O, combien ces paroles de Jésus ont du poids et sont force de réconfort dans ces temps particulièrement difficiles que nous vivons depuis l’apparition et la propagation du virus Covid 19. ! En effet, que de panique, que d’incertitude dans toute la société humaine devant ce drame mondial. Comment ne pas être bouleversé, comment ne pas se questionner, comment ne pas douter ?

Yves BOUCHET

« Que votre cœur ne soit pas bouleversé. Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. » 5e Dimanche de Pâques

O, combien ces paroles de Jésus ont du poids et sont force de réconfort dans ces temps particulièrement difficiles que nous vivons depuis l’apparition et la propagation du virus Covid 19. !

En effet, que de panique, que d’incertitude dans toute la société humaine devant ce drame mondial. Comment ne pas être bouleversé, comment ne pas se questionner, comment ne pas douter ?

Nous vivons, il est vrai, un temps difficile habité de craintes et de peurs : déstabilisation, bouleversement dans nos manières de vivre, de travailler, d’entrer en relation avec l’autre et avec les autres, déstabilisation dans nos habitudes de prier, de se réunir, de célébrer, de faire Eglise… On a l’impression d’un monde en stagnation, en péril de vie, en péril économique…

Notre rencontre communautaire de vendredi après-midi a été riche d’expressions, de partage sur le ressenti et la manière justement dont chacun a vécu et vit encore ce moment particulier du confinement tant sur le plan humain que spirituel.

Temps difficile et éprouvant dans les corps et les cœurs affrontés aux ravages de ce virus. Temps difficile pour nombre de personnes hospitalisées avec tout ce que cela a demandé et demande d’abnégation, d’investissement du personnel soignant et aussi de bien d’autres acteurs dans la vie sociale.

Temps difficile pour nombre de familles, affrontées au décès de l’un des leurs. Et pour en rajouter : cette impossibilité pour les proches d’être la pour accompagner, tenir la main, être tout simplement présence, signe de tendresse, d’amour tant nécessaire ! comme si la mort et le départ d’un être cher n’était pas déjà assez dramatique et douloureux !

Epreuves qui nous ont touchées nous aussi dans notre Province et notre communauté, avec l’hospitalisation de confrères, décès du P Gonzague, et tout récemment celui si rapide et inattendu de P Benoit, même si la cause n’en n’est pas le virus.

Tous sur la planète, nous sommes là devant cette réalité : la fragilité de nos existences, la non-maîtrise de tout. Nous mesurons notre vulnérabilité.  En même temps nous recherchons sens à ce qui nous advient. Nous ressentons aussi la nécessité de nous soutenir, de nous réconforter, d’engager des gestes de solidarités humaines au-delà de toute appartenance sociale, politique, religieuse. Nous sommes sur cette planète les hommes frères en humanité. Et nous sommes témoins, qu’au milieu de cette pandémie qui dévaste, il y a tant de gestes de vie, de gestes de solidarité et de fraternité et d’inventivité.

Ce que nous vivons aujourd’hui, nos questions, nos interrogations nous pouvons peut-être bien en trouver résonance dans ce que fut le vécu des disciples et des premiers croyants dans leur relation au Christ, et dans le contexte difficile de leur époque.

« Que votre cœur ne soit pas bouleversé, vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi »

Dans un contexte de déception, de désillusion, d’incompréhension face à l’annonce de son départ, Jésus, dans ce passage de l’Evangile de Jean que nous venons d’entendre (1er discours d’adieu)  tend à rassurer  ses disciples.  « Je pars vous préparez une place et je reviendrai. Que votre cœur ne soit pas bouleversé » Comme dans une thématique de voyage nous trouvons ainsi des verbes et des termes qui parlent non pas de mort, mais de mouvement, et qui dit mouvement dit la vie : partir – aller – revenir – chemin… Ce départ de Jésus n’est pas un abandon. Son annonce est une bonne nouvelle, c’est-à-dire un appel à vivre dans l’espérance. Certes les épreuves ne manqueront pas. Il y aura en effet les heures de la Passion, de la mort de leur Maître et par la suite, le temps des persécutions.

Mais rien ne doit troubler l’espérance des disciples, l’espérance des chrétiens.  Le Christ est bien présent hier comme aujourd’hui.  Il est là au cœur des épreuves que connaît notre monde actuellement. Ce chemin dont il nous parle n’est pas un chemin d’errance, ni une impasse. Il nous annonce le but et l’aboutissement de notre vie. Il y donne sens. Jésus, vivant auprès de son Père est en même temps chez nous, au milieu de nous. Et il nous assure de sa présence tous les jours, jusqu’à la fin du monde. Il est pour nous « le Chemin, la Vérité et la Vie ». Lui seul peut nous conduire auprès du Père, notre destination à tous.

Nous le croyons, Jésus ne se contente pas de nous montrer le chemin. Il est lui-même « le Chemin, la Vérité et la Vie. »  C’est en lui seul que nous trouvons la plénitude de la vérité. Ses paroles sont celles de la Vie Éternelle. Personne ne peut aller vers le Père sans passer par moi nous dit til. C’est lui qui nous révèle le vrai visage de Dieu. C’est en regardant vers Lui que nous redécouvrons le vrai sens de notre vie, de ce qui se bouscule et bouscule nos habitudes et certitudes. Cet évangile est un appel à l’espérance, même si nous sommes « bouleversés » par les incertitudes et les épreuves de la vie, particulièrement en cette période de pandémie. Depuis notre baptême nous sommes sur le chemin pascal.

Autre chose : au souffle de l’Esprit nous sommes invités à du neuf, à de la créativité. L’exemple nous en est donné dans le livre des Actes que nous venons de lire, et qui nous montre comment les premiers chrétiens ont suivi ce chemin du Christ. La Parole de Dieu est annoncée aux païens. Les veuves ne sont pas abandonnées à leur triste sort ; elles reçoivent une aide. Le partage des services se met en place.

Inspirons-nous de la vie de notre Seigneur qui nous invite à ne pas nous laisser troubler par ce qui nous arrive, quel que soit sa gravité, sinon son ampleur. En le regardant, sa vie éclaire la nôtre et nous inspire la solution appropriée à nos tâtonnements. « Celui qui croit en moi fera, lui aussi, les œuvres que je fais », nous dit-il.

Demandons-lui dans cette Eucharistie, de nous affermir dans la Confiance et l’audace, et de nous stimuler les uns les autres œuvrer comme des pierres vivantes à la construction d’un nouveau monde.

« Que votre cœur ne soit pas bouleversé. Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. »  Amen

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