Funérailles du P. Benoît NDZANA CM. Homélie et témoignage

Nous continuons à être bousculés, touchés dans notre fraternité commune. Un autre frère quitte cette communauté pour rejoindre la maison du Père ; il nous laisse une place vide et nous sommes sans voix. Nous avons mal de son absence. Son chemin comme homme, comme croyant, comme missionnaire se termine. Il est arrivé au bout, laissant pour nous un goût d’inachevé tellement son départ nous a surpris et comme disait l’un de nous " Il n’a pas eu le temps de nous dire au-revoir ! "

P. Christian Mauvais, cm

Funérailles du P. Benoît NDZANA CM. Homélie et témoignage

Chers confrères, chers amis : notre frère, Père Benoît NDZANA BIKELE nous a quitté.

Ce soir, réunis dans cette chapelle, nous sommes en communion avec les membres de la famille de Benoit, et tous ceux et celles qui l’ont connu au Cameroun, paroissiens, voisins,  tous ses amis qui vivent un temps de prière en ce moment  ; j’entends et je comprends la souffrance de sa famille qui n’a pu voir le corps de Benoit, seul le cercueil est le témoin de son départ. Leur souffrance aussi de ne pouvoir participer à cette célébration.

Nous sommes en communion avec ses frères et sœurs en France, ses nombreux amis, ses confrères de sa Province d’origine, avec les Filles de la Charité qui sont à l’origine de sa vocation vincentienne ; En communion avec ses confrères, les résidents et le personnel de l’EHPAD son dernier lieu de mission où il allait, heureux, célébrer chaque jour, être cette présence douce et écoutante.  Notre communion englobe toutes ses connaissances de partout, qui auraient voulu être parmi nous, ici même pour prier ensemble, espérer ensemble, nous réconforter ensemble et adresser une dernière parole, un dernier geste affectueux à Benoit.

Je salue chacune et chacun d’entre vous qui nous suivez et écoutez sur les réseaux sociaux. La communion n’est pas un vain mot ; elle fait de nous un même corps qui souffre et qui espère, qui prie et s’en remet avec confiance à Dieu qui ne déçoit pas.

Nous continuons à être bousculés, touchés dans notre fraternité commune. Un autre frère quitte cette communauté pour rejoindre la maison du Père ; il nous laisse une place vide et nous sommes sans voix. Nous avons mal de son absence.

Son chemin comme homme, comme croyant, comme missionnaire se termine. Il est arrivé au bout, laissant pour nous un goût d’inachevé tellement son départ nous a surpris et comme disait l’un de nous ‘ Il n’a pas eu le temps de nous dire au-revoir !’

Son chemin avec nous se termine pour s’épanouir dans l’émerveillement, dans la contemplation de Celui qu’il a suivi, aimé, servi, appris à connaître  et à faire connaître : le Seigneur Jésus, le Ressuscité.

Entre les mains, dans le cœur, nous avons ce que nous avons reçu de Benoit, de sa vie de missionnaire, de confrère, de sa vie de prière, de service : nous nous sommes partagés hier au soir les fruits  que l’Esprit nous a donné de récolter ; ils ont un goût de bonté, de douceur, de fidélité, d’attention. Ces paroles échangées au sein de la communauté donnent du poids à l’humanité de Benoit. Elles résonnaient vrai, juste et soulignent la place qui était la sienne, discrète, fraternelle.

Soyons fiers et heureux de ce que Benoit nous laisse comme témoignage, il ne peut que nous enrichir et nous aider à progresser. Cette beauté de vie, offrons-la ensemble au Seigneur au cours de cette Eucharistie avec notre merci et notre pardon.

Homélie.

Benoît, un frère. Un père

Il le fut pour les membres de sa famille bien sûr, pour ses nombreux amis ; il le fut pour les paroissiens dont il a eu la charge ; il le fut pour les jeunes confrères de la Vice Province du Cameroun. Premier lazariste camerounais, il est devenu l’aîné, le grand frère, celui qui a ouvert un chemin que beaucoup d’autres n’ont pas hésité à prendre, risquant leur vie à la suite du Christ en prenant St Vincent de Paul comme modèle.

Benoit savait exprimer sa joie aux jeunes qui s’engageaient sur ce même chemin car il voyait là, la Congrégation de la Mission en train de s’implanter en terre africaine et cela était son bonheur. Il a accompagné ces jeunes comme un aîné dans leur stage missionnaire, avec ses limites mais totalement dévoué à tous ; il savait leur être présent, eux qui venaient passer le WE à la mission de Nsimalen. Il se sentait responsable de ce chemin ouvert et de ceux qui l’empruntait pour leur bonheur.

Comme Barnabé et Saul, il savait se réjouir de ce que la Parole de Dieu prenait racine et d’incarnait dans son pays, appelait des personnes à écouter cette Parole de vie, à s’engager en église. Joie du missionnaire qui s’est laissé toucher le premier par cette grâce jusqu’à en être transformé !

Comme frère et comme père, Benoit le fut vis à  vis de ses confrères. Il était d’humeur égale, assez discret, avec une pointe d’humour,  toujours disponible ; un confrère très agréable nous souligne un de ses anciens de communauté. Homme souriant et généreux, qui jamais n’a eu une parole critique, méchante contre ses frères.

Benoît, un missionnaire

Originaire du centre du Cameroun, il avait la sagesse du paysan ; rassembleur, il cherchait le consensus dans les différends entre familles. Ordonné à Nsimalen, la population était très heureuse de voir l’un de ses enfants devenir prêtre missionnaire. Une âme de missionnaire ! homme de foi, de prière, tout donné dans la célébration de l’eucharistie, dont les prédications marquaient les gens. Plusieurs de celles-ci circulent sur les réseaux actuellement.

Etant du terroir, connaissant de l’intérieur les us et coutumes, il a éclairé les confrères missionnaires dans leur mission sur place, il a su les faire entrer dans l’intelligence des coutumes, d’une histoire, leur permettant de les habiter, d’en faire leur demeure, de se situer au mieux, d’être dans une relation la plus juste possible. A ce niveau-là, il fut formateur comme il le fut auprès des catéchistes adultes ! Les paroissiens aimaient s’adresser à lui car il était l’un d’eux, donc plus à même de les comprendre.

Mais ce ne fut pas toujours simple. Il y a eu un combat à vivre pour rester fidèle à sa culture et s’ouvrir à la dimension missionnaire sur d’autres horizons sans rien renier de son appartenance locale. Il a connu comme Paul, Barnabé et les autres cette tension pour que l’Evangile soit annoncé, accueilli dans toutes  les cultures, fécondant de nouvelles terres.  Joie et souffrance de tout missionnaire pour demeurer fidèle à ses racines et à l’Evangile. Joie et souffrance qui sont fécondes. « que les peuples, Dieu te rendent grâce, qu’ils te rendent grâce tous ensemble’ !

Benoît, un homme de souffrance

Il a souffert dans son corps, dans son être. Les ennuis de santé n’ont pas été absents de sa vie et cela l’a marqué. Profondément. Il y a eu des répercussions sur son ministère mais ne l’a pas appauvri ;

Cette vie avec ses limites sanitaires l’a conduit à se retrouver au Centre médicalisé pour un repos ; une préparation à vivre un ministère en EHPAD où il fut heureux de s’y rendre, d’accompagner, de célébrer ! il y était très régulier. Sa vie était donnée aux autres, comme auprès de l’Association Pour l’Amitié où il aimait se rendre pour les rencontrer et célébrer avec eux.

Benoît, homme bien vivant

Comme l’écrit un de ses amis, ‘Benoît, avant de le rencontrer, on l’entendait…il avait une voix douce et un rire qu’on ne pouvait pas imiter’. Bonté et joie de vivre.

Homme étonné et curieux de tout : il était homme de mélange avec la musique et lectures d’ici et celles de son terroir ;  il a été façonné avec ses apports différents.

Je ne l’ai pas connu jouer au foot ou pratiqué tel ou tel sport mais nous savions son amour du foot ; il ne ratait pas un match à la télé ! c’était sa joie, une autre de ses passions. Mais bien avant cela, il a créé une équipe de foot à Nsimalen, qu’il a entrainé avec sérieux. Il s’y est donné, souhaitant de toutes ses forces en faire une grande équipe.

Il a eu la joie d’aller à Rolland Garos pour le tournoi de tennis, heureux d’y avoir vu des grands joueurs. Personnes importantes. Important il le devenait.

Une vie ne se résume pas en quelques lignes ; elle se reçoit, elle nourrit ceux qui prennent le temps de la lire, de la contempler ; elle ne nous appartient pas ; elle nous est donnée et celle de Benoit, aujourd’hui nous l’offrons comme ce que nous avons de précieux, de beau. Merci Benoît pour ce que tu fus avec nous et pour nous et pour tous ceux et celles que tu as rencontrés, accompagnés, écoutés, annonçant l’Evangile, cette Bonne Nouvelle que Dieu nous aime « Je suis la Lumière et je suis venu dans le monde pour que celui qui croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres ».

Toi qui a mis ta confiance dans le Seigneur, tu es illuminé de sa présence, enveloppé de sa lumière et tu comprends, tu saisis en plénitude l’Amour dont tu es aimé de toute éternité et pour l’éternité. Repose dans cette Paix.

Je veux donner un visage africain a St Vincent. Ton désir. Y as-tu réussi ? peu importe ! L’essentiel, est que tu as semé, planté et ce désir se réalise avec le temps. Ce qu’il y a de sûr, c’est que l’Esprit Saint a imprimé St Vincent sur ton visage qui transpire les vertus de simplicité, d’humilité et de charité. Merci Benoit pour ta Fidélité.

TÉMOIGNAGE

Père Christian Mauvais :

Mon père, je vous ai eu hier brièvement au téléphone quand j’ai appris le décès de Benoît Ndzana mon frère et ami. Je voudrais mettre ici quelques mots pour accompagner Benoît que je connais.

Je sais combien de fois il est déconseillé dans des circonstances comme celles-ci, de ne pas faire de panégyrique et encore plus, d’hagiographie du défunt. Autrement dit, ne pas le transformer en saint, même si, et nous devons le rappeler en regardant Benoît aujourd’hui sans vie, la sainteté est notre but à tous. Vous savez que si vous voulez devenir quelqu’un de parfait, il vous suffit de mourir pour devenir irréprochable : on ne se souvient que de vos qualités, passant sous le manteau vos défauts.

Une fois n’est pas coutume, je ne vais pas suivre ce que je viens de dire plus haut, je m’en détourne même volontairement, car vivre au loin comme je le fais la mise en terre de Benôit avec lequel j’avais encore tant de choses à vivre, sans avoir avoir envie de m’épancher, c’est mission impossible… Benoit fut un personnage dans la vie de l’Eglise qui est au Cameroun et dans la famille de Saint Vincent de Paul

C’est bien volontairement que je parle de “personnage”.

Effectivement, avant de rencontrer Benoit, généralement, on l’entendait … et de loin. Il avait une voix douce et un rire qu’on ne pouvait pas imiter, il suffisait de tendre l’oreil. Nous nous sommes connus au Cameroun, c’était le Lazariste, celui qui disait vouloir donner un visage africain à Saint Vincent de Paul. Ensuite nous nous sommes retrouvés à Paris. Il m’avait appelé et était venu me voir. Nous ne nous sommes plus jamais perdus de vue. C’était à l’évêché d’Evry. J’ai donc découvert un ainé, un compagons disponible et serviable. Benoît ne conduisait pas de voiture en France, il se déplaçait donc en transport en commun mais était toujours à l’heure au rendez vous que vous lui donniez. Il avait toujours le même sourire. 

J’ai découvert l’homme spirituel aussi. Il priait beaucoup. Comment ne pas parler des messes avec lui notamment à Lourdes où nous avons été tous les deux ou encore sur les traces de saint Vincent de Paul le fondateur de votre congrégation à Châtillon. Je me souviens de ses prédications percutantes. Depuis l’annonce de son décès, des extraits de ses prédications sortent des téléphones portables pour habiter les réseaux sociaux signe qu’elles ont marqué plus d’une personne.

Benoît est né dans la région du Centre au Cameroun dans un village appelé Nkolmeyang le 12 décembre 1956. Il avait donc la sagesse du paysan. Au moment où je l’écris je vois Benoît rassembleur, cherchant toujours le consensus dans les différends de famille et quand il était solicité.

Je me souviens, il y a quelques mois, de passage à Paris pour les obsèques d’une de mes nièces, j’ai trouvé que Benoit avait pris les choses en main. Pendant la veillée, il était plongé dans la lecture de son breviaire. Et quand il a fallu le reconduire à sa communauté, dans la voiture, j’ai découvert qu’il lisait un autre recueil – un recueil de Bossuet, immense prédicateur et génial orateur du 17ème siècle. Eh oui : Benoît lisait Bossuet dans le texte. Ceux qui connaissent, apprécieront. Il pouvait je crois donc mélanger sa sagesse africaine aux texte du 17ème pour composer une prédication digeste et instructive pour tous.

Oui, beaucoup d’entre vous connaissez votre confrère, moi je connais l’ami et le compatriote. Je parle de l’homme étonné et curieux de tout : musique religieuse, musique de son terroir: dans son téléphone d’un autre siècle au regard de ce que les nouvelles technologies nous offrent aujourd’hui, vous trouverez donc, Athanase Atéba Bikele un de ses ainés dans le sacerdoce, Bikoula Atéba, Pie Claude Ngumu à côté de Didier Rimaud, Jo Akepsimas comme les chants de Taizé, – dans sa bibliothèque Bossuet cotoie Engelberg Mveng et Fabien Eboussi Boulaga deux Jésuites camerounais et tous les ouvrages de Charité de Frederic Ozanam – Benoît était un fils de la spiritualité française doublé d’un négre-africain.

Pour résumer Benoît, il faudrait un savant mélange de Don Camillo, de soeur Marie-Thérèse des Batignolles et puis j’aurais voulu dire de saint Vincent de Paul dont il a voulu suivre les pas. Je ne sais pas s’il y est parvenu mais il a essayé de toutes ses forces, voilà pourquoi je témoigne. Ce mélange détonnant autant qu’étonnant, était lié et je n’ai pas peur de la comparaison, par le personnage du Curé d’Ars, car avant tout, n’en déplaise à certains, Benoît était un homme de foi, un authentique serviteur de Dieu, toute comparaison avec des déséquilibrés existants ou ayant cessé d’exister n’étant bien sûr pas à faire, faut-il le préciser.

C’est justement de cette foi que Benoît aurait peut-être aimé que l’on parle plus que de lui aujourd’hui. Mais elle lui était tant chevillée au corps qu’il serait bien présomptueux de différencier les deux. Son amour viscéral pour l’Eglise, sa dévotion au saint pape Jean-Paul II et à son saint Patron, Benoit, sont pour moi autant de points de repère parmi d’autres qu’il nous laisse pour un héritage vivant qui tourne vers Dieu celui qui veut bien l’accepter.

Quand il est entré à l’hôpital, que j’ai été informé, je n’ai pas vu le pire arrivé, puis on m’a dit qu’il a été plongé dans un coma artificiel pour qu’il ne souffre pas m’a t-on dit, pour moi et pour beaucoup d’entre nous, nous étions persuadé qu’il allait se lever et être avec nous à nouveau. Quand on nous a dit qu’il avait été entubé, nous savions qu’il allait arracher, non retirer délicatement les tuyaux et autres câbles pour nous revenir.

Je crois que l’équipe médicale de Cochin l’a assisté remarquablement, elle nous a même rassuré à un moment tout en nous disant que s’il survivait, jamais il ne pourrait reprendre sa vie d’avant. En fin tacticien, il ne s’est pas laissé prendre au piège tentateur d’une survie qu’il aurait bien eue du mal à accepter. La mort aujourd’hui, est pour lui le passage vers la vraie Vie. Benoît a vécu ce temps de confinement qui l’emporte finalement d’une manière spéciale, temps de carême, de purification, nous nous le disions dans nos échanges. Heureux qui meurt dans le Seigneur…

C’est dans cette Vérité, dans cette foi simple en Jésus-Christ Sauveur des Hommes, que Père, nous vous prions de confier Benoît NDZANA BIKELE dans cette cérémonie dépouillée. Mais pour Benoît NDZANA comme pour beaucoup d’entre nous, rien n’est plus doux que l’Eucharistie.  Père BENOÎT, en serviteur infatigable de l’Evangile dans la Vigne du Seigneur, n’a pas ménagé sa peine tout au long du jour pour buriner la Parole de Dieu avec le ciseau de fer et le poinçon dans le roc et le bronze de nos vies. Demandons à Dieu de l’accueillir dans cette Vérité qu’il n’a eue de cesse de nous annoncer.

Pour conclure, j’aimerai vous transmettre deux choses.

Tout d’abord, Benoît, avec sa finesse légendaire et sa manie d’annoncer ses quatre vérités, a blessé des personnes, s’est même brouillé durablement avec certaines. Ne lui en voulez pas. Mieux même : pardonnez-lui. Car, humblement, le petit enfant qui apparaissait parfois en lui, vous demande ce pardon. Si vous n’avez pas pu vous réconcilier avec lui de son vivant terrestre, laissez Dieu notre Père miséricordieux vous réconcilier avec Benoît, maintenant qu’il est entré dans la Vie Eternelle. Sans avoir su peut-être l’exprimer, il nous aimait chacun profondément, comme le prêtre qu’il n’a cessé d’être, comme un frère, comme un pécheur tout simplement.

Et puis, enfin, quelque chose qu’il n’a certainement pas eu le temps de vous dire. Je l’ai dit au début de ce mot, Benoit voulait un visage africain de saint Vincent de Paul. Il a ouvert la voix au Cameroun et en Afrique centrale à la Congrégation des Lazaristes. Je sais qu’au fond de lui, il aurait voulu être cette pierre sur laquelle se bâtit la Charité de Saint Vincent de Paul à Nsimalen. Pensez-y. C’est possible. Benoît aimait à dire qu’il était une poterie sans valeur j’ajoute volontiers dans laquelle Dieu avait placé un trésor pour nous le transmettre.

Je sais que Benoît avant d’entrer dans ce coma dont il ne reviendra pas, se disait que pour vous remercier tous, ses confrères, ses amis, ces hommes et ces femmes qui le pleurent aujourd’hui, qu’il ” organisera une messe et un repas, parce qu’on était une religion incarnée”. Alors, de sa part, je vous transmets, pas un grand, mais un gros merci, ça lui correspondra certainement mieux.

Père Visiteur, si je peux me permettre, Benoît a traversé Gethsémani, à présent qu’il est dans la félicité du Seigneur, que sa vie comme dit saint Vincent de Paul encourage dans la vertu” beaucoup d’entre nous. Fin de citation. Entrons avec lui dignement au Festin des Noces de l’Agneau. Amen

Vincent Sosthène FOUDA

Socio-politologue College of Liberal Arts and social Sciences Houston’university – Houston Texas – USA

 

Partager sur email
Partager sur print