Le père Pedro reçoit le prix Fondation Air France pour son action auprès des pauvres à Madagascar

Auteur : Pierre Lacombe • Publié le 4 décembre 2019 sur le site de : France-Info. Outre-mère. Le Père Pedro qui lutte depuis 30 ans pour la réinsertion sociale et économique des plus pauvres à Madagascar a reçu ce mardi 3 décembre le prix Fondation Air France, en présence de Brigitte Macron, au Musée du quai Branly à Paris.

CMission

Le père Pedro reçoit le prix Fondation Air France pour son action auprès des pauvres à Madagascar

Tous les deux ans, le prix Fondation Air France récompense des associations œuvrant en faveur des enfants malades, handicapés ou en grande en difficulté.

Cette année, en présence de Brigitte Macron et à l’occasion des 10 ans du Prix Fondation Air France, Anne Rigail, Présidente de la Fondation, a décerné cette récompense au Père Pedro, pour ses années de dévouement auprès des plus démunis. La cérémonie s’est déroulée ce 3 décembre au Musée du quai Branly à Paris.

Cette récompense est une reconnaissance du peuple de France et de cette Fondation Air France pour ce que nous avons fait pour les plus pauvres : les constructions de logements, d’écoles, de routes, d’adduction d’eau, des maternités, des hôpitaux, des infrastructures sportives… 
Père Pedro 

Avec son association Akamasoa, le père Pedro lutte depuis 30 ans pour la réinsertion sociale et économique des plus pauvres à Madagascar. L’association a construit plus de 3 500 maisons, pour héberger aujourd’hui près de 30 000 personnes.

L’association construit également des logements sociaux, des écoles, des crèches, des dispensaires, des gymnases, etc. Avec plus de 14 000 enfants scolarisés, les projets sont nombreux et la Fondation Air France est présente aux côtés d’Akamasoa pour les mener à bien. L’association joue un rôle également essentiel sur le plan de la santé avec 45 000 consultations par an et sur l’environnement avec la plantation de 10 000 à 15 000 arbres tous les ans.

Depuis 2014, la Fondation Air France a ainsi financé une crèche, un gymnase, du mobilier pour les écoles et une cantine. Cette année, ce sont deux terrains de sports financés par la Fondation qui bénéficient désormais aux enfants de Madagascar.

POUR EN SAVOIR PLUS : https://la1ere.francetvinfo.fr/pere-pedro-recoit-prix-fondation-air-france-son-action-aupres-pauvres-madagascar-778295.html

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2e Dimanche de l’Avent. Préparez. “Préparez le chemin du Seigneur, rendez droites ses sentiers”. Homélie en la Chapelle Saint Vincent de Paul – Paris

Pendant tout l’Avent, nous entendons parler de la venue du Seigneur et de l’attitude qui convient pour ne pas manquer sa visite. Il me semble que les textes qui sont proposés par la liturgie, durant ces quatre dimanches, nous dictent quatre attitudes : veiller, préparer, espérer, écouter (une par dimanche). Quatre mots, mais ce sont des verbes actifs, car il faudra le faire. Alors, dimanche dernier, le premier dimanche de l’avent, nous étions invités à « veiller ». Aujourd’hui, le deuxième dimanche, nous sommes invités à préparer. « Préparez le chemin du Seigneur. »

Pierre Hung VAN NGUYEN

2e Dimanche de l’Avent. Préparez. “Préparez le chemin du Seigneur, rendez droites ses sentiers”. Homélie en la Chapelle Saint Vincent de Paul – Paris

Chers frères et sœurs : Pendant tout l’Avent, nous entendons parler de la venue du Seigneur et de l’attitude qui convient pour ne pas manquer sa visite. Il me semble que les textes qui sont proposés par la liturgie, durant ces quatre dimanches, nous dictent quatre attitudes : veiller, préparer, espérer, écouter (une par dimanche). Quatre mots, mais ce sont des verbes actifs, car il faudra le faire. Alors, dimanche dernier, le premier dimanche de l’avent, nous étions invités à « veiller ». Aujourd’hui, le deuxième dimanche, nous sommes invités à préparer. « Préparez le chemin du Seigneur. »

Nous allons garder ce mot : PREPARER. C’est le temps pour préparer le chemin du Seigneur, enlever les obstacles à sa venue.

D’abord, nous nous arrêtons sur la première lecture du prophète Isaïe, il nous donne un message plein d’espoir. Dans une vie si difficile et pleine des ténèbres, il semble que Dieu est absent, ou Dieu abandonne l’homme. La voix du prophète Isaïe, proclame que Dieu est tout proche pour accomplir sa promesse, Il vient rétablir la justice et la paix. Notre temps est loin du temps du prophète Isaïe, mais nous devons encore écouter et espérer son message. Les hommes aujourd’hui veulent jeter Dieu, mais Dieu, ne peut pas abandonner l’homme aux tragédies qu’il créé lui-même. La puissance infinie de Dieu a toujours un moyen de surmonter les choses négatives dans l’histoire humaine et réaliser son plan de salut. Le prophète Isaïe a annoncé au peuple d’Israël qui a vécu dans les ténèbres, et nous donne aujourd’hui le visage d’un Dieu, Rédempteur dont tous les hommes ont besoin, Isaïe dit dans la première lecture : “Le Seigneur juge les pauvres avec sa justice” (cf. Is 11, 1-10). Ce sont les principales caractéristiques d’un Dieu dont tout être humain de tous les temps a besoin, un Dieu juste dans son jugement et son amour, car il vient établir une vie paisible et harmonieuse, pour les humains. Cette vie a été proclamée par le prophète Isaïe à l’image de l’environnement, dans lequel les loups vivent avec des moutons, les enfants jouent avec des animaux sauvages. C’est le don suprême que Dieu donne aux hommes pour vivre en paix. Mais du côté humain, ils doivent savoir comment changer leur vie et retourner à Dieu, pour recevoir le Don de Dieu, pour obtenir son salut.

Dans ce contexte, L’Evangile aujourd’hui nous rappelle le message de Jean Baptiste, il nous invite à une conversion : « Préparer le chemin du Seigneur », mais quel chemin? Commençons par le plus évident. Le chemin qu’il faut préparer, passe d’abord par notre propre cœur. “Convertissez-vous” dit Jean-Baptiste. Se convertir, c’est se retourner vers Dieu et vers les autres. Reprendre le chemin ou bien changer de chemin, si l’on s’est égaré. Chacun sait bien ce à quoi cela lui fait penser dans sa vie. Se convertir, vous le savez, c’est sérieux. Se convertir. C’est se décider à redonner à la relation avec Dieu et avec les autres plus de force et de chaleur, enlever les obstacles à sa venue dans notre vie. Ainsi, une conversion véritable nous demande à la fois « changement de direction, » et « correction de notre pensée et de notre agir. »

Ne nous rassurons pas trop vite. Certains diraient : “Nous sommes de fidèles pratiquants depuis toujours”. Vous savez, Jean-Baptiste s’adressait aussi à d’honnêtes pratiquants, des Pharisiens et des Sadducéens, et pourtant, il les mettait sérieusement en garde.

Jean Baptiste leur dit :“N’allez pas dire en vous-mêmes, nous avons Abraham pour père . Car, je vous le dis, avec les pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham”. N’allons pas dire en nous-mêmes : “notre pratique religieuse est bien enracinée”, car si elle ne germe pas, si elle ne porte pas de fruits, elle va être coupé et jeté au feu. Notre conversion doit porter du fruit. Ceux qui accueillent le Christ sont voués à changer leur vie et à changer le monde.

Alors, si nous voulons maintenant que notre chemin soit tracé dans nos vies, si nous voulons également qu’il soit tracé au milieu de ce monde, alors il nous faut prendre au sérieux l’appel à la conversion que nous lance Jean le Baptiste ce matin. Bien sûr, les soucis du quotidien, la réforme de gouvernement, le mouvement social, la grève et la manifestation tout le temps, particulièrement en ce moment, ainsi la maladie, la peur, le découragement et tant d’autres obstacles viennent parfois brouiller l’horizon vers lequel nous marchons. N’ayons pas peur, soyons persévérance comme  saint Paul nous invite dans la deuxième lecture.

Au moment de préparer Noël, aurons-nous la force de redonner la priorité de notre amour aux préférés de Jésus ? Au loin ou tout près de nous, il y a encore tant de frères et sœurs qui sont malades, pauvre et âgés à consoler, qu’ils ont besoins de nous, par un peu de pain partagé, par une visite, par une parole consolation, par une sourire, par un brin d’amour gratuit.

Mes frères et sœurs, vous savez bien que nous sommes tous pécheurs, nous avons besoin de conversion, une conversion au fond du cœur, un vrai retour vers Dieu et vers les autres. Méditations, pour voir s’il y a des obstacles en nous et dans notre société qui nous empêchent de venir vers Dieu et vers les autres.

À l’écoute de l’Esprit saint, préparons le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers et nous verrons le salut de Dieu. Amen.

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Homélie du Deuxième dimanche de l’Avant. 8 décembre 2019. Chapelle de la Médaille Miraculeuse – Paris

Des faux prophètes, le monde en crève ! Leur message fascine mais il confond, fait peur et désoriente. Il y a tant de « prophètes de malheur » et nous manquons cruellement des prophètes d’espérance. Les premiers, proposent de vivre « des attentes et non pas en attente », de se contenter des petits espoirs mais n’apprennent pas à vivre dans l’espérance. Ces prophètes de malheur divisent l’humanité, paralysent les cœurs et n’apportent surtout pas la paix.

Roberto Gomez

Homélie du Deuxième dimanche de l’Avant. 8 décembre 2019. Chapelle de la Médaille Miraculeuse – Paris

Frères et sœurs : « Nous avons besoin de prophètes » ! « Notre Monde souffre du manque de vrais prophètes » !

Des faux prophètes, le monde en crève ! Leur message fascine mais il confond, fait peur et désoriente. Il y a tant de « prophètes de malheur » et nous manquons cruellement des prophètes d’espérance. Les premiers, proposent de vivre « des attentes et non pas en attente », de se contenter des petits espoirs mais n’apprennent pas à vivre dans l’espérance. Ces prophètes de malheur divisent l’humanité, paralysent les cœurs et n’apportent surtout pas la  paix. C’est tout le contraire du monde réconcilié décrit par le prophète Isaïe dans la première lecture: « Le loup habitera avec l’agneau , le léopard se couchera près du chevreau,  la vache et l’ourse aurons même pâturage, le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra, sur le trou de la vipère, l’enfant éteindra la main… ». Les faux prophètes divisent l’humanité, créent le chaos et la confusion, opposent les hommes  les uns contre les autres.  Et nous ? Nous nous laissons souvent tromper parce par ces « charmeurs de serpents » qui utilisent les émotions humaines pour réduire les personnes en esclavage et suscitent l’affrontement des hommes les uns contre les autres. Au lieu de proposer un chemin, un long et patient chemin, « ils nous offrent une multiplicité de sentiers qui ne conduisent pas à un but certain et qui prennent plutôt l’aspect d’un labyrinthe » (pape François, La Lumière de la foi, n° 13).

Jean-Baptiste, l’ultime voix des prophètes de l’Ancien Testament est chaque année le personnage du deuxième dimanche de l’Avent. C’est bien pour cela que évangile de ce jour ne met pas en scène Jésus, mais Jean-Baptiste : son message se résume dans une proclamation : « Convertissez-vous, car le royaume des cieux est tout proche ». La conversion est un long chemin, est un pèlerinage intérieur qui suppose la rencontre avec Dieu.

Pour appeler à la conversion, Jean-Baptiste, habillé comme les prophètes de l’Ancien Testament, se situe dans le désert. Pourquoi Jean-Baptiste crie précisément en plein désert ? Parce que le désert dans la Bible ne se réduit pas dans un lieu géographique mais il symbolise un itinéraire, un voyage intérieur et profond ; il désigne un état d’âme rendant possible que Dieu parle droit au cœur : c’est le silence du désert qui donne à la voix de Dieu l’espace de  son cri, comme dit le poète. C’est là, en plein désert, dans l’inconfort, en pleine expérience du manque, que la voix du Dieu est saissante :  «  A travers le désert une voix crie : préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route ». Lorsque l’on prend conscience de son propre désert intérieur alors on désire la paix, le repos. Lorsque l’on prend conscience de nos propres solitudes nos âmes cherchent des sources vives, des oasis pour reprendre des forces neuves et continuer le chemin.

Le temps de l’AVENT est beau ! C’est le temps du désir…  Désir d’un visage nouveau. Le visage d’un Dieu déconcertant de tendresse et de pauvreté. Le Visage de l’enfant Jésus de la crèche qui nous attendri, nous désarme et en même temps nous dépouille.  Oui, le désert spirituel à partir duquel nous parle Jean Baptiste nous fait prendre conscience de nos pauvres déserts. Notre monde traverse de déserts, notre église elle-même vit de déserts. Et tant que nous ne prendrons pas conscience de nos propres déserts, nous nous installons, nous ne cherchons pas une autre chose, nous nous y résignons. 

Le prophète Jean-Baptiste invite aussi à cheminer : « préparez le chemin du Seigneur, rendrez droits ses sentiers ». Le peuple de Dieu n’a jamais été aussi fécond que lorsqu’il marchait. Le peuple de Dieu a grandi dans la foi en marchand. Le peuple de n’a pas connu Dieu avec leur têtes mais avec leurs pieds (Gustavo Gutierrez). Pour se convertir il faut se déplacer ! C’est pour cela que l’évangile d’aujourd’hui nous invite précisément par la voix du prophète, à faire chemin, à cheminer, à aller à la rencontre du Seigneur qui vient. Et pour ce faire, le prophète invite encore à produire « un fruit digne de la conversion », des fruits concrets de justice. Nous ne serons pas des disciples du Christ si nous nous installons, si nous nous conformons à nos pauvres déserts. Nous ne serons pas des véritables amis de Jésus si nous n’aspirons pas à une autre chose plus grande et meilleure, si nous n’aspirons pas à de rêves qui nous dépassent, des rêves qui nous relèvent et rendent possible que nous nous mettions débout tout en continuant notre chemin.

Produisez des fruits de justice en vous convertissant ! Aujourd’hui notre société est bouleversée à cause de la pauvreté et de l’injustice. Cependant on veut nous faire croire que la seule pauvreté qui nous abîme est la pauvreté sociale. Il y a une autre pauvreté qui nous réduit en esclavage et à la servitude : c’est la pauvreté spirituelle et le manque de transcendance. Il n’y a pas que la pauvreté sociale à vaincre, il y a aussi la pauvreté spirituelle  qui doit être surmontée.

Le prophète et l’évangile de ce jour nous rappelle notre propre baptême. Jean baptisait dans l’eau et Jésus le prophète des prophètes baptise dans l’esprit et le feu. C’est-à-dire que la face de la terre sera renouvelée et nous serons à notre tour purifiés et renouvelés. La prière de l’ouverture de la Messe de ce jour suppliait le Dieu miséricordieux de ne pas laisser entraver notre marche à la rencontre du Christ à cause des soucis de nos tâches présentes. Nous sommes invités par contre à entrer dans la propre vie du Christ, dans son propre itinéraire afin d’accueillir Dieu qui se rend visible à travers le visage de son Fils bien-aimé.

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Cérémonie d’hommage aux Morts Anonymes de Marseille samedi 23 novembre 2019. ‘Fiction suite à une vision d’un « Mort de la Rue »’

Voilà. Ils sont arrivés au cimetière Saint-Pierre de Marseille au carré de la « Terre Commune ». Ils sont là. Je les vois. Mais eux ne me voient pas. On pourrait presque dire qu’ils font comme si je n’étais pas là. Pourtant c’est pour moi qu’ils sont venus. Oh pas pour moi tout seul. Nous ne sommes pas loin d’une quarantaine, trente sept ou trente huit, je ne sais plus. Difficile de compter d’où je suis. Oui, une quarantaine de morts à Marseille pour les deux ans qui viennent de passer.

Eric Saint-Sevin

Cérémonie d’hommage aux Morts Anonymes de Marseille samedi 23 novembre 2019. ‘Fiction suite à une vision d’un « Mort de la Rue »’

Voilà. Ils sont arrivés au cimetière Saint-Pierre de Marseille au carré de la « Terre Commune ». Ils sont là. Je les vois. Mais eux ne me voient pas. On pourrait presque dire qu’ils font comme si je n’étais pas là. Pourtant c’est pour moi qu’ils sont venus. Oh pas pour moi tout seul. Nous ne sommes pas loin d’une quarantaine, trente sept ou trente huit, je ne sais plus. Difficile de compter d’où je suis. Oui, une quarantaine de morts à Marseille pour les deux ans qui viennent de passer.

Morts de la rue comme ils disent. Mais pas que. Il y a aussi ceux qui sont morts avec un toit sur la tête, ou ce qu’il en restait, mais personne à côté, ni dessus, ni dessous. Personne à qui parler. Et puis il y a les anonymes. Ceux dont on n’a même pas retrouvé le nom ni rien qui leur donne un semblant d’identité. Moi, j’en ai croisé quelquefois de ceux-là qui traversaient la vie comme ça, sans rien pour dire qui ils étaient. Des ombres sans nom. Même pour moi, c’est dire. Voilà.

A présent, ils se sont mis en cercle. Ils sont une petite vingtaine. Moins nombreux que nous. Mais eux, ils sont vivants. Ils ont encore des yeux et un cœur. Il y a des vieux et des jeunes. Comme dans la vie. Ils ont pris chacun une fleur, une rose rouge ou blanche. Blanche c’est pour les enfants. Il y aussi des enfants qui meurent dans la rue. Moi, quand j’étais enfant, je n’aurais pas cru finir avec des enfants morts. Alors, je regarde une dernière fois. Ca y est. Ils se séparent. Certains ont pris le temps de boire un café avant de s’en retourner. C’était bon de les avoir vus. C’était comme une famille.

Oh ! le soir même ils se retrouvent avec les paroissiens de l’église de la Trinité afin de prier le Seigneur pour nous en la solennité du Christ Roi de l’univers. Ils emmènent une quarantaine de bougies allumées sur l’autel.  Nous sommes en communion…

Les membres de l’association Marseillais Solidaires des Morts Anonymes

 

QUI SOMMES-NOUS ?

Créé en 2003, l’association Marseillais Solidaires des Morts Anonymes travaille en partenariat avec les associations et organismes sociaux de la ville de Marseille afin qu’en accompagnant et en honorant les morts nous agissions aussi pour les vivants. Chaque membre de l’association participe lui-même activement au sein d’autres associations qui œuvrent auprès des personnes en situation de précarité.

L’association a pour mission de :

  • sensibiliser l’opinion publique que des hommes et des femmes qui vivent dans la rue meurent dans l’anonymat, certains étant même enterrés sous X, n’ayant pas d’identité reconnue. L’âge moyen des personnes décédant à la rue est de 48 ans alors que la moyenne nationale est de 80 ans !
  • informer lorsqu’une personne seule, à la rue ou sans ressource décède.
  • célébrer des funérailles dignes des personnes mortes dans l’anonymat sans distinction sociale, raciale, politique ni religieuse, en les accompagnant par un temps de recueillement, d’hommage en « terres communes» au cimetière Saint Pierre de Marseille.
  • améliorer l’état des tombes de ces personnes accompagnées en « terres communes » au cimetière.

Chaque année l’association organise un temps de mémoire pour ces personnes qui sont décédés par un hommage en présence des autorités et des associations et par un temps de recueillement au cimetière Saint Pierre l’après-midi sur les tombes des personnes inhumées dans l’année.

L’association Marseillais Solidaires des Morts Anonymes est membre du Collectif des Morts de la Rue au plan national. Des associations ayant le souci des Morts de la Rue et/ou des Morts isolés sont présentes dans plusieurs villes de France. Vous trouverez plus d’infos sur le site www.mortsdelarue.org ou sur le web documentaire www.terrescommunes.fr

Association Marseillais Solidaires des Morts Anonymes

10 rue d’Austerlitz

13006 MARSEILLE

Tél : 06.67.51.67.38

Contactez-nous : marsolmortsanonymes@hotmail.fr

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LA PAIX, Un chemin d’espérance : dialogue, réconciliation et conversion écologique. Message du Pape François pour la célébration de la 53e Journée Mondiale de la Paix. 1er JANVIER 2020

La paix est un bien précieux, objet de notre espérance auquel aspire toute l’humanité. Espérer la paix est un comportement humain qui renferme une tension existentielle ; c’est pourquoi même un présent parfois pénible « peut être vécu et accepté s'il conduit vers un terme et si nous pouvons être sûrs de ce terme, si ce terme est si grand qu'il peut justifier les efforts du chemin »[1]. De cette façon, l’espérance est la vertu qui nous met en chemin, qui nous donne des ailes pour aller de l’avant, même quand les obstacles semblent insurmontables.

Pape Francois

LA PAIX, Un chemin d’espérance : dialogue, réconciliation et conversion écologique. Message du Pape François pour la célébration de la 53e Journée Mondiale de la Paix. 1er JANVIER 2020

1. La paix, chemin d’espérance face aux obstacles et aux épreuves

La paix est un bien précieux, objet de notre espérance auquel aspire toute l’humanité. Espérer la paix est un comportement humain qui renferme une tension existentielle ; c’est pourquoi même un présent parfois pénible « peut être vécu et accepté s’il conduit vers un terme et si nous pouvons être sûrs de ce terme, si ce terme est si grand qu’il peut justifier les efforts du chemin »[1]. De cette façon, l’espérance est la vertu qui nous met en chemin, qui nous donne des ailes pour aller de l’avant, même quand les obstacles semblent insurmontables.

Notre communauté humaine porte dans sa mémoire et dans sa chair les signes des guerres et des conflits qui se sont succédés avec une capacité destructrice croissante, et qui ne cessent de frapper spécialement les plus pauvres et les plus faibles. Aussi, des nations entières peinent à se libérer des chaînes de l’exploitation et de la corruption, lesquelles alimentent haines et violences. Aujourd’hui encore, à tant d’hommes et de femmes, d’enfants et de personnes âgées, sont niées la dignité, l’intégrité physique, la liberté, y compris religieuse, la solidarité communautaire, l’espérance en l’avenir. De nombreuses victimes innocentes portent sur elles le supplice de l’humiliation et de l’exclusion, du deuil et de l’injustice, voire même les traumatismes de l’acharnement systématique contre leur peuple et leurs proches.

Les terribles épreuves des conflits civils et internationaux, aggravées souvent par des violences sans aucune pitié, marquent pour longtemps le corps et l’âme de l’humanité. Toute guerre, en réalité, est un fratricide qui détruit le projet même de fraternité inscrit dans la vocation de la famille humaine.

La guerre, nous le savons bien, commence souvent par l’intolérance à l’égard de la différence de l’autre, qui renforce le désir de possession et la volonté de domination. Elle naît, dans le cœur de l’homme, de l’égoïsme et de l’orgueil, de la haine qui pousse à détruire, à renfermer l’autre dans une vision négative, à l’exclure et à le faire disparaître. La guerre se nourrit de la perversion des relations, d’ambitions hégémoniques, d’abus de pouvoir, de la peur de l’autre et de la différence perçue comme un obstacle ; et en même temps elle alimente tout cela.

Il est paradoxal, comme j’ai eu à le souligner durant mon récent voyage au Japon, que « notre monde vit la perverse dichotomie de vouloir défendre et garantir la stabilité et la paix sur la base d’une fausse sécurité soutenue par une mentalité de crainte et de méfiance qui finit par envenimer les relations entre les peuples et empêcher tout dialogue possible. La paix et la stabilité internationales sont incompatibles avec toute tentative de construction sur la peur de la destruction réciproque ou sur une menace d’anéantissement total ; elles ne sont possibles qu’à partir d’une éthique globale de solidarité et de coopération au service d’un avenir façonné par l’interdépendance et la coresponsabilité au sein de toute la famille humaine d’aujourd’hui et de demain »[2].

Toute situation de menace alimente le manque de confiance et le repli sur soi. Le manque de confiance et la peur renforcent la fragilité des rapports et le risque de violence, dans un cercle vicieux qui ne conduira jamais à une relation de paix. En ce sens, la dissuasion nucléaire ne peut que créer une sécurité illusoire.

Par conséquent, nous ne pouvons pas prétendre maintenir la stabilité mondiale par la peur de l’anéantissement, dans un équilibre plus que jamais instable, suspendu au bord du gouffre nucléaire et enfermé dans les murs de l’indifférence, où l’on prend des décisions socio-économiques qui ouvrent la voie aux drames de l’exclusion de l’homme et de la création, au lieu de nous protéger les uns les autres[3]. Comment, alors, construire un chemin de paix et de reconnaissance réciproque ? Comment rompre la logique macabre de la menace et de la peur ? Comment briser la dynamique de la défiance qui prévaut actuellement ?

Nous devons poursuivre une fraternité réelle, basée sur la commune origine divine et exercée dans le dialogue et la confiance réciproques. Le désir de paix est profondément inscrit dans le cœur de l’homme et nous ne devons nous résigner à rien de moins que cela.

2. La paix, chemin d’écoute basé sur la mémoire, sur la solidarité et sur la fraternité

Les Hibakusha, les survivants des bombardements atomiques de Hiroshima et de Nagasaki, sont parmi ceux qui, aujourd’hui, maintiennent vivante la flamme de la conscience collective, témoignant aux générations successives l’horreur de ce qui est arrivé en août 1945 et les souffrances indicibles qui ont suivi jusqu’à aujourd’hui. Leur témoignage réveille et conserve de cette façon la mémoire des victimes afin que la conscience humaine devienne toujours plus forte face à toute volonté de domination et de destruction : « Nous ne pouvons pas permettre que les générations présentes et nouvelles perdent la mémoire de ce qui est arrivé, cette mémoire qui est garantie et encouragement pour construire un avenir plus juste et plus fraternel »[4].

Tout comme eux, de nombreuses personnes partout dans le monde offrent aux générations futures le service indispensable de la mémoire qui doit être conservée, non seulement pour ne pas commettre de nouveau les mêmes erreurs ou pour que les schémas illusoires du passé ne soient reproposés, mais aussi pour que celle-ci, fruit de l’expérience, constitue la racine et suggère le chemin pour les choix présents et futurs en faveur de la paix.

De plus, la mémoire est l’horizon de l’espérance : bien des fois, dans l’obscurité des guerres et des conflits, même le rappel d’un petit geste de solidarité reçu peut inspirer des choix courageux et même héroïques, peut susciter de nouvelles énergies et rallumer une nouvelle espérance chez les individus et dans les communautés.

Ouvrir et tracer un chemin de paix est un défi d’autant plus complexe que les intérêts qui sont en jeu dans les relations entre les personnes, les communautés et les nations, sont multiples et contradictoires. Il faut avant tout faire appel à la conscience morale et à la volonté personnelle et politique. La paix, en effet, trouve sa source au plus profond du cœur humain, et la volonté politique doit toujours être revigorée afin d’initier de nouveaux processus qui réconcilient et unissent personnes et communautés.

Le monde n’a pas besoin de paroles creuses, mais de témoins convaincus, d’artisans de paix ouverts au dialogue sans exclusions ni manipulations. En effet, on ne peut parvenir vraiment à la paix que lorsqu’il y a un dialogue convaincu d’hommes et de femmes qui cherchent la vérité au-delà des idéologies et des opinions diverses. La paix est un édifice « sans cesse à construire »[5], un chemin que nous faisons ensemble, en cherchant toujours le bien commun et en nous engageant à maintenir la parole donnée et à respecter le droit. Dans l’écoute réciproque, la connaissance et l’estime de l’autre peuvent se développer jusqu’à reconnaître, dans l’ennemi, le visage d’un frère.

Le processus de paix est donc un engagement qui dure dans le temps. C’est un travail patient de recherche de la vérité et de la justice qui honore la mémoire des victimes et qui ouvre, pas à pas, à une espérance commune plus forte que la vengeance. Dans un État de droit, la démocratie peut être un paradigme significatif de ce processus si elle est basée sur la justice et sur l’engagement à sauvegarder les droits de chaque personne, en particulier si elle est faible ou marginalisée, dans la recherche continuelle de la vérité[6]. Il s’agit d’une construction sociale et d’une élaboration en devenir, où chacun apporte de manière responsable sa propre contribution, à tous les niveaux de la collectivité locale, nationale et mondiale.

Comme le soulignait saint Paul VI, « la double aspiration vers l’égalité et la participation cherche à promouvoir un type de société démocratique […]. C’est dire l’importance d’une éducation à la vie en société où, en plus de l’information sur les droits de chacun, soit rappelé leur nécessaire corrélatif : la reconnaissance des devoirs à l’égard des autres ; le sens et la pratique du devoir sont eux-mêmes conditionnés par la maîtrise de soi, l’acceptation des responsabilités et des limites posées à l’exercice de la liberté de l’individu ou du groupe »[7].

Au contraire, la fracture entre les membres d’une société, l’accroissement des inégalités sociales et le refus d’utiliser les instruments en vue d’un développement humain intégral mettent en péril la poursuite du bien commun. Par contre, le travail patient basé sur la force de la parole et de la vérité peut réveiller chez les personnes la capacité de compassion et de solidarité créative.

Dans notre expérience chrétienne, nous faisons constamment mémoire du Christ qui a donné sa vie pour notre réconciliation (cf. Rm 5, 6-11). L’Eglise participe pleinement à la recherche d’un ordre juste, tout en continuant à servir le bien commun et à nourrir l’espérance de paix à travers la transmission des valeurs chrétiennes, l’enseignement moral et les œuvres sociales et éducatives.

3. La paix, chemin de réconciliation dans la communion fraternelle

La Bible, en particulier à travers la parole des prophètes, rappelle les consciences et les peuples à l’alliance de Dieu avec l’humanité. Il s’agit d’abandonner le désir de dominer les autres et d’apprendre à se regarder réciproquement comme des personnes, comme des enfants de Dieu, comme des frères. L’autre ne doit jamais être enfermé dans ce qu’il a pu dire ou faire, mais il doit être considéré selon la promesse qu’il porte en lui. C’est seulement en choisissant la voie du respect qu’on pourra rompre la spirale de la vengeance et entreprendre le chemin de l’espérance.

Le passage de l’Évangile qui rapporte l’échange entre Pierre et Jésus nous guide : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? Jésus lui répond : “Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois” » (Mt 18, 21-22). Ce chemin de réconciliation nous appelle à trouver dans le fond de notre cœur la force du pardon et la capacité de nous reconnaître frères et sœurs. Apprendre à vivre le pardon fait grandir notre capacité à devenir des femmes et des hommes de paix.

Ce qui est vrai de la paix dans le domaine social est vrai aussi dans le domaine politique et économique, puisque la question de la paix traverse toutes les dimensions de la vie communautaire : il n’y aura jamais de vraie paix tant que nous ne serons pas capables de construire un système économique plus juste. Comme l’écrivait Benoît XVI, il y a dix ans, dans l’Encyclique Caritas in veritate : « Vaincre le sous-développement demande d’agir non seulement en vue de l’amélioration des transactions fondées sur l’échange et des prestations sociales, mais surtout sur l’ouverture progressive, dans un contexte mondial, à des formes d’activité économique caractérisées par une part de gratuité et de communion » (n. 39).

4. La paix, chemin de conversion écologique

« Si une mauvaise compréhension de nos propres principes nous a parfois conduits à justifier le mauvais traitement de la nature, la domination despotique de l’être humain sur la création, ou les guerres, l’injustice et la violence, nous, les croyants, nous pouvons reconnaître que nous avons alors été infidèles au trésor de sagesse que nous devions garder ».[8]

Face aux conséquences de notre hostilité envers les autres, du manque de respect de la maison commune et de l’exploitation abusive des ressources naturelles – considérées comme des instruments utiles uniquement pour le profit d’aujourd’hui, sans respect pour les communautés locales, pour le bien commun ni pour la nature – nous avons besoin d’une conversion écologique.

Le récent Synode sur l’Amazonie nous pousse à adresser, de manière nouvelle, l’appel à une relation pacifique entre les communautés et la terre, entre le présent et la mémoire, entre les expériences et les espérances.

Ce chemin de réconciliation est aussi écoute et contemplation du monde qui nous a été donné par Dieu pour que nous en fassions notre maison commune. En effet, les ressources naturelles, les nombreuses formes de vie et la terre elle-même nous sont confiées pour être “cultivées et gardées” (cf. Gn 2, 15) aussi pour les générations à venir, avec la participation responsable et active de chacun. En outre, nous avons besoin d’un changement, dans les convictions et dans le regard, qui ouvre davantage à la rencontre avec l’autre et à l’accueil du don de la création qui reflète la beauté et la sagesse de son Auteur.

En découlent, en particulier, des motivations profondes et une nouvelle manière d’habiter la maison commune, d’être présents les uns aux autres, chacun dans sa diversité, de célébrer et de respecter la vie reçue et partagée, de se préoccuper des conditions et des modèles de société qui favorisent l’éclosion et la permanence de la vie dans l’avenir, de développer le bien commun de toute la famille humaine.

La conversion écologique à laquelle nous faisons appel nous conduit donc à avoir un nouveau regard sur la vie, en considérant la générosité du Créateur qui nous a donné la terre et nous rappelle à la joyeuse sobriété du partage. Cette conversion doit être comprise de manière intégrale, comme une transformation des relations que nous entretenons avec nos sœurs et nos frères, avec les autres êtres vivants, avec la création dans sa très riche variété, avec le Créateur qui est l’origine de toute vie. Pour le chrétien, elle demande de « laisser jaillir toutes les conséquences de la rencontre avec Jésus-Christ sur les relations avec le monde »[9].

5. On obtient autant qu’on espère[10]

Le chemin de la réconciliation exige patience et confiance. On n’obtient pas la paix si on ne l’espère pas.

Il s’agit avant tout de croire en la possibilité de la paix, de croire que l’autre a le même besoin de paix que nous. En cela, l’amour de Dieu pour chacun d’entre nous peut nous inspirer, un amour libérateur, sans limite, gratuit, inlassable.

La peur est souvent source de conflit. Il est donc important d’aller au-delà de nos craintes humaines, en nous reconnaissant comme des enfants dans le besoin devant celui qui nous aime et qui nous attend, comme le Père du fils prodigue (cf. Lc 15, 11-24). La culture de la rencontre entre frères et sœurs rompt avec la culture de la menace. Elle fait de toute rencontre une possibilité et un don de l’amour généreux de Dieu. Elle nous pousse à dépasser les limites de nos horizons restreints afin de toujours viser à vivre la fraternité universelle comme enfants de l’unique Père céleste.

Pour les disciples du Christ, ce chemin est aussi soutenu par le sacrement de la Réconciliation, donné par le Seigneur pour la rémission des péchés des baptisés. Ce sacrement de l’Eglise, qui renouvelle les personnes et les communautés, invite à avoir le regard tourné vers Jésus qui a réconcilié « tous les êtres pour lui, aussi bien sur la terre que dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa croix » (Col 1, 20) ; et il demande d’abandonner toute violence en pensées, en paroles et en actions, aussi bien envers le prochain qu’envers la création.

La grâce de Dieu le Père s’offre comme un amour sans conditions. Une fois reçu son pardon dans le Christ, nous pouvons nous mettre en chemin afin de l’offrir aux hommes et aux femmes de notre temps. Jour après jour, l’Esprit Saint nous suggère des comportements et des paroles pour que nous devenions des artisans de justice et de paix.

Que le Dieu de la paix nous bénisse et vienne à notre aide.

Que Marie, Mère du Prince de la Paix et Mère de tous les peuples de la terre, nous accompagne et nous soutienne, pas à pas, sur notre chemin de réconciliation.

Et que toute personne venant en ce monde puisse connaître une existence paisible et développer pleinement la promesse d’amour et de vie qu’elle porte en elle.

Du Vatican, le 8 décembre 2019

François

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Père Ducourneau : « La fraternité d’armes est aussi une fraternité des larmes »

Auteur : Guillaume Desvignes. Articule publié sur le 26 novembre 2010 sur www.aleteia.org. Après 23 années de ministère auprès des armées, le père Ducourneau vient de publier « Le café du Padre – Chroniques de vie d’un aumônier militaire » (Salvator). Coïncidence poignante, il répondait aux questions d’Aleteia alors que la France apprenait la mort de treize de ses soldats au Mali.

CMission

Père Ducourneau : « La fraternité d’armes est aussi une fraternité des larmes »

Articule publié sur le 26 novembre 2010 site : https://fr.aleteia.org/2019/11/26/pere-ducourneau-la-fraternite-darmes-est-aussi-une-fraternite-des-larmes/

Auteur : Guillaume DESVIGNES

Aleteia : Comment réagit un « Padre » à une tragédie aussi dure que celle qui vient de frapper l’armée française au Mali ?

Père Jean-Yves Ducourneau : C’est dans ces circonstances que l’on éprouve la valeur de la fraternité. La fraternité d’armes est aussi une fraternité de larmes. Et la mort de ces treize hommes représente un choc pour chacun d’entre nous. Ce sont des frères qui s’en vont. La mission des aumôniers militaires va être extrêmement difficile car il va falloir tirer cette tragédie vers l’espérance en s’en remettant à Dieu et à Sa Grâce, en particulier par la prière. Prier pour ceux qui sont partis, et pour ceux qui restent : j’ai une pensée toute particulière pour les épouses et les enfants de ces militaires qui étaient tous jeunes. Il va falloir leur montrer, en dépit des révoltes prévisibles, que l’armée demeure une famille. Cet accompagnement sera long et difficile. Ces hommes étaient des soldats en mission, loin de chez eux. Ils connaissaient la dangerosité de leur engagement. Le choc qui a nous a saisi ce matin montre que la France aime et respecte profondément son armée. N’oublions pas enfin que malgré nos morts, et c’est aussi une difficulté dans la vie d’un soldat, le combat contre le terrorisme jihadiste continue. En ce sens, nos soldats sont des héros, c’est-à-dire des hommes et des femmes capables de surpasser leurs émotions pour continuer à servir leur pays et donc chacun d’entre nous, capables de nous protéger contre le terrorisme.

L’aumônier n’est plus ce prêtre qui distribuait la communion sous le feu (même s’il est prêt à cela le cas échéant) : quelle est la « nouvelle » nature de votre mission ?
Le « Padre » est toujours celui qui vit de la communion et qui doit la distribuer, même si ce n’est plus de la même manière que durant la guerre de 1914-1918 par exemple. Vivant de la communion avec le Christ, il est appelé à la partager dans le « compagnonnage », c’est-à-dire dans le partage du pain quotidien qui permet de présenter, lorsque le temps le favorise, le pain du Christ. Bien entendu, il agrémente ce compagnonnage de sa disponibilité autour, par exemple, du « café du Padre » que l’on vient prendre dans son bureau et qui est toujours meilleur lorsque le sucre de l’histoire personnelle des soldats vient lui donner le bon goût de la vie partagée.

« Aujourd’hui, en plus des risques graves, les missions extérieures supposent un « déracinement » que les Padre prennent en comptent dans leur accompagnement quotidien »

La « nouvelle » nature de la mission est consécutive aux « nouvelles » missions des soldats qui sont, pour la plupart, envoyés au loin pour défendre les intérêts de la France, mission qu’ils ne choisissent pas mais reçoivent du pouvoir politique qu’ils acceptent de servir jusqu’au sacrifice possible de leur vie. Cela a commencé en Indochine ou en Algérie bien que ces régions étaient encore sous le régime français et s’est prolongé avec le Tchad, le Liban, le Golfe, les Balkans, puis les opérations des années 2000, comme l’Afghanistan et le Mali par exemple. La tragédie que nous avons apprise aujourd’hui nous le rappelle douloureusement. Durant les deux conflits mondiaux, les combats se déroulaient chez nous donc en lien avec nos racines. Aujourd’hui, en plus des risques graves, ces missions extérieures supposent un « déracinement » que les Padre prennent en comptent dans leur accompagnement quotidien, avec une dimension psychologique qu’ils ne doivent pas édulcorer.

Pour autant, il s’agit de la « même » mission que celle de nos anciens aumôniers, celle qui consiste à être une présence d’Église là où l’Espérance, la Paix et la Joie sont battues en brèche par les évènements. Le Padre, volontaire et formé pour ça, est envoyé au cœur même de cette violence, car là où il y a de l’homme, il y a de l’âme.

En quoi le ministère très particulier que vous exercez offre-t-il, hors du diocèse aux Armées, des pistes nouvelles pour évangéliser dans un monde sécularisé ? Ce ministère très particulier n’est pas un ministère à part. Il est un ministère d’Église, comme celui d’aumônier de prison et d’aumônier des gens de la rue, missions que j’ai déjà eu l’honneur de servir. L’Église est envoyée auprès des plus pauvres, ceux qui sont ou paraissent à la marge, comme le soulignait le pape François. Le diocèse aux armées n’est pas plus « original » qu’un autre diocèse, il est serviteur d’une communauté d’hommes et de femmes qui ont, aussi, leur histoire en dehors du cercle militaire, car, comme les autres, ils consomment, ils ont des enfants en école privée ou laïque, ils participent à des activités sociales, sportives et culturelles dans leurs lieux de vie, bien que l’exercice du « métier » de militaire ne soit pas codifié par des horaires journaliers classiques et que ce « métier » exige une disponibilité à toute épreuve, y compris celle du feu !

« En tant que serviteur, un “padre” reste humble et, comme tout prêtre, il doit exercer une autorité en lien avec celle du Christ, mais non un pouvoir, puisque le Christ y a renoncé dans son abaissement. »

Ceci étant dit, le Padre s’adapte à ce milieu particulier, il étudie ses codes, ses langages, il porte sa tenue, il respecte ses règles disciplinaires, il honore les chefs tout en assurant de son respect toute la hiérarchie militaire, du moins au plus gradé, puisque Dieu ne connaît pas les grades mais les cœurs. En tant que serviteur, il reste humble et, comme tout prêtre, il doit exercer une autorité en lien avec celle du Christ, mais non un pouvoir, puisque le Christ y a renoncé dans son abaissement. C’est un ministère souvent « isolé » en ce sens que l’aumônier est seul sur sa base, son régiment ou en école. Il doit donc, comme le montre la collégialité de l’Église, avoir de bons rapports fraternels avec le clergé civil local et bien entendu ses frères (et sœurs) aumôniers qu’il ne manque par de retrouver lors de réunions de travail ou de convivialité.

Le message à donner est toujours, in fine, celui de l’Évangile, non pas comme une vérité acquise mais une vérité, ou plutôt LA vérité, proposée qui commence par cet humble compagnonnage que j’ai évoqué plus haut, parfois dans le « crapahut », parfois dans la douleur partagée de la perte d’un soldat (souvent d’une violente manière), mais aussi dans les rites de cérémonie et dans la joie d’une partage de rations de combat ou d’un « café du Padre », en accueillant bien entendu tout le monde mais aussi en se laissant accueillir. Pour ce faire, il ne doit pas être un Padre de sacristie, mais un Padre de contact.

L’appel au retour de la paternité dans le sacerdoce se fait de plus en plus prégnant. Quel type de paternité exercez-vous ? Partagez-vous ce besoin d’une paternité revivifiée dans l’Église ?
Revenons sur l’appellation de « Padre » qui explique déjà certaines choses. Ce mot espagnol veut dire « père » ou au pluriel « les parents », donc la notion de paternité est intrinsèquement liée à cette appellation que l’on peut qualifier d’affective. L’appellation officielle est « monsieur l’aumônier » qui, finalement, n’engage personne puisqu’elle est assez « neutre ». Lorsque le terme de « Padre » est donné à l’aumônier, il se crée, de fait, une relation sympathique, même si la personne qui l’emploie n’est pas catholique. Ce terme de « Padre », venant de la Légion étrangère lorsque celle-ci était grandement hispanophone (au XIXe siècle), s’est répandu dans toute l’armée française, principalement l’armée de terre. Il y a donc, en lui-même, la notion de paternité, au même titre que l’emploi du mot « Père », ou même « abbé » (abba, en hébreu, veut dire père), pour désigner monsieur le curé par exemple.

Ceci étant dit, il convient de préciser que le Padre qui va au contact de ses frères militaires leur propose, non par un pouvoir mais uniquement par son charisme, sa disponibilité et son autorité (l’autorité fait grandir, le pouvoir écrase), ce que je dis dans mon livre « le café du Padre »,  d’être un « Re-Père », surtout lorsque les jeunes soldats n’ont plus en eux l’image et la présence d’une autorité masculine qui peut leur donner certains repères de vie quotidienne. Il ne s’agit pas de confondre les rôles et de posséder l’autre en faisant de ce « Re-Père » une puissance qui domine mais juste un relais, une balise de lumière (terme que j’emploie d’une manière récurrente dans plusieurs de mes livres) pour découvrir, in fine, la seule paternité qui fait de nous des fils et des frères, celle de Dieu Père. Or, il est clair que lorsque l’’image de la paternité familiale est brouillée, la paternité de Dieu est encore plus difficile à apprécier. Il ne faut donc pas que le prêtre use de son « autorité » pour en faire un obstacle, voire un scandale. En fait, il est évident que le « Padre » ne peut se prévaloir d’être un « Re-Père » que lorsqu’il se sait lui-même enfant de Dieu ayant besoin de sa miséricorde pour continuer à grandir et que lorsqu’il est persuadé que celui qu’il accueille est le Christ lui-même.

« Lors des opérations extérieures très dangereuses, j’ai vu des jeunes qui se découvraient et de fait, je les découvrais autre que ce que je pensais. »

Quel regard portez-vous sur l’armature psychique et morale des jeunes recrues qui rejoignent les armées, se fragilise-t-elle inexorablement ?
Il faut se méfier des « on dit » lorsqu’on évoque la psychologie des soldats. Notre jeunesse, du moins celle qui entre dans les enceintes militaires, est incontestablement généreuse. Elle vient chercher ce qu’elle espère trouver : une réalisation d’elle-même. Les instructeurs, dont l’aumônier peut humblement faire partie, sont là pour réveiller et accompagner ce dynamisme qui n’attend que ça. Lors des opérations extérieures très dangereuses, j’ai vu des jeunes qui se découvraient et de fait, je les découvrais autre que ce que je pensais, surtout lorsque je voyais leur visages encore candides juste avant de monter dans l’avion qui nous conduisait dans des endroits violents où la mort ne regarde pas l’âge de ceux qu’elle fauche. Certes, les fragilités sont là. Ce ne sont pas des robots sans âmes, ni sans larmes. Il y a la fatigue, la désillusion parfois, le fait de ne pas être reconnu dans ce qui se vit de délicat, la crainte de la mort ou de la blessure, et tout ce qui fait la vie humaine qui n’est pas étranger à la vie des soldats, loin s’en faut. Lorsqu’on perd un camarade, un « compagnon » avec lequel on a partagé tant et tant de choses en plus du pain, on a mal et on souffre, dans son cœur, dans son esprit et dans son corps. Mais c’est justement aussi pour cela que les aumôniers sont à leurs côtés.

C’est pour cela que je parle également, lors d’homélies par exemple, de cette « technicité » qui n’a de « pouvoir » que si l’intériorité de l’être n’est pas en compote et qu’elle est aussi bien « entrainée » que le corps qui revêt cette technicité, qui malgré tout, n’est pas une garantie contre la blessure ou la mort. J’ai la chance d’avoir étudié, lors de ma formation initiale en théologie, la psychologie via l’analyse transactionnelle qui m’aide à « lire » les dits ou les non-dits de nos soldats sur leur éventuelle détresse intérieure, la grâce de Dieu aidant.

Quant au « Padre » lui-même, il n’est pas, non plus un super-héros. Étant un « soutien », une épaule et un « Re-Père » pour ses frères soldats dont il a la charge spirituelle au nom de l’Église, il doit lui-même avoir un soutien puisque sa mission en opérations extérieures peut l’isoler, non seulement géographiquement mais aussi spirituellement. Il est important qu’il sente que des communautés de métropole prient pour sa mission et les hommes qu’il porte au Christ. Il est important qu’il s’attache plus que jamais au Christ lui-même dans la prière et l’Eucharistie qu’il célèbre parfois sur des endroits aussi incongrus qu’une grosse pierre de désert, une caisse de munitions, un capot de voiture ou une table de campagne, même s’il peut aussi tout faire pour qu’une petite chapelle soit érigée au sein du camp de fortune, parfois même malgré l’opposition ou le scepticisme de la hiérarchie.

La figure de saint Vincent de Paul est régulièrement évoquée dans vos propos. Que faut-il retenir du message de ce grand saint pour aujourd’hui ? En quoi vous guide-t-il chaque jour ?
Je suis de la Congrégation de la Mission, fondée par saint Vincent de Paul en 1625. En France, on nous appelle les Lazaristes, du nom du lazaret, maison parisienne où l’on enfermait les lépreux et les aliénés que les familles ne voulaient plus, qui a été donnée à Vincent pour la formation des siens. Il est donc « naturel » que ce génial fondateur soit un de mes maîtres à penser spirituellement. Cet homme n’a jamais hésité, la grâce de Dieu aidant — comme il le dit lui-même — à aller vers tous ses frères en humanité, les pauvres bien entendu (qui restèrent sa priorité), mais aussi les plus aisés (bien souvent pauvres spirituellement) et les soldats (depuis 1636, des Lazaristes furent dépêchés dans les armées du roi), avec le souci de la « damnation des âmes » qui se perdaient sans Dieu. Qu’il fut aumônier des galères, de la reine Margot, celui du roi Louis XIII, conseiller spirituel de la reine Anne d’Autriche, membre du Conseil de Conscience du Royaume de France, créateur avec l’École française de Spiritualité (Bérulle, Jean Eudes, Jean-Jacques Ollier…) des premiers grands séminaires suite au Concile de Trente (XVIe siècle), mais aussi confesseur des plus pauvres des campagnes, prédicateur et fondateur de structures d’Église et de Charité (les Filles de la Charité, les Équipes dites de Saint-Vincent, l’Œuvre des Enfants trouvés), il a montré la « puissance » de l’Évangile à tous.

Ceci me guide et me rassure dans mon indignité et mon imperfection. Il me pousse à ne jamais me décourager et à revenir de cœur et d’âme vers Celui qui, sans doute avec beaucoup d’humour au regard de mon parcours quelque peu chaotique, m’a montré qu’il était d’abord tout amour pour moi. Vincent de Paul me montre, grâce à Dieu, que je dois partager cet amour avec et dans ma propre pauvreté. Lorsque je sens que je m’embourbe dans les méandres vaseux, je me tourne vers la prière de saint Vincent : Seigneur tirez-nous après vous, c’est-à-dire, Seigneur, tu es le seul à pouvoir me guider et me sortir de ma propre boue. Je suis donc convaincu que ce ministère aux armées entre dans la spiritualité « vincentienne ». L’uniforme n’empêche pas la misère d’être au sein du monde militaire (misère matérielle, misère spirituelle, misère psychologique surtout face à la mort et la violence, misère familiale avec par exemple, un taux de divorce très élevé…). C’est d’ailleurs la Congrégation de la Mission elle-même qui, en répondant à l’appel de l’évêque aux Armées de l’époque (1996), m’a envoyé en mission dans ce monde.

Ce qui se vit dans les aumôneries des armées pourrait-il aussi s’avérer utile pour penser la laïcité aujourd’hui ? De quelle manière ?
Absolument. La laïcité n’étant pas l’athéisme, il est important de noter que la République française tient compte de la liberté de culte, la respecte et même la promeut. En 1880, sous un régime pas franchement favorable à l’Église, sont créées les trois aumôneries d’État : prisons, hôpitaux et armées, dans des lieux où, la mort frappant régulièrement, il était difficile d’avoir accès à cette liberté de culte ouvertement professée par un gouvernement socialiste franc-maçon. Il est donc important de signaler que ce n’est pas une entorse à la laïcité et que nous sommes, en tant « qu’aumôniers d’État », les garants de cette liberté de culte. Nous avons donc une « tenue » qui rappelle notre mission, c’est pourquoi nous devons la porter. Ce n’est pas une entorse à la laïcité que de porter la Croix de Jésus dans des milieux d’État, mais c’est une entorse à cette même laïcité quand des responsables de structures d’État empêchent les aumôniers officiellement nommée à ce poste de porter leurs attributs et obligent ces derniers à les cacher. Il s’agit là d’un abus de pouvoir et d’une méconnaissance des lois de notre pays. Les deux autres aumôneries d’État peuvent, à ce titre, prendre exemple sur l’aumônerie militaire, dont les aumôniers de tous les cultes portent, sans opposition aucune, leur signe distinctif, soit la croix pour les aumôniers catholiques et protestants, soit le croissant pour les aumôniers musulmans, soit les tables de la Loi pour les aumôniers israélites.

De plus, cela ne pose aucun problème à l’Armée lorsque nous célébrons des offices religieux lors des fêtes militaires comme pour la Sainte-Geneviève pour les gendarmes (souvent en présence des autorités de l’État comme le préfet ou le sous-préfet et les maires des villes dans lesquelles l’office est donné), ou comme la fête de saint Michel, patron des parachutistes par exemple, ou encore les messes de baptême de promotion que j’ai remis, avec l’aval des autorités militaires, au goût du jour à l’école de formation des sous-officiers. Les aumôniers des autres cultes s’associent à ces offices, ils y ont leur place légitime. Pour illustrer ceci, je cite ici une phrase prononcée par le responsable de l’aumônerie militaire musulmane, qui rend hommage à l’histoire chrétienne de notre pays, phrase qui donne un fort écho à ce que je viens d’écrire : « Les messes relèvent de la Tradition. La France “Fille aînée de l’Église” a une histoire très forte avec le catholicisme » (Le Monde, 4 juin 2018). Voilà un bon exemple d’une laïcité bien comprise. On se souvient aussi de la phrase restée célèbre du Général de Gaulle : « La France est chrétienne mais la République est laïque ». On ne peut donc nier cette histoire. La laïcité ne nie pas l’histoire, contrairement à l’athéisme, elle la continue. La laïcité (dont le mot n’est même pas présent dans la loi de 1905 sur le « sujet » de la séparation de l’Église et de l’État) n’est donc pas une destruction et une négation des religions, mais un cadre dans lequel celles-ci peuvent vivre librement sans interférer sur les lois de la République. D’ailleurs les religions reconnues par l’État peuvent et doivent, par leur conscience, éclairer sereinement ces mêmes lois en donnant leur avis consultatif.

Pour finir, je dirai que la laïcité à la mode militaire est un peu comme un laboratoire pour l’ensemble de la Nation, qui peut voir en ce milieu le moyen de cesser un combat stérile ne mettant pas en valeur ceux qui le promeuvent au nom d’une idéologie qui, justement, nie la liberté de conscience et voudrait ériger la laïcité en nouvelle religion d’État, ce qu’elle n’est nullement.

Parmi les moments de grâce que vous avez connus autour du café du Padre, s’il fallait en retenir un ?
Beaucoup de moments de grâce jalonnent ma vie comme des balises de lumière qui m’empêchent de suivre les chemins de désespérance, notamment lorsque cette grâce semble être éclipsée par la haine et la souffrance.  Parmi tous ces moments de grâce dont le Seigneur m’a comblé, il m’est difficile d’en choisir un. Ce ne sera pas forcément le plus fort mais c’est celui qui me vient à l’esprit en répondant à cette question. Lors de la préparation au baptême d’un caporal chef qui faisait du sport avec moi (milieu que le Padre doit fréquenter puisque c’est une activité importante dans le monde militaire, non pour le plaisir mais par obligation d’être apte à servir en tous lieux et en tous moments), j’ai eu la joie et l’honneur d’entendre de sa bouche qu’il souhaitait que je sois son parrain et qu’il souhaitait de tout cœur que j’entre dans sa famille. Cela m’a profondément ému et touché et ce n’était pas des paroles en l’air. Aujourd’hui, partageant encore souvent avec lui « le café du padre », je suis très proche de cette — épouse, enfants, parents, frères et sœurs, beaux-frères et belles-sœurs — tant géographiquement que spirituellement, et il ne se passe pas une journée sans que j’ai des nouvelles d’elle, grâce à Dieu. Pour ce militaire, avec l’aide de Dieu, le Padre a été vraiment ce « Re-père » dont je parlais tout à l’heure. Que Dieu en soit loué !

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