouvoir des initiatives pour aider à sortir de la misère et améliorer nos réponses aux situations de catastrophes naturelles.  

Nous avons vu qu’il faudra attendre 2015 pour que le premier Bureau de la Famille Vincentienne voie le jour et que s’organise cette dynamique souhaitée depuis 20 ans déjà. Elle est composée d’un Bureau formé des 4 branches historiques (AIC, Lazaristes, Filles de la Charité, Société Saint Vincent de Paul) et de 4 branches rotatives pour des mandats de 3 ans. Il est assisté par le Bureau du comité exécutif qui coordonne le travail des commissions : communication, charisme, collaboration, changement systémique, sans-abris depuis le symposium 2017. Il nous a été demandé d’insister sur la communication entre nous afin que nous entrions davantage dans une ère de communion en approfondissant notre chemin commun.

La Famille Vincentienne est aujourd’hui présente dans 158 pays sur les 197 reconnus par l’ONU. Elle s’est  déjà dotée de 120 conseils nationaux dont 46 animés par des frères ou prêtres de la Congrégation de la Mission, et 20 par des religieuses de plus de 15 congrégations. Parmi les 54 autres conseils nationaux, la moitié sont animés par des laïcs des divers mouvements et associations vincentiennes. Il s’agit donc d’une famille en action et dynamique qui a besoin de solides bases communes pour déployer la richesse des services qu’elle propose de par le monde.

Le second jour, ce fut la culture des vocations qui a été abordée. Nous nous sommes interrogé sur la façon dont nous pouvons transmettre l’appel au service comme vincentiens, en sachant témoigner de la joie de vivre et en invitant celles et ceux qui nous entourent à partager nos activités, nos temps de prière et peut-être en faisant bénéficier de nos lieux de vies pour que les personnes puissent s’ancrer dans le chemin vincentien. La table ronde qui suivra fera échanger un jeune d  la Jeunesse Mariale Vincentienne du Liban, une avocate Haïtienne au service des projets de développement, un frère d’une communauté aux USA et une sœur anglaise. Ils nous ont permis d’entendre à nouveau le murmure de Jésus qui a invité au creux de leurs rencontres du quotidien ces sœurs et ces frères à faire un pas de plus pour répondre à son appel au service des plus fragiles.

L’après-midi a été consacré à la transmission du charisme et les difficultés rencontrées. Le Père MAVRICK nous exposera l’appel du frère Aloïs, prieur de la Communauté de Taizé. Honorant l’appel du frère Roger, fondateur de la communauté, l’ancienne supérieure générale des Filles de la Charité avait offert quelques sœurs pour le service des jeunes. Elles n’ont pu demeurer, et la communauté sollicite la Famille vincentienne pour qu’elle propose des frères ou des sœurs pour prendre en charge l’infirmerie de ce lieu d’évangélisation de plus de 40.000 jeunes du monde entier annuellement. Puis ont été évoqué les saints et bienheureux de la famille en vue de l’élaboration du lectionnaire de la Famille Vincentienne. S’en est suivie une réflexion sur la continuité du charisme sans la présence des religieux et religieuses avec l’exemple de la Hollande. Le samedi a été consacré à penser notre façon d’affermir le déploiement de la famille et sur la façon de la rendre présente sur le net. 

Nous avons ensuite évoqué le festival de films qui a eu lieu l’année suivant l’anniversaire des 400 ans du charisme à Castel-Gondolfo, ce qui a révélé une richesse de création cinématographique durant le synode des évêques sur les jeunes. Il avait pour thème « la mondialisation de la charité ». De nombreux courts-métrages et films ont été réalisés. Nous avons eu la joie de voir deux courts-métrages qui nous ont présenté deux situations en Europe : la crise économique en Espagne et la situation des migrants. Puis ce fut au tour de l’alliance pour les sans-abris lancée lors du symposium de 2017, qui avec la délégation vincentienne à l’ONU s’est proposée de trouver 10.000 logements stables pour des sans-abris. Il faut saluer l’efficacité de nos réseaux qui depuis octobre 2017 ont déjà trouvé 8600 logements pour des personnes seules et des familles. Nous entendons que le fondement de notre charisme n’est pas dans la défense de valeurs, mais bien dans l’acceptation à nous laisser bousculer par l’Évangile qui rejoint tout homme et tout l’Homme. Cette dignité n’est pas liée à la performance individuelle mais doit prendre en compte l’histoire, les relations, la dimension familiale et sociale de la personne accueillie.

Les échanges en groupes linguistiques ont aidé à soutenir, préciser et donner des éléments que le Bureau pourra utiliser pour continuer son action de soutien de la grande dynamique de service des pauvres dans laquelle nous sommes engagés en Eglise. Nous venons de vivre un symposium riche en rencontres, en échanges : il nous a aidé à préciser, à approfondir notre identité, tout en envisageant des outils pour ce nouvel espace missionnaire de notre Eglise. La charité du Christ nous presse, nous sommes conscients que la dignité de l’homme n’est pas une idéologie mais un combat. Sans jamais renoncer, nous aimerons corporellement et spirituellement les plus fragiles qui nous serons présentés pour que la Bonne Nouvelle de Jésus soit effective.

Bernard MASSARINI, c.m. au nom de l’Archiconfrérie de la Sainte-Agonie

 

Bernard MASSRINI c.m. au nom de l’Archiconfrérie de la Sainte Agonie

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