En 1994 le Père Maloney, supérieur général, souhaitait voir la Congrégation de la Mission rejoindre L’ONU pour y porter la voix des pauvres. C’est en 1998 qu’elle postulera et sera reconnue.

Bernard Massarini

La CEVIM au service des sans-abris

En 1994 le Père Maloney, supérieur général, souhaitait voir la Congrégation de la Mission rejoindre L’ONU pour y porter la voix des pauvres. C’est en 1998 qu’elle postulera et sera reconnue.

De mon côté, en 2002, étant rentré d’Amérique du Sud et ayant entendu que les Équipes Saint Vincent sont présentes au Conseil de l’Europe, je vais rejoindre la représentante des Équipes une année durant à Strasbourg. La déléguée des ESV était devenue la présidente de la commission grande pauvreté du Parlement où des associations (parmi lesquelles une cinquantaine d’associations et congrégations chrétiennes) font entendre la voix des chrétiens associés à d’autres associations protestantes et juives.

Lors de la session, l’équipière, amie de la Secrétaire du Conseil des Ministères du Conseil de l’Europe, me demande de rédiger une lettre pour postuler un siège. Je vais donc collecter ce que développent les provinces de la CEVIM au niveau social, des migrants, des sans-abris et de l’éducation interreligieuse. La secrétaire du conseil des ministres, heureuse de ce qu’elle apprend, dit qu’elle soutiendra notre candidature si nous la déposons. Cela aura pour conséquences de faire que la CEVIM ait sa rencontre en Slovénie pour écouter la déléguée des ESV en vue de réfléchir à la nomination d’un confère à ce service, soit 16 jours par an de présence à Strasbourg, mais il a été décidé de ne pas donner suite.

À l’O.N.U. l’équipe des vincentiens est composée des AIC (Équipes Saint Vincent) Filles de la Charité, Congrégation de la Mission, Société Saint Vincent de Paul et Fédération des Sœurs de la Charité américaines ; cette équipe porte la voix des plus fragiles au sein de cet aéropage.

Le Père Grégory GAY, ancien Supérieur Général, va prolonger ce service en chargeant ce confrère de créer un réseau VIN-JPIC Vincentiens-Justice, Paix Intégrité (ou Sauvegarde de la Création). Les visiteurs sollicités nommeront des délégués. Pour la CEVIM, 10 des 11 provinces choisiront un répondant. Le réseau VIN-JPIC est né. Ayant une ample connaissance des divers services que nous faisons comme CEVIM, notre représentant à l’ONU, le père CAMPUZANO, me demandera de l’aider, sollicitant pour cela le père Ziad HADDAD, visiteur du Liban, alors président de la CEVIM, pour qu’il me nomme correspondant continental.

C’est en avril 2021, que notre nouveau représentant de la Congrégation : Jim CLAFFEY a proposé aux délégués provinciaux VIN-JPIC une rencontre pour démarrer le travail, moi présent comme coordinateur continental. Comme nous n’étions que 4 présents sur les 10 représentants nommés, Jim CLAFFEY a proposé que nous centrions notre collecte d’informations sur nos activités comme CEVIM avec les Sans-Abris. Après avoir patiemment été à la pêche à l’information, je viens vous livrer la richesse de ce que 6 des provinces de la CEVIM : Espagne, France, Irlande, Italie, Liban et Slovénie, font au service des sans-abris. Je vous propose un panorama de nos diverses actions.

En France

2 types de présence sur le territoire : le collectif pour la mort des errants MSMA (Marseille Solidaire de la Mort des Errants) qui l’an dernier a accompagné 14 personnes mortes dans l’abandon, car le collectif ne se charge plus seulement des sans-abris, mais des personnes sans descendants, sans famille ou proches au moment de la mort.

L’ancienne maison des lazaristes : “Tour Sainte” dénommée aujourd’hui « le Mascaret » un hébergement temporaire pour des sans-abris ayant vécu à la rue de longues années, qui a été confiée à une association Habitat Alternatif Social (H.A.S). Sont accueillis 8 sans-abris, plus 55 et 70 (moyenne d’âge 66 ans) qui viennent réapprendre la vie en collectivité pour se préparer à rejoindre l’EHPAD ou un logement, en bénéficiant d’un accompagnement. Ils demeurent quatre ans environ sur place avant de vivre leur nouvelle étape.

Et un service en Grèce

À Thessalonique les confrères accompagnent les sœurs de Mère Térésa pour distribuer nourriture et produits d’entretien à environ 300 personnes parmi lesquelles de nombreux migrants. Parfois ils peuvent offrir des légumes récupérés du supermarché qui les leur cède.

Ils ont en projet l’achat d’une maison pour aider les personnes à avoir des douches, des vêtements et des boissons chaudes.

En Espagne

A Anujar (Jaen) un centre d’accueil de 14 places avec chambres simples, doubles et triples et une pour personne handicapée. Il y a des w.c. douches, machine à laver le linge et tout est fait pour permettre l’expression paisible des usagers. Sont réalisés des ateliers les invitant à participer à la vie du lieu.

Salamanque le projet Ranquines d’accueil de jour pour personnes ayant troubles mentaux. 40 accueils simultanés possibles. Il y a repas, douche, lingerie et des services d’aide spécifiques pour les aider à conserver la meilleure autonomie possible

Valladolid, le Projet de la Médaille Miraculeuse, dans les locaux d’une paroisse vincentienne, projet pour 30 personnes ayant des troubles mentaux dus à l’expérience de la rue. Une consigne, le petit-déjeuner, la douche, le lavage du linge, le coiffeur et le podologue.

L’objectif de ce service est de faire que toutes ces personnes retrouvent l’autonomie qui les caractérisait avant qu’ils n’entrent dans leurs troubles.

En Irlande

La paroisse tenue par les confrères met l’église à la disposition des sans-abris toute la journée pour 5 à 10 personnes en même temps. Ceux-ci recherchent des solutions d’hébergements temporaires pour les plus stables. 2 d’entre eux sont accueillis dans la maison des confrères. Quelques hébergements temporaires sont fournis par les personnels sociaux de la municipalité pour le suivi des personnes.  

Italie

A Catane Sardaigne « l’Auberge du Samaritain » qui peut loger 30 personnes sans-abris pour 24 h. Il y a aussi un dortoir pour hommes, une nuit seulement de capacité de 20 places.

A Côme avec la Société Saint Vincent de Paul distribution de repas aux sans-abris.

A Rome au Léonien avec les Dames de la Charité une fois par semaine : douche, petit-déjeuner et service d’écoute pour les sans-abris ainsi que pour des personnes victimes de violences familiales et d’addiction.

Au Liban

Sous les ponts de Beyrouth et jusque dans les camps de fortune distribution de nourritures ; près de 300 personnes en bénéficient. Parfois distribution de matelas ou de sac de couchage pour éviter que les personnes dorment sur le sol.

Slovénie

L’association des « Bénévoles de Saint Vincent de Paul», est devenue association à caractère humanitaire, conduite par 2 confrères. Depuis 2006 a été ouvert un Centre de jour pour sans-abris, avec services d’hygiène. Le centre est annuellement visité par environ 800 personnes. L’association compte 14 permanents et 200 bénévoles. Ce service se couple avec des activités visant à la réintégration des usagers. Certaines possibilités d’hébergements sont aussi offertes. Il y a des ateliers créatifs de jeux partagés. Sont aussi disponibles gâteaux, nourritures, légumes et l’on prend soin de préparer de bons aliments. Les après-midis sont réservés aux douches, soins personnels et lavage du linge. Les soupers sont préparés en commun et la télévision est regardée ensemble, le sport des championnats, les vendredis des films sont projetés. Ceci recrée pour tous un espace de communication sain.

Le foyer pour sans-abris de 7 lits, où on leur apprend à gérer ce nouvel espace. Certains grâce à cela retrouve le goût de reprendre une vie stable.

Les maraudes sur Ljubjana pour ceux qui ne viennent pas au centre. Ceux-ci sont visités aussi à l’hôpital ou à la prison. Distribution de nourriture dans la ville de Nova Gorica du lundi au vendredi avec l’essai de résoudre les difficultés qu’ils rencontrent. Ils sont aussi parfois conduits d’une ville à une autre plus proche.

On essaie de leur redonner une certaine autonomie, ils peuvent ainsi ne plus avoir besoin des services de secours. Certains se voient proposer des logements partagés ce qui les stabilise et leur donne de nouveau la chance d’équilibres retrouvés.  

On réfléchit à des actions partagées : visites, piscine et autres activités qu’ils auraient du mal à pratiquer seul. Nous le voyons, autant de projets dans lesquels les Confrères se sont investis pour aider leurs semblables sans-abris.

Vincentiens continuons à inventer pour continuer ce souffle que Saint Vincent nous a laissé !

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