La danse indienne est enracinée dans une tradition bimillénaire, c’est un langage des émotions et l’une des expressions religieuses les plus naturelles en Inde.

Perceval PONDROM

Soirée de danse indienne à la chapelle Saint-Vincent de Paul le 14 juin à 19h30

Perceval PONDROM
Perceval PONDROM

RDV au 95, rue de Sèvres, 75006 Paris (Station Vaneau, ligne 10)

La Congrégation de la Mission vous invite le 14 juin à 19h30 à une soirée de louange de Dieu dans la tradition indienne : le père Saju George, jésuite et professeur de danse classique indienne « bharatanatyam », et un groupe d’élèves de son centre culturel Kalahrdaya (en sanskrit : « Cœur de l’Art ») danseront « à la louange de son nom » (Ps. 149).

Le centre d’art, culture et spiritualité Kalahrdaya a été fondé par le père Saju en 2007 afin de proposer une éducation « intégrale » aux jeunes marginalisés de la banlieue de Calcutta. La pratique de l’art et de la danse vise à développer leur maturité émotionnelle, à favoriser leur capacité à interagir entre eux et leur sens de la discipline. Les jeunes danseurs s’astreignent à une discipline stricte et à un travail acharné : ils doivent apprendre des dizaines de postures et gestes des mains, aux significations multiples, et exercer leur visage l’expression des nuances les plus subtiles des sentiments humains. En outre, les enseignants et les élèves de Kalahrdaya n’hésitent pas à se porter au secours des populations fragilisées en leur apportant une aide d’urgence, comme lors de la crise de la covid-19 aggravée par les violents cyclones qui ont frappé le Bengale en mai 2020 et 2021. Ce sont donc non seulement des artistes, mais des hommes et des femmes dévoués aux autres que forme le père Saju à Kalahrdaya.

La danse indienne est enracinée dans une tradition bimillénaire, c’est un langage des émotions et l’une des expressions religieuses les plus naturelles en Inde. D’après un récit légendaire, elle est un cadeau divin à ceux qui n’ont pas accès aux textes sacrés, permettant à Dieu de révéler aux plus petits ce qu’il cache « aux sages et aux intelligents » (cf. Mt 11, 25-27). La danse indienne est un drame sacré qui permet d’illustrer aussi bien les petits récits évangéliques décrivant les interactions entre Jésus, ses disciples, des personnes malades ou rejetées, des pécheurs en quête de pardon et des gardiens zélés d’une loi impitoyable, qu’une œuvre de plus grande envergure, comme les récits de la naissance, de la passion et de la résurrection du Christ. Les danseurs chrétiens visent à éveiller le désir des spectateurs d’imiter l’engagement radical de Jésus pour les hommes, premier pas vers un effort de conversion pour conformer leur vie à la sienne.

Le père Saju George est un prêtre jésuite originaire du Kerala. Il a hérité à la fois des traditions multiséculaires de la spiritualité indienne et du christianisme indien. Une antique tradition rapporte que l’Inde du Sud fut évangélisée par l’apôtre Thomas, et les premières traces de la tradition chrétienne datent d’avant le IIIe siècle. Le christianisme en Inde a toujours été un phénomène minoritaire mais il a développé jusqu’à aujourd’hui une tradition vivante, parfois en dialogue harmonieux, parfois en tension avec les autres traditions religieuses de l’Inde. À l’heure où le christianisme en Europe tend à son tour à devenir minoritaire, et où, paralysés par la crainte de perdre notre identité spécifique, nous sommes tentés par le repli sur nous-mêmes, nous avons beaucoup à apprendre de l’une des plus anciennes traditions chrétiennes, qui ne s’est pas contentée de s’accrocher à son identité mais a réussi à s’ouvrir courageusement à l’autre et à grandir en s’enracinant dans le riche terreau de la spiritualité indienne, comme l’avait fait le christianisme dans la tradition gréco-romaine.

Nous vous invitons donc cordialement à découvrir cette autre tradition de prière avec le corps et les émotions, en espérant que cette soirée sera l’occasion d’un enrichissement mutuel et d’une croissance spirituelle de nos deux cultures.

[printfriendly]