Le temps de l’Avent n’est pas un temps d’une attente oisive et passive. C’est un temps d’efforts, je dirai même un temps où nous redoublons nos efforts comme ceux qui sont aux champs de batail.

Gaspard NTAKIRUTIMANA

Homélie: 1er Dimanche de l’Avent – Année C

Chers frères et sœurs en Christ,

Avec le premier dimanche de l’Avent, une nouvelle année liturgique commence : l’année C.

Le temps de l’Avent est un Temps liturgique de 4 semaines (ou presque) qui précèdent Noël ;

Souvent quand on parle de l’Avent, on pense directement à une période où nous sommes dans l’attente de célébrer la grande fête de Noël ; pour les enfants c’est un temps où on attend impatiemment voir les chaussures posées tout près des cheminés, ou tout près des sapins de Noël. Parce que Papa Noël va passer par là. Pour certains parents, c’est un temps d’angoisse ; ils pensent au budget qui sera débloqué pour satisfaire les attentes de leurs enfants et ils sont inquiets parce qu’ils ne savent pas comment être à la hauteur de toutes ces attentes. Ce n’est pas seulement au niveau de la famille où il y a l’attente ; les centres commerciaux sont en attente : quel sera le chiffre d’affaires ?

Avent, c’est aussi un temps des préparatifs, les sapins de noël, les guirlandes, les crèches. Tout est fait pour que les fêtes de noël retrouvent leur splendeur. Je dis bien, les fêtes de noël parce que souvent, Noël est noyé dans ce brouillement d’ordre purement commercial. Le mystère de Noël, le mystère qui est à l’origine de la fête est oublié.

Pour nous Chrétien, nous qui sommes venu aujourd’hui en cette messe pour commencer le temps de l’Avent quel sens donnons nous à l’Avent ? Oui, c’est bien sûr un temps de l’attente et c’est un temps de préparation. Mais, quelle attente et quelle préparation ?  

Le temps de l’Avent nous rappelle que nous sommes un peuple en marche vers le dernier jour, le jour du retour du Fils de l’homme, de notre Sauveur Jésus Christ. Durant les derniers jours du Temps ordinaire, nous avons médité sur la fin des temps, où le Fils de l’homme viendra. Cette méditation va se poursuivra dans les premiers jours de l’Avent. C’est donc durant la première partie où nous sommes invités à tourner nos regards vers l’avenir ; à nous examiner pour voir où nous en sommes dans notre pèlerinage d’ici-bas sur la terre. Un temps où nous sommes invités à vivre dans une attente confiance, dans un abandon à Dieu qui tient toujours ses promesses pour ceux qui comptent sur son amour.   

L’Avent est aussi un temps qui nous plonge dans l’attente messianique du peuple de Dieu. La première lecture de ce jour fait écho de la promesse de Dieu faite à son peuple : « j’accomplirai la parole de bonheur, (…) je ferai germer pour David un Germe de justice et il exercera dans le pays le droit et la justice. » Vous connaissez la promesse de Dieu à David dans le 2ème livre de Samuel 7,12 : « Quand tes jours seront accomplis et que tu reposeras auprès de tes pères, je te susciterai dans ta descendance un successeur, qui naîtra de toi, et je rendrai stable sa royauté. » La réalisation de cette promesse va marquer le temps messianique. Cependant, tout le monde ne va pas reconnaître ce temps où Dieu accomplit sa promesse car, « le secret du Seigneur est pour ceux qui le craignent ; à ceux-là, il fait connaître son alliance. » (Ps24,14) Mais, attention, on ne doit pas penser que nous sommes dans un ordre exotérique où tout est caché aux « non-initiés ». Non, Saint Paul nous dit que nous avons appris des Apôtres comment il faut nous conduire pour plaire à Dieu, et grâce soit rendue à Dieu, c’est ainsi que nous nous conduisons déjà ; mais comme l’Apôtre nous le demande, nous devons faire de nouveaux progrès (cf. 1Th4,1).

Bien aimés du Christ, nous pouvons comprendre que le temps de l’Avent n’est pas un temps d’une attente oisive et passive. C’est un temps d’efforts, je dirai même un temps où nous redoublons nos efforts comme ceux qui sont aux champs de batail. Les événement cosmiques et conflictuels décrits dans l’Evangile symbolisent bien tous les moments de notre vie où nous sommes confrontés aux épreuves de différentes sortes qui veulent nous pousser au désespoir, comme cette période de la crise sanitaire qui ne finit pas. C’est à ce moment que nous devons nous redresser et relever la tête car notre rédemption est plus proche que jamais. Jésus nous donne les armes pour combattre et pour vaincre : d’abord nous tenir sur nos gardes pour discerner ce qui veut nous éloigner de la foi, et ensuite rester éveillé et prier en tout temps. Voilà, chers frères et sœurs, la vraie source de nos forces pour le combat, le combat où nous sommes victorieux parce que nous nous appuyons sur Celui qui a le dernier mot. Les épreuves et les découragements ne vont pas manquer dans notre vie chrétienne, mais, si nous comptons sur notre Seigneur Jésus, nous aurons toujours la joie et nous n’aurons plus peur de l’avenir.

Le temps de l’Avent enfin, c’est le temps de la persévérance et de la patience dans l’attente où Dieu tiendra ses promesses pour nous : Il est fidèle à ses promesses, il ne ment pas !

Au cours de cette Eucharistie prions pour notre société où le désespoir gagne de plus en plus les cœurs. Que nos frères et sœurs qui désespèrent redécouvrent le goût de vivre. Prions aussi pour les décideurs politiques, qu’ils contribuent à bâtir des sociétés qui espèrent un lendemain meilleur. Que ce temps de l’Avent nous aide à nous hâter à la rencontre de Celui qui vient habiter au milieu de nous ; Lui qui nous montre le vrai sens de la vie.

Père Gaspard, cm  

 

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