Colloque 200 ans de la Maison-Mère des Lazaristes : « Au cœur de la ville un cœur missionnaire »

Colloque 200 ans de la maison mère : « Au cœur de la ville un cœur missionnaire »

La célébration de l’Eucharistie ouvre le colloque : « 200 ans de la Maison Mère : « au cœur de la ville, un cœur missionnaire ». La Messe est célébrée en l’honneur de Marie mère de l’Eglise ainsi que le pape François vient de l’instituer et nous avons terminé en faisant un court pèlerinage aux autels des saints pères CLET, PERBOYRE puis à la chasse de St Vincent de Paul. Pour rejoindre la salle Baude, nous traversons la salle communautaire où quelques photos et originaux de lettres ou de divers textes sont exposées ainsi que l’exposition réalisée pour l’ONU à Genève, par la Société Saint Vincent de Paul et les Filles de la Charité. Salle Baude quelques 100 personnes trouvent place, nombre de laïcs, de Filles de la Charité, des lazaristes et de fidèles habitués de la Chapelle.

Sr MARVAUX, FDLC de la maison de Lyon, animatrice et coordinatrice, nous présente la journée et donne quelques détails pour la vivre, puis elle invite le père Mauvais, provincial de France, à ouvrir le colloque. Il rappelle que c’est en novembre 1817 que les confrères s’installent dans le quartier et il insiste sur le fait que la journée tout en faisant mémoire du passé, en rappelant le dynamisme missionnaire des confrères qui l’ont habité, souhaite nous projeter vers demain. Déjà notre maison du 95 continue de relever des défis de formation (l’Université Saint John, le foyer d’étudiants des doctorants, l’accueil de la bibliothèque d’Etudes Augustinienne) ; elle soutient des initiatives de solidarité telles l’accueil de l’APA qui vit des collocations entre personnes en précarité et personnes insérées, la préparation de l’accueil de jour de femmes en précarité, l’ouverture d’un jardin d’enfants avec le quartier. En nous mettant à l’écoute de l’histoire, Il nous souhaite, de retrouver le goût missionnaire de nos aînés afin que le Saint Lazare d’aujourd’hui continue d’avoir un cœur qui bat pour Jésus et qu’ainsi, il donne vie à l’environnement.

Sœur Marvaux nous rappelle ensuite que les personnages abordés dans ce colloque s’échelonnent de 1787 à 1956, c’est-à-dire qu’ils retracent l’histoire de la Congrégation depuis la Révolution, lors des périodes des révoltes de 1830 et celle des deux grands conflits mondiaux.

Avant de nous retrouver dans ce nouveau saint Lazare, notre seconde Maison Mère, c’est par le grand conflit autour de la lutte contre le jansénisme que le Père Mezzadri (malheureusement privé de transports et qui ne peut être là) nous propose, par manière de transition et d’introduction, la première crise vécue par la Congrégation. Alors que les confrères sont nombreux dans les séminaires et que la réception de cette bulle donne lieu à de vives tensions dans l’Eglise de France, des évêques prennent parti en appuyant ou en refusant d’ordonner des candidats au sacerdoce dont on ne peut assurer la rectitude doctrinale de leurs professeurs. Ceci entraine la fermeture de séminaires et instille la crainte chez les confrères polonais et italiens, estimant que la Congrégation ne soit associée à un conflit essentiellement français. Mais comme ni le droit ni les coutumes n’exigent que la maison générale soit transférée à Rome, la fondation, les restes du fondateur et le plus grand nombre de communauté étant en France, tout cela oriente vers son maintien sur Paris ; c’est l’Assemblée Générale de 1724 qui tranche en faveur de son maintien en France.

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Nous entrons alors dans l’histoire de la Maison-Mère/ 95, Rue de Sèvres, à partir de l’évocation de 10 confrères : 2 supérieurs généraux, 7 prêtres et un frère.

Pour les supérieurs généraux ce sont les pères Etienne et Boré sur lesquels porte notre attention.

Tout d’abord Monsieur Etienne, qui sera Supérieur Général durant 31 ans, sans compter sa période de procureur qui lui donnait une mission importante. Homme de tempérament, politique dans l’âme, malgré la dernière biographie qui émet des réserves sur sa direction, nous ne pouvons que constater qu’il a organisé 14 nouvelles provinces lazaristes, et verra les Filles de la Charité passer de 6.000 à 20.000, au terme de son mandat. C’est lui qui inaugurera le Berceau avec le concours de 30.000 personnes. Durant son supériorat, il devra faire la déclaration de reconnaissance de l’infaillibilité pontificale, ses silences pouvant être reçus comme une forme de gallicanisme. Face à la croissance de la Compagnie, il utilisera la Maison-Mère  comme modèle à reproduire dans le monde, ce qui lui attirera des inimitiés.

Monsieur Boré qui lui succède est un orientaliste de renom. Sa vocation naît par la rencontre d’un père lazariste alors qu’il voyage en Orient, fervent adepte de sa passion. Il est rapidement ordonné avant d’être affecté en Turquie et de travailler avec la communauté arménienne. Durant la guerre de Crimée, il fait appel aux Filles de la Charité pour soigner malades et blessés. Il est remercié de son excellent travail par le sultan qui ordonne la construction de l’hôpital de la Paix, siège de l’actuelle communauté des Filles de la Charité dans ce pays. Il ne gouvernera la congrégation que quatre ans. Un historien contemporain l’a jugé fort peut apte à l’administration. Une appréciation que nous pouvons pondérer si nous remarquons que son sens politique lui a fait choisir Monsieur Fiat comme assistant, celui qu’une Assemblée Générale choisira comme son successeur.

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Nous entrons en familiarité avec les pères Jean, David, Perboyre, Pouget, Portal et le frère Carbonnier. Tous des hommes passionnés de leur sciences et habités par l’Esprit.

Si l’on parle de Monsieur Jean, c’est un autre orientaliste de renom, qu’internet ignore, alors que ses recherches ont servi aux études des langues anciennes akkadiennes et sumériennes. Il va découvrir de nombreuses tablettes des deuxième et troisième millénaire avant notre ère. Convaincu que notre culture occidentale est née de ces pré-cultures, Il n’a de cesse de revisiter la Bible avec toutes les trouvailles qu’il fait. Il montre les liens entre les textes bibliques et les savoirs des cultures environnantes, accompagnant la naissance de l’idée de «milieu biblique» pour expliquer la culture dont la Révélation est porteuse.

Le Père David ce basque au bon pied, au jarret aguerri, est naturaliste. Il peine à obtenir un  départ en Chine, développe ses talents scientifiques en Italie ; passionné de missions, il peut finalement partir en Chine. A son premier retour de Chine sur Paris il rencontre des scientifiques à qui il parle de sa passion pour la nature chinoise ; ses aptitudes reconnues, il reçoit de l’argent pour organiser une expédition scientifique en Chine. Parti pour fonder des écoles on acceptera qu’il fasse des expéditions scientifiques ; il a ainsi l’occasion de découvrir près de 200 espèces végétales et animales découvrant et sauvant le panda géant et le cerf chinois. Sa découverte du panda est devenue l’animal-emblématique de la diplomatie chinoise. La ville où il a découvert le panda porte aujourd’hui le nom de « nouveau David ».  De retour en France, il n’aura de cesse de partager ses découvertes et reconnaissait que la Chine n’avait pas besoin de l’Europe tout en disant sa joie de voir tant de chinois devenir chrétiens.

Vient ensuite le Père Pouget spécialisé en exégèse. L’étude du Pentateuque lui permet de dégager ses principes de lecture historique de la Bible. Il se démarque du rationalisme tout en épousant la lecture historico-critique. Ses cours articulent révélation et humanité dans la perspective historique dans laquelle la foi prend un sens. Il estime que l’on doit penser la théologie dans l’histoire, à partir du concret, plutôt que par le magistère. Rapidement devenu aveugle il en profitera pour approfondir sa rumination épuisante, en continuant à travailler à cette nouvelle compréhension de l’Écriture qui inspirera les textes de Vatican II et notamment, l’ouverture faite par st Jean XXIII.

Monsieur Portal quant à lui, rejoint la Congrégation pour partir en Chine et c’est comme professeur de Bible qu’il commence à Nice. Des raisons de santé lui permettent de rejoindre la Mission en Espagne. Il y rencontre Lord Halifax à qui il souhaite transmettre la passion du catholicisme. Il fonde une revue de dialogue qui produira 50 numéros, et il se déclare favorable à la reconnaissance de la validité des ordinations anglicanes. Léon XIII, réputé pourtant ouvert, en décide autrement. À la suite de cela il lui est demandé de ne plus rencontrer Lord Halifax et il est reconduit en France pour reprendre la tâche de formation des séminaristes. Ce n’est que vingt ans plus tard que le Cardinal Mercier reprendra le dialogue et en secret.

Il rentre sur Paris et participe au renouveau des études des séminaires tout en portant son attention à la foi dans le monde étudiant. Il fonde les groupes « TALA », jeunes universitaires chrétiens. Avec Mme Galice une mystique initiatrice d’une association de laïcs vivant en proximité de pauvres dans les quartiers défavorisés, il intègre les jeunes dans les activités que déploie son patronage.

Il aura de l’influence sur Marcel Legault, Teilhard de Chardin, Vincent Lebbe. Il s’installe rue de Lourmel où il va mourir. Il voulait pousser ailleurs pour trouver de nouvelles frontières. Tout ce qu’il a fondé à disparu, la nouvelle revue « le séminaire », la revue catholique », la rue de Grenelle, et même la communauté de Mme Galice. Il a laissé la marque d’un veilleur, d’un semeur, d’un découvreur de nouvelles terres, nous invitant à nous souvenir que nous sommes des voyageurs qui devons en garder la mentalité.

Nous avons ensuite évoqué le visage de Saint Jean Gabriel Perboyre, premier saint reconnu de Chine. Ce lotois d’une famille qui donnera cinq de ses enfants à la religion, vivra le don de lui-même dans les missions de formation en France puis en Chine où rapidement il sera arrêté et vivra une passion qui l’assimilera à son maitre Jésus auquel il souhaite ressembler ; sa prière quotidienne qu’il prononce avant la messe, nous le rappelle. Sa condamnation pour propagation d’une « secte abominable » rappelle l’absence de réel motif. Elle continue de persévérer dans sa configuration au Christ dont il a fait sa règle de vie.

C’est par la beauté qui orne St Lazare que nous avons terminé la journée, en parlant du frère François Casimir Carbonnier. Ce beauvaisien d’une famille pauvre, est repéré pour ses aptitudes à la peinture et a reçu une bourse d’étude avant de rejoindre l’école de Delacroix, peintre de l’empereur. Ne maitrisant pas la perspective et mal à l’aise avec l’ambiance débauchée des membres de l’école il va rejoindre celle d’un peintre récemment arrivé sur Paris : Ingres. Bien en vue, Il part à Rome puis rejoint Naples ou il fait des tableaux pour la Reine.  A l‘abdication de Napoléon, il doit s’exiler en Angleterre comme tous les peintres de son règne.

Il rencontre une pauvre fille qu’il prend sous sa protection et avec laquelle il se marie.  Ni l’un ni l’autre n’ont vocation au mariage. Il se voit proposé l’Inde mais préfère rentrer en France. Participant à une conférence, Monsieur Nozo le remarque et l’invite à rentrer chez les lazaristes ; comme il décline cet engagement, Monsieur Nozo lui propose de l’héberger pour participer à faire de la maison ce qu’elle est aujourd’hui.  C’est lui qui habillera les murs de son art : la chapelle, le réfectoire, les couloirs, la sacristie par les nombreuses créations qu’il nous a légué. Il acceptera de devenir frère, conscient que peindre est pour lui un service religieux. Toutes ses créations lui ont demandé prière et silence pour donner à voir ce qu’il peint.

Vers 16h, le père Gomez clôt cette belle journée rappelant que le premier saint Lazare avait comme blason sur la porte, un Lazare ressuscité : témoignage de l’œuvre de Jésus qui a transformé la mort et fait du tombeau une source de vie. En rappelant tous ces visages nous avons rencontré des frères en humanité, habités de la passion du Christ. Que ce soient des historiens, un romancier, une orientaliste, venus nous en parler, tous montrent le rayonnement que leur vie a laissé.

Il nous propose à faire que cette maison, qui peut parfois paraitre lourde au moins dans sa structure, reste un lieu de rencontre des divers courants de notre société, sachant allier théologie, spiritualité et apostolat, trois éléments constitutifs de l’héritage laissé par Saint Vincent. Nous continuerons cette mission en repensant comment vivre l’internationalité et en répondant aujourd’hui, aux défis du monde et de l’Église.

Bernard MASSARINI, CM – Jean-Pierre RENOUARD, CM 🔸

Faire de cette maison, qui peut parfois paraitre lourde au moins dans sa structure, un lieu de rencontre des divers courants de notre société, sachant allier théologie, spiritualité et apostolat, trois éléments constitutifs de l’héritage laissé par Saint Vincent

La famille vincentienne poursuit sa marche vers une plus grande collaboration

La famille vincentienne poursuit sa marche vers une plus grande collaboration

Rencontre Nationale à Strasbourg, 14 mars 2018

Ce fut notre première rencontre en province, à la maison mère des sœurs de la Charité de Strasbourg. Une belle journée dont nous n’avons malheureusement gouté les rayons de soleil que derrière les larges baies vitrées de notre salle de réunion.

Dès 9h30 nous étions au travail dans un ordre du jour en trois points : le partage de nouvelles, construire la famille vincentienne et nous faire connaitre.

  • Le premier point nous a donné beaucoup de joie grâce à l’avancée du travail entre les Equipes St Vincent et la Société St Vincent de Paul (SSVP) qui ont créé quatre commissions pour avancer le projet d’accueil de jour de femmes à la rue qui se tiendra au 97 rue de Sèvres à Paris. Ils travaillent avec la collaboration d’une ancienne femme ayant connu la rue. Les pères lazaristes ont souhaité pouvoir participer à l’écoute de ces femmes…
  • Puis nous avons entendu parler de l’espace d’accueil de jour pour personnes à la rue sur Pantin (93). Est en train de se constituer l’équipe qui va intégrer des pères et des Filles de la Charité.
  • Ensuite nous sommes informés de l’accueil d’une famille chrétienne syrienne à Paris : un service conjoint des Filles de la Charité, des Equipières et de la Société Saint Vincent.

Tous se réjouissent de ces nouvelles voies de collaboration en famille. Nous passons ensuite à nos projets pour édifier la famille : le projet de formation des accompagnateurs vincentiens est longuement discuté et il est proposé que l’équipe intègre une personne ayant une compétence en coaching et en psychologie pour aider à brosser un parcours plus complet.

Nous rejoignons alors la chapelle pour célébrer l’Eucharistie puis rejoignons une agréable salle où ensemble nous partageons le repas dans un climat fraternel.

Dès 13h30 nous reprenons, et nous continuons à évoquer la construction de la famille : la SSVP nous redit qu’elle organise une rencontre entre bénévoles et accueillis de l’association du 18 au 21 octobre 2018 à Lourdes. Elle a choisi de faire connaitre la famille vincentienne en donnant la parole aux Filles de la Charité, aux Lazaristes et aux Religieux. Le reste de la famille fournira des tracts qui permettront à tous de découvrir la grande richesse de toutes ces traditions et notre famille en France. Il est suggéré que les jeunes de la section accueil du lycée du Berceau soient intégrés à l’équipe d’accueil.

Est ensuite évoqué de construire un projet de concert entre les élèves des établissements scolaires vincentiens et l’équipe d’artistes du Gen Verde qui a animé la partie spectacle de l’audience privé avec le pape lors du symposium de la famille vincentienne à Rome en octobre dernier. Il est proposé de rencontrer le délégué de tutelle pour lui soumettre ce projet et voir si des établissements scolaires seraient favorables. L’équipe Gen Verde propose la période fin novembre début décembre 2019. Nous sommes enthousiastes et plusieurs représentants de la famille vincentienne pensent que ce pourrait être l’occasion de prolonger l’année suivante par un festival des jeunes vincentiens en regroupant les membres jeunes des équipes saint Vincent et les 120.000 jeunes des établissements scolaires.

Puis nous nous sommes demandé comment marquer la journée mondiale du pauvre que la pape François a instituée et qui a lieu tous les ans au mois de novembre (le 33ème dimanche du temps ordinaire). La SSVP veut en profiter pour frapper aux portes des paroisses pour créer des évènements et nous retenons la réalisation d’un petit montage audio que pourrait monter une section audiovisuelle d’un des lycées grâce à de courtes vidéos sur des réalisations des différentes branches de la famille vincentienne.

Nous terminons en cherchant comment améliorer notre présentation sur le net : nous allons uniformiser nos pages famille vincentienne.  Puis il est rappelé qu’au Berceau on renouvelle les propositions de visites circuits en invitant toute personne ou groupe de personnes à  participer à l’accueil d’avril à octobre (logement et nourriture fournis). Il est également rappelé que l’organisme Vincent de Paul réseaux et formation a mis à disposition deux tours vincentiens sur Paris : l’un de l’ancien St Lazare au Saint Lazare contemporain et l’autre un parcours Ozanam. Ils seront signalés sur le site de Famille Vincentienne.

La prochaine réunion des représentants de la famille vincentienne aura lieu le 15 novembre 2018 chez les Equipes St Vincent au 67 rue de Sèvres à Paris.

Nous avons regretté l’absence du Père Danjou de l’archiconfrérie de la sainte Agonie, le père Planchot de l’Association de la Médaille Miraculeuse, le Père Pelletier des Religieux de Saint Vincent de Paul, le Père Hiss de la Maison du Missionnaire, le Père Marionneau des Lazaristes, Sœur Danièle Relion des Sœurs de Gethsémani et Aurélie Madrid de Jeunesse Mariale Vincentienne

Bernard MASSARINI, CM – Coordinateur de la Famille Vincentienne de France 🔸

Tous se réjouissent de ces nouvelles voies de collaboration en famille

Pour connaître davantage :

Article journal LA CROIX : https://www.la-croix.com/Religion/Spiritualite/La-famille-vincentienne-_NG_-2010-05-27-552084

Site Famille VINCENTIENNE : https://famvin.org/

Récollection Carême CM Château 26.02.18 avec l’abbé Barret

Récollection Carême CM Château 26.02.18 avec l’abbé Barret

Qui est le père :Aumônier lycée en 68 ; puis délégué régional œcuménisme ; curé de la cathédrale ;  vicaire épiscopal….délégué à la vie religieuse et du mouvement chrétien des retraités. Continue avec groupe biblique et accompagnement infirmières et appartient GEM (prêtres du cœur de Jésus). A lancé formation diaconale sur la région apostolique. A lancé l’école de la foi du diocèse.

« Si le prêtre est un berger il doit sentir la chèvre » dit le pape François qui souhaite désenclaver l’’Eglise, invitant le prêtre à p. 226 lorsque les dirigeants se détachent du Peuple trop sérieux, engoncés ils ont la face amidonnée. Désenclaver l’Eglise est suivre l’histoire du Dieu chrétien qui sort de son ciel et va à la recherche de l’homme qui se cache….la recherche de la brebis perdue et la sortie du fils de la maison le père est ouvert aux deux.  Ce sont aussi ces malade lépreux qui doivent être touché, c’est Jésus vers Nicodème, vers Matthieu, vers la femme adultère (texte perdu et retrouvé dans un apocryphe puis introduit heureusement dans l’évangile).

Si l’Eglise se referme elle n’est plus Eglise de Jésus. Le Temple de Jérusalem avait portes ouvertes aux quatre coins du monde : Is 60, 11.

Avoir des portes ouvertes pour que tous puissent rentrer dans le temple Ez. 47.  Il est dit que les portes doivent être ouverte pour que l’eau jaillisse de toute part. Les étapes sont trois : la patience, l’effort à contrôler pour ne pas se  noyer. Ayons le temple de notre corps ouvert

Ap 21,  parle de l’eau de vie donnée par Jésus.  le corps de Jésus est temple nouveau, Ap 2, 12 un fleuve de vie jaillit…. Laissons-nous caresser vers le fleuve d’eau vive… la source doit jaillir de nous en nous greffant sur Jésus : repartons du Christ comme disait st Jean-Paul II. La source jaillit mais parfois elle se cache mère Térésa 30 ans dans l’absence de la sensation de la présence de Jésus Christ (le quatuor mystique livre parle de cela)

Il faut que la porte soit ouverte pour que l’odeur des chèvres entre dans l’Eglise. Osons écouter dialoguer dans la patience pour chercher avec l’autre ce que Dieu veut de lui.

L’odeur qui peut ne pas être agréable doit être sentie pour aider une fois reçue à la purifier dans le discernement….et ensemble fêter l’amour du Père.

14h

Rappel ordination diacre et son collègue a dit il a mis l’étole comme on met la sacoche…unité liturgie et vie ordinaire qui devient sacrée

Echange sur brebis et chèvre (chèvre à gauche et brebis à droite)….

Etre proche des gens ne signifie pas être d’accord avec eux mais partager et vivre à leur côté.

Franc-maçon ; juif ; communistes : on a connu une Eglise inconnue présentant à Dieu le travail des ouvriers du PO. Pensez au dialogue de la samaritaine….en Jésus nous pouvons abreuver notre soif mais ce n’est pas toujours facile d’y entrainer les personnes qui nous ont été confiées qui préfèrent les rives sur lesquels ils sont ancrés.

Revoir note vie pour analysant les rencontres s’il y a ces personnes sur le bord de la route qui attendent une rencontre….les chèvres voudraient nous faire sentir leur haleine qui ne sont que rarement fétides. Accepter la critique dans un climat fraternel est très important pour tous.

Exemple de rencontre autour de la lettre aux politiques des évêques qui a réuni 80 élus autour de ce texte…..

Bernard MASSARINI, CM 🔸

Si l’Eglise se referme elle n’est plus Eglise de Jésus. Le Temple de Jérusalem avait portes ouvertes aux quatre coins du monde : Is 60, 11.

Pasteurs selon le cœur de Dieu : Partage après une retraite pour des jeunes chrétiens homosexuels et lesbiennes

Pasteurs selon le cœur de Dieu :

Partage après une retraite pour des jeunes chrétiens homosexuels et lesbiennes

Une association présente depuis 30 ans dans la pastorale des personnes touchées directement ou indirectement par l’homosexualité « Devenir Un En Christ », m’a invité à prêcher une retraite qui me conduit à cette communication.

Plusieurs des jeunes sont venus m’exprimer leurs douleurs face à l’incompréhension de leurs prêtres : ce sont les premiers mots de cette exhortation de l’exhortation apostolique de saint Jean-Paul II qui ont alors résonné en moi, alors que je recevais plusieurs d’entre eux en accompagnement : « Je vous donnerai des pasteurs selon mon cœur » (Jr 3,15). Par ces paroles du prophète Jérémie, Dieu promet à son peuple de ne jamais le laisser sans pasteur qui le rassemble et le guide : « Je susciterai pour [mes brebis] des pasteurs qui les feront paître ; elles n’auront plus crainte ni terreur » (Jr 23,4).(1) Nous le voyons pasteurs selon son cœur n’exprime pas un souhait, mais le désir de Dieu afin que les ‘brebis’ n’aient plus de craintes ni de terreur.

Je désirai venir vous partager quelques pistes de réflexion pour éclairer notre approche de ces sœurs et frères chrétiens en souffrance qui frappent à notre porte. Le texte de l’exhortation avait pour objectif de renouveler le ministère des prêtres, en le replaçant dans une société en mouvement afin qu’il déploie le modèle auquel la Constitution Lumen Gentium invitait : remettre le prêtre au cœur de la communauté ecclésiale comme animateur, pasteur.

Il m’a donc été demandé d’animer cette retraite sur le thème : ‘ne me retiens pas’ (ne me touche pas), parole de Jésus à Marie-Madeleine. Après avoir abordé les traditions sacerdotales et prophétiques du Premier Testament puis celles du Nouveau Testament sur le toucher, je me suis arrêté sur les deux toucher du ressuscité : celui d’appel à l’ouverture à la mission de Marie-Madeleine et celui de l’invitation à passer du désir de contact à celui de la confiance avec Thomas.

Avant d’aborder les questions que j’aimerai vous partager dans le cadre commun de la pastorale avec ces sœurs et frères. Nous référant au catéchisme comme référence qui consacre 3 articles à cette réalité :

Article 2357 : L’homosexualité désigne les relations entre des hommes ou des femmes qui éprouvent une attirance sexuelle, exclusive ou prédominante, envers des personnes de même sexe. Elle revêt des formes très variables à travers les siècles et les cultures. Sa genèse psychique reste largement inexpliquée. S’appuyant sur la Sainte Écriture, qui les présente comme des dépravations graves, la Tradition a toujours déclaré que les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés. Ils sont contraires à la loi naturelle. Ils ferment l’acte sexuel au don de la vie. Ils ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable. Ils ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas.

Article 2358 : Un nombre non négligeable d’hommes et de femmes présentent des tendances homosexuelles foncières. Cette propension, objectivement désordonnée, constitue pour la plupart d’entre eux une épreuve. Ils ne choisissent pas leur condition homosexuelle. Ils doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse. On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste. Ces personnes sont appelées à réaliser la volonté de Dieu dans leur vie, et si elles sont chrétiennes, à unir au sacrifice de la Croix du Seigneur les difficultés qu’elles peuvent rencontrer du fait de leur condition.

Article 2359 : Les personnes homosexuelles sont appelées à la chasteté. Par les vertus de maîtrise, éducatrices de la liberté intérieure, quelquefois par le soutien d’une amitié désintéressée, par la prière et la grâce sacramentelle, elles peuvent et doivent se rapprocher, graduellement et résolument, de la perfection chrétienne.

Nous entendons plusieurs éléments : un premier qui décrit cette réalité et la façon dont la tradition chrétienne l’a abordée, un second sur la compréhension contemporaine et l’accueil que nous devons pratiquer, enfin l’invitation que fait la tradition catholique à ces personnes.

Ceci posé, j’ouvre en vous le partageant le témoignage d’un des retraitants. Après s’être recherché plusieurs mois sur internet y compris par consultation de sites pornographiques il a tenté de répondre à ce qu’il ressentait sans oser aller à la rencontre d’hommes par crainte de faire des actes contraire à sa religion. Il trouvera la force de s’en ouvrir, en larmes, à son curé, lors d’un pèlerinage. Ce dernier, ému dans un premier temps, clora l’échange en lui enjoignant de ne pas s’engager dans une telle voie qui ne pourrait pas le conduire au bonheur et l’enfermerait dans des relations sans lendemain. Cela a fait naître chez le jeune un état dépressif le laissant plusieurs semaines avec des projets de suicide pour échapper à l’impasse dans lequel son corps et ses désirs le plaçaient.

Nous sommes convaincus que la sexualité dont la Bible est dépositaire se fonde sur la belle histoire de la création qui s’achève par celle d’Adam et Eve invités à s’unir dans une relation ouverte au don de la vie. Prêtres, il nous arrive d’être témoins de la découverte de l’intériorité d’un de nos fidèles. Ne devons-nous pas alors, tout en rappelant l’histoire sainte, donner à ceux qui demandent un conseil pour discerner la volonté de Dieu dans leur vie, leur proposer des paroles d’aide et de réconfort ?  En tous les cas, si le texte insiste disant que les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés : elle ne dit pas qu’ils sont mauvais. Il dit qu’ils sont intrinsèquement désordonnés e, ce qui signifie qu’ils ne sont pas inscrits dans l’ordre naturel de la création. Cela ne signifie en aucun cas que ces singularités soient à mépriser ou rejeter. D’ailleurs, le texte le précise : Ils doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse. Un théologien catholique, s’appuyant sur Thomas d’ Aquin, qui reprend Aristote, distingue entre nature de l’espèce et nature de l’individu, analysant cette attraction comme une structure propre.(2) Comme de plus tous les êtres ne sont pas soumis à la reproduction de l’espèce pourrions-nous faire preuve d’accueil respectueux de ces sœurs et frères à la recherche d’un équilibre dans leur vie à la suite de Jésus.

Je repense alors à l’invitation de l’encyclique du saint pape Jean-Paul II qui cite la parole du prophète Jérémie affirmant que Dieu lui-même fera surgir des pasteurs qui feront perdre leurs craintes à leurs brebis.

J’entends alors cette jeune qui pratique le sacrement de réconciliation chaque mois, depuis qu’elle l’a découvert, et va récemment, alors qu’elle termine une journée de travail, s’arrêter à une paroisse sur le chemin du retour à sa maison. Elle va commencer à demander pardon pour les mauvais comportements qu’elle a eue avec son amie. Le prêtre l’entendant insister sur l’amie (entend l’ami) et lui dit qu’il lui semble qu’il est très présent dans sa vie. Elle lui dit que c’est sa compagne de vie. Le prêtre arrête alors, lui disant qu’elle est en état de péché, et qu’il ne pourra pas lui donner le pardon (sic !). La voyant fondre en larmes il tente de la réconforter lui disant qu’il connait de nombreux couples de femmes merveilleuses mais ne peut la réconcilier avec Dieu.

S’il est vrai qu’étant en situation objective non conforme à la loi, car à cause de sa relation charnelle avec son amie, elle commet des actes qui ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable, et ne sauraient en aucun cas, recevoir d’approbation. Ce dont elle parle dans le sacrement, ne ressort pas de cet aspect de sa vie dans laquelle elle a trouvé un équilibre pour déployer son affectivité sans souffrance.

De plus si nous nous référons au troisième article du catéchisme, il dit que les personnes homosexuelles sont appelées à la chasteté : ce qui semble juste, et dans le catéchisme, les mots sont pesés. Le texte ne dit pas la continence. Nous pouvons penser qu’elle le sous-tend, car seules les relations sexuelles ouvertes à la procréation dans le mariage sont reconnues en Eglise, mais cela n’est pas exprimé : nous invitant peut-être à pratiquer la loi de la gradualité, telle que nous y invite le saint pape Jean-Paul II. (3)

Je continuerai vous livrant deux situations qui m‘ont aussi été confiées et terminerai par une question.

Tout d’abord, cette jeune femme qui s’apprête à changer d’activité professionnelle et confie tout à Dieu des décisions à prendre, le trouvant silencieux tout en reconnaissant sa difficulté à trancher. Elle confie ressentir le désir de quitter son amie, mais ne sait si c’est juste si cet appel vient de l’Esprit-Saint. L’autre est un jeune homme qui s’est séparé de son ami car tous deux ont découvert qu’ils avaient trop de différences et de projets, de vision de vie leur empêchant un projet commun.  Il est heureux car vient de retrouver un ami ; mais à il a de la gêne car lorsqu’il revoit son ancien, il éprouve une grande joie à l’étreindre. Chastes étreintes qui ne voudraient pas être infidélités à son nouveau compagnon, car ce serait un manquement à la fidélité, dit-il. Deux situations dans lesquelles cette sœur et ce frère souhaitent vivre en chrétien responsable dociles à l’Esprit, la en fidélité à leur voie singulière.

Si nous nous référons aux articles du catéchisme ils ne tranchant que pour les pratiques : les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés. Ils sont contraires à la loi naturelle. Ils ferment l’acte sexuel au don de la vie. Ils ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable. Ils ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas. Or dans ces deux cas il n’y a pas d’actes sexuels, et seuls sont rejetés les actes sexuels, pas les marques de tendresse. Le texte précise que la raison de ce rejet de tels actes est double : ils sont contraires à la loi naturelle et non ouverts à la procréation. Or, nous l’avons déjà vu : tous les vivants ne sont pas appelés à la reproduction de l’espèce et certains par leur structure, ne sont pas marqués des attraits qui caractérisent l’ensemble des vivants.

Demeure alors me semble-t-il, dans l‘exercice de discernement l’appel commun à la chasteté. Lorsqu’il s’agit de discerner la qualité de sa relation : la fidélité de l’engagement doit être évaluée en conscience. C’est là que se joue l’exercice de la chasteté. Il est vrai que le texte tait que dans leur cas la chasteté ne peut être que continence, étant donné que la doctrine catholique ne reconnait l’exercice de la génitalité que dans le cadre du mariage. Ne semblerait-il pas sage de conseiller à la première, d’écouter les motions de l’Esprit, qui si elles sont fréquentes et toujours identiques, la conduisent à exprimer à son amie ce que lui dicte sa conscience pour en tirer les conséquences ? Et d’inviter le second, à vérifier, si les étreintes ne réveillent pas en lui le désir du corps de s’enquérir, si pour celui qui les reçoit, le ressenti est le même, s’autorisant alors ce geste de tendresse qui transmet force sans manquer à la fidélité d’une nouvelle relation d’amour vécue ? Lorsque nous aidons à un tel discernement : la chasteté est convoquée comme qualité de la relation, même s’il n’est pas rappelé pas l’incomplétude d’une telle relation ni l’impossibilité de sa reconnaissance publique.

C’est précisément sur ces points que je souhaiterai terminer ma communication avec vous. N’est-il pas possible de reconnaitre la chasteté dans une relation affective de personnes ayant l’attirance pour le même sexe ? Etre des pasteurs selon le cœur de Dieu, des pasteurs qui apaisent leurs brebis et les aident à relever leurs défis ne pourrait-il pas signifier aider les croyants homo-sensibles à vivre leur affectivité dans leur dimension relationnelle (y compris dans la dimension sexuelle) dans le respect de leur condition et la dignité de leur engagement à la suite de Jésus et cela sans manquer à la parole commune? Puissions-nous ensemble, ouvrir des voies qui honorent chacun et permettent à tous, de mener une vie heureuse jusqu’à la rencontre avec le Père..

Bernard MASSARINI, CM 🔸

Ne devons-nous pas alors, tout en rappelant l’histoire sainte, donner à ceux qui demandent un conseil pour discerner la volonté de Dieu dans leur vie, leur proposer des paroles d’aide et de réconfort ?

Notes :
  1. Jean-Paul II, Pastores da vobis, 1992.
  2. Thomas d’Aquin est d’accord avec Aristote pour dire que, chez certains, la recherche de ce plaisir provient de la nature d’une complexion corporelle, ex natura corporalis complexionis, qu’ils ont reçue dès le début, a principio. Chez d’autres, par contre, [elle] découle de l’habitude, parce que, par exemple, ils se sont habitués à de telles pratiques depuis leur enfance, a pueritia[76]. Jean Voilquin qualifie ces pratiques de « dépravées », mais cette épithète n’est pas dans le texte d’Aristote. 

    Thomas d’Aquin fait à maintes reprises la distinction entre nature de l’espèce et nature particulière ou de l’individu[77], et il a reconnu[78] que l’union des sexes est une inclination fondamentale chez les humains, car elle assure la survie de l’espèce. Le vice contre nature, dont il distingue quatre modalités[79], est donc contraire à la nature de l’espèce, mais il peut être conforme à la nature de certains individus. Seule la science est en mesure de trancher cette question. S’il arrivait qu’elle tranchât un jour en faveur des homosexuels, le respect de la morale pour la nature n’essuierait aucune rebuffade : le devoir de propager l’espèce n’est pas imposé à chaque individu en particulier.

  3. Jean-Paul II,  Familaris Consortio, n° 34, 1980.

La Congrégation de la Mission présente depuis Saint Vincent dans l’Église de Montauban qui fête ses 700 ans

la Congrégation de la Mission présente depuis Saint Vincent dans l’Église de Montauban qui fête ses 700 ans

Cette année, le diocèse de Montauban fait mémoire de son histoire qui s’est ouverte sous le pontificat de Jean XXII, un quercinois qui aura un des plus longs pontificats de l’histoire des papes en Avignon. Homme de caractère fort il sera l’artisan de la réforme de la fiscalité ; un spirituel à qui l’on doit la belle prière « Anima Christi » ; il signera de nombreux motu proprio notamment sur la musique dans la liturgie. C’est lui qui dessinera un nouveau visage des Églises du Sud-Ouest créant sept diocèses dont celui de Montauban.

Crée dans la période de l’inquisition qui voulait lutter contre les hérésies, les autorités montalbanaises vont demander à l’Eglise de leur confier la gestion des hérésies. Ils vont choisir d’intégrer « les valdéistes » et les cathares dans des travaux d’intérêts généraux, les condamnant à reconstruire les édifices endommagés. Plusieurs étant d’excellents artisans, ils vont participer à la reconstruction devenant notables et certains intégrant les consuls de la ville. Heureuse gestion par les autorités de l’apparition de nouveaux courants religieux fractionnant l’espace social commun en invitant chacun à offrir ses compétences pour renouveler l’espace commun, dégageant ainsi une nouvelle unité.

Le diocèse va retrouver une période douloureuse à la naissance du protestantisme qui, faisant de Montauban une place forte de ce culte nouveau, entraine de multiples destructions. L’Eglise catholique ne tentera pas d’apaiser ces tensions fragilisant la vie d’une société bouleversée, en s’inscrivant dans la contre-réforme du concile de Trente. Les lazaristes participeront à cette histoire en formant les prêtres, nourrissant spirituellement les hautes personnalités par des retraites multiples.

Après la révolution, ce sont deux grands évêques venus des Etats-Unis qui vont marquer l’histoire des chrétiens du Tarn-et-Garonne. Particulièrement Monseigneur de Cheveruss qui lorsqu’il quittera la ville pour devenir archevêque de Bordeaux, verra les protestants écrire au pape qu’ils étaient tristes de le voir partir, car avec lui « ils croyaient être devenus épiscopaliens ». Cette période sera suivie par la loi de séparation de l’Eglise et de l’état qui entrainera de grandes souffrances spécialement dans le service de l’éducation.

A l’époque contemporaine, à la fin du XIXème siècle, des saintes et des bienheureuses sont proposées pour continuer la tradition catholique : femmes fortes, témoins de la miséricorde de Dieu et le Père Palau, fondateur des sœurs carmélitaines apostoliques qui s’installera à Livron.

Enfin au XXe, c’est le visage de Mgr Théas qui nous sera proposé… Une personnalité que l’on ne peut oublier pour sa parole haute et forte face à l’idéologie nazie. Sera évoquée aussi la personnalité discrète de Mlle Ginestet : qui offrira ses forces dans l’ombre pour participer au sauvetage de multiples juifs.

Au creux de cette histoire j’ai eu l’honneur de présenter l’histoire que la petite congrégation de la mission a vécue dans le diocèse de Montauban, nous entrainant plus de 300 ans d’histoire commune.

 

Monsieur Vincent et le diocèse de Montauban

Une compagnie naissante qui prêche aux « hérétiques »

Montauban apparait 27 fois dans les écrits de saint Vincent entre 1607 et 1660 et pas moins de 33 fois dans les Annales de 1837 à 1952.

Resituant l’époque durant laquelle St Vincent va se rapprocher de Montauban ; il faut se souvenir que le 7 octobre 1622, le roi Louis XIII avait signé la paix avec les protestants. Montauban et la Rochelle avaient été assignés comme lieux de sureté aux protestants[1]. Quelques années plus tard, en 1629, le Cardinal de Richelieu entrait à Montauban le 20 août, ébranlant la puissance des protestants. L’évêque Mgr de Murviel éloigné de sa ville  avait saisi l’occasion pour ramener à la foi les égarés faisant appel aux Capucins, Cordeliers, Jacobins, Carmes, Jésuites et même Lazaristes.

Si Monsieur Vincent situe l’intuition de la création de la congrégation le 25 janvier 1625 : par la prédication de la confession générale à Folleville –sur les terres des Gondi, proche d’Amiens-, c’est Mme de Gondi qui la fondera –économiquement parlant- le 17 avril 1625.

Dix ans plus tard, le 8 janvier 1632, le roi Louis donne une lettre patente de Metz où il se trouve, scellant l’union de la jeune Congrégation de la Mission avec les religieux chanoines réguliers de saint Lazare, à Paris. C’est alors qu’est mentionnée la présence d’un premier lazariste dans le diocèse de Montauban :

« Les dits prêtres de la congrégation de la mission ont fait en diverses provinces de notre royaume depuis leur établissement et de ce qu’ils font encore journellement à la gloire de Dieu et le salut des âmes de plusieurs de nos sujets, même qu’aucun des dits prêtres, depuis un an a été envoyé par leur supérieur au diocèse de Montauban où ils travaillent à incessamment à déraciner l’hérésie des lieux qui en restent le plus infectés »[2]

En 1634, alors que Monsieur Vincent écrit au pape pour informer de la cession dont a bénéficié la Congrégation de la part des chanoines réguliers de Saint-Lazare, il évoque lui aussi des conversions dans le diocèse de Montauban, comme fruit du travail des missionnaires :

«  L’institut des prêtres de la Mission érigé à Paris par autorité apostolique il y a peu d’année,… ont pour fin spéciale de parcourir les bourgs et villages, afin d’instruire les habitants des vérités nécessaires à salut, sans demander aucun salaire….attendant de Dieu seul la récompense due à leurs travaux, s’acquittent de leur fonction avec tant de zèle, que grâce à eux dans diverses régions et provinces de France au diocèse de Montauban surtout bon nombre d’hérétiques, ainsi que le bruit s’en est répandu dans le pays, a abjuré l’hérésie et embrassé la foi catholique »[3].

Ce n’est qu’en 1645 que nous entendons reparler de Montauban par un courrier qu’adresse Vincent de Paul à l’archevêque de Toulouse au sujet d’un différend que l’évêque coadjuteur de Montauban, Mgr Bertier  -évêque titulaire d’Utique – sacré en 1636, a avec son prédécesseur toujours en fonction : Mgr de Anne de Murviel (1600-1652). Il invite l’archevêque à fixer les devoirs du titulaire afin qu’il permette au coadjuteur d’avoir de quoi vivre sa mission avec décence (II, 504).

Les Lazaristes reçoivent Notre-Dame-l’Orm

 C’est encore la correspondance de Monsieur Vincent qui nous donne le chemin plus précis de la Congrégation de la Mission avec le diocèse de Montauban. Une lettre que Monsieur Vincent adresse à Mgr Bertier en date du 4 mai 1652, nous met au courant que l’abbesse de Fontevraux est entrée en contact avec l’évêque pour faire que le prieuré de Notre-Dame-de -l’Orm soit confié à la congrégation (IV, 380 – 4 mai 1652).

Puis dans une lettre qu’il adresse au supérieur de la mission de Varsovie, Lambert aux Couteaux, le 17 mai, il lui signale qu’il est en possession d’une chapelle que le coadjuteur lui a donné pour y établir trois ou quatre prêtres. Il mentionne qu’elle est mise au nom de Monsieur Bajoue, qui était jusqu’alors supérieur de la Rose (dans le diocèse d’Agen), la maison la plus voisine de Montauban.

C’était une pratique courante d’y envoyer le supérieur de la mission voisine, afin de lui donner charge de la mission naissante en vue d’une nouvelle fondation. C’est effectivement lui qui va devenir supérieur de cette première maison. Le bénéfice sous le nom de Monsieur Bajoue était la cure de Saint-Aignan et son annexe Castelferus près de Castelsarrasin, où s’élevait le sanctuaire de Notre-Dame de l’Orm dont ils vont prendre en charge le pèlerinage. Un recueil des prêtres de la mission dit qu’ils ont aussi fait des missions dont nous n’avons malheureusement pas de détails.

Monsieur Bajoue était né à Céaux, dans la Vienne, vers 1609, dans le diocèse de Poitiers. Il fut reçu à st-Lazare le 1er décembre 1640 déjà prêtre, et en 1649 Monsieur Vincent lui confie la mission de la Rose.

Nous apprenons dans un courrier que Monsieur Vincent écrit à Lambert aux Couteaux, supérieur à Varsovie, le 3 janvier 1653, qu’il a envoyé Monsieur Cuisot, en mission à Cahors conférer avec l’évêque sur le dessein de son séminaire, et il avise qu’il fait rentrer un missionnaire (Monsieur le Vazeux) de Rome en vue de le joindre à l’équipe d’Agen ou celle de Montauban. L’histoire de l’église de Montauban de l’abbé Daux, dit que l’évêque avait recueilli des sujets pour le séminaire sous la responsabilité du chapitre cathédral en son palais épiscopal proche de l’église saint Jacques. Suite à l’épidémie de peste, l’évêque s’était réfugié à Montech avec son chapitre cathédral, où il avait reçu les séminaristes dans la maison qu’il avait acquise pour son usage personnel, maison qu’il avait laissée aux séminaristes. C’est dans ce lieu que les lazaristes donneront les premiers cours aux jeunes candidats au sacerdoce.

Une lettre de mai 1653 que Monsieur Vincent écrit à Monsieur Bajoue montre que l’on cherche les candidats qui suivront le séminaire et que l’on cherche à s’assurer qu’il y a des bénéfices afférents à ce service. Cela confirme la pratique de Monsieur Vincent qui ne commençait pas de nouveaux services tant qu’ils n’étaient fondés. Il répondait avec prudence aux nécessités de l’Eglise. En juillet 1653, Monsieur Bajoue afferme le bénéfice de Brial à Montech où il se trouve, afin d’assurer des ressources à l’équipe du séminaire, le bénéfice ne sera entériné officiellement qu’en 1656 (le 13 août).

Une session du chapitre cathédral de juillet 1653, sur proposition du sieur d’Aignan, qui avait été curé de Montech et chanoine de la Collégiale St Etienne de Tescou puis archidiacre de la cathédrale, obtient d’affecter une somme importante pour la construction du séminaire : 1200 livres. L’évêque voulant assurer la stabilité de cette création sollicite une patente du roi, ce qui est octroyée en mars 1654. Monsieur. Bajoue saisit le père Passeron au sujet du bénéfice de Brial qu’il remporte le 23 juin 1653. Cet épisode terminé, c’est Monsieur Lièbe François que deviendra le supérieur de la maison.

François Lièbe était d’Arras. Il sera supérieur de la maison qui comptait 3 autres prêtres dont un gersois qui avait fait ses vœux à Montech et Monsieur Edme Barry (futur supérieur de N-D de l’Horm) auquel il fallait ajouter  l’ancien supérieur et deux frères. Monsieur Lièbe terminera sa charge en 1657 pour rejoindre Richelieu, mais déçu de ce changement, il abandonnera la compagnie.

Lui succède Monsieur Edme Du Barry, un irlandais qui avait été chassé par les persécutions et fut placé à Notre-Dame-de-l’Horm devenant supérieur jusqu’en 1664 avant de le redevenir en 1675 jusqu’en 1680.

Lorsqu’il commence sa mission de supérieur en 1657 il reçoit 3 confrères et verra le personnel augmenté de 2. Durant son supériorat le séminaire est transporté à Notre-Dame-de-l’Horm. Car la communauté étant à Notre-Dame-de-l’Horm et le séminaire à Montech la vie communautaire n’était pas aisée et une partie de la communauté était consacrée aux missions, l’autre au séminaire. Dès l’hiver 1656, comme le révèle une lettre de Vincent, le transfert du séminaire s’est effectué de Montech à Notre-Dame-de-L’Horm.

C’est encore dans une lettre de Monsieur Vincent à Monsieur Edmond Barry du 18 juillet 1657 ; au sujet des conflits nombreux concernant les bénéfices de Castelferus, Brial, et Notre Dame de l’Horm, qu’il exprime le souhait de voir le séminaire transféré à Montauban.

Dans une autre correspondance à Monsieur Barry, le jour de Noël 1658, nous apprenons que la somme de 2000 livres a été affectée pour l’installation du séminaire à Montauban et que l’évêque souhaite être assuré que cela soit fait. Ce transfert n’aura lieu que dans les derniers jours de la vie de Monsieur Vincent. Le journal de ses derniers instants (XIII, 182) note que le séminaire est transféré à Montauban et que la conduite temporelle et spirituelle du séminaire est confiée aux missionnaires avec pouvoir perpétuel de faire des missions.

C’est le 16 septembre, tout proche de sa mort – le 27 – qu’il signera le dernier texte authentifiant sa décision de créer la communauté missionnée pour la formation des prêtres du diocèse de Montauban.

La Congrégation de la Mission installe la mission dans le diocèse
De l’établissement du séminaire à Montauban à la révolution

Le registre des ordinations révèle que les premières ont été célébrées en 1664. Une retraite ayant eu lieu dans le bâtiment le 11 décembre. C’est donc en septembre 1664 que s’opéra le transfert du séminaire de Notre-Dame-de-l’ORM à Montauban. Ce transfert se fit au quartier Montauriol en proximité de la demeure épiscopale. Nous savons d’autre part, que l’évêque de retour de la cour avait célébré la messe en l’honneur du Saint-Esprit, le 13 du mois d’octobre. En 1667, tous les revenus sont affermis. Le 3 mai, par l’affectation de 500 livres sur les bénéfices du diocèse pour loger les clercs de façon digne, Monsieur Donat Cruoly est nommé nouveau supérieur tandis que Monsieur Barry demeure au sanctuaire.

Le séminaire de Montauban aura 18 supérieur de son ouverture jusqu’à la révolution.

1664-1665 Cruoly Donat                              1704-1716 Chauvin Antoine

1665-1675 Amirault Claude                         1716-1720 Périer Marin

1675-1680 Barry Edmond                             1720-1733 Monin Simon

1680-1682 Piot Pierre                                    1733-1736 Aïenel Nicolas

1682-1686 Doué Jean                                    1736-1739 De Lacoste Etienne

1686-1690 Amirault Claude                           1739-1750 Bastit Guillaume

1690-1696 De Lalande François                    1751-1765 Brousse Marc-Antoine

1696-1703 Renault Mathurin                         1765-1782 La Bastide Jacques

1703-1704 Duchesne Fiacre-And.                  1783-1791 Compans Jean-Jacques

Le premier était Irlandais les 4 autres étant originaires de la région : Lot (Vigan, St Julien-de-la-Serre), Lot-et-Garonne (Foulayronnes) ; Ariège (Alors). Dès le 3e supérieur (Monsieur Amirault) le personnel passe à 13 membres qui rejoignent l’équipe du séminaire et celle des missions.

Les sources de financement de l’œuvre vont être augmentées par l’évêque (Mgr Bertier) en 1667, il affecte 500 livres sur les bénéfices du diocèse. En 1669 les bénéfices de Brial et Corbarieu sont quant à eux, affectées au séminaire. Les accords exigeaient qu’acceptant les bénéfices, les lazaristes veillent à la maintenance de l’église et au soutien des œuvres de charité.

Le supériorat de Monsieur Chauvin qui dura 14 ans, commence avec une équipe de 14 confrères prêtres et 3 frères coadjuteurs. Il va acquérir de nombreux terrains pour financer le service. Sous son mandat, le ministère des missions est suspendu en 1714, puis abandonné faute de ressources. C’est Monsieur Perrier son successeur qui fermera ce service. Ces difficultés sont en partie occasionnées par le système Law et le régime des billets de banque.

Sous le supériorat de La Bastide, en 1672, le sanctuaire de Notre-Dame de l’Orm est quitté pour être confié aux religieux de l’observance de st Francois (mission qu’ils occuperont jusqu’en 1790).

En 1673 pour tenter d’aider le séminaire affronte une baisse de ressources économiques, pour limiter cela, une patente royale affecte 500 livres au séminaire sur l’assiette du diocèse. En juin de l’année suivante Mgr Bertier meurt.

Selon le décret du 19 novembre 1789, Monsieur Compans devra dresser la liste des bénéfices du séminaire pour l’Assemblée provinciale de la Haute-Guyenne, ce qu’il fera en 1790. Les biens du séminaire sont mis en vente en 1791. Le 17 avril est vendue la métairie de Bressol, le 12 mai, la pièce de terre de Bressol, le 29 mai, une autre sur Bressol, le 26 juin une autre sur la paroisse de Corbarieu. C’est le 2 avril 1792 qu’est mis en vente le séminaire acheté par un négociant Naaman Laurent.

Ce que devinrent les missionnaires est incertain. De Monsieur Compas le supérieur, nous n’avons aucune données, Monsieurs Combrousse et Brunies se sont retirés, le premier dans le diocèse de Périgueux après avoir transité par Cahors comme Monsieur Brunies qui lui termina à Lalbenque.

Nous ne sommes pas en mesure de décrire de façon détaille la réalité séminaire jusqu’à la révolution. Nous ne sommes pas en mesure de dire exactement le nombre de candidats, l’importance numérique de l’équipe en charge, le nombre d’ordination, le contenu de l’enseignement tout au long de cette période. Nous avons des rapports de visites des maisons, des rapports de délibération du chapitre cathédrale, le registre des ordinations, certaines ordonnances épiscopales ainsi que le mémoire de ceux qui ont fait des retraites durant cette période qui donnent à connaitre certains de ses éléments.

Les données numériques sur l’équipe du séminaire laissent à penser qu’ils n’ont jamais été un grand nombre : trois au plus comprenant un supérieur et deux professeurs dont l’un assurait l’économat. A ces derniers on ajoutait le maître de chant (qui pouvait être un frère) plus un domestique un médecin et un chirurgien qui venait assurer la coupe de cheveux 2 fois par semaine. En 1789 le rapport de visite montre que la fonction de maitre de cérémonies et de chant est précisée.

Le registre des visites nous permet de penser que le séminaire de Montech n’avait pas plus de 10 candidats mais que leur nombre a augmenté. En 1657, St Vincent dans un courrier qu’il adressait au supérieur rendait grâce, disant : « Je loue Dieu que votre séminaire se multiplie ». Lorsque l’établissement s’installe à Montauban, l’inventaire laisse à penser qu’il y avait cinquante chambres dont 10 étaient réservées aux retraitants. Mais il semble que le nombre n’ait jamais dépassé la trentaine.

Nous savons que chaque séminariste devait contribuer à sa formation en assurant une pension en 1660 de 100 livres. Au XVIIIe elle avait doublée mais nous savons que certains avaient des places fondées parce qu’ils étaient candidats pauvres (à Montauban il n’y a eu qu’une place fondée).

Nous ne possédons pas le texte règlement du séminaire mais sommes en droit de penser qu’il était calqué sur celui du collège des Bons Enfants. Nous savons lors des visites de 1655 que les séminaristes étaient tenus à ½ h d’oraison quotidienne, celle de 1666 nous rapporte que l’on invite à veiller à des dispositions du jardin pour éviter que les séminaristes n’aient l’occasion de se relâcher. Lors de celle de 1769 est noté qu’il faut ne pas laisser la coutume mondaine des perruques laisser gagner les clercs.

Le contenu de la formation était conditionné par le statut des lazaristes qui ne leur permettait pas de faire des cours mais seulement de donner des entretiens sur l’Ecriture Sainte, sur la liturgie. La formation pastorale quant à elle était soignée : formation à la prédication notamment. Une visite faite en 1667 rapporte qu’elle doit être faite au réfectoire.

Le registre des ordinations pour sa part entre 1664 et 1726 montre que pour les clercs tant diocésains qu’étranger, elles furent célébrées dans la chapelle épiscopale, dans celle du séminaire, peu le furent à la cathédrale certaines se firent dans la chapelle des jésuites, celle des Carmes, et dans les églises saint Barthélemy de Lauzerte, celle de Beaumont, celle de Saint-Sauveur à Castelsarrasin et celle de Notre-Dame-de-l’Orm. Si l’évêque était absent elles avaient lieu dans le diocèse de Cahors…

L’œuvre des retraites

De l’ouverture jusqu’en 1720 le registre des retraites était tenu, cependant des lacunes figurent dans ce registre. Y participaient des chanoines, des curés et quelques laïcs de haut rang : avocats, des conseillers du présidial, des lieutenants généraux, des religieux cisterciens d’abbaye voisines (de Belleperche). La plupart du diocèse quelques-uns de ceux de Rodez, d’Albi, d’Agen, de Cahors et de Toulouse.

Les missions

Durant cette longue période de nombreuses missions vont être données dans ce long temps. Nous n’avons elles sont évoquées dès 1632 comme un motif qui appui la reconnaissance de la Congrégation car elle obtient le retour à la foi des hérétiques. Mais à la différence des autres maisons elles n’étaient pas fondées économiquement. Nous en ignorons la raison mais sommes en droit de penser que les jésuites avaient déjà mission pour cela. Nous savons qu’elles ont été arrêtées en 1714 car la visite de 1715 demande qu’elles soient rétablies mais ce ne fut jamais observé.

Nous savons que de 1673 à 1714 une aide de 500 livres de St Lazare aidait à ce qu’elles puissent être données. Un registre des missions qui avait été établi d temps de Monsieur Vincent témoigne de ce service. Il était demandé à chaque maison ayant cette activité un recueil annotant combien de missions faites depuis l’établissement de la mission, les mois et années, le lieu dans le diocèse, situation du lieu par rapport à la ville, le nombre de communiants, le nombre de missionnaires, durée, évaluation, la période la plus propice, si une charité a été établie, s’il y a des « hérétiques », quels sont les lieux les plus abandonnés.

Au séminaire de Montauban existait ce registre de 1673 à 1714. Elles toucheront 120 paroisses dont six dans les diocèses voisins d’Albi, de Castres et de Rodez.

Seules quelques-unes voient la création d’une charité, d’autres ayant déjà une confrérie du Très-Saint-Sacrement ; nous apprenons aussi que des séminaristes faisaient les catéchèses durant ces temps spéciaux pour les paroisses.

 

Les Filles de la Charité

C’est dès 1685, que les Filles de la Charité rejoignent le diocèse de Montauban. Elles sont 4 dans le contrat passé à saint Lazare, le 13 août arrivé pour le service de la santé.

Deux cent ans plus tard, en 1839, elles sont 14. En 1968, le rapport provincial qui compte leur histoire mentionne qu’elles sont à l’hôpital : un établissement de 471 lits, 335 à l’hospice et 239 à l’hôpital des aliénés. En 1830 avaient été ajoutées, 50 chambres militaires. En 1867, on avait aussi pris en charge un établissement pour jeunes ménagères (orphelines). Les sœurs se sont impliquées dans la santé et l’éducation. Elles quitteront Montauban en 1968.

 

Après la révolution

Après la fermeture à la révolution, c’est le 27 mai 1804 que la Congrégation est rétablie en France. En 1808 le séminaire reprend dans le bâtiment du couvent des carmes, dans la côte de Sapiac, derrière la cathédrale. Il est sous la direction de Mr Gratacap, et accueille un quercinois dans l’équipe : Mr Perboyre, oncle de Jean-Gabriel qui y restera un certain temps aussi, avant de partir pour St Flour. Il sera martyr en Chine.

Nous avons des rapports de visites de la Congrégation qui nous parlent de trois confrères les années 1821, 1822 et 1823, bien que la congrégation ne soit à nouveau instituée  par décret impérial qu’en 1827[4].

 

L’époque moderne

En 1929, le séminaire se déplacera au couvent capucins sur le quai bordant le Tarn. L’équipe passera de 3  à 6 missionnaires.

En 1966 devant les difficultés d’assurer la continuité de l’établissement est pensé une fusion avec  le diocèse d’ALBI mais cela ne fonctionnera pas, l’essai avec Cahors non plus. Les 50 séminaristes iront à Toulouse en 1970. Le Père Sylvestre qui était alors dans le diocèse de l’équipe enseignante et en ministère sur Lauzerte suivra les séminaristes, il partira aider le séminaire de Viviers, avant de devenir consulteur provincial puis assistant général assurant ce service à Rome, après son élection lors de l’Assemblée Générale de 1974, fonction qu’il occupera jusqu’en 1981. Il revient alors en ministère sur Toulouse puis dès 1982, sur Moissac. Il y sera rejoint par un autre lazariste arrivé de l’Aude : le père Henri Flourens en 1989. En 1990, se joint à eux, moi-même, nouvel ordonné, qui sera demandé pour le service des aumôneries de l’enseignement public. Après un mandat de 4 ans, je serai intégré dans une équipe de mission internationale qui se constitue en Bolivie. Les deux derniers lazaristes atteint, par la baisse de leurs forces, quittent le diocèse : en 1996, le Père Flourens et en 1998, le P. André Sylvestre.

Se clôt un cycle d’histoire où les pères lazaristes sous la conduite de Monsieur Vincent qui avait un lien étroit avec l’évêque, commencent dès 1632 en recevant un sanctuaire marial afin d’avoir un revenu pour soutenir la formation des prêtres. Ils conduisent le sanctuaire conjointement aux missions paroissiales. Lorsque le séminaire est installé à Montauban, l’occasion leur est donnée d’ouvrir leur maison au service des retraites spirituelles aux clercs et laïcs tout en continuant de donner des missions.

A l’exception de la révolution qui interrompra la mission un court moment, la congrégation restera jusqu’en 1966, date de fermeture du séminaire diocésain qui rejoint Toulouse. Elle reprend dans les années 1980 pour le service paroissial sur Moissac, tout d’abord avec un prêtre diocésain auquel vont se joindre deux autres confrères.

Ainsi se sont achevé 366 ans de collaboration entre la petite Congrégation de la Mission et le diocèse de Montauban.

Bernard MASSARINI, CM 🔸

Au creux de cette histoire j’ai eu l’honneur de présenter l’histoire que la petite congrégation de la mission a vécue dans le diocèse de Montauban, nous entrainant plus de 300 ans d’histoire commune.

Bernard Massarini
Notes :

[1] Annales Tome 77, p. 61.

[2] XIII, 256.

[3] Coste I, 167.

[4] Annales T 86, 474.

400 ans de la famille vincentienne : rencontre avec le pape François le 14 octobre 2017

400 ans de la famille vincentienne :

Rencontre avec le pape François le 14 octobre 2017

Campagne de sensibilisation pour « mondialiser la charité »

Une campagne de sensibilisation à Rome, sur le thème de la pauvreté, afin de « mondialiser la charité » : c’est l’initiative de la famille vincentienne à l’occasion des 400 ans de la fondation du charisme de saint Vincent de Paul (1581-1660). Plus de 10.000 personnes sont attendues, originaires d’environ 99 pays et des plus de 200 branches de cette famille, consacrés et laïcs, à un symposium international dans la Ville éternelle. Ils rencontreront le pape le samedi 14 octobre 2017.

L’événement sur le thème « J’étais étranger et vous m’avez accueilli », a été présenté quatre jours plus tôt, le 10 octobre, au Vatican, par le p. Tomaz Mavric, supérieur général de la Congrégation de la Mission et des Filles de la Charité de saint Vincent de Paul, le p. Giuseppe Caruli, supérieur de la Curie généralice, et le p. Joe Agostino, coordinateur du symposium.

L’objectif de cette initiative est de « mondialiser la charité », a expliqué le p. Carulli dans des propos rapportés par Radio Vatican en italien : « Pour nous, mondialiser la charité, signifie concrètement atteindre trois grands objectifs. Le premier est d’unir toute la famille vincentienne qui est présente dans le monde entier, cinq continents, 156 nations, plus de 2 millions de personnes, toute unie pour le même objectif. En même temps, mondialiser la charité signifie sensibiliser le monde entier, les institutions publiques, ecclésiales, mais aussi chaque réalité, au problème de la charité. »

La famille vincentienne a lancé dans ce but un projet sur le long terme, qui se conclura en 2030, en faveur des sans-domiciles fixes : les sans-abri, les immigrés qui n’ont pas de toit et les habitants des bidonvilles qui n’ont pas de toit digne de ce nom. Cette campagne, a précisé le p. Carulli, permet « à des personnes avec un prénom et un nom, avec une histoire, de pouvoir dire : ‘J’étais un sans-abri et aujourd’hui j’ai un toit. J’étais un étranger et vous m’avez accueilli’ ».

Proposé en juin dernier au Parlement européen, le projet sera présenté au pape François ainsi que le « Finding Vince 400 », Festival international du film et concours consacré à la figure et au charisme de saint Vincent, pour raconter avec des images la mondialisation de la charité. Un festival qui se conclura par une remise de prix à Castelgandolfo du 18 au 21 octobre 2018.

La famille vincentienne a deux caractéristiques, a souligné le p. Carulli : « La première est que Vincent nous demande d’aller à la rencontre des pauvres, parce qu’une grande caractéristique de la spiritualité vincentienne est la visite à domicile, ce qu’aujourd’hui le pape François appelle ‘l’Église en sortie’. La seconde grande caractéristique est l’évangélisation de la promotion humaine : nous ne nous contentons pas d’assister ; ce que nous voulons, c’est la promotion humaine, faire en sorte qu’un jour cette personne n’ait plus besoin de nous, pour qu’à travers notre aide elle puisse redécouvrir sa dignité. »

Pour toute la durée du symposium, le cœur de saint Vincent, qui a pérégriné dans toute la France depuis début 2017, sera exposé à la vénération à Rome, avant de poursuivre pendant quatre ans dans le reste de l’Europe.

Avec une traduction d’Hélène Ginabat

Une campagne de sensibilisation à Rome, sur le thème de la pauvreté, afin de « mondialiser la charité » : c’est l’initiative de la famille vincentienne à l’occasion des 400 ans de la fondation du charisme de saint Vincent de Paul (1581-1660).

Explications :

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