DIEU AIME LE MONDE. Réflexion

Ce n’est pas une simple phrase de plus. Des mots qui pourraient être éliminés de l’évangile sans que rien d’important ne change. C’est l’affirmation qui exprime le noyau essentiel de la foi chrétienne. «Dieu a tellement aimé le monde qu’il lui a donné son fils unique». Cet amour de Dieu est l’origine et le fondement de notre espérance.

Jose Antonio PAGOLA

DIEU AIME LE MONDE. Réflexion

Ce n’est pas une simple phrase de plus. Des mots qui pourraient être éliminés de l’évangile sans que rien d’important ne change. C’est l’affirmation qui exprime le noyau essentiel de la foi chrétienne. «Dieu a tellement aimé le monde qu’il lui a donné son fils unique». Cet amour de Dieu est l’origine et le fondement de notre espérance.

«Dieu aime le monde». Il l’aime tel qu’il est. Inachevé et incertain. Plein de conflits et de contradictions. Capable du meilleur et du pire. Ce monde n’avance pas seul, perdu et désemparé. Dieu l’enveloppe de son amour de toutes parts. Cela a des conséquences de la plus haute importance.

Premièrement. Jésus est avant tout le «don» que Dieu a fait au monde, et pas seulement aux chrétiens. Les chercheurs peuvent débattre sans arrêt sur beaucoup d’aspects de sa figure historique. Les théologiens peuvent continuer à développer leurs théories les plus ingénieuses. Seuls ceux qui s’approchent de Jésus comme du grand cadeau que Dieu nous a fait, peuvent découvrir en lui, avec joie et émotion, la proximité de Dieu envers tout être humain.

Deuxièmement. La raison d’être de l’Église, la seule chose qui justifie sa présence dans le monde, est celle de rappeler l’amour de Dieu. Vatican II l’a souligné à maintes reprises : l’Église «est envoyée par le Christ pour manifester et communiquer l’amour de Dieu à tous les hommes». Il n’y a rien de plus important. La première chose est de communiquer cet amour de Dieu à tout être humain.

Troisièmement. Selon l’évangéliste, Dieu fait au monde ce grand cadeau qu’est Jésus, «non pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui». Il est dangereux de faire de la dénonciation et de la condamnation du monde moderne tout un programme pastoral. Ce n’est qu’avec un coeur plein d’amour pour tous que nous pouvons nous interpeller mutuellement pour nous convertir. Si les gens se sentent condamnés par Dieu, nous ne leur transmettons pas le message de Jésus, mais tout autre chose: peut-être notre ressentiment et notre colère.

Quatrièmement. Dans ces moments où tout semble confus, incertain et décourageant, rien n’empêche chacun de nous de mettre un peu d’amour dans le monde. C’est ce que Jésus a fait. Il n’y a pas à attendre. Pourquoi n’y aurait-il pas en ce moment des hommes et des femmes de bien qui sèment dans le monde l’amour, l’amitié, la compassion, la justice, la sensibilité et l’aide à ceux qui souffrent? Ce sont eux qui construisent l’Église de Jésus, l’Église de l’amour.

José Antonio Pagola
Traducteur: Carlos Orduna

4 Carême – B (Jean 3,14-21)

 
[printfriendly]

2e Dimanche de Carême – B (Marc 9,2-10). “NOUVELLE IDENTITÉ CHRÉTIENNE”

La Transfiguration

Ce qui est le plus décisif pour être vraiment chrétien, ce n’est pas tellement ce que l’on croit mais la relation que l’on vit avec Jésus. Les croyances, en général, ne changent pas notre vie.

Jose Antonio PAGOLA

2e Dimanche de Carême – B (Marc 9,2-10). “NOUVELLE IDENTITÉ CHRÉTIENNE”

Ce qui est le plus décisif pour être vraiment chrétien, ce n’est pas tellement ce que l’on croit mais la relation que l’on vit avec Jésus. Les croyances, en général, ne changent pas notre vie. On peut croire que Dieu existe, que Jésus est ressuscité et bien d’autres choses encore, sans pour autant être un bon chrétien. C’est l’adhésion à Jésus et le contact avec lui qui peuvent nous transformer.

Dans les évangiles, on peut lire une scène appelée traditionnellement la «transfiguration» de Jésus. Il n’est plus possible de reconstituer l’expérience historique qui a donné naissance à ce récit. Nous savons seulement que c’était un texte très cher aux premiers chrétiens, puisqu’il les encourageait, entre autres, à ne croire qu’en Jésus.

La scène est située sur une «haute montagne». Jésus est accompagné de deux personnages légendaires de l’histoire juive : Moïse, représentant de la Loi, et Elie, le prophète le plus aimé de Galilée. Seul Jésus apparaît avec un visage transfiguré. De l’intérieur d’un nuage, on entend une voix: «Celui-ci est mon fils bien-aimé. Écoutez-le».

L’important n’est pas de croire en Moïse ou en Elie, mais d’écouter Jésus et d’entendre sa voix, celle du Fils bien-aimé. Le plus décisif n’est pas de croire en la tradition ou aux institutions, mais de centrer notre vie sur Jésus. Vivre une relation consciente et de plus en plus engagée avec Jésus-Christ. Ce n’est qu’alors que sa voix peut être entendue en plein milieu de notre vie dans la tradition chrétienne et dans l’Église.

Seule cette communion croissante avec Jésus transforme progressivement notre identité et nos critères, guérit notre façon de voir la vie, nous libère de divers esclavages et fait grandir notre responsabilité évangélique.

A la lumière de Jésus, nous pouvons vivre d’une manière différente. Les personnes ne sont plus simplement attirantes ou désagréables, intéressantes ou sans intérêt. Les problèmes ne sont plus l’affaire de chacun. Le monde n’est plus un champ de bataille où chacun se défend comme il peut. La souffrance des plus démunis commence à nous faire mal. Nous osons travailler pour un monde un peu plus humain. Nous pouvons alors ressembler davantage à Jésus.

José Antonio Pagola
Traducteur: Carlos Orduna

 

https://www.gruposdejesus.com/2-careme-b-mark-92-10/

Partager sur email
Partager sur telegram

1 Carême – B (Marc 1,12-15)

L’appel à la conversion évoque presque toujours en nous le souvenir de l’effort exigeant, propre à tout travail de renouvellement et de purification.

Jose Antonio PAGOLA

1 Carême – B (Marc 1,12-15)

L’appel à la conversion évoque presque toujours en nous le souvenir de l’effort exigeant, propre à tout travail de renouvellement et de purification. Cependant, les paroles de Jésus: «Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle», nous invitent à découvrir la conversion comme une étape vers une vie plus épanouie et plus gratifiante.

L’Évangile de Jésus nous dit quelque chose que nous ne devons jamais oublier: «Il est bon de se convertir. Cela nous fait du bien. La conversion nous permet d’expérimenter une nouvelle façon de vivre, plus saine et plus joyeuse. Elle nous aide à entrer dans le plan de Dieu pour construire un monde plus humain». Certains se demanderont: mais comment vivre cette expérience, quels pas aurons-nous à franchir ?

La première chose à faire est de s’arrêter. Ne pas avoir peur de rester seul avec soi-même pour se poser les questions importantes de la vie: Qui suis-je? Que suis-je en train de faire de ma vie? Ce que je vis, est-ce tout ce que je veux vivre?

Cette rencontre avec soi-même exige de la sincérité. L’important est de ne pas continuer à se leurrer plus longtemps soi-même. Chercher la vérité sur ce que nous vivons. Ne pas vouloir cacher ce que nous sommes et faire semblant d’être ce que nous ne sommes pas. Il est probable que nous fassions alors l’expérience du vide et de la médiocrité. On verra apparaître devant nous les actions et les attitudes qui sont en train de ruiner notre vie. Ce n’est pas cela que nous aurions voulu. Au fond, nous voulons vivre quelque chose de meilleur et de plus joyeux.

Découvrir comment nous abîmons nos vies ne doit pas nous plonger dans le pessimisme ou le désespoir. Cette prise de conscience de notre péché est saine. Elle nous donne de la dignité et nous aide à retrouver notre auto-estime. Tout n’est pas mauvais et négatif en nous. En chacun de nous, il y a toujours une force qui agit, qui nous attire et qui nous pousse vers le bien, la bonté et l’amour. C’est Dieu, qui veut une vie plus digne pour tous.

La conversion va nous demander certainement de procéder à des changements concrets dans notre façon d’agir. Mais la conversion ne consiste pas en ces changements. C’est elle-même qui constitue le changement. Se convertir, c’est changer son coeur, adopter une nouvelle attitude dans la vie, prendre une direction plus saine. Collaborer au projet de Dieu.

Tout le monde, croyants et moins croyants, peut faire les pas que nous avons évoqués jusqu’à présent. Le propre du croyant est de pouvoir vivre cette expérience en s’ouvrant avec confiance à Dieu. Un Dieu qui s’intéresse à moi plus que moi-même, pour résoudre non pas mes problèmes, mais «le problème», cette vie médiocre et ratée que je mène et qui semble n’avoir aucune solution. Un Dieu qui me comprend, m’attend, me pardonne et veut me voir vivre plus pleinement, plus joyeusement et d’une manière plus gratifiante.

C’est pour cela que le croyant vit sa conversion en invoquant Dieu avec les paroles du psalmiste: «Pitié pour moi, ô mon Dieu, selon ta bonté. Lave moi tout entier de ma faute, purifie-moi de mon offense. Crée en moi un coeur pur. Renouvelle-moi de l’intérieur. Rends-moi la joie de ton salut» (Sal 51 [50]).

José Antonio Pagola
Traducteur: Carlos Orduna

Partager sur email
Partager sur print

TENDRE NOTRE MAIN. 6 Temps ordinaire – B (Marc 1,40-45). Commentaire

Le bonheur n’est possible que là où nous nous sentons accueillis et acceptés. Là où manque l’accueil, il y a un déficit de vie ; notre être est comme paralysé ; la créativité est atrophiée. C’est pourquoi une «société fermée est une société sans avenir, elle tue l’espérance de vie des marginaux et finit par s’effondrer elle-même» (Jürgen Moltmann).

Jose Antonio PAGOLA

TENDRE NOTRE MAIN. 6 Temps ordinaire – B (Marc 1,40-45). Commentaire

Le bonheur n’est possible que là où nous nous sentons accueillis et acceptés. Là où manque l’accueil, il y a un déficit de vie ; notre être est comme paralysé ; la créativité est atrophiée. C’est pourquoi une «société fermée est une société sans avenir, elle tue l’espérance de vie des marginaux et finit par s’effondrer elle-même» (Jürgen Moltmann).

Nombreux sont les facteurs qui amènent les hommes et les femmes de notre temps à vivre dans des cercles exclusifs et fermés. Dans une société où l’insécurité, l’indifférence ou l’agressivité augmentent, il est compréhensible que chacun de nous essaie d’assurer son «petit bonheur» avec ceux qui ressentent la même chose.

Les gens qui sont comme nous, qui pensent et veulent les mêmes choses que nous, nous rassurent. En revanche, les personnes qui sont différentes, qui pensent, ressentent et veulent d’une manière différente à la nôtre, provoquent en nous crainte et inquiétude.

C’est pourquoi les nations se regroupent dans des «blocs» qui se regardent avec hostilité. C’est la raison pour laquelle nous recherchons chacun notre “zone de sécurité”, ce cercle d’amis, fermé à ceux qui ne partagent pas notre même condition.

Nous vivons «sur la défensive», de plus en plus incapables de briser la distance qui nous sépare les uns des autres et qui nous empêche d’adopter une position d’amitié ouverte à tous. Nous nous sommes habitués à n’accepter que ceux qui sont les plus proches de nous. Les autres, nous les tolérons ou nous les regardons avec indifférence, si ce n’est avec une certaine réserve et précaution.

Nous pensons naïvement que, si chacun d’entre nous se soucie d’assurer sa petite part de bonheur, l’humanité continuera d’avancer vers son bien-être. Et nous ne nous rendons pas compte qu’on est en train de générer marginalisation, isolement et solitude. Et qu’il sera de plus en plus difficile d’être heureux dans une pareille société.

C’est pourquoi le geste de Jésus revêt pour nous une signification particulière. Jésus ne se contente pas de purifier le lépreux. Il lui tend la main et le touche, brisant ainsi les préjugés, les tabous et les limites de l’isolement et de la marginalisation qui excluent les lépreux de la vie en société. En tant que disciples de Jésus, nous devons nous sentir appelés à apporter une amitié ouverte aux secteurs les plus marginalisés de notre société. Nombreux sont ceux qui ont besoin d’une main tendue qui puisse les toucher.

José Antonio Pagola
Traducteur: Carlos Orduna

 
Partager sur email
Partager sur print
Partager sur whatsapp

4e dimanche du Temps ordinaire – B (Marc 1,21-28)

Certains d’entre eux sont définitivement enfermés dans un hôpital psychiatrique. D’autres errent dans nos rues.

Jose Antonio PAGOLA

4e dimanche du Temps ordinaire – B (Marc 1,21-28)

Certains d’entre eux sont définitivement enfermés dans un hôpital psychiatrique. D’autres errent dans nos rues. La plupart d’entre eux vivent avec leur famille. Ils sont parmi nous, mais n’éveillent guère l’intérêt de quiconque. Ce sont les malades mentaux.

Il n’est pas facile de pénétrer dans leur monde de douleur et de solitude. Privés, à un certain degré, d’une vie consciente et affective saine, il n’est pas facile pour eux de cohabiter avec les autres. Beaucoup d’entre eux sont faibles et vulnérables, et vivent tourmentés par la peur dans une société qui les craint où les néglige.

Depuis des temps immémoriaux, un ensemble de préjugés, de peurs et de soupçons a dressé une sorte de mur invisible entre ce monde de ténèbres et de douleur et notre vie à nous qui nous considérons «sains». Les malades psychiques créent de l’insécurité, et leur présence nous paraît toujours dangereuse. L’attitude la plus prudente nous semble être de défendre notre «normalité», en les confinant ou en les éloignant de notre environnement.

Aujourd’hui, on parle de l’insertion sociale de ces malades et du soutien thérapeutique que leur intégration dans la vie en société peut leur apporter. Mais tout cela ne cesse d’être une belle théorie s’il n’y a pas un changement d’attitude vis-à-vis du malade psychique et s’il n’y a pas une aide plus efficace pour tant de familles qui se sentent seules ou peu soutenues pour faire face aux problèmes qui leur tombent dessus avec la maladie d’un de leurs membres.

Il y a des familles qui savent comment prendre soin de leur être cher avec amour et patience, en collaborant positivement avec les médecins. Mais il y a aussi des foyers où la personne malade est un fardeau difficile à porter. Peu à peu, la vie en commun se détériore et toute la famille se voit affectée négativement, ce qui favorise à son tour l’aggravation de la maladie.

Il est donc ironique que nous continuions à défendre théoriquement une meilleure qualité de vie pour les malades psychiques, leur intégration sociale ou le droit à des soins adaptés à leurs besoins affectifs, familiaux et sociaux. Tout cela est nécessaire mais pour y parvenir, il faut une aide plus réelle aux familles et une collaboration plus étroite entre les médecins qui soignent la personne malade et les personnes qui savent l’assister dans le cadre d’une relation humaine et amicale.

Quelle place ces patients occupent-ils dans nos communautés chrétiennes? Ne sont-ils pas les grands oubliés? L’Évangile de Marc souligne de façon particulière l’attention de Jésus sur «ceux qui sont possédés par des esprits mauvais». Sa proximité des personnes les plus démunies et sans défense face au mal sera toujours pour nous un appel interpellant.

José Antonio Pagola
Traducteur: Carlos Orduna

 
Partager sur email
Partager sur print