Plutôt que multiplier l’offre ne vaut-il pas mieux développer et renforcer les liens de proximité ? Dans la suite de cette crise, il s’agit alors de privilégier la proximité et rejoindre les initiatives engagées localement où la relation est première.

Père Elie DELPLACE

La mission dans le rural à l’heure du Covid

Elie DELPLACE
Elie DELPLACE

C'MISSION.FR

Quelles sont les conséquences de la crise de la Covid dans la Mission que nous vivons dans le monde rural ? Telle est la question qui m’a été adressée et à laquelle je vais essayer de répondre en prenant un peu de recul. Depuis plus d’une année, nous vivons dans un contexte de confinement et toutes les propositions comme les activités habituelles en ont été profondément bouleversées. Chacun a essayé, à son niveau, de faire face en déployant des efforts de créativité, mais au bout du compte que pouvons-nous dire des conséquences profondes de cette pandémie sur notre manière de vivre concrètement l’annonce de la Bonne Nouvelle ? Pouvons-nous d’ores et déjà en percevoir des inflexions ?

Un recul nécessaire…

Pour commencer, je reprendrai volontiers l’image que propose Christoph Théobald :

 Pour nous tous, la pandémie a fonctionné et fonctionne encore comme un test de résistance et une loupe qui accuse les traits de ce qui existait auparavant. La tradition chrétienne ne fait pas exception. Si, comme d’autres traditions spirituelles de l’Europe, elle traverse une crise, appelée parfois « systémique », la pandémie et le confinement l’ont mise, davantage encore, au grand jour. Quel sera l’avenir de la tradition chrétienne sur notre continent ? C’est la question que beaucoup d’entre nous se posent et que je voudrais aborder en partant de notre situation actuelle, peut-être propice à ce qu’autrefois on aurait appelé un « examen de conscience ». » (Et le peuple eut soif ; Lettre à celles et ceux qui ne sont pas indifférents à l’avenir de la tradition chrétienne, Paris, Bayard, 2021, p.8-9).

La Congrégation de la Mission et bien sûr l’ensemble de l’Eglise avec de nombreuses initiatives au XVIIè siècle ont largement pris en compte la réalité des campagnes pour proposer un modèle de foi vivante et active. Les missions avec le souci des « vérités nécessaires à salut », la confession générale et l’enracinement d’une dévotion avec les charités manifestent cet effort. Parallèlement la mise en place de structures sanitaires et de formations en lien avec le maillage de plus en plus fin des paroisses a profondément marqué le paysage français des XVIIIe et XIXe siècle de part et d’autre de la Révolution Française. Soulignons ici, même si cela demanderait à être développé, le rôle des « filles séculières » qui, après la Révolution Française, caractérise majoritairement la vie consacrée féminine. Dans le contexte bien plus exigeant du XIXe siècle, le « catholicisme au féminin » est à la pointe de l’innovation charitable pour répondre aux attentes nouvelles d’un monde en pleine mutation. Un profond mouvement d’évangélisation se développe dans les campagnes avec la multiplication des paroisses et l’augmentation conséquente du nombre de clercs formés dans les séminaires qui, si l’on peut dire, fonctionnent à plein régime ! Avec les séminaires, l’autre volet du charisme fondateur de la Congrégation de la Mission – les missions paroissiales – participe à l’expansion et à l’approfondissement du réseau paroissial : la mission populaire ou itinérante n’est-elle pas au service des curés ? Le grand défi missionnaire au XIXe siècle est représenté par l’expansion des villes et l’apparition de besoins nouveaux dans un contexte de crise. Souvent d’ailleurs, le personnel religieux vient des campagnes pour s’investir dans les grandes agglomérations ou les villes de taille moyenne. Le rural, à bien des égards, est comparé à un château d’eau qui irrigue et rend possible la créativité religieuse dans les villes. Si le contexte est à l’opposition d’une France réfractaire, le catholicisme fait preuve d’une grande et tranquille vitalité dans les campagnes. Il est remarquable de le constater avec la création des institutions sanitaires, éducatives et la prise en compte des besoins nouveaux liés au développement de l’adolescence avec les patronages ou l’action catholique au tournant des XIXe et XXe siècles. Au XIXe siècle, la grande nouveauté est encore l’engagement des laïcs avec la société Saint Vincent de Paul et le développement d’une spiritualité spécifique.

Si à la fin du XIXe siècle, des auteurs tirent le signal d’alarme en constatant la diminution du nombre d’entrée dans les séminaires, ce n’est vraiment qu’à partir du milieu du XXe siècle que le constat devient massif. Il faudra du temps pour prendre conscience de la disparition des éléments qui ont façonné notre cadre religieux. Au passage, nous pouvons évoquer ici le livre d’Emmanuel Mounier Feu la chrétienté (1950) et l’appel à la conversion missionnaire avec l’ouvrage des abbés Godin et Daniel, La France pays de Mission ? (1943). C’est aussi dans ce contexte de déchristianisation que la Congrégation de la Mission redécouvre l’importance de la Mission Populaire dans les campagnes bien sûr, mais aussi dans les nouveaux quartiers urbains périphériques. Que l’on pense aux intuitions des « forains du bon Dieu » (il est passionnant de relire le livre de notre confrère, Jean Gonthier : Dieu parle à son peuple aujourd’hui, 1977) ou à celles des secteurs ruraux où l’on se rend bien compte que le cadre paroissial traditionnel n’est plus satisfaisant. Un peu plus de cinquante ans après qui y a-t-il de commun entre ce que nous vivons et ce monde disparu ? Aujourd’hui, le panorama du catholicisme français est fondamentalement différent et je reprendrais simplement pour l’illustrer cette remarque récente d’une sociologue :

 La catégorie des cadres et professions intellectuellement supérieures est surreprésentée parmi la population pratiquante, contrairement aux milieux ouvriers. Autre caractéristique, le catholicisme apparaît aujourd’hui également présent dans les grandes agglomérations où le taux de pratique (15%) dépasse aujourd’hui légèrement celui des communes rurales (13%). Ce constat est un peu inattendu, car la ville a longtemps été perçue comme le lieu par excellence de la déchristianisation. » (Céline Béraud, le catholicisme français à l’épreuve des scandales sexuels, Paris, Seuil – « La république des idées » -, 2021, p.28. Cf Philippe PORTIER et Jean-Paul WILLAIME, la Religion dans la France Contemporaine, entre sécularisation et recomposition, Paris, Armand Colin, 2021).

Pouvons-nous évoquer maintenant les bouleversements de la vie dans les campagnes pour en envisager ensuite les conséquences sur l’annonce de la Bonne Nouvelle ?

Quelques traits du rural…

Dans un livre passionnant – La fin du village, une histoire française (Paris, Gallimard, Folio-histoire, 2012) – le sociologue Jean-Pierre Le Goff, en partant du cas concret d’un village de Provence –Cadenet – met en évidence les bouleversements qui travaillent le monde traditionnel rural. S’il fait référence à un village précis en Provence, ses observations sont valables et suggestives – me semble-t-il – pour l’ensemble des villages de France. Ce qui peut accélérer ou ralentir ce processus est la proximité des grandes agglomérations et le développement des moyens de circulation.

La société de consommation dans les années 50 et 60 a bouleversé la sociabilité villageoise. La mobilité représente un enjeu considérable pour se rendre à son travail ou sur les lieux de consommation. C’est encore l’arrivée et le brassage d’une population nouvelle : On dénombre de nombreuses résidences secondaires mais aussi des personnes qui font le choix de vivre à la campagne pour une meilleure qualité de vie. Dans les années 80, grâce à l’arrivée des « néo-ruraux », si l’on assiste, souligne J.-P. Le Goff, au développement d’un tissu associatif, en même temps, « l’individu se protège de la promiscuité par la distance prise avec ses semblables, par la délimitation stricte d’un espace privé dans lequel il puisse se sentir autonome et libre. » (p.314). C’est la « manie des clôtures » et du gazon qui deviennent caractéristiques de ces populations nouvelles.

Le sociologue fait encore remarquer : « après avoir connu ses heures de gloire dans les années 1980 et 1990, le militantisme associatif s’est essoufflé » (p.294). Je cite in extenso, ce passage qui me semble caractériser les bouleversements du monde rural :

 A Cadenet, du temps des vanniers et des agriculteurs, la « dureté de la vie » était une condition partagée : « faire vivre sa famille » et « gagner des sous » étaient des préoccupations centrales qui laissaient peu de loisir pour s’occuper de soi. Cela n’impliquait pas pour autant l’absence de plaisirs et du bonheur de vivre. Mais ceux-ci n’étaient pas alors considérés comme une affaire purement individuelle ; ils étaient liés à l’insertion dans une tradition et une collectivité villageoises. En ce sens, le bonheur ne passait pas seulement par le foyer domestique, il était encore moins une affaire d’« épanouissement personnel » dans un rapport de soi à soi ; il était inséparable des échanges collectifs et des liens amicaux et de solidarité qui se tissaient à l’intérieur de cette collectivité d’appartenance qu’était le village d’autrefois. La dissolution de la tradition et de ces anciens liens a entraîné une autonomie et une liberté individuelle plus grandes. Pour positive que soit cette évolution en regard des contraintes et du conformisme villageois, elle ne s’en est pas moins payée d’une solitude et d’un souci de soi qui comportent leur lot de pathologies nouvelles. » (p.329).

La lecture des ouvrages d’Alain Ehrenberg (L’individu incertain, Calmann-Levy, 1995, La fatigue d’être soi, Odile Jacob, 1998, La société du malaise, Odile Jacob, 2010) permettrait certainement d’enrichir le constat que Jean Pierre Le Goff fait au passage : « les antidépresseurs et les anxiolytiques divers sont aujourd’hui parmi les médicaments les plus demandés à la pharmacie du village » (p.321). De fait la santé psychique, liée à l’isolement, devient une préoccupation majeure.

Dans la fin du village, l’auteur souligne encore que « culture – Tourisme et communication sont désormais les trois leviers d’une nouvelle étape de la transformation du village » (p.412) avec l’importance accordée au patrimoine qui semble demeurer le seul vecteur capable de rassembler autour d’une histoire envisagée sous le seul angle du présent. Dans de nombreux villages, les municipalités et les habitants se mobilisent pour « sauver » ou mettre en valeur leurs églises-patrimoines. L’Eglise est devenue prestataire de service et le slogan que l’on ne cesse d’entendre à l’occasion surtout des funérailles est symptomatique des déplacements : « On croit mais on ne pratique pas. Croyants non pratiquants » (Cf. p.435). Ce qui permet de souligner la diversité des quêtes ou des demandes religieuses à laquelle nous sommes sans cesse confrontés dans le service pastoral. Tout un chapitre de l’ouvrage de J.-P. Le Goff développe cet aspect « de nouvelles formes de spiritualité diffuse » (p.438-455). Il précise : « Pour les jeunes générations éduquées en dehors de toute religion, il n’y a pas forcément de différence entre la vie éternelle et la réincarnation ; la « religion », avec ou sans Dieu, devient affaire de bricolage individuel où chacun peut puiser comme il l’entend dans les croyances et les pratiques, l’important en l’affaire est qu’on y trouve sa propre satisfaction. » (p.447-448). Cette expression de « bricolage » individuel devient caractéristique du religieux en régime de postmodernité ou d’hypermodernité ; c’est selon les représentations que vous vous faites de la modernité !

L’auteur, dans les différents chapitres qui prennent en compte les jeunes, les personnes âgées ou encore les parcs naturels, insiste sur la technicité du vocabulaire et des concepts qui deviennent de plus en plus abstraits et déconnectés de la vie réelle.  Pour illustrer cette dimension, je reprends cette conclusion de l’auteur : « A Cadenet comme ailleurs, de l’enfance à la vieillesse, le monde nouveau affiche l’image d’une société composée d’individus autonomes, motivés, dynamiques et actifs, engagés dans de multiples ˮactivités  citoyennesˮ qui répondent au nouvel imaginaire individualiste et démocratique du monde moderne. Cet imaginaire ne peut cependant masquer une réalité moins idyllique : ˮ Si les besoins matériels des malades sont moindres qu’autrefois, si les soins apportés sont plus efficaces et moins douloureux, il y a toujours autant d’isolement et de souffrance morale.ˮ » (p.628). Il serait encore possible d’insister sur les disparités socio-économiques avec le chômage qui s’appesantit sur des familles et la richesse clinquante d’une petite minorité pour compléter ce tableau de fond. Et c’est dans ce contexte que la pandémie s’inscrit pour en amplifier les traits.

Ce qui est frappant est la grande diversité des réalités villageoises – Le Goff évoque un « village bariolé » ou encore une « commune patchwork et post-moderne » (p.772). N’est-ce pas la caractéristique essentielle de notre monde contemporain ?

L’un des effets majeurs de la pandémie a été de réduire encore les liens sociaux. Chacun et chacune s’est encore davantage replié sur la sphère de l’intime avec toutes les conséquences qui ont pu être égrenées par l’actualité. Lors d’une rencontre, l’animatrice du carrefour rural d’Evreux disait : « dans des zones désertifiées, la souffrance humaine est devenue hurlante ! ». Alors que se déploie la fibre optique pour améliorer la communication, il n’y a peut-être jamais eu autant de solitude et de sentiment d’abandon.

De nouvelles perspectives.

Avec la fin du village, nous l’avons bien compris, c’est aussi la fin de « la civilisation paroissiale » qui a façonné notre paysage familier. Comment les communautés chrétiennes seront-elles capables de prendre en compte les ressources de la foi chrétienne pour, au cœur de notre monde, proposer des perspectives nouvelles qui prennent réellement en compte les réalités de ce monde contemporain ? Si la crise de la Covid 19 a durci les traits, quelles initiatives pourraient-elles lui rendre son visage humain ? Henri de Lubac exprimait d’une manière très claire ce dynamisme essentiel :

Le mystère du Christ est aussi le nôtre. Ce qui s’est accompli dans la Tête doit s’accomplir aussi dans les membres. Incarnation, mort et résurrection : c’est enracinement, détachement et transfiguration. Pas de spiritualité chrétienne qui ne comporte ce rythme à trois temps. Nous avons à faire pénétrer le christianisme aux plus profondes réalités humaines. Mais ce n’est pas pour l’y laisser perdre ou dénaturer. Ce n’est pas pour le vider de sa substance spirituelle. C’est pour qu’il agisse dans l’âme et dans la société comme un ferment soulevant toute la pâte, C’est pour qu’il surnaturalise tout. C’est pour qu’au cœur de tout il mette un principe nouveau, pour qu’il fasse partout entendre l’exigence de l’urgence de l’appel d’en haut. » (Paradoxes, p.43-44).

Comment pourrons-nous vivre ce dynamisme central dans des expériences différentes ? Ne sommes-nous pas témoins de cette initiative première et fondamentale de Dieu au cœur de notre histoire humaine ?   

Peut-être faut-il préserver la riche et légitime diversité des initiatives et éviter de s’engouffrer dans des réponses exclusivement techniques. Au cœur de la crise, on a assisté à une multiplication des retransmissions de célébrations ou des temps de prière. Parallèlement il y avait un grand nombre de propositions de formations ou des textes de réflexion, de qualité qui circulaient sur les réseaux sociaux. Comment discerner dans ce flot ce qui convient ? Plutôt que multiplier l’offre ne vaut-il pas mieux développer et renforcer les liens de proximité ? Dans la suite de cette crise, il s’agit alors de privilégier la proximité et rejoindre les initiatives engagées localement où la relation est première.

Aujourd’hui, dans ce monde tiraillé par la peur, on reprend souvent le terme de fraternité pour signifier la nouveauté et l’originalité de l’évangile. En écho aux textes du Pape François, je reprends ce passage à Christoph Théobald :

Une autre manière de dire cette « nécessité » qui s’impose aux « disciples-missionnaires » (EG, 19-24) que sont les « christiens » est de faire intervenir l’expérience « mystique », telle que le pape François la déploie dans un passage central de l’exhortation apostolique Evangelii gaudium ; « De nos jour, alors que les réseaux et les instruments de communications ont atteint un niveau de développement inédit, nous ressentons la nécessité de découvrir et de transmettre la “mystique” de vivre ensemble, de se mélanger, de se rencontrer, de se prendre dans les bras, de se soutenir, de participer à cette marée un peu chaotique qui peut se transformer en une véritable expérience de fraternité, en une caravane solidaire, en un saint pèlerinage » (EG, 87). On est un peu surpris de cette utilisation inattendue du concept de « mystique », liée ici à notre expérience élémentaire du vivre-ensemble […].

Pourquoi parler de « mystique » ici ? Tout simplement parce que la « fraternité » ne va nullement de soi. Il faut la choisir et apprendre à la vivre (EG, 91) ; et ce choix et long apprentissage n’est pas uniquement une question de morale ou d’éthique […]. La fraternité devient « mystique ou contemplative » quand elle « sait regarder la grandeur sacrée du prochain, découvrir Dieu en chaque être humain », quand elle « sait ouvrir le cœur à l’amour divin pour chercher le bonheur des autres comme le fait leur Père qui est bon » (EG, 92). Tous les mots comptent dans ce mouvement spirituel, en quelque sorte inductif, qui va de l’homme vers Dieu, jusqu’à ce qu’il débouche – au plus intime de l’homme où son « cœur » s’ouvre à l’intimité même de Dieu – dans le mouvement inverse de l’amour de Dieu qui précisément consiste dans la recherche du bonheur de l’autre.

Il s’agit d’une mystique non sacrale, comme François le souligne avec force (EG, 89), d’une mystique à distance de beaucoup de courants spirituels d’aujourd’hui qui se contentent d’une relation avec des énergies qui harmonisent ou d’une recherche intérieure du bien-être sans visage d’autrui (EG, 90). » (Urgences pastorales, Comprendre, partager, réformer, Paris, Bayard, 2017 ; p.161-164).

N’est-ce pas tout l’enjeu des propositions de fraternités qui se vivent dans de nombreux diocèses de France ? Dans l’Eglise d’Evreux, c’est cette recherche qui est à l’œuvre depuis un peu plus de trois ans. C’est un défi à relever particulièrement dans le rural où les distances renforcent l’individualisme. Dès le début de cette expérience de la Fraternité Missionnaire dans le secteur sud du diocèse qui comprend trois paroisses, l’initiative du Fraternibus était engagée avec le Secours Catholique et le Carrefour Rural du diocèse d’Evreux afin de permettre aux personnes isolées de trouver un lieu d’écoute et de dialogue dans les villages. Le fraternibus se déplace sur les marchés. Au début les bénévoles (peu nombreux…) se demandaient ce qu’ils allaient pouvoir proposer et de fait, les personnes viennent pour échanger, pour partager des questions ou des problèmes au détour de leur chemin. C’est un lieu de rencontre pour se ressourcer et poursuivre sa route. L’importance de l’accueil et la disponibilité à la rencontre pour écouter et répondre aux attentes des personnes est le cœur de la pastorale mise en œuvre dans les paroisses. Après la crise de la Covid, ces lieux sont importants et peut-être est-il nécessaire de développer ces « interfaces » pour chercher et découvrir la source de la bonne Nouvelle ?   Pour approfondir cette intuition, je lisais récemment dans le journal La Croix une réflexion autour des tiers-lieux (« Les tiers-lieux sont-ils l’avenir de l’Eglise ? », vendredi 18 juin 2021). Mgr Ulrich, archevêque de Lille, y précisait :

L’Église d’aujourd’hui ne peut pas être statique dans ses institutions, elle doit pouvoir être attentive aux conditions dans lesquelles elle évolue pour rejoindre chacun. Les tiers-lieux d’Église vont à la rencontre de personnes qui méritent d’entendre la Bonne Nouvelle de l’Évangile mais qui n’iront pas à l’église. On ne détruira pas les paroisses pour autant, qui sont aussi des lieux de rencontre ! Beaucoup de gens entrent encore dans les églises et y sont très touchés. Mais ces initiatives lui sont complémentaires, elles permettent d’entrer par des lieux inattendus dans l’expérience que propose l’Évangile. Je ne sais pas si les tiers-lieux sont l’avenir, mais ils sont en tout cas une nécessité actuelle. »

Comment la crise sanitaire de la Covid nous permet-elle d’ouvrir les yeux pour sortir de nos routines et entendre cet appel ? Si elle a amplifié les traits de notre société et les évolutions de notre monde, l’appel se fait plus urgent pour aller urgemment à la rencontre de nos contemporains dans ces conditions nouvelles de vie. « La moisson est abondante… », n’est-ce pas cette conviction qui doit nous animer au plus profond, sans nostalgie du passé et nous motiver pour aujourd’hui ?

Père Elie DELPLACE

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