Homélie. Fête du Saint Sacrement. 14 juin 2020. Le Berceau de Saint Vincent de Paul

« Nous ne sommes que de passage ; toute chair passe comme l'herbe ; le temps qui passe ne se retrouve jamais. »…Ces proverbes d’allure pessimiste se croisent avec d’autres qui sonnent plus joyeusement : « Chaque minute qui passe te rapproche de Dieu ; “nous sommes des oiseaux de passage, demain nous serons loin,” On pourrait continuer ce jeu-là avec de nombreuse citations.

Jean-Pierre Renouard

Homélie. Fête du Saint Sacrement. 14 juin 2020. Le Berceau de Saint Vincent de Paul

Mes sœurs, mes frères,

 « Nous ne sommes que de passage ; toute chair passe comme l’herbe ; le temps qui passe ne se retrouve jamais. »…Ces proverbes d’allure pessimiste se croisent avec d’autres qui sonnent plus joyeusement : « Chaque minute qui passe te rapproche de Dieu ; “nous sommes des oiseaux de passage, demain nous serons loin,” On pourrait continuer ce jeu-là avec de nombreuse citations. Passer, c’est changer…Ce verbe évoque le transitoire et la proximité. Et pourtant à y bien réfléchir, évoquer un passage, c’est reconnaitre une présence si furtive soit-elle, comme une caresse, un sourire qui illumine la journée, une permanence toute de proximité, un bienfait qui en dit long sur quelqu’un d’aimé. Passer, c’est toujours laisser une trace, maintenir une action et peut-être transformer. Jésus le savait bien qui a inventé le plus bel acte d’amour qui soit avec ce que le nouveau Peuple de Dieu a nommé l’Eucharistie. Dieu passe en nous, se fait nourriture, transforme nos êtres de chair et nous sculpte une nouvelle créature de ressuscité. Aujourd’hui nous en célébrons l’origine, la  source et la permanence. Comme dirait Stéphan Berg, « Suivez-moi ! ».

; A l’ origine, il y a la Pâque comme nous le rappelle le livre du Deutéronome, en ce jour. Le Peuple de Dieu est livré à l’esclavage. Il souffre mort et passion, anticipant celle du Fils de Très-Haut. Alors Dieu lève un homme, un de ces géants de l’humanité qui par la puissance divine concrétise la délivrance. Moïse est le bras de Dieu qui préserve les fils d’Israël lors de la nuit pascale fondatrice, qui les marquera  du sang de l’Agneau lors du passage de la colère de Dieu sur l’Egypte des Pharaons. Après ce sera le passage de la mer rouge, le passage par le désert, le passage par le pays de la sécheresse et de la soif, le passage par la pauvreté, la faim, le dénuement matériel et spirituel. Et ces passages seront contrebalancés, enrichis par les dons inoubliables de la manne, ‘cette nourriture inconnue des pères’ et de ‘l’eau de la roche la plus dure’. Quand Yahvé passe, il ne laisse pas sans recours et sans secours : « Pas un peuple qu’il ait ainsi traité ! ». Ainsi la manne et l’eau seront-elles bénédictions et vie malgré les obstacles rencontrés : Dieu ne passe jamais en vain. Dieu passe, repasse et reste.

II. Moïse annonçait un autre Envoyé de Dieu « lorsque les temps furent accomplis ».Au travers de ses faits et gestes, se profile Jésus, Fils de Dieu Sauveur. Il passe dans notre humanité, il passe dans le temps, il passe dans le même peuple, par le même exil et les mêmes fins de non -recevoir, revivant en lui la passion du peuple élu et sa délivrance par le don inégalable de la résurrection. Et pour que ce don soit le don fait à toute l’humanité, il donne à la ‘multitude’, – je dis bien à la ‘multitude’ – l’offrande de son propre corps et de son propre sang. Cette nouvelle manne est un corps à corps avec le Christ, En relisant le chapitre 6 de st Jean, nous trouvons des mots et des raccourcis qui en disent long sur l’apport de l’Eucharistie : « vivant, vie éternelle, vraie nourriture, vraie boisson, je le ressusciterai au dernier jour, demeurer en moi… » pour ne regarder que les seuls versets (31 à 38) utilisés aujourd’hui. Ce n’est pas de l’imagination mais la réalité

III. Mais alors si Dieu passe et repasse, on peut dire qu’il reste. Dieu demeure. Il se fait notre ami et nous appelle « mes amis », Il vit en nous. « Chacun d’entre nous reçoit le Christ  mais le Christ reçoit chacun d’entre nous » a écrit st Jean-Paul II. J’aime à penser que Jésus se plaît en notre compagnie comme il le faisait en son pays natal. Il investit chacun de nos êtres et nous presse de le recevoir. Quand on célèbre l’Eucharistie, on a déjà un pied dans le ciel. Au fond, chaque jour, chaque dimanche, quand nous le pouvons, Dieu force notre porte et s’assoit à la table de notre vie. Nous vivons avec lui et lui avec nous. Quand nous prenons un peu de temps pour y penser, un vertige d’amour nous saisit et nous transporte de joie. Chaque messe est une Fête-Dieu…

Amen

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Saint Vincent de Paul et la Messe

il convient en effet, de vous faire vibrer à la vie et à la pensée de Monsieur Vincent sur ce sujet qui lui est très cher. Regardons-le aujourd’hui célébrant la Messe ; au sens forme du terme, il édifie (élève) les participants et l’un d’eux remarque : « Mon Dieu, que voilà un prêtre qui dit bien la messe. Il faut que ce soit un saint homme de Dieu ». (Abelly L. III, 72)

Jean-Pierre Renouard

Saint Vincent de Paul et la Messe

Puisque nous sommes autour de la fête du corps et du sang du Christ, il convient en effet, de vous faire vibrer à la vie et à la pensée de Monsieur Vincent sur ce sujet qui lui est très cher. Regardons-le aujourd’hui célébrant la Messe ; au sens forme du terme, il édifie (élève) les participants et l’un d’eux remarque : « Mon Dieu, que voilà un prêtre qui dit bien la messe. Il faut que ce soit un saint homme de Dieu ».(Abelly L. III, 72)

Il se prépare silencieusement à la sacristie dans le recueillement, scrute sa conscience et s’il s’estime en litige avec l’Evangile, il se confesse sur-le-champ. Son premier biographe raconte qu’il quitte un jour ses ornements et  court se réconcilier avec un religieux avec qui il a avait eu quelque différent. On pense au mot de Jésus : « Si, au moment de présenter ton offrande à l’autel,  tu te souviens que quelqu’un a quelque chose contre toi, laisse-là ton offrande, devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; puis reviens, et alors présente ton offrande » (Mt 5, 23-24).Seul le saint est capable d’un tel geste.

Il prépare le Missel, le suit scrupuleusement et en ces temps d’après Concile (Le Concile de Trente est alors au début de son application), il est très attentif à suivre les indications pour bien célébrer. Il n’improvise pas une messe solennelle mais exige que tout soit prévu dans les moindres détails suivant le degré solennité ; il veut que la sacristie de st Lazare soit bien pourvue en ornements et en vases sacrés et il n’aimerait pas notre parcimonie d’aujourd’hui !

Sa piété est exemplaire et contagieuse. Sa façon de célébrer aussi : il montre « une grande humilité » et « un port grave et majestueux » dans sa manière de se tenir à l’autel. Il proclame l’Evangile avec une insistance sur les mots qui lui parlent. Il se tourne vers le peuple avec le désir de partager sa joie de célébrer ; mieux encore, il aimait servir la Messe de ses confrères et le faisait à genoux comme un bon servant !

 Peut-être pouvons-nous faire profit des paroles qu’il dit un jour à ses missionnaires : « Ce n’est pas assez que nous célébrions la Messe, mais nous devons aussi offrir ce Sacrifice avec le plus de dévotion qu’il nous sera possible… Efforçons-nous donc d’offrir nos Sacrifices à Dieu dans le même esprit que Notre-seigneur a offert le sien ; comme autant parfaitement que notre pauvre et misérable nature le peut permettre »(Abelly L.III, 72).

Monsieur Vincent nous indique ainsi un premier chemin : vivre la messe à la suite du Christ, en état d’offrande !

 

Saint Vincent de Paul et l’Eucharistie

La messe est le moment de rencontre privilégiée de Monsieur Vincent. Mais elle éclaire sa journée et il vit dans une atmosphère eucharistique qui se manifeste par une très grande dévotion au Mystère du Saint Sacrement.

Il est l’homme de la Trinité (c’est le patron de sa nouvelle congrégation), de l’Incarnation (il veut qu’on célèbre Noël de façon intense) et du Très Sacrement de l’Autel. Tous ces mystères peut-on dire, s’emboîtent pour lui, les uns dans les autres. Mais le sacrement de l’Eucharistie est la concrétisation des deux premiers. D’où l’intense dévotion qu’il développe. Il entre spontanément dans les églises avec grand respect et tombe à genoux devant le tabernacle. Il aime s’attarder devant lui s’il n’est pas pressé par le temps. Il ne parle en sa présence pas et ne supporte pas les bavardages inutiles. Que ne dirait-il pas aujourd’hui ?

Mieux encore : il lit son courrier devant la sainte réserve et je connais tel supérieur général qui l’imitera dans cette pratique. Entrant et sortant de la Maison, il vénère d’abord le Maître des lieux en passant par la chapelle et en fait prescription à ses disciples ; certains continuent encore cette pratique.

Que dire encore si ce n’est qu’il célèbre tous les jours et s’il tombe malade – ce qui lui arrive assez souvent car il a ses accès de fièvrottes ! – il réclame la communion quotidienne. Pour une époque qui va sombrer bientôt dans le jansénisme et ses outrances, cette exigence est remarquable. Que faisons-nous de la communion fréquente ? Ou nous la banalisons ? Ou nous la négligeons ?

Il reste ses propos incisifs sur sa foi au Saint Sacrement comme cette remarque : « Ne ressentez-vous pas, mes frères, ne ressentez-vous pas ce feu Divin brûler dans votre poitrine, quand vous avez reçu le Corps adorable de Jésus-Christ dans la Communion ? (Abelly L.III. 77).Il donne des consignes fortes aux filles de la charité, consignes qui n’ont pas une ride : « Une personne qui a bien communié fait tout bien » (IX, 332). Cet enseignement est décisif pour la qualité de nos communions. Nous avons à faire cet acte de façon mieux désirée, mieux préparée et mieux vécue. S’approcher du pain eucharistique n’est en rien banal mais toujours nouveau et stimulant. Il nous construit spirituellement et nous engage en sainteté. Communier c’est désirer « devenir ce que nous sommes, le Corps du Christ » Y pensons-nous ?

Enfin, si nous sommes rétifs et trop rebelles à la communion fréquente, nous pouvons entendre saint Vincent nous stimuler : « Pensez-vous devenir capables de vous approcher de Dieu en vous en éloignant qu’en vous en approchant ? Oh, certes, c’est une illusion ! » (Coste I, 111).

 

Jean-Pierre RENOUARD cm

 

N° 50

 

 

St Vincent, mystique de l’Eucharistie,

 

 

S’il vous arrive d’aller à Paris, entrez dans la chapelle où Monsieur Vincent repose (95, Rue de Sèvres- Métro Vanneau) et prenez l’allée de gauche. Un tableau vous arrête  et vous interpelle : on y reconnaît notre saint célébrant la Messe, le visage rayonnant, comme pétrifiés par des boules de feu, entouré de la Trinité, d’angelots et de religieuses… Surprenante composition, curieux tableau qui a une histoire et qui nous en dit long sur l’état d’âme de saint Vincent !

Il s’agit rien moins que d’une vision avoué par st Vincent lui-même. A la mort de Sainte Jeanne de Chantal, en 1641, il voit trois globes de feu qui vont s’élevant et se perdant l’un dans l’autre. Le premier est l’âme de la sainte, le second celle de François de Sales et le troisième plus gros, l’Essence divine. Le peintre du XVIII ème siècle — peut-être Gaétan SONTIN — a représenté la scène : la Trinité siège sur les nuages au sommet du tableau, à gauche les trois globes, à droite saint François et sainte Jeanne conversent entourés d’anges ; des visitandines comme sidérées assistent derrière leur grille à la Messe du saint. Ce dernier écrit à son confrère Bernard CODOING à propos de la Mère Chantal : “Il a plu à Dieu de me consoler en la vue de sa réunion à notre Bienheureux Père et de tous les deux à Dieu” (lettre de décembre 1641). Et la chose fut si “sensible” (c’est son mot) qu’il nous a laissé le récit de cette messe mémorable en l’appliquant à une tierce personne ! Ce texte donne à penser sur l’état mystique de notre saint ( voir le texte de cette vision dans Pierre Coste : Documents relatifs à St Vincent, tome XIII, pp.126-127).

Ainsi savons-nous que Vincent vit l’Eucharistie comme un lieu de rencontre privilégié avec son Dieu et ses amis. Il sait que la Messe est le moment où le chrétien – et singulièrement le prêtre – est « uni à la divinité de celui qui a pris notre humanité ». Il sait que la sacrifice de la croix célébré et actualisé à l’autel est offert pour les âmes des fidèles « qui se sont endormis dans la paix du Christ ». Il dit lui-même qu’au moment de cette vision – l’unique qu’il ait eu, d’après ce qu’il atteste – il est préoccupé par le salut de la Mère Jeanne de Chantal et il intensifie sa prière pour elle. Dieu le rassure et lui procure la certitude de son « état de bienheureuse ».

Plus nous amplifions notre piété au moment de la Messe, plus nous entrons en contact avec Dieu qui nous inonde de sa grâce et peut, s’il le veut, nous toucher au cœur. Impossible de banaliser la Messe ; elle le lieu de la Rencontre, anticipation de la Rencontre finale où nous serons tout en Dieu !

 

La communion et les petits

Rappelez-vous ce mot d’une sœur repris par st Vincent : « une personne qui a bien communié fait tout bien ». Quand on est une fille de la charité porteuse de l’esprit vincentien ou quand on se recommande de lui comme vous, lecteurs de cette belle revue, on essaye de vivre en profondeur le message eucharistique du saint de la charité. Vivre eucharistié, c’est vivre pour les derniers de ce monde, à leur service. On ne communie pas simplement pour soi mais aussi pour les autres.

Il est clair que pour saint Vincent la qualité du service est directement lié à la qualité de la vie eucharistique. Il en résulte quelques attitudes de fond à vivre avant tout par les communiants : l’offrande de la communion, l’application d’une intention, le désir, l’action de grâce, le recueillement, la demande de pardon pour les fautes contre la communion). A partir de là, il donne des consignes avec cette ouverture surprenante :“Pour la sainte communion, vous communierez les jours qui vous sont ordonnés (la règle et la coutume les précisaient à l’époque), si vous n’en êtes point empêchées par le service des pauvres” (X, 203) et il demande aux premières dames de la charité de Châtillon de communier les jours de la fête des Saints Martin et André, les deux saints de la charité. Ainsi, le service des pauvres est premier.

De plus, on voit son insistance à orienter la vie eucharistique vers ce souci des petits. Il est clair que la Messe et la communion qui y est liée nous rendent plus disponibles pour les servir. Ainsi nous faisons nôtre ce mot de Monsieur Vincent, orfèvre en charité : « Quand vous verrez une sœur de la Charité servir les malades avec amour, douceur, grand soin, vous pourrez dire hardiment  : «Cette sœur a bien communié.» Quand vous verrez une sœur patiente dans ses incommodités, qui souffrira gaiement ce qui se peut rencontrer de pénible à supporter, oh ! Soyez assurées que cette sœur a fait une bonne communion et que ces vertus-là ne sont point vertus communes, mais vertus de Jésus-Christ ”. (IX, 333). Qu’attend -nous pour suivre de tels exemples ? Quand je sors de la Messe plus fort pour évangéliser ceux qui sont loin de Dieu et surtout pour les secourir dans leur détresse, je suis dans la logique voulue par st Vincent.

 
La Messe, une action sacerdotale

Pour St Vincent de Paul, aucun doute, les laïcs sont prêtres. Chacun d’eux doit offrir sa vie et par le baptême, tous sont prêtres avec Jésus-Christ. Tous forment son Corps Mystique et il a cette parole admirable, célèbre à juste titre, et qui occupe ici une place royale :

 “Que pensez-vous faire étant à la sainte messe ? Ce n’est pas le prêtre seul qui offre le saint sacrifice mais ceux qui y assistent ; et je m’assure que… vous y aurez grande dévotion, car c’est le centre de la dévotion” (IX, 5).

 

Et il atteste que les assistants qui participent au sacrifice du célébrant “y participent plus que lui, s’ils ont plus de charité que le prêtre”. Voici le contexte de la conférence du 7 novembre 1659 sur le sujet :

«Quand un prêtre dit la messe, nous devons croire et savoir que c’est Jésus-Christ même, notre Seigneur, le principal et souverain prêtre, qui offre le sacrifice : le prêtre n’est que le ministre de Notre- Seigneur, qui s’en sert pour faire extérieurement cette action. Or, l’assistant qui sert le prêtre et ceux qui entendent la messe participent-ils, comme le prêtre, au sacrifice qu’ils font avec lui, comme il dit lui-même en son «Orate fratres».. . Sans doute, ils y participent et plus que lui, s’ils ont plus de charité que le prêtre. Ce n’est pas la qualité de prêtre de religieux qui fait que les actions sont plus agréable à Dieu et méritent davantage, mais bien la charité s’ils l’ont plus grande que nous. (XII, 376-377).

Comme l’Incarnation, l’Eucharistie est un échange. Par elle, nous sommes divinisés. Nous ne sortons pas indemne de chaque messe dès que nous sommes sincères. Toute Eucharistie nous oriente indissolublement vers Dieu et le prochain. Toute communion nous met dans une commune – union. Il faut nous réapproprier les mots de saint Vincent : «Approchez-vous de l’Eucharistie au nom de Dieu ! C’est là qu’il faut aller étudier l’amour ! (XII, 298).

 

Ami lecteur, bon renouveau eucharistique !

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REFLEXIONS SUR LA TRINITE CHEZ SAINT VINCENT DE PAUL

La proximité de la solennité de la Pentecôte nous invite à remonter à la source de notre spiritualité et de notre mission. Elle est résolument trinitaire chez st Vincent. Avec lui prenons le temps de contempler ce Mystère fondamental au-delà de nos oublis et de nos négligences. Pour lui et pour nous, la Trinité est notre modèle, l’exemplarité de notre être et de notre vie intérieure.

Jean-Pierre Renouard

REFLEXIONS SUR LA TRINITE CHEZ SAINT VINCENT DE PAUL

La proximité de la solennité de la Pentecôte nous invite à remonter à la source de notre spiritualité et de notre mission. Elle est résolument trinitaire chez st Vincent. Avec lui prenons le temps de contempler ce Mystère fondamental au-delà de nos oublis et de nos négligences. Pour lui et pour nous, la Trinité est notre modèle, l’exemplarité de notre être et de notre vie intérieure. Elle nous invite à vivre en juste harmonie, à la ressemblance des trois personnes ; au-delà de leur distinction, elles s’aiment : « Ce que le Père veut, le Fils le veut ; ce que le Saint Esprit fait, le Père et le Fils le font : ils n’ont qu’une même puissance et une même opération (23 mai 1659 – XII, 256). Consigne intéressante pour nous : nous sommes invités à communiquer en communiant dans la différence. Cela est très concret : personne ne doit reconnaitre d’emblée qui est le chef, la responsable, n’être qu’un cœur et qu’un esprit et se former à l’image du fruit le plus évident de la Trinité, la charité (20 juin 1647 – XIII, 633-634). Autre points d’application : s’aimer, échanger, vivre selon l’expression même de Monsieur Vincent, « la mutualité ».(20 juin 1647 – XIII, 641) et au nom même du comportement divin, se respecter, établir déjà « le paradis » (X, 383).

La Trinité nous habite. Elle demeure en nous : « Le Père engendre son Fils et tous deux, « respirent » le Saint Esprit. Ce mouvement quasi physique est vie ; il accompagne notre action (Pentecôte  – XI, 44). Moteur de notre vie personnelle, intérieure et active, la Trinité nous presse de nous mettre en mission. En elle, tout est mouvement : Le Père envoie son Fils et le Fils est celui qui réalise ce que veut le Père en lui proposant l’incarnation (23 mai 1655 – X, 85 ; 7 novembre 1659 –  XII, 367). Voilà ce qui nous propulse comme Missionnaires. Nous voulons « imiter les pratiques »du Christ Sauveur qui est ainsi devenu le parfum du Père (« votre ambroisie et votre nectar » ! – 7 mars 1659 – XII, 164) et le même rôle du St Esprit inspire à notre Fondateur ce bel ordre de mission : “Oui, le Saint-Esprit, quant à sa personne, se répand dans les justes et habite personnellement en eux. Quand on dit que le Saint-Esprit opère en quelqu’un, cela s’entend que cet Esprit, résidant en cette personne, lui donne les mêmes inclinations et dispositions que Jésus-Christ avait sur la terre, et elles le font agir de même, je ne dis pas d’une égale perfection, mais selon la mesure des dons de ce divin Esprit” (3 décembre 1658 – XII,108).

MALGRE TOUT, CONTINUEZ ! ALLEZ !

La Trinité est la source et la fin de toute la dynamique spirituelle de St Vincent. Et la Congrégation de la Mission est tenue à honorer d’une façon toute particulière, les ineffables mystères de la Très Sainte Trinité et de l’Incarnation” (R.C. X,2)

Pour St Vincent, Jésus reçoit tout du Père ; il est totalement dépendant de lui. Il reconnaît que le Père est l’auteur et le principe de tout le bien qui est en lui (12 décembre 1658 – XII,109 ). Il est envoyé par lui au prix d’un amour coûteux (23 mai 1655 – X, 85). On est presque dans la théologie contemporaine de « la souffrance de Dieu ». Jésus rend toute grâce à son Père par son obéissance. Car le Fils est uni au Père, dans une intimité parfaite, non seulement en tant que Verbe mais en tant qu’homme (21 février 1659 – XII, 147-148). Nous atteignons ici la relation d’amour de Jésus à son Père : il accomplit sa volonté (12 décembre 1559 – XII, 109). Jésus est garant de l’amour du Père en accomplissant son œuvre.

Vincent, pragmatiste, vise à toujours plus de concret : travailler à l’avènement du Royaume dans le cœur des hommes et des pauvres, être soucieux de justice est son souci premier. C’est de fait rendre gloire à Dieu : “ Je prie Dieu tous les jours, deux ou trois fois, qu’il nous anéantisse si nous ne sommes utiles pour sa gloire” (17 mai 1658 – XI,2). Le repère ultime de la vocation missionnaire réside toujours en une question qu’il faut savoir se poser avant d’entreprendre : “Si cela se fait, Dieu en sera-t-il glorifié ?” (XIII, 629). Car il a pour garantie :  ”Cherchons la gloire de Dieu ; il fera nos affaires” (21 février 1659 – XII, 132). Souvent il parlera du “bon plaisir” de Dieu, autre manière de parler de volonté de Dieu. Pour lui, cette volonté divine s’accomplit de façon éminente par l’évangélisation des pauvres. En cela, il est très personnel, il colle à l’Évangile et il renouvelle la spiritualité. Et si nous en doutions, en voici une preuve évangélique :

« Oh ! Quel bonheur, quel bonheur, Messieurs, de faire toujours et en toutes choses la volonté de Dieu ! N’est-ce pas faire ce que le Fils de Dieu est venu faire sur la terre, comme nous avons déjà dit ? Le Fils de Dieu est venu pour évangéliser les pauvres ; et nous autres, Messieurs, ne sommes-nous pas envoyés pour le même sujet ? Oui, les missionnaires sont envoyés pour évangéliser les pauvres. Oh ! quel bonheur de faire sur la terre la même chose que Notre-Seigneur y a faite, qui est d’enseigner le chemin du ciel aux pauvres ! » (Septembre 1655 – XI, 315)

Le Missionnaire, selon St Vincent, aime continuer l’œuvre du Christ. Il est son relais, son prolongement. Travailler, travailler ; agir, agir, tel est son mot d’ordre. Il reprend volontiers sa phrase lapidaire: “Totus opus nostrum in actione consistit”, “Toute notre entreprise est dans l’action” (XI,41); il veut une piété laborieuse, “aux manches retroussées”. Par nos œuvres, nous montrons à Dieu que nous l’aimons. Aujourd’hui, plus que jamais, pour sortir du marasme actuel, il n’est que de se donner et d’agir.

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Ascension du Seigneur. Méditation

Si j’avais la capacité de peindre, j’aurai volontiers choisi Le Greco comme modèle en de multiples épisodes de la vie du Seigneur, par exemple en ce jour, je me serai attardé sur le Christ éclatant de blancheur, étiré entre ciel et terre, et montant vers son Père avec un regard rempli d’étonnement, voire de ravissement.

Jean-Pierre Renouard

Ascension du Seigneur. Méditation

Si j’avais la capacité de peindre, j’aurai volontiers choisi Le Greco comme modèle en de multiples épisodes de la vie du Seigneur, par exemple en ce jour, je me serai attardé sur le Christ éclatant de blancheur, étiré entre ciel et terre, et montant vers son Père avec un regard rempli d’étonnement, voire de ravissement. Le Christ ressuscité semble tout posséder mais pour lui comme pour nous, tout est encore à venir. L’ascension est un mystère passé et présent mais qui célèbrent aussi des évènements du futur.

  • D’après les Actes, le Christ se dérobe aux yeux des Apôtres. Il y a cet instant inoubliable où tout s’embrouille pour eux, où la présence de l’Etre admiré et aimé devient absence et où il est inévitable, quoiqu’il en coûte, de vivre sans lui mais pas seul. L’Esprit-Saint qui vient, est promis comme un second baptême ; il sera « force » rendra « témoins », aidera à dépasser les doutes et à créer des marcheurs infatigables de l’Evangile, envoyés « à toutes les nations » et chargés de baptiser, c’est-à-dire d’instruire et de féconder de la grâce divine et d’apprendre à chaque nouveau disciple « à observer tout ce que Jésus à proposer comme « commandement », disons comme chemin de vie.

C’est un présent qui par-delà les siècles, nous oblige tous aujourd’hui. Nous aussi –parce que nous voulons mettre nos pas dans ceux de Jésus – nous avons la même mission. Ne pas voir le Christ mais croire en Lui, s’appuyer sur la puissance de son Esprit, témoigner, enseigner, baptiser, tirer en avant, suivre l’invisible et croire, au jour le jour, qu’il est le grand présent à nos vies, à notre monde, à son Eglise toujours en train de se constituer parce qu’il est le Dieu qui unit et réunit.

C’est un présent qui concerne aussi le Christ lui-même, sorti du temps mais qui concerne notre temps et qui nous fait dire avec la Préface du jour : « Le Seigneur Jésus, vainqueur du péché et de la mort, est aujourd’hui ce Roi de gloire devant qui s’émerveillent les anges… »

2 Mais la préface de ce jour continue et tout à coup, comme s’il n’était de rien concerne un avenir qui semble plus lointain. Finalement vers quoi allons-nous ? Qu’attendons-nous encore ? De quoi demain sera-t-il fait ? Ecoutez :

« Il s’élève au plus haut des cieux, pour être le Juge du monde et le Seigneur des seigneurs, seul médiateur entre Dieu et les hommes. Il ne s’évade pas de notre condition humaine ; mais, en entrant le premier dans le Royaume, il donne aux membres de son corps l’espérance de le rejoindre un jour. »

Chers Frères et chères sœurs présents physiquement ou prêts à le redevenir, nous attendons le triomphe total du Christ…nous guettons son retour et il viendra nous chercher. Rappelez-vous, il avait dit à Marie-Madeleine : « Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu » (Jn 20, 17). Sa gloire sera notre gloire personnelle et commune. De fait, il attire à lui tous les hommes : il est comme un élan. Je me revois près de mon propre père et jouant volontiers avec un gros aimant de mécanicien, la limaille s’amoncelait et formait des boules brillantes qui me fascinaient. Chaque pécheur estimé par la mise en lumière de sa conduite et des secrets de son cœur, miséricordieusement sauvé par Lui, recevra sa vie définitivement et nous unira aux autres autour de Lui. Nous tous formeront le Christ en étincellement. Voilà l’ultime qui nous attend, constituer le Christ glorieux. Si chacun lui est soumis, tous lui seront soumis et st Paul précise bien : « Quand le Christ dira : « Tout est soumis désormais », c’est évidemment à l’exclusion de Celui qui lui aura soumis toutes choses. Et, quand tout sera mis sous le pouvoir du Fils, lui-même se mettra alors sous le pouvoir du Père qui lui aura tout soumis, et ainsi, Dieu sera tout en tous.(1Cor 15, 26-28)

Une pareille vision de ce qui nous attend nous donne comme le vertige : Dieu tout en tous. Le triomphe du Christ est notre triomphe ! Sublime mystère de l’Ascension qui n’est pas réduit à l’image d’une montée vers Dieu mais un envahissement de de la beauté infinie de Dieu Père, Fils et Eprit-Saint. En cette semaine de réflexion consacrée à Laudato Si’, nous pourrions chantonner comme action de grâces du travail déjà accompli par ceux qui ont écouté François en essayant de le mettre en pratique, l’hymne de Sexte chantée en ce temps pascal qui s’achève :

« Le Fils de Dieu, les bras ouverts,
 A tout saisi dans son offrande,
 L’effort de l’homme et son travail,
 Le poids perdu de la souffrance.

 L’élan puissant de son amour
 Attire en lui la terre entière,
 Il fait entrer dans son repos
 Le monde en marche vers le Père…»  Amen

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” Le chemin du Fils de Dieu “. Petite homélie pour la fête de Sainte Louise de Marillac. 9 mai

Une femme de la haute bourgeoisie, après une enfance chahutée, est devenue patronne de tous les travailleurs sociaux chrétiens. C’est le chemin parcouru de 1591 à 1960 (je dis bien 1960) par ste Louise de Marillac dont le nom est indissociable de celui de st Vincent de Paul. Monsieur et Mademoiselle ont œuvré ensemble pour rendre féconde la charité de Dieu.

Jean-Pierre Renouard

” Le chemin du Fils de Dieu “. Petite homélie pour la fête de Sainte Louise de Marillac. 9 mai

Mes sœurs, mes frères en Christ Serviteur,

Une femme de la haute bourgeoisie, après une enfance chahutée, est devenue patronne de tous les travailleurs sociaux chrétiens. C’est le chemin parcouru de 1591 à 1960 (je dis bien 1960) par ste Louise de Marillac dont le nom est indissociable de celui de st Vincent de Paul. Monsieur et Mademoiselle ont œuvré ensemble pour rendre féconde la charité de Dieu. Tels que nous sommes petitement assemblés physiquement mais nombreux par le cœur, ce 9 mai 2020, nous n’avons rien à apprendre de nouveau de leur itinéraire tant il nous a été souvent évoqué. Un simple rappel suffit : sans mère connue, mise sous tutelle prestigieuse du garde de sceaux, placée chez les dominicaines de Poissy, promise à un avenir capucin, épouse d’Antoine Le Gras, mère d’un petit Michel, l’enfant de tous les soucis, veuve prématurée, plongée dans une nuit de la foi, visitée par l’Esprit de Pentecôte 1623, elle rencontre Vincent de Paul comme à reculons et opère alors une véritable conversion. Enfin hors de soi, elle se laisse envahir par les pauvres grâce à la visite des Confréries de la charité. Elle devient fondatrice, recrute, organise, gouverne, se consacre à Dieu et se donne sans compter jusqu’au 15 mars 1660. A vues humaines, voilà une vie inattendue et dont les filets se remplirent à l’extrême.

Mais il y a un autre angle d’approche. Comment ne pas penser en voyant défiler les 69 années de sa vie mêlée, à découvrir en filagrammes, le chemin du Fils de Dieu : de haut en bas, de l’engendrement d’en haut à celui de naissance du bas, d’un état supérieur à un anéantissement comme un endroit qui devient un envers. .Sans le savoir, notre sainte a pris ce chemin-là et nous le  redécouvrons comme un appel adressé à chacun et chacun d’entre nous,:

« Le Christ Jésus,

Ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu.

Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect,

S’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix.

C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom.., »

(Phi 2, 5-9)

*

On entend bien :

‘Cette femme de condition élevée ne se fige pas dans cet état,

Abaissée par les évènements,

Elle se fait volontiers servante et l’égale des gens ordinaires

Sans jamais revenir en arrière,

Obéissant à ceux qui vont devenir les Maitres de sa vie

Jusqu’à sa vie donnée et riche d’amour.’

 

Elle résume tout par les vœux qu’elle émet, le 25 mars 1643, en se consacrant à Dieu, outre les trois Conseils évangéliques traditionnels, par le don total, rénové chaque année, du service des pauvres.

Que lui demander en ce matin pour nos Maîtres les Pauvres dot le nombre a augmenté hélas ! ces derniers temps par les funestes événements vécus ? Pour aimer l’Eglise qu’elle a elle-même aimée, je vous invite à densifier la prière qu’elle adresse à Dieu en ce jour, date anniversaire  de sa béatification par Benoit XV en 1920 pour sa Compagnie endeuillée et pour nous. Avec notre famille vincentienne et plus spécialement unis à nos deux congrégations en fête, demandons-lui, sœurs et frères aimés,

  • « de reconnaître et de vénérer le Christ dans les pauvres »

La tradition évangélique et vincentienne nous l’enseigne, c’est Jésus lui-même qui se cache sous ce frère ou cette sœur en manque de l’essentiel. Louise a écrit un jour : « Les pauvres malades sont les membres de Jésus-Christ (1644, Ecrits 112) et elle s’est présentée ainsi : « servante de Jésus-Christ et de ses membres les pauvres » (E. 408). Je ne doute pas que vous les ayez vénérés en éprouvant un vif attachement respectueux pour chaque âme rencontrée, faisant de celle-ci une image, une icône toute divine. O ste Louise, obtenez-nous la grâce de ce réflexe vincentien : je tourne la médaille et je vais d’un visage, l’autre.

  • Nous prions aussi « de regarder comme des frères ceux qui sont dans l’affliction et le besoin ». Comme il faut du temps, de la bonté, de la patience, de l’éducation de soi pour édifier ce sentiment familial. On entend Jésus nous encourager : « Heureux ceux qui pleurent ! Ils seront consolés !» (Mt 5,5). Il ne suffit pas de réagir et de provoquer rires et sourires pour créer un climat familial mais nous avons à porter le fardeau des autres, de faire attention à leur état du moment en partageant leur souffrances cachées ou extériorisées à la limite du supportable. Une saine spiritualité accepte que le glaive de la douleur taraude son propre cœur comme pour alléger celle de l’autre. Nous avons appris récemment à regarder pour l’imiter, la manière de Simon de Cyrène, Sur la famille spirituelle que nous formons, nous aimerons vivre au présent la consigne donnée par st Vincent : « Que ferez-vous quand vous supporterez vos frères ? Vous accomplirez la loi de Jésus-Christ…Je porte tous les hommes en mon cœur, je les supporte par votre vertu ; faites-moi la grâce d’y entrer, enflammez-moi de votre amour. » (XII, 270)
  • Enfin demandons avec l’Eglise « de servir les pauvres avec respect et amour ».Servir est le maître-mot de notre vie. Nul ne sert jamais bien et assez…Servir, c’est se donner. Y mettre du respect est inattendue mais si nous faisons des pauvres nos maîtres, comment ne pas adhérer à la consigne de ste Louise qui demande de « les respecter fortement » (Ecrits 319), « regardant toujours Dieu en eux » (Ecrits 420).

Et quand nous mettons le levain de l’amour au centre de notre engagement, nous sommes avec ste Louise sur la bonne route, le chemin de la sainteté reçue et transmise.. Amen.

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Prière à saint Vincent de Paul

Ô st Vincent de Paul, notre père et notre modèle, Vous qui avez voulu, toute votre vie durant, Imiter Jésus-Christ Missionnaire et Serviteur,

Jean-Pierre Renouard

Prière à saint Vincent de Paul

Ô st Vincent de Paul, notre Père et notre Modèle,

Vous qui avez voulu, toute votre vie durant,

Imiter Jésus-Christ Missionnaire et Serviteur,

Vous avez rencontré, en votre temps,

La maladie des peuples qu’était la peste.

Intercédez auprès de la Sainte Trinité

 En faveur de tous les pays du monde visités par le fléau d’aujourd’hui.

Guérissez les corps et les cœurs de toutes les victimes.

Aidez les soignants, soutenez les proches, inspirez les chercheurs.

Assistez ceux qui franchissent les portes de la mort.

 

***

 

Vous avez donné des consignes fermes et ardentes pour lutter contre le mal[1].

 Venez maintenant à notre secours !

Apprenez-nous à exposer notre vie pour les plus vulnérables,

à nous fortifier pour mieux les secourir

Dans la persévérance et sans témérité,

Avec le seul désir de les aider selon leurs besoins.

Ouvrez nos esprits à la Providence infinie de Dieu,

Laissons-Lui toute sa volonté d’action,

Inspirez-nous dans notre obéissance aux responsables.

Nous nous remettons entre vos mains,

Confiants et animés de vrais sentiments de Fraternité et de Zèle.

AMEN

 

 

[1] Voir Coste IV, 520 ; VI, 58 ; VI, 116. On peut consulter aussi les références de Cahors, Cracovie, Marseille, Paris, Rome, Tunis, Varsovie

 

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