Famille Vincentienne en France. Rencontre du 15 novembre 2018

Famille Vincentienne en France. Rencontre du 15 novembre 2018

Ce 15 novembre, nous nous sommes retrouvés dans le bâtiment où siègent les Équipes Saint Vincent-AIC France, au 67 rue de Sèvres à Paris. Elles étaient représentées par France MORANE et Muriel WITTMAN ; l’Association de la Sainte Agonie par Mmes d’ARX  et CREPEY ; l’Association de la Médaille Miraculeuse par Mme FLOUR ; les Religieux de Saint Vincent de Paul par le Père Gilles MORIN, provincial ; les sœurs Missionnaires de l’Évangile par sœur Reine-Marie RIVAUX, la Société Saint Vincent de Paul  par M. LANTERNIER et le P. DESCLAUX ; la Jeunesse Mariale Vincentienne par Mlle MADRID ; les Filles de la Charité par sœur Éliane BULTEL et sœur Marie-Vianney RESSEGAND pour les Sœurs de l’Union Chrétienne de Saint-Chaumond.

S’étaient excusés car retenus pour des rencontres imprévues dans l’exercice de leurs missions : Sœur Nicole-Marie ROLAND des Sœurs de Jeanne-Antide Thouret, sœur Blandine KLEIN des Sœurs de la Charité de Strasbourg et le P. HISS de la Maison du Missionnaire.

Après un temps de café préparé par le bureau national des Équipes Saint Vincent-AIC France qui nous recevaient, nous avons débuté notre temps de rencontre par une prière selon la pratique des équipières : une lecture méditée puis partage sur le texte des béatitudes, puis nous avons commencé l’ordre du jour en évoquant la visite du P. Agostino, coordinateur international de la famille vincentienne, venu rencontrer cinq congrégations dont trois nouvelles ayant un lien avec st Vincent : les sœurs de sainte Marie de la Présentation de Broons qui ont décliné étant trop peu nombreuses déjà reliées à d’autres dynamiques, les sœurs du Christ Mystère d’Union qui disent être trop prises par le soutien de leur dimension internationale pour rejoindre une coordination supplémentaire. Et les sœurs Missionnaire de l’Evangile dont nous accueillions une d’entre elles. : sœur Reine-Marie.

Les sœurs Missionnaires de l’Évangile sont nées de quatre congrégations : trois du 17ème et une du 19ème siècle.  La plus ancienne, les sœurs de la charité d’Angers (sous Louis XIV nées au moment du grand enfermement vivaient avec les pauvres dans l’hôpital) ; le Bon sauveur de Caen, née au même moment pour le service des personnes atteintes de maladies psychiatriques, et les sœurs de St Charles d’Angers, au service de l’éducation qui récupéraient les pauvres honteux qui se cachaient.  Enfin les sœurs de Griaux, de Nantes, qui sont nées au 19ème siècle, au service des dockers . Après un long processus de concertation, elles sont nées comme sœurs Missionnaires de l’Évangile et sont 390 présentes dans 9 pays : Madagascar, Centrafrique, Guinée, Irlande, Pays de Galle, Espagne, Italie et France.

Les quatre communautés, si elles ne sont pas spécifiquement vincentiennes, sont inspirées de Saint Vincent et de Saint François de Sales. Seules celles d’Angers se réclament Charles Borromé. Leur référence commune est Matthieu 25 « J’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger, j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire, j’étais étranger, et vous m’avez recueilli ; nu, et vous m’avez vêtu ; j’ai été malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus à moi ». Leur maison généralice est à Caen.

Puis nous avons abordé le point suivant à l’ordre du jour : l’élection du nouveau président coordinateur qui nous a partagé le bilan des trois premières années comme Famille Vincentienne en France autour de trois adjectifs : enthousiasmant, exigeant et complexe. Du côté de l’enthousiasme, il a énuméré les multiples réalisations conduites ces trois années passées ; en ce qui concerne l’exigence, il a rappelé que les multiples démarches pour suivre les décisions communes n’avaient été assurées que par deux personnes et souvent les deux prêtres. A été salué le service de notre chargée de communication.

Pour aborder l’aspect complexe, est revenue la question des critères d’appartenance à la famille vincentienne, car nous souhaiterions être libres de décider qui intégrer sans devoir passer par une instance internationale. Nous avons préféré clarifier cette question auprès du coordinateur international de la famille vincentienne avant de procéder à l’élection du nouveau président qui se fera après la rencontre de ce dernier. Dans l’attente de cette clarification, nous reconduisons l’équipe de présidence (le président, le secrétaire et la trésorière et chargée de communication).

Est ensuite présentée la carte présentant les membres de la famille vincentienne en France réalisée à l’occasion du pèlerinage de la Société Saint Vincent de Paul à Lourdes en octobre dernier. Chaque branche prend un exemplaire de cette carte pour chacune de ses délégations diocésaines.

Puis le président de la Société Saint Vincent nous partage la joie de leur rassemblement à Lourdes qui a accueilli 1000 participants desquels 200 accompagnés. Ce fut un moment de fraternité qui a permis de s’extraire de l’urgence de l’action pour se centrer sur la spiritualité grâce aux interventions de la Visitatrice des Filles de la Charité de la province France-Belgique-Suisse, du Visiteur des pères lazaristes et du provincial des religieux de saint Vincent de Paul. Des groupes « fraternité » ont permis de prolonger les apports créant un esprit de communion.

Cette rencontre a de nouveau fait prendre conscience du besoin de spiritualité, de ressourcement, de renouvellement. Ce fut l’occasion d’évoquer le maintien ou la création d’outils de formation permanente. Nous évoquons l’établissement d’une bibliographie vincentienne de base et l’exigence de revenir à l’esprit de nos fondateurs. Nous insistons sur la nécessité de continuer notre recherche pour créer des modules de formation, des publications. Est émise l’idée de faire de la revue « Cahier Vincentien » un outil au service de la formation des laïcs vincentiens.

La matinée se termine en évoquant la difficile continuité de l’esprit vincentien dans notre société pluriculturelle et marquée de sécularisation. Il est rappelé que les règlements intérieurs doivent clairement exprimer les conditions d’accueil de nouveaux membres. Les Équipières ont désormais choisi de n’accueillir que des personnes de tradition chrétienne tandis que la société saint Vincent de Paul, elle, a retenu de ne recevoir que des postulants acceptant la part d’exercices spirituels inhérents à la vie en équipe. Nous allons ensuite tous à la chapelle, célébrer l’eucharistie avec des Filles de la charité de la maison qui nous reçoit.

Après le repas pris à la maison mère des pères lazaristes nous reprenons le travail. Nous commençons par bloquer les deux dates pour les rencontres de coordination en 2019. Les dates retenues sont : le  2 avril  à  Besançon, chez les sœurs de Jeanne-Antide Thouret, et  le  25 novembre à la maison provinciale des Filles de la Charité, rue Clerc à Paris.

Puis nous nous penchons sur la mise en route d’une formation commune aux divers laïcs de nos réseaux en présence de sœur CAMARA de l’équipe VDP réseaux et formation, pôle charisme, qui est dédié à la formation à l’esprit vincentien. Il est mentionné que les sœurs de la Charité de Strasbourg et celles de Gethsémani ont exprimé leur intérêt et leur désir de se joindre à ce qui se met en route.

Nous remettons le dossier d’un projet en 5 sessions de 2 jours, élaboré par les P. RABARISON et le P. MASSARINI après consultation d’un père jésuite dédié à la formation des laïcs.

S’ouvre un débat qui fait apparaitre la difficulté de trouver des collaborateurs aptes à sortir du seul rôle d’animateur de temps de prière pour devenir animateur spirituel. Or il y a de moins en moins de pères et de sœurs en proximité des équipes. Les Équipes Saint Vincent-AIC France expriment leur doute quant à l’inscription sur de longs programmes de leurs membres.

On évoque un parcours alpha vincentien : base pour aider à avoir des membres plus capables de devenir personnes-ressources. Il faudrait des éléments pour entrer dans la démarche accompagnateur. La demande est davantage d’accompagnateurs que d’animateurs. Sœur CAMARA présente un parcours en six journées sur Paris qui en est à son troisième round et pourrait être proposé à nos laïcs. La proposition séduit et nous pensons qu’il serait bon de la proposer dans nos réseaux dès la session de janvier. D’autre part, pour affiner une proposition qui corresponde à notre attente, VDP réseaux et formation demande qu’un petit groupe se constitue pour collecter les attentes et penser le contenu de la formation. Vont se retrouver avant la prochaine rencontre de coordination sœur CAMARA avec le P. RABARSION et le P. MASSARINI avant d’être rejoints par quelques membres de la Société de Saint Vincent de Paul, Équipes Saint Vincent-AIC France et certainement des sœurs de la Charité de Strasbourg pour élaborer cette formation souhaitée. On exprime qu’il s’agit davantage de la formation d’accompagnateurs spirituels que de celui d’animateurs de temps de prière. Est suggéré à Mme CREPEY de s’adjoindre à l’équipe.  Les sœurs de l’Union chrétienne de Saint Chaumond nous partagent leur attention actuelle pour récupérer de l’héritage vincentien ce qui les constitue et qu’elles avaient perdu après la révolution. Une fois ce travail de restauration terminé, elles devraient être en mesure rejoindre cette dynamique. Nous les encourageons dans cette démarche de revitalisation de leur charisme.

Nous prolongeons la réunion en écoutant l’avancée du projet d’accueil des femmes à la rue au 97 rue de Sèvres. Après de longues négociations, une convention vient d’être signée. Un architecte a été trouvé et les travaux vont commencer en janvier 2019 avec une ouverture prévue pour l’automne 2019.

Après le symposium de Rome pendant lequel l’orchestre international « Gen Verde » avait animé le temps de louange lors de la rencontre place saint Pierre, il a été proposé aux chefs d’établissement scolaires vincentien de monter un spectacle avec les élèves et la troupe du « Gen Verde » afin d’expérimenter qu’à travers l’art la paix est possible. Le projet est en suspens.

Vient alors le temps de formaliser notre décision prise lors de la dernière rencontre de planifier une formation collaboration pour novembre. Lorsque nous remettons le dossier avec les unités de valeurs, Équipes Saint Vincent-AIC France notent que leur formation internet « diplomado » recoupait déjà plusieurs thèmes que nous souhaiterions traiter. Il a été convenu qu’il était nécessaire que nous prenions encore du temps avant de nous engager dans cette voie…

Notre réunion se clôt comme prévu. Et tous expriment leur joie pour les trois ans de collaboration. Nous nous quittons heureux de savoir que notre prochaine réunion de coordination vincentienne France aura lieu à Besançon.

P. Bernard MASSARINI, CM 🔸

Cette rencontre a de nouveau fait prendre conscience du besoin de spiritualité, de ressourcement, de renouvellement. Ce fut l’occasion d’évoquer le maintien ou la création d’outils de formation permanente. Nous évoquons l’établissement d’une bibliographie vincentienne de base et l’exigence de revenir à l’esprit de nos fondateurs. Nous insistons sur la nécessité de continuer notre recherche pour créer des modules de formation, des publications…

Explications :

www.famvin.org/fr

 

Les initiatives de la Famille Vincentienne en France

Les initiatives de la Famille Vincentienne en France

Le pape François a créé chaque 33e dimanche du temps ordinaire, une journée dédiée aux pauvres. A cette occasion, la Famille Vincentienne présente ses initiatives au service des pauvres.

«Un pauvre crie; le Seigneur entend.» (Ps33, 7) est la citation biblique que le Pape François a retenu pour cette deuxième journée mondiale.

« Les pauvres sont nos seigneurs et nos maitres » disait Saint Vincent. Aujourd’hui, les vincentiens creent des espaces de partage où les plus fragiles retrouvent le goût d’être debout et de partager la confiance par les échanges fraternels vécus dans les diverses structures. Les divers espaces ouvert essaient de répondre à leurs appels.

 

Que regroupe la Famille Vincentienne ?

En France, la Famille Vincentienne regroupe une quinzaine de congrégations et associations s’enracinant dans la spiritualité de Saint Vincent de Paul. Elles œuvrent dans des services de proximité (personnes âgées, enfants en difficultés, sans abris et les migrants), dans des institutions de santé (centre de post-traitements, maisons de retraite –EHPAD-, maisons d’enfants à caractère social-MECS-) et dans des établissements d’enseignement (écoles, collèges et lycées techniques).

 

Parmi les principales

– Les Équipes Saint Vincent – AIC France, environ 2000 femmes en 90 équipes développent des actions en direction des femmes ou des enfants : soutien scolaire, cours de français et de multiples initiatives invitant les personnes reçues à développer leur esprit d’initiatives, certaines aident des familles lors des visites auprès de leurs enfants en centre de détention.

– Les Filles de la Charité de la Province Belgique-France-Suisse regroupent 75 communautés. Elles portent le souci de la formation au charisme vincentien des laïcs qui assurent les services qu’elles leur ont confiés dans le domaine éducatif, sanitaire et social.

– Les Confrères et consœurs de Saint Vincent, quelques 17000 personnes dans plus de 90 départements déploient divers services auprès de personnes fragiles : partageant les compétences par des tables ouvertes pour aider à retrouver des emplois, créant des ateliers théâtres pour redonner confiance et promouvant de multiples initiatives qui redonnent à chacun de repartir dans la vie.

Les congrégations masculines des pères lazaristes et des religieux de saint Vincent proposent des services d’accueil de jeunes étudiants, des locaux qu’ils mettent au service des personnes en réinsertion sociale avec habitat et Humanisme (Amiens), l’APA (Paris) et IDEFORIS (Dax) et déploient aussi des actions auprès de jeunes sans grandes ressources ainsi que des activités dans des centres de jeunesses : patronages.

– Les Jeunesses Mariales Vincentiennes (J.M.V.), une association de jeunesse, née des apparitions de la Vierge Marie à Sainte Catherine Labouré (à la rue du Bac). Elle rejoint des enfants et des jeunes et leur permet de vivre en équipe, de contempler la vie et de s’engager au service de leurs frères.

P. Bernard MASSARINI, CM 🔸

« Les pauvres sont nos seigneurs et nos maitres » disait Saint Vincent. Aujourd’hui, les vincentiens creent des espaces de partage où les plus fragiles retrouvent le goût d’être debout et de partager la confiance par les échanges fraternels vécus dans les diverses structures. Les divers espaces ouvert essaient de répondre à leurs appels.

POUR ALLER PLUS LOIN :

www.famvin.org

Qui suis-je pour juger ? « TVU ‘Tendre Vers l’Unification’ »

Qui suis-je pour juger ?

« TVU (Tendre vers l’unification) »

Groupe de partage, de fraternité,
destiné aux prêtres ou religieux concernés par l’homosexualité qui souhaitent retrouver la joie d’un célibat chaste et continent

C’est l’Association « Devenir un En Christ » (groupe des catholiques concernées directement ou indirectement par l’homosexualité existant depuis 30 ans) qui m’a sollicitée pour faire naitre cette initiative. L’expérience a commencé en établissant des contacts par mail avec les prêtres qui demandaient de l’aide spirituelle face à cet aspect de leur personnalité.

À partir de ces échanges une proposition de retraite spirituelle a vu le jour. Ce temps de méditation et de prière a été préparé avec la collaboration d’une psychologue laïque thérésienne, il a été bâti sous le thème : « re choisir le Christ ». Sept prêtres ont répondu à cette proposition. Malheureusement, à la suite du texte de la Congrégation de l’Education Catholique interdisant l’accès au sacerdoce aux hommes homosexuels, tous ont décliné leur participation.

Après deux ans de réflexion et avec la collaboration d’un prêtre diocésain de Toulouse, nous avons créé ce service qui porte le nom de TENDRE VERS L’UNIFICATION et a pour objectif de venir en aide aux prêtres ou aux frères religieux  en situation de crise en les invitant à vivre la joie de consacrés dans le célibat continent.

Le Visiteur de la province Lazariste de Toulouse à l’époque, le père Yves Bouchet, CM nous a invité à aller rencontrer Mgr Giraud, évêque auxiliaire Lyon et responsable de la commission de la Conférence Episcopale chargée des prêtres à ce moment-là : Mgr GIRAUD qui a manifesté son intérêt pour une telle initiative. Nous avons commencé à bâtir ce projet et par la suite nous avons pris l’habitude d’envoyer nos compte-rendu à ces successeurs en ce service : Mgr Bouilleret (alors évêque d’Amiens) et Mgr Beau (alors évêque auxiliaire de Paris).

Le groupe de réflexion a commencé en 2011, co-animé par le prêtre diocésain, du Diocèse de Toulouse, qui connaissait aussi l’Association « Devenir Un En Christ ». Nous l’avons mis sous le patronage de la Congrégation de la Mission, pensant que le service d’accompagnement des prêtres était un service vincentien. Le groupe s’est retrouvé à Paris trois fois les deux premières années, suite à cela et avec le souci d’une plus grande stabilité des vies personnelles nous avons abouti à quatre rencontres annuelles. Les rencontres ont lieu au 67, rue de Sèvres dans le 6e arrondissement.

Normalement nos rencontres commencent le dimanche soir et finissent le lendemain dans l’après-midi. Ils comportent trois axes fondamentaux : la prière liturgique (complies le dimanche soir, laudes et messe le lundi matin). Le partage du « quoi de neuf » (ce qui est advenu dans les mois passés) le dimanche soir et un moment de formation autour des textes ou des petits ouvrages le lundi matin et l’après-midi pour finir avec un moment d’échange de perspectives.

Tous les participants disent que nous sommes devenus une « fraternité » et pour aller plus loin nous avons constitué un groupe whats’app qui est devenu une manière de nous soutenir.

Ordinairement le groupe est constitué par 18 membres (prêtres ou frères) ; quatre ont décidé d’arrêter pour différentes raisons. D’autres sont en lien avec le groupe mais ils ne parviennent pas à faire le pas de venir “s’exposer” avec d’autres prêtres  ou frères pour vivre le partage. A chaque fois nous sommes entre 10 et 14 prêtres et frères par rencontre.

Nous nous sommes donnés à connaître par le « bouche-à-oreille ». Nous nous présentons aussi aux évêques avec lesquels nous sommes en lien et quelques abbayes ou centres spirituels dont nous sommes proches (Solesmes, Tamie, Leyrins, En Calcat, Notre Dame du Désert, Maylis, Grottes Saint Antoine).

Pour aller plus loin dans la communication nous désirons constituer un blog ou dans l’avenir bâtir un site internet. Cet article se veut une manière humble de vous partager l’existence de cette expérience évangélique et d’Église en ce temps de difficulté dans notre communauté ecclésiale.

Nous bénéficions de l’attention des quelques évêques de la Conférence Épiscopale Française, et tenons informé le responsable de la Commission épiscopale pour les ministres ordonnés et les laïcs en mission ecclésiale de ladite Conférence. Nous informons régulièrement nos supérieurs de nos activités (bien sûr en gardant la discrétion) pour qu’ils comprennent l’importance de ce service et nous aident à avancer dans nos recherches de stabilité spirituelle et humaine pour mieux servir l’Église que nous appelle chaque jour.

Nous nous retrouvons tous les trois mois à Paris, et nous espérons être des bons instruments à l’écoute de nos confrères prêtres et frères….

P. Bernard MASSARINI, CM 🔸

L’homosexualité est difficile à aborder parce qu’elle touche aux profondeurs de l’humain et qu’elle a des effets socio-politiques. Nous avons souhaité nous laisser provoquer par l’interrogation du pape et, au-delà des « pré-jugés », ré-ouvrir la réflexion sur l’homosexualité.

François EUVÉ, revue ETUDES n. octobre 2014

Pour toute information ou pour prendre contact :

 

P. Bernard MASSARINI, CM

par courriel (click) :

waranaka@hotmail.com

Portable (mobile ) :

(0033) (0) 6 26 01 45 70

 

Les médias en parlent : Père Pedro : «Les recettes de la fraternité n’ont pas de nationalité»

Les médias en parlent

Père Pedro : «Les recettes de la fraternité n’ont pas de nationalité»

INTERVIEW – Akamasoa, la cité malgache que le prêtre a fondée sur une décharge pour lutter contre la pauvreté, se veut un modèle duplicable, à la portée de tous les États.

À70 ans, Pedro Opeka, figure charismatique de la lutte contre la misère à Madagascar depuis près de trente années – affectueusement appelé «père Pedro» -, fait l’objet d’un hommage à travers La Cité d’espérance du père Pedro , une galerie de portraits signée Pierre Lunel aux Éditions du Rocher. Des personnes rencontrées à Akamasoa, cette ville-association fondée par le prêtre qui reloge et fait travailler 25.000 familles de la célèbre décharge d’Andralanitra, près de Tananarive.

LE FIGARO.- Akamasoa serait-elle un «business model» de la lutte contre la pauvreté, puisque vous appelez tous les États à dupliquer votre action?

Père PEDRO.- Les gens n’imaginent pas ce qu’on a fait avec Akamasoa… Une œuvre concrète, à portée de main, modélisable et exportable. C’est ça, mon ambition: la faire connaître pour que les gouvernants du monde entier puissent la dupliquer sur leur sol. Les recettes de la fraternité n’ont pas de nationalité. Je veux leur montrer, preuves en main avec le …

LE FIGARO 🔸
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Le FIGARO

L’Europe a-t-elle encore des valeurs chrétiennes dans sa façon de traiter les migrants ?

L’Europe a-t-elle encore des valeurs chrétiennes dans sa façon de traiter les migrants ?

« L’Europe a-t-elle encore des valeurs chrétiennes dans sa façon de traiter les migrants ? » demande le cardinal éthiopien Berhaneyesus Souraphiel, archevêque d’Addis Abeba au cours du Synode « les jeunes, la foi et le discernement vocationnel » (Rome, 3-28 octobre 2018)

Depuis deux ans, j’accompagne la petite équipe de la pastorale des migrants du diocèse d’Aire et Dax, dans les Landes. Nous l’avons agrandie en y invitant une Fille de la Charité de la communauté du Berceau qui donne des cours de français et une laïque venant d’une paroisse du sud du département qui accompagne des Oromos (des migrants d’une tribu d’Éthiopie).

Dans les Landes, des structures d’État sont actives pour guider les migrants qui arrivent. Ce sont deux CADA (Centre d’Aide aux Demandeurs d’Asile) : l’un à Mont-de-Marsan et l’autre à Dax. Deux CAO (Centre d’Aide et d’Orientation) : un situé au Berceau et l’autre à Amou qui accueille des jeunes mineurs d’Afrique de l’Ouest (Guinée Conakry, Mali et Congo). De multiples associations accompagnent les arrivants : le CIMADE (Comité inter mouvements auprès des évacués, organisme protestant d’entraide) ; la Ligue des droits de l’homme ; le CCFD ; le Secours Catholique ; Amnesty International ; l’Association des Familles Laïques, etc

Le Berceau, ayant un statut de CAO, a reçu l’an dernier des femmes seules (venant de l’Éthiopie et de l’Érythrée) et cette année, des hommes (venant d’Afghanistan, du Darfour, du Yémen, de la Syrie, du Kurdistanet  du Saharaui).

Le CAO du Berceau fermant à la fin du mois d’octobre 2018, nous recherchons des lieux d’accueil pour les dix jeunes déboutés (le CIMADE nous a contacté pour les suivre et les accompagner). Quelques familles, elles aussi déboutées (kosovares et albanaises), ayant des enfants scolarisés, vont être accompagnées par une association s’inspirant du travail d’une autre association née sur Bayonne il y a cinq ans, qui grâce à sa méthode, a permis la régularisation que quelques 50 familles.

Lors de dernière rencontre du conseil diocésain de la solidarité, nous avons évoqué le sort des jeunes mineurs migrants un peu abandonnés, par faute de perspectives et ceux qui, actuellement arrivent à raison de deux par jour dans le département. Ils ne sont plus pris en charge, ni par l’ASE (Aide sociale à l’Enfance) ni par la police qui, auparavant, avait mission de les piloter vers les instances d’accueil. Ceci augmente le risque de laisser les jeunes se perdre, car la rue en France n’a rien à voir avec celle d’Afrique, même si elle aussi présente des dangers. Une des bénévoles de l’équipe de la pastorale de migrants, elle-même originaire d’Afrique, est en mesure de parler avec certains jeunes. Elle leurs a permis de rencontrer quelques anciens migrants de leur pays actuellement établis dans les Landes… Nous le voyons : la situation est complexe mais de nombreuse personnes sont solidaires.

Le 18 octobre, dans sa conférence de presse au Synode des Jeunes à Rome, le cardinal éthiopien Berhaneyesus Souraphiel, archevêque d’Addis Abeba et président de la Conférence épiscopale d’Éthiopie, , attire l‘attention de nos pays européen sur leur mission : « Il est triste de sentir que des frontières se ferment à des personnes qui fuient la faim et la guerre. Où sont les racines chrétiennes de l’Europe ? l’Europe n’est-elle pas un continent qui se déclarait animé de valeurs chrétiennes ? » s’est exclamé le cardinal, durant la conférence de presse quotidienne du synode des jeunes en cours au Vatican (du 3 au 28 octobre). Dans la salle sont intervenus trois autres chefs de l’Église grecque catholique d’Ukraine, délégué fraternel, et le ministre des affaires extérieurs du patriarcat de Moscou et de toutes les Russies.

 « Lorsque nous parlons de l’Afrique plus de la moitié de la population est jeune, ils veulent changer les choses, ils veulent sortir de la pauvreté: la plupart des mass-media mondiaux parlent des migrations des jeunes africains vers le Moyen Orient qui traversent le Soudan et la Lybie, vers l’Europe mais ces derniers en nombre très limités des migrations parce que la plus grande part des migrations de jeunes se passent à l’intérieur du continent africain, nous pouvons dire que nous ne parlons que de 20% des migrants tandis que 80% de l’émigration se passe à l’intérieur du continent » a dit le cardinal éthiopien.

Il continu : « les migrations, surviennent devant l’absence de bonne gouvernance entrainant la corruption, les conflits, les guerres civiles, les mouvements de libération. Une autre question nait celle du commerce des armes, un grand business qui vient d’Europe, d’Amérique et de la Chine vers l’Afrique dont personne ne parle, particulièrement parce que c’est un commerce juteux. Les armes sont apportées là où l’on trouve des conflits civils, de nombre de jeunes meurent à cause de cela. Nous avons des enfants soldats, qui sont munis d’armes modernes, sophistiquées : comme les mines…. C’est la grande tragédie des jeunes africains qui migrent. J’espère que le Saint Siège, ses contributions diplomatiques et ses relations avec les chefs chrétiens pourront faire quelque chose. Autrefois lorsqu’un migrant allait d’un pays à un autre il était accueilli, on lui donnait un verre d’eau, de l’eau pour se laver, un lieu pour se reposer. Aujourd’hui, être migrant n’est pas facile. Lorsque nombre d’européens sont allés dans d’autres pays ils ont eu davantage d‘occasion que les migrants contemporains. L’Éthiopie est un pays pauvre mais elle reçoit un million de réfugiés. Après l’Ouganda, elle est le second pays d’immigration. »

« Un étranger qui frappe à ta porte sera bien accueilli ; nous sommes tristes lorsque nous sentons que les frontières se ferment à des personnes qui fuient la faim et la guerre et – comme l’a souligné le cardinal Souraphiel – on se demande : où sont les racines chrétiennes de l’Europe ? L’Europe n’est-il pas un continent qui reconnait des valeurs chrétiennes ? J’ai parlé de cela durant le synode. C’est aussi ce qu’a dit le Saint Père lorsqu’il parle du colonialisme idéologique, lorsque pour avoir des aides il est imposé d’accepter les valeurs de l’Occident avant de t’aider. Les multinationales sont présentes dans des lieux de ressources naturelles comme au Congo ils emploient les enfants, les jeunes et les vieux pour extraire les minéraux. L’Église catholique qui est présente en est le témoin. Nous avons même vu des personnes qui sont devenues victimes de ce trafic d’êtres humains duquel ils souffrent : l’Église est aux cotés de ces personnes dépouillées, de ces personnes forcées à quitter la pays ».

Le card.Sourahiel dit avoir été « touché lorsque le Cardinal Vincent Nichols (archevêque de Westminster et président du groupe Sainte Marthe Santa Marta Group, ndr) a dit que dans le monde aujourd’hui,  il y a 40 millions d’esclaves, et la plupart sont des jeunes : ils sont dans le réseau du trafic mondial d’êtres humains ».

« Au Synode nous avons aussi parlé de ce qu’il est possible de faire, de ce que l’Église universelle peut faire. Ceci a touché le cœur de nos jeunes délégués au Synode. J’espère que le Synode s’adressera à tous les jeunes, non seulement à ceux du monde développé, mais à ceux qui n’ont pas les moyens. L’Église doit parler en leur nom. Avant toute autre question, à l’époque d’internet et des technologies modernes, il y a des jeunes pour qui la question est celle de la survie », selon le cardinal éthiopien, qui l’a répété durant l’interview.

« Recevoir l’étranger, le réfugié, toute personne dans le besoin est une valeur chrétienne, une obligation chrétienne, fermer sa porte n’est jamais dans la tradition chrétienne. Tous, nous savons que ceux qui arrivent peuvent ne pas être des êtres humains innocents ou des personnes qui ont souffert la violence dans leur pays, mais la plupart le sont : on voit une mère, une grand-mère qui frappe à la porte pour un lieu où se poser, je crois que c’est un problème de conscience, et la conscience en Europe est formée de valeurs chrétiennes. L’Europe a reçu de nombreux réfugiés, par exemple l’Allemagne, d’autres ont fermé leurs frontières. L’Europe n’a-t-elle plus de racines chrétiennes ? Même Jean-Paul II le demandait, et cette demande vaut pour chaque conscience chrétienne ».

Le Cardinal reconnait qu’entre autre, en Afrique, il y a beaucoup de jeunes qui ne souhaitent pas partir, qui désirent rester dans leur pays pour améliorer les choses de l’intérieur. « Quelques-uns pensent que venir en Europe sera le paradis, mais ce n’est pas la réalité, ils pensent que, venant en Europe, ils vont stabiliser la situation de leur famille, mais ce n’est pas le cas. Et lorsque nous sentons le racisme qui nait en Europe, et dans d’autres pays du monde, nous voulons nous souvenir que la vie de réfugié n’est pas facile. Je dis ceci pour renforcer le désir de demeurer chez soi et de changer la situation de l’intérieur ».

Puissions-nous ensemble trouver des solutions humaines à des situations souvent profondément douloureuses auxquels nos pays semblent se fermer devant la complexité d’un monde qui cherche de nouveaux équilibres pour relever les défis du XXIe siècle.

Bernard MASSARINI, CM – Responsable de la Pastorale des Migrants 🔸

Recevoir l’étranger, le réfugié, toute personne dans le besoin est une valeur chrétienne, une obligation chrétienne, fermer sa porte n’est jamais dans la tradition chrétienne. Tous, nous savons que ceux qui arrivent peuvent ne pas être des êtres humains innocents ou des personnes qui ont souffert la violence dans leur pays, mais la plupart le sont : on voit une mère, une grand-mère qui frappe à la porte pour un lieu où se poser, je crois que c’est un problème de conscience, et la conscience en Europe est formée de valeurs chrétiennes.

Cardinal Berhaneyesus Souraphiel, archevêque d’Addis Abeba

Colloque 200 ans de la Maison-Mère des Lazaristes : « Au cœur de la ville un cœur missionnaire »

Colloque 200 ans de la maison mère : « Au cœur de la ville un cœur missionnaire »

La célébration de l’Eucharistie ouvre le colloque : « 200 ans de la Maison Mère : « au cœur de la ville, un cœur missionnaire ». La Messe est célébrée en l’honneur de Marie mère de l’Eglise ainsi que le pape François vient de l’instituer et nous avons terminé en faisant un court pèlerinage aux autels des saints pères CLET, PERBOYRE puis à la chasse de St Vincent de Paul. Pour rejoindre la salle Baude, nous traversons la salle communautaire où quelques photos et originaux de lettres ou de divers textes sont exposées ainsi que l’exposition réalisée pour l’ONU à Genève, par la Société Saint Vincent de Paul et les Filles de la Charité. Salle Baude quelques 100 personnes trouvent place, nombre de laïcs, de Filles de la Charité, des lazaristes et de fidèles habitués de la Chapelle.

Sr MARVAUX, FDLC de la maison de Lyon, animatrice et coordinatrice, nous présente la journée et donne quelques détails pour la vivre, puis elle invite le père Mauvais, provincial de France, à ouvrir le colloque. Il rappelle que c’est en novembre 1817 que les confrères s’installent dans le quartier et il insiste sur le fait que la journée tout en faisant mémoire du passé, en rappelant le dynamisme missionnaire des confrères qui l’ont habité, souhaite nous projeter vers demain. Déjà notre maison du 95 continue de relever des défis de formation (l’Université Saint John, le foyer d’étudiants des doctorants, l’accueil de la bibliothèque d’Etudes Augustinienne) ; elle soutient des initiatives de solidarité telles l’accueil de l’APA qui vit des collocations entre personnes en précarité et personnes insérées, la préparation de l’accueil de jour de femmes en précarité, l’ouverture d’un jardin d’enfants avec le quartier. En nous mettant à l’écoute de l’histoire, Il nous souhaite, de retrouver le goût missionnaire de nos aînés afin que le Saint Lazare d’aujourd’hui continue d’avoir un cœur qui bat pour Jésus et qu’ainsi, il donne vie à l’environnement.

Sœur Marvaux nous rappelle ensuite que les personnages abordés dans ce colloque s’échelonnent de 1787 à 1956, c’est-à-dire qu’ils retracent l’histoire de la Congrégation depuis la Révolution, lors des périodes des révoltes de 1830 et celle des deux grands conflits mondiaux.

Avant de nous retrouver dans ce nouveau saint Lazare, notre seconde Maison Mère, c’est par le grand conflit autour de la lutte contre le jansénisme que le Père Mezzadri (malheureusement privé de transports et qui ne peut être là) nous propose, par manière de transition et d’introduction, la première crise vécue par la Congrégation. Alors que les confrères sont nombreux dans les séminaires et que la réception de cette bulle donne lieu à de vives tensions dans l’Eglise de France, des évêques prennent parti en appuyant ou en refusant d’ordonner des candidats au sacerdoce dont on ne peut assurer la rectitude doctrinale de leurs professeurs. Ceci entraine la fermeture de séminaires et instille la crainte chez les confrères polonais et italiens, estimant que la Congrégation ne soit associée à un conflit essentiellement français. Mais comme ni le droit ni les coutumes n’exigent que la maison générale soit transférée à Rome, la fondation, les restes du fondateur et le plus grand nombre de communauté étant en France, tout cela oriente vers son maintien sur Paris ; c’est l’Assemblée Générale de 1724 qui tranche en faveur de son maintien en France.

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Nous entrons alors dans l’histoire de la Maison-Mère/ 95, Rue de Sèvres, à partir de l’évocation de 10 confrères : 2 supérieurs généraux, 7 prêtres et un frère.

Pour les supérieurs généraux ce sont les pères Etienne et Boré sur lesquels porte notre attention.

Tout d’abord Monsieur Etienne, qui sera Supérieur Général durant 31 ans, sans compter sa période de procureur qui lui donnait une mission importante. Homme de tempérament, politique dans l’âme, malgré la dernière biographie qui émet des réserves sur sa direction, nous ne pouvons que constater qu’il a organisé 14 nouvelles provinces lazaristes, et verra les Filles de la Charité passer de 6.000 à 20.000, au terme de son mandat. C’est lui qui inaugurera le Berceau avec le concours de 30.000 personnes. Durant son supériorat, il devra faire la déclaration de reconnaissance de l’infaillibilité pontificale, ses silences pouvant être reçus comme une forme de gallicanisme. Face à la croissance de la Compagnie, il utilisera la Maison-Mère  comme modèle à reproduire dans le monde, ce qui lui attirera des inimitiés.

Monsieur Boré qui lui succède est un orientaliste de renom. Sa vocation naît par la rencontre d’un père lazariste alors qu’il voyage en Orient, fervent adepte de sa passion. Il est rapidement ordonné avant d’être affecté en Turquie et de travailler avec la communauté arménienne. Durant la guerre de Crimée, il fait appel aux Filles de la Charité pour soigner malades et blessés. Il est remercié de son excellent travail par le sultan qui ordonne la construction de l’hôpital de la Paix, siège de l’actuelle communauté des Filles de la Charité dans ce pays. Il ne gouvernera la congrégation que quatre ans. Un historien contemporain l’a jugé fort peut apte à l’administration. Une appréciation que nous pouvons pondérer si nous remarquons que son sens politique lui a fait choisir Monsieur Fiat comme assistant, celui qu’une Assemblée Générale choisira comme son successeur.

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Nous entrons en familiarité avec les pères Jean, David, Perboyre, Pouget, Portal et le frère Carbonnier. Tous des hommes passionnés de leur sciences et habités par l’Esprit.

Si l’on parle de Monsieur Jean, c’est un autre orientaliste de renom, qu’internet ignore, alors que ses recherches ont servi aux études des langues anciennes akkadiennes et sumériennes. Il va découvrir de nombreuses tablettes des deuxième et troisième millénaire avant notre ère. Convaincu que notre culture occidentale est née de ces pré-cultures, Il n’a de cesse de revisiter la Bible avec toutes les trouvailles qu’il fait. Il montre les liens entre les textes bibliques et les savoirs des cultures environnantes, accompagnant la naissance de l’idée de «milieu biblique» pour expliquer la culture dont la Révélation est porteuse.

Le Père David ce basque au bon pied, au jarret aguerri, est naturaliste. Il peine à obtenir un  départ en Chine, développe ses talents scientifiques en Italie ; passionné de missions, il peut finalement partir en Chine. A son premier retour de Chine sur Paris il rencontre des scientifiques à qui il parle de sa passion pour la nature chinoise ; ses aptitudes reconnues, il reçoit de l’argent pour organiser une expédition scientifique en Chine. Parti pour fonder des écoles on acceptera qu’il fasse des expéditions scientifiques ; il a ainsi l’occasion de découvrir près de 200 espèces végétales et animales découvrant et sauvant le panda géant et le cerf chinois. Sa découverte du panda est devenue l’animal-emblématique de la diplomatie chinoise. La ville où il a découvert le panda porte aujourd’hui le nom de « nouveau David ».  De retour en France, il n’aura de cesse de partager ses découvertes et reconnaissait que la Chine n’avait pas besoin de l’Europe tout en disant sa joie de voir tant de chinois devenir chrétiens.

Vient ensuite le Père Pouget spécialisé en exégèse. L’étude du Pentateuque lui permet de dégager ses principes de lecture historique de la Bible. Il se démarque du rationalisme tout en épousant la lecture historico-critique. Ses cours articulent révélation et humanité dans la perspective historique dans laquelle la foi prend un sens. Il estime que l’on doit penser la théologie dans l’histoire, à partir du concret, plutôt que par le magistère. Rapidement devenu aveugle il en profitera pour approfondir sa rumination épuisante, en continuant à travailler à cette nouvelle compréhension de l’Écriture qui inspirera les textes de Vatican II et notamment, l’ouverture faite par st Jean XXIII.

Monsieur Portal quant à lui, rejoint la Congrégation pour partir en Chine et c’est comme professeur de Bible qu’il commence à Nice. Des raisons de santé lui permettent de rejoindre la Mission en Espagne. Il y rencontre Lord Halifax à qui il souhaite transmettre la passion du catholicisme. Il fonde une revue de dialogue qui produira 50 numéros, et il se déclare favorable à la reconnaissance de la validité des ordinations anglicanes. Léon XIII, réputé pourtant ouvert, en décide autrement. À la suite de cela il lui est demandé de ne plus rencontrer Lord Halifax et il est reconduit en France pour reprendre la tâche de formation des séminaristes. Ce n’est que vingt ans plus tard que le Cardinal Mercier reprendra le dialogue et en secret.

Il rentre sur Paris et participe au renouveau des études des séminaires tout en portant son attention à la foi dans le monde étudiant. Il fonde les groupes « TALA », jeunes universitaires chrétiens. Avec Mme Galice une mystique initiatrice d’une association de laïcs vivant en proximité de pauvres dans les quartiers défavorisés, il intègre les jeunes dans les activités que déploie son patronage.

Il aura de l’influence sur Marcel Legault, Teilhard de Chardin, Vincent Lebbe. Il s’installe rue de Lourmel où il va mourir. Il voulait pousser ailleurs pour trouver de nouvelles frontières. Tout ce qu’il a fondé à disparu, la nouvelle revue « le séminaire », la revue catholique », la rue de Grenelle, et même la communauté de Mme Galice. Il a laissé la marque d’un veilleur, d’un semeur, d’un découvreur de nouvelles terres, nous invitant à nous souvenir que nous sommes des voyageurs qui devons en garder la mentalité.

Nous avons ensuite évoqué le visage de Saint Jean Gabriel Perboyre, premier saint reconnu de Chine. Ce lotois d’une famille qui donnera cinq de ses enfants à la religion, vivra le don de lui-même dans les missions de formation en France puis en Chine où rapidement il sera arrêté et vivra une passion qui l’assimilera à son maitre Jésus auquel il souhaite ressembler ; sa prière quotidienne qu’il prononce avant la messe, nous le rappelle. Sa condamnation pour propagation d’une « secte abominable » rappelle l’absence de réel motif. Elle continue de persévérer dans sa configuration au Christ dont il a fait sa règle de vie.

C’est par la beauté qui orne St Lazare que nous avons terminé la journée, en parlant du frère François Casimir Carbonnier. Ce beauvaisien d’une famille pauvre, est repéré pour ses aptitudes à la peinture et a reçu une bourse d’étude avant de rejoindre l’école de Delacroix, peintre de l’empereur. Ne maitrisant pas la perspective et mal à l’aise avec l’ambiance débauchée des membres de l’école il va rejoindre celle d’un peintre récemment arrivé sur Paris : Ingres. Bien en vue, Il part à Rome puis rejoint Naples ou il fait des tableaux pour la Reine.  A l‘abdication de Napoléon, il doit s’exiler en Angleterre comme tous les peintres de son règne.

Il rencontre une pauvre fille qu’il prend sous sa protection et avec laquelle il se marie.  Ni l’un ni l’autre n’ont vocation au mariage. Il se voit proposé l’Inde mais préfère rentrer en France. Participant à une conférence, Monsieur Nozo le remarque et l’invite à rentrer chez les lazaristes ; comme il décline cet engagement, Monsieur Nozo lui propose de l’héberger pour participer à faire de la maison ce qu’elle est aujourd’hui.  C’est lui qui habillera les murs de son art : la chapelle, le réfectoire, les couloirs, la sacristie par les nombreuses créations qu’il nous a légué. Il acceptera de devenir frère, conscient que peindre est pour lui un service religieux. Toutes ses créations lui ont demandé prière et silence pour donner à voir ce qu’il peint.

Vers 16h, le père Gomez clôt cette belle journée rappelant que le premier saint Lazare avait comme blason sur la porte, un Lazare ressuscité : témoignage de l’œuvre de Jésus qui a transformé la mort et fait du tombeau une source de vie. En rappelant tous ces visages nous avons rencontré des frères en humanité, habités de la passion du Christ. Que ce soient des historiens, un romancier, une orientaliste, venus nous en parler, tous montrent le rayonnement que leur vie a laissé.

Il nous propose à faire que cette maison, qui peut parfois paraitre lourde au moins dans sa structure, reste un lieu de rencontre des divers courants de notre société, sachant allier théologie, spiritualité et apostolat, trois éléments constitutifs de l’héritage laissé par Saint Vincent. Nous continuerons cette mission en repensant comment vivre l’internationalité et en répondant aujourd’hui, aux défis du monde et de l’Église.

Bernard MASSARINI, CM – Jean-Pierre RENOUARD, CM 🔸

Faire de cette maison, qui peut parfois paraitre lourde au moins dans sa structure, un lieu de rencontre des divers courants de notre société, sachant allier théologie, spiritualité et apostolat, trois éléments constitutifs de l’héritage laissé par Saint Vincent