Homélie. Présentation du Seigneur au Temple. 2 février 2020. Chapelle Saint Vincent de Paul – Paris

Syméon, nous dit St Luc, était un homme juste et religieux. Il attendait la Consolation d’Israël, il voulait voir le Christ, le Messie du Seigneur….Voir !

Alain Perez

Homélie. Présentation du Seigneur au Temple. 2 février 2020. Chapelle Saint Vincent de Paul – Paris

Syméon, nous dit St Luc, était un homme juste et religieux. Il attendait la Consolation d’Israël, il voulait voir le Christ, le Messie du Seigneur….Voir ! C’est le plus profond désir qui puisse monter de notre cœur et de notre foi… Oui, nous aussi, nous voudrions voir, voir Dieu !

Or, voici que dans l’Evangile d’aujourd’hui, Syméon voit. Il voit dans l’enfant reçu dans ses bras,  le Sauveur, la lumière qui se révèle aux nations. Désormais il peut s’en aller car il l’a vu, il l’a rencontré celui qu’il attendait : cette rencontre n’est donc pas le fruit du hasard… Oui, la personnalité de Syméon est bâtie sur ce désir qui l’habite tout entier : voir le Christ, le Messie du Seigneur. Il était en attente du Messie. Il vivait cette attente dans la patience, attitude fondamentale des humbles de cœur…

Comment ne pas admirer Syméon ?! En effet, Il nous interpelle et il nous montre qu’il n’y a pas d’attente vraie, il n’y a pas de rencontre profonde sans revêtir cette attitude d’humilité et de patience. Nous savons aussi, par expérience, que si nous voulons donner par nous-mêmes un sens à notre vie, nous ne découvrirons absolument rien. Et, finalement, la vérité sur nous-mêmes se reçoit humblement, souvent après une longue attente, et parfois après bien des larmes. De même, toute vraie rencontre avec autrui est préparée par une attente du cœur, une distance humble, sinon la découverte ne se fera jamais, ou seulement en superficie !…

C’est pourquoi, il serait intéressant, maintenant, de nous poser la question : comment vivons-nous nos rencontres avec les autres ? Ne sommes-nous pas, souvent, trop pressés de connaître tout de l’autre ?Ne sommes-nous pas indiscrets , voulant, à tout prix, tout savoir de l’autre, le dépouillant ainsi de son mystère pour mieux le posséder ?!

Oui, finalement, pour découvrir le Seigneur comme pour découvrir ceux qui nous entourent, il y faut beaucoup de temps, se tenir humblement à distance, avec respect et délicatesse. Il faut savoir attendre, car l’autre n’est pas une forteresse qu’il faut assiéger, mais un mystère qu’on apprend à découvrir au bout de la patience et de la persévérance. Et toujours avec la conviction que « l’essentiel est invisible pour les yeux et qu’on ne voit bien qu’avec le cœur. » Tout ceci est valable donc, pour ce qui concerne la connaissance des autres, comme pour la connaissance de Dieu : savoir attendre,  et maintenir une certaine distance empreinte d’humilité, de respect et de patience.

Syméon attendait…et le Christ, le Messie de Dieu, est venu vers lui : il a reposé dans ses bras. Ebloui, Syméon laisse éclater sa joie : « Maintenant , ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix…Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations… »

Pourtant, Jésus ne s’est pas manifesté à Syméon et Anne comme le Dieu de gloire et de majesté. Il ne s’est pas manifesté dans la lumière de la transfiguration ! Oui, Dieu c’est souvent l’Inattendu, le Surprenant !… Déjà, au temps de Syméon, on attendait Dieu dans la gloire et la puissance … et il vient dans la personne d’un enfant, un vrai bébé vagissant, qui ne sait même pas se tenir debout et qu’il faut porter dans ses bras. …

De même, il est curieux de constater que , selon St Luc, ce ne sont pas les autorités officielles, prêtres et scribes, qui reconnaissent Jésus…mais des gens obscurs, simples et ordinaires, Syméon et Anne.  Et, par ces deux représentants des « petites gens », c’est tout le peuple des « pauvres que Dieu aime » qui vient à la rencontre du Sauveur. C’est à eux que le Sauveur se révèle en priorité.

 Syméon et Anne représentent les pauvres, parce qu’ils sont « vieux » l’un et l’autre, de cette catégorie sociale que toute société a tendance à oublier et à ne pas respecter. Malgré cela,  ils discernent la « Présence » que les autres ne voient pas. Pourquoi cela ? Parce que pour discerner cette « Présence » , il faut être pauvres. De cette pauvreté qui nous donne les yeux des simples, et des cœurs purs qui savent voir, au-delà des apparences. Qui savent voir cette Présence que, souvent, les sages et les savants ne savent pas voir…

Dans notre eucharistie d’aujourd’hui, demandons au Seigneur de répandre sur nous son Esprit d’amour, car pour voir vraiment il faut aimer vraiment. Et, qui aime vraiment est toujours en attente, toujours prêt à accueillir ; son cœur veille et sait discerner à tout moment la présence de Dieu.

Seigneur, fais de nos cœurs des cœurs de pauvres, pour que nous sachions Te reconnaître dans la pauvreté des apparences où tu te caches. Amen

 

 

           

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Le baptême de Jésus. (12 janvier 2020)

Après avoir entendu le récit de son baptême, nous pouvons être étonnés de cette démarche de Jésus. Lui, le Fils de Dieu, pour- quoi insiste-t-il pour se faire baptiser par Jean Baptiste ?

Alain Perez

Le baptême de Jésus. (12 janvier 2020)

Après avoir entendu le récit de son baptême, nous pouvons être étonnés de cette démarche de Jésus. Lui, le Fils de Dieu, pour- quoi insiste-t-il pour se faire baptiser par Jean Baptiste ? En fait, Jésus n’avait pas besoin d’un baptême de purification ou de conversion, tel que le pratiquait Jean Baptiste. Cependant, par son baptême, Jésus a voulu montrer, d’une part,  sa solidarité avec tous ceux qui se présentaient au Jourdain pour être purifiés, et, d’autre part, sa démarche est aussi pour nous,  une invitation à mieux vivre notre propre baptême.

En effet, au moment du baptême, le prêtre insiste sur l’entrée des nouveaux baptisés dans l’Eglise et dans la famille de Dieu. Cela est très important , bien sûr. Cependant, il ne faudrait pas voir cette entrée dans l’Eglise, dans la famille de Dieu, comme une séparation d’avec les autres, ceux qui ne sont pas chrétiens. Pourquoi cela ? Parce que, par son baptême, manifestation de solidarité, Jésus se veut semblable aux autres, mêlé à eux, partageant leur désir de conversion pour le fortifier. Et donc, à l’exemple de Jésus, le chrétien ne doit pas oublier que sa présence au monde est justement la conséquence logique de son baptême !

Ce qui veut dire que le chrétien n’est pas un être supérieur, qui se tient à distance des autres, dans une séparation orgueilleuse ou frileuse… Au contraire, c’est justement parce qu’il est baptisé , qu’il se sent solidaire des hommes d’aujourd’hui ! Le baptême, bien loin de le mettre à part, le plonge un peu plus dans le monde, comme Jésus. Le baptême n’est pas pour lui, un vaccin qui le préserve de la maladie ou du mauvais sort, ni une assurance pour la vie éternelle…Si le baptême fait entrer dans la famille de Dieu, ce n’est pas pour y vivre en ghetto, mais plutôt pour y puiser des forces neuves, afin de vivre une solidarité plus forte avec les hommes d’aujourd’hui, tout en restant levain dans la pâte, témoin d’un Dieu vraiment Dieu et vraiment homme.

De plus, l’eau du Jourdain, avant d’être l’eau qui lave, l’eau qui purifie, est d’abord l’eau de l’engloutissement, l’eau de la mort. Dans cette eau, Jésus le Fils de Dieu se plonge volontairement. Il veut ainsi montrer un autre aspect de sa solidarité : en se plongeant dans l’eau du Jourdain, il se fait solidaire des hommes marqués par la misère, le péché et la mort. Il vient partager l’existence des hommes dans ses réalités les plus pénibles. Il descend dans les profondeurs de tout ce qui entrave la vie, dans nos souffrances, nos détresses, nos angoisses et nos fautes. Ce qui faisait dire à l’écrivain Paul Claudel :  « En Jésus Christ, Dieu n’est pas venu supprimer la souffrance. Il n’est même pas venu l’expliquer. Il est venu la remplir de sa présence. »

Oui, Jésus se fait solidaire des hommes marqués par la misère, le péché et la mort, afin de les arracher au pouvoir de la misère , du péché et de la mort… Et, s’il a pu se faire solidaire de ses frères les humains et les délivrer, c’est parce qu’il a vu « l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui ». Parce qu’il a entendu une voix qui disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé…en lui j’ai mis tout mon amour » .

De la même manière, en Jésus, par Lui et avec Lui, le jour de son baptême, le chrétien reçoit l’Esprit de Dieu et cette parole venu du Père s’adresse à lui personnellement : « Tu es mon Fils, ma Fille bien-aimé(e), en toi j’ai mis tout mon amour »… Grâce à l’Esprit de Dieu, grâce à l’amour du Père, le baptisé devient un homme nouveau. Il entre dans une grande solidarité avec les hommes d’aujourd’hui. Il n’a pas peur de vivre dans le monde, au milieu de ceux qui vivent, pensent ou agissent autrement. Il ne cherche pas à vivre à part des autres, dans une confrérie de purs. Mais il partage volontiers les joies et les espoirs, les angoisses, les luttes et les efforts des hommes d’aujourd’hui. Grâce à l’Esprit de Dieu et grâce à l’amour du Père, il ne met pas son drapeau dans sa poche, et il ose affirmer ses convictions, sans vouloir faire de prosélytisme, mais aussi sans honte ni lâcheté. Parce qu’il a reçu l’Esprit de Dieu et l’amour du Père, le Chrétien, le baptisé sait prendre position clairement et courageusement, et il est prêt à ramer à contre-courant des idées reçues, fidèle à sa conscience et en dépit du « qu’en dira-t-on ».

Durant cette Eucharistie, demandons au Seigneur de réveiller en nous la grâce de notre baptême. Pour certains d’entre nous, ce baptême a eu lieu il y a déjà un certain nombre d’années. Pourtant, ce jour-là, à nous aussi, personnellement, le Seigneur nous a dit : « Tu es mon enfant bien-aimé. En toi j’ai mis tout mon amour. » Alors aujourd’hui, en souvenir de notre baptême, tournons-nous avec confiance vers Lui !

Qu’il fortifie nos corps et nos cœurs ! Qu’il fortifie notre foi en Lui !  Qu’en le suivant, nous sachions choisir le bien et rejeter le mal, choisir le courage et rejeter la peur, la honte, la lâcheté. Choisir l’amour et la solidarité et rejeter l’individualisme, l’indifférence et le sectarisme. Que le Seigneur nous donne son Esprit et son amour pour être ses témoins sur toutes les routes que nous allons parcourir tout au long de cette nouvelle année qui commence ! Amen

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Fête de l’Epiphanie. Homélie en la Chapelle Saint Vincent de Paul de la Maison-Mère

Fête de l’Epiphanie

Homélie en la Chapelle Saint Vincent de Paul de la Maison-Mère

Dans l’Evangile d’aujourd’hui, St Mathieu nous dit qu’après avoir surmonté des moments de confusion et d’incertitude « les mages éprouvèrent une très grande joie quand ils virent l’étoile » qui leur signalait la présence du Seigneur.

La joie de la présence du Seigneur : il y a des personnes qui ne peuvent pas imaginer que le fait de rencontrer Dieu peut faire naître la joie dans une existence humaine ! Cela vient peut-être du fait qu’ils ont réprimé d’une façon constante et systématique tout appel intérieur et qu’ils se sont rendus ainsi, insensibles à la présence divine…

D’autres personnes se disent croyantes, mais il leur manque précisément, d’avoir fait l’expérience personnelle de Dieu dans leur vie, en dépassant la croyance et ses seules manifestations extérieures.

En fait, qu’en est-il de cette expérience de Dieu ? Nous pouvons avoir le sentiment d’une certaine présence de Dieu, par la communication intime et personnelle qu’est la prière intérieure ou par des évènements particuliers, ou encore par la Parole de Dieu que nous annonce l’Eglise, c’est vrai. Cependant, il ne suffit pas d’avoir une connaissance intellectuelle de tout le contenu de la Bible pour découvrir et rencontrer Dieu. Il ne suffit pas de lire des dizaines de livres de théologie pour faire l’expérience de Dieu dans sa vie ! Quelqu’un peut être docteur en théologie, en Ecriture Sainte, en spiritualité, sans avoir jamais fait l’expérience de Dieu ! Comment alors faire l’expérience de Dieu dans nos vies, comment le reconnaitre à travers les signes qu’il nous fait ?

He bien, c’est en méditant l’histoire des mages venus d’Orient que nous pouvons recevoir un message important pour nous aujourd’hui, et qui peut nous éclairer dans notre recherche. Dans la première lecture que nous avons entendue, Isaïe prophétisait la gloire de Jérusalem en insistant auparavant sur « les ténèbres qui couvrent les peuples, sur l’obscurité qui recouvre la terre. » Et St Paul parle de « ce mystère caché aux hommes des générations passées. » Ainsi donc, la première condition pour percevoir la manifestation du Seigneur c’est de reconnaître que nous sommes dans les ténèbres, que nous avons besoin de savoir, d’apprendre autre chose et que nous ne pouvons pas le découvrir seuls, pas même avec un doctorat de théologie ou d’Ecriture Sainte dans sa poche !…

 Tels étaient les mages venus d’Orient. Ils ont perçu la lumière d’une étoile et ils ont accepté d’être illuminés par un autre…Ils avaient ce qu’on pourrait appeler une grande curiosité jointe à une profonde humilité… Oui, pour comprendre les signes et pour faire l’expérience de Dieu, il faut d’abord reconnaître la nuit profonde dans laquelle on est plongé, se mettre en mouvement pour en sortir, et accepter d’être éclairé, guidé par un autre. Il faut encore l’ouverture du cœur qui fait saisir les appels inattendus et souvent hors de l’ordinaire.

Oui, vraiment les mages sont pour nous des modèles d’une foi humble qui les pousse à sortir d’une situation confortable et d’une tranquille sécurité pour se mettre en marche vers l’inconnu, guidés par le signe ténu d’une étoile qui les guide, puis disparait pour réapparaitre et les mettre en présence de cette réalité si humble et tellement ordinaire et banale : une étable, Marie, Joseph et l’enfant !

Le philosophe Pascal a dit un jour que « Dieu est assez caché pour que ceux qui ne le cherchent pas de tout leur cœur ne le découvrent pas…mais il est aussi assez révélé pour que ceux qui le cherchent de tout leur cœur puissent le découvrir un jour. »

Ainsi, c’est parce que l’étoile de Dieu s’était déjà levée dans leur cœur que les Mages ont su la reconnaître dans un ciel peuplé de myriades d’étoiles… Finalement, ils n’ont fait que rechercher celui qu’ils avaient déjà trouvé dans leur cœur : « Tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais pas déjà trouvé. »

De la même manière, nous ne pourrons jamais faire l’expérience de Dieu, reconnaître les signes de sa présence si nous ne sommes pas habités par une présence. Une présence qui ne se manifeste qu’aux cœurs purs et aux cœurs simples, ceux qui ont fait de la recherche de Dieu, le sens et le but de leur vie. Et puis, finalement, on peut le dire : « qui cherche trouve et l’on ne trouve que ce que l’on recherche ! » Et, l’on pourrait dire également : « Dis-moi ce que tu as trouvé et je te dirai ce que tu cherchais au plus profond de toi-même…sans peut-être te l’avouer à toi-même … »

Ainsi donc, il est bon de nous demander aujourd’hui, chacune et chacun :

  • de travail, la santé, l’amour, que sais-je encore …Qu’est ce qui occupe tes pensées, ton cœur au cours de tes journées ?
  • Tu te poses beaucoup de questions sur le sens de la vie, du mal, de la souffrance et de la mort, mais es-tu vraiment un chercheur de Dieu ? C’est-à-dire, le cherches-tu non seulement avec ton intelligence mais aussi avec ton cœur ?
  • Connaître Dieu d’une façon intellectuelle c’est très bien et cela peut aider. Mais le connaître avec le cœur c’est infiniment mieux. Et, pour cela, il faut fréquenter le Christ, rester avec le Christ, passer du temps avec lui pour devenir son ami et pour que sa présence change ta vie ! Alors, combien de temps consacres-tu chaque jour pour « demeurer avec lui ? »
  • S’il t’arrive d’être triste ou déprimé, n’est ce pas parce que tu as cherché la Joie en dehors de celui qui, seul, peut remplir l’immensité de ton cœur ?

Enfin, en ce début d’une nouvelle année, à l’occasion de la fête de l’Epiphanie (manifestation du Seigneur aux païens) que l’exemple des mages nous apprenne à partir, à risquer un nouveau départ. Qu’il nous apprenne le détachement qui donne la liberté d’être et de devenir. Le détachement qui fait place à la simplicité, à l’humilité, et qui ouvre le cœur. Qu’il nous apprenne à quitter ceci ou cela : ce qui nous retient trop loin de Lui, le Christ. Que l’exemple des mages nous apprenne à Le reconnaitre et à prendre le risque de le suivre, lorsqu’apparaîtra son étoile dans le ciel de nos vies. Amen

Alain PEREZ, CM 🔸

Tels étaient les mages venus d’Orient. Ils ont perçu la lumière d’une étoile et ils ont accepté d’être illuminés par un autre…Ils avaient ce qu’on pourrait appeler une grande curiosité jointe à une profonde humilité…

Fête de la Toussaint. 2018

Fête de la Toussaint. 2018

Chers amis, réjouissons-nous et soyons dans l’allégresse en fêtant aujourd’hui tous les saints ! Réjouissons-nous spécialement avec les saints « de la porte à côté » (Pape François, Gaudete et exsultate n.7), ceux qui sont très peu connus et qui n’ont rien fait d’extraordinaire pendant toute leur vie. Ceux qui font partie de la « classe moyenne de la sainteté ». Ces « saints ordinaires » qui ont marché chaque jour sur le chemin de l’humilité, pour atteindre le jour, ce que l’on pourrait appeler « la sainteté des pauvres des cœur ». Oui, réjouissons-nous !

Mais, au fait, chers amis, un saint c’est quoi pour nous ? Quelqu’un de très sérieux qui évite de rire et de faire la fête ? Quelqu’un qui se préoccupe uniquement de Dieu et passe son temps en prière ? Quelqu’un de rare, à cause de ses nombreuses qualités ? Quelqu’un dont la perfection est si grande, qu’on ne pourra jamais l’atteindre ? Eh bien, non ! Et l’on a tort de croire que les saints sont des êtres rares, aux qualités exceptionnelles, car les saints ne sont pas de héros ! Et pourquoi cela ? Parce que, si l’effort vers la sainteté dessèche en nous les sources de l’amour et de la tendresse, s’il nous raidit ou nous pousse au désespoir, il risque d’aboutir à ce que nous constatons chez certains héros. Certains héros qui accomplissent des actions admirables jusqu’à s’exposer à la mort, certes, mais qui en arrivent parfois à se mettre à part de l’humanité ordinaire et à développer en eux un sentiment d’orgueil. Parfois même, ils en viennent à s’enfermer dans un orgueil hautain et méprisant envers les autres qui n’y arrivent pas. Nous avons affaire, dans ces cas-là à une prétendue sainteté, austère et revêche, une sainteté inhumaine et qui, si elle s’impose, elle n’attire finalement personne ! …

Au contraire du héros, le saint véritable qui a poussé la vertu jusqu’à son degré le plus héroïque, celui-là devient plein de tendresse envers le plus démunis et plein de miséricorde pour les pécheurs. Sa sainteté pleine de grâce n’est un reproche pour personne. En effet « la sainteté ne nous rend pas moins humains, car c’est la rencontre de notre faiblesse avec la force de la grâce » (n.34) disait le Pape François dans son exhortation apostolique « la joie et l’allégresse ».

Oui, douceur, oubli de soi, reconnaissance de la grâce, par l’émerveillement de ce qu’elle opère : voilà quelles sont les caractéristiques de la véritable sainteté, de la perfection de la sainteté : celle de l’amour. Un amour qui n’est pas atteint à coups d’efforts volontaristes, mais qui est répandu par la grâce de Dieu dans un cœur qui se purifie pour mieux l’accueillir. Oui, finalement, chers amis, le saint ce n’est pas celui qui a le moins péché, mais celui qui a le plus aimé le Seigneur et ses frères…

Alors, en cette fête de la Toussaint qui nous rappelle que nous sommes tous appelés à être saints, reprenons courage et n’ayons pas « peur de la sainteté car elle ne nous enlèvera pas les forces, ni la vie, ni la joie » (n. 32). Nous ne serons peut-être jamais le saint et le juste, le bon chrétien, le bon prêtre la bonne religieuse que nous avions rêvé d’être, mais nous pouvons devenir ce pauvre qui n’a plus à offrir à Dieu que ses mains vides. Et alors, comme pour les saints ordinaires tout deviendra possible pour nous. Car, nôtre pauvreté deviendra une grâce et la sainteté de Dieu pourra enfin remplir nos mains vides, nos mains des pauvres, mais ouvertes et tendues pour demander et recevoir comme des pauvres… Ainsi, s’il plait à Dieu, nous prendrons place un jour auprès des saints ordinaires, ceux qui ont essayé de faire leur devoir, tout bonnement, tout simplement, mais avec tellement d’amour !… Amen

Alain PEREZ, CM 🔸

Oui, douceur, oubli de soi, reconnaissance de la grâce, par l’émerveillement de ce qu’elle opère : voilà quelles sont les caractéristiques de la véritable sainteté, de la perfection de la sainteté : celle de l’amour.

Explications :

Homélie prononcé lors de la fête de la Toussaint à la Chapelle de la Médaille Miraculeuse (Rue du Bac) à Paris

http://www.chapellenotredamedelamedaillemiraculeuse.com/

Les pauvres à la lumière de la Foi

Les pauvres à la lumière de la Foi

Décédé il y a plus de 350 ans, St Vincent inspire encore. Comment expliquer cette pérennité si ce n’est par la teneur même de sa spiritualité : une adhésion à Jésus-Christ, envoyé aux pauvres et incarné dans l’Histoire. Portrait d’un homme pour qui la foi en Dieu et l’engagement concret ne font qu’un

Quand on parle de spiritualité, on fait allusion à l’expérience de Dieu. Entendue dans ce sens-là, on ne peut vivre la spiritualité que « dans l’Esprit », selon une expression de saint Paul. Au sens strict, il faut la comprendre comme un style de vie, c’est-à-dire comme la manière de vivre cette expérience de Dieu.

Pour un chrétien, il n’y a pas d’autre possibilité de faire l’expérience de Dieu qu’en la personne de Jésus de Nazareth. L’unique spiritualité possible ne peut donc être que christologique, c’est-à-dire centrée sur la personne de Jésus-Christ. Or lorsque le Christ est venu dans le monde, cela n’a pas été pour sortir les hommes du monde, ni pour les soustraire de la réalité. Penser que Dieu vit là-haut dans le Ciel et que, pour le rencontrer, il nous faut quitter cette Terre, c’est condamner notre spiritualité à n’avoir aucun sens pour l’homme d’aujourd’hui. Par son incarnation, Jésus-Christ s’est fait « chair humaine » pour nous dire que Dieu se rend présent à l’histoire de l’homme et que la vie est le lieu où nous rencontrons Dieu (Jn 1,14).

Si le pivot de la vie chrétienne est le Christ, et non pas la personne de tel ou tel saint, ni même de la Vierge Marie, les exemples des saints et leur manière de vivre sont, par eux-mêmes, un enseignement. Car quand on parle de spiritualité, on pense aussi à la doctrine et à la pratique. S’agissant d’un saint, il est donc important de prendre en compte ce qu’il a vécu personnellement et ce qu’il a proposé et enseigné aux autres.

La place de l’événement

Né dans une famille rurale, pauvre et traditionnellement chrétienne, la foi de saint Vincent de Paul fut orientée par la pensée de la Providence et nourrie de l’Evangile. C’était une foi simple, qui « n’épluchait pas », comme il disait, une foi pratique et concrète, plus attirée par la vie que par les considérations intellectuelles. Ainsi, par formation mais aussi par tempérament, St Vincent accorda une grande importance à la vie, à l’événement, à l’expérience. Cette réalité colora toute sa spiritualité et détermina sa façon de chercher et de trouver le Christ dans l’Evangile.

Ces éléments aident à comprendre l’impact qu’ont eu dans sa vie deux faits inattendus, qui se déroulèrent entre janvier et août 1617 et qui marquèrent à tout jamais sa spiritualité.

St Vincent raconta lui-même le premier événement, dans une conférence donnée  aux prêtres de la Mission : « Un jour, on m’appela pour aller confesser un pauvre homme dangereusement malade, qui était en réputation d’être le plus homme de bien, ou au moins un des plus hommes de bien de son village (Gannes). Il se trouva néanmoins qu’il était chargé de péchés qu’il n’avait jamais osé déclarer en confession, ainsi qu’il le déclara lui-même tout haut par après en présence de feue Madame la générale des galères, lui disant : “Madame, j’étais damné, si je n’eusse fait une confession générale, à raison de gros péchés que je n’avais jamais osé confesser.” Cet homme mourut ensuite, et ma dite dame, ayant reconnu par là la nécessité des confessions générales, désira que je fisse le lendemain une prédication sur ce sujet.

” Je la fis, et Dieu y donna tant de bénédiction que tous les habitants du lieu firent ensuite confession générale, et avec tant de presse, qu’il fallut faire venir deux pères jésuites pour m’aider à confesser, prêcher et catéchiser ; ce qui fut cause qu’on continua le même exercice dans les autres paroisses des terres de ma dite dame durant plusieurs années, laquelle voulut entretenir des prêtres pour continuer des missions et nous fit avoir à cet effet le collège des Bons-Enfants, où nous nous retirâmes, M. Portail et moi ; et prîmes avec nous un bon prêtre, à qui nous donnions cinquante écus par an. Nous nous en allions ainsi tous trois prêcher et faire la mission de village en village. »

Le deuxième événement s’est déroulé à Châtillon, dans les Dombes. « Vous saurez donc, raconta-t-il un jour aux Filles de la Charité, qu’étant auprès de Lyon en une petite ville où la Providence m’avait appelé pour être curé, un dimanche, comme je m’habillais pour dire la sainte Messe, on me vint dire que dans une maison écartée des autres, à un quart de lieu de là, tout le monde était malade, sans qu’il resta une seule personne pour assister les autres, et toutes dans une nécessité qui ne se pouvait dire. Cela me toucha sensiblement le cœur. Je ne manquai pas de les recommander au prône avec affection, et Dieu, touchant le cœur de ceux qui m’écoutaient, fit qu’ils se trouvèrent tous émus de compassion pour ces pauvres affligés.

» L’après-dîner, il se fit assemblée chez une bonne demoiselle de la ville pour voir quel secours on leur pourrait donner, et chacun se trouva disposé à les aller voir et consoler de ses paroles et aider de son pouvoir. Après les vêpres, je pris un honnête homme bourgeois de la ville et nous mîmes de compagnie en chemin d’y aller. Nous rencontrâmes sur le chemin des femmes qui nous devançaient, et, un peu plus  avant, d’autres qui revenaient. Et comme c’était en été et durant les grandes chaleurs, ces bonnes dames s’asseyaient le long des chemins pour se reposer et rafraîchir. Enfin, mes filles, il y en avait tant, que vous eussiez dit des processions.

» Comme je fus arrivé, je visitais les malades et allai quérir le saint sacrement pour ceux qui étaient les plus pressés… Après donc les avoir confessés et communiés, il fût question de voir comme on pourrait secourir leur nécessité. Je proposais à toutes ces bonnes personnes que la charité avait animées à se transporter là, de se cotiser, chacune une journée, pour faire le pot, non seulement pour ceux-là, mais pour ceux qui viendraient après ; et c’est le premier lieu où la charité a été établie. »

La place de l’Evangile

Un autre aspect de la spiritualité de St Vincent, c’est la place de l’Evangile dans sa vie. L’Evangile était pour lui le livre de la foi par excellence, le livre qui lui permettait de retrouver directement, de façon simple, la pensée et la volonté de Jésus-Christ. Pour alimenter sa foi, Vincent de Paul avait une façon personnelle d’aborder l’Evangile : il y entrait toujours par deux portes, Luc 4,18 et Matthieu 25,31. Dans le passage de Luc, Jésus s’applique à lui-même les paroles du prophète Isaïe : « Le Seigneur m’a envoyé annoncer l’Evangile aux pauvres. » Pour St Vincent, ce texte était l’explication de base de tout l’Evangile. Sa lecture n’était pas  celle  d’un  exégète ou d’un théologien, mais bien celle d’un missionnaire qui interprète chaque passage évangélique en fonction de l’annonce aux pauvres. La vision du Christ     qu’il nous offre n’est pas celle du Christ Maître, Sauveur ou parfait Adorateur du  Père, ni celle du Christ image de Dieu, mais plutôt, encore une fois, celle du Christ évangélisateur  des pauvres.

La deuxième clé de lecture de St Vincent (Mt 24,31-46) ne fait qu’accentuer cet aspect de sa foi. C’est l’évocation du jugement dernier rendu par le Christ : « Tout   ce que vous avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait… Tout ce que vous n’avez pas fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait. » C’est assez clair  !

Pour Vincent, il semblait dès lors certain que l’événement était un signe de Dieu, et même un signe privilégié pour peu qu’il concernait directement les pauvres. Certes, saint Vincent était un homme concret et même pragmatique. Cependant, sa foi, vécue à partir de sa vie spirituelle, l’amena à considérer l’événement comme porteur de message et de la présence du Christ.

C’est ainsi qu’il encouragea ses missionnaires à regarder les pauvres à la lumière de la foi et à ne pas s’arrêter aux apparences : « Je ne dois pas considérer un pauvre paysan ou une pauvre femme selon leur extérieur, ni selon ce qui paraît de la portée de leur esprit, disait-il, d’autant que bien souvent ils n’ont pas presque la figure, ni l’esprit de personnes raisonnables tant ils sont grossiers et terrestres. Mais tournez  la médaille, et vous verrez par les lumières de la foi que le Fils de Dieu, qui a voulu être pauvre, nous est représenté par ces pauvres ; qu’il n’avait presque pas la figure d’un homme en sa passion, et qu’il passait pour fou dans l’esprit des Gentils, et pour pierre de scandale dans celui des Juifs ; et avec tout cela, il se qualifie l’évangéliste des pauvres. O Dieu ! qu’il fait beau voir les pauvres, si nous les considérons en   Dieu et dans l’estime que Jésus-Christ en a faite ! Mais, si nous les regardons selon les sentiments de la chair et de l’esprit mondain, ils paraîtront méprisables » (Extrait d’entretien, n°19).

Dans l’événement, Vincent de Paul apprit à reconnaître non seulement la présence de Jésus-Christ, mais aussi sa volonté. Il était habitué à lier volonté de Dieu et engagement concret, foi et action, de telle manière qu’il se méfiait d’une réponse à la révélation de Dieu qui s’exprimerait hors de l’action : « Aimons Dieu, mes frères, disait-il, aimons Dieu ! Mais que ce soit aux dépens de nos bras, que ce soit à la sueur de nos visages… L’Eglise est comparée à une grande moisson, qui requiert des ouvriers, mais des ouvriers qui travaillent… voilà comme nous devons faire ;   voilà comme nous devons témoigner à Dieu, par nos œuvres, que nous l’aimons » (XI-40).

La place de l’expérience

Henry Brémond, historien de la spiritualité, affirme : « Ce ne sont pas les pauvres qui ont apporté Dieu à saint Vincent de Paul, ce fut Dieu qui le donna aux pauvres. »ii En effet, ce ne sont pas les pauvres en tant que tels qui l’ont amené à Dieu, mais on peut dire que Dieu « s’est servi » d’eux. Ils ont été des évangélisateurs discrets, inconscients et mystérieux… Comme l’indique cette crise de la foi qu’il supporta vers 1610.

C’est à cette époque là que Vincent de Paul rencontra un docteur en théologie qui était travaillé par un mal affreux. Dès qu’il voulait entrer en méditation ou en prière, il était assailli par des tentations effroyables : des spectacles obscènes s’imposaient à son regard intérieur et il éprouvait des désirs frénétiques de blasphémer et de faire des, folies. Après avoir essayé vainement divers remèdes pour le guérir, Vincent s’offrit à Dieu pour prendre sur lui la maladie dont souffrait le docteur en théologie. A partir de ce jour, le docteur fut guéri et saint Vincent fut en proie à une obsession qui épuisa ses forces. L’épreuve dura quatre ans, pendant lesquels il continua en apparence à vivre et à travailler normalement, mais sans lumière et sans joie. C’est alors qu’il fit le vœu de se donner entièrement et pour toujours au service des pauvres. Aussitôt la tentation disparut et il retrouva sa sérénité !

Seul Dieu a pu convertir Vincent de Paul, et non pas les pauvres en tant que tels. Cependant son « expérience » des pauvres l’avait mis en contact direct et particulier avec le Christ représenté par eux. Pour saint Vincent, Jésus-Christ, c’est Dieu incarné dans l’histoire des hommes, éminemment concerné, donc impliqué et constamment actif dans l’histoire ; il est l’envoyé du Père aux pauvres. Or, dans le monde et l’Eglise de son temps, les pauvres  n’étaient ni  assistés  ni  évangélisés ; ce qui voulait dire pour St Vincent que la mission de Jésus-Christ n’était pas poursuivie.

Face à cette réalité, St Vincent a compris que l’homme à  évangéliser  n’est pas  juste une âme qu’il faut sauver, mais une personne avec sa détresse matérielle ; et que l’âme ne pouvant être séparée du corps, il faut soigner celui-ci pour atteindre celle-là. C’est aussi à partir de cette expérience qu’il décida d’orienter sa vie et ses projets dans le sens du Christ, dans sa mission de service et d’évangélisation des pauvres. Pour lui, le Christ était le modèle de la vie et de l’action missionnaires.

Son héritage

Saint Vincent n’a pas laissé de traité de vie mystique, à la façon d’un saint Jean de  la Croix ou d’un saint François de Sales. Sa doctrine spirituelle jaillit des circonstances, des rencontres de la vie, des difficultés à  vaincre. Elle  se trouve  aussi dans les conférences et entretiens qu’il donna aux Prêtres de la  Mission  et aux Filles de la Charité et dans l’immense correspondance qu’il eut toute sa vie. Aujourd’hui encore, il est tout à fait logique et nécessaire pour les Vincentiens de chercher à imiter Jésus, le serviteur et le missionnaire des pauvres. Comme l’avait découvert St Vincent et comme il le recommandait, cette imitation se réalise par la pratique des vertus de simplicité, d’humilité, de douceur et de charité. Ce sont là en fait des « qualités professionnelles » très utiles pour ceux qui veulent servir les pauvres, car elles rendent proches des déshérités. « Ne rien vouloir que ce que Dieu veut » ; « savoir qu’il se sert de nous si nous nous donnons à lui » ; « se vider de soi et laisser agir Dieu »… tels sont les commandements de St Vincent, sans cesse répétés. Ainsi ceux et celles qui veulent suivre son exemple doivent se mettre à la suite du Christ qui ouvre son ministère public en disant : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a consacré par l’onction pour porter la Bonne Nouvelle aux pauvres. Il m’a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur » (Lc 4,18-19).

L’efficacité prodigieuse de Vincent de Paul peut étonner. Elle n’est, en définitive, que le résultat très logique de l’intensité de sa vie spirituelle. L’homme d’action qu’il a   été n’a de sens que déterminé, conditionné par l’homme spirituel. Son œuvre surprenante est l’émanation d’un grand mystique. Ne disait-il pas à ses  missionnaires : « Il faut la vie intérieure, il faut tendre là ; si on y manque, on manque à tout » ou « Donnez-moi un homme d’oraison et il sera capable de tout » ? Il faut le reconnaître objectivement, avec l’historien Henri Brémond : « Le plus grand de nos hommes d’action, c’est le mysticisme qui nous l’a donné. »

Alain PEREZ, CM 🔸

Pour un chrétien, il n’y a pas d’autre possibilité de faire l’expérience de Dieu qu’en la personne de Jésus de Nazareth. L’unique spiritualité possible ne peut donc être que christologique, c’est-à-dire centrée sur la personne de Jésus-Christ.

ii Histoire littéraire du sentiment religieux en France, t. III, La conquête mystique. L’Ecole française, Blod et Gay, Paris 1921, p. 246. (n.d.l.r.)