“Mon Christ brisé”. Lettre du Supérieur Général de la Congrégation de la Mission pour le temps de carême 2021

Après les événements dramatiques de l’année dernière alors que les souffrances causées par les guerres, les catastrophes naturelles et la famine ont été aggravées par la pandémie de COVID-19, notre foi nous pousse à vivre cette nouvelle année 2021 dans l’espérance, même dans les situations qui sont, humainement parlant, désespérées.

Tomaz Mavric

“Mon Christ brisé”. Lettre du Supérieur Général de la Congrégation de la Mission pour le temps de carême 2021

Chers confrères, La grâce et la paix de Jésus soient toujours avec nous !

Après les événements dramatiques de l’année dernière alors que les souffrances causées par les guerres, les catastrophes naturelles et la famine ont été aggravées par la pandémie de COVID-19, notre foi nous pousse à vivre cette nouvelle année 2021 dans l’espérance, même dans les situations qui sont, humainement parlant, désespérées.

En ce début du Carême, nous poursuivons notre réflexion sur les fondements qui ont fait de Saint Vincent de Paul un « mystique de la Charité » et plus précisément sur sa relation, et la nôtre, avec le Christ défiguré, que nous avons commencé à considérer avec l’icône du « Sauveur de Zvenigorod ».

Comme je l’écrivais dans la lettre de l’Avent de l’année dernière, la personne de Jésus est au cœur de l’identité de Vincent de Paul en tant que mystique de la Charité, au cœur de la spiritualité et du charisme vincentiens. Jésus est notre raison d’être et la personne dont la façon de penser, de ressentir, de parler et d’agir devient notre but dans la vie. Vincent connaissait l’importance de la familiarité avec Jésus pour la conversion personnelle et un fécond ministère : « Ni la philosophie, ni la théologie, ni les discours n’opèrent pas dans les âmes ; il faut que Jésus-Christ s’en mêle avec nous, ou nous avec lui ; que nous opérions en lui, et lui en nous ; que nous parlions comme lui et en son esprit, ainsi que lui-même était en son Père, et prêchait la doctrine qu’il lui avait enseignée ».[1]

Si l’icône du « Sauveur de Zvenigorod » nous invite à contempler le visage de Jésus, cette réflexion de Carême nous invite à un dialogue avec Jésus défiguré. Il y a environ 30 ans, je suis tombé sur un livre écrit par un jésuite espagnol, Ramón Cué, intitulé Mon Christ brisé. La couverture du livre représentait un crucifix brisé. Il manquait une jambe au Christ, ainsi que son bras droit et les doigts de sa main gauche ; il n’avait pas de visage et, même pas de croix. Cette image a attiré mon attention et son histoire a suscité en moi le désir d’avoir une représentation semblable.

Mon Christ brisé raconte l’histoire d’un prêtre qui aimait les œuvres d’art. Un jour, alors qu’il visitait un magasin d’antiquités, il a vu une sculpture, parmi de nombreux beaux tableaux, sculptures et autres œuvres d’art, qui a tout de suite attiré son attention. C’était ce crucifix brisé. Il s’agissait de l’œuvre d’un artiste bien connu, elle avait toujours sa valeur marchande bien qu’elle soit endommagée.

Elle a tellement intrigué le prêtre qu’il a décidé de l’acheter et de la restaurer pour retrouver sa beauté d’origine. Le restaurateur auquel il s’est adressé s’est rendu compte qu’il fallait beaucoup de travail pour réparer la sculpture et a donc demandé une grosse somme d’argent. Le prêtre ne pouvait pas payer un prix aussi élevé alors, il a décidé de ramener chez lui, en l’état, le Christ brisé.

De retour chez lui dans sa chambre, regardant le Christ brisé, le prêtre a commencé à se sentir mal à l’aise, au point de se mettre en colère. D’une voix forte, il a demandé : « Qui a pu te faire une telle chose ? Qui a pu t’ôter si brutalement de la croix ? Qui a pu défigurer ton visage si cruellement ? »

Tout à coup, une voix vive et désincarnée a dit : « Tais-toi ! Tu poses trop de questions ».

Cette voix pénétrante associée au corps mutilé n’apaisait guère le prêtre. Toujours sous le choc après avoir entendu parler le Christ, le prêtre a voulu réconforter le Christ et a dit d’une voix tremblante : « Seigneur, j’ai une idée qui te plaira. Je trouverai un moyen de te restaurer. Je ne veux pas te voir aussi mutilé. Tu verras, tu seras beau. Tu sais que tu es précieux. Tu auras une nouvelle jambe, un nouveau bras, de nouveaux doigts, une nouvelle croix et, surtout, tu auras un nouveau visage ».

Encore une fois, une voix s’est fait entendre et le Christ a dit avec force : « Tu me déçois. Tu parles trop. Je t’interdis de me restaurer ! »

Surpris par l’énergie et la fermeté du Christ brisé, le prêtre a répliqué : « Seigneur, tu ne comprends pas. Ce sera un tourment constant pour moi de te voir brisé et mutilé. Ne comprends-tu pas combien tu me fais de la peine ? »

Le Seigneur a répondu : « C’est exactement ce que je veux faire. Ne me restaure pas. Quand tu me vois ainsi, voyons si tu te souviendras de mes frères et sœurs souffrants et si tu te laisseras toucher. Voyons si le fait de me voir si brisé et mutilé peut être le symbole de la douleur des autres, le symbole qui criera la douleur de ma seconde Passion chez mes frères et sœurs. Laisse-moi ainsi, brisé ! Embrasse-moi brisé ! »

Le prêtre a dit : « J’ai un Christ sans croix. Certaines personnes peuvent avoir une croix sans Christ. Il ne peut pas se reposer sans croix, et une croix personnelle ne peut être portée qu’avec le Christ. Nous avons commencé à chercher une croix en bois pour le Christ brisé, où il puisse se reposer. Mais nous avons trouvé notre croix. Mettez-les ensemble, et le Christ brisé sera complet. Le Christ brisé repose sur notre croix, et nous porterons la croix ensemble ».

Toujours mal à l’aise, le prêtre a poursuivi son dialogue intense avec le Christ : « Je voudrais restaurer ta main manquante ». Le Seigneur lui a répondu : « Je ne veux pas d’un bras en bois. Je veux une vraie main de chair et d’os. Je veux que tu deviennes la main qui me manque. Toi ! »

« Seigneur, s’écria le prêtre, tu n’as qu’une jambe. Tu ne peux même pas marcher seul. Tu as besoin d’aide ». Le Christ a répondu : « J’ai besoin de travailler comme je le faisais à Nazareth ». Le prêtre a dit : « Si tu veux, je suis prêt à t’accompagner dans ta recherche de travail. Cependant, je te préviens que, dans ton état actuel, à moins que tu ne te présentes comme le Christ lui-même, tu ne trouveras jamais de travail ».

Le Christ a interdit au prêtre de le présenter comme le Christ. Ensemble, ils se sont rendus à de nombreux magasins et entreprises, mais personne n’a offert de travail au Christ. Le Christ s’est exclamé avec un gros soupir : « Comment peut-on dire que l’on aime le Christ et avec le même cœur mépriser ceux qui recherchent un travail honnête ? Je suis eux et ils sont moi ».

Le prêtre s’est plaint : « Comme il m’est difficile d’aimer le Christ sans visage ». Il a passé de nombreuses heures à chercher un beau visage adapté pour son Christ brisé, pour soulager son agitation intérieure, mais le Christ a dit une fois de plus d’une voix forte : « Je veux rester comme ça, brisé, sans visage. Pourquoi voudrais-tu me restaurer, pour toi ou pour les autres ? Me voir dans cet état détérioré te met-il mal à l’aise ? » Le Christ a dit plus doucement : « S’il te plaît, accepte-moi tel que je suis. Accepte-moi brisé, accepte-moi sans visage ».

Le Christ a poursuivi : « As-tu une image de quelqu’un que tu n’aimes pas, ton ennemi ? Mets le visage de cette personne sur mon visage, mets les visages de toutes les personnes les plus abandonnées, rejetées, pauvres sur mon visage. Comprends-tu ? J’ai donné ma vie pour eux tous. Sur mon visage se trouvent tous leurs visages. Comprends-tu ? »

Après de longs échanges avec le Christ, à la fin, le prêtre a compris le message du Christ et, d’une voix douce et pleine de désir, a dit : « Christ, je voudrais accepter ton invitation, mais s’il te plaît, aide-moi ! Aide-moi ! »

Après plusieurs années voulant trouver ma représentation d’un Christ brisé, le jour est enfin arrivé. Près d’un bâtiment, j’ai regardé à ma droite, et le voilà : un Christ brisé. Je ne sais pas comment la sculpture y est arrivée. Je passais souvent devant ce bâtiment, mais je n’avais jamais vu d’autre objet ancien ou cassé déposé là pour que quelqu’un puisse le prendre.

Je me souviens de mon émotion et de mon impatience, me demandant si je serais autorisé à avoir cette sculpture. Après avoir demandé et reçu la permission, je suis rapidement parti et j’ai ramené le Christ brisé à la maison. Une fois dans ma chambre avec « mon Christ brisé », j’ai commencé à pleurer. Depuis ce jour, il ne m’a plus quitté.

Pourquoi ai-je voulu avoir un Christ brisé ? Naturellement, tout comme le prêtre de l’histoire, j’aurais préféré un beau Christ intact sur une belle croix qui serait suspendu pour être vénéré. D’où vient alors ce souhait de trouver un Christ brisé ? Certainement pas de moi. La seule réponse que je peux trouver est : cela vient du Christ.

Le Christ brisé devient sous nos yeux, un signe clair qui ne cesse de perturber notre quiétude et de nous appeler à la conversion. Il nous invite à un dialogue continu avec lui dans l’ici et maintenant du monde et de nos relations quotidiennes. Ce Christ brisé nous aide à nous présenter devant lui avec notre réalité humaine, ainsi qu’avec la réalité de chaque être humain.

Le Christ est toujours prêt à écouter et à suggérer. Il continue de nous mettre au défi, mais avec une douceur et une miséricorde infinie, de répondre à des questions telles que : Pourquoi pensez-vous que les gens m’ont tellement défiguré ? Un Christ brisé vous met-il mal à l’aise ? Les personnes brisées vous mettent-elles mal à l’aise ? Qu’est-ce qui pourrait conduire à un changement d’attitude envers ceux qui sont considérés comme défigurés ? Où vous situez- vous par rapport à cette réalité ?

C’est le dialogue permanent de saint Vincent avec Jésus qui lui inspirait ses réponses et ses conseils :

« O Dieu ! qu’il fait beau voir les pauvres, si nous les considérons en Dieu et dans l’estime que Jésus-Christ en a faite ! Mais, si nous les regardons selon les sentiments de la chair et de l’esprit mondain, ils paraîtront méprisables »[2].

« … Jésus-Christ est mort pour nous, n’est-ce pas assez pour estimer une personne ? Jésus nous a tant témoigné d’estime qu’il a voulu mourir pour nous tellement qu’il paraît par là qu’il nous a plus estimés que son sang précieux, lequel il a répandu pour nous racheter, comme s’il disait qu’il n’estimait pas tant son sang que tous les prédestinés… »[3]

Mon propre Christ brisé, que ce soit devant mes yeux ou dans mes pensées, m’invite à un vrai dialogue. Puisse ce temps de Carême nous aider à approfondir ou simplement commencer une conversation avec le Christ brisé, ce qui ne nous laissera certainement pas indifférents.

Votre frère en saint Vincent,

 

Tomaž Mavrič, CM Supérieur général

Rome, le 10 février 2021

 

[1] Coste XI, 343 ; conférence 153, « Avis à Antoine Durand ».

[2] Coste XI, 32 ; conférence 19, « Sur l’esprit de foi ».

[3] Coste X, 491 ; conférence 96, « Cordialité, respect, amitiés particulières ».

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Rome, le 20 novembre 2020. Lettre de l’Avent – 2020 “Le visage de Jésus : le visage de Dieu et de toute l’humanité”

L’année 2020, marquée par tant de souffrance, d’angoisse et de peur et le pronostic d’une énorme augmentation de la pauvreté dans le monde, notamment à cause de la COVID- 19, touche à sa fin. L’horizon de la nouvelle année 2021 s’ouvre devant nous.

Tomaz Mavric

Rome, le 20 novembre 2020. Lettre de l’Avent – 2020 “Le visage de Jésus : le visage de Dieu et de toute l’humanité”

Chers confrères,bLa grâce et la paix de Jésus soient toujours avec nous !

 L’année 2020, marquée par tant de souffrance, d’angoisse et de peur et le pronostic d’une énorme augmentation de la pauvreté dans le monde, notamment à cause de la COVID- 19, touche à sa fin. L’horizon de la nouvelle année 2021 s’ouvre devant nous.

Dans la situation actuelle de détresse, comme dans tous les moments de notre vie qui sont accompagnés de souffrances à divers degrés d’intensité, il y a quelqu’un qui vit en nous, dont l’Esprit remplit chaque recoin de notre être. Il est toujours avec nous, où que nous allions, quoi que nous fassions, à chaque seconde de la journée, en attente de se manifester lorsque nous le laissons faire. Il est toujours prêt à nous donner l’espérance là où il n’y a pas d’espérance, la paix là où il n’y a pas de paix, du sens là où il n’y a pas de sens, une foi renouvelée là où notre foi a chancelé, l’amour là où la haine s’empare de nous. Son nom est Jésus.

Nous savons que la personne de Jésus est au cœur de l’identité de Vincent le Paul en tant que mystique de la Charité, au cœur de la spiritualité et du charisme vincentiens. Jésus est notre raison d’être et la personne dont la façon de penser, de ressentir, de parler et d’agir devient notre but dans la vie, aussi sa proximité avec ceux qui souffrent est le modèle de vie de Vincent et de ceux qui le suivent. Ne se détournant jamais des situations de souffrance et de ceux qui ont été blessés, Vincent a vu Jésus dans les pauvres et les pauvres en Jésus :

« Je ne dois pas considérer un pauvre paysan ou une pauvre femme selon leur extérieur, ni selon ce qui parait de la portée de leur esprit ; d’autant que bien souvent ils n’ont pas presque la figure, ni l’esprit de personnes raisonnables, tant ils sont grossiers et terrestres. Mais tournez la médaille, et vous verrez par les lumières de la foi que le Fils de Dieu, qui a voulu être pauvre, nous est représenté par ces pauvres … O Dieu ! qu’il fait beau voir les pauvres, si nous les considérons en Dieu et dans l’estime que Jésus-Christ en a faite ! »[1]

Pour nous aider à approfondir la présence de Jésus dans ce qui est défiguré, cet Avent, je voudrais proposer une méditation sur l’icône du Sauveur de Zvenigorod à partir des réflexions du Père Henri Nouwen. Andrei Rublev a écrit l’icône, qui est également appelée « L’Artisan de paix », dans la Russie du XVe siècle. L’icône avait été perdue mais a été retrouvée en 1918 dans une grange, près de la cathédrale de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie dans la ville de Zvenigorod, en Russie. Son charme originel et la perfection détaillée du travail de l’auteur ont été perdus ; en fait, elle a été retrouvée dans un état de détérioration très important, endommagée et en ruine.

Henri Nouwen, dans sa méditation sur l’icône, évoque l’état terrible dans lequel elle a été retrouvée.

« Quand j’ai vu l’icône pour la première fois, j’ai eu clairement le sentiment que le visage du Christ apparaît au milieu d’un grand chaos. Un visage triste mais toujours beau nous regarde à travers les ruines du monde… Pour moi,  ce saint visage exprime la profondeur de l’immense compassion de Dieu au cœur de notre monde de plus en plus violent. Au cours de longs siècles de destruction et de guerre, le visage du Verbe incarné a parlé de la miséricorde de Dieu, il nous a rappelé l’image à laquelle nous avons été créés et nous a appelés à la conversion. En effet, c’est le visage de l’Artisan de paix »[2].

C’est précisément l’état actuel de l’icône du Sauveur de Zvenigorod, le visage abîmé et ravagé de Jésus, que je voudrais proposer pour la méditation de l’Avent de cette année. Je joins l’image de l’icône, que je vous invite à mettre devant vous comme moyen d’entrer plus profondément dans la réflexion et la contemplation.

Méditation sur l’icône du Sauveur de Zvenigorod

–  Voir le visage de Jésus, c’est voir le visage de Dieu et de toute l’humanité.

– Qu’est-ce que je vois ?

  • Je vois une image très endommagée.

b) En même temps, je vois le visage humain le plus tendre.

  • Je vois des yeux qui pénètrent le cœur de Dieu ainsi que le cœur de chaque être

a) Voir une image endommagée

  • Le beau visage de Jésus nous regarde à travers les ruines de notre

  • Il demande : « Qu’as-tu fait du travail de mes mains ? »

  • L’icône exprime la profonde compassion de Dieu au cœur de notre monde violent.

  • Cela nous rappelle l’image à laquelle nous avons été créés et nous appelle à la conversion.

  • C’est le visage d’un Artisan de la

  • « Où est la paix, Dieu habite »[3].

  • En regardant cette image abîmée, nous entendons un appel : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme » (Matthieu 11, 28-29).

b) Voir le visage humain le plus tendre

  • Le visage magnifique de Jésus émerge des

  • Nous nous rendons compte que Jésus nous fait face

  • Jésus nous voit et nous regarde droit dans les

  • Cela peut nous rappeler la rencontre de Jésus et Pierre après le reniement de ce dernier. « … le Seigneur, se retournant, posa son regard sur Pierre. Alors Pierre se souvint de la parole que le Seigneur lui avait dite » (Luc 22, 61).

  • Comme Pierre, nous devons nous rappeler :

    • Nos promesses trop confiantes

    • Notre incapacité à les tenir

    • Notre manqué de fidélité

    • Notre impuissance lorsque nous sommes

  • Mais, comme à Pierre, il nous est également rappelé :

    • L’amour qui ne nous abandonne jamais

    • Une compassion sans limites

    • Le pardon qui nous est toujours

  • Lorsque Pierre sentit le regard de Jésus pénétrer son être le plus profond, il reconnut sa propre faiblesse et l’amour de Jésus : « Il sortit et, dehors, pleura amèrement » (Luc 22, 62).

  • C’étaient des larmes de repentir et de gratitude face à un amour si

  • « Si nous nous sommes proposé de nous rendre semblables à ce divin modèle et sentons en nos cœurs ce désir et cette sainte affection, il nous faut, dis-je, tâcher de conformer nos pensées, nos œuvres et nos intentions aux siennes »[4].

  • L’icône n’a pas été écrite selon un modèle humain, elle n’a pas été une invention d’Andrei Rublev. Elle a été écrite dans la sainte obéissance à une manière de peindre transmise de génération en génération.

  • La couleur la plus frappante de l’icône est le bleu intense du manteau qui recouvre les épaules du Sauveur. Dans les icônes grecques et russes, le Christ est peint avec une tunique rouge et recouverte d’un manteau

  • Le rouge est la couleur qui représente la divinité de Jésus.

  • Le bleu est la couleur qui représente l’humanité de Jésus.

  • Le bleu d’Andrei Rublev est beaucoup plus brillant que d’ordinaire pour accentuer davantage l’humanité de Jésus.

  • Cela nous montre plus clairement le visage humain de Dieu, le charme irrésistible de Jésus.

  • Regarder cette icône ne produit pas l’effet d’autres icônes du Christ qui soulignent uniquement la splendeur et la majesté de Dieu. Dans cette icône, le Christ descend de son trône, touche notre épaule et nous invite à le

  • Son visage ne suscite pas la peur, mais l’amour.

c) Voir les yeux qui pénètrent à la fois le cœur de Dieu et le cœur de chaque être humain, le cœur de chacun de nous

  • Ce sont les yeux de Jésus qui font que cette icône produit une expérience si profonde.

  • Les yeux de Jésus nous regardent directement et nous défient.

  • Les yeux sont le centre de l’icône.

  • Ils nous rappellent les paroles du psalmiste :

« Tu me scrutes, Seigneur, et tu sais !

Tu sais quand je m’assois, quand je me lève ; de très loin, tu pénètres mes pensées.

Que je marche ou me repose, tu le vois,

tous mes chemins te sont familiers » (Psaume 138, 1-3).

  • Ce sont les yeux de Dieu qui nous voit dans notre être le plus secret et nous aime de sa miséricorde

  • « Où nous cacherons-nous, en la vue de tant de bontés de Dieu sur nous ? Ce sera dans les plaies de Notre-Seigneur »[5].

  • Les yeux expriment le désir de scruter le cœur de chaque personne et de la comprendre.

  • Cette expérience de face-à-face nous conduit au cœur du grand mystère de l’Incarnation.

  • Lorsque nous contemplons les yeux de Jésus, nous savons que nous contemplons les yeux de

  • « Celui qui m’a vu a vu le Père » (Jean 14, 9).

  • « Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ? » (Jean 14, 10)

  • Jésus est la plénitude de la révélation de

  • Jésus est l’image du Dieu invisible.

  • A travers les ruines du monde, nous voyons le visage de Jésus qui ne peut jamais être détruit.

  • Les yeux de Jésus pénètrent l’intériorité de Dieu de même qu’ils pénètrent le cœur de chaque personne humaine, le cœur de chacun de

  • Voir Jésus nous conduit au cœur de Dieu et au cœur de chaque être

  • « Voyons-nous-en lui et nous conformons à sa volonté, laquelle est préférable à tout autre bien »[6].

–       LA CONTEMPLATION ET LA COMPASSION SE FONT UN.

Le dimanche 6 décembre 2020, la Famille vincentienne du monde entier se réunira virtuellement pour un temps de prière, sur le thème « Unis dans l’espérance pour les pauvres ». J’invite tous les membres de la Famille vincentienne, ainsi que tous ceux qui voudraient se joindre à nous, à ce moment de prière. Veuillez partager cette invitation au sein de vos propres branches, ainsi qu’avec les membres de votre famille et vos amis.

La réflexion et la contemplation de l’icône du Sauveur de Zvenigorod, si intimement liée au thème de ce temps de prière, peuvent nous aider à y participer encore plus profondément.

Que l’expérience de l’Avent nous conduise à la joie intérieure de Noël.

Votre frère en saint Vincent,

Supérieur général

________________

[1] Coste XI, 32 ; conférence 19, « Sur l’esprit de foi ».

[2] Nouwen, Henri. Behold the Beauty of the Lord: Praying with Icons [Regardez la beauté du Seigneur : prier avec des icons], Ave Maria Press, 2007, pages 68 et 70.

[3] Coste IX, 262 ; conférence 27, « Sur la pratique du respect mutuel et de la douceur ».

[4] Coste XII, 75 ; conférence 195, « Sur la fin de la Congrégation de la Mission ».

[5] Coste II, 103 ; lettre 475, à Bernard Coding, à Annecy

[6] Coste IV, 482 ; lettre 1554, à Gerard Brin, Prêtre de la Mission, à Dax

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Lettre du Supérieur Général, P. Tomas Mavric CM. À tous les membres de la Congrégation de la Mission. 19 juin 2020

Au fil des semaines et des mois, alors que la pandémie diminue dans certains pays, mais dans d'autres continue de croître, où la douleur et la souffrance dans le monde sont si présentes, nous voulons rester en première ligne, en totale harmonie avec notre charisme, en étant inventif et voir quoi d'autre peut être fait en faveur de nos frères et sœurs.

Tomaz Mavric

Lettre du Supérieur Général, P. Tomas Mavric CM. À tous les membres de la Congrégation de la Mission. 19 juin 2020

A tous les membres de la Congrégation de la Mission : La Grâce et la Paix de Jésus soient toujours avec nous !

Mes chers confrères,

Que la grâce et la paix de Jésus soient toujours avec nous!

Dans la lettre à tous les confrères du 30 mars 2020 intitulée «Voici, je fais toutes choses nouvelles» (Apocalypse 21: 5), liée aux développements dramatiques du COVID-19 dans le monde, j’ai cité les paroles de Saint Vincent au début, “Que j’ai peine de votre peine “[1] en utilisant moi-même les mêmes mots que j’écrivais à chacun de vous, pour essayer d’exprimer avec la même émotion personnelle «Que j’ai peine de votre peine», en ajoutant «Nous supportons la peine les uns des autres! 

Au fil des semaines et des mois, alors que la pandémie diminue dans certains pays, mais dans d’autres continue de croître, où la douleur et la souffrance dans le monde sont si présentes, nous voulons rester en première ligne, en totale harmonie avec notre charisme, en étant inventif et voir quoi d’autre peut être fait en faveur de nos frères et sœurs.

Au cours des dernières semaines à la Curie générale, le Bureau de la communication a organisé une initiative à travers les réseaux sociaux, une transmission en direct avec plusieurs Visiteurs pour écouter comment les confrères, les autres membres de la Famille Vincentienne et les personnes qu’ils servent vivent cette période de pandémie. À travers le site officiel de la Congrégation, cmglobal.org et les réseaux sociaux, de nombreux articles, nouvelles, réflexions et initiatives ont été publiés sur la pandémie partout où la Congrégation est présente.

Les Assistants généraux ont contacté chaque Province, Vice-province, Région et Missions Internationales pour exprimer notre proximité les uns avec les autres, pour découvrir comment les confrères vivent ces temps difficiles, comment ils se portent personnellement, comment les communautés se portent, ainsi découvrir les différentes initiatives qui ont été mises en œuvre sur le terrain en cette période de pandémie.

En lisant tous les rapports, articles, réflexions sur les réseaux sociaux, j’ai été profondément touché par l’implication extraordinaire des confrères dans les différents domaines et les moyens pris pour soulager la souffrance et la douleur des personnes que nous sommes appelés à servir. Chers confrères, merci beaucoup pour votre merveilleux témoignage.

Il est tellement clair que, d’une part, nous devons continuer à faire tout notre possible pour répondre ici et maintenant aux énormes besoins des personnes: matériellement, émotionnellement, psychologiquement et spirituellement. D’un autre côté, nous devons commencer ou continuer à planifier la réponse aux besoins de la population dans la soi-disant période Post-COVID-19.

Pour les Provinces et Vice-provinces qui connaissent déjà des difficultés financières et qui ont du mal à faire face aux nouveaux besoins qui se présentent à eux à la suite du COVID- 19, le « Vincentian International Mission Services » (VIMS), le nouveau Bureau de la Congrégation de la Mission sous la coordination du Directeur exécutif, le Père Mark Pranaitis, élargit sa collecte de fonds, qui se concentre généralement sur les projets VSO, pour inclure une nouvelle campagne conçue pour répondre à la crise COVID-19. Il s’appelle “When Did We See You?” (Quand t’avons-nous vu?) ; c’est enraciné dans le passage évangélique de Matthieu 25: 31-46. La Curie générale, en collaboration avec le Père Pranaitis, prépare un projet en trois étapes avec une aide à court et à long terme.

La première étape est la réponse immédiate aux nombreux besoins liés à la pandémie de COVID-19 dans le monde. À cette fin, la Curie générale propose 250.000 USD qui seront disponibles immédiatement pour les Provinces et les Vice-provinces les moins riches qui ont les plus grands besoins. Les Provinces et Vice-provinces bénéficiaires, à leur tour, fourniront des « histoires » sur les personnes qu’elles servent afin que VIMS puisse tendre la main à ses donateurs et encourager des dons supplémentaires, et, espérons-le, plus importants pour que nous puissions aider davantage les différents endroits dans le besoin où les confrères servent. VIMS a conçu une nouvelle campagne sur les réseaux sociaux pour toucher également de nouveaux donateurs.

Les donateurs du VIMS sont actuellement tous aux États-Unis et, dans un avenir prévisible, il en sera probablement ainsi. Cependant, VIMS se ferait un plaisir de travailler avec tout donateur de votre Province qui, selon vous, souhaiterait soutenir cette Campagne. De même, si votre Province veut contribuer, VIMS se fera un plaisir de recevoir votre don. Vous pouvez contacter le Père Pranaitis au mp@vims1617.org ou le père Paul Parackal, Econome général, à econgen@cmglobal.org pour en savoir plus ou pour contribuer. Le Père Pranaitis s’assurera que vous êtes inclus dans les rapports qui nous parviennent des Provinces et des Vice-provinces, afin que vous puissiez partager ces « histoires » d’amour efficace avec vos confrères et autres collaborateurs.

En lisant les rapports des confrères qui servent partout dans le monde, je suis tombé sur un dans lequel un Visiteur, décrivant la situation actuelle de la pandémie, a écrit les mots suivants : « La pandémie est un don de Dieu ». La lettre de Saint Paul aux Romains fait écho aux mêmes sentiments, exprime les mêmes sentiments et arrive à la même conclusion : « Nous savons que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, qui sont appelés selon son dessein » (Romains 8:28).

Comme je l’ai dit dans la lettre du 30 mars, en utilisant des mots tirés du livre de l’Apocalypse, «je fais toutes choses nouvelles », c’est dans ce moment de grâce spécifique qui nous a été donné ici et maintenant que nous sommes invités à réfléchir, à prier et méditer sur ce que Jésus fait par ses paroles, ce que signifie pour moi, «je fais toutes choses nouvelles », personnellement, pour ma communauté, pour la Petite Compagnie.

Presque en même temps que nous vivions la pandémie de COVID-19 avec toutes ses réalités actuelles et voyons ses conséquences futures dans le monde entier, nous avons commencé les préparatifs de notre 43e Assemblée générale. Elle se tiendra du 27 juin au 15 juillet 2022 sur le thème : « Revitaliser notre identité au début du Ve Centenaire de la Congrégation de la Mission ». Ces dernières semaines, nous avons terminé la première phase de préparation en répondant individuellement au questionnaire envoyé par la Commission préparatoire via Google Forms. Bientôt, nous entamerons la deuxième phase de préparation, nos Assemblées domestiques, suivie de la troisième phase de préparation, les Assemblées provinciales, qui nous amènera, si Dieu le veut, à l’Assemblée générale de juin 2022.

La préparation en cours de notre prochaine Assemblée générale est en quelque sorte parallèle à cette période de lutte, de douleur, de souffrance et d’incertitudes que la pandémie fait naître dans le monde. Les paroles de Saint Paul prennent beaucoup de vie et de cœur, que tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu, ainsi que les paroles de Jésus : « Je fais toutes choses nouvelles ». En cette période spéciale de pandémie qui a embrassé le monde entier, la Providence nous offre une opportunité unique au début du 5e Centenaire de la fondation de notre Petite Compagnie de réaliser, aussi pleinement que nous pouvons humainement, le rêve que Jésus rêve ici et maintenant pour notre Congrégation.

Nous découvrons également qu’en raison de la pandémie, quelque chose de différent, de nouveau et de frais prend vie en nous individuellement, au sein de nos communautés et au sein de la Congrégation. Des signes concrets d’un nouveau printemps au sein de notre petite compagnie commencent à émerger. Nous continuons d’approfondir notre vie spirituelle, nous continuons à grandir dans l’ouverture les uns aux autres, nous continuons à intensifier la recherche de solutions communes aux situations dramatiques que nous vivons, etc…

Le temps de préparation de l’Assemblée générale se déroulant pendant la pandémie que nous ne pouvions ni prévoir ni planifier à l’avance, nous avons un signe de la Providence, de don de Dieu à notre Petite Compagnie en vue de revitaliser notre identité : notre spiritualité et notre charisme, revitalisant le rêve de Jésus pour notre Congrégation au début du Ve siècle de sa fondation.

Dans le quatrième chapitre, au numéro 42 de nos Constitutions, nous lisons: « Ainsi, par l’union étroite de la prière et de l’activité apostolique, le missionnaire se fait contemplatif dans l’action et apôtre dans la prière » M. Vincent a dit à plusieurs reprises: « les vrais Missionnaires devaient être comme des Chartreux en leurs maisons et comme des apôtres au dehors.»[2]

Ensemble, nous affrontons la réalité et réagissons du mieux que nous pouvons à la pandémie du COVID-19, peu importe où nous servons dans le monde. Nous sommes également ensemble en pèlerinage vers l’Assemblée générale de 2022. La meilleure façon pour nous, en tant que membres de la Petite Compagnie, de nous impliquer et de réagir dans les deux cas est de descendre aux sources les plus profondes de notre identité: notre spiritualité et notre charisme. Saint Vincent a laissé le rêve de Jésus sur lui, devenir réalité. Vincent est devenu un Mystique de la charité.

Puissions-nous aussi, membres de la Congrégation de la Mission, devenir de plus en plus des Mystiques de la Charité, en ce 21e siècle et au début du 5e Centenaire de notre fondation, dans lequel nous nous sommes fixés pour objectif de revitaliser notre propre identité.

Rome, 19 juin 2020

Votre frère en Saint Vincent de Paul,

P. Tomaz Mavric CM – Supérieur Général

 

__________

[1] SV I, 142 Lettre 92, à sainte Louise, [1631].

[2] Louis Abelly, La vie du vénérable serviteur de Dieu Vincent de Paul, Livre I, p.100

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Dimanche du Bon Pasteur. JOURNÉE MONDIALE DE PRIÈRE POUR LES VOCATIONS. Lettre du Supérieur Général. 3 mai 2020

À la lumière de la lettre du Pape François pour cette Journée, nous sommes invités à réfléchir, agir et vivre la situation dans laquelle le monde d'aujourd'hui nous place.

Tomaz Mavric

Dimanche du Bon Pasteur. JOURNÉE MONDIALE DE PRIÈRE POUR LES VOCATIONS. Lettre du Supérieur Général. 3 mai 2020

Chers confrères, Que la grâce et la paix de Jésus soient toujours avec nous !

Chaque année, le Quatrième Dimanche de Pâques, aussi appelé Dimanche du Bon Pasteur, nous célébrons la Journée Mondiale de Prière pour les Vocations.

Dans la lettre de cette année pour la Journée Mondiale de Prière pour les Vocations, le Pape François réfléchit sur quatre mots : Gratitude, Encouragement, Fatigue et Louange.

La célébration de cette Journée se fera dans des conditions extraordinaires, comme ce fut le cas pour le Carême, la Semaine Sainte et Pâques, à cause du Coronavirus COVID 19.

À la lumière de la lettre du Pape François pour cette Journée, nous sommes invités à réfléchir, agir et vivre la situation dans laquelle le monde d’aujourd’hui nous place.

Ainsi, les paroles du Pape deviennent un phare pour répondre aux circonstances actuelles, ainsi que pour se préparer à affronter le temps et la réalité après COVID-19, en ayant particulièrement à l’esprit la promotion des vocations.

Passons des pensées de découragement et de fatigue à celles de gratitude et de louange. La Gratitude est d’avoir été appelé par le Maître de Nazareth à trouver un accomplissement dans la vie, à être regardé par Lui, à faire l’expérience d’un face-à-face avec l’Amour de ma vie. Comme l’écrit le Pape François dans son message, “Toute vocation naît de ce regard d’amour”. Il poursuit en disant que Jésus “nous donne l’enthousiasme dont nous avons besoin pour vivre notre vocation avec joie et ferveur”.

Souvenons-nous : du 19 novembre au 1er décembre 2018, quelque 75 confrères de chaque Province, Vice-province, Région et Mission Internationale ont participé à la première Rencontre Internationale des Promoteurs de Vocations. Ils se sont rencontrés au Centre International de Formation (CIF) à la Maison Mère de la Congrégation de la Mission à Paris. Là, ils ont partagé la joie de la vocation missionnaire vincentienne.

Dans le Document final de cette rencontre, les confrères ont exprimé une option claire pour une “Culture des Vocations Renouvelée”, option qui, lorsqu’elle est vécue et expérimentée dans la perspective de l’Évangile, revitalise notre passion de suivre Jésus-Christ, Evangélisateur des pauvres (une suite du Christ dans tous les aspects de notre vie). De cette façon, nous pouvons développer une attitude, une sensibilité et une pédagogie qui nous aideront à mettre en place un style favorisant l’établissement d’une culture des vocations dans chacune de nos communautés locales et qui, en même temps, nous permettra de cultiver une spiritualité vincentienne de l’appel. Le zèle, le feu, la conviction et l’engagement exprimés dans le Document Final par les confrères officiellement responsables de la promotion des vocations doivent être continuellement nourris dans chaque Province, Vice-province, Région et Mission Internationale et dans les cœurs, les esprits et les actions de chaque confrère de la Petite Compagnie.

A partir du regard de Jésus, qui nous donne l’enthousiasme nécessaire pour vivre notre vocation avec joie et ferveur, découle la conséquence logique que chacun de nous fera tout ce qui est en son pouvoir pour aider les jeunes que Jésus appelle à répondre positivement à leur appel à la Vie consacrée dans notre Petite Compagnie.

Si chacun de nous, la grâce de Dieu aidant, invite ne serait-ce qu’un seul jeune à rejoindre la Congrégation, en l’accompagnant par la prière et l’exemple personnel, et en le soutenant directement ou indirectement dans ses différentes étapes de formation, notre Petite Compagnie grandira en sainteté et en nombre. Cela est possible, car pour Jésus rien n’est impossible.

Au milieu de la pandémie COVID-19 que nous vivons, la Gratitude pour notre appel personnel se transforme en Louange et donne naissance à de nouvelles initiatives, décisions et chemins qui aideront la culture des vocations et, dans le cadre de celle-ci, la promotion des vocations. Les restrictions actuelles concernant les rencontres personnelles avec les gens encouragent de nouvelles idées et approches qui nous permettent de rester en contact avec les jeunes en utilisant les réseaux sociaux et d’autres moyens de communication. Grâce à ces technologies, on peut organiser des rencontres de prière, de discernement des vocations et des retraites. Par ces mêmes moyens, on peut les faire participer à l’Eucharistie, à l’Adoration du Saint-Sacrement et partager avec eux des documents pour leur formation.

En tout cas, c’est une profonde source de joie de voir l’inventivité, le zèle, le feu et la conviction de tant de confrères dans le domaine de la promotion des vocations qui est une des priorités de la Congrégation.

Pour le témoignage et les merveilleux services accomplis, je tiens à remercier chaleureusement tous les confrères directement responsables de la promotion des vocations dans chaque Province, Vice-province, Région et Mission Internationale. Je remercie également l’équipe des collaborateurs (les prêtres, les frères, les séminaristes, les laïcs…).

Un chaleureux Merci aussi à vous : Visiteurs, Supérieurs régionaux et Supérieurs des Missions Internationales pour le grand soutien personnel et encouragement que vous apportez à tous les confrères dans ce service.

Si, pour une raison quelconque, une Province, une Vice-province, une Région ou une Mission internationale n’a pas encore de confrère responsable de la Promotion des Vocations, soutenu par une équipe de collaborateurs, je voudrais vous encourager, à ce moment précis, à confier ce service à un confrère. Au cas où ce confrère aurait d’autres services, qu’il fasse de ce service de Promotion des Vocations son ministère principal.

Dans le Document final de la Première rencontre internationale des Responsables de la Promotion des Vocations, il est dit ceci : “Nous sommes certains que la culture des vocations représente le rêve et la mission de notre Fondateur, car il dit : « …vos ouvriers se multiplieront, attirés par l’odeur d’une telle charité. » (SV III, 257 ; lettre 1002 à Étienne Blatiron, Supérieur à Gênes, 13 décembre 1647).

Je voudrais conclure cette lettre en citant la fin du message du Pape François pour la Journée Mondiale de Prière pour les vocations :

« Chers frères et sœurs, spécialement en cette Journée, mais aussi dans l’action pastorale ordinaire de nos communautés, je désire que l’Eglise parcoure ce chemin au service des vocations, en ouvrant des brèches dans le cœur de chaque fidèle, pour que chacun puisse découvrir avec gratitude l’appel que Dieu lui adresse, trouver le courage de dire “oui”, vaincre la fatigue dans la foi au Christ et, enfin, offrir sa vie comme un cantique de louange pour Dieu, pour les frères et pour le monde entier. Que la Vierge Marie nous accompagne et intercède pour nous. »

Votre frère en Saint Vincent !

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“Voici, je fais toutes choses nouvelles” (Apocalypse 21, 5) Message du Supérieur Général, à tous les confrères de la Congrégation de la Mission

En cette période de grande souffrance, conséquence de la pandémie COVID-19, tant de personnes ont perdu la vie, parmi lesquelles, peut-être, des membres de famille, des amis et des personnes que nous avons connues et servies. Beaucoup plus nombreux sont ceux qui ont été infectés par le coronavirus.

Tomaz Mavric

“Voici, je fais toutes choses nouvelles” (Apocalypse 21, 5) Message du Supérieur Général, à tous les confrères de la Congrégation de la Mission

A tous les confrères de la Congrégation de la Mission Mes chers confrères, Que la grâce et la paix de Jésus soient toujours avec nous !

“Voici, je fais toutes choses nouvelles” (Apocalypse 21, 5)

En cette période de grande souffrance, conséquence de la pandémie COVID-19, tant de personnes ont perdu la vie, parmi lesquelles, peut-être, des membres de famille, des amis et des personnes que nous avons connues et servies. Beaucoup plus nombreux sont ceux qui ont été infectés par le coronavirus. De nombreuses familles et communautés souffrent de la perte d’un être cher, de la perte de leur travail, de la perte de leur paix intérieure, à cause de la maladie, du confinement, de l’isolement de la société et des inquiétudes concernant l’avenir.

Je voudrais, en ce moment, avec ces simples lignes, atteindre le cœur de chaque Province, Vice-Province, Région, Mission Internationale, le cœur de chaque communauté et de chaque confrère de notre Petite Compagnie, où que vous servez, où que vous soyez maintenant, nos confrères-évêques du monde entier, et les confrères qui, pour une raison ou une autre, vivent en dehors de la communauté CM, beaucoup d’entre eux seuls.

Notre Fondateur, Saint Vincent de Paul, a exprimé un jour avec tant d’émotion, je pourrais même l’imaginer avec les larmes aux yeux : ” Que j’ai peine de votre peine [1]! “. Ce sont ces mots que je voudrais répéter aujourd’hui à chacun d’entre vous, chers confrères, ” Que j’ai peine de votre peine ! “. Nous portons les peines des uns et des autres.!

Cependant, en cette période de grande peine, notre proximité spirituelle, émotionnelle et mentale les uns avec les autres au sein de la Congrégation a atteint des proportions extraordinaires vis-à-vis de tous ceux que chacun d’entre nous porte dans son cœur et ceux que nous servons.

Approfondissons notre vie de prière. Grandissons dans l’ouverture les uns envers les autres. Intensifions notre recherche de solutions communes à la situation dramatique que nous sommes en train d’expérimenter en tant qu’individus, communautés, famille, pays, continents et monde.

Nous sommes profondément reconnaissants au personnel médical qui, jour et nuit, se bat pour la vie de milliers et de milliers de nos frères et sœurs dans le monde entier. Nous sommes profondément reconnaissants au Pape François, aux évêques, aux prêtres, aux frères, aux diacres, aux sœurs, à toutes les personnes consacrées et aux laïcs. Grâce à de merveilleuses initiatives, toutes ces personnes restent en contact les unes avec les autres, avec les malades, les abandonnés, les sans-abri, les communautés paroissiales, les autres groupes ecclésiaux et les diocèses, en aidant les personnes dans leurs divers besoins matériels, émotionnels, psychologiques et spirituels.

Nous saluons vivement les autorités gouvernementales nationales et locales, la police, les fonctionnaires et les nombreux bénévoles qui sont engagés dans cette bataille.

Vous, chers confrères, êtes certainement aux premières lignes dans beaucoup de ces domaines, un confrère de plus dans un domaine, un autre de plus dans un autre, mais je suis convaincu que chacun d’entre nous essaie de faire de son mieux. Je vous en remercie du fond du cœur !

Nous savons que, tout en faisant le bien, nous devons être attentifs à suivre les prescriptions et les directives qui nous sont données par les dirigeants gouvernementaux et les autorités sanitaires, pour le bien de tous, pour ceux qui sont servis, ainsi que pour ceux qui servent. Néanmoins, cela ne nous empêche pas d’être inventifs et de voir ce qui davantage peut être fait pour nos frères et sœurs, en les aidant dans l’esprit de notre Fondateur, de manière holistique, dans les domaines où ils sont actuellement le plus dans le besoin.

Cela fait également partie de notre charisme d’impliquer les autres dans les initiatives que le Christ nous inspire de réaliser. Agissons ensemble comme des confrères avec d’autres membres de la Famille vincentienne, ainsi qu’avec d’autres collaborateurs.

En ce moment, nos pensées vont également au-delà du temps présent vers la période où la pandémie de coronavirus sera en grande partie terminée. Tant de personnes ressentiront les conséquences dramatiques de ce que l’économie mondiale vit à cause de ce virus.

Alors que nous continuons à approfondir notre vie de prière, individuellement, en tant que communauté, en tant que congrégation, en nous soutenant les uns les autres, en soutenant les personnes que nous servons, nos familles et nos amis, au milieu de toute cette souffrance, cette insécurité et cette lutte, les paroles de Jésus tirées du livre de l’Apocalypse deviennent si consolantes et édifiantes pour nous-mêmes et pour les autres : “Voici, je fais toutes choses nouvelles”.

En ce moment, j’invite chacun d’entre nous à réfléchir à ces paroles du Christ qui touchent tous les coins de notre être intérieur, tout ce que nous sommes, tout ce que nous pensons, tout ce que nous faisons. Jésus nous dit, en d’autres termes : Je suis toujours en mouvement… Je vais toujours de l’avant… J’avance toujours pour le mieux. Je fais toujours des choses nouvelles pour vous, pour chacun, pour chaque communauté, pour la Petite Compagnie, pour tous nos proches, pour toutes les personnes que nous servons, pour les Pauvres.

C’est dans ce temps de grâce spécifique qui nous a été donné que nous sommes également invités à réfléchir, à prier et à méditer ce que fait Jésus par ses paroles. “Je fais toutes choses nouvelles” signifie pour moi personnellement, pour ma communauté, pour la Petite Compagnie. Cette pandémie a touché la vie, le cœur et l’esprit de la plus grande partie de l’humanité. Nous sommes invités et appelés à voir la réalité présente également à travers les yeux et le cœur de Jésus, à faire totalement confiance à la Providence pour que, de cette réalité bouleversante dans laquelle nous vivons, quelque chose de bon, de positif et de meilleur surgisse, alors que Jésus continue à marcher dans le monde en faisant toutes choses nouvelles !

Chers confrères, à la Curie générale, nous avons reçu des emails, des appels téléphoniques, des messages WhatsApp de votre part et des communautés, nous faisant part de la réalité dans laquelle vous vivez, de votre état de santé, de l’état de santé des personnes que vous servez. Nous vous sommes très reconnaissants pour toutes les nouvelles de votre part, où que vous soyez dans le monde et nous vous incluons dans nos prières, dans l’Eucharistie.

Chers confrères, une fois de plus, à tous, je dis MERCI de tout cœur. Accompagnons le Christ à travers le monde dans notre esprit, notre cœur et notre corps, Lui qui ne cesse de faire toutes choses nouvelles.

 

[1] Pierre Coste, Saint Vincent de Paul: Correspondance, Entretiens, Documents, Paris, Librairie Le Coffre, 1920, Tome I, page 142.

 

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