Lettre du Supérieur Général, P. Tomas Mavric CM. À tous les membres de la Congrégation de la Mission. 19 juin 2020

Au fil des semaines et des mois, alors que la pandémie diminue dans certains pays, mais dans d'autres continue de croître, où la douleur et la souffrance dans le monde sont si présentes, nous voulons rester en première ligne, en totale harmonie avec notre charisme, en étant inventif et voir quoi d'autre peut être fait en faveur de nos frères et sœurs.

Tomaz Mavric

Lettre du Supérieur Général, P. Tomas Mavric CM. À tous les membres de la Congrégation de la Mission. 19 juin 2020

A tous les membres de la Congrégation de la Mission : La Grâce et la Paix de Jésus soient toujours avec nous !

Mes chers confrères,

Que la grâce et la paix de Jésus soient toujours avec nous!

Dans la lettre à tous les confrères du 30 mars 2020 intitulée «Voici, je fais toutes choses nouvelles» (Apocalypse 21: 5), liée aux développements dramatiques du COVID-19 dans le monde, j’ai cité les paroles de Saint Vincent au début, “Que j’ai peine de votre peine “[1] en utilisant moi-même les mêmes mots que j’écrivais à chacun de vous, pour essayer d’exprimer avec la même émotion personnelle «Que j’ai peine de votre peine», en ajoutant «Nous supportons la peine les uns des autres! 

Au fil des semaines et des mois, alors que la pandémie diminue dans certains pays, mais dans d’autres continue de croître, où la douleur et la souffrance dans le monde sont si présentes, nous voulons rester en première ligne, en totale harmonie avec notre charisme, en étant inventif et voir quoi d’autre peut être fait en faveur de nos frères et sœurs.

Au cours des dernières semaines à la Curie générale, le Bureau de la communication a organisé une initiative à travers les réseaux sociaux, une transmission en direct avec plusieurs Visiteurs pour écouter comment les confrères, les autres membres de la Famille Vincentienne et les personnes qu’ils servent vivent cette période de pandémie. À travers le site officiel de la Congrégation, cmglobal.org et les réseaux sociaux, de nombreux articles, nouvelles, réflexions et initiatives ont été publiés sur la pandémie partout où la Congrégation est présente.

Les Assistants généraux ont contacté chaque Province, Vice-province, Région et Missions Internationales pour exprimer notre proximité les uns avec les autres, pour découvrir comment les confrères vivent ces temps difficiles, comment ils se portent personnellement, comment les communautés se portent, ainsi découvrir les différentes initiatives qui ont été mises en œuvre sur le terrain en cette période de pandémie.

En lisant tous les rapports, articles, réflexions sur les réseaux sociaux, j’ai été profondément touché par l’implication extraordinaire des confrères dans les différents domaines et les moyens pris pour soulager la souffrance et la douleur des personnes que nous sommes appelés à servir. Chers confrères, merci beaucoup pour votre merveilleux témoignage.

Il est tellement clair que, d’une part, nous devons continuer à faire tout notre possible pour répondre ici et maintenant aux énormes besoins des personnes: matériellement, émotionnellement, psychologiquement et spirituellement. D’un autre côté, nous devons commencer ou continuer à planifier la réponse aux besoins de la population dans la soi-disant période Post-COVID-19.

Pour les Provinces et Vice-provinces qui connaissent déjà des difficultés financières et qui ont du mal à faire face aux nouveaux besoins qui se présentent à eux à la suite du COVID- 19, le « Vincentian International Mission Services » (VIMS), le nouveau Bureau de la Congrégation de la Mission sous la coordination du Directeur exécutif, le Père Mark Pranaitis, élargit sa collecte de fonds, qui se concentre généralement sur les projets VSO, pour inclure une nouvelle campagne conçue pour répondre à la crise COVID-19. Il s’appelle “When Did We See You?” (Quand t’avons-nous vu?) ; c’est enraciné dans le passage évangélique de Matthieu 25: 31-46. La Curie générale, en collaboration avec le Père Pranaitis, prépare un projet en trois étapes avec une aide à court et à long terme.

La première étape est la réponse immédiate aux nombreux besoins liés à la pandémie de COVID-19 dans le monde. À cette fin, la Curie générale propose 250.000 USD qui seront disponibles immédiatement pour les Provinces et les Vice-provinces les moins riches qui ont les plus grands besoins. Les Provinces et Vice-provinces bénéficiaires, à leur tour, fourniront des « histoires » sur les personnes qu’elles servent afin que VIMS puisse tendre la main à ses donateurs et encourager des dons supplémentaires, et, espérons-le, plus importants pour que nous puissions aider davantage les différents endroits dans le besoin où les confrères servent. VIMS a conçu une nouvelle campagne sur les réseaux sociaux pour toucher également de nouveaux donateurs.

Les donateurs du VIMS sont actuellement tous aux États-Unis et, dans un avenir prévisible, il en sera probablement ainsi. Cependant, VIMS se ferait un plaisir de travailler avec tout donateur de votre Province qui, selon vous, souhaiterait soutenir cette Campagne. De même, si votre Province veut contribuer, VIMS se fera un plaisir de recevoir votre don. Vous pouvez contacter le Père Pranaitis au mp@vims1617.org ou le père Paul Parackal, Econome général, à econgen@cmglobal.org pour en savoir plus ou pour contribuer. Le Père Pranaitis s’assurera que vous êtes inclus dans les rapports qui nous parviennent des Provinces et des Vice-provinces, afin que vous puissiez partager ces « histoires » d’amour efficace avec vos confrères et autres collaborateurs.

En lisant les rapports des confrères qui servent partout dans le monde, je suis tombé sur un dans lequel un Visiteur, décrivant la situation actuelle de la pandémie, a écrit les mots suivants : « La pandémie est un don de Dieu ». La lettre de Saint Paul aux Romains fait écho aux mêmes sentiments, exprime les mêmes sentiments et arrive à la même conclusion : « Nous savons que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, qui sont appelés selon son dessein » (Romains 8:28).

Comme je l’ai dit dans la lettre du 30 mars, en utilisant des mots tirés du livre de l’Apocalypse, «je fais toutes choses nouvelles », c’est dans ce moment de grâce spécifique qui nous a été donné ici et maintenant que nous sommes invités à réfléchir, à prier et méditer sur ce que Jésus fait par ses paroles, ce que signifie pour moi, «je fais toutes choses nouvelles », personnellement, pour ma communauté, pour la Petite Compagnie.

Presque en même temps que nous vivions la pandémie de COVID-19 avec toutes ses réalités actuelles et voyons ses conséquences futures dans le monde entier, nous avons commencé les préparatifs de notre 43e Assemblée générale. Elle se tiendra du 27 juin au 15 juillet 2022 sur le thème : « Revitaliser notre identité au début du Ve Centenaire de la Congrégation de la Mission ». Ces dernières semaines, nous avons terminé la première phase de préparation en répondant individuellement au questionnaire envoyé par la Commission préparatoire via Google Forms. Bientôt, nous entamerons la deuxième phase de préparation, nos Assemblées domestiques, suivie de la troisième phase de préparation, les Assemblées provinciales, qui nous amènera, si Dieu le veut, à l’Assemblée générale de juin 2022.

La préparation en cours de notre prochaine Assemblée générale est en quelque sorte parallèle à cette période de lutte, de douleur, de souffrance et d’incertitudes que la pandémie fait naître dans le monde. Les paroles de Saint Paul prennent beaucoup de vie et de cœur, que tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu, ainsi que les paroles de Jésus : « Je fais toutes choses nouvelles ». En cette période spéciale de pandémie qui a embrassé le monde entier, la Providence nous offre une opportunité unique au début du 5e Centenaire de la fondation de notre Petite Compagnie de réaliser, aussi pleinement que nous pouvons humainement, le rêve que Jésus rêve ici et maintenant pour notre Congrégation.

Nous découvrons également qu’en raison de la pandémie, quelque chose de différent, de nouveau et de frais prend vie en nous individuellement, au sein de nos communautés et au sein de la Congrégation. Des signes concrets d’un nouveau printemps au sein de notre petite compagnie commencent à émerger. Nous continuons d’approfondir notre vie spirituelle, nous continuons à grandir dans l’ouverture les uns aux autres, nous continuons à intensifier la recherche de solutions communes aux situations dramatiques que nous vivons, etc…

Le temps de préparation de l’Assemblée générale se déroulant pendant la pandémie que nous ne pouvions ni prévoir ni planifier à l’avance, nous avons un signe de la Providence, de don de Dieu à notre Petite Compagnie en vue de revitaliser notre identité : notre spiritualité et notre charisme, revitalisant le rêve de Jésus pour notre Congrégation au début du Ve siècle de sa fondation.

Dans le quatrième chapitre, au numéro 42 de nos Constitutions, nous lisons: « Ainsi, par l’union étroite de la prière et de l’activité apostolique, le missionnaire se fait contemplatif dans l’action et apôtre dans la prière » M. Vincent a dit à plusieurs reprises: « les vrais Missionnaires devaient être comme des Chartreux en leurs maisons et comme des apôtres au dehors.»[2]

Ensemble, nous affrontons la réalité et réagissons du mieux que nous pouvons à la pandémie du COVID-19, peu importe où nous servons dans le monde. Nous sommes également ensemble en pèlerinage vers l’Assemblée générale de 2022. La meilleure façon pour nous, en tant que membres de la Petite Compagnie, de nous impliquer et de réagir dans les deux cas est de descendre aux sources les plus profondes de notre identité: notre spiritualité et notre charisme. Saint Vincent a laissé le rêve de Jésus sur lui, devenir réalité. Vincent est devenu un Mystique de la charité.

Puissions-nous aussi, membres de la Congrégation de la Mission, devenir de plus en plus des Mystiques de la Charité, en ce 21e siècle et au début du 5e Centenaire de notre fondation, dans lequel nous nous sommes fixés pour objectif de revitaliser notre propre identité.

Rome, 19 juin 2020

Votre frère en Saint Vincent de Paul,

P. Tomaz Mavric CM – Supérieur Général

 

__________

[1] SV I, 142 Lettre 92, à sainte Louise, [1631].

[2] Louis Abelly, La vie du vénérable serviteur de Dieu Vincent de Paul, Livre I, p.100

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Dimanche du Bon Pasteur. JOURNÉE MONDIALE DE PRIÈRE POUR LES VOCATIONS. Lettre du Supérieur Général. 3 mai 2020

À la lumière de la lettre du Pape François pour cette Journée, nous sommes invités à réfléchir, agir et vivre la situation dans laquelle le monde d'aujourd'hui nous place.

Tomaz Mavric

Dimanche du Bon Pasteur. JOURNÉE MONDIALE DE PRIÈRE POUR LES VOCATIONS. Lettre du Supérieur Général. 3 mai 2020

Chers confrères, Que la grâce et la paix de Jésus soient toujours avec nous !

Chaque année, le Quatrième Dimanche de Pâques, aussi appelé Dimanche du Bon Pasteur, nous célébrons la Journée Mondiale de Prière pour les Vocations.

Dans la lettre de cette année pour la Journée Mondiale de Prière pour les Vocations, le Pape François réfléchit sur quatre mots : Gratitude, Encouragement, Fatigue et Louange.

La célébration de cette Journée se fera dans des conditions extraordinaires, comme ce fut le cas pour le Carême, la Semaine Sainte et Pâques, à cause du Coronavirus COVID 19.

À la lumière de la lettre du Pape François pour cette Journée, nous sommes invités à réfléchir, agir et vivre la situation dans laquelle le monde d’aujourd’hui nous place.

Ainsi, les paroles du Pape deviennent un phare pour répondre aux circonstances actuelles, ainsi que pour se préparer à affronter le temps et la réalité après COVID-19, en ayant particulièrement à l’esprit la promotion des vocations.

Passons des pensées de découragement et de fatigue à celles de gratitude et de louange. La Gratitude est d’avoir été appelé par le Maître de Nazareth à trouver un accomplissement dans la vie, à être regardé par Lui, à faire l’expérience d’un face-à-face avec l’Amour de ma vie. Comme l’écrit le Pape François dans son message, “Toute vocation naît de ce regard d’amour”. Il poursuit en disant que Jésus “nous donne l’enthousiasme dont nous avons besoin pour vivre notre vocation avec joie et ferveur”.

Souvenons-nous : du 19 novembre au 1er décembre 2018, quelque 75 confrères de chaque Province, Vice-province, Région et Mission Internationale ont participé à la première Rencontre Internationale des Promoteurs de Vocations. Ils se sont rencontrés au Centre International de Formation (CIF) à la Maison Mère de la Congrégation de la Mission à Paris. Là, ils ont partagé la joie de la vocation missionnaire vincentienne.

Dans le Document final de cette rencontre, les confrères ont exprimé une option claire pour une “Culture des Vocations Renouvelée”, option qui, lorsqu’elle est vécue et expérimentée dans la perspective de l’Évangile, revitalise notre passion de suivre Jésus-Christ, Evangélisateur des pauvres (une suite du Christ dans tous les aspects de notre vie). De cette façon, nous pouvons développer une attitude, une sensibilité et une pédagogie qui nous aideront à mettre en place un style favorisant l’établissement d’une culture des vocations dans chacune de nos communautés locales et qui, en même temps, nous permettra de cultiver une spiritualité vincentienne de l’appel. Le zèle, le feu, la conviction et l’engagement exprimés dans le Document Final par les confrères officiellement responsables de la promotion des vocations doivent être continuellement nourris dans chaque Province, Vice-province, Région et Mission Internationale et dans les cœurs, les esprits et les actions de chaque confrère de la Petite Compagnie.

A partir du regard de Jésus, qui nous donne l’enthousiasme nécessaire pour vivre notre vocation avec joie et ferveur, découle la conséquence logique que chacun de nous fera tout ce qui est en son pouvoir pour aider les jeunes que Jésus appelle à répondre positivement à leur appel à la Vie consacrée dans notre Petite Compagnie.

Si chacun de nous, la grâce de Dieu aidant, invite ne serait-ce qu’un seul jeune à rejoindre la Congrégation, en l’accompagnant par la prière et l’exemple personnel, et en le soutenant directement ou indirectement dans ses différentes étapes de formation, notre Petite Compagnie grandira en sainteté et en nombre. Cela est possible, car pour Jésus rien n’est impossible.

Au milieu de la pandémie COVID-19 que nous vivons, la Gratitude pour notre appel personnel se transforme en Louange et donne naissance à de nouvelles initiatives, décisions et chemins qui aideront la culture des vocations et, dans le cadre de celle-ci, la promotion des vocations. Les restrictions actuelles concernant les rencontres personnelles avec les gens encouragent de nouvelles idées et approches qui nous permettent de rester en contact avec les jeunes en utilisant les réseaux sociaux et d’autres moyens de communication. Grâce à ces technologies, on peut organiser des rencontres de prière, de discernement des vocations et des retraites. Par ces mêmes moyens, on peut les faire participer à l’Eucharistie, à l’Adoration du Saint-Sacrement et partager avec eux des documents pour leur formation.

En tout cas, c’est une profonde source de joie de voir l’inventivité, le zèle, le feu et la conviction de tant de confrères dans le domaine de la promotion des vocations qui est une des priorités de la Congrégation.

Pour le témoignage et les merveilleux services accomplis, je tiens à remercier chaleureusement tous les confrères directement responsables de la promotion des vocations dans chaque Province, Vice-province, Région et Mission Internationale. Je remercie également l’équipe des collaborateurs (les prêtres, les frères, les séminaristes, les laïcs…).

Un chaleureux Merci aussi à vous : Visiteurs, Supérieurs régionaux et Supérieurs des Missions Internationales pour le grand soutien personnel et encouragement que vous apportez à tous les confrères dans ce service.

Si, pour une raison quelconque, une Province, une Vice-province, une Région ou une Mission internationale n’a pas encore de confrère responsable de la Promotion des Vocations, soutenu par une équipe de collaborateurs, je voudrais vous encourager, à ce moment précis, à confier ce service à un confrère. Au cas où ce confrère aurait d’autres services, qu’il fasse de ce service de Promotion des Vocations son ministère principal.

Dans le Document final de la Première rencontre internationale des Responsables de la Promotion des Vocations, il est dit ceci : “Nous sommes certains que la culture des vocations représente le rêve et la mission de notre Fondateur, car il dit : « …vos ouvriers se multiplieront, attirés par l’odeur d’une telle charité. » (SV III, 257 ; lettre 1002 à Étienne Blatiron, Supérieur à Gênes, 13 décembre 1647).

Je voudrais conclure cette lettre en citant la fin du message du Pape François pour la Journée Mondiale de Prière pour les vocations :

« Chers frères et sœurs, spécialement en cette Journée, mais aussi dans l’action pastorale ordinaire de nos communautés, je désire que l’Eglise parcoure ce chemin au service des vocations, en ouvrant des brèches dans le cœur de chaque fidèle, pour que chacun puisse découvrir avec gratitude l’appel que Dieu lui adresse, trouver le courage de dire “oui”, vaincre la fatigue dans la foi au Christ et, enfin, offrir sa vie comme un cantique de louange pour Dieu, pour les frères et pour le monde entier. Que la Vierge Marie nous accompagne et intercède pour nous. »

Votre frère en Saint Vincent !

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“Voici, je fais toutes choses nouvelles” (Apocalypse 21, 5) Message du Supérieur Général, à tous les confrères de la Congrégation de la Mission

En cette période de grande souffrance, conséquence de la pandémie COVID-19, tant de personnes ont perdu la vie, parmi lesquelles, peut-être, des membres de famille, des amis et des personnes que nous avons connues et servies. Beaucoup plus nombreux sont ceux qui ont été infectés par le coronavirus.

Tomaz Mavric

“Voici, je fais toutes choses nouvelles” (Apocalypse 21, 5) Message du Supérieur Général, à tous les confrères de la Congrégation de la Mission

A tous les confrères de la Congrégation de la Mission Mes chers confrères, Que la grâce et la paix de Jésus soient toujours avec nous !

“Voici, je fais toutes choses nouvelles” (Apocalypse 21, 5)

En cette période de grande souffrance, conséquence de la pandémie COVID-19, tant de personnes ont perdu la vie, parmi lesquelles, peut-être, des membres de famille, des amis et des personnes que nous avons connues et servies. Beaucoup plus nombreux sont ceux qui ont été infectés par le coronavirus. De nombreuses familles et communautés souffrent de la perte d’un être cher, de la perte de leur travail, de la perte de leur paix intérieure, à cause de la maladie, du confinement, de l’isolement de la société et des inquiétudes concernant l’avenir.

Je voudrais, en ce moment, avec ces simples lignes, atteindre le cœur de chaque Province, Vice-Province, Région, Mission Internationale, le cœur de chaque communauté et de chaque confrère de notre Petite Compagnie, où que vous servez, où que vous soyez maintenant, nos confrères-évêques du monde entier, et les confrères qui, pour une raison ou une autre, vivent en dehors de la communauté CM, beaucoup d’entre eux seuls.

Notre Fondateur, Saint Vincent de Paul, a exprimé un jour avec tant d’émotion, je pourrais même l’imaginer avec les larmes aux yeux : ” Que j’ai peine de votre peine [1]! “. Ce sont ces mots que je voudrais répéter aujourd’hui à chacun d’entre vous, chers confrères, ” Que j’ai peine de votre peine ! “. Nous portons les peines des uns et des autres.!

Cependant, en cette période de grande peine, notre proximité spirituelle, émotionnelle et mentale les uns avec les autres au sein de la Congrégation a atteint des proportions extraordinaires vis-à-vis de tous ceux que chacun d’entre nous porte dans son cœur et ceux que nous servons.

Approfondissons notre vie de prière. Grandissons dans l’ouverture les uns envers les autres. Intensifions notre recherche de solutions communes à la situation dramatique que nous sommes en train d’expérimenter en tant qu’individus, communautés, famille, pays, continents et monde.

Nous sommes profondément reconnaissants au personnel médical qui, jour et nuit, se bat pour la vie de milliers et de milliers de nos frères et sœurs dans le monde entier. Nous sommes profondément reconnaissants au Pape François, aux évêques, aux prêtres, aux frères, aux diacres, aux sœurs, à toutes les personnes consacrées et aux laïcs. Grâce à de merveilleuses initiatives, toutes ces personnes restent en contact les unes avec les autres, avec les malades, les abandonnés, les sans-abri, les communautés paroissiales, les autres groupes ecclésiaux et les diocèses, en aidant les personnes dans leurs divers besoins matériels, émotionnels, psychologiques et spirituels.

Nous saluons vivement les autorités gouvernementales nationales et locales, la police, les fonctionnaires et les nombreux bénévoles qui sont engagés dans cette bataille.

Vous, chers confrères, êtes certainement aux premières lignes dans beaucoup de ces domaines, un confrère de plus dans un domaine, un autre de plus dans un autre, mais je suis convaincu que chacun d’entre nous essaie de faire de son mieux. Je vous en remercie du fond du cœur !

Nous savons que, tout en faisant le bien, nous devons être attentifs à suivre les prescriptions et les directives qui nous sont données par les dirigeants gouvernementaux et les autorités sanitaires, pour le bien de tous, pour ceux qui sont servis, ainsi que pour ceux qui servent. Néanmoins, cela ne nous empêche pas d’être inventifs et de voir ce qui davantage peut être fait pour nos frères et sœurs, en les aidant dans l’esprit de notre Fondateur, de manière holistique, dans les domaines où ils sont actuellement le plus dans le besoin.

Cela fait également partie de notre charisme d’impliquer les autres dans les initiatives que le Christ nous inspire de réaliser. Agissons ensemble comme des confrères avec d’autres membres de la Famille vincentienne, ainsi qu’avec d’autres collaborateurs.

En ce moment, nos pensées vont également au-delà du temps présent vers la période où la pandémie de coronavirus sera en grande partie terminée. Tant de personnes ressentiront les conséquences dramatiques de ce que l’économie mondiale vit à cause de ce virus.

Alors que nous continuons à approfondir notre vie de prière, individuellement, en tant que communauté, en tant que congrégation, en nous soutenant les uns les autres, en soutenant les personnes que nous servons, nos familles et nos amis, au milieu de toute cette souffrance, cette insécurité et cette lutte, les paroles de Jésus tirées du livre de l’Apocalypse deviennent si consolantes et édifiantes pour nous-mêmes et pour les autres : “Voici, je fais toutes choses nouvelles”.

En ce moment, j’invite chacun d’entre nous à réfléchir à ces paroles du Christ qui touchent tous les coins de notre être intérieur, tout ce que nous sommes, tout ce que nous pensons, tout ce que nous faisons. Jésus nous dit, en d’autres termes : Je suis toujours en mouvement… Je vais toujours de l’avant… J’avance toujours pour le mieux. Je fais toujours des choses nouvelles pour vous, pour chacun, pour chaque communauté, pour la Petite Compagnie, pour tous nos proches, pour toutes les personnes que nous servons, pour les Pauvres.

C’est dans ce temps de grâce spécifique qui nous a été donné que nous sommes également invités à réfléchir, à prier et à méditer ce que fait Jésus par ses paroles. “Je fais toutes choses nouvelles” signifie pour moi personnellement, pour ma communauté, pour la Petite Compagnie. Cette pandémie a touché la vie, le cœur et l’esprit de la plus grande partie de l’humanité. Nous sommes invités et appelés à voir la réalité présente également à travers les yeux et le cœur de Jésus, à faire totalement confiance à la Providence pour que, de cette réalité bouleversante dans laquelle nous vivons, quelque chose de bon, de positif et de meilleur surgisse, alors que Jésus continue à marcher dans le monde en faisant toutes choses nouvelles !

Chers confrères, à la Curie générale, nous avons reçu des emails, des appels téléphoniques, des messages WhatsApp de votre part et des communautés, nous faisant part de la réalité dans laquelle vous vivez, de votre état de santé, de l’état de santé des personnes que vous servez. Nous vous sommes très reconnaissants pour toutes les nouvelles de votre part, où que vous soyez dans le monde et nous vous incluons dans nos prières, dans l’Eucharistie.

Chers confrères, une fois de plus, à tous, je dis MERCI de tout cœur. Accompagnons le Christ à travers le monde dans notre esprit, notre cœur et notre corps, Lui qui ne cesse de faire toutes choses nouvelles.

 

[1] Pierre Coste, Saint Vincent de Paul: Correspondance, Entretiens, Documents, Paris, Librairie Le Coffre, 1920, Tome I, page 142.

 

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Lettre du Supérieur Général. 18 mars 2020

Alors que nous prions pour Sr Kathleen, nous lui demandons aussi d'intercéder au Ciel pour tous les membres de notre Congrégation, les Filles de la Charité, les autres membres de la Famille Vincentienne, les Pauvres.

Tomaz Mavric

Lettre du Supérieur Général. 18 mars 2020

SUPERIORE GENERALE

 

 Rome, le 18 mars 2020

A tous les membres de la Congrégation de la Mission

 

Chers confrères,

La Grâce et la Paix de Jésus soient toujours avec nous !

Aujourd’hui à 7h00 du matin, à la Maison Mère des Filles de la Charité à Paris, France, la Mère Générale Sr Kathleen APPLER est partie pour la Maison du Père.

En ce moment de grande souffrance et de douleur, nous nous joignons à toutes les Filles de la Charité pour leur exprimer notre plus grande proximité, notre soutien et notre union dans la prière.

J’invite chaque communauté locale dans toutes nos Provinces, Vice-Provinces, Régions et Missions internationales de célébrer une Eucharistie pour l’âme de Sr Kathleen APPLER,  pour les membres de sa famille, pour toutes les Filles de la Charité et tous ceux qui en ce moment ressentent de façon particulière la grande perte de sa personne.

Je voudrais également demander à chaque communauté locale, lors de la prière commune du Bréviaire ou de l’Eucharistie en ce temps de Carême, d’inclure les mêmes intentions dans les ‘’Prières d’intercession’’.

Comme membres de la Petite Compagnie, nous avons fait l’expérience tout au long du service de Sœur Kathleen comme Mère Générale des Filles de la Charité de son merveilleux soutien, de sa proximité, de son amitié et d’un exemple extraordinaire de simplicité, d’humilité et de charité.

Alors que nous prions pour Sr Kathleen, nous lui demandons aussi d’intercéder au Ciel pour tous les membres de notre Congrégation, les Filles de la Charité, les autres membres de la Famille Vincentienne, les Pauvres.

Votre frère en saint Vincent,

Tomaž Mavrič, C.M.

Supérieur Général

 

 

Lettre à Sr Kathleen au Ciel !

Chère Sœur Kathleen !

Depuis quelques jours, je vous ai écrit, plusieurs fois, à votre adresse à la Maison Mère des Filles de la Charité à Paris, en France. Aujourd’hui, je vous écris, à votre nouvelle adresse au Ciel.

Chère Sr Kathleen, je voudrais vous exprimer ma plus profonde gratitude pour toutes les quatre années que j’ai eu le privilège de vous connaître, de découvrir votre cœur maternel, un cœur qui bat sans cesse pour chaque Fille de la Charité, pour notre Petite Compagnie, pour la Famille Vincentienne et pour les Pauvres !

Vous avez été et vous êtes pour moi l’exemple d’une personne qui a vécu au maximum les vertus de simplicité, humilité et charité.

J’ai toujours apprécié votre soutien, votre collaboration profonde, votre proximité. J’aime la manière dont vous terminiez toujours vos lettres: ‘’L’union dans la prière!’’ C’est en fait pour moi la première lettre que je vous adresse à votre nouvelle adresse au Ciel.

Comme d’habitude, je continuerai de vous écrire. Nous continuerons notre correspondance régulière. La seule chose qui change, c’est l’adresse.

Dans cette première lettre à votre nouvelle adresse, je voudrais vous assurer que je continuerai à me souvenir de vous pendant l’Eucharistie, le Rosaire, l’Adoration du Saint Sacrement.

Avec vous au Ciel, nous restons en union de prières pour chaque Fille de la Charité, notre Petite Compagnie, la Famille vincentienne, les Pauvres!

Chère Sœur Kathleen, j’ai une forte conviction que vous êtes unie à l’armée des Saints de la Famille vincentienne et que dès aujourd’hui vous avez commencé à intercéder pour les Pauvres, les Filles de la Charité, la Congrégation de la Mission et le reste de la Famille vincentienne.

Unis dans la prière !

Tomaž Mavrič, cm

 

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« Mobilisation pour la prière » Ver la 43e Assemblée Générale de la Congrégation de la Mission – 2022

Le 25 janvier 1617, en la fête de la Conversion de Saint Paul, Saint Vincent de Paul a prêché dans l’église de Folleville sur l’importance de la confession générale dans la vie de chacun. Plus tard, il a choisi cette date pour marquer le début de ce qu’il a appelé la Petite Compagnie.

Tomaz Mavric

« Mobilisation pour la prière » Ver la 43e Assemblée Générale de la Congrégation de la Mission – 2022

Mes chers Confrères. Que la grâce et la paix de Jésus soient toujours avec nous !

Le 25 janvier 1617, en la fête de la Conversion de Saint Paul, Saint Vincent de Paul a prêché dans l’église de Folleville sur l’importance de la confession générale dans la vie de chacun. Plus tard, il a choisi cette date pour marquer le début de ce qu’il a appelé la Petite Compagnie.

Quatre cent trois ans se sont écoulés depuis ce moment providentiel et historique où les premières graines ont été plantées. Ces graines ont poussé pour devenir, en 1625, la Congrégation de la Mission. On peut imaginer le feu intérieur et le zèle missionnaire de nos premiers confrères qui se sont joints à Vincent dans les années qui ont suivi. On peut aussi imaginer leur vie de prière, leur détachement volontaire des choses matérielles et leur soif de suivre le Christ Évangélisateur des Pauvres jusqu’aux extrémités de la terre.

En cette fête de la Conversion de Saint Paul et de la Journée de la Fondation de notre Congrégation, je demande et encourage chaque membre de la Petite Compagnie à mobiliser les autres et nous-mêmes dans une chaîne de prières pour la prochaine 43ème Assemblée Générale de la Congrégation de la Mission qui aura lieu du 27 juin au 15 juillet 2022. La chaîne de prières doit commencer cette année en la fête de la Conversion de Saint Paul, notre Journée de Fondation, et s’étendre sur les deux ans et demi de préparation de la 43ème Assemblée Générale de la Congrégation de la Mission jusqu’à sa conclusion le 15 juillet 2022.

La Commission préparatoire de l’Assemblée générale a été formée et annoncée officiellement dans la lettre du Temps Fort de décembre 2019 envoyée à tous les confrères. Au cours du prochain Temps Fort, en mars 2020, et après la première réunion de la Commission Préparatoire, le thème officiel de la prochaine Assemblée Générale sera annoncé.

La réflexion sur le thème principal de la prochaine Assemblée Générale a commencé à la Rencontre des Visiteurs à Manille (Philippines) en juin 2019 et s’est poursuivie pendant la réunion du Temps Fort du Conseil Général en décembre 2019. Elle se poursuivra tout au long des Assemblées domestiques, provinciales et vice-provinciales accompagnées par la Commission préparatoire et le Conseil général.

J’invite chaque confrère personnellement, chaque communauté locale, chaque province, vice-province, région et mission internationale à se mobiliser pour la prière au sein de la Congrégation, ainsi qu’au-delà. Je vous demande d’atteindre toutes les branches de la Famille Vincentienne au niveau local, national et international. En plus, demandez aux membres de la Famille Vincentienne, au sens large du terme, aux parents, amis, paroissiens, étudiants de toutes nos écoles et collaborateurs de prier avec nous. Nous pourrions aussi étendre cette demande aux Congrégations Contemplatives masculines et féminines de se joindre à nous dans la prière, ainsi qu’à d’autres Congrégations qui n’appartiennent pas à la Famille Vincentienne, afin de ne laisser personne de côté.

Pour le moment, je ne présente aucune prière spécifique que, tous, nous devrions réciter. Cela viendra après la première réunion de la Commission Préparatoire en mars 2020. Pour le moment, je voudrais encourager vos initiatives personnelles au niveau local, provincial, dans nos régions et dans les missions internationales, pour préparer et réaliser des rencontres de prières, de demandes, et plus tard utiliser la prière officielle que nous recevrons bientôt. Cependant, nous ne devons pas nous limiter à cette prière, mais faire davantage pour atteindre le même but avec notre inventivité, nos talents et nos dons.

Par exemple, sur une semaine ou un mois, nous pourrions offrir la Sainte Eucharistie à cette intention ; prier la Liturgie des Heures en nous concentrant sur le thème de la prochaine Assemblée générale ; organiser un temps d’Adoration devant le Saint Sacrement ; préparer un temps de prière en associant prières et chants en lien avec le thème de la prochaine 43e Assemblée générale ; prier au moins une dizaine de chapelet par jour à cette intention ; aller en pèlerinage sur les lieux saints dans le but spécifique de demander l’intercession divine par l’intermédiaire de Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse, des Saints, des Bienheureux, et des Serviteurs de Dieu de notre Congrégation, ainsi que de toute la Famille Vincentienne ; etc.

Notre prochaine Assemblée Générale aura lieu, si Dieu le veut, 405 ans après l’évènement providentiel de Folleville. Nous devons aspirer, viser et avoir soif du feu intérieur et du zèle missionnaire qui ont conduit nos premiers confrères à suivre le Christ Évangélisateur des Pauvres. Nous devons nous efforcer d’obtenir un nouveau Printemps, une nouvelle Pentecôte.

Nous connaissons bien nos faiblesses, mais nous croyons aussi fermement qu’en nous mobilisant pour la prière, à l’intérieur et à l’extérieur, en impliquant le plus grand nombre de personnes possible, nous parviendrons à réaliser le rêve de Jésus pour la Congrégation, tel qu’il a été communiqué à Vincent par la Providence divine. Comme nous l’a dit Saint Vincent,

« Donnez-moi un homme d’oraison, et il sera capable de tout ; il pourra dire avec le saint Apôtre : ‘Je puis toutes choses en Celui qui me soutient et qui me conforte’ (cf. Philippiens 4,13) »1.  Nous  pouvons  avoir  confiance  en  la  Miséricorde  de  Dieu  envers  notre  Petite Compagnie.

Que ces lignes encouragent chacun à embrasser, avec une totale confiance en la Providence, cette mission de mobilisation pour la prière en vue de la prochaine 43e Assemblée générale de la Congrégation de la Mission.

Votre frère en Saint Vincent,

Tomaž Mavrič, CM Supérieur général

 

 

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Lettre de l’Avent 2019 : ” Hymne à la Providence “

L’Eglise nous offre des moments privilégiés dans l’année, des pauses en cours de route, pour nous aider à approfondir notre compréhension du pèlerinage de notre vie et à trouver un sens à chaque jour, voire chaque minute, qui constitue ce chemin.

Tomaz Mavric

Lettre de l’Avent 2019 : ” Hymne à la Providence “

Mes très chers confrères : La grâce et la paix de Jésus soient toujours avec nous !

Pour chacun de nous, la vie est un pèlerinage. Nous sommes constamment en mouvement. Ce pèlerinage n’est pas tant un déplacement physique d’un endroit à un autre mais un déplacement intérieur de nos pensées, réflexions, perceptions sensorielles et de notre prière.

L’Église nous offre des moments privilégiés dans l’année, des pauses en cours de route, pour nous aider à approfondir notre compréhension du pèlerinage de notre vie et à trouver un sens à chaque jour, voire chaque minute, qui constitue ce chemin. Nous apprenons à être de plus en plus attentifs aux événements quotidiens, aux personnes que nous rencontrons, aux pensées et aux émotions qui surgissent et à la nature – arbres, fleurs, rivières, montagnes, animaux, soleil, lune, etc. – qui nous entoure. Notre attention et notre sollicitude s’étendent progressivement à toute l’humanité et à l’univers entier.

L’Avent est un de ces temps forts. En cette période privilégiée de l’année, nous poursuivons notre réflexion sur les éléments qui ont façonné la spiritualité vincentienne et ont conduit saint Vincent de Paul à devenir un mystique de la Charité. En plus de ceux sur lesquels nous avons réfléchi au cours des trois dernières années, un autre fondement de la spiritualité vincentienne est la Providence.

Les termes suivants pourraient exprimer l’essence de la Providence : « l’orientation de Jésus pour ma vie », « le projet de Jésus pour ma vie », « la recette de Jésus pour une vie pleine de sens ».

La Providence fait son chemin dans notre être, notre esprit et notre cœur à une condition : celle de la confiance. Avoir confiance en «  l’orientation  de Jésus pour ma  vie », « le projet de Jésus pour ma vie », « la recette de Jésus pour une vie  pleine de  sens ». Nous nous mettons entre les mains de Jésus, confiants que son orientation pour notre vie est la meilleure possible, son projet pour notre vie est le meilleur projet possible et sa recette est le meilleur modèle possible pour une vie pleine de sens.

La Providence aura de l’effet dans notre vie en fonction de la profondeur de notre confiance en Jésus. Plus notre confiance en Jésus sera profonde, plus nous permettrons à la Providence d’accomplir des miracles dans notre vie. Plus nous nous mettons entre les mains de Jésus, plus nous sommes en mesure de lire les événements quotidiens, les rencontres et les lieux comme des moyens à travers lesquels Jésus nous parle. Plus nous arrivons à faire confiance au projet de Jésus pour nous, même lorsque ce qui se passe est assez incompréhensible ou même très douloureux, plus nous compterons sur la Providence. Nous placer entre les mains de Jésus et lui faire pleinement confiance nous aide à laisser la Providence agir en nous dans toutes les circonstances de la vie.

Le fait de nous « abandonner » entre les mains de Jésus dans toutes les situations change notre regard. Nous n’évaluerons pas les événements de la vie comme bons ou mauvais moments, mais nous les considèrerons à travers la personne de Jésus, en lui faisant totalement confiance, et nous les reconnaîtrons comme « le moment favorable ». Ce choix fera disparaitre deux termes de notre vocabulaire : « destin » et « hasard ». Nous nous rendrons compte qu’ils ne sont pas cohérents avec notre manière de comprendre l’Evangile et Jésus.

L’abandon total entre les mains de Jésus, la confiance totale dans le projet de Jésus et la confiance totale en la Providence nous aident à découvrir ou à redécouvrir la beauté, le positif et le sens de chaque événement. Cela s’oppose à un regard sur les événements simplement à travers nos yeux, notre esprit et nos sentiments humains. Dans ce cas, la mentalité de destin et de hasard souligne le négatif et cache la beauté, le positif et le sens de tout ce qui nous touche et nous façonne.

Une merveilleuse expression de cette confiance en la Providence se trouve dans une belle prière écrite par le bienheureux Charles de Foucauld, après sa profonde conversion personnelle qui l’a conduit sur des chemins inattendus sur lesquels il ne pouvait se fier qu’à Dieu. Souvent appelée « prière d’abandon », elle traduit son désir plénier de se mettre entre les mains du Père, conformément au modèle de l’abandon de Jésus entre les mains de son Père, et de devenir un instrument permettant au Père de faire ce qu’il veut de lui. Il est prêt à tout, accepte tout et remet son âme entre les mains du Père, sans réserve et avec une confiance illimitée :

Mon Père, je m’abandonne à toi, fais de moi ce qu’il te plaira.

Quoi que tu fasses de moi, je te remercie.

Je suis prêt à tout, j’accepte tout.

Pourvu que ta volonté se fasse en moi, en toutes tes créatures, je ne désire rien d’autre, mon Dieu.

Je remets mon âme entre tes mains.

Je te la donne, mon Dieu, avec tout l’amour de mon cœur, parce que je t’aime, et que ce m’est un besoin d’amour de me donner, de me remettre entre tes mains sans mesure, avec une infinie confiance, car tu es mon Père.

Trois cents ans plus tôt, la Providence était devenue l’un des piliers de la spiritualité de saint Vincent de Paul. En parcourant ses lettres et ses conférences, la fréquence avec laquelle saint Vincent parle de la Providence nous frappe. La Providence a été l’un des facteurs clés qui ont façonné Vincent pour faire de lui la personne, le saint que nous connaissons. Son chemin de conversion, du Vincent de son enfance, de sa jeunesse et de ses premières années de sacerdoce, au Vincent qui a accueilli la Providence et que nous appelons saint, n’a pas été facile.

Il avait ses propres projets et sa propre idée du rôle du prêtre, ses propres ambitions et ses objectifs égoïstes. Cependant, il en vint à renoncer à sa propre volonté, à mettre Jésus au premier plan, à se fier entièrement aux projets de Jésus et non aux siens, et à « chanter » fréquemment et de différentes manières ce que nous pourrions appeler un « Hymne à la Providence ». En fait, ce changement radical en soi fut un miracle. Saint Vincent, faisant totalement confiance à la Providence, devint lui-même Providence pour les autres, pour les pauvres. C’était le point culminant d’une union mystique, non pas d’une union mystique abstraite, mais d’une union mystique qui provoquait une réponse affective et effective.

 Je voudrais offrir à votre méditation un extrait de la composition de Vincent d’un

« Hymne à la Providence », fruit de sa réflexion sur les expériences de sa vie.

 « … qu’il y a de grands trésors cachés dans la sainte Providence et que ceux- là honorent souverainement Notre-Seigneur qui la suivent et qui n’enjambent pas sur elle ! »[1]

« … abandonnons-nous à la divine Providence ; elle saura bien ménager ce qu’il nous faut »[2].

« … repassant par-dessus toutes les choses principales qui se sont passées en cette compagnie, il me semble, et c’est très démonstratif, que, si elles se fussent faites avant qu’elles l’ont été, qu’elles n’auraient pas été bien. Je dis cela de toutes, sans en excepter pas une seule. C’est pourquoi j’ai une dévotion particulière de suivre pas à pas l’adorable providence de Dieu. Et l’unique consolation que j’ai, c’est qu’il me semble que c’est Notre-Seigneur seul qui a fait et fait incessamment les choses de cette petite compagnie » [3].

« Donnons cependant cela la conduite de la sage providence de Dieu. J’ai une dévotion spéciale de la suivre ; et l’expérience me fait voir qu’elle a tout fait dans la compagnie et que nos providences l’empêchent » [4].

« La grâce à ses moments. Abandonnons-nous à la providence de Dieu et gardons-nous bien de la devancer. S’il plaît à Notre-Seigneur me donner quelque consolation en notre vocation, c’est ceci : que je pense qu’il me semble que nous avons tâché de suivre en toutes choses la grande providence et que nous avons tâché de ne mettre le pied que là où elle nous a marqué »[5].

« La consolation que Notre-Seigneur me donne, c’est de penser que, par la grâce de Dieu, nous avons toujours tâché de suivre et non pas de prévenir la Providence, qui sait si sagement conduire toutes choses à la fin que Notre- Seigneur les destine »[6].

« Nous ne pouvons mieux assurer notre bonheur éternel qu’en vivant et mourant au service des pauvres, entre les bras de la Providence et dans un actuel renoncement de nous-mêmes, pour suivre Jésus-Christ »[7].

« Soumettons-nous à la Providence ; elle fera nos affaires en son temps et en sa manière »[8].

« Ah ! Messieurs, demandons bien tous à Dieu cet esprit pour toute la Compagnie, qui nous porte partout, de sorte que, quand on verra un ou deux missionnaires, on puisse dire : « Voilà des personnes apostoliques sur le point d’aller aux quatre coins du monde porter la parole de Dieu. » Prions Dieu de nous accorder ce cœur il y en a, par la grâce de Dieu qui l’ont, et tous sont serviteurs de Dieu. Mais aller là ! Ô Sauveur ! N’être point arrêté, ah ! c’est quelque chose ! Il faut que nous ayons ce cœur, tous un même cœur, détaché de tout, que nous ayons une parfaite confiance en la miséricorde de Dieu, sans sonner, s’inquiéter, perdre courage. « Aurai-je ceci en ce pays-là ? Quel moyen ? » O Sauveur ! Dieu ne nous manquera jamais ! Ah ! Messieurs, quand nous entendrons parler de la mort glorieuse de ceux qui y sont, ô Dieu ! qui ne désirera être en leur place ? Ah ! qui ne souhaite de mourir comme eux, d’être assuré de la récompense éternelle ! O Sauveur ! y va-t-il rien de plus souhaitable ! Ne soyons donc pas liés à ceci ou à cela ; courage ! allons où Dieu nous appelle, il sera notre pourvoyeur, n’appréhendons rien. Or sus, Dieu soit béni ! »[9]

Au début de ce temps de l’Avent, inspirons-nous de la prière d’abandon du bienheureux Charles de Foucauld. Notre saint Fondateur, saint Vincent de Paul, et tous les autres bienheureux et saints de la Famille vincentienne ont incarné une confiance absolue en Jésus dans leur propre vie et, à leur époque et dans leur milieu, ils ont composé un « Hymne à la Providence ». Puissions-nous à notre tour composer notre propre « Hymne à la Providence ».

Notes

[1] Coste I, 68, L. 31 à Louise de Marillac

[2] Coste I, 356, L. 245 à Robert de Surgis

[3] Coste II, 208, L. 559 à Bernard Codoing

[4] Coste II, 418-419, L. 678 à Bernard Codoing

[5] Coste II, 453, L. 704 à Bernard Codoing

[6] Coste II, 456, L. 707 à Bernard Codoing

[7] Coste III, 392, L. 1078 à Jean Barreau

[8] Coste III, 454, L. 1109 à René Alméras

[9] Coste XI, 291-292, Conférence 135, Répétition d’oraison du 22 août 1655