Faire du VTT évangélise-t-il ?

Cette période si particulière qu’est l’adolescence est marquée par la difficulté à savoir qui l’on est d’où une certaine vulnérabilité parfois mélangée à de la toute-puissance. Grand mystère de la vie lorsqu’on apprend à devenir adulte.

Vincent Goguey, cm

Faire du VTT évangélise-t-il ?

Vincent Goguey, cm
Vincent Goguey, cm

Du 10 au 14 juillet a eu lieu le Pélé-VTT, cinq jours de pédalage pour des collégiens accompagnés par toutes les autres tranches d’âges. Nous avons été de Notre Dame de Buglose à La Bastide d’Armagnac, via les chemins en forêts ou petites routes de campagne. Un cadre magnifique qui fait découvrir les Landes d’une manière intéressante.

Ils étaient près de 70 inscrits pour cette aventure et ce fut bien bon à vivre. Mais en quoi est-ce évangélisateur ? Le séjour a débuté dès le vendredi après-midi pour les staffs (lycéens qui s’occupent de l’aspect matériel du camp, plus une présence concrète auprès des collégiens à leur arrivée sur le camp) et les animateurs (étudiants ou jeunes pro qui encadrent tout le temps de la route). Lors d’un temps de partage la question était de se remémorer des souvenirs de leurs propres années collège. Interpelant de percevoir que la plupart des anecdotes partagées ont une coloration négative. Apprentissage de la mixité sociale, qui peut parfois choquer quand on arrive d’un coin de campagne retiré, la confrontation des caractères et l’importance de faire parti d’un groupe, d’un clan. Cette période si particulière qu’est l’adolescence est marquée par la difficulté à savoir qui l’on est d’où une certaine vulnérabilité parfois mélangée à de la toute-puissance. Grand mystère de la vie lorsqu’on apprend à devenir adulte. La question posée permet de mieux percevoir le public que l’on veut servir. Qu’on le veuille ou non, dès qu’on est « plus grand » on devient des exemples pour les plus jeunes, avec le risque d’être un « mauvais » exemple ! Grande responsabilité d’avoir à tirer vers le haut cette jeunesse qui nous est confiée.

Il est toujours intéressant de voir arriver ces jeunes avec leurs parents, tout timide, exceptés les anciens de l’année précédente qui ont joie de retrouver les copains. La tension intérieure est palpable. Vais-je arriver à me faire des copains ? Vais-je arriver à m’intégrer ? Vais-je arriver à tenir la vitesse pour rouler et savoir tenir dans toutes les sortes de chemins ??? Juste l’accueil est déjà un défi à relever, première étape vers un peu plus de socialisation.

Il y avait 6 équipes de 10 à 12 jeunes plus les animateurs et l’accompagnateur spirituel. Trois fois dans la journée on faisait une halte spirituelle. La première était souvent à partir d’une de leur question d’ado ou un sujet qu’ils voulaient qu’on aborde. La relation aux autres et la relation au petit copain ont une place de choix dans leurs préoccupations mais aussi les questions existentielles d’où vient cette vie (la notre ou simplement celle de la planète) ? Mais aussi la question du Mal ou du pardon ou encore comment faire confiance ? L’importance de l’écoute respectueuse de chacun permet une vraie qualité de partage et un avènement pour chacun à une nouvelle compréhension de son propre chemin.

Le Deuxième temps était souvent basé sur la découverte d’une parole d’évangile pour tenter de saisir ce que le Seigneur nous donne comme enseignement pour réussir notre vie. Compréhension du texte suivi d’un temps de méditation via l’initiation et l’expérience du silence intérieur. Cela ne va pas de soi pour tous mais le cadre de la nature où cela se vivait aide bien pour entrer dans ce monde intérieur qu’ils connaissent si peu.

Enfin le troisième temps est dédié à la dévotion à Marie via la récitation d’une dizaine du chapelet. Là encore un temps d’initiation. Savoir entrer dans le cœur à cœur avec Marie pour nous laisser imprégner des mystères de son Fils Jésus-Christ.

L’attitude et la manière d’être des adultes sont aussi évangélisatrices, principalement par le biais du service qu’ils rendent aux jeunes. La transmission de la foi peut avoir besoin de parole mais a besoin de témoins concrets. Que tous les TTV soient ici remerciés pour leur investissement.

Chaque jour était proposée la messe et la liturgie des heures mais ce sont principalement la messe du début et celle de clôture qui viennent marquer la dimension communautaire couronnée par la célébration d’adoration et réconciliation. Un grand moment face à soi même pour faire vérité sur notre propre chemin afin de se libérer de lourdeurs intérieures. Célébrations intenses et revigorantes.

Le dernier jour les T-shirt se remplissent de signatures, signe qu’on ne veut pas oublier, qu’il y a un vécu qui a été bon. Il n’est pas rare d’entendre après séjour, des parents nous dire « vous nous l’avez totalement changé » « je ne reconnais plus mon enfant, impressionnant comme il a grandi ». Oui l’expérience du vivre ensemble où l’on apprend à partager ce qui nous habitent intérieurement sans jugement est signe de maturation. Accompagné d’un regard évangélique cela devient de l’évangélisation, c’est-à-dire faire découvrir à tous que nous pouvons être porteur d’une bonne nouvelle juste par la vie qui est en nous et tendre à en rendre grâce à notre Dieu, notre créateur.

Vincent Goguey cm.

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