Des vies ont été empêchées, mutilées, parfois pour toujours…

« Des vies ont été empêchées, mutilées, parfois pour toujours », explique, dans une tribune au « Monde », Véronique Margron, la présidente de la Conférence des religieux et religieuses de France, qui appelle à une indispensable éthique de responsabilité de l’Église. Et à « réparer l’irréparable ».

Province de France Congregation de la Mission

Des vies ont été empêchées, mutilées, parfois pour toujours…

« Des vies ont été empêchées, mutilées, parfois pour toujours », explique, dans une tribune au « Monde », Véronique Margron, la présidente de la Conférence des religieux et religieuses de France, qui appelle à une indispensable éthique de responsabilité de l’Église. Et à « réparer l’irréparable ».

 

Article publié dans le journal Le Monde du 30 mars 2021 

Tribune. « Celui qui est resté passif sait qu’il s’est moralement rendu coupable chaque fois qu’il a manqué à l’appel, faute d’avoir saisi n’importe quelle occasion d’agir pour protéger ceux qui se trouvaient menacés, pour diminuer l’injustice, pour résister. »

Cette parole du philosophe Karl Jaspers (1883-1969), à propos de la « culpabilité allemande », dit pourquoi l’Eglise catholique ne peut pas ne pas reconnaître sa responsabilité dans les abus spirituels, les agressions sexuelles et les viols commis par certains de ses membres. Responsabilité dans le climat, voire le système, qui les a couverts, déniés, minimisés. Système qui aura ignoré, parfois dénigré les victimes et leurs proches, considérés comme la cause du scandale.

Les évêques de France, le 26 mars, ont clairement assumé la responsabilité de l’Eglise, « devant la société, en demandant pardon pour ces crimes et pour ces défaillances ». C’est un pas décisif. De son côté, la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise (Ciase) entame la rédaction du rapport qu’elle livrera à l’automne – rapport essentiel à la nomination et la compréhension de l’ampleur des crimes commis.

L’Église devra beaucoup à l’immense travail accompli par cette commission, comme elle doit plus encore aux victimes qui ont surmonté leur peur de ne pas être entendues, leur sentiment de honte, pour prendre la parole et réclamer l’engagement de l’institution, la reconnaissance du mal commis, la mesure du mal subi.

Répondre de la vie des victimes

Qu’est-ce qui oblige à la responsabilité ? L’authentique sensibilité au mal. Il ne s’agit pas seulement de répondre de soi, mais de répondre devant l’autre des fautes et des souffrances, de l’irréparable subi par l’enfant, l’adolescent violenté, l’adulte trahi dans sa confiance, fracassé en son âme autant qu’en son corps. Tous ceux qui exercent une charge dans l’Eglise catholique sont assignés à la responsabilité. A répondre de la vie des personnes victimes – vies martyrisées par le mensonge, la séduction vénéneuse, la lâcheté, la désinvolture, le refus de voir.

La responsabilité morale ne relève pas de la réciprocité, mais d’une dissymétrie envers l’humain vulnérable. Il s’agit de nous tenir pour responsables et pas seulement d’être considérés – à raison d’ailleurs – responsables par celles et ceux qui nous font confiance. La responsabilité n’est pas imputée simplement par autrui : elle relève de la décision de s’engager corps et âme à répondre à quelqu’un. Qu’il me le demande ou pas. Y compris pour ceux qui ont refusé de répondre et d’eux- mêmes et de leurs crimes. Par action ou par omission. La responsabilité est ici décision, appel irréfutable devant le visage sans défense.

« S’avouer responsable, c’est changer de position. C’est diminuer en prétention morale, en superbe spirituelle. C’est devenir plus modeste car c’est accepter de rendre des comptes »

L’auteur porte la responsabilité personnelle – pénale – de la violence qu’il a fait subir. Des ecclésiastiques portent une responsabilité pénale pour avoir couvert des crimes et soustrait à la justice des membres coupables d’actes ignominieux dans le cadre de leurs activités religieuses. Tous ceux-là ont à répondre au juge « de quoi » ils sont responsables. Mais c’est bien toute l’Eglise, en ses autorités avant tout, qui porte une « responsabilité collégiale » (selon les mots de la philosophe Nathalie Sarthou-Lajus), où chacun est impliqué d’avoir entretenu le terreau infecté facilitant les abus de pouvoir, de conscience, comme les agressions et violences sexuelles.

Diminuer en superbe spirituelle

De quoi sommes-nous responsables, devant qui et de qui le sommes-nous ? « Qui dit vocation dit responsabilité, et la responsabilité étant une réponse entière de l’homme entier à la réalité entière, on ne saurait s’en tenir à son devoir professionnel au sens restrictif ; une restriction pareille serait de l’irresponsabilité » (Dietrich Bonhoeffer, Ethique, 1949). De qui sommes-nous aujourd’hui responsables ? Sinon justement de toutes les victimes, connues ou non, de leurs proches, affectés ô combien ; du visage du Christ doux et humble, ami et défenseur des plus petits. Visage trahi, humilié par ceux-là mêmes ayant un jour publiquement signifié qu’ils lui vouaient leur vie.

S’avouer responsable, c’est changer de position. C’est diminuer en prétention morale, en superbe spirituelle. C’est devenir plus modeste car c’est accepter de rendre des comptes. Et c’est ce qui se passera avec le rapport de la Ciase : rendre publiquement des comptes. Voilà la première des obligations, des réparations. Si d’aucuns ont pu croire que c’était devant Dieu seul – au mépris de la justice des hommes – que se rendaient les comptes, c’est face aux victimes, à leurs proches, devant l’ensemble du peuple de Dieu et du monde que l’Eglise doit le faire et manifester sa honte et sa douleur.

« Des manipulateurs ont usé de l’autorité que Dieu leur conférait pour fracasser des enfances, des consciences, des confiances »

Car notre responsabilité est aussi spirituelle. Le christianisme annonce un Dieu qui bénit l’homme vivant, relève, libère. Un Dieu qui restaure l’humaine dignité de celles et ceux qui sont écartés par le système social, les croyances de l’époque : femmes, enfants, malades…

Dans l’Eglise catholique, des femmes et des hommes – enfants, adultes – ont été meurtris jusqu’au tréfonds de la chair comme de l’esprit, de l’âme, de l’intime. LaParole de Dieu a été tordue pour servir les intentions les plus viles. La Tradition détournée par des théologies hallucinantes. Des manipulateurs ont usé de l’autorité que Dieu leur conférait – disaient-ils – pour fracasser des enfances, des consciences, des confiances. Cette responsabilité spirituelle est immense. Elle nous met devant Dieu qui nous convoque à être devant tous et reconnaître ce qui a été corrompu de la foi au Dieu fait chair, engagé en faveur des plus fragiles.

Enfin, l’éthique des responsabilités engage à réparer ce qui n’est pourtant pas réparable. Des interdits majeurs ont été transgressés : celui du meurtre, du mensonge, de la dissymétrie entre le faible et le fort. Des vies ont été empêchées, mutilées, parfois pour toujours. Alors oui, il faut réparer l’irréparable, avec la conscience qui doit nous laisser meurtris que de l’irréparé demeurera. La vérité sur la faute fonde le christianisme. Ainsi l’Eglise catholique peut-elle sortir plus vraie, plus juste si elle sait aller jusqu’où cela s’imposera, et que nous ne connaissons pas encore.

Religieuse dominicaine, théologienne, Véronique Margron est présidente de la Conférence des religieux et religieuses de France (Corref). Elle est l’autrice d’Un Moment de vérité. Abus sexuels dans l’Eglise (Albin Michel, 2019).

Partager sur email
Partager sur print

Avis de décès du P. Bernard PICHON CM

« Heureux dès à présent, ceux qui sont morts dans le Seigneur ! » Apocalypse 14, 13

Province de France Congregation de la Mission

Avis de décès du P. Bernard PICHON CM

Dans l’espérance de la Résurrection, nous avons la peine de vous annoncer le décès de notre confrère le père Bernard PICHON cm survenu ce matin, à l’aube, à l’hôpital Broca à Paris, dans sa 96e année et sa 68e année de sacerdoce.

À la veille de la Semaine Sainte, il a vécu sa Pâque, après un bon mois d’hospitalisation consécutif à une chute qui lui a valu une fracture du bassin.

Bernard Pichon est né le 10 juillet 1925, à SCY-CHAZELLES, en Moselle (diocèse de Metz), fils de Joseph et de Marie GODFRIN. Après des études secondaires à Cuvry, il a été reçu dans la Congrégation de la Mission le 27 octobre 1946 à Paris. Il y a prononcé les vœux le 7 Novembre 1948.

En 1950, il part finir ses études à Dax. Il a été ordonné diacre le 19 septembre 1953 à Dax par Mgr Fresnel. Il est envoyé à Strasbourg en 1954 pour les études universitaires. Il est ordonné prêtre le 13 mars 1954 à Dax par Mgr Mathieu.

En 1955, il est nommé professeur à Cuvry, dont il devient le supérieur de la communauté en 1978. En 1987, il est nommé à Villebon-sur-Yvtte ; il y deviendra supérieur en 1988.

En 1992, il est nommé à Belletanche comme aumônier des Filles de la Charité. C’est en 2013 qu’il rejoint la Maison-Mère, participant à la pastorale de la Chapelle de la Médaille Miraculeuse pendant plusieurs années, avant de vivre une retraite au sein de la Communauté.

La célébration de ses funérailles aura lieu le Mercredi 31 mars 2021, à 14h30, en la Chapelle Saint- Vincent-de-Paul de la Maison-Mère, suivie de l’inhumation dans le caveau des confrères au cimetière de Montparnasse.

Que le Christ lui fasse connaître la joie de la Résurrection et reçoive ce missionnaire à sa table ! Prions pour les membres de sa famille, ses amis et pour tous ceux et toutes celles qui l’ont connu, apprécié et qui ont bénéficié de son accompagnement.

P. Christian MAUVAIS cm – Visiteur Province de France

Le père Jean-Marc BASCUÑANA cm est rentré à la maison du Seigneur. Avis de décès

« Que la terre s’ouvre, produise le salut, et qu’alors germe aussi la justice ! » Isaïe 45, 8

Province de France Congregation de la Mission

Le père Jean-Marc BASCUÑANA cm est rentré à la maison du Seigneur. Avis de décès

Chers confrères, nous apprenons le décès ce matin de notre confrère, P. Jean-Marc BASCUÑANA, à la Maison de MARSEILLE à l’âge de 89 ans. À quelques jours de Noël, il a vécu sa Pâque, paisiblement.

Il est né 30 septembre 1931 à Barcelone en Espagne, fils de Jean et de Maria VILAHUR.

Après des études à Barcelone, il est arrivé le 16 septembre 1950 à Paris, où il a continué ses études. Il a été reçu dans la Congrégation de la Mission le 21 septembre 1950. Il a prononcé les vœux le 7 novembre 1952 à Paris. Il a été ordonné diacre le 6 octobre 1957 à Paris puis prêtre le 29 juin 1958 à Paris, par Mgr DEFEBVRE, évêque de Ning-Po.

En 1960 : Toursainte.

En 1962, il a été nommé à Port Saint-Louis.

En 1966, il a été nommé à Marseille, à Toursainte, nommé supérieur de cette communauté en juillet 1972, engagé dans la pastorale auprès des personnes handicapées (catéchèse spécialisée).

De 1988 à septembre 1993, il est curé de Remoulins puis de Calvisson. De 1995 à 2016, à Nîmes.

Le 10 août 2016, retour à la Maison d’Austerlitz à Marseille.

Le 30 octobre 2018, vu son état de santé, il est placé à l’EHPAD Résidence Notre-Dame où il est décédé.

La célébration de ses funérailles aura lieu le lundi 21 décembre 2020 à 14h30 en l’église Saint-Jean-Baptiste, à Marseille, suivie de l’inhumation dans le caveau des Missionnaires où reposent les confrères, à Saint-Pierre.

Prions ensemble afin que le Christ, évangélisateur des Pauvres, l’accueille, prions pour sa famille, ses amis et pour tous ceux et toutes celles qui l’ont accompagné.

Bien fraternellement,

Christian MAUVAIS cm

Partager sur email
Partager sur print

Le père Aimé GOLIET cm, est rentré à la maison du Seigneur le 7 octobre 2020

« Son amour envers nous s’est montré le plus fort ; éternelle est la fidélité du Seigneur ! » Ps 116 (117), 2

Province de France Congregation de la Mission

Le père Aimé GOLIET cm, est rentré à la maison du Seigneur le 7 octobre 2020

Chers confrères, nous apprenons le décès ce matin de notre confrère, P. Aimé GOLIET, à la Maison de VICHY, à l’âge de 82 ans tout juste révolus.

Il est né le 3 Octobre 1938 à TARNOS dans le département des Landes, diocèse d’Aire et Dax.

Fils de Gabriel GOLIET et d’Hélène DUCLA, entré dans la Congrégation le 26 Septembre 1957 à Dax, il a prononcé les vœux le 27 Septembre 1959 à Paris en présence du P. HOUFLAIN.

Il est ordonné prêtre le 1er Avril 1967 à Dax par Mgr BEZAC, évêque d’Aire et Dax.

Il est envoyé en mission à Madagascar en 1968 dans le diocèse de Farafangana. En 1972, il est placé à Manakara, sur la côte est de Madagascar. En 1975, il est placé à Tangainony. En 1979, il est placé à Farafangana.

Il revient en France en 1998 et est placé dans la Maison de Vichy où il a accompli avec grand dévouement le service de l’accueil, toujours passionné de Madagascar.

La célébration de ses funérailles aura lieu le Lundi 12 Octobre 2020 à 14 h 30 en l’église Sainte-Jeanne-d’Arc, 2 rue Jeanne-d’Arc, 03200 VICHY, suivie de l’inhumation dans le caveau des Missionnaires où reposent les confrères.

Prions ensemble afin que le Christ, évangélisateur des Pauvres, l’accueille, prions pour sa famille, ses amis malgaches et pour tous ceux et toutes celles qui l’ont accompagné.

Christian MAUVAIS cm

 

NOTE : Nous vous demandons de nous excuser. Un problème technique sur notre site a fait disparaître cet avis de décès. Nous en sommes désolé.

Partager sur email
Partager sur print

Le père Roger Meyer, cm est rentré à la Maison du Seigneur. Avis de décès

« Le Seigneur a fait pour moi des merveilles, Saint est son Nom ! » Luc 1, 49

Province de France Congregation de la Mission

Le père Roger Meyer, cm est rentré à la Maison du Seigneur. Avis de décès

Paris, ce mardi 22 Décembre 2020

Chers confrères,

Nous apprenons le décès ce matin de notre confrère, P. Roger MEYER, à l’hôpital Cochin à Paris à l’âge de 97 ans. À quelques jours de Noël, lui aussi a vécu sa Pâque, le jour où l’Église proclame le Magnificat de Marie.

Il est né le 20 février 1923 à ABRESCHVILLER (diocèse de Metz) en Meurthe-et-Moselle, fils d’Alphonse et de Laure ALIX.

Après des études à Cuvry et au Berceau, il a été reçu dans la Congrégation de la Mission le 21 octobre 1942  au GRAU-DU-ROI. Il a prononcé les vœux le  27 septembre 1947 à Paris. Il a été ordonné diacre le    30 novembre 1951 à Dax puis prêtre le 8 mars 1952 à Dax par Mgr Mathieu.

En 1952, il part à Rome pour des études. En 1955, il est nommé à Verdun.

En 1960, il est nommé à Cuvry où il restera jusqu’en 1976, année où il rejoint la paroisse de SS. Simon- Jude à Metz.

En 1979, il va vivre à Woipy, en banlieue de Metz. En 1987, il rejoint SS. Simon-Jude à Metz où il restera jusqu’à sa venue à Paris, en 1995 à la Maison-Mère, avec une insertion pastorale à la Chapelle de la Médaille Miraculeuse.

En 2017, il entre à l’EHPAD « Antoine Portail » au 88 rue Cherche-Midi. Vendredi 18 décembre, il est

entré à l’hôpital Cochin où il s’est endormi dans la Paix de Dieu.

La célébration de ses funérailles aura lieu le lundi 28 décembre 2020 à 14 h 30 en la Chapelle Saint- Vincent-de-Paul de la Maison-Mère. Elle sera suivie de l’inhumation dans le caveau de la Congrégation au cimetière de Montparnasse.

Prions ensemble afin que le Christ, Évangélisateur des pauvres, le reçoive à sa table. Prions pour les membres de sa famille, ses amis et pour tous ceux et toutes celles qui l’ont connu et qui ont bénéficié de sa présence.

Christian MAUVAIS cm

 

MOT D’ACCUEIL LORS DE LA CÉLÉBRATION DES OBSÈQUES

Chers confrères, chers amis

Cette après-midi, c’est P. Roger qui nous rassemble dans cette Chapelle St Vincent de Paul, membres de sa famille, confrères, amis de toute une vie, les résidents et le personnel de l’EHPAD Antoine Portail ;

Nous voilà conviés à un temps de silence et de recueillement sous le regard de Dieu, notre Père. La prière nous permet de ne faire qu’un, unis dans la même espérance, partageant la foi au Ressuscité.

Roger s’est éteint à la fin de la nuit, au terme de ce temps de l’Avent, qui est celui de l’attente, où nous nous préparions à accueillir Celui qui est la source de la vie, de l’Amour. Il était certainement prêt à accueillir son Seigneur, à s’en remettre en toute confiance à Lui, après l’avoir reconnu sous les traits des personnes qu’il a accompagné, formé, enseigné. La joie de Noël est venue pour lui. Avec les Anges, il chante la Gloire de Dieu.

Roger, était un frère, un ami, un ancien, un confrère. Tous, nous avions un lien de proximité avec lui, un bout d’histoire vécu ensemble, quelque chose en commun pour laquelle nous voulons dire merci ou demander pardon.

Merci pour ce qu’il était comme homme, comme croyant, comme missionnaire ; nous avons été marqués et bénéficiaires de son sourire, d’ouverture, de son attention, de sa présence dynamique ;

C’est un missionnaire qui a répondu à l’appel du Christ en choisissant Vincent de Paul comme modèle de pasteur, d’évangélisateur. Il s’est mis à son école. Il s’est mis à l’école des petits, des pauvres avec qui il a dialogué.

La mission, il l’a reçue de son Seigneur, il l’a nourrie de l’Eucharistie, de ses rencontres, il l’a éclairé des Écritures, de l’Oraison, de ses lectures.

C’est une belle histoire d’amour qui nous est offerte et qui, loin de se terminer, se continue dans le cœur de Dieu où elle prend toute sa dimension, celle d’éternité.

Oui, cet après-midi, nous avons de nombreuses raisons de rendre grâce au Seigneur, de nous réjouir de ce vécu apostolique, communautaire, partout où Roger est passé ; à chacun, dans le fond de son cœur, de recueillir et d’offrir son action de grâce ou sa demande de pardon.

Sachant que tous, nous avons besoin d’être renouvelés dans la Miséricorde du Père pour entrer dans cette Eucharistie.

 

Homélie.

Le cercueil où repose Roger se trouve aux pieds de cet autel, là où nous est représenté la crèche où repose un nouveau-né. Deux naissances qui sont sources de joie. En Jésus, Dieu s’habille de notre humanité pour nous revêtir de sa divinité et nous faire partager pleinement sa vie. Voilà ce que nous célébrons ce soir.

Dieu a pris corps aussi à travers la vie de Roger, à travers les rencontres qu’il a eues, à travers ses divers engagements. Dans tous ces aspects de formation, de dialogue, d’accueil, d’écoute, d’accompagnement, le Royaume s’est fait proche, il est arrivé jusqu’à nous. La mission de Roger a permis au Corps du Christ de se développer, de grandir.

Roger était missionnaire. il l’a été toute sa vie, en Lorraine dont il est originaire.  D’abord comme formateur.

Formateur du clergé au Grand séminaire de Verdun dès le début de son ministère, puis en 1969, auprès des jeunes au Foyer du 2ème cycle à Montigny les Metz dont il était responsable, en prenant une place dans la pastorale des Vocations sur le plan diocésain et provincial ; formateur, il le fut comme pédagogue, en accompagnant au Foyer St Joseph, des jeunes filles appelées ‘cas sociaux’ ; il le fut encore comme Directeur  des Étudiants de second cycle au Grand Séminaire de Metz en 1974. Nous sommes 3 à avoir bénéficié de sa présence. Formateur encore à travers la catéchèse, les camps d’été, les camps vincentiens, sa présence à Cuvry. Les jeunes étaient sa passion et auprès d’eux il s’est donné sans compter, toujours disponible. Un autre lieu où il s’est investi corps et âme, c’est auprès des Filles de la Charité, par les visites trimestrielles, par les nombreuses retraites prêchées jusqu’en Algérie ou par des temps de formation sur Ste Louise par exemple. En 1986, il est nommé pour accompagner avec d’autres confrères, la formation des Postulants Frères au niveau interprovincial.  Ce ne sont que quelques flashes mais qui disent la richesse et la dynamique de Roger, la joie qui était la sienne.

Il était missionnaire. Comme un  pasteur des périphéries.

En 1971, il est nommé dans une commission pour coordonner les mouvements du laïcat vincentien (JMV, Équipes SV et SSVP) ; en 1975, il deviendra aumônier national des JMV.

Dans les années 1975, il découvre d’autres réalités humaines dans les quartiers populaires de Woippy-St Eloy où il anime des soirées d’alphabétisation, où il part à la rencontre des familles pauvres de ces quartiers. Il a fait la découverte à l’œil et par expérience du ‘Quart Monde’ ;  c’est un lieu où il ‘s’est mis à l’école des jeunes comme il l’écrivit ; c’est dans ces lieux périphériques qu’il a découvert la réalité de la migration et où il a porté une  attention particulière aux milieux magrébins et turcs. Ce qu’il n’a cessé de faire jusqu’au bout. Dans cette rencontre avec le monde musulman, il fut attentif au dialogue inter religieux et là aussi il a accompagné nombre d’eux dans une découverte de Jésus.

En 1987, il est nommé vicaire à la paroisse St Simon, St Jude puis curé avant de rejoindre Paris.

‘35 années de travail dans un diocèse, ça compte. Ici j’ai trouvé tant de personnes engagées au service des pauvres, des immigrés, non seulement en paroles mais avec leur cœur et leurs bras’. Ce fut une souffrance de quitter son diocèse d’origine, ces liens du cœur, mais, confrère obéissant à ce qui lui était demandé, il montra sa disponibilité.

C’est en 1995, qu’il est placé à Paris à la Maison Mère avec une pastorale à la rue du Bac ce qui lui donne de vivre beaucoup de rencontres aussi diverses et riches les unes que les autres.

Roger fut très attaché à la Congrégation. Il fut un beau témoin de la tendresse et de l’amour de Dieu pour tous les hommes, d’où qu’ils viennent, quelles que soient leurs croyances. C’était un homme qui partageait beaucoup ce qui faisait sa vie, ses joies, ses questions comme en témoigne le courrier à ses responsables.

un évêque a écrit : ‘Roger a un vrai charisme pour s’occuper des jeunes en situation de précarité et c’est un bon accompagnateur spirituel mais il n’a pas toutes les qualités…’ ; Il est en cela bien identique à chacun de nous, avec ses travers communautaires entre autre. Il savait s’émerveiller. Son regard pétillant !

Roger est un homme qui a trouvé le dynamisme dans les Écritures, ses lectures et l’Eucharistie. Là où il est passé, il a tenté d’apporter la Paix, celle qui nous vient de Dieu et qui nous engage dans le quotidien au nom de l’Amour. Que son témoignage nous invite à continuer, là où nous sommes et avec ce que nous sommes, la mission que nous avons reçue, avec la même énergie. Amen !

 

Partager sur email
Partager sur print