La Charité : Petite réflexion d’un ex-confiné (6/6)

Pourtant, force est de constater qu’aujourd’hui le mot charité est bien galvaudé. Il renvoie à une image surannée, condescendante et paternaliste, d’une époque où il faisait bon avoir SES pauvres, pour se donner bonne conscience et s’assurer les grâces d’une société bourgeoise.

Eric Ravoux

La Charité : Petite réflexion d’un ex-confiné (6/6)

Selon la définition qu’en donne Wikipédia (idem pour le Larousse) : « La charité désigne, selon la théologie chrétienne, l’amour de l’homme pour Dieu pour lui-même et l’amour du prochain comme créature de Dieu. … Dans le langage ordinaire, la charité est une vertu qui porte à désirer et à faire le bien d’autrui ».

S’adressant à ses frères, saint Vincent disait lors d’un entretien en 1657 : « Dieu aime les pauvres, et par conséquent il aime ceux qui aiment les pauvres ; car, lorsqu’on aime bien quelqu’un, on a de l’affection pour ses amis et pour ses serviteurs. Or, la petite Compagnie de la Mission tâche de s’appliquer avec affection à servir les pauvres, qui sont les bien-aimés de Dieu ; et ainsi nous avons sujet d’espérer que, pour l’amour d’eux, Dieu nous aimera. Allons donc, mes frères, et nous employons avec un nouvel amour à servir les pauvres, et même cherchons les plus pauvres et les plus abandonnés, reconnaissons devant Dieu que ce sont nos seigneurs et nos maîtres, et que nous sommes indignes de leur rendre nos petits services ». Coste XI, 392-393

Pas étonnant que saint Paul est placé la Charité comme la plus haute des vertus (1 Co 13, 1-13).

Pourtant, force est de constater qu’aujourd’hui le mot charité est bien galvaudé. Il renvoie à une image surannée, condescendante et paternaliste, d’une époque où il faisait bon avoir SES pauvres, pour se donner bonne conscience et s’assurer les grâces d’une société bourgeoise.

Selon les expressions de Jean Fourastié (économiste français 1907-1990), la charité fut soupçonnée d’hypocrisie conservatrice, élément de l’opium du peuple : elle fut regardée comme attentatoire à la dignité des pauvres.

Je ne peux m’empêcher, écrivant cela, de penser au lancinant refrain de la baronne Karen Von Blixen dans son livre La Ferme Africaine : « Mes Kikuyus, … ma ferme ». En quelques mots tout est dit de la mentalité de l’époque, et de la dérive dans laquelle le mot charité est tombé.

Aujourd’hui, au mot charité, on préfère celui de solidarité. Certes, dans sa signification, il n’en est pas trop loin, mais il lui manque quelque chose d’essentiel, une dimension essentielle, sur laquelle saint Vincent insistait souvent, l’Amour.

Quand saint Vincent présente l’amour que l’on doit avoir pour Dieu, il distingue le plus souvent deux manières de vivre et de traduire cet amour. « L’une affective et l’autre effective » (Coste IX, 592). La première est de l’ordre de la tendresse (il ne craint pas d’employer le mot et d’évoquer la relation du petit enfant à son père, à sa mère). Mais cette première manière d’aimer Dieu est incomplète, et peut-être illusoire, si on n’en vient pas au fait, à l’amour de Jésus-Christ dans le service concret des pauvres. La Charité est avant tout une histoire d’amour, un amour affectif et effectif, dimensions que ne revêt pas le terme solidarité.

Dans mes interventions auprès des jeunes, je n’hésite pas à utiliser souvent le mot Charité, tout en l’expliquant pour lui redonner toute sa valeur, sa profondeur. Et cela est compris, interpelle.

Personnellement, je placerai la solidarité du côté des valeurs humanistes, de celles qui touchent notre raison et nous font crier Justice. Mais le droit et la justice ne peuvent suffire. Au-delà de la raison, il nous faut un élan du cœur, de l’âme, il nous faut l’Amour. Car seul l’Amour nous permet de perdurer dans le temps.

Ce sont ces deux dimensions que revêt le terme Charité : l’Amour/tendresse affectif qui doit conduire à l’Amour/justice effectif.

« Si l’Amour ne dépasse pas la justice, l’Évangile se vide », selon les termes du Patriarche Chaldéen Louis Raphaël 1er Sako, le 9 octobre 2015, en commentaire de la lettre de saint Paul aux Romains (Rm 1, 16-17). Telle est la Charité !

Me reviennent à l’esprit les dernières images du film Monsieur Vincent de Maurice Cloche, lorsque saint Vincent reçoit la petite Jeanne qui s’apprête à aller servir les pauvres pour la première fois : « Tu verras bientôt que la charité est lourde à porter, plus lourde que le broc de soupe et le panier plein. Mais tu garderas ta douceur et ton sourire. Ce n’est pas tout de donner le bouillon et le pain. Cela les riches peuvent le faire. Tu es la petite servante des pauvres, la Fille de la Charité, toujours souriante et de bonne humeur. Ils sont tes maîtres. Des maîtres terriblement susceptibles et exigeants, tu verras. Alors, plus ils seront laids et sales, plus ils seront injustes et grossiers, plus tu devras leur donner de ton amour. Ce n’est que pour ton amour, pour ton amour seul, que les pauvres te pardonneront le pain que tu leur donnes ».

Ce temps de confinement aura permis à nombre d’entre nous de redécouvrir l’essentiel. L’essentiel de l’attention à l’autre, à soi, à Dieu pour les croyants, à la famille, à la Création … Un essentiel mis en valeur par le constat parfois douloureux, tragique même, de l’inutilité de nos vies. Constat que fit et exprima Guillaume Gallienne un matin de confinement sur France Inter : « Je ne suis pas soignant, je ne suis pas caissière, je ne suis pas agriculteur, maraicher, je ne suis pas livreur, éboueur, …, je ne sers à rien ! ».

Essentiel que redécouvrirent deux jeunes femmes toutes deux nommées Julie, qui comme nous tous, durent stopper net leurs vies professionnelles effrénées et dévorantes (l’une étant secrétaire médicale, l’autre travaillant dans les assurances). L’une redécouvrit la joie d’être présente à ses enfants, l’autre découvrit les biens-faits de la sobriété. « Je me disais que je ne servais pas à grand-chose, le confinement est venu le confirmer ». Vivant ce temps comme une sorte de retraite spirituelle, leur philosophie de vie s’en trouva bouleversée. Jetant un regard nouveau sur l’Amour et l’essentiel, elles ne purent concevoir un retour à “comme avant“, à “l’anormal“. Aussi décidèrent-elles de s’associer toutes deux pour créer une épicerie zéro déchet dans le Val-d’Oise. Ouverture dans quelques semaines. Une bien belle manière de vivre la Charité, pour soi, pour les autres, pour l’environnement, pour la Création … donc quelque part pour Dieu.

Elles sont nombreuses ces histoires.

Nombre d’entre nous ont redécouvert les liens qui nous relient à nos frères et sœurs en humanité, en commençant par les plus proches. Liens communautaires emplis de fraternité, de prières, de patience et de bienveillance (pas partout malheureusement). Liens familiaux, où l’amour, le soutien et le partage prennent le temps d’être vécus, enfin vécus (mais là encore, pas partout malheureusement).

Liens avec une nature, une création, que nous avons vu renaître et reprendre sa juste place, du moins pour ceux qui avaient la chance d’être en pleine nature (quoiqu’en ville aussi). Nature sur laquelle nous avons pu poser un regard émerveillé, regard nouveau, regard d’enfant que nous avions oublié.

Tous ces liens qui nous permirent de réaliser que l’essentiel ne se trouve pas dans le vide de la surconsommation, dans le leurre d’une vie professionnelle dénuée de sens, dans une course sans cesse plus effrénée…

Il serait exagéré de croire que ce temps si particulier nous a tous aidé à une véritable prise de conscience. Il suffit de se rappeler les files interminables de véhicules au drive-in des McDo sitôt ceux-ci rouvert, sans parler de l’hystérie causée par une enseigne de grande distribution autour d’une PS4, hystérie qui nécessita l’intervention des forces de l’ordre. Oui il serait bien exagéré de croire que ce temps de confinement fut profitable à tous. Il n’y a malheureusement pas que des Julie dans nos sociétés occidentales.

Pas que, certes, mais nombreuses et nombreux c’est sûr ! Comme beaucoup (j’espère), je suis émerveillé du nombre d’actions, d’initiatives, de mouvement, appelant et œuvrant, souvent dans la lutte, pour un autre monde. Je suis émerveillé par la créativité, l’inventivité, l’imagination, dont font preuve tant de jeunes pour proposer et construire un autre monde, répondant ainsi à l’appel du Pape François dans son encyclique Laudato Si à “libérer l’imagination“.

Je reprends ici les mots du diocèse de Fréjus-Toulon pour la semaine Laudato Si des 16 au 24 mai derniers : « Et si la pandémie qui secoue la moitié de notre planète était une opportunité à saisir ? L’occasion de prendre conscience de la gravité et de la mondialisation des enjeux environnementaux ? De réfléchir à un changement de vie, à un mode de vie plus solidaire ? De contempler la création, libérer l’imagination, consommer plus localement ? De penser à de nouveaux lieux ou engagements, de nouvelles pratiques ? »

Un véritable défi s’ouvre à nous aujourd’hui. Saurons-nous le relever ?

Chrétiens, notre responsabilité est grande, notre engagement est primordial. Cela relève de la cohérence de notre Foi. La Charité est notre commandement, c’est elle qui nous fait revêtir la véritable image qui est la nôtre, celle de Dieu. C’est elle qui fait de nous des filles et des fils de Dieu, sœurs et frères de notre Seigneur Jésus-Christ, animés, mus, portés par l’Esprit Saint.

C’est la Charité/Amour, première des vertus, qui nous permet, nous pousse, me permet et me pousse, à vivre toutes les autres.

La Charité me fait vivre la Simplicité, pour approcher respectueusement tous mes frères et sœurs. Simplicité qui rime avec sobriété, une sobriété heureuse pour le bien de notre planète et de toute l’humanité.

La Charité me fait vivre l’Humilité, pour laisser plus de place à l’autre, au Tout-Autre, à Dieu.

La Charité me fait vivre la Douceur, pour pouvoir toucher les cœurs.

La Charité me fait vivre la Mortification, pour supporter les blessures que le combat ne manque pas d’infliger.

La Charité me fait vivre le Zèle, pour sans cesse avancer, sans cesse courir au feu, sans cesse espérer qu’un autre monde est possible.

« L’amour est inventif jusqu’à l’infini ».

  • Jusqu’à l’infini : parce qu’il n’est pas possible d’épuiser toute la richesse de l’Amour de Dieu …
  • Jusqu’à l’infini : parce qu’il y aura toujours des hommes et des femmes à aimer, un monde à changer.

« Aimons Dieu, mes frères, aimons Dieu.

Mais que ce soit aux dépens de nos bras,

Que ce soit à la sueur de nos visages »

A nous maintenant de relever le défi …

 

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Le Zèle : Petite réflexion d’un confiné (5/6)

« Le zèle, c’est la cinquième maxime (Vertu), qui consiste dans un pur désir de se rendre agréable à Dieu et utile au prochain. Zèle pour étendre l’empire de Dieu, zèle pour procurer le salut du prochain. Y a-t-il rien au monde de plus parfait ? Si l’amour de Dieu est un feu, le zèle en est la flamme ; si l’amour est un soleil, le zèle en est le rayon. Le zèle est ce qui est de plus pur dans l’amour de Dieu ». (Vincent de Paul, Coste X, 559)

Eric Ravoux

Le Zèle : Petite réflexion d’un confiné (5/6)

« Le zèle, c’est la cinquième maxime (Vertu), qui consiste dans un pur désir de se rendre agréable à Dieu et utile au prochain. Zèle pour étendre l’empire de Dieu, zèle pour procurer le salut du prochain. Y a-t-il rien au monde de plus parfait ? Si l’amour de Dieu est un feu, le zèle en est la flamme ; si l’amour est un soleil, le zèle en est le rayon. Le zèle est ce qui est de plus pur dans l’amour de Dieu ». (X, 559)

Impression étonnante que ce confinement mondial. De ma cousine à Mexico, de ma famille en Suisse, mes frères et sœurs en Belgique et aux Etats-Unis, de mes amis au Cambodge, en Espagne, en Colombie, … nous vivons tous ce temps étrange de confinement. Ce n’est pas un épisode local ne touchant qu’une population, une nation, et dont nous n’entendons parler qu’au journal de 20h. Non, partout nous vivons la même chose, d’un bout à l’autre de la planète, avec les mêmes questions, les mêmes craintes, … confinés. Quelle étrange sensation de vivre cette situation ensemble, planétairement.

Quelle étrange et belle sensation également de voir revivre une planète, la nature, après seulement quelques semaines d’inactivité humaine. Venise a retrouvé des eaux limpides, des rorquals se baladent tranquillement au large des Calanques de Marseille, …, et partout l’air se purifie.

Certes, beaucoup d’entre nous souhaiteraient voir les choses revenir « comme avant », mais quel avant ? Un avant qui détruit, un avant qui précarise, un avant qui insécurise, un avant d’injustice, un avant d’individualité, un avant rejetant toutes les différences, un avant fait de Mc’DO et de toutes commandes inutiles sur Amazon, … ? Je m’emporte.

Observant tout cela, confinés, comme des millions d’autres humains sur notre petite planète, nous sommes nombreux à nous dire qu’il y a des choses à changer. Ce système économique et financier  qui nous étrangle, cette surconsommation qui tue la Création, cette hyperactivité qui nous fait sombrer, cet égoïsme qui écrase des peuples entiers… et j’en passe. CHANGER !!

Et c’est là que nous avons besoin de Zèle. Appelez ça comme vous voulez : avoir de la volonté, de la niaque, des tripes, des couilles, … ce que vous voulez. Il nous le faut !

Croyant, nous savons que notre Dieu Créateur nous a confié la Terre pour l’entretenir et profiter de sa beauté. Lui être agréable, à mon humble avis, consiste en cela.

Croyant nous savons que notre mission est d’avoir le souci de notre prochain, quel qu’il soit. Cela aussi c’est être agréable à Dieu.

Mais pour ce faire, pour le vivre, le mettre en pratique, et ne pas en faire de que de vagues souhaits, nous avons besoin de Zèle, de désir, de feu et de flammes dans nos cœurs. Nous avons besoin de devenir des rayons pour illuminer le monde et proposer d’autres manières de faire.

Du Zèle pour nous engager, nous mettre en route, agir. Il y en a assez d’entendre toujours les mêmes revendications, exigeant de l’Etat qu’il fasse tout, qu’il garantisse tout, qu’il solutionne tout. Si les solutions venaient d’en haut, cela se saurait !!!

C’est de nous, de vous, de moi et de toi, que les solutions peuvent venir. C’est de notre engagement, de notre Zèle, que de nouvelles idées peuvent surgir. En commençant par regarder notre propre manière de vivre, … et d’en changer.

Et c’est certainement là que nous avons le plus besoin de faire preuve de Zèle ! Dans la révision de notre propre mode de vie, au quotidien. Revoir mes choix, ma consommation, mes exigences souvent dérisoires. Revoir mes futilités, mes encombrements. Revoir mes priorités, souvent centrées sur moi et pas tant sur mon prochain. Faire preuve de Zèle et accepter que le changement commence par MON changement.

Et nous avons aussi besoin des autres pour ce faire. Il ne suffit pas de cultiver son petit potager dans son coin pour garantir sa petite sécurité, c’est ensemble que nous avons besoin d’avancer. Le Zèle de l’engagement, en rejoignant des mouvements œuvrant pour le bien de tous, en réfléchissant avec d’autres au monde que nous souhaitons construire pour le bien de tous.

Du Zèle, du désir, de la niaque, des tripes et des couilles, …, nous avons en avons besoin.

Saint Vincent de Paul nous a montrer la voie, à nous de la suivre, pour être agréable à Dieu et dignes sœurs et frères de Notre Seigneur Jésus-Christ !

 

Le 4 mai 2020, Tourrettes-sur-Loup

 

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La Mortification : Petite réflexion d’un confiné (4/6)

La Mortification ! POUAH, horreur, malheur … Un mot qui aujourd’hui ne veut plus dire grand-chose. Soyons honnête, dans une société qui nous vante le « tout tout-de-suite »...

Eric Ravoux

La Mortification : Petite réflexion d’un confiné (4/6)

La Mortification ! POUAH, horreur, malheur … Un mot qui aujourd’hui ne veut plus dire grand-chose. Soyons honnête, dans une société qui nous vante le « tout tout-de-suite », le divertissement permanent, la consommation à outrance jusqu’au vomissement, le gadget qui ne sert à rien mais dont tu as absolument besoin, la course incessante, l’activisme mortifère, les réunionites maladives qui nous donnent l’impression de faire, d’être … j’arrête là, je manque d’air !! La Mortification n’est pas de notre temps …

Quand je demande aux jeunes ce qu’ils comprennent de ce mot, ce qui ressort en premier est : MORT !!! Oups, ça commence mal. Et pire … Mortification, mortifère, … Lucifer … On est mal barré.

Et quand on regarde dans le dictionnaire (Larousse) ce n’est pas beaucoup mieux :

« Pratiques ascétiques destinées à réprimer les tendances mauvaises ou dangereuses pour les soumettre à la volonté ».

Admettons-le, la Mortification est trop souvent comprise sous un angle négatif, comme s’il s’agissait de faire de la douleur ou de la privation un but en soi, comme s’il s’agissait de se détruire, alors qu’elle consiste normalement, et comme Vincent la conçoit, dans la prise de conscience que la recherche du plaisir pour lui seul, de l’accomplissement de nos désirs ou de nos caprices, est en fait un esclavage. OUI, nous sommes maintenus dans un véritable esclavage, qui nous détourne souvent du véritable bonheur.

Dire « je suis bien libre de faire ceci, de me procurer cela » c’est en fait s’en rendre esclave. La preuve est ce que nous disons nous-mêmes : « je ne peux pas m’en passer !! ». Les psychologues ont bien étudié ce phénomène, qu’on appelait “dépendance“, qu’on appelle maintenant “addiction“. Et pour m’en convaincre, je n’ai qu’à observer ma relation à mon portable. Je ne lui aie pas encore donné un nom, mais cela ne serait tardé …

Mais qu’en est-il vraiment sous le regard Vincentien ?

Saint Vincent tenait la Mortification comme primordiale, pour un détachement libérateur. Il la présente toujours comme une libération, comme dans cet Entretien sur les cinq vertus du Vendredi 22 août 1659 (SV  XII, 301) :

« Ceux qui se détachent de l’affection des biens de la terre, de la convoitise des plaisirs et de leur propre volonté deviennent les enfants de Dieu, qui jouissent d’une parfaite liberté ; car c’est dans le seul amour de Dieu qu’elle se rencontre. Ce sont ces personnes-là, mes frères, qui sont libres, qui n’ont point de lois, qui volent, qui vont à droite et à gauche, qui volent, encore un coup, sans pouvoir être arrêtées, et ne sont jamais esclaves du démon, ni de leurs passions. Oh ! Heureuse liberté des enfants de Dieu ! »

« Mais quoi !  Y a-t-il rien d’utile comme la liberté ? La maxime dit qu’il faut acheter la liberté à prix d’or et d’argent, qu’il faut tout perdre pour la posséder ».

« Vous étiez, il y a quelque temps, esclaves de vos passions ; l’attache aux richesses, aux plaisirs et à votre propre volonté s’était rendue maître de vos personnes ; vous voilà à présent libres par ces maximes ; ni le monde avec ses enchantements, ni la chair avec ses plaisirs, ni le démon avec ses artifices, ne vous peuvent tenir captifs ».

Mots très clairs !!!

A ces mots de Saint Vincent, je rajouterai ceux de Pierre Rabhi, lors d’une conférence, en des termes plus contemporains, mais non moins similaires :

«  L’insatiabilité est le moteur subliminal. Des brigades de pousseurs de caddies ensorcelés déambulent chaque jour dans les travées d’un univers sans joies où le superflu excède considérablement le nécessaire. L’hyperconsommation nous a fait revenir au statut du cueilleur du néolithique ».

Face à ce que nous vivons aujourd’hui, ne serait-il pas possible de penser à notre LIBERATION ? Et pour cela, je pense que la Mortification telle que Saint Vincent l’envisageait est des plus à propos, des plus actuelles. Libérons-nous !

Peut-être serait-il enfin temps que nous réfléchissions à ce que nous vivons, à ce que nous voulons vivre. Et pas seulement pour nous-mêmes, nos propres petites gueules, mais pour nous ENSEMBLES.

Vais-je accepter durant ce temps particulier de confinement, de revoir ma manière de vivre ? Vais-je accepter de porter le regard sur ce qui est véritablement mon essentiel, … pour laisser tomber le reste ?

Et si nous choisissions de nous libérer … pour nous retrouver. Nous retrouver nous-mêmes et nous retrouver entre nous.

 

Tourrettes-sur-Loup, le 22 avril 2020

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La Douceur : Petite réflexion d’un confiné (3/6)

Dans un monde violent, entendre « heureux les doux, ils recevront la terre en héritage », qu’est-ce que cela veut dire ? « Aussi longtemps que je suis resté un lâche, nous dit Gandhi, j’entretenais en moi un foyer de violence. Lorsque après un certain nombre d’années, je rejetai toute lâcheté, je pus entrevoir la valeur de la non-violence ».

Eric Ravoux

La Douceur : Petite réflexion d’un confiné (3/6)

Petite réflexion sur la troisième vertu vincentienne : la Douceur

Dans un monde violent, entendre « heureux les doux, ils recevront la terre en héritage », qu’est-ce que cela veut dire ?

« Aussi longtemps que je suis resté un lâche, nous dit Gandhi, j’entretenais en moi un foyer de violence. Lorsque après un certain nombre d’années, je rejetai toute lâcheté, je pus entrevoir la valeur de la non-violence ».

Quand nous relisons les béatitudes, nous n’y retrouvons pas la force, pourtant elle fait partie de ce que le Seigneur exige de nous. N’a-t-il pas dit « ce sont les violents qui emportent le Royaume » ? Et il serait facile de dégager dans les Evangiles tout ce qui réclame la force, la générosité, l’audace ou le risque.

Pourtant, si la force n’est pas explicitement nommée dans les béatitudes, nous pouvons tout de même la trouver dans la deuxième, celle qui concerne la Douceur. Cela peut paraître bizarre, mais la tradition chrétienne a toujours fait le lien entre la force et la douceur. Mon but est de montrer que la douceur est une vraie force, même et surtout si elle est maîtrisée et parfois désarmée.

Nous savons bien que le Christ ne vient pas faire l’éloge de la fadeur ou de la mollesse. Le christianisme ne fait pas de l’homme un faible, un vaincu : ce sont les violents qui emportent le Royaume … Le chrétien n’est pas un être passif, sans vigueur. La dynamique de l’Evangile est faite de dépassement, elle réclame du souffle. Aussi, si le Seigneur béatifie les doux, c’est que la douceur n’a rien à voir avec ce que le monde peut en comprendre aujourd’hui, où ce sont les requins qui sont mis en avant.

Le Christ se présente comme un être doux, pas seulement dans des comportements extérieurs, mais aussi par ce que l’on appelle son amour désarmé. En venant parmi nous bébé, c’est tout le contraire de la puissance, il ne s’impose pas. Il vient comme un enfant, il vient proposer un amour, une communion. Il appelle, il sollicite, il n’est pas en position dominante, à cause de la qualité même de son amour. Un amour authentique ne s’impose pas, il se tient à la porte et il frappe en douceur : si tu veux tu viens … C’est le langage d’un amour qui respecte l’autre et se fait serviteur.

Il est vrai que nous n’acceptons pas volontiers les doux car on a l’impression que leur attitude nous juge et nous condamne. Notre époque n’est pas à la douceur et croire à cet absolu évangélique, c’est ramer à contre-courant. Aujourd’hui on a besoin de se faire mousser, de se faire entendre, de clamer son point de vue. On a besoin de triompher par tous les moyens …

Le doux a une force tranquille, et sa douceur peut se transformer en violence. La colère des doux est terrible, dit-on. Mais elle n’impressionne que parce que cette violence est pure ; elle se réalise dans un renoncement à soi qui en fait la grandeur. C’est le comportement de Jésus dans l’évangile, en particulier devant les pharisiens. Le doux, quand il est violent, ce n’est pas lui qu’il défend, c’est la vérité, la justice, des valeurs supérieures qui le dépassent …

Les doux sont libres vis-à-vis de tout ce qui n’est pas la valeur essentiel.

Beaucoup de nos contemporains, et nous en faisons partie, s’accrochent au matériel, comme si leurs vies en dépendaient. Ils vivent dans le domaine de l’apparence et en sont souvent les victimes. Le doux va plus loin, plus profond ; c’est pourquoi il agit avec un certain détachement, une distance, une appréciation des êtres, des choses, des événements qui le distingue et le sépare de ceux qui sont enfermés dans leur point de vue.

« On veut te prendre ta tunique, donne aussi ton manteau » (Mt 5, 40). Où est l’essentiel ? C’est la question du doux. Ce n’est pas qu’il soit insensible et invulnérable, mais il ne se laisse pas dominer par son émotivité.

Saint François de Sales que l’on présente souvent comme le modèle de la douceur dit un jour : « ce qui me touche, ne me touche pas ; mais ce qui Le touche, me touche grandement ». C’est la liberté est l’exigence des saints.

Le Pape François à propos des caricatures de Charlie Hebdo a dit : « Que l’on me caricature moi cela n’a aucune importance, c’est la fonction, le statut qui veut ça ; mais que l’on caricature et que l’on moque le simple et pauvre croyant parce qu’il est croyant, là on me touche, parce que c’est Dieu que l’on touche ».

Ce temps de confinement, nous obligeant à revenir à l’essentiel, peut-être pour nous un temps de découverte de la douceur. La douceur envers nous-mêmes, la douceur envers nos proches, la douceur envers notre monde.

Et je finirai avec les mots de Martin Luther King dans « La Force d’Aimer » :

« Dieu a les deux bras étendus. L’un est assez fort pour nous entourer de justice, l’autre est assez doux pour nous embrasser de grâce. D’une part, Dieu est un Dieu de justice qui punit Israël de son obstination ; d’autre part, il est le Père qui pardonne et dont le cœur se remplit d’une joie indicible au retour de l’enfant prodigue ».

Qu’à l’école et à la prière de ces grands témoins de la douceur et de la non-violence, nous sachions nous aussi grandir en douceur pour être concrètement des artisans de paix et de justice dans notre monde, afin de le rebâtir AUTREMENT !!

Tourrettes-sur-Loup, le 17 avril 2020

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L’Humilité, Petite réflexion d’un confiné (2/6)

Voici ma deuxième petite réflexion sur la base des vertus vincentiennes, aujourd’hui l’Humilité. D’après le dico, l’humilité est le sentiment de sa propre insuffisance qui pousse à réprimer tout mouvement d’orgueil.

Eric Ravoux

L’Humilité, Petite réflexion d’un confiné (2/6)

Voici ma deuxième petite réflexion sur la base des vertus vincentiennes, aujourd’hui l’Humilité. D’après le dico, l’humilité est le sentiment de sa propre insuffisance qui pousse à réprimer tout mouvement d’orgueil.

Voici ce que saint Vincent de Paul en disait aux missionnaires en août 1659 (SV XII, 304-305). Ecoutons-le, cela peut nous paraître rude, et pourtant fort d’actualité :

« …  La seconde maxime est l’humilité ; car, pour être agréable à Dieu, il ne suffit pas d’être simple, mais il faut encore être humble. »

« L’humilité donc, qui consiste à s’anéantir devant Dieu et à se détruire soi-même pour placer Dieu dans son cœur, à ne pas chercher l’estime et la bonne opinion des hommes, et à combattre sans cesse tous les mouvements de la vanité. »

« L’ambition fait qu’une personne s’établit, cherche la bonne renommée, que l’on dise : « La voilà ! »

« L’humilité fait qu’elle s’anéantit, afin qu’il n’y ait que Dieu seul qui paraisse, à qui la gloire soit rendue. L’humilité dit l’affection d’être méprisé, qu’on ne fasse pas d’état de nous et qu’un chacun nous tienne pour des misérables ; elle dit toujours : « L’honneur et la gloire à Dieu seul, qui est l’Être des êtres ! » Elle imprime ces sentiments dans les esprits : « Je renonce à l’honneur, je renonce à la gloire, je renonce enfin à tout ce qui peut me donner quelque vanité; car, hélas ! Je ne suis que poudre et corruption; il n’y a que vous seul, mon Dieu, qui devez régner ; et s’il était en moi d’avoir quelque chose qui ne fût pas en vous, ô mon Dieu, je m’en dépouillerais volontiers pour vous le donner et m’anéantir dans mon centre ».  Ce sont là les diverses affections que produit l’humble et que les missionnaires devraient avoir. »

Les mots peuvent surprendre aujourd’hui, n’oublions pas qu’ils datent du XVIIe siècle. Pourtant, ils ont encore toute leur cohérence pour notre temps. Pour saint Vincent, il ne s’agit pas de destruction physique ou psychologique !  Il s’agit de détruire l’amour-propre, “le vieil homme”, comme dit saint Paul, et reconnaître que nous ne sommes que des créatures, qui tenons de Dieu notre existence. Force est de constater malheureusement que notre soif de profiter, profiter toujours plus, nous fait vouloir “être comme des dieux” (Genèse 3, 5).

Nous sommes ici loin de la simple ascétique, du simple effort de vertu, nous sommes en théologie. L’humilité selon saint Vincent devient vertu théologale et adoration, dans la ligne de la foi, de l’espérance et de la charité : reconnaître notre condition de créature, et reconnaître que Dieu seul est “Celui qui Est“, comme Moïse au Buisson Ardent (Ex 3, 14).

« L’honneur et la gloire à Dieu seul » ! Cela, nous l’avons bel et bien mis de côté, tout bon catho que nous disons être parfois.

Il m’arrive souvent avec les jeunes que je rencontre, de leur poser cette question : « Quel est le but ultime de tout être humain en ce monde ? ». La réponse est : profiter de la vie. Et cela se comprend. Nous sommes les seuls êtres vivants à la surface de cette planète à être pleinement conscient de notre finitude, nous savons pertinemment qu’un jour nous allons mourir. Aussi, notre seul désir est d’en profiter avant de “partir”. Bien sûr, chacun aura ensuite le choix des moyens pour en profiter. Pour certains ce sera réussir professionnellement, pour d’autres avoir une famille, voyager, être un artiste, vivre d’amour, … que sais-je encore. Au fil des siècles et des millénaires, nous avons mis notre intelligence au service de ce “profiter“. Et c’est super ! Nous avons développé notre créativité, notre inventivité, notre imagination, notre curiosité, … pour aller toujours plus loin … Nous avons repoussé à chaque fois les frontières que nous pensions être des limites … point de limites …

Malheureusement, c’est peut-être là notre limite … et notre péché !

Comme me le faisait remarquer un ami suite à ma première publication sur la Simplicité, nous sommes des êtres dotés d’un libre-arbitre, nous sommes des êtres devant avancer dans la vie en faisant des choix. Or, en ce qui concerne “profiter de la vie”, il n’y a que deux choix possibles : soit je choisi de profiter de la vie en ne pensant qu’à moi, qu’à ma gueule, … soit je choisi de me dire que je ne suis pas seul, qu’il y a du monde autour de moi, et que mes choix dépendent d’eux. Soyons honnêtes, il nous est plus facile d’opter pour la première solution : tout pour ma gueule ! Et c’est ce drame qui nous est conté dès les premières pages de la Bible, dans le livre de la Genèse, notre drame, celui de l’humanité. Notre orgueil !

Par orgueil, et pour toujours plus en profiter, une poignée d’humain, dont nous européens faisons partie, n’hésite pas à écraser le reste du monde, piller les ressources, sous couvert de bonne conscience…  (je roule électrique par exemple).

Par orgueil, nous imposons nos certitudes au reste du monde, quitte à le faire couler, et à nous priver de tant de richesses extérieures.

Par orgueil, dans le seul but de profiter, nous exterminons sans vergogne ce que Mère Nature a mis des millénaires à enfanter …

Par orgueil, … la liste est longue et ma colère est grande.

Ce virus aujourd’hui semble rebattre les cartes.

Nos certitudes vacillent et la peur s’installe. Nos limites deviennent criantes, nos disfonctionnement effarants. Nos acquis s’effondrent, … et la planète respire !

Et c’est là que l’Humilité renait. Bafoué dans notre amour-propre de toute puissance, nous reprenons conscience de notre état de créature au milieu d’autres créatures. Nous reprenons conscience de notre état de créature au milieu de la nature.

Saurons-nous entendre, noyé dans le décompte des morts, le récit de tant de merveilles dont l’humain se rend capable aujourd’hui ? Initiatives simples et humbles nous rappelant qu’au cœur de chaque Être Humain brille l’Image de Dieu.

Quand je lis sur les réseaux sociaux ce désir à un “retour à la vie normale d’avant“, je ne peux m’empêcher de crier NON !!!

Que ce temps de trouble planétaire nous incite à un peu plus d’Humilité, pour que nous puissions reconstruire un vivre-ensemble en véritable enfant de Dieu.

 

Tourrettes-sur-Loup, le 4 avril 2020

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La Simplicité. Réflexion d’un confiné

L’authentique simplicité conduit à une communication directe avec Dieu. Elle facilite une croissance dans la Foi, même si la Foi ne donne qu’une vision, qu’une connaissance limitée de Dieu, que nous n’avons pas encore vu face à face.

Eric Ravoux

La Simplicité. Réflexion d’un confiné

Pour commencer, une petite précision. Quand saint Vincent parle des vertus, il n’en parle pas seulement sous l’angle de la morale, comme on pourrait l’entendre encore aujourd’hui : « voyait comme cette personne est vertueuse, de bonne moralité, de bonne manière », … avec le risque que cet aspect moralisant ne soit qu’un verni, une apparence. Saint Vincent axe les vertus selon une visée plus profonde, il les voit d’abord en Dieu, en Jésus, et les prend ensuite comme modèle pour façonner tout notre être, notre manière de nous comporter, notre relation aux autres, à nous-mêmes, notre rapport aux biens, aux possessions … Ce n’est pas seulement la façade.

En parlant de la Simplicité, saint Vincent la décrit comme son évangile : « Dieu m’a donné une telle estime de la simplicité que je l’appelle mon évangile » (IX, 606).

Parlant de Dieu saint Vincent nous dit : « Dieu est un être simple, qui ne reçoit aucun autre être, une essence souveraine et infinie qui n’admet aucune agrégation avec elle ; c’est un être pur, qui jamais ne souffre d’altération. Or cette vertu du Créateur se trouve en chacune de ses créatures par communication » (XII, 172).

L’authentique simplicité conduit à une communication directe avec Dieu. Elle facilite une croissance dans la Foi, même si la Foi ne donne qu’une vision, qu’une connaissance limitée de Dieu, que nous n’avons pas encore vu face à face.

La simplicité, a rendu saint Vincent capable de voir avec les yeux du Christ, pour apprécier les événements et les personnes avec l’esprit du Christ.  Il possédait le don de voir les traits et la personne de Jésus-Christ sous les corps blessés et dans les esprits tourmentés des pauvres. La pureté de cœur et la pureté d’intention sont parties intégrantes de la vertu de simplicité.

La simplicité est d’abord une attitude intérieure. Notre vocation de chrétien est de participer à la vie de Dieu, à ce qu’il est : or, Dieu est simple. La simplicité intérieure, c’est avoir un esprit d’enfant qui ne cesse de s’émerveiller avec sincérité, paix, joie et générosité, capable de confiance, d’enthousiasme, d’audace et de curiosité. Et combien cela manque ça aujourd’hui !! Je suis souvent étonné, voire effaré, du manque d’enthousiasme, de simple curiosité de beaucoup de jeunes que je peux rencontrer durant l’année. Paralysés par les inquiétudes que notre société nous impose, nous bourre le crâne, ils fuient, se déconnectent (en se connectant), et perdent toute simplicité.

Cette simplicité est source de liberté intérieure, elle devrait se traduire en nous par une plus grande disponibilité, une docilité plus grande à l’Esprit, par une absence de calcul afin d’être sincère et cohérent envers nous-mêmes et envers les autres. Enfin je dois surtout savoir que cette simplicité, je dois la mendier à Dieu dans la prière, afin qu’elle se traduise dans mes paroles, dans mes gestes, dans toutes mes attitudes extérieures.

Petite parenthèse pour tous les pasteurs : saint Vincent exhortait déjà en son temps les prêtres à être simple dans leur pastorale, leur parlé, à être clair et compréhensible pour tous. Recommandations que le Pape François n’a pas manqué de nous rappeler … Alors mettons de côté nos ronds-de-jambe verbaux pour nous rapprocher des vrais gens.

La simplicité c’est savoir être vrai avec soi-même :

  • Se connaître et s’accepter telles que nous sommes avec nos limites et surtout avec nos qualités, nos talents et nos dons. Combien pouvons-nous être aveugles sur tout le potentiel que Dieu a mis en nous. Si nous voulons être bien dans notre peau ayons au moins la simplicité de reconnaître l’être merveilleux que nous sommes, à l’image de Dieu, aimé de Dieu.
  • Savoir être indifférent à l’image de marque que l’on peut nous attribuer ou que l’on cherche à avoir vis-à-vis des autres. Veillons toujours à être vrai avec nous-mêmes et à vivre en vérité.

La simplicité c’est être vrai avec les autres :

  • Une relation simple clarifie, met à l’aise l’autre et fait vivre un partage à égalité. Le manque de simplicité nous enferme et nous fait enfermer l’autre dans une fonction, un comportement … La simplicité favorise une authenticité, une franchise de relations, crée un climat de confiance qui permet ensemble de construire.
  • En conséquence, l’acceptation de soi-même, mettant l’autre à l’aise, permet à un groupe d’exister, de tendre vers le même objectif, de prendre les moyens de le réaliser à travers la diversité de ses membres. Et combien de beaux exemples nous sont donnés aujourd’hui à travers toutes les initiatives citoyennes, environnementales, écologiques, agricoles …, qui ne cessent d’éclore un peu partout. Je pense au mouvement Colibris, L’Or des Simples, … et tant d’autres.

Ce temps de confinement pourrait nous aider à nous simplifier, dans notre relation à nous-mêmes, aux autres, aux choses. Un temps pour nous rapprocher de l’essentiel qui n’est pas de l’ordre de la possession.

J’entends et je lis souvent sur les réseaux sociaux : « Vivement que tout redevienne normal ! ». NON, au contraire, changeons, simplifions-nous et ne gardons que l’essentiel. Notre monde et nous-mêmes n’en seront que mieux.

A vous maintenant de développer et de me partager ce que vous en pensez !!

 

Tourrettes-sur-Loup, le 31 mars 2020

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