Retrouver un Souffle ! Celui du Ressuscité ! « ALLÉLUIA ! ALLÉLUIA ! CHRIST EST VRAIMENT RESSUSCITÉ !Lettre du Visiteur de la Province de France. 17/04/2020

Manquer de souffle rend la vie difficile et fragile ; chercher son souffle est vital pour ne pas sombrer, pour ne pas étouffer. Et beaucoup de personnes, trop, ont rendu leur dernier souffle. Pour nous, croyants, leur souffle s’est fondu dans le Souffle du Christ et fut remis entre les mains du Père, source de toute vie véritable.

P. Christian Mauvais, cm

Retrouver un Souffle ! Celui du Ressuscité ! « ALLÉLUIA ! ALLÉLUIA ! CHRIST EST VRAIMENT RESSUSCITÉ !Lettre du Visiteur de la Province de France. 17/04/2020

Chers confrères, « La Grâce et la Paix du Ressuscité soient toujours avec nous » !

 

« L’église aujourd’hui, le lieu du Dieu vivant célébré, ce sont les cœurs de nous tous. Quand affection, soin et souci sont tournés vers d’autres, quand l’inquiétude se fait active, alors je crois que c’est, de façon invisible peut-être, une église qui se remplit. » Véronique Margron.

D’abord, ce qui nous réunit dans la foi pascale, c’est la triste nouvelle du décès du P. Gonzague ce matin à l’hôpital Suisse à Paris. Cette nouvelle qui attriste aussi la Province de Madagascar où Gonzague a servi sans compter pendant 47 ans. Prions pour ce fidèle et zélé missionnaire et pour sa famille, notamment son frère Yves, notre confrère.

Ensuite, ce qui nous réunit dans la joie pascale, c’est une bonne nouvelle à partager que nous avons accueilli ce lundi avec émotion : notre confrère Alexis V., est maintenant réveillé ! il est sorti du coma. Bien sûr, il a encore besoin de la machine pour respirer et il reste très faible ; il lui faudra du temps, un long temps pour se rétablir, reprendre des forces, et retrouver toute sa place parmi nous mais réjouissons-nous avec lui, pour lui de cet éveil qui nous le rend vivant. Pensons à sa famille, aux confrères de sa Province d’origine qui eux aussi se réjouissent et peuvent chanter Alléluia, cri de joie pascal ! Il y a aussi notre confrère, de la même communauté, Michel, qui est lui aussi est sorti ce jour d’hôpital ; il est accompagné d’une bouteille d’oxygène dont il aura besoin pendant un mois pour retrouver un bon rythme respiratoire ; ensuite, il prendra du temps pour se reposer avant de reprendre son ministère.

Il nous reste à continuer de prier intensément pour eux deux, sur leur chemin de guérison complète et pour nos confrères qui sont toujours dans une situation difficile : Daniel mais Pierre dont la santé nous inquiète.

Ces confrères, comme tant d’autres personnes, ont souffert d’un manque de souffle, d’un souffle insuffisant pour respirer à plein poumons… à l’image, comme l’a souligné le Pape, ‘de nos sociétés qui ont continué leur route, imperturbables, en pensant rester toujours saines dans un monde malade’, monde qui n’arrivait plus à respirer et à donner un souffle vivifiant aux personnes.

Manquer de souffle rend la vie difficile et fragile ; chercher son souffle est vital pour ne pas sombrer, pour ne pas étouffer. Et beaucoup de personnes, trop, ont rendu leur dernier souffle. Pour nous, croyants, leur souffle s’est fondu dans le Souffle du Christ et fut remis entre les mains du Père, source de toute vie véritable. Ce Souffle du Vivant a été rendu sur la Croix pour que tous vivent dans l’Amour, pour que le monde respire dans ce souffle de Vie et devienne vivant, humain et du coup divin et cela au cœur même du confinement qui est étouffant pour des personnes seules ou des familles nombreuses dans des espaces restreints.

Ce souffle pascal rend vivant nombre de personnes, y compris des jeunes de banlieues, qui se sont laissés toucher par la présence de l’autre dans le besoin et qui ont multiplié les formes de service, des réseaux de charité, avec grande et belle générosité. Ce souffle rend vivant nombre d’associations qui rejoignent les personnes les plus dépourvues et éloignées. Ce souffle anime tant de personnes qui d’habitude vivent dans l’ombre de la société́. Ce souffle anime le monde des soignants dans sa diversité qui se donnent et redonne vie, espoir ou reçoivent le souffle des défunts.

Oui, notre monde s’est éveillé, se réveille peu à peu lui aussi ; il prend conscience de l’importance de l’autre, de la vie, de la personne pour qui l’on se donne, de la création qui est redécouverte et appréciée.

Ce temps de confinement nous a mis à distance, celle réglementaire d’un ou deux mètres pour respecter l’autre et se préserver mutuellement dans la santé. Et Pourtant, cette distance nous a rapprochés les uns des autres ; elle a rajusté notre regard sur nos proches, les voisins. C’est un souffle nouveau qui nous remet vraiment en présence de l’autre ! j’imagine que nos propres communautés, les communautés chrétiennes, l’Eglise elle-même, sont traversées elles aussi par ce Souffle de vie, nous permettant de voir notre frère avec ce nouveau regard !

Accueillons avec joie le Souffle du Christ que nous offre Pâque.

En ce temps de Pâques, prions pour que ce souffle se répande partout et continue de tous nous animer pour que nous nous retrouvions mieux les uns et les autres, que nous nous retrouvions en phase avec la création.

« Dans la prière, même pauvre, nous pouvons accueillir la lumière du message pascal. Nous pouvons découvrir que changer nos comportements personnels et collectifs est possible, en vue d’un autre avenir pour nous et pour l’humanité. Nous pouvons laisser monter en nous l’imagination nécessaire pour mettre en pratique de nouvelles solidarités.

Le Ressuscité envoie ses disciples dans le monde entier, non pas pour faire entrer toute l’humanité dans un même système religieux, mais pour que leurs vies rayonnent l’espérance d’une paix sur la terre et d’une plénitude pour toute la création. » Frère Alois.

Je laisse à votre méditation ce texte de Jacques Salomé :

« Les murs ne sont pas toujours au-dehors… Dans tous les murs, il y a une lézarde, dans toute lézarde, très vite, il y a un peu de terre, dans cette terre, la promesse d’un germe, dans ce germe fragile, il y a l’espoir d’une fleur, et dans cette fleur, la certitude ensoleillée d’un pétale de liberté.

Oui, la liberté est un germe même dans les murs les plus hostiles. La liberté peut naître d’une fissure, d’une rupture, d’un abandon. Elle peut naître aussi d’une ouverture, d’un mouvement.

La liberté a de multiples visages, elle est parfois la caresse d’un regard qui a croisé le mien, l’élan d’une parole qui a transformé la mienne pour en faire un chemin.

Les murs les plus cachés sont souvent au-dedans et, dans ces murs aussi, il y a des lézardes…

Laisse pousser tes fleurs, elles sont les germes de ta vie à venir. »

Fraternellement

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La Douceur : Petite réflexion d’un confiné (3/6)

Dans un monde violent, entendre « heureux les doux, ils recevront la terre en héritage », qu’est-ce que cela veut dire ? « Aussi longtemps que je suis resté un lâche, nous dit Gandhi, j’entretenais en moi un foyer de violence. Lorsque après un certain nombre d’années, je rejetai toute lâcheté, je pus entrevoir la valeur de la non-violence ».

Eric Ravoux

La Douceur : Petite réflexion d’un confiné (3/6)

Petite réflexion sur la troisième vertu vincentienne : la Douceur

Dans un monde violent, entendre « heureux les doux, ils recevront la terre en héritage », qu’est-ce que cela veut dire ?

« Aussi longtemps que je suis resté un lâche, nous dit Gandhi, j’entretenais en moi un foyer de violence. Lorsque après un certain nombre d’années, je rejetai toute lâcheté, je pus entrevoir la valeur de la non-violence ».

Quand nous relisons les béatitudes, nous n’y retrouvons pas la force, pourtant elle fait partie de ce que le Seigneur exige de nous. N’a-t-il pas dit « ce sont les violents qui emportent le Royaume » ? Et il serait facile de dégager dans les Evangiles tout ce qui réclame la force, la générosité, l’audace ou le risque.

Pourtant, si la force n’est pas explicitement nommée dans les béatitudes, nous pouvons tout de même la trouver dans la deuxième, celle qui concerne la Douceur. Cela peut paraître bizarre, mais la tradition chrétienne a toujours fait le lien entre la force et la douceur. Mon but est de montrer que la douceur est une vraie force, même et surtout si elle est maîtrisée et parfois désarmée.

Nous savons bien que le Christ ne vient pas faire l’éloge de la fadeur ou de la mollesse. Le christianisme ne fait pas de l’homme un faible, un vaincu : ce sont les violents qui emportent le Royaume … Le chrétien n’est pas un être passif, sans vigueur. La dynamique de l’Evangile est faite de dépassement, elle réclame du souffle. Aussi, si le Seigneur béatifie les doux, c’est que la douceur n’a rien à voir avec ce que le monde peut en comprendre aujourd’hui, où ce sont les requins qui sont mis en avant.

Le Christ se présente comme un être doux, pas seulement dans des comportements extérieurs, mais aussi par ce que l’on appelle son amour désarmé. En venant parmi nous bébé, c’est tout le contraire de la puissance, il ne s’impose pas. Il vient comme un enfant, il vient proposer un amour, une communion. Il appelle, il sollicite, il n’est pas en position dominante, à cause de la qualité même de son amour. Un amour authentique ne s’impose pas, il se tient à la porte et il frappe en douceur : si tu veux tu viens … C’est le langage d’un amour qui respecte l’autre et se fait serviteur.

Il est vrai que nous n’acceptons pas volontiers les doux car on a l’impression que leur attitude nous juge et nous condamne. Notre époque n’est pas à la douceur et croire à cet absolu évangélique, c’est ramer à contre-courant. Aujourd’hui on a besoin de se faire mousser, de se faire entendre, de clamer son point de vue. On a besoin de triompher par tous les moyens …

Le doux a une force tranquille, et sa douceur peut se transformer en violence. La colère des doux est terrible, dit-on. Mais elle n’impressionne que parce que cette violence est pure ; elle se réalise dans un renoncement à soi qui en fait la grandeur. C’est le comportement de Jésus dans l’évangile, en particulier devant les pharisiens. Le doux, quand il est violent, ce n’est pas lui qu’il défend, c’est la vérité, la justice, des valeurs supérieures qui le dépassent …

Les doux sont libres vis-à-vis de tout ce qui n’est pas la valeur essentiel.

Beaucoup de nos contemporains, et nous en faisons partie, s’accrochent au matériel, comme si leurs vies en dépendaient. Ils vivent dans le domaine de l’apparence et en sont souvent les victimes. Le doux va plus loin, plus profond ; c’est pourquoi il agit avec un certain détachement, une distance, une appréciation des êtres, des choses, des événements qui le distingue et le sépare de ceux qui sont enfermés dans leur point de vue.

« On veut te prendre ta tunique, donne aussi ton manteau » (Mt 5, 40). Où est l’essentiel ? C’est la question du doux. Ce n’est pas qu’il soit insensible et invulnérable, mais il ne se laisse pas dominer par son émotivité.

Saint François de Sales que l’on présente souvent comme le modèle de la douceur dit un jour : « ce qui me touche, ne me touche pas ; mais ce qui Le touche, me touche grandement ». C’est la liberté est l’exigence des saints.

Le Pape François à propos des caricatures de Charlie Hebdo a dit : « Que l’on me caricature moi cela n’a aucune importance, c’est la fonction, le statut qui veut ça ; mais que l’on caricature et que l’on moque le simple et pauvre croyant parce qu’il est croyant, là on me touche, parce que c’est Dieu que l’on touche ».

Ce temps de confinement, nous obligeant à revenir à l’essentiel, peut-être pour nous un temps de découverte de la douceur. La douceur envers nous-mêmes, la douceur envers nos proches, la douceur envers notre monde.

Et je finirai avec les mots de Martin Luther King dans « La Force d’Aimer » :

« Dieu a les deux bras étendus. L’un est assez fort pour nous entourer de justice, l’autre est assez doux pour nous embrasser de grâce. D’une part, Dieu est un Dieu de justice qui punit Israël de son obstination ; d’autre part, il est le Père qui pardonne et dont le cœur se remplit d’une joie indicible au retour de l’enfant prodigue ».

Qu’à l’école et à la prière de ces grands témoins de la douceur et de la non-violence, nous sachions nous aussi grandir en douceur pour être concrètement des artisans de paix et de justice dans notre monde, afin de le rebâtir AUTREMENT !!

Tourrettes-sur-Loup, le 17 avril 2020

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Le père Gonzague Danjou CM a rejoint la maison du Père

« tout le monde reconnaît tous les biens qu’il a fait pour la Province de Madagascar pendant ces 47 ans de vie missionnaire dans ce pays et tous et chacun, ont accepté son départ, même si le champ à moissonner reste encore vaste, même si nos vœux sont qu’il reste avec nous jusqu’à la fin… en 18 ans de visitorat, il a mis en place la structure de notre Province. » (P. Benolo, Visiteur, le 27 mars 2009)

P. Christian Mauvais, cm

Le père Gonzague Danjou CM a rejoint la maison du Père

A tous les confrères de la Province. Nous apprenons le décès de notre confrère Gonzague DANJOU à l’hôpital Suisse où il avait été admis fin février après un séjour à l’hôpital St Joseph. il est décédé calmement, sans souffrances.

 

Il est né le 6 août 1933 à Lille. Fils de Gérard et de Gabrielle DEVRED. Il a fait ses études secondaires à Loos, à l’école apostolique.

Entré dans la Congrégation, le 21 septembre 1951 à Paris ; il a prononcé́ ses vœux le 18 avril

1959 à Paris en présence du Père SLATTERY. Il est ordonné diacre le 3 juillet 1960 à Paris ;

il reçut l’ordination sacerdotale le 29 juin 1961 à PARIS.

En 1961 Gonzague est nommé à la communauté́ de BONDUES.

En 1962, il part pour Madagascar et est placé à la communauté de FARAFANGANA. En 1971, il est nommé Visiteur de la Province de MADAGASCAR.

En 1980, il revient à FARAFANGANA.

En 1986, il est de nouveau nommé Visiteur de la Province de MADAGASCAR En 1995, il est placé au Grand Séminaire de FIANARANTSOA

En 1998, il est nommé supérieur et économe à ANTANANARIVO En 2000, il revient à FIANARANTSOA

En 2003, il est nommé à la maison d’accueil d’ANTANANARIVO.

C’est en 2009 qu’il revient à sa Province d’origine et qu’il est nommé à Paris, à la Maison-Mère où il a rendu de multiples services sur place et à la Chapelle de la Médaille Miraculeuse.

« tout le monde reconnaît tous les biens qu’il a fait pour la Province de Madagascar pendant ces 47 ans de vie missionnaire dans ce pays et tous et chacun, ont accepté son départ, même si le champ à moissonner reste encore vaste, même si nos vœux sont qu’il reste avec nous jusqu’à la fin… en 18 ans de visitorat, il a mis en place la structure de notre Province. » (P. Benolo, Visiteur, le 27 mars 2009)

Vu les circonstances et la situation de confinement sanitaire, l’inhumation du Père Gonzague se fera au Cimetière de Montparnasse. Dans cette attente, il repose dans un funérarium.

J’invite tous les confrères de la Province à célébrer ce dimanche l’Eucharistie pour le repos de ce missionnaire infatigable, dans la Paix et la Joie du Ressuscité. Nous y associerons tous les membres de sa nombreuse famille, dont le P. Yves DANJOU, son frère et nous prierons tout particulièrement ce jour-là pour la Province de Madagascar.

Demeurons unis dans ce départ et fraternels dans nos liens.

« Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain. Jésus leur dit :’apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre’… il leur dit alors : ‘venez manger’ ; il s’approche, prend le pain et le leur donne et de même pour le poisson. C’était la 3ème fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples ». (Jn 21/)

Ce 17 avril 2020. Christian MAUVAIS

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