Et après l’orage ?

Le confinement prend fin. Nous avons vu beaucoup de choses sur le Net pour évoquer l’avant et l’après corona. Mais j’ai bien peur que ce temps de confinement ne ressemble trop à une mise à l’abri le temps d’un orage. Après la pluie le beau temps nous dit le dicton et on reprend tous nos habitudes !!!

Vincent Goguey

Et après l’orage ?

Le confinement prend fin. Nous avons vu beaucoup de choses sur le Net pour évoquer l’avant et l’après corona. Mais j’ai bien peur que ce temps de confinement ne ressemble trop à une mise à l’abri le temps d’un orage. Après la pluie le beau temps nous dit le dicton et on reprend tous nos habitudes !!!

Nous pouvons être étonnés de voir qu’il a fallu dix plaies en Egypte pour que pharaon comprenne qu’il fallait rendre la liberté au peuple de Dieu. En fait il n’a rien compris c’est dans un temps de terrible désolation (la mort de son fils ainé) qu’il laisse partir le peuple. Avant cela, tous les autres signes de Dieu il les a niés, il les a méprisés, il n’en avait cure… Est-ce que pharaon n’est pas le prototype de l’attitude bassement humaine de ne rien entendre des appels de Dieu. Tant qu’on n’est pas touché d’une manière très personnelle et encore… puisqu’à peine le peuple parti, pharaon va aller à leur poursuite pour revenir « comme avant », avoir ses petits avantages (une main d’œuvre pas chère !) ce qui causera sa perte totale (lui et toute son armée périront dans la mer).

A la fin d’une messe un vieux monsieur me dit « C’est bien que vous nous parliez de l’amour de Dieu pour nous mais parlez-nous du diable ! car la seule chose qui fait bouger les gens c’est la peur. On ne respecte pas la limitation de vitesse pour le risque de renverser une personne, on la respecte par peur d’avoir un gendarme qui nous met un PV !! » Terrible constat d’une réalité de notre fonctionnement. Le confinement a surtout fonctionné car on avait peur de se prendre un PV de 135 euros !

Le défi du croyant, appelé à la Vie par Dieu n’est pas d’avancer par peur, mais d’avancer par amour. Est-ce que je désire le mieux, pour tous ? Suis-je prêt à renoncer à mes petits avantages (dont je prends difficilement conscience des dégâts qu’ils peuvent occasionner là- bas à l’autre bout de la planète ou pour la génération à venir) pour tendre à une vie plus harmonisée ?

Etonnant de voir comment nous sommes capables de nous laisser endormir par tous les miroirs aux alouettes que sont les spots et pancartes publicitaires (alors que c’est une véritable agression permanente tant audio que visuelle) et on se laisse prendre par le tournis de l’éphémère et de l’esbrouffe. On s’agite en permanence nous faisant croire que l’on vit alors qu’on est parfois tout juste une branche morte agitée par le vent ! A l’intérieur, ça sonne creux !

Dieu en croix nous révèle combien nous avons de la valeur à ses yeux. Nous sommes

son chef d’œuvre et comme il nous a crée libre, il ne nous impose absolument rien… même pas celle d’assumer cette liberté ! Là est le paradoxe, il nous propose simplement de l’assumer, tant que nous ne le comprenons pas il nous laisse errer ! Peut être faut il descendre bien bas en notre humanité pour apprendre et avoir l’humilité de crier vers Lui, lui demander de l’aide (c’est assez présent dans les témoignages de foi reçu ces jours-ci sur mon facebook). Le seul chemin de liberté possible (bien au-delà du fameux « je fais ce que je veux, voir maintenant ce qui me plait », donc tourné égoïstement sur soi-même) ne peut emprunter que

le chemin de l’amour via principalement le chemin du service à l’autre.

Le service ; l’amour va jusqu’au don de soi pour l’autre. Cela demande un renoncement à soi-même (paradoxe supplémentaire pour être plus moi-même il me faut apprendre à me détacher de moi !!!). Autre paradoxe, on voudrait nous vendre l’amour comme idyllique hyper agréable etc. mais ne reconnait-on pas ses amis dans l’épreuve ? C’est-à-dire quand tout va mal, lorsque nous sommes dans la souffrance ? Etonnant mystère que celui de l’amour qui nous fait parfois passer par l’opposé de ce que nous espérons. St François ne nous dit-il pas dans sa prière si connue : c’est en donnant qu’on reçoit, c’est en s’oubliant que l’on trouve…

Que ce temps de déconfinement s’accompagne d’une remise en cause de nos habitudes pour réellement faire le tri de nos actions pour une vie plus sobre et respectueuse de la planète et de l’avenir. Une vie qui donne envie de vivre !

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Petite visite de notre dévotion à Marie

Mettons-nous quelques instants à la place d’une mère. Celle-ci apprécierait elle d’entendre à longueur de journée son enfant dire qu’il est nul, qu’il n’est pas à la hauteur, qu’il n’est bon à rien etc. ? car ce « pauvres pécheurs » dit principalement nos incapacités à relever le défi de vivre comme Dieu nous le demande. Cette mère ne se désolerait-elle pas de ne voir aucune avancée de l’enfant ? Ne serait-ce pas lui laisser comprendre qu’elle n’est pas une bonne mère puisque nous ne sommes capables de rien ?

Vincent Goguey

Petite visite de notre dévotion à Marie

Lorsque nous nous adressons à Marie nous nous présentons en tant que « pauvres pécheurs ».

Mettons-nous quelques instants à la place d’une mère. Celle-ci apprécierait elle d’entendre à longueur de journée son enfant dire qu’il est nul, qu’il n’est pas à la hauteur, qu’il n’est bon à rien etc. ? car ce « pauvres pécheurs » dit principalement nos incapacités à relever le défi de vivre comme Dieu nous le demande. Cette mère ne se désolerait-elle pas de ne voir aucune avancée de l’enfant ? Ne serait-ce pas lui laisser comprendre qu’elle n’est pas une bonne mère puisque nous ne sommes capables de rien ?

Lorsque nous accompagnons quelqu’un qui est dans la désolation et qui se définie à la négative, ne cherchons-nous pas à contrecarrer l’idée qu’il a de lui-même en lui montrant ce qui est valable en lui ? Ne cherchons-nous pas à lui montrer le positif qu’il n’est pas capable de voir par lui-même ? Ne nous réjouissons nous pas lorsque l’on constate qu’il réussit cela et qu’il se voit avec un regard qui tend davantage vers l’avenir et tous les possibles que cela engendre ?

Par ailleurs lorsque nous nous définissons avant tout comme « pécheur » nous oublions une donnée essentielle de notre foi. Car avant d’être pécheurs, nous sommes créés de Dieu et de plus créés à son image. Avant d’être pécheurs nous sommes enfants de Dieu. Il fait de nous ses fils et ses filles, héritiers de son Royaume selon la grâce obtenue par le Christ offert en sacrifice par amour pour nous.

Pour honorer notre Dieu et notre mère, il est bon de rappeler avec force cette dimension divine en nous plutôt que de limiter notre identité à ce qui est touché par le péché. Sinon c’est donner plus de place au Mal qu’à Dieu !

Prenons encore le temps de constater ce que produit un regard d’une mère aimante sur son enfant lorsque celui-ci prend conscience d’être aimé par sa mère lui disant avec force qu’il est son enfant bien aimé. Cela le réjouit, le stimule, lui donne plus de confiance à reprendre la route, cet amour maternel lui donne de changer son regard sur lui-même en se redisant intérieurement « maman m’aime ». La conséquence est de prendre plus au sérieux ce rôle d’être héritier du Père, soutenue par la mère !

Pour entrer davantage dans ce mystère que nous sommes : enfants de Dieu (et nous le sommes précise st Jean), je me suis mis à réciter la prière adressée à Marie en modifiant quelque peu ce que l’on dit sur nous-mêmes : pauvres pécheurs, en le remplaçant par « tes enfants » ou encore « ses enfants » (pour évoquer le fait d’être enfants du Père).

Voici donc ce que donne cette deuxième partie de la prière du chapelet :

Sainte Marie, mère de Dieu, prie pour nous, tes enfants…

Et pour le « je vous salue Marie » suivant

Sainte Marie, mère de Dieu, prie pour nous, ses enfants…

Exprimer cette prière de cette manière c’est avant tout me remettre vraiment dans cette filiation divine et maternelle (la mère que Jésus nous a donnée) pour m’en fortifier. C’est me charger de toute cette force qui m’est donnée par cet amour indéfectible.

A la suite de l’abbé Pierre, je modifie aussi la toute dernière phrase : « maintenant et à l’heure de notre mort ». Il disait que cette vision évoquait surtout la peur de ce départ définitif, réduisait notre vie qu’à ce dernier moment ultime alors qu’avant ce moment-là il y avait toute une vie à vivre ici sur Terre.

Il remplaçait donc cette fin de prière par « maintenant et à l’heure de la rencontre ». Cette rencontre évoquant deux réalités fortes de notre foi.

Première réalité : le passage de la mort est surtout le moment où nous allons rencontrer notre Dieu face à face. Le dire ainsi c’est mettre davantage l’accent sur cette espérance immense, qui est appelée à sans cesse grandir en nous plutôt que de focaliser sur le côté tragique de notre disparition de cette Terre.

Seconde réalité évoquée dans cette formule est le fait qu’à chaque moment, à chaque rencontre faite dans mon quotidien, il y a le mystère de la présence de Dieu dans l’autre et que j’ai à y être très attentif pour déjà vivre cette rencontre divine dans chacune de mes rencontres quotidiennes.

Ces deux modifications de cette prière si populaire donnent donc ceci :

Je te salue Marie, pleine de grâce

Le Seigneur est avec toi

Tu es bénie entre toutes les femmes

Et Jésus ton enfant est béni.

Sainte Marie, Mère de Dieu prie pour nous tes enfants

Maintenant et à l’heure de la rencontre.

Et la suivante (lorsque nous disons le chapelet)

Je te salue Marie, pleine de grâce

Le Seigneur est avec toi

Tu es bénie entre toutes les femmes

Et Jésus ton enfant est béni.

Sainte Marie, Mère de Dieu, prie pour nous ses enfants

Maintenant et à l’heure de la rencontre.

Lorsque nous regardons la structure des deux prières récitées le plus souvent, le « Notre Père » et le « Je vous salue Marie », nous constatons qu’elles sont identiques. La première partie est tournée vers celui ou celle à qui nous nous adressons pour évoquer ce qu’il y a de beau et de bon dans leur identité. La deuxième partie est tournée vers nous puisque nous leur demandons de nous aider dans notre manière de mener notre vie.

Cela me donne parfois l’impression d’un enfant qui voulant obtenir quelque chose commence par dire plein de gentilles petites choses à son père ou sa mère pour les amadouer et ainsi arriver à leur extorquer ce qui le motive surtout : avoir gain de cause !

Ces prières ont donc le risque de s’intéresser davantage à nous-mêmes qu’au Seigneur ou à Marie. Pour éviter quelque peu cela, chaque première dizaine que je dis quasi quotidiennement omet la seconde partie de ces prières pour me concentrer uniquement sur ce qui est dit de Dieu et de notre mère. Ainsi je commence la première dizaine :

Notre Père qui est aux cieux

Que ton nom soit sanctifié

Que ton règne vienne

Que ta volonté soit faite sur la Terre comme au Ciel.

Je te salue Marie pleine de grâce

Le Seigneur est avec toi

Tu es bénie entre toutes les femmes

Et Jésus ton enfant est béni.

Cela me donne de mieux me défaire de mon petit moi et de me réjouir en contemplant la grandeur de notre Dieu et de la mère qui nous est confiée.

Je vous souhaite, dans cette pratique du chapelet, un bon cœur à cœur avec notre Père et notre mère qui désirent avoir des enfants épanouis et heureux dans leur vie.

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Publication : “Monsieur c’est à nos parents que vous devriez parler !” Vincent Goguey

Pendant une dizaine d’années, deux prêtres de la Congrégation de la Mission (Saint-Vincent-de-Paul), dite des « Lazaristes », sont allés à leur rencontre dans leurs classes, en France et en Belgique, pour les découvrir, accueillir leurs questionnements et les interpeller sur les sens qu’ils donnent à leur vie.

Vincent Goguey

Publication : “Monsieur c’est à nos parents que vous devriez parler !” Vincent Goguey

Rencontres avec les jeunes pour aller au-delà des clichés.

Les jeunes sont-ils ces êtres égoïstes, uniquement préoccupés d’eux-mêmes et sans aucun sens des valeurs que notre société, inquiète et volontiers pessimiste, veut souvent nous faire croire ?

Pendant une dizaine d’années, deux prêtres de la Congrégation de la Mission (Saint-Vincent-de-Paul), dite des « Lazaristes », sont allés à leur rencontre dans leurs classes, en France et en Belgique, pour les découvrir, accueillir leurs questionnements et les interpeller sur les sens qu’ils donnent à leur vie. Pour ces deux hommes, ce fut une source de joie et d’émerveillement. Quelles richesses chez tous ces jeunes qui ont aussi besoin d’être reconnus, encouragés et qui sont heureux de découvrir face à eux des adultes répondant à leurs questions existentielles !

Ce livre vous fait entrer dans les classes où les élèves se sont livrés tels qu’ils sont. C’est une occasion pour chacun, jeune ou adulte, de réfléchir à ce que nous faisons réellement de notre existence.

Note de l’Editeur : L’auteur rapporte avec justesse sa mission auprès des jeunes de milieux et lieux différents, dans une langue au parler franc qui suscite les réactions.

Tour à tour provocateur et amical, il amène son auditoire à se remettre en question pour mieux se comprendre, comprendre ses parents, sa famille et trouver sa vraie place dans la bulle de vie. Une belle aventure humaine que celle de ces deux prêtres missionnaires. À lire et faire lire à toute la famille…

À PROPOS DE CE LIVRE :

Association des Éditions ARKA

Pages : 192 // Année : 2019 // prix 15€

Pour toute commande adressez-vous à :

Vincent GOGUEY : vincent.goguey@gmail.com

” Point de départ de ce récit

2010 était l’année jubilaire de la mort de Saint Vincent de Paul et Sainte Louise de Marillac. 400 ans nous séparaient de ces deux personnages qui ont marqué leur époque par leur manière d’avoir répondu aux détresses du moment, en concrétisant fortement leur foi au service des petits en luttant à leurs côtés contre les différentes formes de pauvreté. Rejoindre les pauvres des campagnes pour leur révéler l’amour de Dieu pour tous, accueillir les exilés arrivant à Paris lorsque des régions étaient en guerre, lancer des équipes de missionnaires ou de sœurs pour aller secourir ceux qui étaient restés là-bas, sauver d’une mort certaine les enfants abandonnés au fond des églises, leur trouver des lieux pour être élevés et recevoir une éducation ; pour apprendre les bases d’un métier pour subvenir à leurs besoins une fois arrivés à l’âge adulte ; prendre soin des vieillards qui croupissaient dans des masures insalubres ; aller dans des foyers où les malades n’avaient plus la force de se soigner, investir les hôpitaux pour soigner les nécessiteux… La liste pourrait encore s’allonger des œuvres et des mises en place de moyens concrets pour soulager cette humanité souffrante d’une époque où la grande noblesse avait pour plaisir de faire la guerre ou la chasse ! Un très bel héritage que nous avons à mettre en valeur, dont on peut rendre grâce pour tout le chemin parcouru et les initiatives caritatives toujours actives aujourd’hui.

Un autre aspect important à évoquer dans la figure de ce saint du « grand siècle » est la création d’une congrégation de prêtres et de frères allant à la rencontre des populations délaissées par le clergé. Annoncer aux pauvres la bonne nouvelle que Dieu les aime (Luc 4,18) est un impératif évangélique qui donne base à cette Congrégation de la Mission dont je fais partie. C’est aussi dans cette dynamique-là que nous allons à la rencontre des jeunes.

Occasion pour les « Vincentiens » d’aujourd’hui de fêter les Congrégations issues de leurs intuitions : la Congrégation de la Mission (souvent appelée « lazariste ») fondée en 1617 et la Compagnie des Filles de la Charité fondée en 1633. Pour honorer l’origine de notre fondation, les Filles de la Charité investies dans l’enseignement, ont voulu qu’il y ait des interventions auprès des collégiens et des lycéens dont elles ont la tutelle. Sur l’Hexagone, elles ont une cinquantaine d’établissements dans le secondaire, donc un bon nombre de jeunes à rejoindre !

Pour nos Congrégations, la volonté était d’intensifier nos collaborations dans différents domaines. Eric Ravoux, un de mes confrères et moi-même étions à ce moment-là responsables du service des vocations pour nos Provinces respectives. Les sœurs ont donc tout naturellement fait appel à nous pour qu’on puisse animer un temps d’échanges dans différentes classes afin de faire découvrir nos fondateurs en donnant quelques bases essentielles de notre spiritualité, de notre charisme : « Suivre le Christ évangélisateur des pauvres ».

Avant d’être au service vocations, Eric était aumônier de prison en Normandie, puis curé d’un secteur en milieu rural en Haute-Marne. Pour ma part, j’ai commencé mon ministère presbytéral auprès des jeunes en lycées professionnels dans les quartiers nord de Marseille. Etre en charge du service des vocations nous amenait spontanément à être en lien avec des jeunes, avec le désir de parler de notre fondateur et de son charisme. C’est donc avec joie que nous avons répondu à l’appel de nos sœurs. Le service « vocation » nous permettait de rencontrer des jeunes déjà motivés par la recherche de Dieu, en questionnement spirituel, et qui venaient demander un approfondissement dans leur connaissance d’une figure de l’Eglise pour nourrir leur foi ou pour faire un chemin vocationnel.

Dès nos premières interventions dans un lycée de Picardie, à la rentrée 2009, nous avons mesuré à quel point les jeunes que nous avions à rencontrer étaient aux antipodes de ce que nous avions à leur proposer. Evoquer saint Vincent, pétri de Dieu comme idéal de vie, ça ne leur disait rien. La dimension du service, l’une des particularités de notre charisme, pouvait en rejoindre certains selon les filières professionnelles dans lesquelles ils se trouvaient mais d’autres n’accrochaient que partiellement. Nous nous sommes vite rendu compte au-delà du peu de connaissances culturelles de nos interlocuteurs, de la pauvreté existentielle de notre jeunesse en France. Très rapidement nous avons décidé avec les responsables pastoraux de l’établissement qu’il valait mieux les rejoindre en interrogeant leurs besoins de vie, leurs questions de sens, plutôt que d’essayer de leur faire ingurgiter un personnage qui n’aurait d’ailleurs trouvé que peu de place dans leur vie. Force est de constater que nos interventions venaient doublement rejoindre notre charisme évoqué dans la parole évangélique en Luc 4 : « l’Esprit du Seigneur est sur moi parce qu’il m’a consacré par l’onction, il m’a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs la délivrance, et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur ». Ces jeunes, dans leur grande majorité, n’étaient pas en situation de pauvreté matérielle (encore qu’il y a bien des pauvretés qui se cachent pour éviter la honte) par contre de par le vide de leurs réponses aux questions existentielles, ils sont véritablement en situation de pauvreté dans ce domaine. Saint Vincent rappelait souvent aux Filles de la Charité qu’il n’était pas suffisant de soulager les corps, bien que cela soit indispensable, mais qu’il fallait aussi prendre soin de l’âme afin d’amener les personnes à trouver Dieu dans leur vie et ainsi l’orienter vers Lui pour une vie comblée.

Nous avons donc radicalement changé notre style d’interventions. Plutôt que de venir leur apporter quelque chose (la connaissance de notre fondateur), nous avons opté pour aller à la rencontre de leurs préoccupations, de leurs questions. Nous nous sommes mis à leur écoute, tout en les bousculant sur les réponses qu’ils avaient à trouver par eux- mêmes à ces questions existentielles. Ils ont assez rapidement compris que notre objectif n’était pas de leur en mettre plein la tête en leur montrant combien notre chemin était le meilleur mais bien au contraire qu’il était une invitation à se poser les questions fondamentales sur le mystère de l’existence.

Nos responsables provinciaux ont rapidement compris l’importance d’investir auprès de ces jeunes et nous ont détachés quasiment plein temps pour cette mission. C’est un ministère assez particulier dont nous désirons vous faire part dans ce livre. Il n’est guère possible de vivre cet apostolat à moitié, il est très prenant, le soir on en sort « lessivé » tant il nous a fallu donner de nous-même, mais c’est surtout une très belle grâce d’être investi auprès de ceux et celles qui n’intéressent que peu d’adultes. Ces jeunes nous ont beaucoup appris, ils nous obligent régulièrement à nous remettre en cause sur notre propre chemin, dans nos convictions. Ils nous interpellent et nous obligent à être en vérité, en adéquation avec ce que nous disons et ce que nous vivons.

Les chapitres constituant ce livre évoquent donc la rencontre et le cheminement que nous avons fait avec ces milliers de jeunes rencontrés pendant plusieurs années. Si d’une classe à l’autre le fil conducteur est en grande partie le même, il y a toujours des variantes puisque notre démarche propose de partir de leurs propres questions ou suggestions de débats.

Ainsi le tout de ce livre ne se vit pas en deux heures de temps, selon les classes ça sera tel ou tel sous chapitre de la grande nébuleuse du bonheur qui sera abordé.”

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Revenir à la messe, mais au fait, pour quoi ?

Le confinement nous a privé de l’eucharistie, un manque cruel pour certains, peut être que pour d’autres ça sera juste l’occasion de se déshabituer d’une pratique vécue par routine… Pour ceux qui le vivent difficilement, osons le regarder en face, nous poser intérieurement. Que se passe-t-il ?

Vincent Goguey

Revenir à la messe, mais au fait, pour quoi ?

À l’occasion du confinement il y a eu tout un tas d’initiatives sur le Net pour tenter de vivre une dimension communautaire, liturgique etc. avec plus ou moins de réussite mais ça a au moins eu le mérite d’être tenté. Ces initiatives viennent réinterroger notre relation à la liturgie, aux symboles, aux sacrements. Que se vit-il dans nos différentes célébrations ?

A l’annonce d’un début de « déconfinement » où les rencontres communautaires seraient repoussées à la saint glinglin nous voyons circuler des pétitions, des réclamations, des murmures, pour qu’on puisse rapidement avoir l’autorisation de célébrer à nouveau la messe. Demande tout à fait légitime mais cela me laisse quelque peu perplexe. Il me semble qu’il y a une étape que l’on saute allégrement et je trouve cela fort dommage : derrière cette volonté de vivre la messe que se cache-t-il ?

Nous avons déjà tous fait l’expérience de découvrir combien une personne nous est chère… le jour où elle disparait ! Terrible expérience parfois !! Cependant si elle nous revient, ce n’est pas pour cela que nous savons mieux lui dire combien elle nous est importante. Nous pouvons avoir des blocages d’expressions de notre attachement, de notre amour. Il faut donc s’exercer à exprimer ce qui est important dans nos vies.

Le confinement nous a privé de l’eucharistie, un manque cruel pour certains, peut être que pour d’autres ça sera juste l’occasion de se déshabituer d’une pratique vécue par routine… Pour ceux qui le vivent difficilement, osons le regarder en face, nous poser intérieurement. Que se passe-t-il ?

Peut-on prendre du temps, tout comme certains l’ont fait magnifiquement pour témoigner de qui est le Christ pour eux (j’espère que d’autres témoins de la foi vont se manifester*). Osons nous interroger sur notre relation à l’eucharistie. Quelques questions pour aider à y répondre (bien évidemment les réponses se doivent d’être le plus personnelles qui soit et non de débiter le catéchisme de l’église catholique !) :

  • Qu’est-ce que l’eucharistie pour moi ?
  • De quoi suis-je habité lorsque j’y viens ?
  • Qu’est ce que je viens y chercher ?
  • Qu’est-ce que j’y apporte ?
  • Qu’est-ce que j’en reçois ?
  • Qu’est-ce que cela m’apporte ?
  • Qu’est-ce que cela produit autour de moi, une fois revenu à la maison ?
  • Qu’est-ce que j’en fais ?
  • Qu’est-ce que je comprends du Christ ? de Dieu à travers cette liturgie ?
  • Qu’est-ce que ça me dit de l’humain ?
  • De quelle manière je témoigne de ce vécu autour de moi ?
  • Quelle est la Parole de Dieu qui m’évoque le mieux mon lien à l’eucharistie ?

Nous ne sommes pas dans un devoir d’école, chacun est bien libre d’aborder les questions dont il se sent prêt à répondre, celles qui lui parlent le plus et laisser les autres de côté.

Je propose ce petit questionnement pour trois objectifs principaux :

  • Tout comme pour « l’appel à témoin », ça risque d’être difficile à y répondre, mais ceux qui l’ont vécu, ont trouvé un intérêt personnel à faire l’exercice. Ça oblige à réinterroger notre foi pour soi-même.
  • L’Église a grand besoin d’avoir des témoins sur ce qui se vit au cœur de notre foi, de notre lien à la communauté et à Dieu. Proposer cet exercice c’est apprendre à avoir plus d’assurance dans notre rôle de témoin.
  • Avoir un lieu de témoignage (facebook) pour évoquer ce qu’est la messe pour

Si vous m’envoyer un témoignage, vous acceptez par la même occasion d’être publiés sur facebook, juste avec votre prénom (sauf si vous tenez à vous faire mieux connaitre avec votre nom de famille). Si vous n’êtes pas sur ce réseau merci de m’envoyer à mon adresse courriel ci-dessous.

Bon temps avec vous-mêmes et avec le Seigneur.

Vincent Goguey cm

* Une amie me faisait remarquer qu’il y a principalement des femmes qui témoignent de leur attachement au Christ et qu’il n’y a quasiment pas de consacré(e)s … sont-ils exempts de témoignage ? Belle interpellation…

Pour ceux que ça intéresse d’offrir leur témoignage de qui est le Christ pour eux, n’hésitez pas à me contacter par courriel vincent.goguey@gmail.com

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L’Église fait un appel à témoins !

Ce confinement amène un sérieux questionnement du vécu en Église. J’ai plusieurs sujets en tête mais l’un d’entre eux me préoccupe de plus en plus : Que disent les chrétiens de leur foi en Jésus-Christ ?

Vincent Goguey

L’Église fait un appel à témoins !

Ce confinement amène un sérieux questionnement du vécu en Eglise. J’ai plusieurs sujets en tête mais l’un d’entre eux me préoccupe de plus en plus : Que disent les chrétiens de leur foi en Jésus-Christ ?

Trop souvent dans la mentalité de notre société Eglise = prêtres et évêques, or, tout baptisé est Eglise ! Depuis très longtemps, c’est souvent la parole du clergé qui fait autorité ! Laissant ainsi les baptisés dans le statut de mineur. Quelle erreur ! Combien de fois je m’émerveille en écoutant le récit de baptisés, qui au cœur même de leurs difficultés de vie sont capables de tracer un chemin accompagné par le Christ. Ils révèlent ainsi une foi très active.

J’entends aussi, dans mes accompagnements personnels, des baptisés me révélant avoir vécu quelque chose de très fort avec le Seigneur mais n’osent pas en parler autour d’eux car ne sachant pas comment cela va être pris. Peur du jugement, peur de passer pour un fou ou une mystico-quelque chose ! Peur de déroger à cette loi laicarde où il ne faut jamais parler de nos convictions. Les premiers chrétiens n’ont pas eu peur de dire leur foi en Jésus-Christ Fils de Dieu Sauveur, cela jusqu’à la mort. Aujourd’hui encore, il y a des chrétiens qui sont persécutés jusqu’à la mort. Ils vont au-delà de leur peur et affirment leur foi. Ici en occident nous n’en sommes pas là actuellement. Alors j’ose faire un appel à témoins !

Sur Internet, histoire de passer le temps, des internautes lancent des défis à leurs contacts. Défis de toutes sortes plus ou moins amusants ou recherchés. Pour la vigile pascale, dans mon homélie enregistrée pour être sur les réseaux sociaux, (https://1drv.ms/u/s!Aje1HMQtlDvcgYUY6NM8jOWmtgBTvQ?fbclid=IwAR3FuRZD27zbv n3IdZJtfRvrkspaiL6qUdRDQ0Y50kcTt-d4UllbfV785RQ ) j’ai invité les auditeurs à oser répondre à cette question fondamentale : qui est le Christ pour toi ? Qui peut se décliner sous quelques autres questions :

  • Que t’apporte-t-il ?
  • Comment t’a-t-il rejoint dans ta vie ?
  • Qu’est-ce que croire en Lui modifie ta manière de vivre ?
  • Quelle est ta relation à Dieu ?
  • Comment expliquer que le fait qu’il fut crucifié puis ressuscité ait un impact sur ta vie d’aujourd’hui ?

Les quelques premières réponses me poussent à élargir mon appel en l’envoyant à tous mes contacts courriels afin d’enrichir encore plus la Toile. N’hésitez pas à faire suivre cette initiative.

Le pape Paul VI disait déjà, le monde n’a pas tant besoin d’enseignants que de témoins. Tout baptisé a cette responsabilité de témoigner de son Dieu. Pour répondre à ces questions, ne cherche pas de belles formules, des choses élevées mais écris en toute simplicité pour qu’on puisse entendre comment le Christ t’accompagne dans ta vie.

Je publierai sur Facebook les témoignages que je recevrai.

A très bientôt de vous lire, afin de retrouver une Eglise confessante, joyeuse d’être sauvée par le Christ et heureuse de témoigner de son amour pour toute l’humanité.

Je ferai suivre les réponses reçues à ceux et celles qui m’auront répondu afin de nous émerveiller ensemble. ( si ce message est retransmis, il faut envoyer votre réponse à vincent.goguey@gmail.com

Joyeux temps pascal.

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Un « corona » pour sortir d’une addiction profonde

Ces jours-ci circulent sur la Toile, des avis comme quoi il y aura un avant et un après corona. Comme si cela allait de soi qu’une nouvelle prise de conscience de ce qu’est la vie, va déboucher nécessairement sur un style de vie radicalement différent. C’est une belle espérance mais ça risque aussi d’être une simple utopie

Vincent Goguey

Un « corona » pour sortir d’une addiction profonde

Ces jours-ci circulent sur la Toile, des avis comme quoi il y aura un avant et un après corona. Comme si cela allait de soi qu’une nouvelle prise de conscience de ce qu’est la vie, va déboucher nécessairement sur un style de vie radicalement différent. C’est une belle espérance mais ça risque aussi d’être une simple utopie.

Je suis toujours étonné de voir dans bien des situations qu’on s’en remet d’une manière quelque peu inconsciente comme si la solution allait arriver comme par enchantement avec un simple coup de baguette magique ! Après la coupe du mondial de foot en 98 tout le monde disait qu’il y aurait un avant et après mondial sur la question de la fraternité entre les différentes origines…

Que vivions nous avant l’arrivée du corona ? Nous étions dans des addictions profondes : le consumérisme, l’activisme, le matérialisme. Une obsession à l’achat compulsif. Dans ce domaine je n’ai jamais compris l’argument des financiers décrivant le chiffre d’affaire du dimanche étant essentiel à la bonne marche des commerces !!! Si j’ai vraiment besoin de quelque chose, je trouverais obligatoirement un moment pour aller le chercher, sinon c’est bien de l’ordre du superflu ! Notre société a distillé en nos esprits que pour exister, pour être quelqu’un il faut consommer ! Bienheureuse sobriété où es tu ??

Nous étions donc des addicts. Le corona nous a fait entrer en cure de désintoxication. Pendant cette cure (comme dans toute autre cure) il y a différentes réactions. La nouveauté nous fait sourire, il y a un soulagement à un rythme qui n’était plus supportable, puis il y a énervement, incompatibilité avec un nouvel ordre des choses, le manque se fait ressentir etc.

Il y a un élément absolument indispensable pour la réussite d’une cure de désintoxication : la décision par l’addict lui-même de s’en sortir ! Sans cela la cure est vouée à l’échec. Avant le corona, bien des citoyens reconnaissaient déjà qu’il fallait un changement radical de notre société. On peut espérer que ceux-là étaient dans la disposition intérieure de prendre cette décision de changer de style de vie. Mais la grande majorité n’en est pas là. Pour qu’un alcoolique décide d’entrer en cure, il faut d’abord qu’il prenne conscience qu’il est alcoolique, pour cela qu’il voit l’état déplorable dans lequel il vit et les conséquences de son addiction pour lui-même et pour son entourage. Première énorme étape. Vient ensuite l’étape du murissement de la décision de vouloir s’en sortir. Combien de fois un dépendant à l’alcool va se dire « demain j’arrête » avant d’arriver un jour à prendre enfin cette décision indispensable pour s’en sortir : « j’ai besoin des autres pour sortir de là et je dois passer par une cure ! » ?

Enfin c’est la cure, celle qui permet de reprendre gout à la vie, d’apprécier les choses simples du quotidien, réajuster les relations avec son entourage etc. Ensuite viendra la post cure : là le défi est tout aussi grand, car combien se croient guéris en sortant d’une cure et voudraient reprendre la vie comme avant ! C’est le gros piège. Un ancien addict restera à vie, dépendant. Il lui faut assumer ce statut d’abstinent qui demande une vigilance permanente.

Avec notre fameux corona, nous en sommes donc à l’étape de la cure, à la différence que personne n’a décidé par soi-même de faire cette cure. Donc le premier gros risque en sortant de notre confinement est de nous jeter sur la première bouteille qui passe, euh pardon le premier magasin ouvert ! Le risque est bien de retomber dans une frénésie d’achat et d’activités pour rattraper le temps perdu, pour se faire croire que maintenant on a repris en main notre vie et qu’on fait ce que l’on veut. Grossière erreur qui nous attend tous.

Pour que cette belle espérance évoquée au début de mon propos puisse être tant soit peu réalisable, il est absolument indispensable que durant notre période de cure, chacun d’entre nous fasse un réel état des lieux de se qu’il vivait avant, de ce qu’il découvre maintenant et de ce qu’il veut pour demain. Cet état des lieux non pas que pour soi d’une manière personnelle ou familiale mais plus largement pour l’ensemble de la société et même à l’échelle du monde puisque le pape appelle notre terre « la maison commune ». A partir de cet état des lieux quelles seront les décisions radicales nécessaires à prendre et qui demanderont des renoncement sévère (aucun alcoolique renonce avec joie à ses anciennes fréquentations qui le tiraient vers le fond, c’est un vrai combat quotidien). Quels nouveaux modes relationnels mettre en place au sein de la famille pour que ça puisse fonctionner durablement (il nous faut sortir de notre individualisme mortifère pour nous ré-ouvrir à la fructuosité d’une vie partagée.

L’espérance ne fonctionne pas comme un coup de baguette magique, elle demande de nous impliquer dans ce que nous espérons, d’y croire pleinement et d’y travailler concrètement au quotidien, alors le changement s’opérera.

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