En cette période de grande souffrance, conséquence de la pandémie COVID-19, tant de personnes ont perdu la vie, parmi lesquelles, peut-être, des membres de famille, des amis et des personnes que nous avons connues et servies. Beaucoup plus nombreux sont ceux qui ont été infectés par le coronavirus.

Tomaz Mavric

“Voici, je fais toutes choses nouvelles” (Apocalypse 21, 5) Message du Supérieur Général, à tous les confrères de la Congrégation de la Mission

A tous les confrères de la Congrégation de la Mission Mes chers confrères, Que la grâce et la paix de Jésus soient toujours avec nous !

“Voici, je fais toutes choses nouvelles” (Apocalypse 21, 5)

En cette période de grande souffrance, conséquence de la pandémie COVID-19, tant de personnes ont perdu la vie, parmi lesquelles, peut-être, des membres de famille, des amis et des personnes que nous avons connues et servies. Beaucoup plus nombreux sont ceux qui ont été infectés par le coronavirus. De nombreuses familles et communautés souffrent de la perte d’un être cher, de la perte de leur travail, de la perte de leur paix intérieure, à cause de la maladie, du confinement, de l’isolement de la société et des inquiétudes concernant l’avenir.

Je voudrais, en ce moment, avec ces simples lignes, atteindre le cœur de chaque Province, Vice-Province, Région, Mission Internationale, le cœur de chaque communauté et de chaque confrère de notre Petite Compagnie, où que vous servez, où que vous soyez maintenant, nos confrères-évêques du monde entier, et les confrères qui, pour une raison ou une autre, vivent en dehors de la communauté CM, beaucoup d’entre eux seuls.

Notre Fondateur, Saint Vincent de Paul, a exprimé un jour avec tant d’émotion, je pourrais même l’imaginer avec les larmes aux yeux : ” Que j’ai peine de votre peine [1]! “. Ce sont ces mots que je voudrais répéter aujourd’hui à chacun d’entre vous, chers confrères, ” Que j’ai peine de votre peine ! “. Nous portons les peines des uns et des autres.!

Cependant, en cette période de grande peine, notre proximité spirituelle, émotionnelle et mentale les uns avec les autres au sein de la Congrégation a atteint des proportions extraordinaires vis-à-vis de tous ceux que chacun d’entre nous porte dans son cœur et ceux que nous servons.

Approfondissons notre vie de prière. Grandissons dans l’ouverture les uns envers les autres. Intensifions notre recherche de solutions communes à la situation dramatique que nous sommes en train d’expérimenter en tant qu’individus, communautés, famille, pays, continents et monde.

Nous sommes profondément reconnaissants au personnel médical qui, jour et nuit, se bat pour la vie de milliers et de milliers de nos frères et sœurs dans le monde entier. Nous sommes profondément reconnaissants au Pape François, aux évêques, aux prêtres, aux frères, aux diacres, aux sœurs, à toutes les personnes consacrées et aux laïcs. Grâce à de merveilleuses initiatives, toutes ces personnes restent en contact les unes avec les autres, avec les malades, les abandonnés, les sans-abri, les communautés paroissiales, les autres groupes ecclésiaux et les diocèses, en aidant les personnes dans leurs divers besoins matériels, émotionnels, psychologiques et spirituels.

Nous saluons vivement les autorités gouvernementales nationales et locales, la police, les fonctionnaires et les nombreux bénévoles qui sont engagés dans cette bataille.

Vous, chers confrères, êtes certainement aux premières lignes dans beaucoup de ces domaines, un confrère de plus dans un domaine, un autre de plus dans un autre, mais je suis convaincu que chacun d’entre nous essaie de faire de son mieux. Je vous en remercie du fond du cœur !

Nous savons que, tout en faisant le bien, nous devons être attentifs à suivre les prescriptions et les directives qui nous sont données par les dirigeants gouvernementaux et les autorités sanitaires, pour le bien de tous, pour ceux qui sont servis, ainsi que pour ceux qui servent. Néanmoins, cela ne nous empêche pas d’être inventifs et de voir ce qui davantage peut être fait pour nos frères et sœurs, en les aidant dans l’esprit de notre Fondateur, de manière holistique, dans les domaines où ils sont actuellement le plus dans le besoin.

Cela fait également partie de notre charisme d’impliquer les autres dans les initiatives que le Christ nous inspire de réaliser. Agissons ensemble comme des confrères avec d’autres membres de la Famille vincentienne, ainsi qu’avec d’autres collaborateurs.

En ce moment, nos pensées vont également au-delà du temps présent vers la période où la pandémie de coronavirus sera en grande partie terminée. Tant de personnes ressentiront les conséquences dramatiques de ce que l’économie mondiale vit à cause de ce virus.

Alors que nous continuons à approfondir notre vie de prière, individuellement, en tant que communauté, en tant que congrégation, en nous soutenant les uns les autres, en soutenant les personnes que nous servons, nos familles et nos amis, au milieu de toute cette souffrance, cette insécurité et cette lutte, les paroles de Jésus tirées du livre de l’Apocalypse deviennent si consolantes et édifiantes pour nous-mêmes et pour les autres : “Voici, je fais toutes choses nouvelles”.

En ce moment, j’invite chacun d’entre nous à réfléchir à ces paroles du Christ qui touchent tous les coins de notre être intérieur, tout ce que nous sommes, tout ce que nous pensons, tout ce que nous faisons. Jésus nous dit, en d’autres termes : Je suis toujours en mouvement… Je vais toujours de l’avant… J’avance toujours pour le mieux. Je fais toujours des choses nouvelles pour vous, pour chacun, pour chaque communauté, pour la Petite Compagnie, pour tous nos proches, pour toutes les personnes que nous servons, pour les Pauvres.

C’est dans ce temps de grâce spécifique qui nous a été donné que nous sommes également invités à réfléchir, à prier et à méditer ce que fait Jésus par ses paroles. “Je fais toutes choses nouvelles” signifie pour moi personnellement, pour ma communauté, pour la Petite Compagnie. Cette pandémie a touché la vie, le cœur et l’esprit de la plus grande partie de l’humanité. Nous sommes invités et appelés à voir la réalité présente également à travers les yeux et le cœur de Jésus, à faire totalement confiance à la Providence pour que, de cette réalité bouleversante dans laquelle nous vivons, quelque chose de bon, de positif et de meilleur surgisse, alors que Jésus continue à marcher dans le monde en faisant toutes choses nouvelles !

Chers confrères, à la Curie générale, nous avons reçu des emails, des appels téléphoniques, des messages WhatsApp de votre part et des communautés, nous faisant part de la réalité dans laquelle vous vivez, de votre état de santé, de l’état de santé des personnes que vous servez. Nous vous sommes très reconnaissants pour toutes les nouvelles de votre part, où que vous soyez dans le monde et nous vous incluons dans nos prières, dans l’Eucharistie.

Chers confrères, une fois de plus, à tous, je dis MERCI de tout cœur. Accompagnons le Christ à travers le monde dans notre esprit, notre cœur et notre corps, Lui qui ne cesse de faire toutes choses nouvelles.

 

[1] Pierre Coste, Saint Vincent de Paul: Correspondance, Entretiens, Documents, Paris, Librairie Le Coffre, 1920, Tome I, page 142.

 

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