Le bonheur n’est possible que là où nous nous sentons accueillis et acceptés. Là où manque l’accueil, il y a un déficit de vie ; notre être est comme paralysé ; la créativité est atrophiée. C’est pourquoi une «société fermée est une société sans avenir, elle tue l’espérance de vie des marginaux et finit par s’effondrer elle-même» (Jürgen Moltmann).

Jose Antonio PAGOLA

TENDRE NOTRE MAIN. 6 Temps ordinaire – B (Marc 1,40-45). Commentaire

Le bonheur n’est possible que là où nous nous sentons accueillis et acceptés. Là où manque l’accueil, il y a un déficit de vie ; notre être est comme paralysé ; la créativité est atrophiée. C’est pourquoi une «société fermée est une société sans avenir, elle tue l’espérance de vie des marginaux et finit par s’effondrer elle-même» (Jürgen Moltmann).

Nombreux sont les facteurs qui amènent les hommes et les femmes de notre temps à vivre dans des cercles exclusifs et fermés. Dans une société où l’insécurité, l’indifférence ou l’agressivité augmentent, il est compréhensible que chacun de nous essaie d’assurer son «petit bonheur» avec ceux qui ressentent la même chose.

Les gens qui sont comme nous, qui pensent et veulent les mêmes choses que nous, nous rassurent. En revanche, les personnes qui sont différentes, qui pensent, ressentent et veulent d’une manière différente à la nôtre, provoquent en nous crainte et inquiétude.

C’est pourquoi les nations se regroupent dans des «blocs» qui se regardent avec hostilité. C’est la raison pour laquelle nous recherchons chacun notre “zone de sécurité”, ce cercle d’amis, fermé à ceux qui ne partagent pas notre même condition.

Nous vivons «sur la défensive», de plus en plus incapables de briser la distance qui nous sépare les uns des autres et qui nous empêche d’adopter une position d’amitié ouverte à tous. Nous nous sommes habitués à n’accepter que ceux qui sont les plus proches de nous. Les autres, nous les tolérons ou nous les regardons avec indifférence, si ce n’est avec une certaine réserve et précaution.

Nous pensons naïvement que, si chacun d’entre nous se soucie d’assurer sa petite part de bonheur, l’humanité continuera d’avancer vers son bien-être. Et nous ne nous rendons pas compte qu’on est en train de générer marginalisation, isolement et solitude. Et qu’il sera de plus en plus difficile d’être heureux dans une pareille société.

C’est pourquoi le geste de Jésus revêt pour nous une signification particulière. Jésus ne se contente pas de purifier le lépreux. Il lui tend la main et le touche, brisant ainsi les préjugés, les tabous et les limites de l’isolement et de la marginalisation qui excluent les lépreux de la vie en société. En tant que disciples de Jésus, nous devons nous sentir appelés à apporter une amitié ouverte aux secteurs les plus marginalisés de notre société. Nombreux sont ceux qui ont besoin d’une main tendue qui puisse les toucher.

José Antonio Pagola
Traducteur: Carlos Orduna

 
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