C’est à une Église en prière qu’est accordé le don de l’Esprit !


La joie du Christ, Bonne Nouvelle, soit toujours avec nous !

Alger, 3 mai 2016 En la fête de St Philippe et St Jacques

C’est d’Alger où je suis en visite que je vous transmets ces quelques nouvelles J’ai eu la joie de célébrer ce 30 avril la fête du diocèse d’Alger: Notre Dame d’Afrique et de retrouver des visages connus. Je n’ai pu malheureusement rester à la 1ère rencontre mariale islamo-chrétienne, étant invité dans une famille et à une fête du ‘savoir, de la science’ avec l’association ‘El Nour’ (la Lumière) au milieu d’enfants et de femmes qui apprennent à lire et à écrire.

1. Quelques nouvelles de nos confrères :

Le P. Mathew KOCHUPARAMBIL de la communauté de Villepinte, a perdu son papa début d’avril. Il avait eu la chance de pouvoir le voir et d’être à ses côtés au moment de son départ vers le Père. Mathew a participé aussi à une rencontre de sa province. Nous continuons de l’accompagner de notre prière fraternelle ainsi que sa famille.

Le P. Claude LAUTISSIER  de la Maison Mère, a un genou tout neuf qui lui permet de se déplacer avec plus d’aisance même s’il se fait aider, pour l’instant, de deux cannes. Il est toujours dans un suivi médical au niveau cardiaque. Le P. Stan KOTEWIC de Valfleury a dû être amputé d’une jambe (en dessous du genou) suite à des problèmes de circulation sanguine. Je l’ai rencontré vendredi dernier et je l’ai trouvé serein, courageux dans cette épreuve, confiant pour la suite. Il doit rejoindre une maison de repos à Chavannes près de St Chamond où il lui sera confectionné une prothèse et où il fera de la rééducation. Le P. Jean-François DESCLAUX, après des ennuis de santé au niveau cardiaque et une convalescence à Lyon, a retrouvé sa maison. De même, le P. Jean-Pierre RENOUARD qui a subi une intervention au niveau de ses cordes vocales. Il y a un mieux.

Nous nous réjouissons des améliorations qu’ils connaissent et continuons de les soutenir par notre prière et notre amitié. Prenons soin de notre santé. Elle est un bien précieux qui nous permet d’être au monde et présent à nos frères.

2. Visites de communautés

Je poursuis, avec Pierre l’assistant, la visite des communautés et j’y trouve un réel plaisir. Découvrir des réalités humaines, des histoires, des situations, des lieux d’apostolat, faire davantage connaissance avec les confrères, c’est une belle richesse et c’est encourageant. Savoir accueillir une réalité concrète et non idéalisée,  accepter les limites, les difficultés rencontrées, se réjouir des réalisations, entendre des appels, des souhaits, prier et célébrer ensemble c’est s’enrichir. Tout cela m’est bénéfique et m’éclaire.

Ce lundi 26 avril, avec Frédéric P. conseiller, j’ai rendu visite à notre confrère Jack Y. à Rome. Nous avons pris le temps de l’écouter et de comprendre la situation passée et actuelle. Nous avons aussi abordé d’autres points pratiques……durant la semaine il rencontrait quelques hauts responsables de l’Eglise. Nous avons eu la joie de partager ensemble un repas avec les confrères de la maison provinciale : Jean Landousies (qui vient de changer de décennies) et Patrick Issomo. Moment convivial qui fait du bien. Jack salue fraternellement les confrères de la Province.

3. Rappels

La prochaine rencontre des supérieurs se tiendra à la Maison Mère le 11 mai prochain. Nous continuerons à travailler le Projet Provincial autour de la notion de la Nouvelle Evangélisation et de l’itinérance.

  • Profitez de vous inscrire auprès  de vos supérieurs pour la retraite de fin août, animée par le P. Vernaschi à l’abbaye de Solignac.
  • Transmettez  leur aussi un exemplaire de votre testament qu’ils pourront remettre à l’économe provincial

4. Calendrier du visiteur

Jeudi 5 mai à La Rochelle, ordination épiscopale de Mgr Georges COLOMB, ancien Père Général des Missions Etrangères de Paris
Du 6 au 8 maivisite de la communauté du Berceau avec l’assistant
Du 9 au 10 maivisite de la communauté de Bondues avec l’assistant
Le 11 mairencontre des supérieurs de communautés
Le 12 maipréparation de l’Assemblée Générale avec les délégués
Le 13 et 14 maiconseil provincial
Le 18 maivisite au séminaire d’Orléans avec le P. Benoit K.
Du 21 au 25 maivisite à la Vice Province St Cyril et Méthode
Du 26 au 29 maimariage d’une filleule en famille

Le Cénacle : Passage nécessaire ! Lieu de conversion, de naissance.

La fête de l’Ascension met un terme aux apparitions de Jésus Ressuscité à ses amis. Ils se sont retrouvés entre eux. Ils sont entrés dans une nouvelle relation avec lui. Ils ont accueilli le don de sa Paix, paix qui les a réconciliés avec eux-mêmes. Ils ont accueilli la confiance de Christ. Ils ont fait une expérience unique de la présence de leur Seigneur qu’ils retrouvent dans la prière, dans leur rencontre fraternelle régulière. Jésus s’élève vers son Père d’où il est venu et il leur demeure présent. Eux se retrouvent au Cénacle.

Le Cénacle c’est se retrouver ensemble avec Marie dans une prière commune en préparation d’accueil de l’Esprit ; temps de l’attente qui est celui de la maturation. Cette attente ne peut se faire sans Marie. Demander l’Esprit ne peut se faire sans la présence de Marie. Elle a été prise sous son ombre et c’est par lui qu’elle a façonné, donné un corps à Jésus pour nous le donner, pour que nous le touchions de nos mains, pour que nous le voyions de nos yeux, l’entendions de nos oreilles, que nous goûtions la joie de sa présence. Marie nous a été donnée pour Mère. Prenons-la chez nous.

Le Cénacle est la matrice dans laquelle nous sommes façonnés. Nous sommes le fruit des entrailles de Marie ; elle nous met au monde comme fils ; elle nous fait à l’image de son 1er né, dans l’Esprit. C’est là, dans cet être-ensemble avec Marie que nous sommes formés pour sortir au grand jour sur les routes des hommes d’aujourd’hui et leur faire découvrir les merveilles de Dieu dans leur vie et s’en réjouir avec eux. Matrice d’où sort l’Eglise audacieuse, joyeuse, qui se risque.

Nous-mêmes comme Province, prenons le temps de nous retrouver en communauté dans le Cénacle. Prenons Marie avec nous. Elle connaît l’action transformatrice de l’Esprit en elle ; elle nous partage son expérience, elle nous entraine dans cette expérience. Prenons avec nous le Projet Provincial, c’est notre écriture qui doit s’incarner dans une proximité aux Pauvres renouvelée, dans des engagements précis pour une promotion de l’homme dans sa totalité.

Avoir le désir d’une Pentecôte pour la Province ; désirer sortir, devenir itinérants pour témoigner du Christ, de sa force de Vie ; désirer être guéris de nos peurs, de nos méfiances, des nos enfermements ; désirer changer quelque chose dans notre manière de vivre notre charisme, oser d’autres chemins. Désirer et avoir la volonté de s’y engager. Ensemble.

Allons au Cénacle. Prenons Marie avec nous. Supplions-la de demander à son Fils de nous revêtir de l’Esprit pour changer notre écoute des personnes, de leurs situations, pour changer notre présence au monde, en fidélité à l’intuition de St Vincent que nous fêterons d’ici quelques mois.

Le Cénacle passage nécessaire pour naitre comme missionnaires audacieux. Heureux. Fraternels. Le cénacle est le lieu où Jésus nous confirme dans notre rôle de témoins. Bon temps dans la salle haute, le Cénacle, vers Pentecôte. Joyeuse conversion.

C’est à une Eglise en prière qu’est accordé le don de l’Esprit !

P. Christian Mauvais,
cm Visiteur de la Province de France ♦

C’est à une Église en prière qu’est accordé le don de l’Esprit !

P. Christian MAUVAIS

L’inauguration de la Maison Saint Vincent à Amiens


L’inauguration de la Maison Saint Vincent

à Amiens le 10 Juin 2016

En 2003, la Province de Paris s’était donné pour objectif de trouver un avenir à l’un des bâtiments proches de l’église Ste Anne à AMIENS (Somme), propriété de la Congrégation. Appelé Concordia, les lieux ont accueilli beaucoup d’activités paroissiales et associatives. Les associations occupantes étaient attachées à ce cadre.

La paroisse comme la communauté n’avaient pas les moyens de  prendre en charge la rénovation… Les lieux sont devenus vétustes. Et suite à une interdiction d’y recevoir du public pour des raisons de sécurité, le Visiteur et l’Econome Provincial se sont tournés vers les Elus locaux. Fallait-il tout détruire ? Fallait-il vendre ? Fallait-il investir ? Fallait-il trouver des partenaires capables de réhabiliter le bâtiment ? C’est cette dernière solution qui fut choisie..

Des contacts :

Une première visite en 2004 avec Solidarité-Patrimoine qui ne travaille que pour des Congrégations Religieuses, a permis de préciser quel type de partenaire souhaitait la Communauté Ste Anne et la Province de Paris : un partenaire associatif à vocation sociale ou caritative.

Dans le même temps, il fallait convaincre les trois associations occupantes de libérer les lieux : Belles Vacances, qui organisaient des centres de loisirs, L’Alambic, un théâtre qui y avait ses salles de répétition, et un Club de Danse pour des jeunes amiénois. Mais avec quelle raison objective ? que la rénovation des lieux allait durer dans le temps, que nous y étions obligés et qu’il valait mieux pour elles de trouver de nouveaux locaux. Ce ne fut pas sans mal pour les uns et les autres d’envisager une délocalisation.

Un premier partenaire

En 2005, une lueur d’espoir : l’Association Française des Travailleurs Africains et Malgaches (AFTAM), qui gère des logements pour des travailleurs migrants est contactée. Intéressée, elle projette très rapidement un programme de réhabilitation du bâtiment pour en faire un foyer logement de 30 studios. Un architecte dresse les plans. L’association recherche des financements auprès de l’Etat, de la Région, du Département et de la Ville d’Amiens. Comme la Ville rechigne à subventionner une association non-amiénoise, que certains élus ne souhaitent pas voir s’établir des logements sociaux à la porte de l’église Ste Anne et que d’autres verraient bien y installer quelques appartements pour cadres. Ce partenariat est abandonné au bout de 3 ans.

Un second partenaire :

En 2009, l’économe provincial rencontre Bernard DEVERT, fondateur d’Habitat et Humanisme, prêtre du diocèse de Lyon, qui agit en faveur du logement et de l’insertion des personnes en difficultés. Le partage ouvre des perspectives : Habitat et Humanisme a une association locale avec ses responsables.

Habitat et Humanisme reprend le projet de l’ « AFTAM », tout en l’améliorant grâce à l’implication de ses responsables amiénois. Il faut du temps pour faire connaissance, pour rechercher les personnes compétentes comme un nouvel architecte, pour mobiliser les élus et leurs services, les fonctionnaires de l’état, les banques,

les entreprises donatrices, les corps d’état, les contrôleurs techniques. Dernier point, il était important d’obtenir l’accord des Architectes des Bâtiments de France, car l’église Sainte Anne ayant été déclarée Monument Historique récemment de nouvelles contraintes de respect des façades ont vu le jour.

Vers l’ouverture de la Maison Monsieur Vincent :

Après la signature d’un bail à réhabilitation d’une durée de 50 ans, il a fallu 3 ans de travaux pour réaliser la « Maison Monsieur Vincent ». Ce sont 35 logements tous équipés et accessibles aux personnes à mobilité réduite. 936 m² de surfaces ont été rendus habitables, 220 m² de locaux communs, 200 m² de caves, un jardin et 7 places de parking.

Si les premiers habitants sont arrivés en février 2015, ce n’est que le 10 juin 2016 que la Maison a été inaugurée officiellement par Monsieur Philippe DE MESTER, préfet de la Somme, Mme Brigitte FOURE, maire d’Amiens, M. Laurent SOMON, président du Conseil Départemental, du Père Bernard DEVERT, président-fondateur d’Habitat et Humanisme, et de Monsieur Charles SAUDEMONT, président d’Habitat et Humanisme Somme. Les Pères Christian MAUVAIS, Visiteur de la Province de France, Philippe LAMBLIN, Econome Provincial, Alexis CERQUERA TRUJILLO, supérieur de la Communauté d’Amiens, Yves DANJOU, Pierre MARIONNEAU et Didier MAHIEU étaient également présents montrant ainsi combien cette réalisation reflétait l’action de Saint Vincent de Paul envers les plus pauvres et la volonté des confrères de la Province de France à demeurer attentifs aux besoins des plus faibles de notre société en permettant à ces derniers de vivre en quelque sorte sous la protection du Père des Pauvres et sous leur toit, car le bâtiment Concordia reste un bien de la Congrégation de la Mission.

Et les heureux bénéficiaires :

Le Vendredi 10 juin 2016, oui, les plus heureux ont sans doute été les résidents de la Maison Monsieur Vincent à commencer par l’Animatrice de la Maison et les 3 résidents qui ont montré leur petit « chez moi ». Nous ne pouvons que les remercier pour leur sens de l’accueil.

Philippe LAMBLIN, cm ♦

Les plus heureux ont sans doute été les résidents de la Maison Monsieur Vincent !

Philippe LAMBLIN

Sainte Louise de Marillac, femme de Miséricorde


Sainte Louise de Marillac, femme de Miséricorde

Retranscription de la conférence de Sr Stanisawa fdlc

Bonjour à vous tous et à toutes!

Merci beaucoup pour cette invitation. Je ne suis pas venue ici comme une spécialiste de la spiritualité vincentienne mais comme une des filles de Saint Vincent et de Sainte Louise, et je voudrais vous partager un peu mon expérience et les fruits de ma prière et de mes méditations.

Notre vie est jalonnée par des dates et des événements. Souvent, nous consultons nos agendas pour bien organiser notre travail, nos rencontres ; pour ne pas oublier les fêtes de nos proches et pour, tout simplement, nous ordonner dans notre vie de tous les jours. Je suis sure que le 14 février a été bien noté pour ne pas oublier à venir a u Ressourcement Vincentien.

En feuilletant notre agenda nous voyons que depuis le 8 décembre 2015, l’Eglise est en train de vivre l’Année de la Miséricorde Divine. Nous sont passés par la Porte Sainte et nous sommes entrés dans un nouvel espace spirituel, pour marcher jusqu’au 20 novembre 2016 à la suite de Jésus-Christ qui

est le visage de la miséricorde du Père. » (1) – comme le rappelle le Pape François dans le document publié à cette occasion, dans la BULLE D’INDICTION DU JUBILÉ EXTRAORDINAIRE DE LA MISÉRICORDE (Misericordiae Vultus) : En cette fête de l’Immaculée Conception, j’aurai la joie d’ouvrir la Porte Sainte. En cette occasion, ce sera une Porte de la Miséricorde, où quiconque entrera pourra (écoutons bien) faire l’expérience de l’amour de Dieu qui console, pardonne, et donne l’espérance. (3)Une Année Sainte extraordinaire pour vivre dans la vie de chaque jour la miséricorde que le Père répand sur nous depuis toujours. …, (alors) laissons-nous surprendre par Dieu. (25)

et faire l’expérience de l’amour de Dieu qui console, pardonne, et donne l’espérance. (N°3) Les chemins de notre vie ne sont pas toujours clairs. Nous avons besoin de quelqu’un pour nous guider, et ce quelqu’un nous pouvons le trouver parmi les saints : L’Eglise vit la communion des saints. (25) Nous connaissons beaucoup de saints. Rappelons-nous, par exemple : dans la Chapelle de la Médaille Miraculeuse nous sommes entourés de Saints. Jésus lui-même, Il est là, ainsi que la Sainte Vierge qui a honoré ce lieu par ses Apparitions, saint Vincent de Paul est là, Sainte Catherine Labouré, et aussi Sainte Louise de Marillac. C’est cette dernière, la Fondatrice de la Compagnie des Filles de la Charité, que je vous propose aujourd’hui comme guide, car elle a beaucoup d’expérience.

Justement, elle peut nous aider à « faire l’expérience de l’amour de Dieu qui console, pardonne, et donne l’espérance. » (n°3). Louise de Marillac est née le 12 août 1591 à Paris.

Elle est passée par différentes étapes dans sa vie, qui n’était pas du tout facile :

  1. Enfant et jeune fille
  2. Epouse, mère et grand-mère
  3. Au service des plus pauvres dans la Confrérie de la Charité
  4. Fondatrice des Filles de la Charité avec Saint Vincent de Paul

Aujourd’hui, nous ne pouvons pas étudier toute la biographie de Sainte Louise, mais je vous invite à relire avec moi quelques événements de sa vie, pour constater trois aspects : comment Louise accueillait, vivait et transmettait l’Amour de Dieu au quotidien. Comment elle « a fait l’expérience de l’amour de Dieu qui console, pardonne, et donne l’espérance. ». Louise – « femme de Miséricorde ». Qu’est-ce que cela veut dire ? J’ai envie de répondre tout simplement : elle est une femme de Miséricorde parce qu’elle aimait, qu’elle était bonne, pleine de tendresse et de compassion, compréhensive et douce …: dans ses gestes, dans ses actions et dans ses paroles… Mais ce n’est pas tout. La réponse n’est pas si simple. La vie est plus exigeante. Allons donc plus loin…

Louise désirait connaître et accueillir la miséricorde et le pardon de Dieu. Pourquoi ? Parce que, souvent, elle se sentait coupable, par exemple: à cause du mystère de sa naissance, des difficultés avec son fils, des mauvais exemples qu’elle s’imaginait donner aux Filles de la Charité, etc.

I. Enfant rejetée par sa famille

Même si Louise faisait partie d’une grande famille : les « de Marillac », son enfance a été marquée par la souffrance : elle a ignoré qui était sa mère. Le mystère qui entourait sa naissance l’a écrasée et a été pour elle une source de grande souffrance. Elle était profondément aimée par son père mais éloignée, rejetée par le reste de sa famille.

*au Couvent des Dominicaines de Poissy

D’abord, encore petite, Louise a été placée par son père au couvent des Dominicaines de Poissy où habitait sa grand-tante. En utilisant le langage d’aujourd’hui, nous pouvons dire, qu’elle a été placée dans une maison d’enfants. Louise a su bien profiter de ce temps de formation. A Poissy elle a été formée à la piété et elle y a reçu une très bonne et complète éducation.

*« une bonne fille pauvre »

Mais, après la mort de son père, elle avait13 ans, Louise a dû quitter le couvent, et a été placée dans un foyer, toujours séparée de la famille…Louise a 13 ans ; elle sait, elle comprend… En elle la blessure s’élargit ; c’est la vocation à la souffrance qui s’affirme. La dame responsable de ce foyer la préparait à mener une vie familiale ainsi qu’aux différents travaux domestiques. Ici, nous avons une bonne occasion de voir que Louise avait bon coeur et un esprit pratique. Le foyer était pauvre, la dame avait beaucoup de peine à le faire subsister. Alors Louise se montre inventive et créative. Vite, elle trouve le moyen de l’aider : à ses compagnes, elle propose de faire du travail à domicile pour gagner de l’argent.

Comment ne pas admirer cette enfant qui donne du bien-être par son travail à une personne qui, pour elle, est étrangère ! Dans ce foyer, Louise trouve la paix, mais elle souffre toujours. Un jour elle a compris qu’elle n’était pas comme les autres. Elle aurait pu se révolter, mais ce n’était pas son style. Elle ne se révolte pas mais elle souffre, comme pliée sous un fardeau reçu mystérieusement de son berceau.

Il est très fréquent de voir les enfants, nés de mère inconnue, qui sont persuadés de ne pas mériter d’être aimés. Ils se perçoivent comme des êtres sans valeur. Il a fallu du temps à Louise de Marillac pour dépasser le regard très négatif qu’elle portait sur elle-même. Elle se sentait même « abandonnée de Dieu… ». Tous ces sentiments la rendaient malade. Louise se sentait coupable et désirait connaître le pardon de Dieu.

Elle cherchait Dieu et son vrai visage. Et nous savons que Dieu vient toujours à la rencontre de l’homme. Louise l’a cherché à sa façon, selon son tempérament et dans le contexte de son époque. D’abord, Dieu était pour elle plutôt un Dieu sévère et exigeant. Dès son enfance elle a eu le goût et la facilité de la méditation. Et cela l’aidait beaucoup. En cherchant Dieu, elle priait et méditait. La réflexion sur le Sacrement de Baptême reçu le jour de sa naissance lui a fait prendre conscience qu’en cet instant elle était devenue l’enfant de Dieu. Elle a compris alors qu’elle était aimée, aimée de Dieu, de ce Dieu qui est plein de douceur et de tendresse.

Peu à peu le regard de Louise change. Sans trop s’en rendre compte, elle était en train d’accueillir l’Amour de Dieu, de Dieu qui est le Père des orphelins, de Dieu qui, dans sa Miséricorde, est en même temps le Père et la Mère. Louise commence à faire l’expérience de l’amour de Dieu qui console, qui pardonne, et qui donne l’espérance.

Un jour elle a écrit :

Je soussignée, en la présence de Dieu éternel, (j’ai) considéré que, au jour de mon baptême je fus vouée et dédiée à mon Dieu pour être sa fille, et … (j’ai considéré) aussi l’immense miséricorde de l’amour et la douceur avec laquelle ce très bon Dieu m’a toujours maintenue dans le désir de le servir …
(Acte de Protestation E. 692)

Grâce à la prière et à l’esprit de foi, Louise commence à accueillir et à vivre la Miséricorde de Dieu dans son coeur. Enfin elle se sent aimée par Dieu. Plus tard, elle transmettra son expérience aux plus pauvres. Grâce à sa propre expérience, Louise était très sensible au regard porté sur les nombreux « enfants trouvés », dont elle assurera l’éducation avec les Filles de la Charité. Par leur Baptême, ces enfants sont devenus, eux aussi, enfants de Dieu. Comme Vincent de Paul, Louise combattra avec force l’opinion de son époque qui ne voyait en eux que des enfants du péché. Quelle belle action de Dieu Miséricordieux dans la vie de Sainte Louise ! Passons maintenant à la deuxième étape de sa vie.

II. Epouse et mère

A. Mariage forcé contre son gré

Louise est une fille belle, pieuse et cultivée. La famille décide de la marier. Antoine Le Gras, l’un des secrétaires de la Reine, devient son époux. Le nouveau foyer se sentait porté par la faveur et l’espérance. Les parents se réjouirent à la naissance de leur fils Michel. Louise était heureuse, mais Antoine tombe malade, son tempérament se modifie, il devient irritable, difficile à vivre pendant 4 ou 5 ans. C’était pour Louise une croix très lourde. Elle ne comprenait pas le changement de caractère de son mari, devient triste, angoissée, s’enferme dans sa chambre et se réfugie dans la prière.

Dans sa méditation quotidienne, elle contemple le Christ, plein de tendresse et de compassion, pour tous ceux qu’il rencontre. Elle apprend de Jésus comment accepter la douleur et elle accueille la Miséricorde de Dieu, sa patience, sa douceur pour pouvoir vivre ces mêmes vertus et les transmettre à son mari. Elle ouvre son coeur et, malgré ses doutes et ses crises, elle le soigne avec amour. Elle l’assiste et se sent utile. Elle a eu la consolation de le voir de plus en plus calme. Jésus la console. Elle remarque qu’il y a une grâce spéciale pour les malades dans la charité envers eux.

Dans une de ses lettres elle partage (au père Hilarion Rebours): « J’étais seule avec lui pour l’assister dans ce passage si important, et il témoigna tant de dévotion…son esprit était attaché à Dieu ». Antoine lui a demandé de prier pour lui. Louise disait que ces paroles étaient à jamais gravées dans son coeur. Voilà comment Louise accueille, vit et transmet la Miséricorde de Dieu, sa douceur, sa tendresse et sa patience dans les situations très concrètes de sa vie quotidienne, d’abord envers les plus proches : son mari et aussi son fils Michel.

B. Relation avec son fils

Dès la naissance de Michel, Louise était très préoccupée. Saura-t-elle nourrir, élever ce tout petit enfant un peu prématuré ? Qui va pouvoir la conseiller ? Elle n’a ni mère, ni belle-mère. Michel a 12 ans quand son père meurt. Il devient de plus en plus instable. A la moindre réaction de Michel, à chaque problème de santé, Louise s’inquiète. Elle aime tant son fils qu’elle voudrait le savoir toujours heureux. Louise désire que Michel devienne prêtre. Les années passent et Michel se sent mal à l’aise face à son avenir.

Quel déchirement pour Louise lorsqu’elle apprend que son fils préfère se donner la mort plutôt que d’être contraint de devenir prêtre ! Peu après, Michel, au cours d’une discussion assez violente avec sa mère, lui annonce brutalement sa décision: il ne veut pas devenir prêtre. C’est un moment très dur pour la mère. Il faudra du temps à Louise pour reconnaître qu’elle doit laisser à son fils toute liberté de choisir son orientation de vie. Durant de longs mois, elle souffre et se culpabilise.

Sa souffrance devient plus intense lorsque Michel disparaît de Paris. Il est parti vivre à la campagne avec une fille qu’il souhaitait épouser. L’absence se prolonge près de 6 mois. Louise, malgré tout, retrouve son fils avec joie. Comme le père de l’enfant prodigue, elle lui ouvre largement les bras.

Quelques mois plus tard, sentant l’atmosphère détendue, elle souhaite avoir une explication avec son fils. Celui-ci ne le supporte pas, il claque la porte et disparaît à nouveau. Quelle souffrance pour cette mère qui a une grande affection pour son fils. Comme beaucoup de mères angoissées et meurtries, Louise n’a pas su dire à son fils tout cet amour qui brûle au fond de son cœur. Peut-être, ses paroles ont été maladroites, dites avec trop d’ardeur et elles ont été très mal reçues.

Et dans cette situation encore, la contemplation du mystère de la mort de Jésus sur la Croix l’aide beaucoup. Louise regarde la Vierge Marie qui a vécu l’échec apparent de son Fils et Elle ne s’est pas culpabilisée. Louise réfléchit sur ce qu’elle considère comme un échec dans l’éducation de son fils. Elle reconnaît qu’elle s’est montrée une mère très sensible, voire captative. Son attitude peut s’expliquer par toute la souffrance vécue et peu partagée durant sa propre enfance. Louise aimait son fils, l’accueillant avec ses manques, ne le rejetant pas lorsqu’il brisait son coeur de mère. Cela, c’est la miséricorde ! En apprenant à respecter la liberté de Michel, elle s’est libérée elle-même, comprenant que l’amour seul est source et finalité de cette liberté. 

Alors, Dieu la console et lui donne l’espérance. En janvier 1650, a été célébré le mariage de Michel. L’année suivante, Louise se réjouie de la naissance de sa petite-fille Louise-Renée.

III. Au service des plus pauvres

Louise de Marillac, femme de piété profonde, puisait en l’Eucharistie la force et la lumière. C’est justement le jour de la Pentecôte 1623, durant la Messe à l’église Saint Nicolas des Champs, qu’elle a reçu une grâce extraordinaire, un éclair spirituel qui perce les ténèbres et qui oriente l’avenir, mais qui demande, par la suite, un engagement personnel. En ce dimanche de Pentecôte, Louise retrouve la certitude de la foi. Sa mission lui est précisée. Le Seigneur lui fait comprendre qu’elle sera en une communauté consacrée au service des Pauvres. Elle a compris que l’amour de Dieu ne peut se limiter à une pure expérience spirituelle, il doit prendre corps dans une charité active auprès du prochain.

Louise ne parle pas beaucoup de la Miséricorde de Dieu, mais elle la découvre, grâce aussi à la rencontre avec Saint Vincent de Paul qui l’oriente vers le service des plus pauvres. Vincent de Paul devient son nouveau directeur spirituel. Il l’accueille avec patience et bonté, il l’aide à se décentrer d’elle-même et à s’ouvrir aux autres. Il découvre chez Louise une riche personnalité qui ne demande qu’à s’épanouir. Il lui demande d’abord de préparer des vêtements pour les pauvres.

Dans les villes et villages où il prêche la mission, Monsieur Vincent regroupe des femmes bénévoles pour visiter les pauvres malades. Ces associations s’appellent « Confréries de la Charité ». Elles se multiplient ; certaines sont très vivantes, d’autres rencontrent des difficultés. Vincent se rend compte que, pour maintenir la ferveur de ces groupes dans les services rendus aux pauvres, des visites régulières sont nécessaires. Il a en Louise de Marillac la personne qui lui faut. Et, à partir du mois de mai 1629, Louise commence à parcourir les routes de la France pour visiter les Confréries en vue d’un meilleur service des plus pauvres. Elle réunit les membres de l’association, les encourage dans leur travail, réanime leur ferveur. Si cela lui parait être nécessaire, elle réajuste le règlement. Elle visite elle-même les malades, rencontre les petites filles pauvres sans instruction et s’efforce de leur trouver une maîtresse d’école. Son enthousiasme était très communicatif.

* Fondatrice des Filles de la Charité avec Saint Vincent de Paul

Un jour, une fille de la campagne, Marguerite Naseau, vient trouver Vincent pour être employée aux tâches les plus basses que ne pouvaient assurer les dames des Confréries. Elle s’est fait, dans son amour tout évangélique, la servante des plus délaissés. Son exemple a été communicatif. C’est ainsi qu’est née la Compagnie des Filles de la Charité.

Le 29 novembre 1633, Louise accueille, dans sa propre maison rue Saint Victor à Paris, quelques filles de villages qui servent dans les Confréries de la Charité. C’est le début de la Compagnie des Filles de la Charité. D’emblée, Louise se sent responsable de la formation de ces filles, tant au plan humain qu’au plan spirituel. D’abord elles prennent soin des pauvres malades chez eux, dans les villes et les campagnes, puis, au fur et à mesure des besoins, celui des malades dans les hôpitaux, des petites filles à instruire, des enfants trouvés, des prisonniers, des soldats blessés, des réfugiés, des personnes âgées, des malades, et autres… Le sceau de la Compagnie avec la phrase qui dit : « La Charité de Jésus crucifié nous presse », exprime l’unité profonde avec la Charité de Jésus Christ, qui anime et enflamme le cœur de la Fille de la Charité. Louise s’efforce d’enseigner aux Sœurs le projet de cette nouvelle communauté : “se consacrer à Dieu et vivre en communauté pour servir le Christ dans les pauvres“. Pour ces jeunes, il n’était pas toujours facile de vivre ensemble quotidiennement, de servir avec douceur et amabilité des malades difficiles, de se retrouver chaque jour pour prier. Louise les accompagne, les aide personnellement et aussi par ses lettres. Ses lettres sont à la fois un soutien pour toutes les Sœurs qui sont parties loin de Paris et, lorsque cela est nécessaire, elles sont aussi un rappel de la finalité de la Compagnie. Si les Sœurs ne sont pas tout à fait fidèles, elle se sent coupable de ne pas leur donner un bon exemple.

Au long des jours souvent surchargés, Louise de Marillac constate que de nombreux pauvres sont soulagés par les Filles de la Charité. Combien d’enfants ont pu vivre grâce aux dons des Dames de la Confrérie de Hôtel Dieu, chargées de cet œuvre et aux soins attentifs des Sœurs éducatrices. Louise perçoit que toutes ces femmes portent une vraie attention à la souffrance de ceux et celles qu’elles rencontrent. Une forte certitude l’habite progressivement : Dieu a pitié de tous ceux qui souffrent, Dieu n’abandonne pas le pauvre et le pécheur.

Sans crainte, elle demande aux Filles de la Charité au service des galériens, des soldats blessés, des mendiants, etc., de respecter et d’aimer chaque personne créée à l’image de Dieu et réconciliée par le Christ mort et ressuscité. Elle leur demande de savoir découvrir et faire jaillir la petite étincelle de divinité qui réside au fond de chacun. A une Sœur elle a écrit :

Pour l’amour de Dieu, ma chère Sœur, pratiquez une grande douceur envers les pauvres et tout le monde; et essayez de contenter autant de paroles que d’actions; cela vous sera facile si vous conservez une grande estime de votre prochain…

En 1638, elle entreprend, à l’appel de Vincent, une lutte concrète contre le fléau de l’abandon d’enfants. Tous les deux s’y engagent totalement avec ce qui fait leur richesse et leur force, leur amour du prochain et leur esprit pratique. Louise découvre la Miséricorde de Dieu davantage encore en voyant que les pauvres souffrent beaucoup de la faim pendant la guerre, mais que Dieu ne les abandonne pas : en effet, malgré les obstacles, les dames de la Charité arrivent à les nourrir. Louise, elle aussi, se sent pauvre mais elle devient encore plus sûre que, pour elle également, Dieu est Miséricorde. Elle connaît sa propre faiblesse, sa tendance à s’arrêter sur ce qui lui paraît mauvais en elle, mais elle réalise davantage que tout être humain est aimé de Dieu. Elle médite la vie de Jésus qui, tout au long de sa vie publique, proclame – par ses paroles et par ses actes – que Dieu accueille toute personne, sans s’arrêter à sa faute, à ses erreurs, à ses infidélités. Quel réconfort !

CONCLUSION

Louise a découvert personnellement cette tendresse et cette bonté de Dieu, cet amour qui rejoint l’autre au plus profond de son être, qui fait confiance au-delà de ce que l’homme pouvait espérer. Comme son attention se concentre sur Dieu et les pauvres, elle se décentre tout naturellement de sa propre culpabilité. Alors elle peut accueillir la bonté de Dieu qui ne se lasse pas de faire confiance. Elle comprend combien Dieu l’invite à s’accepter avec ses limites et ses qualités. La découverte de la Miséricorde de Dieu va de pair avec la reconnaissance de son péché. Ce que Louise regardait en elle comme fautes devient source d’humilité et elle peut écrire :

Me confiant en l’infinie miséricorde de mon Dieu, je lui demande pardon de tout cœur

Le regard sur son péché ne la trouble plus, car elle a compris l’immense bonté de Dieu qui, sans cesse, pardonne et appelle à l’Amour. Elle se transforme en femme paisible et calme. Ayant appris à reconnaître la grandeur de tout homme, Louise apprend à s’aimer au-delà de toutes les misères qu’elle regarde en elle. Elle devient plus libre et s’engage de plus en plus dans le service des pauvres.

Louise de Marillac a fait l’expérience de la miséricorde de Dieu

  • pour elle-même, dans ses difficultés
  • pour les pauvres à travers les œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles.

Aujourd’hui, le Pape François a un grand désir que le peuple chrétien réfléchisse sur les oeuvres de miséricorde corporelles et spirituelles. Ce sera une façon de réveiller notre conscience, souvent endormie face au drame de la pauvreté, et de pénétrer toujours davantage le coeur de l’Evangile, où les pauvres sont les destinataires privilégiés de la miséricorde divine. La prédication de Jésus nous dresse le tableau de ces oeuvres de miséricorde, pour que nous puissions voir si nous vivons, oui ou non, comme ses disciples… et comme Louise de Marillac.

En souvenir de cette réflexion je vous offre l’image de Jésus « Sacré-Coeur» peinte par Ste Louise de Marillac. Au dos de cette image vous trouvez les oeuvres de miséricorde corporelles et spirituelles. Cela peut nous aider dans notre réflexion personnelle qui doit mener toujours vers l’action concrète. Louise de Marillac a bien compris et accompli ces oeuvres en servant Jésus Christ dans la personne des pauvres, par elle-même, ainsi que par les Soeurs et les laïcs qu’elle a formés.
Sr Stanisawa fdlc ♦

Louise a découvert personnellement cette tendresse et cette bonté de Dieu, cet amour qui rejoint l’autre au plus profond de son être.

Sr Stanisawa
Images :

Redécouvrons *les oeuvres de miséricorde corporelles:

1) donner à manger aux affamés,
2) donner à boire à ceux qui ont soif,
3) vêtir ceux qui sont nus,
4) accueillir les étrangers,
5) assister les malades,
6) visiter les prisonniers,
7) ensevelir les morts.

*les œuvres de miséricorde spirituelles:

1) conseiller ceux qui sont dans le doute,
2) enseigner les ignorants,
3) avertir les pécheurs,
4) consoler les affligés,
5) pardonner les offenses,
6) supporter patiemment les personnes ennuyeuses,
7) prier Dieu pour les vivants et pour les morts.

La Création entre Croyants


La Création entre Croyants

Qu’il est bon de se retrouver dans ce collège d’Aubervilliers, Notre Dame des Vertus de la Seine Saint Denis pour permettre aux collégiens de réfléchir le mystère de l’Univers. Nous avions déjà eu ce même bonheur au collège Sainte Marie à Stains, ville du même département si souvent stigmatisé à tort par les médias.

Semaine après semaine nous continuons donc nos missions sur le thème principal cette année : la Création. Ici notre public est vraiment international et interreligieux : Hindous ; Bouddhistes ; Juifs ; Chrétiens ; Musulmans et … quelques rares non croyants ou athées (ils sont l’exception !). Oui qu’il est bon de se trouver devant un public de croyants pour aborder ce si grand mystère qu’est notre Univers ; l’originalité de cette planète si fertile et se laisser interroger sur son origine et sa raison d’être.

Pour une fois nous n’avons pas à prouver l’existence de Dieu, elle est évidente et acquise. Qu’il est bon de ne pas avoir à se justifier à tout instant de nos prérequis avant d’avancer un argument. Qu’il est bon de ne pas avoir à calculer chaque mot, chaque notion à aborder pour savoir si ça va heurter ceux qui se disent athées ! Car dans ces cas là, ils se retirent de la discussion, sont dédaigneux et quelque peu hautain lorsque nous évoquons notre Créateur !

Nous avons donc notre base commune que Dieu est le Créateur de l’Univers et de tout ce qui existe. Mais la foi ne résout pas tout, il va falloir batailler sur certains points quelque peu épineux.

Sous forme de questions / réponses je les amène à bien prendre conscience de la grandeur de ce monde qui est infini « imagine, ça ne se termine pas, mais en plus il n’y a ni haut, ni bas ! un truc de fou ! » Cela les déstabilise quelque peu, car le savoir intellectuellement est une chose mais tendre à l’intégrer en soi est une autre paire de manches ! Il faut laisser quelque peu le silence pour que ça descende jusqu’au fond de notre être ! Pour continuer leur déstabilisation je leur donne quelques autres données basiques de notre planète : Une journée, c’est 24h00, le temps nécessaire pour que la Terre fasse une fois un tour sur elle-même. Là, elle tourne à 1800 km / heure, le TGV est un tortillard. Puis il lui faut un an pour faire une fois le tour du soleil, et là nous tournons à 30km seconde : un truc de fou. Enfin ce n’est pas fini, le soleil n’est pas fixe dans l’Espace, lui et tout le reste des autres planètes et étoiles tournent aussi, il leur faut 225 millions d’années pour faire une fois le tour de la galaxie, qu’on appelle aussi la voie lactée !

Les yeux des jeunes sont écarquillés, on voit bien que ça rentre difficilement dans leur tête et pour cause, nous ne sommes pas en capacité de saisir de telles dimensions, de les imaginer, c’est déroutant. Pas bien évident de comprendre qu’on vit sur un truc rond qui pèse des milliards de milliards de tonnes et qui tient tout seul dans le Cosmos !

Mais une fois tout cela énoncé quelle est la question qui peut surgir ? D’où cela vient-il ?

Mais de Dieu, monsieur !

Je vous pose une question piège, soyez donc vigilant. Qui a raison ? Est-ce les scientifiques qui nous disent qu’il a fallu 13 milliards 700 000 ans pour que l’Univers soit ainsi ou est-ce les textes sacrés qui nous disent que Dieu a fait la création en 6 jours et se reposa le 7° ?

C’est la religion ! est la réponse qui arrive le plus spontanément.

Faites attention, j’ai dit qu’il y avait un piège ! Les deux n’ont pas à s’opposer. En France on est borné là-dessus, car il y a une idéologie qui cherche à toujours discréditer les religions mais en fait ‘sciences’ et ‘religions’ ne répondent pas à la même question. Le scientifique est un curieux qui cherche à répondre à la question COMMENT. Si je prends une comparaison, c’est un mécanicien qui démonte le moteur d’une voiture, il te nomme toutes les pièces et te fait comprendre comment ça fonctionne. Les religions et la philosophie, répondent à la question « POURQUOI », qui se décline en trois sous autres questions : d’où venons-nous ? Que faisons-nous ici sur Terre ? Où allons-nous ? Si je garde ma comparaison, c’est le conducteur du véhicule. L’un et l’autre n’ont pas à s’opposer. Il est d’ailleurs intéressant, pour l’anecdote de se rappeler que le premier à avoir parlé de la théorie qu’on a appelée « le big bang » est monsieur Lemaitre, qui avait la particularité d’être prêtre !

Les jeunes ont du mal à suivre mes explications, ça s’embrouille en eux, entre ce qu’ils ont appris auprès de leurs parents qui donnent souvent l’explication très proche du créationnisme et les données scientifiques. Ils sont quelque peu scindés en eux. Je reprends donc : Moi, prêtre catholique, je ne crois pas que Dieu se soit amusé à faire des pâtés de sables en les jetant dans l’Univers en disant que celui-ci, soit Saturne, et celui-là Jupiter etc. Par contre je crois fondamentalement que nous venons de Dieu. La Bible ou le Coran, ne nous disent pas « comment » ça c’est fait mais bien « pourquoi » Dieu nous a créés. Je ne crois pas non plus que Monsieur Adam et Madame Eve aient existé.

Là les jeunes ouvrent de grands yeux où l’on voit qu’ils sont interloqués. Comment un prêtre peut-il penser ainsi ?

Si tout a commencé avec Adam et Eve et qu’ils ont eu 3 enfants qui ont été des fils… Ne croyez-vous pas qu’on aurait un petit problème à être 7 milliards sur Terre aujourd’hui ?

La Bible n’est pas un livre de réponses scientifiques par contre je sais qu’il y a de vraies vérités qui nous disent des choses bien plus importantes sur notre existence. Je vous en donne deux parmi d’autres à partir de ce récit de la création de l’Humain.

La première : il est dit que pour créer Adam, Dieu a pris de la terre, et il est vrai qu’à ma mort mon corps va retourner en terre. Mais pour donner vie, Dieu a insufflé son souffle de Vie en Adam. Nous avons le souffle de Dieu en nous. Cela le scientifique ne peut pas l’observer.

La seconde : notre foi, nous révèle que Dieu est Unique et qu’il nous a créés à son image et sa ressemblance. Il y a là quelque chose de très mystérieux. Regardez ce pouce (je leur mets en avant l’un de mes pouces) il y a eu des milliards d’hommes avant moi, il y en aura des milliards après moi, et pourtant ce pouce est absolument unique. Il n’y a pas deux empreintes identiques ! Je suis créé à l’image de Dieu Unique et je suis unique. Et bizarrement, alors qu’on devrait tous se ressembler car ayant le même modèle de départ, on se retrouve tous différents. Et l’un des défis de l’humanité est de savoir jongler intelligemment entre ces trois données qui nous caractérisent tous : nous sommes « uniques » ; « semblables » (car ayant le même modèle de départ) et donc « différents ».

Notre défi est donc bien de rentrer dans une compréhension intelligente des Écritures pour comprendre un peu mieux le mystère de notre existence en ce monde.

Mais monsieur, qui a créé Dieu ?

Très bonne question, garçon. Ma réponse va surement t’étonner car nous sommes paramétrés depuis que nous sommes petits à ce que chaque chose ait un commencement et une fin mais pour nous croyants, Dieu est celui qui n’a jamais commencé à exister ! Dieu est celui qui a toujours existé ! D’ailleurs qu’est-ce que ça voudrait dire que Dieu ait commencé à exister, ça voudrait dire qu’il y a quelqu’un d’autre qui l’aurait créé ! Dieu est vraiment ce mystère de Vie, cet être suprême qui est là depuis toujours et c’est pour cela qu’il est Créateur de toute chose, de toute vie, tout vient de lui !

Avec Éric (le confrère avec qui je fais ces missions), nous savons bien que nous aurons encore bien des fois à revenir sur ces éléments de compréhensions qui nous constituent, tant le chantier est énorme. Ces missions restent passionnantes auprès de ces jeunes avides de savoir pour mieux comprendre leur propre foi.

Nous initions ainsi, petitement les jeunes à réfléchir avec d’autres sur les questions de vie tout en leur apprenant à ne jamais chercher à imposer notre point de vue à l’autre : tout un défi pour notre société où l’on ne sait guère plus écouter ce que l’autre a à nous dire de ce qu’il comprend du mystère de Vie. A chacun de le relever !

Vincent Goguey CM ♦

Notre défi est de rentrer dans une compréhension intelligente des Écritures!

Vincent Goguey CM

Un sanctuaire pour se poser et se reposer


Un sanctuaire pour se poser et se reposer

pour ne pas rendre vain tant d’effort…

Bonjour chers Confrères,

Une bonne partie d’entre vous connaissent notre grande propriété de Notre Dame de Prime Combe à coté de Sommières dans le Gard. Une partie des bâtiments abrite une communauté de Bénédictins de l’espérance (frères ayant un handicap) depuis 1997. La chapelle principale a été totalement refaite où la messe est célébrée dès que c’est possible. Le reste des bâtiments est inutilisés.

Depuis plusieurs années, Eric Saint Sevin (économe à l’époque de la province du Sud) a patiemment aménagé une partie ce lieu pour qu’il puisse servir d’une manière ou d’une autre. Les méandres administratifs et les obligations de sécurité sont difficiles à gérer mais sa ténacité a eu gain de cause. Aujourd’hui une partie est « ouvrable » en tant que gîte d’étape. Alors, pour ne pas rendre vain tant d’effort, nous nous lançons dans cette ouverture, dès ce 15 juin et pour tout l’été pour une première expérience.

Voici le site qui vous donne les informations utiles pour connaitre ce lieu et les conditions. N’hésitez pas à faire connaitre le lieu, c’est un manière d’être présent à des personnes loin de l’église.

L’histoire de ce sanctuaire commence au IX° siècle. Après une longue histoire faite de hauts et de bas, l’aventure continue, ce lieu de pèlerinage a maintenant un gîte d’étape qui nous permet de vous accueillir.

Notre Dame de Prime Combe, un sanctuaire dans un magnifique cadre de verdure de Garrigue Gardoise. Elle vous accueille pour le temps d’une pause, pour une ou plusieurs nuits dans un calme de grande qualité. C’est une région où il est facile de faire des randonnées à la journée pour revenir se ressourcer au point de départ.

Que vivre en venant là?

Dans un monde de plus en plus stressé, comprimé, n’ayant plus le temps de rien, surtout des choses simples et des rencontres gratuites, ce lieu à pour but de permettre la rencontre. Nore conviction: la rencontre de l’autre dans sa différence est source d’enrichissement et d’interpellation pour chacun. De la connaissance de l’autre nait le respect et ouvre un horizon pour un chemin commun. Permettre la rencontre de personnes venant d’horizons différents. Le temps de la pause peut être l’occasion de découvrir ce lieu de pèlerinage dédié à Notre Dame du Bon Secours.  Vivre un temps de méditation à la chapelle ; de rencontrer un prêtre pour un entretien personnel ; susciter un échange sur des sujets en lien avec le sens de la vie, le devenir de notre société, de notre monde. De rencontrer d’autres randonneurs et participer à un temps de discussion sur des thèmes variés.

Vincent Goguey ♦

Pour ne pas rendre vain tant d’effort, nous nous lançons dans cette ouverture, dès ce 15 juin et pour tout l’été pour une première expérience.

Vincent Goguey