Certains d’entre eux sont définitivement enfermés dans un hôpital psychiatrique. D’autres errent dans nos rues.

Jose Antonio PAGOLA

4e dimanche du Temps ordinaire – B (Marc 1,21-28)

Certains d’entre eux sont définitivement enfermés dans un hôpital psychiatrique. D’autres errent dans nos rues. La plupart d’entre eux vivent avec leur famille. Ils sont parmi nous, mais n’éveillent guère l’intérêt de quiconque. Ce sont les malades mentaux.

Il n’est pas facile de pénétrer dans leur monde de douleur et de solitude. Privés, à un certain degré, d’une vie consciente et affective saine, il n’est pas facile pour eux de cohabiter avec les autres. Beaucoup d’entre eux sont faibles et vulnérables, et vivent tourmentés par la peur dans une société qui les craint où les néglige.

Depuis des temps immémoriaux, un ensemble de préjugés, de peurs et de soupçons a dressé une sorte de mur invisible entre ce monde de ténèbres et de douleur et notre vie à nous qui nous considérons «sains». Les malades psychiques créent de l’insécurité, et leur présence nous paraît toujours dangereuse. L’attitude la plus prudente nous semble être de défendre notre «normalité», en les confinant ou en les éloignant de notre environnement.

Aujourd’hui, on parle de l’insertion sociale de ces malades et du soutien thérapeutique que leur intégration dans la vie en société peut leur apporter. Mais tout cela ne cesse d’être une belle théorie s’il n’y a pas un changement d’attitude vis-à-vis du malade psychique et s’il n’y a pas une aide plus efficace pour tant de familles qui se sentent seules ou peu soutenues pour faire face aux problèmes qui leur tombent dessus avec la maladie d’un de leurs membres.

Il y a des familles qui savent comment prendre soin de leur être cher avec amour et patience, en collaborant positivement avec les médecins. Mais il y a aussi des foyers où la personne malade est un fardeau difficile à porter. Peu à peu, la vie en commun se détériore et toute la famille se voit affectée négativement, ce qui favorise à son tour l’aggravation de la maladie.

Il est donc ironique que nous continuions à défendre théoriquement une meilleure qualité de vie pour les malades psychiques, leur intégration sociale ou le droit à des soins adaptés à leurs besoins affectifs, familiaux et sociaux. Tout cela est nécessaire mais pour y parvenir, il faut une aide plus réelle aux familles et une collaboration plus étroite entre les médecins qui soignent la personne malade et les personnes qui savent l’assister dans le cadre d’une relation humaine et amicale.

Quelle place ces patients occupent-ils dans nos communautés chrétiennes? Ne sont-ils pas les grands oubliés? L’Évangile de Marc souligne de façon particulière l’attention de Jésus sur «ceux qui sont possédés par des esprits mauvais». Sa proximité des personnes les plus démunies et sans défense face au mal sera toujours pour nous un appel interpellant.

José Antonio Pagola
Traducteur: Carlos Orduna

 
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