Une ode aux couleurs

Je dois avouer que ces jours ci j'ai "des bleus au cœur" quand je vois la tournure des événements autour de la question du racisme. J'en serai presque arrivé à en "broyer du noir", sans vouloir en venir aux poings avec personne.

Bernard Massarini

Une ode aux couleurs

Je dois avouer que ces jours ci j’ai “des bleus au cœur” quand je vois la tournure des événements autour de la question du racisme. J’en serai presque arrivé à en “broyer du noir”, sans vouloir en venir aux poings avec personne.  

Mais tentons de “mettre noir sur blanc” la discussion, sans vouloir qu’aucun de nous qui ne soit mal à l’aise pour question de supériorité. Tentons seulement de remettre des couleurs dans un univers qui risque de devenir “gris”.

Ok, même si se faire traiter “de bleu”, bien que n’ayant rien de racial, n’est pas encore un compliment, je vous le confesse, lors de la dernière fête chez moi, c’était “noir de monde”, sans aucune connotation raciste. Retrouvant Kidgo mon ami togolais nous nous sommes embrassé, je savais qu’il n’allait pas déteindre…

Nous avons pris “un petit jaune”, n’ayant rien contre les chinois, même si leur façon de traiter les ouïghours ne nous plaît pas trop.

Durant le brunch, “un blanc” dans la communication nous a fait craindre la critique suprématiste alors que nous goûtions la joie d’être ensemble.

Nous avons arrosé avec “d’excellents rouge”, sans vouloir agresser nos frères indiens  d’Amérique qui ont beaucoup souffert du Covid-19.

Certains ont préférer “se descendre des blancs” sucrés, sans faire aucune allusions aux horribles chansons de certains rappeurs qui invitent à exécuter l’expression, et eux sans aucunes évocations des saveurs du terroir !

Quand l’éclair a claqué, alors que levait un violent orage, nous étions “verts de peur”, mais tenons à rassurer les martiens, s’ils le désirent seront bienvenus à la fête ! 

Rassurez moi, nous ne venons pas de “voir des éléphants roses”, mais ensemble je suis certain, nous allons continuer à mettre des couleurs à l’existence, car la palette des tons de la création émerveille encore toutes et tous lorsqu’elle produit l’arc-en-ciel !

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Racisme et Humanité

Alors que nous sortons de la pandémie du Covd-19, une nouvelle épidémie nous contamine, le racisme, saurons-nous en sortir sans provoquer de morts ? Sans accuser politiques ni rejeter la presse ? Saurons-nous éviter une descente dans les bas-fonds d’une mémoire meurtrie ?

Bernard Massarini

Racisme et Humanité

Alors que nous sortons de la pandémie du Covd-19, une nouvelle épidémie nous contamine, le racisme, saurons-nous en sortir sans provoquer de morts ? Sans accuser politiques ni rejeter la presse ? Saurons-nous éviter une descente dans les bas-fonds d’une mémoire meurtrie ?

Depuis le 25 mai, comme vous, j’ai vu la terrible image de l’homme noir au sol, à Minneapolis, aux Etats-Unis, demandant à respirer, mourir sous les genoux d’un policier sachant qu’il était en train de tuer cet homme. J’ai été horrifié et révolté par ce qu’il est arrivé à Mr Georges Floyd. Il n’est cependant que l’une des multiples personnes de couleurs à souffrir la discrimination.

Quelques jours avant, le 13 mai, une jeune infirmière noire de Louisville, était malencontreusement tuée dans son appartement. Tout cela fait resurgir à la lumière ces actes injustifiables dont sont victimes les noirs dans un pays constitué de multiples ethnies.

Cela ne fait pas naitre en moi la haine de la police, mais me renvoie à la justice qui va devoir condamner les pratiques injustifiables de celles et ceux qui ont charge de protéger l’ordre dans nos sociétés. Le policier responsable de la mort de Mr Floyd d’abord accusé d’homicide involontaire, verra les jours suivant, la plainte requalifiée de meurtre. Cela semble plus juste. Mais n’oublions pas le 5 juin à Buffalo, un militant pacifiste chrétien de 75ans, déséquilibré par un policer, mourra de sa chute tandis qu’un twitt irresponsable et méprisant du président des Etats-Unis, le jour suivant le traitera « d’Antifa », justifiant cette nouvelle mort. C’est donc bien l’éthique de nos services de sécurité qui est en cause, notez tout de même que dans les jours ayant suivi la mort de Mr Floyd, la police municipale de Minneapolis a été dissoute pour tenter d’en recréer une plus saine et sure au service des citoyens. N’oublions pas non plus de saluer cette nouvelle !

Nous le savons, les Etats-Unis ont une longue et douloureuse histoire de rapport des races, un lourd passé d’esclavagisme, avant de parvenir une saine coexistence. La société croyait avoir gagné en respect et dignité après la longue marche civique du pasteur Martin Luther King. Quelle étrange nation capable d’écrire son histoire en élisant son premier président noir et plaçant comme successeur un populiste qui attise les tensions d’une société à fleur de peau.

Je rappellerai cette mésaventure d’un photographe animalier noir qui promenant son chien dans New-York le 26 mai demande à une dame blanche de bien vouloir garder son chien afin de prendre le cliché d’un oiseau. La dame appellera au secours la police prétextant une attaque. La police va tout d’abord plaquer la photographe au sol avant de s’excuser. Triste attitude de cette new yorkaise blanche qui a effectivement joué du privilège blanc. 

Tous ces cas nous renvoient au souvenir douloureux d’une histoire récente auquel le terrible film « Twelve years slaves » : la vie d’un noir dans les années 1840. Libre dans la partie nord de sa patrie, il est enlevé par des colons du sud qui 12 ans l’emploieront comme esclave dans la production de coton. Ne perdons pas la mémoire, mais écrivons un présent sans haine. Inventons une histoire réconciliée et résiliante.

Car ces derniers jours, nous voyons en de multiples endroits sur divers continents de statues de rois, d’empereurs, de navigateurs déboulonnées et jetées à la mer. En France, on se demande s’il ne faut pas enlever les rues mémoires jules Ferry, les statues de Louis XVI, Napoléon… ou cet élu qui le 11 juin, rebaptise la rue parisienne cuvier, un naturaliste raciste par celui de la première étudiante africaine noire. Si nous continuons à jeter aux oubliettes de l’histoire nos images, nous voilà revenus à la période de querelle iconoclaste du 9ème siècle. Ce temps où les empereurs d’Occident et d’Orient, interprétant les désastres de leur nation comme résultat de l’adoration d’images ont cherché à les faire disparaitre. C’est alors que nait plus d’une centaine d’années de batailles incessantes entre ceux qui défendaient le droit de vénérer le créateur en respectant les images comme espace de médiation entre monde sacré et mondé créé et ceux qui traitaient ces derniers d’idolâtres.

Christophe Colomb le vénitien du Portugal jeté à l’eau à Boston, Léopold II roi des belges, à Bruxelles, tagué, mais où va-t-on s’arrêter ? César n’a-t-il pas colonisé une bonne partie de l’Europe ? Napoléon n’est-il pas allé en Afrique après avoir essayé d’entrer en Italie et en Espagne? Le Japon Showa dans son ère expansionniste n’a-t-il pas réduit de nombreux asiatiques en esclaves ? Mehmet II le sultan truc, n’avait-il instauré un grand marché aux esclaves blancs à Constantinople ?

N’oublions pas, si nos ancêtres n’ont pas été des dirigeants modèles, toutes celles et ceux qui ont commencé par faire disparaitre les traces du passé ont toujours partie liée avec les courants nationalistes. Des courants qui ont conduit aux dictatures. Sachons conserver d’eux la mémoire, y compris controversée. Tirons de leurs expériences, de leurs écrits, des leçons pour ne pas reproduire leurs erreurs. Si nous continuons cette folie destructrice de la mémoire, nous risquons de perdre nos identités et d’entrer dans des conflits incessants qui nous conduiront aux régimes totalitaires et à la destruction.

Ne l’oublions pas, l’histoire du monde a été une série de mises sous tutelles de civilisations par d’autres. Les scandinaves poussant leurs conquêtes vers les terres du sud ont réduit les rus en esclavages de nombreuses années[1] ; les turcs et les berbères ont gardés en esclavages les blancs[2] (les femmes pour leurs harems et les hommes comme leurs forces de travail et leurs armées) ; les blancs ont utilisés les noirs comme leurs mains d’œuvre (pour produire le sucre et le coton)[3]. Triste mémoire, mais conservons-la pour lire et apprendre de ces mécanismes qui ont été source honteuses de richesses.  Veillons à ne pas reproduire de telles injustices.

Soyons disciples de Jésus qui vivait dans une terre colonisée par les romains. Un peuple partagé entre des purs qui ne souhaitaient aucun mélange : les pharisiens, et des autorités qui s’accommodaient d’une acculturation : les sadducéens, des peuples voisins en lutte sur les frontières : les syro-phéniciens, ou une tribu divisée par l’histoire religieuse fixiste : les samaritains. Au cœur de ces tensions Jésus va trouver des paroles de communion.

Aux sadducéens et pharisiens il rappellera qu’au lieu de se battre pour savoir quelles sont les lois à appliquer il faut retrouver, l’amour de Dieu et du prochain, leur sens respect du transcendant et service du prochain, comme le rappellent les dix commandements.

A une femme syro-phénicienne suppliant l’aide pour sa fille il accordera la guérison pour que continue la vie. A la femme de Samarie qui venait puiser de l’eau il rappellera que la vraie religion avant d’être affaire de traditions identitaires est soif de communion avec le Tout-Autre qui est proche de chacun.

Il n’hésitera pas une seule seconde à redonner la santé au serviteur du soldat envahisseur, saisissant en cet appel le besoin de compagnonnage du soldat pour continuer à vivre sa mission de surveillance en demeurant humain.

Soyons de ces humains capables d’inventer une nouvelle histoire de paix, qui racontera aux générations à venir les errements de ses ancêtres pour ouvrir des voies nouvelles pour une vie commune sur notre petite planète.

Hier entrant dans un des centres d’hébergement de la ville où j’habite, après avoir été sollicité une rencontre avec la direction, je m’approche d’un jeune couple africain qui écoutait des chansons sur leur téléphone, je demande maladroitement à l’homme d’où il venait. Il me reprend que nous avons beau ne pas avoir la même couleur, que nous étions tous sur la terre et que tous nous avions droit à vivre dignement sur celle-ci, que les frontières avaient été inventées par les hommes. Je m’excuse et leur explique que j’ai longtemps travaillé avec des sénégalais des camerounais, des malgaches et que chacun était vraiment différent, un miracle de cette terre que mon désir n’était pas de les blesser. Je leur demande s’ils le pouvaient, de m’excuser de ma maladresse.  Je m’éclipse pour mon rendez-vous et en me retirant, je fais le détour pour aller de nouveau m’excuser de ma question qui leur avait fait de la peine. Je leur redis qu’il n’y avait aucun de racisme de ma part, que j’étais, il y a quelques jours en conversation avec un jeune ami congolais sur whatsapp, hospitalisé à Kinshasa, après avoir été accidenté par un véhicule. Ce sera pour eux l’occasion de me dire alors leur tristesse d’être depuis 4 ans en centre d’hébergement, alors qu’ils aimeraient commencer à vivre normalement. Violence issue de leur rage de ne parvenir à s’insérer qui s’était traduite en crainte de racisme blanc face aux noirs.

Chaque vie, chaque être humain avant d’être noir, blanc, jaune, rouge, a deux yeux, deux oreilles, deux bras deux jambes exposées aux regards de tous, un cerveau et un cœur invisible, mais qui produisent la vie. Car le cerveau est ce qui anime toutes les pensées et le cœur, le siège des émotions qui conduisent vers les autres. Soyons ces infatigables artisans de justice faisant que tout acte d’incivilité soit justement sanctionné, mais surtout, attelons-nous ensemble à construire de vrais liens dignes de notre humanité, plurielle et un signe de la beauté de la création.

Comme le dit l’appel lancé par nos frères d’Amérique, animateurs de la famille vincentienne. « En 1649, Vincent de Paul écrivait les pauvres sont mon souci et ma douleur. Aujourd’hui en 2020, membres de la famille vincentienne nous redisons fermement ; la vie de hommes et femmes de couleurs comptent ». Les personnes de couleurs et toute vie comptent, à la suite de saint Vincent, dans les pas de Jésus, elles sont notre préoccupation et notre peine.

__________

[1] Gruzinski, Les quatre parties du monde, Ed La Martinière, Paris, 2014.

[2] R.C Davis Esclaves chrétiens maitres musulman, Ed Jacqueline Chambis, Cahors, 2006 ; N’Daye, Le génocide voilé, Folio, Paris 2017.

[3] Olivier Pétré-Grenouilleau, La Traite des noirs, Poche, Ed. PUF, 1998.

 

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Comprendre le papa sur les prêtres homo. Cherchons à comprendre les paroles du pape François sur les prêtres homosexuels

Dans un nouveau livre entrevue écrit avec un prêtre espagnol le pape François affirme que l’homosexualité dans le contexte clérical le préoccupe beaucoup et que c’est une question « très sérieuse » ; il dit que si un prêtre est homosexuel n’est pas capable de conserver la foi à la promesse du célibat il ferait mieux d’abandonner le sacerdoce au lieu de vivre une « double vie »...

Bernard Massarini

Comprendre le papa sur les prêtres homo. Cherchons à comprendre les paroles du pape François sur les prêtres homosexuels

Dans un nouveau livre entrevue écrit avec un prêtre espagnol le pape François affirme que l’homosexualité dans le contexte clérical le préoccupe beaucoup et que c’est une question « très sérieuse » ; il dit que si un prêtre est homosexuel n’est pas capable de conserver la foi à la promesse du célibat il ferait mieux d’abandonner le sacerdoce au lieu de vivre une « double vie », il met en garde les séminaristes pour lesquels l’homosexualité est « profondément enracinée », et selon lui, la perception sociale différente de l’homosexualité (qui serait devenue « de mode ») et qui pénètre y compris la culture catholique.

Les commentaires du Pape ont provoqué la consternation chez ceux qui l’admiraient, craignant qu’il ait fait un pas en arrière face aux diverses approches pastorales face aux personnes LGBT catholiques, qui étaient sa marque de fabrique, et qui satisfait ceux qui habituellement le critiquent parce que son appel constant à la miséricorde risque de briser la doctrine catholique. D’autres sont perplexes face à cette nouvelle controverse : celui qui parle dans le livre est le même homme qui disait en 2013 : « Qui suis-je pour juger? »

De nombreux catholiques et commentateurs se sont interrogés sur les réseaux sociaux : si les prêtres homosexuels qui trahissent le célibat devraient quitter la soutane, que dire des hétérosexuels qui font la même chose ? Nous avons échangé par courriel électronique avec le père James Martin SJ, rédacteur d’América : « Ce n’est pas la première fois que le Pontife est mal compris et un titre coup de poing d’un journal a donné une fausse impression. Il est vrai cependant que les commentaires de François font naitre une certaine confusion. Tout d’abord il parle des prêtres homosexuels qui ont des ˋexpressions d’affectionˊ, finalement qui sont sexuellement actifs : chose qu’il condamne naturellement. Il dit que ne devraient pas être acceptés dans les séminaires ni dans les ordres religieux, mais il affirme que les prêtres homosexuels devraient être ˋentièrement responsablesˊ, ce qui laisse entendre qu’ils sont acceptés s’ils respectent le célibat…J’ai l’impression qu’il leur rappelle simplement leur promesse de célibat, qu’ils ont en commun avec tous les autres prêtres ». 

L’opinion du Pape, selon lequel l’homosexuel serait devenu « de mode » dans la culture occidentale contemporain, fait peur et fait souffrir beaucoup : « Je ne peux parler au nom du Pape, mais je présume non qu’il voulut dire qu’elle est toujours plus visible dans la vie publique. Mais cependant, que l’homosexualité est ‘à la mode’, n’est pas seulement une erreur, mais une attaque car répand l’idée que les personnes homosexuelles ‘choisissent’ leur orientation, ce qui signifierai aller non seulement contre les psychiatres responsables, mais aussi contre l’expérience de vie des personnes LGBT » dit le père Martin.

Mais le Pape s’est-il réellement éloigné de ce que l’Eglise a déjà affirmé au sujet des séminaristes et prêtres homosexuels ? « Non à proprement parler, mais il est important de lire ses commentaires dans le contexte de ses autres observations sur le sujet : la phrase la plus connue : ‘Mais qui suis-je pour juger ?’, une réponse à une demande sur les prêtres gay ; et une plus récente, que François a dit à son ami Juan Carlos Cruz, un gay qui a été victime d’abus sexuels ‘Dieu t’a fait ainsi’.

Selon le psychologique Thomas Plante, qui enseigne la psychologie à l’Université Sainte Claire en Californie, la source de ces nouvelles prises de position du Pape remontant à l’Instruction vaticane de 2005 sur l’admission des personnes ‘aux tendances homosexuelles’ au sacerdoce, un document qui propose les mêmes distinctions que François a décrite dans la brève entrevue avec le clarétain Fernando Prado : s’il est admissible d’admettre au séminaire des hommes qui ont expérimenté une attirance homosexuelle ‘transitoire’, les candidats ayant cette ‘tendance enracinée’ devraient être dissuadé, tout en respectant leur sensibilité.

Le problème est que cette distinction ne résiste pas à la lumière des connaissances psychologiques contemporaines : « En même temps notre Eglise ploie sous le poids de tels documents. Elle pense que ce mec avec col romain et barrette rouge qui écrivent ces documents devraient se faire aider de professionnels dans le domaine » dit le docteur Plante, ajoutant que le langage de l’Instruction ne reflète pas « nos connaissances sur la sexualité humaine, sur l’homosexualité et sur son fonctionnement ».

Le docteur Plante a examiné des milliers d’aspirants au sacerdoce et a pratiquement renoncé, lui et le directeur du séminaire dans lequel il travaillait, pour faire la distinction sur laquelle insiste apparemment le Vatican :  « le point critique de la question et que l’orientation sexuelle, du point de vue psychologique et du possible risque d’abus, est insignifiante : est plus important comment se comporte la personne dans ses pulsions et ses désirs, qu’elle soit hétéro ou homosexuelle : c’est là le point ». Lorsque le Pape parle spontanément sur un thème tant chargé émotionnellement, il y a le risque que « les prêtres homosexuels deviennent les boucs émissaires par le simple fait d’être homo, non en raison de ce qu’ils font mais de leur orientation [] pour ce qu’ils sont, non pour ce qu’ils font, et ceci est un problème énorme ».

Le docteur Plante se demande pourquoi le Pape et les évêques ne recourent pas plus souvent aux professionnels de la psychologie et de la sexualité humaine pour émettre leurs opinions sur ce thème : « Là il y a besoin de clarté parce que c’est un thème chaud », autour duquel « il y a trop d’émotivité, trop de colère, trop d’hostilité. Il y a besoin de reprendre profondément son souffle et de communiquer d’une façon claire, parce que lorsque ce n’est pas réellement clair les personnes projetteront leur propres histoires [sur ce qui est dit» et nous courrons alors le risque que certains utilisent les imprécisions du Pape comme une ‘arme’ pour rendre coupable les prêtres homosexuels

Le Père Martin est d’accord avec le fait qu’utiliser un ‘langage imprécis’ ou faire des commentaires qui ‘semblent contradictoire’ peut tromper les fidèles ‘et même démoraliser, dans certains cas’. « [Il y a des commentaires que] nous avons l’habitude d’utiliser par les partis opposés créant de nouvelles divisions dans l’Eglise. Nous parlons tous murmurons, mais lorsque le Pape le fait il y a un plus grand risque de faire des dégâts »

Thomas Plante ne croit pas, comme le suggère certains titres de journaux, que François ou le Saint-Siège souhaite expulser les prêtres homosexuels : « Nous voyons ce qu’il arriverait si nous avions vraiment une Inquisition pour expulser tous les prêtres homosexuels » ; selon Plante cela signifierait une réduction ‘d’un tiers ou de la moitié’ du nombre des prêtres, la suppression et l’humiliation, « de personnes qui n’ont rien fait de mal aucune erreur et qui savent se gérer leur pulsions, ce que doivent aussi savoir faire les époux, comme les prêtres hétérosexuels. J’aime le Pape François, mais il ne travaille pas dans le champ de la santé mentale. Parce qu’il ne parle pas avec des professionnels ? Il y a beaucoup de catholiques engagés dans l’Eglise qui veulent aider à et apprendre davantage sur le sujet. Nous voulons vous aider, nous avons de bonnes intentions et nous voulons aider l’Eglise. Si le Vatican avait des fuites dans une toiture, ils appelleraient un col romain ou une barrette rose avec échelle et chevilles pour le réparer ? ».

* Kevin Clarke est correspondant en chef de l’hebdomadaire Americae auteur d’un libro sur saint Oscar Romero.

Article de Kevin Clarke* publié sur le site de l’hebdomadaire des jésuites américain (Etats-Unis) le 5 décembre 2018.

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175 ans de la fondation des religieux de saint Vincent de Paul

Près de 150 personnes avaient pris place dans la chapelle Notre-Dame de grâce, ce 2 mars, dans la rue Fondary pour la célébration du deuxième jour du triduum des 175 ans de la fondation des religieux de saint Vincent de Paul

Bernard Massarini

175 ans de la fondation des religieux de saint Vincent de Paul

Près de 150 personnes avaient pris place dans  la chapelle Notre-Dame  de grâce, ce 2 mars, dans la rue Fondary pour la célébration du deuxième jour du triduum des 175 ans de la fondation des religieux de saint Vincent de Paul.

9 prêtres entouraient le Père  provincial de France et le provincial d Afrique de l’Ouest et moi-même ainsi que deux servants de messe pour la procession d’entrée. Célébration simple animée par un chœur qui favorisait l’action de grâce.

Dans son homélie, le père provincial nous a rappelé que l’appel à la charité était le chemin ordinaire du disciple de Jésus, qu’un chrétien sans charité est une personne sans cœur, un chrétien en peinture selon les dires de Monsieur Vincent : « …Tous les hommes composent un corps mystique ; nous sommes tous membres les uns des autres. On n’a jamais ouï qu’un membre, non pas même dans les animaux, ait été insensible à la douleur d’un autre membre ; qu’une partie de l’homme soit froissée, blessée ou violentée, et que les autres ne s’en ressentent pas. Cela ne se peut. Tous nos membres ont tant de sympathie et de liaison ensemble que le mal de l’un est le mal de l’autre. A plus forte raison, les chrétiens, étant membres d’un même corps et membres les uns des autres, se doivent-ils de compatir. Quoi ! Être chrétien et voir son frère affligé, sans pleurer avec lui, sans être malade avec lui ! C’est être sans charité ; c’est être chrétien en peinture ; c’est n’avoir point d’humanité ; c’est être pire que les bêtes » (XII, 271). Il souligne que pour Jean-Léon Le Prevost, fondateur de leur Congrégation, aidé de Maurice Maignen et Clément Myionnet, cette charité est la marque de leur vie.  Ce 2 mars étant l’anniversaire de la première journée de patronage, le Père provincial nous a cité les impressions des premiers Frères face à des enfants  vivant dans une pauvreté repoussante, grossiers et indisciplinés. Guidés par la foi, embrasés de l’amour du Christ, ils vont déplacer des montagnes. Ainsi va naître la Congrégation des Religieux de st Vincent de Paul, composée de frères laïcs que des prêtres viendront rejoindre par la suite.

Tous après avoir rendu grâce avec Marie sont invités  à rejoindre une salle où nous attend un apéritif dinatoire et où vont se retrouver avec les Religieux de plusieurs nationalités, des fidèles de la chapelle et des autres œuvres RSV, des collaborateurs et amis ainsi que des animateurs des patronages.

Puis lentement nous sommes dirigés vers une des salles du patronage pour la table ronde réunissant autour de Louis Daufresne,  rédacteur en chef de radio Notre-Dame,  le frère Alexis Kleiner qui vient de rédiger le “Prier quinze jours avec Jean-Léon Le Prévost”, le R.P. Bernard Pitaud, sulpicien, spécialiste de l’École française, Laurence Munoz, vice-présidente de la Fédération Sportive et Culturelle de France à laquelle sont affiliés les patronages RSV, et Martin Choutet, co-fondateur de l’Association Pour l’Amitié connue pour son service de collocation solidaire.

L’animateur ouvre en nous rappelant que nous allons être situés au cœur du XIXe siècle et de l’émergence des questions sociales que l’Eglise aura soucis d’accompagner tant par des paroles que des œuvres. C’est le frère  Kleiner qui nous fait mieux découvrir Mr le Prévost. Son père était chef de fabrique (président du conseil économique) donc croyant et pratiquant fidèle. En cette première moitié du XIXème siècle la France sort de la tourmente révolutionnaire. On réouvre les églises au culte. Lorsqu’il se présente sur Paris, Jean-Léon Le Prevost fréquente les salons où il côtoie des personnalités telles que Montalembert et Victor Hugo. Il  rejoint le groupe de jeunes étudiants qui s’est constitué autour de Frédéric Ozanam et propose de mettre cette “conférence de la charité” sous le patronage de saint Vincent de Paul. Il s’agit de mettre la charité en œuvre pour montrer la pertinence de la foi chrétienne à la société anti-religieuse qui s’organise. Jean-Léon Le Prevost entend l’appel à se mettre au service de la jeunesse des classes ouvrières pauvres et participe à la dynamique qui mettra en œuvre les premières lois sociales les concernant en 1862. Si les enfants travaillent pour garantir les faibles économies familiales, il faut préserver leur aptitude à s’instruire. C’est donc avec l’aide de deux autres compagnons, Clément Myionnet et Maurice Maignen, qu’il fonde une Congrégation de frères et de prêtres à laquelle sont associés les laïcs pour servir et évangéliser les pauvres.

Il s’inscrit dans la dynamique de Saint Vincent de Paul comme nous le rappelle le Père Pitaud, à une époque ou la richesse était bénédiction et la pauvreté un statut social qui allait bénéficier de l’aumône pour vivre en harmonie, assuré de la providence divine. Monsieur Vincent va entendre l’appel de Jésus à se faire le proche des pauvres. Et dans la société, les pauvres vont devenir ses maîtres et ses seigneurs. Il met les dames riches à leur service et créé les Filles de la Charité pour qu’elles deviennent les “domestiques des pauvres” à l’image des riches qui ont les leurs. Il a le génie de l’organisation et répond à tous types de pauvretés (enfants abandonnés, personnes âgées, prisonniers etc…) prolongeant ainsi la mission de Jésus.

Puis Madame Munoz nous retrace l’histoire de la fédération des associations sportives et culturelles de France qui ont regroupées jusqu’à 4500 patronages. Nées dans l’après-guerre, elles visent à offrir aux jeunes des espaces pour se construire des personnalités fortes et harmonieuses ; elles s’inscrivent dans la dynamique du catholicisme social. Ces patronages vont progressivement se spécialiser dans les activités sportives devenant des clubs attractifs porteurs d’un projet pédagogique marqué par les valeurs chrétiennes. Dans les années 1960, l’épiscopat mettra davantage l’accent sur les mouvements d’action catholique, ce qui aura pour conséquence la perte de vitesse des patronages.

Dans les années 1980 le cardinal Lustiger, pressentant la nécessité d’espaces où pourrait être présentée la foi chrétienne dans un cadre d’animation, crée la fédération des associations culturelles, éducatives et de loisirs, relançant la magnifique expérience qui jusqu’à ce jour est en grand dynamisme.

La FSCF quant à elle va choisir de retrouver ses fondamentaux en proposant une charte GPS (guide de proposition de sens)  qui lui permettra de reprendre sa mission d’éducation intégrale, sortant de la seule culture sportive qui s’était progressivement transformée en culture de la réussite au lieu d’être une culture de la rencontre.  

Enfin nous parle Mr Choutet fondateur de l’Association Pour l’Amitié connue pour ses collocations solidaires qui permettent à des personnes à la rue de retrouver un lieu de vie en compagnie de personnes insérées en recréant des espaces de confiance et renouant le tissu social défait par la vie errante.

Depuis peu cette association développe aussi des repas partagés les dimanches dans 7 paroisses parisiennes permettant aux personnes seules de vivre leur déjeuner du dimanche autrement, et des sorties de tourisme culturel ou spirituelles associant des personnes en difficulté avec d’autres membres de communautés chrétiennes. Martin Choutet rappellera que malgré le droit au logement reconnu pour toute personne humaine nous avons en France 50.000 personnes qui chaque soir dorment en hôtel et de nombreuses personnes déplacées qui vivent en grande précarité aux portes de nos villes.

Suit un débat qui fait ressortir que les patronages sont une institution dynamique, 2 par an sont créés à Paris. Ils répondent en même temps aux besoins des familles surchargées dans les rythmes de travail et sont des lieux de transmission de la culture (apprentissage des règles de la vie commune) et spirituelle (transmission du message chrétien). Sollicité pour nous résumer l’héritage de Mr le Prévost, le frère Kleiner nous parle de la bienveillance qui devra toujours caractériser quelqu’un désirant s’engager dans ses pas. Cette qualité permet de découvrir en chacun la perle rare dont il est porteur et qu’il peut offrir à tous pour la construction d’une société fraternelle. Faisant en sorte que le Royaume de Dieu dont Jésus s’est fait le propagateur puisse se déployer.

Les derniers mots reviendront au supérieur général qui présentera les novices qui vont continuer à porter le charisme et remercie tous les coopérateurs rappelant que la congrégation désormais présente aussi au Canada, en Afrique et au Brésil va continuer à déployer ces splendides intuitions qu’ont su porter des chrétiens en période troublée.

 

LIEN IMPORTANT : https://www.paris.catholique.fr/pelerinage-pour-les-175-ans-des.html

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La rencontre des délégués de la famille vincentienne à Rome. 7-12 Janvier 2020

Une première dans notre famille, quatre jours pour comprendre notre histoire, écouter ce que déjà nous vivons, approfondir le sens de notre charisme et finalement proposer des voies pour progresser afin d’offrir un service efficace des plus pauvres afin que l’Evangile de Jésus soit porté aux périphéries de l’Eglise et du monde.

Bernard Massarini

La rencontre des délégués de la famille vincentienne à Rome. 7-12 Janvier 2020

Nous étions près de 200 personnes de 97 branches de la Famille Vincentienne réunis à Rome du 7 au 12 janvier 2020 par le Bureau international de la Famille Vincentienne. Une première dans notre famille : quatre jours pour comprendre notre histoire, écouter ce que déjà nous vivons, approfondir le sens de notre charisme et finalement proposer des voies pour progresser afin d’offrir un service efficace des plus pauvres pour que l’Évangile de Jésus soit porté aux périphéries de l’Eglise et du monde.

La rencontre s’est ouverte par l’audience du pape. Il nous a accordé un temps de photo à l’issue de sa catéchèse. L’après-midi a ouvert la rencontre par deux conférences : celle du Père MALONEY, ancien supérieur général des Lazaristes, qui a mis en route cette aventure commune et une de l’actuel supérieur Général, le P. Tomaz MAVRICK qui nous a donné des orientations à vivre pour que la Famille Vincentienne développe la richesse du charisme que l’Eglise lui a confié.

C’est en 1994, lors d’une visite des lazaristes au Mexique, que le Père MALONEY aura la joie de découvrir avec les Pères de la Mission, les Filles de la Charité, ce qu’il avait l’habitude de rencontrer lors de ses visites mais cette fois, ils lui ont donné l’occasion de rencontrer la Société Saint-Vincent-de-Paul, les Equipes Saint-Vincent (AIC) et la Jeunesse Mariale Vincentienne. La découverte de cette solide collaboration fait prendre conscience du  dynamisme de ces divers acteurs animés de l’esprit laissé par Saint Vincent au Mexique. C’est cette prudence audacieuse alliant amour des pauvres et  attachement indéfectible à Jésus-Christ qui caractérisait Vincent. Fort de cela, le Père MALONEY va proposer l’année suivante, à Rome, que se retrouvent le président international de la Société Saint-Vincent-de-Paul, la Président des AIC et la Supérieure Générale des Filles de la Charité. C’est l’occasion pour chacun des responsables de dire leur joie de découvrir qu’en Eglise, ils vivent le même charisme, chacun dans sa tradition propre. Ils repartiront après avoir vécu un moment avec le Pape Jean-Paul II, heureux d’entendre que les vincentiens étaient disposés à mettre leur charisme au service de l’Eglise. Ils repartiront avec une intuition à manifester ensemble : ils établiront une date annuelle de fête et créeront une prière pour avoir une force commune.

Puis le Père MAVRICK, actuel supérieur général des prêtres de la mission et coordinateur de la Famille Vincentienne,  nous a partagé la joie de constater ce grand dynamisme que nous sommes au cœur de l’Eglise et il nous a invité à approfondir la formation à la spiritualité, à veiller à conserver le charisme dans toutes nos institutions d’éducation où la présence des religieux et religieuses diminue, à veiller au service intégral de la personne dans nos institutions de santé, à continuer à promouvoir des initiatives pour aider à sortir de la misère et améliorer nos réponses aux situations de catastrophes naturelles.  

Nous avons vu qu’il faudra attendre 2015 pour que le premier Bureau de la Famille Vincentienne voie le jour et que s’organise cette dynamique souhaitée depuis 20 ans déjà. Elle est composée d’un Bureau formé des 4 branches historiques (AIC, Lazaristes, Filles de la Charité, Société Saint Vincent de Paul) et de 4 branches rotatives pour des mandats de 3 ans. Il est assisté par le Bureau du comité exécutif qui coordonne le travail des commissions : communication, charisme, collaboration, changement systémique, sans-abris depuis le symposium 2017. Il nous a été demandé d’insister sur la communication entre nous afin que nous entrions davantage dans une ère de communion en approfondissant notre chemin commun.

La Famille Vincentienne est aujourd’hui présente dans 158 pays sur les 197 reconnus par l’ONU. Elle s’est  déjà dotée de 120 conseils nationaux dont 46 animés par des frères ou prêtres de la Congrégation de la Mission, et 20 par des religieuses de plus de 15 congrégations. Parmi les 54 autres conseils nationaux, la moitié sont animés par des laïcs des divers mouvements et associations vincentiennes. Il s’agit donc d’une famille en action et dynamique qui a besoin de solides bases communes pour déployer la richesse des services qu’elle propose de par le monde.

Le second jour, ce fut la culture des vocations qui a été abordée. Nous nous sommes interrogé sur la façon dont nous pouvons transmettre l’appel au service comme vincentiens, en sachant témoigner de la joie de vivre et en invitant celles et ceux qui nous entourent à partager nos activités, nos temps de prière et peut-être en faisant bénéficier de nos lieux de vies pour que les personnes puissent s’ancrer dans le chemin vincentien. La table ronde qui suivra fera échanger un jeune d  la Jeunesse Mariale Vincentienne du Liban, une avocate Haïtienne au service des projets de développement, un frère d’une communauté aux USA et une sœur anglaise. Ils nous ont permis d’entendre à nouveau le murmure de Jésus qui a invité au creux de leurs rencontres du quotidien ces sœurs et ces frères à faire un pas de plus pour répondre à son appel au service des plus fragiles.

L’après-midi a été consacré à la transmission du charisme et les difficultés rencontrées. Le Père MAVRICK nous exposera l’appel du frère Aloïs, prieur de la Communauté de Taizé. Honorant l’appel du frère Roger, fondateur de la communauté, l’ancienne supérieure générale des Filles de la Charité avait offert quelques sœurs pour le service des jeunes. Elles n’ont pu demeurer, et la communauté sollicite la Famille vincentienne pour qu’elle propose des frères ou des sœurs pour prendre en charge l’infirmerie de ce lieu d’évangélisation de plus de 40.000 jeunes du monde entier annuellement. Puis ont été évoqué les saints et bienheureux de la famille en vue de l’élaboration du lectionnaire de la Famille Vincentienne. S’en est suivie une réflexion sur la continuité du charisme sans la présence des religieux et religieuses avec l’exemple de la Hollande. Le samedi a été consacré à penser notre façon d’affermir le déploiement de la famille et sur la façon de la rendre présente sur le net. 

Nous avons ensuite évoqué le festival de films qui a eu lieu l’année suivant l’anniversaire des 400 ans du charisme à Castel-Gondolfo, ce qui a révélé une richesse de création cinématographique durant le synode des évêques sur les jeunes. Il avait pour thème « la mondialisation de la charité ». De nombreux courts-métrages et films ont été réalisés. Nous avons eu la joie de voir deux courts-métrages qui nous ont présenté deux situations en Europe : la crise économique en Espagne et la situation des migrants. Puis ce fut au tour de l’alliance pour les sans-abris lancée lors du symposium de 2017, qui avec la délégation vincentienne à l’ONU s’est proposée de trouver 10.000 logements stables pour des sans-abris. Il faut saluer l’efficacité de nos réseaux qui depuis octobre 2017 ont déjà trouvé 8600 logements pour des personnes seules et des familles. Nous entendons que le fondement de notre charisme n’est pas dans la défense de valeurs, mais bien dans l’acceptation à nous laisser bousculer par l’Évangile qui rejoint tout homme et tout l’Homme. Cette dignité n’est pas liée à la performance individuelle mais doit prendre en compte l’histoire, les relations, la dimension familiale et sociale de la personne accueillie.

Les échanges en groupes linguistiques ont aidé à soutenir, préciser et donner des éléments que le Bureau pourra utiliser pour continuer son action de soutien de la grande dynamique de service des pauvres dans laquelle nous sommes engagés en Eglise. Nous venons de vivre un symposium riche en rencontres, en échanges : il nous a aidé à préciser, à approfondir notre identité, tout en envisageant des outils pour ce nouvel espace missionnaire de notre Eglise. La charité du Christ nous presse, nous sommes conscients que la dignité de l’homme n’est pas une idéologie mais un combat. Sans jamais renoncer, nous aimerons corporellement et spirituellement les plus fragiles qui nous serons présentés pour que la Bonne Nouvelle de Jésus soit effective.

Bernard MASSARINI, c.m. au nom de l’Archiconfrérie de la Sainte-Agonie

 

Bernard MASSRINI c.m. au nom de l’Archiconfrérie de la Sainte Agonie

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Le Berceau accueille des jeunes

Tous les bénévoles animateurs sont heureux de participer à la découverte de ce géant de la charité qui touche les jeunes, par son grand sens du service des plus pauvres et le fait qu’il n’est pas un religieux qui enferme dans des cases, mais qui donne le goût de la rencontre.

Bernard Massarini

Le Berceau accueille des jeunes

Quels jeunes ?

Chaque année le Berceau reçoit 10.000 personnes durant l’année, et d’avril à juin, elle accueille plus de 800 jeunes. Il y a deux types de passages : ceux d’une journée de 10h à 16h, et ceux pour des sessions de 2 à 5 jours, dans le cadre d’une préparation au sacrement de confirmation ou d’une session « silence et prière » organisée par un groupe ou un mouvement.

Les passages sur une journée concernent des jeunes de 9 à 18 ans d’aumôneries scolaires d’établissements privés ou publics, et de jeunes en catéchèse dans leurs paroisses.

Ceux qui viennent pour la préparation au sacrement de confirmation viennent de secteurs paroissiaux de diocèses de la province ecclésiastique, et de plus loin (Versailles, Carcassonne, …).

Nous recevons aussi la centaine de jeunes du pélé-VTT durant la période estivale juste quelques heures, et quelques équipes d’étudiants du Raid 4L Trophy, rallye voiture de France au Maroc, sponsorisées par la SSVP.

Viennent aussi des jeunes de toute la France avec les prêtres de la Fraternité St Thomas Becket, pour des sessions d’initiation à la vie intérieure et à la prière.

Quel accueil ?

C’est une équipe animatrice de 7 personnes, 4 laïcs, une sœur et deux prêtres, qui assure ce service général d’accueil. Ils présentent ou des témoignages ou des enseignements sur les sacrements, la foi, le credo… etc…

Aux groupes qui passent, plusieurs temps sont proposés :

– la découverte du lieu avec une vidéo accompagnée d’explications sur la Famille Vincentienne ;

– puis la visite de Ranquines, la maison natale. C’est l’occasion de raconter des détails de la vie de saint Vincent, en s’appuyant sur les divers objets qui nous le rappellent : les citations des lettres de saint Vincent, le fauteuil de la famille qui le recevait dans l’internat qu’il avait fondé, et le buste du visage mortuaire,

– enfin la chapelle, où l’on porte l’attention sur la foi comme source de la vie de saint Vincent.

Les groupes reçoivent des feuillets pour noter leurs découvertes.

Après leur temps de restauration, nous leur proposons divers types de jeu pour approfondir la connaissance de St Vincent. Certains sont très mobiles, d’autres plus statiques : du jeu de l’oie aux mots croisés, en passant par l’enquête sur le vol, les traversées pour être au service des plus faibles, la richesse de la vie familiale. Chacun des jeux est constitué de 3 à 5 étapes qui comprennent ou des approches de textes bibliques, ou des lectures d’extraits de saint Vincent, et des défis sportifs (course d’obstacle, labyrinthe, etc.).

Pour chaque groupe qui va de 40 à 300 participants, nous sommes de 2 à 6 animateurs présents, suivant le nombre, pour mieux aider à un déroulement qui permette à tous de vivre ce temps dans les meilleures conditions possibles. La meilleure taille du groupe est la trentaine.

Quelles leçons ?

La rencontre de groupes s’effectue dans une grande simplicité. Le temps de présentation rapide passé pour aider chacun de trouver sa place et être (re)connu ; les adultes présents nous accompagnent, participent, encadrent à travers les différentes activités. Les objectifs définis et le cadre posé, commence un véritable partage de connaissances, de compétences et de plaisir au service de la découverte ou de l’approfondissement de Mr Vincent et de ses œuvres. A la fin de la journée, selon les groupes, le temps consacré à la visite ou aux activités, à l’expérience vécue par les uns ou les autres, le retour ou la synthèse nous renforcent dans le besoin de ces jeunes à entendre le message de Mr Vincent – criant d’actualités – et profondément à l’écoute.

Des témoignages où la parole se libère permettent un retour sur des événements intimes, un temps nécessaire de réflexion sur nos  choix de  vie.

Chaque groupe a ses attentes et chaque visite est différente, enrichissant chacun de ces rencontres multiples dans la sérénité du site.

Tous les bénévoles animateurs sont heureux de participer à la découverte de ce géant de la charité qui touche les jeunes, par son grand sens du service des plus pauvres et le fait qu’il n’est pas un religieux qui enferme dans des cases, mais qui donne le goût de la rencontre. L’évocation de la honte de son père, de ses larmes après sa visite à sa famille, touche beaucoup qui le trouvent accessible.

Certains jeunes ou animateurs vont même laisser quelques mots sur le cahier des prières de Ranquines, confiant à Saint Vincent des personnes en souffrance dans leur voisinage ou même parfois dans leurs familles.

Il nous est demandé d’être inventifs pour redonner confiance aux plus jeunes qui sont objets de railleries dès qu’ils sont reconnus comme croyants. Nous les aidons à découvrir que croire est comme goûter sa musique propre. A l’image des divers styles musicaux : rap, slam, rock, raï face auxquels nous pouvons marquer surprise, mais jamais rejet, car les styles musicaux sont tous également respectables.

Il nous faut aussi nous faire proche des plus grands, confrontés à une existence incertaine, souvent violente et vide de sens, pour leur offrir un espace et une parole vivante et dynamique, accompagnée d’un témoignage de vie heureuse et donnée au service des autres, les aidant ainsi à retrouver confiance dans leur foi hésitante et souvent fragilisée par leur environnement, et à se remettre sur la route pour, avec les autres, faire naitre le monde de demain dont ils rêvent : monde fraternel et solidaire, un monde des relations humaines épanouissantes, à l’image du royaume dont Jésus a dessiné les traits durant son existence terrestre.

L’équipe trop petite pour ce merveilleux service est preneuse de bonnes volontés pour nous aider dans ces temps d’animation, aidant à enrichir les témoignages qui pourront être portés aux jeunes. Intéressé, il faut avoir la foi, connaitre un peu Saint Vincent, aimer l’animation pour contribuer à animer ou juste accompagner ces temps. Si cela vous dit et qu’avez un peu de temps, n’hésitez pas à nous contacter, nous serons heureux de vous compter parmi les bénévoles au service des jeunes.

, Anita Briffeuil ; Elena Cruz CALVO ; Bernard MASSARINI ; Frédéric PELLEFIGUE 🔸

Il nous est demandé d’être inventifs pour redonner confiance aux plus jeunes qui sont objets de railleries dès qu’ils sont reconnus comme croyants. Nous les aidons à découvrir que croire est comme goûter sa musique propre.

Bernard Massarini
POUR DEMANDER DES INFORMATIONS OU CONNAÎTRE DAVANTAGE
VISITEZ NOTRE SITE :

www.ouvre-berceau-st-vincent.cef.fr/

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Quels jeunes ?

Chaque année le Berceau reçoit 10.000 personnes durant l’année, et d’avril à juin, elle accueille plus de 800 jeunes. Il y a deux types de passages : ceux d’une journée de 10h à 16h, et ceux pour des sessions de 2 à 5 jours, dans le cadre d’une préparation au sacrement de confirmation ou d’une session « silence et prière » organisée par un groupe ou un mouvement.

Les passages sur une journée concernent des jeunes de 9 à 18 ans d’aumôneries scolaires d’établissements privés ou publics, et de jeunes en catéchèse dans leurs paroisses.

Ceux qui viennent pour la préparation au sacrement de confirmation viennent de secteurs paroissiaux de diocèses de la province ecclésiastique, et de plus loin (Versailles, Carcassonne, …).

Nous recevons aussi la centaine de jeunes du pélé-VTT durant la période estivale juste quelques heures, et quelques équipes d’étudiants du Raid 4L Trophy, rallye voiture de France au Maroc, sponsorisées par la SSVP.

Viennent aussi des jeunes de toute la France avec les prêtres de la Fraternité St Thomas Becket, pour des sessions d’initiation à la vie intérieure et à la prière.

Quel accueil ?

C’est une équipe animatrice de 7 personnes, 4 laïcs, une sœur et deux prêtres, qui assure ce service général d’accueil. Ils présentent ou des témoignages ou des enseignements sur les sacrements, la foi, le credo… etc…

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– la découverte du lieu avec une vidéo accompagnée d’explications sur la Famille Vincentienne ;

– puis la visite de Ranquines, la maison natale. C’est l’occasion de raconter des détails de la vie de saint Vincent, en s’appuyant sur les divers objets qui nous le rappellent : les citations des lettres de saint Vincent, le fauteuil de la famille qui le recevait dans l’internat qu’il avait fondé, et le buste du visage mortuaire,

– enfin la chapelle, où l’on porte l’attention sur la foi comme source de la vie de saint Vincent.

Les groupes reçoivent des feuillets pour noter leurs découvertes.

Après leur temps de restauration, nous leur proposons divers types de jeu pour approfondir la connaissance de St Vincent. Certains sont très mobiles, d’autres plus statiques : du jeu de l’oie aux mots croisés, en passant par l’enquête sur le vol, les traversées pour être au service des plus faibles, la richesse de la vie familiale. Chacun des jeux est constitué de 3 à 5 étapes qui comprennent ou des approches de textes bibliques, ou des lectures d’extraits de saint Vincent, et des défis sportifs (course d’obstacle, labyrinthe, etc.).

Pour chaque groupe qui va de 40 à 300 participants, nous sommes de 2 à 6 animateurs présents, suivant le nombre, pour mieux aider à un déroulement qui permette à tous de vivre ce temps dans les meilleures conditions possibles. La meilleure taille du groupe est la trentaine.

Quelles leçons ?

La rencontre de groupes s’effectue dans une grande simplicité. Le temps de présentation rapide passé pour aider chacun de trouver sa place et être (re)connu ; les adultes présents nous accompagnent, participent, encadrent à travers les différentes activités. Les objectifs définis et le cadre posé, commence un véritable partage de connaissances, de compétences et de plaisir au service de la découverte ou de l’approfondissement de Mr Vincent et de ses œuvres. A la fin de la journée, selon les groupes, le temps consacré à la visite ou aux activités, à l’expérience vécue par les uns ou les autres, le retour ou la synthèse nous renforcent dans le besoin de ces jeunes à entendre le message de Mr Vincent – criant d’actualités – et profondément à l’écoute.

Des témoignages où la parole se libère permettent un retour sur des événements intimes, un temps nécessaire de réflexion sur nos  choix de  vie.

Chaque groupe a ses attentes et chaque visite est différente, enrichissant chacun de ces rencontres multiples dans la sérénité du site.

Tous les bénévoles animateurs sont heureux de participer à la découverte de ce géant de la charité qui touche les jeunes, par son grand sens du service des plus pauvres et le fait qu’il n’est pas un religieux qui enferme dans des cases, mais qui donne le goût de la rencontre. L’évocation de la honte de son père, de ses larmes après sa visite à sa famille, touche beaucoup qui le trouvent accessible.

Certains jeunes ou animateurs vont même laisser quelques mots sur le cahier des prières de Ranquines, confiant à Saint Vincent des personnes en souffrance dans leur voisinage ou même parfois dans leurs familles.

Il nous est demandé d’être inventifs pour redonner confiance aux plus jeunes qui sont objets de railleries dès qu’ils sont reconnus comme croyants. Nous les aidons à découvrir que croire est comme goûter sa musique propre. A l’image des divers styles musicaux : rap, slam, rock, raï face auxquels nous pouvons marquer surprise, mais jamais rejet, car les styles musicaux sont tous également respectables.

Il nous faut aussi nous faire proche des plus grands, confrontés à une existence incertaine, souvent violente et vide de sens, pour leur offrir un espace et une parole vivante et dynamique, accompagnée d’un témoignage de vie heureuse et donnée au service des autres, les aidant ainsi à retrouver confiance dans leur foi hésitante et souvent fragilisée par leur environnement, et à se remettre sur la route pour, avec les autres, faire naitre le monde de demain dont ils rêvent : monde fraternel et solidaire, un monde des relations humaines épanouissantes, à l’image du royaume dont Jésus a dessiné les traits durant son existence terrestre.

L’équipe trop petite pour ce merveilleux service est preneuse de bonnes volontés pour nous aider dans ces temps d’animation, aidant à enrichir les témoignages qui pourront être portés aux jeunes. Intéressé, il faut avoir la foi, connaitre un peu Saint Vincent, aimer l’animation pour contribuer à animer ou juste accompagner ces temps. Si cela vous dit et qu’avez un peu de temps, n’hésitez pas à nous contacter, nous serons heureux de vous compter parmi les bénévoles au service des jeunes.

, Anita Briffeuil ; Elena Cruz CALVO ; Bernard MASSARINI ; Frédéric PELLEFIGUE 🔸

Il nous est demandé d’être inventifs pour redonner confiance aux plus jeunes qui sont objets de railleries dès qu’ils sont reconnus comme croyants. Nous les aidons à découvrir que croire est comme goûter sa musique propre.

Bernard Massarini
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