Le service du frère pauvre : un onzième commandement ?

Combien de commandements y-a-t-il dans l’Ancien Testament ? Dix, me direz vous ? Mais je crois qu’il y en a onze… Onze ? Peut-on vraiment trouver un onzième commandement dans le Premier Testament ?

Roberto Gomez

Le service du frère pauvre : un onzième commandement ?

Combien de commandements y-a-t-il dans l’Ancien Testament ? Dix, me direz vous ? Mais je crois qu’il y en a onze… Onze ? Peut-on vraiment trouver un onzième commandement dans le Premier Testament ? Et bien, ouvrez votre Bible dans le livre du Deutéronome chapitre 15 verset 11. Que lisez-vous ?

« Et puisqu’il ne cessera pas d’y avoir des pauvres au milieu de ton pays, je te donne ce commandement : tu ouvriras ta main toute grande à ton frère, au malheureux et au pauvre que tu as dans ton pays… (Dt 15,11)

Il s’agit bien d’une ordonnance de la part du Seigneur. Elle concerne les pauvres devant être considérés comme des frères, faisant partie de la propre chair et partageant une même humanité. Le texte hébreu insiste sur une série de possessifs : « ton frère », « ton pauvre », « ton humilié, « en ta terre ». En réalité, il est important de considérer la personne pauvre comme un autre soi et non pas comme un simple étranger. Le Nouveau Testament transmet le même principe mais différemment. Jésus s’identifie au malade, au prisonnier, à l’affamé, à l’étranger… Regardez l’évangile de Matthieu : « En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,40).

Demandons-nous à présent pourquoi le Dieu de la Bible fait du service du frère pauvre un commandement ? Le livre du Deutéronome ne formule pas une simple recommandation ou quelque chose d’optionnel. Il s’agit de la « loi de la rémission », d’un précepte formulé par Dieu avec une autorité incontestée à laquelle le croyant est tenu de se conformer généreusement. S’il y a une telle force dans la manière d’énoncer ce « onzième commandement », c’est parce que souvent la personne croyante peut agir comme si Dieu était indifférent au sort des petits ou comme si l’on pouvait fermer le cœur et la main à l’autre sans que cela altère la relation à Dieu. Le peuple de Dieu a souvent oublié les recommandations divines transmises par les prophètes concernant le droit et la justice envers les opprimés et les pauvres de la terre.  A maintes reprises, le Seigneur fait comprendre à travers eux que la pitié ne peut se réduire à des actes en direction de Dieu. Au contraire, il demande la miséricorde et non pas les sacrifices, la connaissance de Dieu plutôt que les holocaustes (0s 6,6 ; Mt 9,13 ; 12,7). Le texte biblique va jusqu’à dire qu’une aumône donnée à quelqu’un vaut un sacrifice (Sir 35,4). Cela peut sembler choquant mais c’est bien cela qui est dit. Il a fallu du temps, beaucoup de temps et de patience à Dieu pour faire accepter qu’il en est ainsi puisque sa logique n’est pas la nôtre. On le pensait lointain, intouchable, indifférent. Or, il est le tout proche ; le sort des hommes et des femmes ne saurait lui être indifférent.

A quel moment le commandement du pauvre a-t-il été formulé ? Il est difficile voire impossible de répondre de manière exacte à cette question. Le livre du Deutéronome fait référence à l’époque de Moïse ; cependant, l’on sait que sa mise par écrit est plus tardive et comprend une longue période : entre le VIII ° et le VI° (avant Jésus-Christ), au retour de l’exil. On peut dire par contre que le commandement du pauvre apparaît comme tel au bout d’une longue histoire, après la prédication des prophètes, après la terrible expérience de l’exil au sixième siècle. Dieu est pédagogue et en temps voulu il fait connaître sa volonté à l’instant où le croyant est à même de comprendre le bien fondé d’un tel précepte. A ce propos, il est intéressant de se pencher sur un cas concret du dernier livre de la Torah au ch. 26 (Dt 26). Lorsque le croyant présente au Seigneur l’offrande des prémices des récoltes en action de grâces pour le don de la terre, le livre du Deutéronome donne une série d’indications précises : prendre les premiers fruits des récoltes, les rassembler dans un panier, se rendre au Temple, se présenter devant le prêtre… Là, dans le Temple et devant le prêtre, le fidèle doit décliner, ce que l’on peut appeler, son ADN spirituel :

Alors, devant le Seigneur ton Dieu tu prendras la parole : ‘Mon Père était un Araméen errant. Il est descendu en Egypte, où il a vécu en émigré avec le petit nombre de gens qui l’accompagnaient… Alors nous avons crié vers le Seigneur… et le Seigneur a entendu notre voix… il nous a fait arriver en ce lieu et il nous a donné ce pays… et maintenant, voici que j’apporte les prémices des fruits du sol que tu m’as donné, Seigneur’ (Dt 26,1-11).

En fait, le croyant ne peut jamais perdre la mémoire ni renier son ADN spirituel. Quel qu’il soit, il est aussi un errant, c’est-à-dire quelqu’un en perdition, comme la brebis perdue. Il a perdu tout appui, il a connu la fragilité, la solitude et le manque de protection. Bref, il reconnaît qu’il est un étranger, un fils d’émigré, un pauvre errant que le Seigneur a secouru et protégé. Double invitation : la première, à reconnaître que le Seigneur est bon, qu’il a été proche, qu’il n’a pas fermé ses yeux ni son cœur devant la détresse. La terre est un don et non pas une possession exclusive. La deuxième est un appel éthique. Comment est-il possible que la propre expérience de la servitude et de la pauvreté ne nous ouvre pas devant la misère de l’autre ? Comment perdre la mémoire et comment rester indifférent si le Seigneur lui-même est intervenu en notre faveur ?

Posons-nous une dernière question : est-ce que l’étranger est un pauvre concerné pas le « onzième commandement » ? Oui, sans aucun doute. En effet, il y a dans l’Ancien Testament trois catégories de pauvres que les lois religieuses protègent de manière toute particulière : l’étranger, la veuve et l’orphelin. Il s’agit des personnes les plus vulnérables, fragiles et exploitables dans la société d’alors. C’est pour cela que la législation en question les protège. A un moment donné, le prophète Isaïe se questionne pour savoir si le Seigneur exclu l’étranger de son peuple. Le même prophète affirme que non. De plus, il espère qu’un jour l’étranger connaîtra Dieu, le servira et le louera. La maison du Seigneur est « une Maison ouverte pour tous les peuples » (Is 56,3-8).

A partir de ce rapide survol de quelques passages bibliques, on peut déduire que l’homme est au cœur de Dieu. Sa divinité est au service de l’humanité. Mieux encore, l’homme, en particulier l’homme blessé, est au cœur de l’évangile. Il y est, non pas politiquement mais théologiquement, voilà toute la différence.

Quoi ! Être chrétien et voir son frère affligé, sans pleurer avec lui, sans être malade avec lui ! C’est être sans charité ; c’est être chrétien en peinture ; c’est n’avoir point d’humanité, c’est être pire que les bêtes. Une pensée de saint Vincent de Paul, Conférence sur la Charité du 30 mai 1659

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Un cierge pascal éclaire une immense église dans la pénombre Veillée Pascale. Maison-Mère 2020

Ô Christ ressuscité : En cette Pâque 2020, marquée par la pandémie du Covid-19, nous avons plus que jamais besoin de toi, ô Jésus vainqueur de la mort ! Nous avons besoin de la force et de la confiance qui t’ont soutenu dans ton agonie et passion ; besoin du courage qui t’a permis de rester fidèle jusqu’au bout à la mission confiée par le Père ; besoin de l’amour à toute épreuve lequel s’est manifesté dans la puissance de ta faiblesse.

Roberto Gomez

Un cierge pascal éclaire une immense église dans la pénombre Veillée Pascale. Maison-Mère 2020

Ô Christ ressuscité : En cette Pâque 2020, marquée par la pandémie du Covid-19, nous avons plus que jamais besoin de toi, ô Jésus vainqueur de la mort ! 

Nous avons besoin de la force et de la confiance qui t’ont soutenu dans ton agonie et passion ; besoin du courage qui t’a permis de rester fidèle jusqu’au bout à la mission confiée par le Père ; besoin de l’amour à toute épreuve lequel s’est manifesté dans la puissance de ta faiblesse.

Désorientés ? Nous le sommes comme tes disciples qui t’ont lâché parce qu’ils n’avaient rien compris à ta messianité. Oui, désorientés parce que comme eux, nous nous enfermons dans des professions de foi trop faciles, trop confortables : nous acceptons volontiers un messie sans croix et une résurrection sans passion. Or, ton itinéraire Jésus Crucifie/Ressuscité est une invitation à assumer en tant que croyants une apparente contradiction : « tu ne te révèles ni dans la puissance sans faiblesse, ni dans la faiblesse sans puissance, mais bien dans le paradoxe entre les deux[1] ».

Bouleversés ? Nous le sommes aussi comme ces femmes intrépides qui te cherchent dans le clair-obscur de l’aube et pensent te trouver dans un tombeau fermé, dans un espace de mort. Or, elles voient de leurs yeux que le gisant n’est plus là, que le tombeau est désormais ouvert. Elles ont pour mission d’annoncer aux autres compagnons que le ressuscité les précède en Galilée. Jésus ressuscité ne peut pas être retenu dans aucun espace. Alors, elles sont toutes tremblantes et bouleversées. Telle est l’action de l’Esprit dans la vie des baptisés : faire trembler nos évidences et bouleverser nos croyances. La Bonne Nouvelle de la résurrection n’est pas crédible si elle ne bouleverse pas nos croyances, si elle ne nous prend pas au corps et nous donne de nouvelles assurances.

Envoyés ? Nous le sommes aussi comme les femmes du matin de Pâques : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront ». Cette Bonne Nouvelle, Jésus ressuscité, nous dépasse. Nous comprenons que pour être crédible, elle doit être d’abord crue, assimilée, intériorisée. Autrement dit, nous pouvons légitimement ce soir, demander au Dieu créateur de nous recréer, de nous enfanter parce qu’en Jésus-Christ, la mort, toute forme de mort, est vaincue ; et notre vie, notre vie malgré la mort, est assurée. C’est bien cela que nous sommes envoyés témoigner et professer : que la vie triomphe de la mort, de toute forme de mort. La Pâque chrétienne est le mystère de la vie jaillissant de la mort, le passage de ce monde à Dieu, passage accompli par le Christ au bénéfice de toutes ses créatures.

Ce que nous professons dans le credo « il est ressuscité d’entre les mort », nous l’avons vécu et signifié en cette veillée pascale. Le cierge pascal allumé dans une église en pénombre est un signe pour nous. Le Christ ressuscité représenté par ce Cierge brûlant est la lumière qui luit dans les ténèbres et éclaire la communauté pascale qui attend et  réclame, les yeux fixés sur lui,  la Lumière venant de « la Lumière ».

Rends possible, Jésus ressuscité, que de cette pâque, vécue dans un confinement si inconfortable, l’humanité renaisse, se renouvelle. Qu’elle retrouve sa vocation fondamentale : devenir enfants de Dieu et se reconnaître les uns les autres frères et sœurs en Jésus-Christ mort et Ressuscité pour la multitude.

____________________

« Le sens de la Pâque : elle nous enseigne que le chrétien dans l’Église doit mourir avec le Christ pour ressusciter avec lui. Et elle ne fait pas que l’enseigner, comme on montrerait du doigt quelque chose que l’on ne tient pas en son pouvoir, elle l’opère (…) Ainsi la Pâque n’est-elle pas une simple commémoration ; elle est la Croix et le tombeau vide rendus présents. »  L. Bouyer, Le mystère pascal

 

[1] Camille FAUCANT, Marc : cinq clés de lecture, Cahier Evangile n° 181, Paris, Cerf, 2017, p. 32.

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Homélie 1er Dimanche de Carême (A). Chapelle Saint Vincent de Paul – Paris

Avec le mercredi de Cendres, nous venons de commencer notre entrainement au combat spirituel. Le Carême est un temps où, à la suite de Jésus, nous sommes invités de dépasser les tentations qui nous ferait abandonner notre état de créatures et notre identité d'enfants de Dieu.

Roberto Gomez

Homélie 1er Dimanche de Carême (A). Chapelle Saint Vincent de Paul – Paris

Chères sœurs, chers frères : Avec le mercredi de Cendres, nous venons de commencer notre entrainement au combat spirituel. Le Carême est un temps où, à la suite de Jésus, nous sommes invités de dépasser les tentations qui nous ferait abandonner notre état de créatures et notre identité d’enfants de Dieu. Certains d’entre nous ici ont commencé cet entrainement spirituel par la retraite sur « le combat spirituel ». Ce combat a été défini comme un affrontement avec ses propres démons (avec ses propres divisions) et avec les démons qui nous entourent (avec ce qui nous divise). Le carême est comme un séjour au désert qui nous conduira à Pâques à travers la passion et la croix. Comme il n’y a pas de pâque sans croix et mise à mort, il n’y a pas non plus de conversion sans mise à l’épreuve, sans un travail intérieur ardu et souvent éprouvant.

Jésus nous dégage le chemin en ce premier dimanche du carême et nous apprend à résister aux tentations qui pourraient nous faire dévier de notre mission et de notre vocation de baptisés, d’enfants de Dieu. Là où le peuple de Dieu a failli et a succombé à la tentation, Jésus résiste et sort vainqueur après un affrontement avec le tentateur.

Jésus est conduit au désert en tant que Fils de Dieu. Il est soutenu, accompagné par l’Esprit. C’est-à-dire que Jésus ne part pas seul en plein désert puisque l’Esprit de Dieu l’y pousse et ne le quitte jamais : il est rempli d’Esprit Saint ! Il n’est pas non plus sans identité puisque lors du baptême le ciel s’ouvre et l’Esprit descend sur Jésus et on entend une voix venant du ciel affirmer :

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, celui qui m’a plu de choisir ».

Retenons donc : Jésus est tenté par le diable en tant que Fils de Dieu et en présence de l’Esprit. En cela, il est le prototype de tous les enfants de Dieu qui sont tentés d’abandonner la foi, de laisser tomber l’identité divine reçue lors du baptême. « Le démon suggère à Jésus cet amusement, ce plaisir solitaire, qui consisterait abuser de son pouvoir pour lui-même, gratuitement, en dehors de cette finalité rédemptrice et missionnaire qui caractérise tout son être[1] ».

Les trois tentations de Jésus sont hautement symboliques et elles sont décrites une à une dans l’évangile de Matthieu :         

La première concerne la faim et le désir immédiat de satisfaire le manque… le manque de nourriture. Il n’y a pas de situation plus violente et troublante que d’être affamé. On peut perdre la raison ! Souvenez-vous, lorsque le peuple de Dieu commence sa traversée du désert, très vite, il a faim. Le peuple récrimine contre Moïse et Aaron et doute ainsi de la bonté de Dieu : « Ah si nous étions morts de la main du Seigneur au pays d’Égypte, quand nous étions assis près du chaudron de viande, quand nous mangions du pain à satiété ! Vous nous avez fait sortir dans ce désert pour laisser mourir de faim toute cette assemblée ! » (Ex 16,3). Voilà en quelque mots, l’expérience désespérante du manque et le besoin de satisfaire immédiatement le manque. Voilà la première tentation. Qu’est-ce qu’il y a de mauvais, pourrait-on se demander, de vouloir transformer en pain une pierre lorsque l’on est affamé ? Si Jésus cédait au diable en convertissant la pierre en pain pour satisfaire sa faim, il se comporterait comme un être tout puissant qui oublierait son humanité. Il userait de sa divinité en dépit de son humanité. Or, l’humain doit passer par des médiations telles que le travail, la fatigue, l’effort, le temps, les autres… autrement il n’est pas humain. Voilà autant de médiations par lesquelles un être humain doit passer et à travers lesquelles ils s’humanisent. Bref : on ne peut pas tout, et on ne peut pas tout, tout de suite ! On pourrait résumer ainsi les choses : l’être humain ne vit pas seulement de la « nourriture de l’immédiat ». 

La deuxième tentation a lieu à Jérusalem, la ville sainte. Le diable amène Jésus el le place au sommet du Temple. Le Temple et le lieu de l’adoration, des sacrifices, des Écritures, de la loi… Voilà autant de médiations pour entrer en relation avec Dieu. On ne peut pas se passer des médiations humaines et religieuses pour devenir enfant de Dieu. Ici le diable use diaboliquement les écritures : il les cite par cœur, il les connaît mais il les manipule. Un usage diabolique des écritures est ici dénoncé. Jésus, lui, en fait bon usage. Un enfant de Dieu, un être humain tout court, a besoin des médiations on l’a déjà dit : le travail, l’effort, le vieillissement, les crises, les frustrations, la maladie… les bons moments, des petites satisfactions … pour s’humaniser. Et le disciple de Jésus, de quelles médiations ont-t-il besoin? De prière, de charité, de patience, de persévérance, d’une communauté chrétienne qui le soutienne, des vertus… Surtout il a besoin de la Parole de Dieu : « tout près de toi est la Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur » (saint Paul aux Romain).

La troisième tentation a lieu dans un endroit élevé, sur une haute montagne. Dans une vision instantanée tous les royaumes de la terre sont repérés et proposés par le diable à Jésus : « tout cela, je te le donnerai, si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi ». La tentation de la toute-puissance !  On peut vendre son âme au diable de multiples manières, même de manière camouflée pour expérimenter la toute-puissance et en sortir de la frustration de l’impuissance et de la sensation de ne servir à rien. Si Jésus cédait à la tentation de la toute-puissance il n’y aurait pas eu de salut. Il aurait fui devant la croix, il aurait laissé tout tomber à la première crise, à la première frustration, devant la sensation de solitude et d’abandon ou face à la contradiction. Dieu seul est le maître de toute chose ! À lui seul est la gloire, devant lui uniquement le croyant doit se prosterner. En tant que Fils de Dieu il accepte et comprend que sa mission passe par l’impuissance de la croix et par le respect de la liberté de l’homme. Il est le Fils de Dieu, mais il reste obéissant et ne quitte jamais son humanité, sa condition de Fils, pour s’affranchir des difficultés, des échecs ou du rejet.

Trois tentations hautement symboliques qui auraient détourné Jésus de sa mission et de son identité : l’immédiateté, le refus de passer par des médiations humaines et la prétention de la toute-puissance. Jésus aurait pu se comporter comme en être divin tout-puissant en épatant le diable, « il aurait pu devenir une sorte de demi-dieu par promotion de soi… » mais en quoi cela aurait bénéficié l’humanité ? Jésus est devenu humain tout en étant le Fils de Dieu. Nous aussi tout en étant des créatures à l’image de Dieu, par appel du Créateur, nous pouvons, avec l’aide de l’Esprit, devenir tout entier de Dieu. Cela est rendu possible par l’humanité de Jésus­ Christ. En Jésus, le crucifié, l’humilié, Dieu est devenu homme parfait.

Alors chers frères et sœurs, notre combat spirituel continue ! Ne négocions et ne pactisons pas avec le diable ; fixons le regard sur le Christ et acceptons les lenteurs de notre humanité. Acceptons aussi que la sainteté doit passer par des médiations humaines et que notre marche vers le Royaume est sinueuse et doit passer par des combats. Ceux-ci ne sont pas contre Dieu, mais contre les ténèbres avec l’aide et la force de l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus-Christ.

Je vous partage une perle glanée auprès d’un poète contemporain :

 

« Si tu n’avances pas avec Jésus et en Jésus,

prends garde que Jésus ne recule en toi ;

si tu ne t’enfonces pas dans le désert de Jésus,

prends garde de n’être pas déserté par Jésus.

Car ce désert-là serait de désolation, tandis que l’autre est de plénitude.

Que si tu te risques en ton propre désert, ne le fais qu’en compagnie de Jésus :

il n’est pas bon pour l’homme de s’aventurer tout seul en lui ».

 

François Cassingena-Trévédy

Moine de Ligugé, Etincelles,

Ad Solem, 2004, p. 44

 

[1] François CASSINGENA-TRÉVEDY, Étincelles, Ad Solem, L’Haÿ-les-Roses, 2004, p. 42.

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Homélie du 3e dimanche du temps Ordinaire – 26 janvier 2020. Dimanche de la Parole de Dieu. En la chapelle de la Médaille Miraculeuse (Rue du Bac) – Paris

Le pape François dans une lettre adressée à tous les baptisés a institué que chaque année, le 3e dimanche du temps ordinaire, soit le DIMANCHE DE PAROLE DE DIEU. En effet le Seigneur notre Dieu nous parle depuis toujours et de différentes manières. Notre Dieu est un Dieu qui aime établir une communication véritable avec ses enfants.

Roberto Gomez

Homélie du 3e dimanche du temps Ordinaire – 26 janvier 2020. Dimanche de la Parole de Dieu. En la chapelle de la Médaille Miraculeuse (Rue du Bac) – Paris

Chères sœurs, Chers frères : Le pape François dans une lettre adressée à tous les baptisés a institué que chaque année, le 3e dimanche du temps ordinaire, soit le DIMANCHE DE PAROLE DE DIEU. En effet le Seigneur notre Dieu nous parle depuis toujours et de différentes manières. Notre Dieu est un Dieu qui aime établir une communication véritable avec ses enfants. En cela, nos mamans sont comme le bon Dieu : elles ne se lassent jamais de parler à leurs petits dès le premier instant de la naissance, avec tendresse. Elles ne se lassent jamais de les regarder dans leurs yeux, espérant ainsi épanouir le bébé, lui apprenant à communiquer et rendant possible  l’établissement avec le fruit de leur entrailles d’une communication de plus en plus profonde.

On pourrait dire que dans l’Ancien Testament Dieu s’est fait entendre mais dans le Nouveau il se laisse voir dans la Verbe Incarné, l’enfant Jésus : «  et le Verbe s’est fait chair ». Dans l’incarnation, Dieu se laisse voir, il se laisse toucher, mieux encore il prend notre nature humaine et nous parle de la manière la plus familière et la plus profonde possible : il nous parle en langage humain, chacun peut l’entendre dans sa langue maternelle. C’est tout cela que le Pape François veut nous faire approfondir en établissant le Dimanche de la Parole de Dieu.

Depuis le Concile Vatican II, l’Église ne cesse d’inviter les baptisés à lire la Parole de Dieu, à l’approfondir, à la méditer de manière personnelle et à travers des groupes bibliques organisés par tout.  Le Concile a dit ceci :  « L’Église a toujours vénéré les divines Écritures comme elle le fait aussi pour le Corps même du Seigneur, elle qui ne cesse pas, surtout dans la sainte liturgie, de prendre le pain de vie de la table de la Parole de Dieu et de celle du Corps du Christ, pour l’offrir aux fidèles » (Dei Verbum, n. 21). Les divines Écritures sont vénérés tout comme l’eucharistie ! Nous sommes invités à nous nourrir à la Table de la Parole de Dieu et à la Table de l’eucharistie. C’est bel et bien ce que nous faisons à chaque fois que nous célébrons l’eucharistie. La Parole de Dieu et l’eucharistie nous donnent vie en abondance !

Il est important d’insister sur le fait que la Bible n’est pas vieux livre (il est regrettable que nous bibles, chez nous, peut-être soient pleines de poussière), ni un livre de passé. Elle ne peut pas non plus « être le patrimoine de quelques-uns et encore moins une collection de livres pour quelques privilégiés… la Bible est le livre du peuple du Seigneur » (Pape François, Aperuit illis n° 4). On pourrait dire que la Bible devrait être le livre le plus populaire parmi les baptisés. Est-ce le cas ? Je ne le sais pas, mais nous pouvons remercier immensément nos frères Protestants qui nous ont transmis ce goût et ce désir de connaître et comprendre le message vital de Dieu laissé dans la Parole Dieu.

Chers amis : approchons-nous de la Parole de Dieu. Aimons-là davantage, inscrivons-nous dans des groupes bibliques ou des formations bibliques pour que cette Parole Divine nous devienne de plus en plus familière. En fait, le livre de la Bible est comme le support écrit d’une présence vivante, ou mieux encore le sacrement visible de ce mystère invisible de l’amour de Dieu qui nous parle et qui s’entretien avec nous comme avec des amis. Sachez que « le Christ est présent dans la Parole, parce que c’est lui qui parle quand on lit la Sainte Écriture dans l’Église » (SC n° 7).

Saint Jérôme a dit : « ignorer les Écritures, c’est ignorer le Christ ». Oui, il a raison ! Dieu s’est rendu visible et audible aux êtres humains grâce à la personne du Christ, le Verbe fait chair. Dans son Fils unique Dieu a tout dit, selon Jean de la Croix. Les pèlerins d’Emmaüs ont eu le privilège d’avoir pour compagnon sur la route, le premier exégète, Jésus-Ressuscité en personne. D’une manière ou d’une autre, nous aussi dans la liturgie participons à ce même privilège. Regardons ce que nous sommes en train de faire dans cette célébration eucharistique : nous sommes rassemblés autour du Christ ressuscité qui préside notre célébration. Ils nous parle dans notre langue maternelle à travers sa Parole de Dieu et il nous nourris avec son Corps et son Sang.

Nous sommes comme les disciples d’Emmaüs ! Nos cœurs sont alourdis, parfois tristes, découragés, divisés, ne comprenant pas ce qui nous arrive… Et pourtant, le Christ ressuscité nous rejoint sur nos chemins, il marche avec nous et ouvre notre intelligence pour que nous comprenions que la Parole de Dieu donne du sens à nos vies et nous aide à vivre en communion. Le Seigneur ressuscité comme jadis nous explique les Écritures et redonne vie à nos vies et joie à nos cœurs  parce que sa Parole est vie en abondance. Sa présence, pourtant invisible à nos yeux, nous la ressentons ; Il est demeure avec nous. Sa Bonne Nouvelle pourtant inaudible par nos oreilles physiques retentit dans cœurs et nous redonne goût à la vie et nous apprend à faire église.

« Ta parole Seigneur est lumière de mes pas, la lampe de ma route  ! » (Psaume 118,5).

 

« J’établis donc que le III° Dimanche du Temps Ordinaire soit consacré́ à la célébration, à la réflexion et à la proclamation de la Parole de Dieu ».

« Que le Dimanche de la Parole de Dieu puisse faire grandir dans le peuple du Seigneur la religiosité et l’assiduité familière avec les Saintes Écritures, comme l’auteur sacré enseignait déjà̀ dans les temps anciens : « Elle est tout près de toi, cette Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique » (Dt 30, 14). Pape François, Lettre Apostolique, Aperuit Illis.

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Homélie du Deuxième dimanche de l’Avent. 8 décembre 2019. Chapelle de la Médaille Miraculeuse – Paris

Des faux prophètes, le monde en crève ! Leur message fascine mais il confond, fait peur et désoriente. Il y a tant de « prophètes de malheur » et nous manquons cruellement des prophètes d’espérance.

Roberto Gomez

Homélie du Deuxième dimanche de l’Avent. 8 décembre 2019. Chapelle de la Médaille Miraculeuse – Paris

Frères et sœurs : « Nous avons besoin de prophètes » ! « Notre Monde souffre du manque de vrais prophètes » !

Des faux prophètes, le monde en crève ! Leur message fascine mais il confond, fait peur et désoriente. Il y a tant de « prophètes de malheur » et nous manquons cruellement des prophètes d’espérance. Les premiers, proposent de vivre « des attentes et non pas en attente », de se contenter des petits espoirs mais n’apprennent pas à vivre dans l’espérance. Ces prophètes de malheur divisent l’humanité, paralysent les cœurs et n’apportent surtout pas la  paix. C’est tout le contraire du monde réconcilié décrit par le prophète Isaïe dans la première lecture: « Le loup habitera avec l’agneau , le léopard se couchera près du chevreau,  la vache et l’ourse aurons même pâturage, le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra, sur le trou de la vipère, l’enfant éteindra la main… ». Les faux prophètes divisent l’humanité, créent le chaos et la confusion, opposent les hommes  les uns contre les autres.  Et nous ? Nous nous laissons souvent tromper parce par ces « charmeurs de serpents » qui utilisent les émotions humaines pour réduire les personnes en esclavage et suscitent l’affrontement des hommes les uns contre les autres. Au lieu de proposer un chemin, un long et patient chemin, « ils nous offrent une multiplicité de sentiers qui ne conduisent pas à un but certain et qui prennent plutôt l’aspect d’un labyrinthe » (pape François, La Lumière de la foi, n° 13).

Jean-Baptiste, l’ultime voix des prophètes de l’Ancien Testament est chaque année le personnage du deuxième dimanche de l’Avent. C’est bien pour cela que évangile de ce jour ne met pas en scène Jésus, mais Jean-Baptiste : son message se résume dans une proclamation : « Convertissez-vous, car le royaume des cieux est tout proche ». La conversion est un long chemin, est un pèlerinage intérieur qui suppose la rencontre avec Dieu.

Pour appeler à la conversion, Jean-Baptiste, habillé comme les prophètes de l’Ancien Testament, se situe dans le désert. Pourquoi Jean-Baptiste crie précisément en plein désert ? Parce que le désert dans la Bible ne se réduit pas dans un lieu géographique mais il symbolise un itinéraire, un voyage intérieur et profond ; il désigne un état d’âme rendant possible que Dieu parle droit au cœur : c’est le silence du désert qui donne à la voix de Dieu l’espace de  son cri, comme dit le poète. C’est là, en plein désert, dans l’inconfort, en pleine expérience du manque, que la voix du Dieu est saissante :  «  A travers le désert une voix crie : préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route ». Lorsque l’on prend conscience de son propre désert intérieur alors on désire la paix, le repos. Lorsque l’on prend conscience de nos propres solitudes nos âmes cherchent des sources vives, des oasis pour reprendre des forces neuves et continuer le chemin.

Le temps de l’AVENT est beau ! C’est le temps du désir…  Désir d’un visage nouveau. Le visage d’un Dieu déconcertant de tendresse et de pauvreté. Le Visage de l’enfant Jésus de la crèche qui nous attendri, nous désarme et en même temps nous dépouille.  Oui, le désert spirituel à partir duquel nous parle Jean Baptiste nous fait prendre conscience de nos pauvres déserts. Notre monde traverse de déserts, notre église elle-même vit de déserts. Et tant que nous ne prendrons pas conscience de nos propres déserts, nous nous installons, nous ne cherchons pas une autre chose, nous nous y résignons. 

Le prophète Jean-Baptiste invite aussi à cheminer : « préparez le chemin du Seigneur, rendrez droits ses sentiers ». Le peuple de Dieu n’a jamais été aussi fécond que lorsqu’il marchait. Le peuple de Dieu a grandi dans la foi en marchand. Le peuple de n’a pas connu Dieu avec leur têtes mais avec leurs pieds (Gustavo Gutierrez). Pour se convertir il faut se déplacer ! C’est pour cela que l’évangile d’aujourd’hui nous invite précisément par la voix du prophète, à faire chemin, à cheminer, à aller à la rencontre du Seigneur qui vient. Et pour ce faire, le prophète invite encore à produire « un fruit digne de la conversion », des fruits concrets de justice. Nous ne serons pas des disciples du Christ si nous nous installons, si nous nous conformons à nos pauvres déserts. Nous ne serons pas des véritables amis de Jésus si nous n’aspirons pas à une autre chose plus grande et meilleure, si nous n’aspirons pas à de rêves qui nous dépassent, des rêves qui nous relèvent et rendent possible que nous nous mettions débout tout en continuant notre chemin.

Produisez des fruits de justice en vous convertissant ! Aujourd’hui notre société est bouleversée à cause de la pauvreté et de l’injustice. Cependant on veut nous faire croire que la seule pauvreté qui nous abîme est la pauvreté sociale. Il y a une autre pauvreté qui nous réduit en esclavage et à la servitude : c’est la pauvreté spirituelle et le manque de transcendance. Il n’y a pas que la pauvreté sociale à vaincre, il y a aussi la pauvreté spirituelle  qui doit être surmontée.

Le prophète et l’évangile de ce jour nous rappelle notre propre baptême. Jean baptisait dans l’eau et Jésus le prophète des prophètes baptise dans l’esprit et le feu. C’est-à-dire que la face de la terre sera renouvelée et nous serons à notre tour purifiés et renouvelés. La prière de l’ouverture de la Messe de ce jour suppliait le Dieu miséricordieux de ne pas laisser entraver notre marche à la rencontre du Christ à cause des soucis de nos tâches présentes. Nous sommes invités par contre à entrer dans la propre vie du Christ, dans son propre itinéraire afin d’accueillir Dieu qui se rend visible à travers le visage de son Fils bien-aimé.

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Homélie du 31° Dimanche du Temps Ordinaire – Chapelle de la Médaille Miraculeuse – Paris

La belle figure de Zachée et sa rencontre bouleversante avec Jésus sauveur nous est proposée aujourd’hui pour notre méditation. Qui est Zachée ? Qui représente-t-il dans ce récit ?

Roberto Gomez

Homélie du 31° Dimanche du Temps Ordinaire – Chapelle de la Médaille Miraculeuse – Paris

Chères sœurs et chers frères présents dans cette chapelle ou chez vous qui écoutez la messe à travers France culture.

La belle figure de Zachée et sa rencontre bouleversante avec Jésus sauveur nous est proposée aujourd’hui pour notre méditation. Qui est Zachée ? Qui représente-t-il dans ce récit ?

  • Du point de vue de la foule, Zachée est une personne non fréquentable. On le pointe du doigt parce qu’il est chef des collecteurs d’impôts. C’est ce qu’on appelle un publicain. En termes plus modernes il s’agit d’un collaborateur qui vole la population. C’est un canaille qui s’enrichi sur le dos des autres. C’est pour cela que les gens murmurent en disant : « C’est chez un pécheur qu’il est allé loger ». Bref, Zachée est un pécheur public !
  • De son point de vue à lui, il semblerait que Zachée soit stigmatisé par sa petite taille : c’est à cause de la foule et de sa petite taille qu’il lui est impossible de voir Jésus traversant la ville de Jéricho, la ville la plus basse dans le monde, à moins 240 mètres sous le niveau de la mer. Bref, non seulement il est détesté de tous mais il a une basse considération de lui-même. Il a honte de ce qu’il fait, de ce qu’il a fait !
  • Cependant, Zachée a un atout, un avantage : il est curieux, récursif et il est en mouvement! Il veut voir Jésus. C’est un désir vif et profond, pas seulement une banale curiosité ; peut-être pourrait-il le rencontrer ? Deux obstacles sont à surmonter : la foule qui lui fait écran et toujours cette petitesse qui l’empêche de se hisser, de se mettre à niveau. Alors, « il court en avant » et grimpe sur un sycomore. « Courir en avant » est une expression étrange dans la Bible. Elle décrit une poussée intérieure et profonde comme celle du Disciple bien-aimé et de Pierre le matin de Pâques.
  • Zachée représente à nos yeux toute ces personnes qui voulant voir Jésus, sont empêchées de la faire par la honte, la culpabilité et la stigmatisation qui s’en suit.

Dans cette histoire, c’est la rencontre avec Jésus qui change tout. Zachée est perché sur son sycomore, il veut voir Jésus passer ; mais il ignore que Jésus veut le voir aussi. En fait, le titre de cet épisode pourrait bien être : « Deux regards qui se croisent », n’est-ce pas ?  Zachée veut voir Jésus, mais il ignore que Jésus veut le voir aussi. D’ailleurs c’est Jésus qui levant les yeux lui dit : « Zachée, descends vite : il me faut aujourd’hui demeurer dans ta maison ». Il y a ici une nécessité, une urgence : il me faut demeurer chez toi. Le voyage de Jésus n’est pas une promenade, il ne fait pas un tour. Au contraire ce voyage de Jésus est un rendez-vous avec l’Homme, avec tout homme, avec l’homme Zachée. Jésus fait du chemin et chemin faisant se révèle dans l’aujourd’hui des personnes de bonne volonté. Il me faut AUJOURD’HUI être chez toi. Cet adverbe de temps, est très important dans la théologie de l’évangile de Luc. Du début à la fin de son évangile, Luc parle de l’aujourd’hui de Dieu qui est l’actualisation de son œuvre de salut : « Aujourd’hui nous est né dans la ville de David un sauveur », voilà le premier aujourd’hui dans l’évangile de Luc. « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis », voilà le dernier aujourd’hui dans ce même évangile.

Frères et sœurs, laissons résonner dans nos cœurs aujourd’hui ces parles de Jésus que jadis il adressait à notre frère jumeau Zachée : « Descends vite, il me faut aujourd’hui être chez-toi ».  Personne n’est trop petite pour Dieu. Personne ne doit désespérer de Dieu. Dieu nous cherche toujours avec espérance !

Alors c’est avec joie et rapidement que Zachée accueille Jésus chez lui. Et Jésus ose rentrer chez le pécheur public que tout le monde déteste et pointe du doigt. Quelle liberté de Jésus ! En disqualifiant Zachée la foule disqualifie aussi Jésus ; mais rien ne l’arrête. Telle est sa mission : chercher et sauver CE qui est perdu.

Zachée fait la vérité devant Jésus. Sa rencontre dans l’intimité avec le sauveur lui fait prendre conscience de ses torts. Le moi qui le condamnait et le tyrannisait (tu es un pécheur, tu es perdu, tu n’as plus d’espoir…) fait un pas de côté. Ce n’est pas devant soi que l’on peut faire la vérité mais bel et bien devant Dieu : De nous réhabilité, Dieu nous sauve, Dieu nous récrée, Dieu ouvre devant nous un avenir nouveau et le rend possible.

Zachée est un Fils d’Abraham, c’est-à-dire un fils de Dieu, aimé et désiré. Contemplons Jésus, ses paroles, son regard. Il cherche Zachée depuis toujours. Il le cherche parce qu’il y en lui quelque chose qui se perd. Il y a chez Zachée et chez chacun de nous une partie qui risque de nous perdre ou de se perdre. Voilà, pourquoi aussi Jésus cherche à nous voir et à nous rencontrer.

Détail magnifique du texte de Luc : il écrit : « le Fils de l’homme est venu chercher et sauver CE qui était perdu ». « CE » et non pas « CEUX ». Ce détail change tout ! Le Fils de l’homme n’est pas venu chercher et sauver CEUX qui se perdent, c’est-à-dire les autres. On serait tenté de penser que moi, je ne me perds pas… en ce cas-là, Jésus serait venu pour les autres, pour ceux qui se perdent. Or, aujourd’hui l’évangile nous fait pointer CE qui se perd en nous. Nous sommes donc cherchés et sauvés par Jésus.

Amen, Alléluia !!!

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