Mon chien m’aime-t-il ?

Telle est la question persistante d’un collégien à chaque fois qu’il rencontre un prêtre. Et chacun dit « non, ton chien ne t’aime pas ! »

Vincent Goguey

Mon chien m’aime-t-il ?

Telle est la question persistante d’un collégien à chaque fois qu’il rencontre un prêtre. Et chacun dit : « non, ton chien ne t’aime pas ! » Scandale et incompréhension, révolte et confrontation de la part de plusieurs d’entre eux dans cette classe de troisième. Le sujet est très délicat dans notre société si encline à s’investir dans la cause des animaux, au risque de ne plus s’émouvoir de voir nos semblables à la rue ou affamés.

Mais pourquoi donc ces prêtres s’obstinent ils à dire que les animaux n’aiment pas les humains ? C’est pourtant très clair, nous dit ce jeune, quand nos amis les bêtes nous retrouvent à la maison, ils sont tout à la joie, ils remuent la queue, nous font la fête, viennent nous faire de gros câlins et voudraient nous lécher tout le visage. Tout cela, si ce n’est pas des signes d’amour, je n’y comprends rien. Ils nous sont attachés, on peut percevoir de la fidélité de la part de certains d’entre eux qui vont jusqu’à se laisser mourir à la mort de leur maitre. Et en plus quand j’ai besoin de lui parler, il m’écoute, il me comprend, il ne me juge pas. Il sent quand je suis avec de la tristesse et il vient me consoler. Alors pourquoi donc s’obstiner à ne pas voir l’évidence, mon chien il m’aime ! D’ailleurs je peux dire que j’aime autant mon chien que ma sœur ! Elle, elle ne montre pas autant de joie quand je rentre à la maison, elle ne me calcule pas, pire elle vient régulièrement m’embêter.

Eh oui l’animal de compagnie a pris bien de la place dans la vie de nos contemporains. Au risque de mettre beaucoup de confusion. Lorsqu’on en arrive à avoir autant d’amour pour un animal que pour un semblable (et je l’ai entendu aussi par des adultes, évoquant avoir la même peine au moment du décès de leur enfant ou d’un animal !!!), il y a même des psys pour animaux, oups pardon il faut dire des comportementalistes, et on se met maintenant à fêter les anniversaires de ces charmantes bêtes. J’ai même vu une femme coupant son ostie en deux pour en donner la moitié à son petit chien ! Une réflexion est quelque peu nécessaire pour ne pas faire n’importe quoi.

Si nous disons que les animaux ne nous aiment pas, c’est pour évoquer une différence radicale entre l’animal et l’humain. Que ce soit pour les juifs, les chrétiens et les musulmans, l’homme est créé à l’image de Dieu et pour cela il a insufflé son souffle de vie. Lorsque des personnes disent que les animaux nous aiment, ils projettent des sentiments humains sur ce que peuvent ressentir leurs protégés. Bien évidemment qu’il a de l’attachement, une présence très importante, un besoin affectif etc. C’est indéniable.

Il faut aussi reconnaitre que notre langue française est très pauvre en vocabulaire et un seul mot regroupe des situations très différentes. On a que ce mot amour pour dire notre lien avec les fraises, une bonne pâtisserie, un animal, un film qui nous a plu, ou encore ses enfants ou sa femme. Il est même étonnant de constater qu’il nous faut inverser des adjectifs pour dire le contraire de ce que nous disons. J’aime une personne (là il y a le max d’amour) j’aime beaucoup une personne (là c’est moins que de dire j’aime !!!). Un ami est une personne en amitié, pour dire celui qui pourrait être notre compagnon de vie on va dire « petit » ami !!! Paradoxe de la langue française.

Sur le fait qu’un animal nous comprenne, certes il peut ressentir notre émotion principale, particulièrement lorsque nous allons mal, mais de dire que c’est mon confident, il y a un fossé non franchissable. Car le propre d’un ami (humain je veux dire) ce n’est pas d’acquiescer à tout ce que dit l’ami mais c’est aussi lui faire des retours, c’est argumenter parfois par un point de vue différent pour lui faire prendre conscience d’une réalité qu’il ne voit pas. Derrière cela il y a toute la réalité du discernement, du jugement ajusté à une situation particulière.

Il faut aussi réfléchir par l’absurde. Est-ce qu’un animal est capable de faire du mal comme le font les humains ? Bien évidemment que non, car nous avons le libre arbitre qui nous donne cette terrible et en même temps passionnante aptitude du discernement entre le Bien et le Mal. Cela les animaux ne l’ont pas (ils ne se font pas la guerre, ils ne fabriquent pas d’armes). L’amour n’est pas qu’un sentiment, un affect, c’est aussi une décision. Aimer c’est être capable de donner sa vie pour quelqu’un, ça demande réflexion puis décision !

Autre aspect : nous n’avons aucune difficulté à « aimer » un animal, contrairement à nos proches qui parfois nous gonflent vraiment et… nous empêchent de respirer (alors ils te gonflent ou ils t’asphyxient ?… que de paradoxes !). Dans les évangiles, le Christ nous donne un enseignement, mieux un commandement : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». Si nous voulons avancer vers l’éternité, il nous faut « apprendre » à aimer. C’est donc bien que cela n’est pas évident. Tout l’évangile est un long apprentissage à l’amour. Donner plus de place à l’autre qu’à soi ! L’amour demande de renoncer à soi, pour permettre de faire advenir la part divine de l’autre et ainsi mieux vivre cette communion divine.

Si, aimer nos semblables étaient aussi facile que d’aimer un animal, le Christ ne l’aurait pas institué comme commandement aussi important que celui d’aimer Dieu ! « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force. Voici le second commandement : tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas d’autre commandement plus grand que ceux-là ! » Marc 12, 30-31.

Nous sommes entrés dans une période où l’on nivelle tout par le bas. On voudrait que tout ait la même importance. Au nom du respect de la différence, on ne supporte plus les différences ! Nous ne savons plus hiérarchiser. Il nous faut apprendre à avoir des priorités dans la vie. Oui il y a beaucoup à faire pour qu’on ne fasse pas n’importe quoi avec les animaux et c’est très bien qu’il y ait des associations de défenses des animaux. Mais que cela ne nous éloigne pas du grand défi de notre présence sur Terre : Apprendre à aimer l’autre, car plus je m’investis à le faire grandir et plus je rentre dans cette communion divine. J’ai besoin de l’autre pour avancer sur le chemin de la vie éternelle.

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En quoi Jésus Christ me sauve-t-il ?

Vincent Goguey

En quoi Jésus Christ me sauve-t-il ?

Deux communautés lazaristes se sont rencontrées pour faire un bilan d’année et prendre un temps de discussion sur un thème plus large. Cette fois ci le thème était « le salut ». On s’aperçoit de fait, qu’il est de plus en plus difficile d’exprimer d’une manière personnelle ce en quoi Jésus-Christ vient nous sauver. A partir de textes romains et autres, nous avons déblayer quelques grands axes de ce mystère puis vers la fin de notre rencontre, nous avons été invités à répondre d’une manière très personnelle à la question :

En quoi Jésus Christ me sauve-t-il ?

En voici quelques échos :

« La tendance naturelle en moi serait le recroquevillement, le moindre. Etre à la suite du Christ c’est m’ouvrir vers la vie, vers les autres. Il m’apprend à aimer. Il me fait entrer dans le mystère insondable de Dieu. Il me fait découvrir ce pour quoi je suis sur Terre : advenir au divin. Dans la prière il m’initie à une joie intense, indéfinissable. Par les sacrements (symboles) il me fait comprendre que je ne suis pas que chair, limité, mais invité à vivre le présent éternel ! Ceci se vit dans des services concrets à des personnes et à des partages en profondeurs où j’ose exposer à l’autre, mes questionnements, mes fragilités, mes convictions et mes joies. Je vis déjà le Salut à chaque fois que je concrétise cet amour divin auprès de personnes en situation de besoin. »

« En écho à la Parole qu’on écoute depuis hier sur le sujet (Ex 14, Gn 19 et Jn 11), je crois que Jésus-Christ me sauve de la mort, non pas la naturelle mais la mort surnaturelle. Jésus me fait découvrir une autre vie que la vie naturelle qu’on connait tous et dont on cherche à se satisfaire. Jésus me révèle que ma vie ne se limite pas à cet immédiat et m’appelle à un éveil. Jésus m’enseigne cet éveil. Il m’entraine à m’y familiariser : 1) par la prière, ce lien unique à Dieu,  cet être réel qui a une forme de vie différente de la nôtre, à laquelle je suis invité à entrer en contact pour m’en laisser revêtir entièrement ; 2) par des contacts réels, avec Lui et mes semblables, en relation de charité. C’est du « déjà-là », je peux en vivre quelque chose, mais avec Jésus, j’en découvre davantage, par sa propre vie, qui peut devenir la mienne. Cette vie de charité, nous donne, à tous les humains, la vocation commune de serviteur de la vie. »

Dans les péripéties de ma petite vie, je vois un instinct répétitif à me tourner vers la croix, vers le Christ en croix, surtout dans les pires moments. Je me réfère alors au chant du père Duval « Dans ma détresse je crie vers toi, Seigneur serait-ce pour cette nuit ? ». L’ultime mot je le trouve dans Jésus-Christ. J’attends la Croix salvifique. Quand tout lâche, il n’y a plus que cela : le Christ en croix !

Il me sauve de la solitude et donc du non-sens. Parce que le fait d’être créé suppose que ce sont d’autres qui m’ont fait venir, donc à chaque fois que j’oublie cela je me perds. En créant une famille il me rappelle qu’il y a un créateur ! Si j’ai une famille ça a du sens, même si c’est compliqué dans la vie familiale ! Jésus, quand j’écoute ses paroles, ses gestes, ses attitudes, je comprends comment il suscite cette famille. Comment il renoue. Le sens n’est pas dans des réalisations concrètes mais dans la manière. Comment faire comprendre à chacun qu’il fait partie de la famille ? Comment le mettre en route ?

Jésus-Christ me sauve, d’après notre foi, chacun est appelé par Dieu c’est à nous de répondre à cet appel. Vivre en amour, cet amour ne se limite pas à quelqu’un que nous aimons, que j’aime mais amour envers tout le monde. Et cela rejoint l’Eglise. Nous agissons au nom de l’Eglise mais pas dans l’église : ça ouvre vers l’extérieur. L’amour et la vérité s’embrassent. La gentillesse dont les gens d’ici nous reçoivent, on sait qu’ils sont chrétiens mais toute autre personne peut le faire ils ont de l’amour, Dieu nous regarde par l’amour.

 « Au Vietnam c’’est différent ; le salut de Dieu, nous allons à la rencontre des non-chrétiens, nous parlons peu de Dieu mais nous parlons amitié. Amitié pour tous. Nous travaillons ensemble dans la différence. Je suis dans la joie, car il m’aime. Avec la rencontre d’une personne qui est dans l’épreuve je peux y trouver de la joie dans le partage. Accepter dans l’évènement, que la prière permette d’aller à la rencontre de Dieu. Au-delà des épreuves je crois en Dieu. Le Christ porte les souffrants, mon péché, je suis souffrant mais mon Dieu est souffrant aussi pour moi. Dans la difficulté, il me rejoint, il me soutient. Il m’accompagne dans le discernement de ma vie. « 

C’est dans la mesure où nous osons balbutier quelque peu notre vécu, la manière dont nous comprenons pour nous le Salut en Jésus-Christ que nous pouvons devenir quelque peu témoins de cet insondable don que Dieu nous fait.  Par-là, inviter chacun à faire un bout de chemin pour entrer dans ce mystère de Vie.

Au plaisir d’avoir vos balbutiements sur ce site de la Province.

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En quoi Jésus Christ me sauve-t-il ?

La tendance naturelle en moi serait le recroquevillement, le moindre. Etre à la suite du Christ c’est m’ouvrir vers la vie, vers les autres. Il m’apprend à aimer. Il me fait entrer dans le mystère insondable de Dieu

Vincent Goguey

En quoi Jésus Christ me sauve-t-il ?

Deux communautés lazaristes se sont rencontrées pour faire un bilan d’année et prendre un temps de discussion sur un thème plus large. Cette fois ci le thème était « le salut ». On s’aperçoit de fait, qu’il est de plus en plus difficile d’exprimer d’une manière personnelle ce en quoi Jésus-Christ vient nous sauver. A partir de textes romains et autres, nous avons déblayer quelques grands axes de ce mystère puis vers la fin de notre rencontre, nous avons été invités à répondre d’une manière très personnelle à la question :

En quoi Jésus Christ me sauve-t-il ?

En voici quelques échos :

« La tendance naturelle en moi serait le recroquevillement, le moindre. Etre à la suite du Christ c’est m’ouvrir vers la vie, vers les autres. Il m’apprend à aimer. Il me fait entrer dans le mystère insondable de Dieu. Il me fait découvrir ce pour quoi je suis sur Terre : advenir au divin. Dans la prière il m’initie à une joie intense, indéfinissable. Par les sacrements (symboles) il me fait comprendre que je ne suis pas que chair, limité, mais invité à vivre le présent éternel ! Ceci se vit dans des services concrets à des personnes et à des partages en profondeurs où j’ose exposer à l’autre, mes questionnements, mes fragilités, mes convictions et mes joies. Je vis déjà le Salut à chaque fois que je concrétise cet amour divin auprès de personnes en situation de besoin. »

« En écho à la Parole qu’on écoute depuis hier sur le sujet (Ex 14, Gn 19 et Jn 11), je crois que Jésus-Christ me sauve de la mort, non pas la naturelle mais la mort surnaturelle. Jésus me fait découvrir une autre vie que la vie naturelle qu’on connait tous et dont on cherche à se satisfaire. Jésus me révèle que ma vie ne se limite pas à cet immédiat et m’appelle à un éveil. Jésus m’enseigne cet éveil. Il m’entraine à m’y familiariser : 1) par la prière, ce lien unique à Dieu,  cet être réel qui a une forme de vie différente de la nôtre, à laquelle je suis invité à entrer en contact pour m’en laisser revêtir entièrement ; 2) par des contacts réels, avec Lui et mes semblables, en relation de charité. C’est du « déjà-là », je peux en vivre quelque chose, mais avec Jésus, j’en découvre davantage, par sa propre vie, qui peut devenir la mienne. Cette vie de charité, nous donne, à tous les humains, la vocation commune de serviteur de la vie. »

Dans les péripéties de ma petite vie, je vois un instinct répétitif à me tourner vers la croix, vers le Christ en croix, surtout dans les pires moments. Je me réfère alors au chant du père Duval « Dans ma détresse je crie vers toi, Seigneur serait-ce pour cette nuit ? ». L’ultime mot je le trouve dans Jésus-Christ. J’attends la Croix salvifique. Quand tout lâche, il n’y a plus que cela : le Christ en croix !

Il me sauve de la solitude et donc du non-sens. Parce que le fait d’être créé suppose que ce sont d’autres qui m’ont fait venir, donc à chaque fois que j’oublie cela je me perds. En créant une famille il me rappelle qu’il y a un créateur ! Si j’ai une famille ça a du sens, même si c’est compliqué dans la vie familiale ! Jésus, quand j’écoute ses paroles, ses gestes, ses attitudes, je comprends comment il suscite cette famille. Comment il renoue. Le sens n’est pas dans des réalisations concrètes mais dans la manière. Comment faire comprendre à chacun qu’il fait partie de la famille ? Comment le mettre en route ?

Jésus-Christ me sauve, d’après notre foi, chacun est appelé par Dieu c’est à nous de répondre à cet appel. Vivre en amour, cet amour ne se limite pas à quelqu’un que nous aimons, que j’aime mais amour envers tout le monde. Et cela rejoint l’Eglise. Nous agissons au nom de l’Eglise mais pas dans l’église : ça ouvre vers l’extérieur. L’amour et la vérité s’embrassent. La gentillesse dont les gens d’ici nous reçoivent, on sait qu’ils sont chrétiens mais toute autre personne peut le faire ils ont de l’amour, Dieu nous regarde par l’amour.

 « Au Vietnam c’’est différent ; le salut de Dieu, nous allons à la rencontre des non-chrétiens, nous parlons peu de Dieu mais nous parlons amitié. Amitié pour tous. Nous travaillons ensemble dans la différence. Je suis dans la joie, car il m’aime. Avec la rencontre d’une personne qui est dans l’épreuve je peux y trouver de la joie dans le partage. Accepter dans l’évènement, que la prière permette d’aller à la rencontre de Dieu. Au-delà des épreuves je crois en Dieu. Le Christ porte les souffrants, mon péché, je suis souffrant mais mon Dieu est souffrant aussi pour moi. Dans la difficulté, il me rejoint, il me soutient. Il m’accompagne dans le discernement de ma vie. «

C’est dans la mesure où nous osons balbutier quelque peu notre vécu, la manière dont nous comprenons pour nous le Salut en Jésus-Christ que nous pouvons devenir quelque peu témoins de cet insondable don que Dieu nous fait.  Par-là, inviter chacun à faire un bout de chemin pour entrer dans ce mystère de Vie.

Au plaisir d’avoir vos balbutiements sur ce site de la Province.

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Parution livre numérique : « Monsieur, c’est à nos parents que vous devriez parler » par Vincent GOGUEY CM

Parution livre numérique :

« Monsieur, c’est à nos parents que vous devriez parler »

Voici la parution d’un livre numérique : “Monsieur, c’est à nos parents que vous devriez parler” évoquant la mission de deux frères “Lazaristes”, Eric Ravoux et Vincent Goguey, auprès des collégiens et lycéens, vécue depuis 10 ans, un peu partout en France et en Belgique.

Sur le fond, c’est principalement les grandes questions du sens de la vie qui sont abordées.

Sur la forme, en le lisant, vous vous retrouverez dans une salle de classe où les jeunes sont en discussion avec les missionnaires. Cette forme de discussion permet d’assez bien appréhender tout l’environnement mental, familial, et la manière d’approcher notre société de la part  des jeunes d’aujourd’hui.

Ce fut pour nous une très belle mission qui se continue encore. Occasion d’action de grâce pour tant de merveilles vécues dans ces rencontres de jeunes de tous milieux.

Il est au prix de 4,99€ afin d’être le plus abordable possible.

Rencontre avec les jeunes pour aller au-delà des clichés

Les jeunes sont-ils ces êtres égoïstes, uniquement préoccupés d’eux-mêmes et sans aucun sens des valeurs que notre société, inquiète et volontiers pessimiste, veut souvent nous laisser entendre ?

Pendant une dizaine d’années, deux prêtres de la Congrégation de la Mission (Saint Vincent de Paul) sont allés à leur rencontre dans leurs classes, en France et en Belgique, pour les découvrir, accueillir leur questionnement et les interpeller sur le sens qu’ils donnent à leur vie.

Pour ces deux hommes, ce fut une source de joie et d’émerveillement. Quelles richesses chez tous ces jeunes qui ont aussi besoin d’être reconnus, encouragés et de découvrir en face d’eux des adultes ne fuyant pas leurs questions existentielles !

Ce livre vous fait entrer dans des classes où les élèves se sont livrés tels qu’ils sont. C’est une occasion pour chacun, jeune ou adulte, de se requestionner sur ce que nous faisons réellement de notre existence.

Vincent GOGUEY, CM 🔸

Ce livre vous fait entrer dans des classes où les élèves se sont livrés tels qu’ils sont. C’est une occasion pour chacun, jeune ou adulte, de se requestionner sur ce que nous faisons réellement de notre existence.

POUR PLUS D’INFORMATION :

 

FAIRE CLICK ICI : 

https://www.librinova.com/librairie/vincent-goguey/monsieur-c-est-a-nos-parents-que-vous-devriez-parler

Noël à Notre Dame de Chamiers

Noël à Notre Dame de Chamiers

Cette année la veillée de Noël à Notre dame de Chamiers a été quelque peu particulière. Avec l’équipe de préparation, nous avons opté pour revisiter les évangiles des quatre dimanches de l’avent afin de refaire ce chemin de préparation spirituelle à cette extraordinaire avènement qu’est la naissance de Dieu en notre humanité. La particularité a été de faire participer l’assemblée d’une manière active à 4 moments différents. 3 temps de partages + un autre personnel.

Un questionnement était donné à partir des évangiles évoqués jalonnant ce temps de l’avent. Le premier était de faire un état des lieux des problèmes de ce monde. L’assemblée a été répartie en plus de 35 groupes (les gens se retournaient un banc sur deux) de 6 à 10 personnes. Après un temps de réflexion personnelle, les participants avaient à mettre en commun leurs listes de « problèmes » du monde, un responsable par groupe les notait afin de les amener quelques temps après pour la prière universelle.

Lisant après la célébration ce qui a été noté, j’ai constaté qu’on fait souvent l’amalgame entre les causes et les conséquences. Des termes comme « racisme, guerres, misères, pauvreté, violence, isolement, pollution, terrorisme … » sont revenus souvent, mais en fait ces réalités sont les conséquences d’attitudes de personnes ou de groupes et non les causes. D’autres termes relevaient davantage des causes : « égoïsme, jalousie, pouvoir, frénésie de gains, inégalités, sexisme, péché, infidélité… » C’est sur ces réalités là qu’il est possible d’agir pour changer le monde. Nous avons aussi pris le temps de nous regarder d’une manière personnelle pour bien voir combien il est facile d’être complice du mal en ce monde. Ceci nous a naturellement orienté vers la demande de pardon.

Le deuxième temps de partage était axé sur les moyens les plus adaptés pour changer ce monde afin qu’il puisse correspondre au projet de Dieu.

Là aussi les moyens écrits sur des feuilles ont été amenés à l’offertoire afin d’offrir nos propres efforts, investissement pour l’avènement de ce monde divin. Car les moyens énoncés sur les feuilles étaient très basiques et à la portée de tous : « gentillesse, amour, partage, compassion, écoute, respect de l’autre, sagesse, service, don de soi etc. » Comme quoi chacun de nous à sa place à prendre, sa responsabilité à assumer, cela aura déjà comme grande conséquence d’arrêter de dire que « c’est la société qu’est comme ça, on ne peut rien y faire ! »

Le troisième évangile, Jean le Baptiste nous invitait à regarder les merveilles de Dieu, après un petit temps de silence, chacun devait partager avec ses voisins un évènement très marquant pour lui comme trace de la présence de Dieu en sa vie. Comment un évènement avait fait vivre une joie intense suscitant l’action de grâce. Le temps était bien sûr trop court pour que chacun puisse évoquer ses anecdotes bien souvent fondatrices de son chemin de vie mais ça nous a donné le gout de partager les bonnes nouvelles de notre vie aux autres.

Enfin le quatrième évangile était celui de la rencontre de Marie à Elisabeth. Là chacun devait poser un regard sur les personnes qu’il voudrait rendre présentes à cette célébration, à qui il serait si simple de rendre une visite ou d’appeler par téléphone. Chacun de ces quatre temps étaient précédé d’un temps de silence. Il fut très bon de prendre conscience de la qualité de silence au fur et à mesure de cette veillée. Dans un monde si agité et si bruyant, le silence devient une denrée rare donc pleinement appréciable. Il est le lieu privilégié pour entendre le Seigneur nous interpeller et nous distiller son amour.

Durant l’après midi des enfants de la catéchèse avaient pris le temps de venir préparer cette veillée de noël, ils ont entre autres réfléchi sur les deux premières questions (ce qui ne va pas et ce

qu’il faut faire). Cela à permis d’exprimer avec leurs mots ce qu’ils voient de ce monde. Assez étonnamment les prières qu’ils avaient à formuler, ils les ont adressées aux adultes qui seraient là le soir. Toujours intéressant de se laisser interpeller par des enfants sur le devenir de notre monde !

L’homélie a eu comme particularité, que je vienne m’agenouiller devant la crèche et de partager à haute voix mon « dialogue » avec l’enfant Jésus. Une manière de montrer aux enfants comment nous pouvons parler à notre Seigneur.

1heure 45 de célébration ; ceux qui étaient venus en espérant une célébration « vite menée », en ont été pour leur frais. Lorsque nous aimons nous ne comptons pas et chaque célébration, chaque messe est un temps d’amour qui nous est donné de vivre intensément. A voir le sourire et la joie sur les visages en fin de célébration, il est assez simple de constater que ce fut un très bon moment, revitalisant pour la grande majorité. Noël est le temps de la réalisation du projet de Dieu, n’hésitons pas à nous investir, comme il nous le demande à faire de ce monde un lieu de paix et d’harmonie où chacun peut être respecté pour ce qu’il est ; là nos fêtes prendront du sens.

Vincent GOGUEY, CM 🔸

Noël est le temps de la réalisation du projet de Dieu, n’hésitons pas à nous investir, comme il nous le demande à faire de ce monde un lieu de paix et d’harmonie où chacun peut être respecté pour ce qu’il est ; là nos fêtes prendront du sens

COMMUNAUTÉ LAZARISTES :

104, avenue du Générale De Gaulle
24660 Coulounieix-Chamiers
France

Quitter une mission

Quitter une mission

Il m’est demandé de faire un bilan de mes missions auprès des jeunes collégiens et lycéens que j’ai vécues avec Eric Ravoux durant 8 ans. C’est une belle occasion de faire le point ainsi qu’une aide pour tourner une belle page de vie. Je parlerai parfois en « je » parfois en « nous » car cette mission a vraiment été portée à deux, il est donc difficile de dissocier le perso du commun. Cela n’empêchera pas Eric de continuer à faire écho de cette mission qu’il continue actuellement.

J’ai régulièrement relaté nos missions via de petites publications sur nos sites CM. Ces 8 ans passés à sillonner la France et ensuite la Belgique sont l’occasion d’actions de grâce pour tout ce qui m’a été donné de vivre. Je voudrais évoquer quelques points forts avant de poser quelques réflexions sur le monde des jeunes.

  • Action de grâce pour une mission que je n’ai pas choisie ! Ce sont les Filles de la Charité qui en 2009 sont venus nous chercher, Eric et moi, en tant que responsables des vocations, pour témoigner auprès des jeunes de notre fondateur. A l’époque on s’engageait dans le jubilé des 350 ans de la mort de st Vincent et ste Louise. Il est bon de recevoir une mission en faisant confiance à l’Esprit pour arriver malgré mes limites à faire quelques petits profits.
  • Action de grâce pour une mission partagée. Je ne sais pas travailler seul, j’ai besoin d’un stimulant via une équipe pour aller de l’avant. Avec Eric nous avons vécu ce binôme comme une bénédiction. Régulièrement nous nous le disions car il est bon de repérer ce que le Seigneur nous donne de vivre. Un de mes formateurs du séminaire interne me disait « rendre grâce pour une grâce reçue est une ouverture à une nouvelle grâce ». Dans cette vie communautaire réduite à sa plus simple expression, j’ai pu vivre ces temps fraternels que l’on espère trouver lorsque nous nous engageons dans une congrégation religieuse. C’est toujours un défi de partager une vie commune, surtout à deux, particulièrement les 4 dernières années dans un treize mètres carrés (nous étions souvent en camping-car). Cela demande des ajustements réciproques mais cela donne un bon équilibre de vie pour gérer notre besoin relationnel, surtout que notre mode de vie ne laissait guère de place à des relations régulières avec d’autres personnes (sur un an, nous étions grosso modo à la communauté que deux à trois mois. Le reste du temps sur les routes !)
  • Actions de grâce pour ce mode de vie qu’est l’itinérance… avec tout le confort et la sécurité nécessaire pour pouvoir la vivre paisiblement. Cela donne une autre vision de notre passage sur cette Terre. Ça aide beaucoup à ne pas s’attacher aux choses et à prendre conscience que je n’ai pas besoin de grand-chose pour vivre. C’est un très bon moyen pour vivre le détachement.
  • Action de grâce pour les partenariats avec les directeurs d’établissements qui nous ont appelés pour vivre ces temps forts avec les élèves. Et par extension la rencontre avec les communautés éducatives où j’ai pu vivre de belles rencontres tant avec des profs qu’avec des personnes de l’OGEC ou autres. La vie se révèle dans les rencontres que nous faisons. Des liens se tissent et des bouts d’histoires s’écrivent.
  • Action de grâce pour cette mission soutenue par nos Visiteurs, qui ont su voir l’intérêt de notre présence auprès des jeunes pour annoncer cette présence de Dieu en nos vies.
  • Action de grâce enfin pour tous ces jeunes rencontrés. En moyenne nous rencontrions un peu plus de 10 000 jeunes par an. Bien sûr, le cadre était très particulier et court dans le temps (deux heures par classes, une fois par an !). Cela n’a pas empêché de découvrir cette jeunesse et d’avoir de bons échanges avec eux sur le sens de la vie et sur les questions qu’ils se posent.

 

Quelques constats

 

  • Il est frappant de constater que les jeunes ont très peu l’occasion de se poser les questions du sens de la vie. Ils sont tellement matraqués par notre société de consommation via les publicités pour qu’ils ne soient que des consommateurs qu’ils n’ont pas le souci de leur devenir.
  • Ils sont les premières victimes d’une société très « critiqueuse ». Pris par le fantasme de la perfection, on ne regarde que ce qui ne va pas et on appui lourdement dessus, comme si insister sur les mauvaises notes a déjà fait progresser quelqu’un !! La grande conséquence est une très faible estime d’eux-mêmes et un très grand manque de confiance (éléments essentiels pour sa propre réussite). C’est toute la question de la foi… ne serait-ce que la foi en eux-mêmes.
  • Ils sont très sensibles à tout ce qui est justice. Et d’une manière plus large dès que nous creusons un peu leurs attentes profondes qui évoquent leurs valeurs, il est aisé de constater qu’ils ont toute une richesse de valeurs en eux. Le défi est de la mettre en acte.
  • Notre système éducatif, focalisant principalement sur le cognitif, ne permet pas aux jeunes de découvrir leurs capacités réelles, leur intelligence première, ni ne sait trop les accompagner sur leurs rêves et attentes. Il y aurait grand intérêt à leur faire expérimenter bien des situations de travail ou des domaines qu’ils ne connaissent pas afin qu’ils puissent mieux se connaitre et ainsi mieux s’orienter.
  • Sur le plan culturel c’est vraiment le désert religieux ! le laïcisme continue à faire le rouleau compacteur. Cela nous demande d’adapter notre vocabulaire pour évoquer toute notion religieuse ou sacrée. C’est aussi accepter d’entendre des propos qui pourraient heurter mais qui sont simplement le fruit d’une non connaissance.
  • Ne connaissant rien dans ce domaine ils peuvent être bien disposés à découvrir le monde spirituel. Il nous faut simplement commencer par les B A BA !
  • La posture missionnaire demande de savoir accueillir d’une manière inconditionnelle leurs réactions, leurs réflexions et leurs questions sans aucun apriori pour éviter la fermeture de la rencontre. Une fois que l’on sait que leur comportement n’est pas pour agresser mais simple curiosité, il est possible de leur donner à voir ce que peut être l’Eglise et le monde du religieux.

Notre travail de missionnaire était principalement de susciter un questionnement sur leur vie, de témoigner de notre parcours vocationnel, l’importance de Dieu en nos vies et notre vie de prière, pour leur donner envie d’être des curieux de la vie. Mais le réel défi est dans la pastorale quotidienne via toute la communauté éducative des établissements. Car donner envie est une bonne chose, ça peut être l’occasion de se mettre en route, encore faut-il qu’il y ait un accompagnement pour aller plus loin sur le chemin. C’est ce point de collaboration et d’articulation qui est parfois ténu dans ce style de mission. Pour y pallier il y a eu des rencontres d’adultes pour des temps de présentation du charisme vincentien ou de réflexion sur la relation à avoir avec les élèves. C’est un début de réponse, il y a à le poursuivre pour réellement vivre en collaboration le travail des missionnaires itinérants et les missionnaires qui restent dans l’établissement car bien évidemment c’est tout baptisé qui se doit d’être missionnaire !

Vincent GOGUEY, CM 🔸

Notre travail de missionnaire était principalement de susciter un questionnement sur leur vie, de témoigner de notre parcours vocationnel, l’importance de Dieu en nos vies et notre vie de prière, pour leur donner envie d’être des curieux de la vie. Mais le réel défi est dans la pastorale quotidienne via toute la communauté éducative des établissements.

Vincent Goguey