Jésus est un excellent conteur d’histoires ! Nous l’avons constaté ces dernières semaines dans la liturgie dominicale. Les histoires de Jésus et ses paraboles ont transcendé les siècles. Dans l’église, on les médite encore aujourd’hui.

Roberto Gomez

Homélie du 17° Dimanche du Temps Ordinaire 2020

Chers sœurs et frères : Jésus est un excellent conteur d’histoires ! Nous l’avons constaté ces dernières semaines dans la liturgie dominicale.  Les histoires de Jésus et ses paraboles ont transcendé les siècles. Dans l’église, on les médite encore aujourd’hui. Comme les sages d’Israël, Jésus utilisait souvent les paraboles et les histoires parce qu’il savait bien que l’on raconte des histoires aux enfants pour qu’ils s’endorment, mais l’on raconte des histoires aux adultes pour qu’ils s’éveillent. Puissent les paraboles retenues par l’évangile de ce dimanche, nous éveiller et nous inspirer.

Deux paraboles nous sont racontées par Jésus dans l’évangile de ce jour : le Royaume des Cieux est comparable à un trésor caché dans un champ et le Royaume des Cieux est comparable à un chercheur de perles fines. Attention, on aurait tendance à dire que le Royaume des Cieux est comparable à un trésor et à une perle fine, mais non ! Jésus dit que le Royaume est comme un trésor puis qu’il est comme un homme qui cherche.

Arrêtons-nous sur deux points :

  • D’un côté la première parabole insiste sur le côté caché du trésor. Le trésor est enfoui, enterré. On ne le trouve que si l’on cherche en profondeur. Si l’on reste en superficie on le loupe. Puis, chose étonnante, celui qui trouve le trésor dans un champ n’agit pas comme nous agirions. Moi, j’aurais pris le trésor immédiatement et me serais enfui je ne sais pas où (en Colombie par exemple) pour en profiter et jouir du trésor. Or, le personnage mis en en scène par Jésus dans l’évangile agit différemment. Il cache de nouveau le trésor, vend tout ce qu’il possède et achète le champ. Pourquoi ? Comment ? C’est étrange, n’est pas ? Remarquons que le deuxième personnage de la parabole agit de manière semblable lorsqu’il trouve la perle rare. Il vend tout ce qu’il possède et l’achète.

Cette histoire si simple est plus riche que l’on ne l’imagine. Pourquoi acheter le champ et ne pas s’emparer du trésor caché tout simplement ? Peut-être parce que « le champ » de la parabole représente notre vie, notre existence. Le trésor caché est enfoui au fond de nous-mêmes, ou fond de nos vies. Le Royaume de Dieu est semé en nous comme la parabole du semeur le laissait entendre il y a deux dimanches. En fait, Jésus nous dit tout simplement, c’est en toi que j’ai caché le trésor que tu cherches. Va vers toi, va vers les profondeurs en toi et tu trouveras le trésor caché qui emplira ta vie de joie et donnera du sens à ton existence. C’est une parabole sur la profondeur en fin de comptes. Le champ de la parabole c’est notre vie. Il y a eu elle quelque chose d’inestimable. Tu auras gagné le Royaume des cieux si tu as cherché ce trésor en toi. Le trésor c’est la foi, les valeurs, les richesses qui ne périssent pas. La foi s’adresse toujours un notre liberté.

  • De l’autre côté la parabole insiste sur l’action de chercher. Le Royaume de Dieu est comparable à une personne qui cherche des perles fines et rares. Il semble paradoxal et contradictoire cet évangile ! Si d’un côté le trésor est trouvé par hasard, de l’autre côté la perle rare est trouvée par un effort, par quelqu’un qui se donne la peine de chercher. Dans le premier cas il n’y a pas d’effort à faire, dans le deuxième l’effort est souligné par le fait de chercher. On ne peut pas trouver Dieu que si l’on le cherche même de manière diffuse, voire confuse. On ne trouve Dieu que si l’on a le désir de le rencontrer.

La foi est ainsi : elle est un don mais en même temps la foi est le fruit d’une recherche, d’une espèce d’inquiétude, d’une sorte de quête parce que l’être humain ressent, devine, qu’il y a quelque chose de plus grand et de plus beau qui nous attend et nous est réservé. Cherche et tu trouves ! Cherche le plus grand et le plus beau dans ta vie ! Cela finira par arriver. Mais ne cherche pas en dehors de ta vie. Ne cherche pas le Royaume de Dieu en tournant le dos à la vie. C’est pour cela que le trésor caché dans le champ et la perle trouvée par celui qui cherche la plus belle, est une seule et même parabole.

La semaine dernière entre les Pyrénées ariégeoises et audoises, j’ai rencontré une jeune fille qui était heureuse parce qu’elle avait trouvé qu’elle avait un don (cela peut devenir son trésor). D’ailleurs, elle commençait à s’en servir autour d’elle et moi aussi j’en ai bénéficié. Elle a trouvé un don ! Pour d’autres ce sera leur vigne, leur famille, leur foi, la vie consacrée. Chacun doit trouver le sens de sa vie. Le mystère de Dieu et son Royaume y sont présents.

Frères et sœurs : Comment faire pour être comme les deux personnages de la parabole ? Comment faire pour investir dans le champ de nos vies les richesses cachées et enfouies que Dieu nous a données ? Comment faire pour ne pas se contenter d’une petite vie médiocre et résignée n’attendant plus de nouveau ni d’extraordinaire ? Le secret nous est peut-être donné par la première lecture : « Donne à ton serviteur Seigneur le discernement ». Littéralement, « donne à ton serviteur un cœur qui écoute ». Le jeune Salomon a plu à Dieu, parce qu’il n’a pas demandé ni la mort des ennemis, ni l’argent, ni le pouvoir… mais la capacité juger, de discerner et de choisir. La capacité d’écouter, de s’écouter et d’écouter Dieu en soi.  

Seigneur, donne-nous le désir de te chercher dans nos vies. Tu es le trésor caché que nous cherchons maladroitement, souvent sans le savoir. Donne nous encore de te chercher ensemble et en Eglise au fond de nous-mêmes et dans cette eucharistie,  parce que « Dieu lui-même est la profondeur de notre profondeur ».

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