Homélie de Pentecôte. Chapelle Saint Vincent de Paul – Paris

Le temps est à l’audace, le temps est à l'espérance, le temps est à la joie ! C’est le temps de l’Église, le temps de la Mission, le temps de l’Esprit ! Pentecôte hier, Pentecôte aujourd’hui !

Yves BOUCHET

Homélie de Pentecôte. Chapelle Saint Vincent de Paul – Paris

Le temps est à l’audace, le temps est à l’espérance, le temps est à la joie !  

C’est le temps de l’Église, le temps de la Mission, le temps de l’Esprit ! Pentecôte hier, Pentecôte aujourd’hui !

Pentecôte hier : c’était 50 jours après Pâques nous dit le texte des Actes des Apôtres. Les apôtres étaient alors réunis dans la maison, avec au cœur la blessure du départ de Jésus. Et les tenaillait au ventre l’incertitude de la route à suivre, l’incertitude des lendemains. Un ciel en fond de nuages, des ombres, des doutes, des hésitations, un sentiment de peur, d’insécurité : le maître n’est plus là !

Et voilà que tout à coup quelque chose d’inattendu surgit. « Un bruit venu du ciel comme un violent coup de vent : la maison où ils étaient assis en fut remplie tout entière. Et tous furent remplis de l’Esprit Saint » nous dit le texte des Actes. Si bien que chacun se trouve renouvelé, chaviré, passant de la peur à l’audace, de l’inquiétude à la joie, du silence à la parole. Ce vent porte la signature de l’Esprit Saint, du souffle de Dieu, de son amour créateur, force de vie, force de Résurrection.

Car ce vent, souffle de l’Esprit Saint, c’est bien celui-là même qui a relevé Jésus d’entre les morts, qui d’un état de gisant l’a remis debout, vivant, ressuscité au jour de Pâques. L’Esprit Saint force de création et de vie déjà présent, comme nous le lisons dans le livre de la Genèse, lorsqu’il planait sur les eaux.

Et voilà que, remplis de l’Esprit Saint, ils se mettent à parler en langues, chacun se comprenant malgré les différences de langage, de culture, d’appartenance. L’Esprit Saint ne connait pas de frontières, il brise les barrières, il ouvre un chemin de liberté et de libération. Rappelons-nous Jésus au début de son ministère à la synagogue de Nazareth, lorsqu’il ouvrit le rouleau et proclama : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres. Les boiteux marchent, les sourds entendent, les muets parlent … c’est aujourd’hui que cela se réalise »

Ainsi l’Esprit Saint fait naître à la Vie, on pourrait dire qu’il est un accoucheur de vie. Avec lui tout peut naître et renaître : « Il vous faut naître d’en haut. Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient, ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l’Esprit.» disait Jésus à Nicodème. Quand l’Esprit Saint fait irruption dans le cœur de l’homme quelque chose de nouveau surgit et souvent de l’inattendu.

La première Pentecôte dont nous parle les Actes des Apôtres nous fait part ainsi de la naissance de l’Église appelée à sortir de la maison pour aller au dehors. De l’Église qui doit oser la rencontre des hommes dans leurs différences, et s’engager dans la voie du témoignage en paroles, mais bien plus en actes, traduisant ainsi la charité, cet amour de Dieu qui doit bruler le cœur de l’homme. Le Pape François porte le souci, nous le savons, que l’Église vive au mieux cette mission dans le contexte de notre monde aujourd’hui lorsqu’il nous dit « d’aller aux périphéries et de témoigner de la tendresse de Dieu. Et encore de témoigner dans un monde où il nous faut construire et vivre la fraternité », dans sa lettre encyclique Fratelli tutti.

Pentecôte : L’Esprit nous envoi sur les routes humaines où déjà il nous précède et nous attend. « Dieu vivant ton Esprit nous devance sur les routes humaines »

Pentecôte aujourd’hui : Des millénaires nous séparent de la première Pentecôte, mais c’est bien le même Esprit qui souffle et nous pousse à rejoindre nos frères dans ce qui fait la réalité de notre monde aujourd’hui. Ce monde avec tout son poids de drames, avec ses attentes, avec ses recherches de toutes sortes, avec ses aspirations, avec son désir d’un mieux vivre et d’un mieux vivre ensemble dans le respect des différences et le respect de la nature. On n’a jamais autant pris conscience du prendre soin de la planète.

C’est dans ce contexte que L’Esprit Saint nous pousse, nous chrétiens et invite son Église à être au cœur de ce monde, sel et lumière. Il nous invite à oser des chemins nouveaux, à trouver un langage qui soit compréhensible aux oreilles de nos contemporains. Il nous pousse à rejoindre les hommes de ce temps et en particulier ceux qui sont en mal d’amour, de fraternité et d’espérance. Il nous envoie pour témoigner de l’Espérance.

Pentecôte aujourd’hui, c’est pour nous chrétiens, savoir reconnaitre et rendre grâce pour l’action de l’Esprit dans le cœur de nos frères qui, nombreux, et sans forcément partager notre foi, s’unissent et donne de leurs mains et de leur temps pour soigner l’homme blessé dans son cœur et dans sa chair. (J’ai en mémoire une image que peut être vous avez vu vous aussi aux informations télévisées hier soir, d’une jeune fille bénévole de la Croix rouge, réconfortant dans un geste de tendresse et de compassion, un jeune migrant africain rescapé épuisé par la nage.)

Pentecôte aujourd’hui c’est la force de l’Esprit Saint qui donne audace a des hommes et des femmes d’aller à la rencontre des autres avec et dans le respect des différences, et de braver des peurs, des préjugés ou des idéologies.

Pentecôte aujourd’hui c’est encore la puissance de pardon qui peut jaillir d’un cœur d’une maman qui voit sa fille perdre la vie à cause de la violence innommable qui surgit dans nos cités. C’est la force d’une parole apaisante, d’un appel à la paix et à la responsabilité qui rassemble des hommes, des femmes et des jeunes.

Pentecôte aujourd’hui c’est toute cette flamme qu’allume en nous le feu de l’Esprit Saint et qui nous engage et engage l’Église, c’est-à-dire tout le peuple des baptisés que nous sommes, à mettre en œuvre le commandement de l’amour que Jésus nous a laissé « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. »

Oui comme nous le dit Jésus dans l’Évangile que nous venons d’entendre : « Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur. Et vous aussi, vous allez rendre témoignage, car vous êtes avec moi dès le commencement. »

Ce Défenseur ne serait-il pas le Défenseur des droits de Dieu et des droits de l’homme ? Lui qui, comme nous le rappelle Paul dans sa lettre aux Galates, fait fleurir dans ales cœurs : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité douceur et maitrise de soi.

Et puisque l’Esprit Saint nous fait vivre, marchons sous la conduite de l’Esprit !

Amen !

 

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur whatsapp
Partager sur email
Partager sur print

Dimanche 22 novembre 2020 « Christ Roi de l’Univers ». Homélie à la Chapelle Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse. Paris

Comme chaque année, au dernier dimanche du temps ordinaire, l’Eglise nous invite à célébrer le Christ Roi de l’Univers. Instituée par le Pape Pie XI, en 1925, la fête du Christ Roi, avec à cette époque une connotation plutôt socio-politique, a pris vocable, dans la mouvance du Concile Vatican II, de Fête du Christ Roi de l’Univers, soulignant ainsi la dimension eschatologique, celle de la fin des temps, de ce monde nouveau déjà présent et encore à venir.

Yves BOUCHET

Dimanche 22 novembre 2020 « Christ Roi de l’Univers ». Homélie à la Chapelle Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse. Paris

Comme chaque année, au dernier dimanche du temps ordinaire, l’Eglise nous invite à célébrer le Christ Roi de l’Univers. Instituée par le Pape Pie XI, en 1925, la fête du Christ Roi, avec à cette époque une connotation plutôt socio-politique, a pris vocable, dans la mouvance du Concile Vatican II, de Fête du Christ Roi de l’Univers, soulignant ainsi la dimension eschatologique, celle de la fin des temps, de ce monde nouveau déjà présent et encore à venir.

La royauté du Christ, en effet, n’est pas de ce monde, Jésus lui-même l’affirmait à Pilate. « Ma royauté ne vient pas de ce monde ».  Elle se démarque des modèles humains d’hier et d’aujourd’hui. Et Jésus n’a jamais revendiqué le titre de roi terrestre : Il est venu pour servir, non pour être servi. « Je suis parmi vous comme celui qui sert. » dit-il à ses amis. Il est ce roi, comme on aime à le chanter : « Roi d’humilité, roi sans palais, roi sans armée. » Sa force n’est pas dans la puissance et l’accumulation de richesses.  Son autorité ne se déploie pas dans la domination, voire dans l’exploitation des hommes, mais tout au contraire, dans la patience, l’attention, la confiance, le respect, le pardon. Finalement, un roi qui nous surprend et nous désarme par la puissance de son Amour et par la force de son Pardon. Un amour total, sans mesure, qui fait dire à Jésus : « Ma vie nul ne la prend, c’est moi qui la donne. » et qui la donne pour la multitude, en rémission des péchés.   

« Alors que les grands de la Terre se construisent des « trônes » pour leur pouvoir, Dieu choisit un trône inconfortable, la croix, de laquelle il règne en donnant la vie. » dit le Pape François

En nous appuyant sur les textes bibliques que nous venons d’entendre, nous pouvons relever trois aspects de cette figure du Christ Roi de l’Univers

– Tout d’abord la figure du roi comme celle d’un berger qui veille sur son troupeau et le rassemble. « Voici que moi-même, je m’occuperai de mes brebis et je veillerai sur elles » avons-nous lu dans le livre du prophète Ezéchiel.  Un roi berger ! C’est bien le contraire des tendances de tout pouvoir qui ne pense souvent qu’à s’enrichir au détriment du peuple et des plus pauvres. Et tout au long de sa vie terrestre, Jésus n’a eu cesse de manifester cette tendresse, cette attention envers les hommes et en particulier le plus humbles, les malades, les étrangers, les rejetés, tant sur le plan social que religieux. Et non simplement il l’a manifesté en paroles : « Va, je ne te condamne pas » « lève -toi et marche » « Tes péchés sont pardonnés » Mais aussi en posant des actes :  guérissant des malades, nourrissant des foules, relevant des morts et jusqu’à se donner lui-même en donnant sa vie sur la croix. Voilà notre Roi, notre Christ Roi de l’Univers. Ce Berger plein de compassion, de tendresse et d’amour. Et ce Roi, berger de l’humanité, est le reflet même du visage de son Père qui est aussi, comme nous allons le redire tout à l’heure : Notre Père.

– Un deuxième aspect de la figure du Christ Roi de l’Univers est mis en valeur dans la lettre de Paul aux Corinthiens. Il nous parle du Christ ressuscité, berger de toute humanité, qui veut nous associer tous à sa victoire sur la mort et le péché. Le Christ Sauveur et Rassembleur. Par sa mort et sa résurrection, il a triomphé de toutes les puissances du mal. Il nous entraine avec lui sur le chemin du Royaume. Et par le Baptême nous sommes déjà entrés avec lui dans le mouvement du mystère pascal, jusqu’au jour où nous serons définitivement avec lui et où « Dieu sera tout en tous.» Depuis la résurrection, nous sommes en effet dans « les temps qui sont les derniers » et dans l’attente du dernier avènement. Dans une attente qui nous engage dés ici-bas, à nous investir à sa suite, et avec sa grâce, sur le chemin de la fraternité et du pardon. Dans   une attente qui nous engage aussi à savoir discerner au cœur de nos vies et de la vie du monde, les signes de sa présence et de sa venue.

– Le troisième aspect de la figure du Christ Roi de l’Univers nous est révélé pat Jésus lui-même qui, non simplement s’est approché des hommes en bon berger, mais qui s’est identifié aux plus humbles et aux plus pauvres. « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.» 

Proche des petits et des exclus, le Christ Roi de l’univers se reconnaît en chacun d’eux. Et c’est donc à la manière dont nous les aurons accueillis que nous serons jugés. « J’ai eu faim, j’étais malade, j’étais prisonnier, j’étais un étranger … »

La porte du Royaume est ouverte, mais la franchir ne consiste pas simplement à entrer dans nos églises ou à se retrouver dans le secret de la prière. La porte du Royaume nous dit Jésus, est à franchir en osant nos pas dans le concret de la vie, dans le vif de notre actualité traversée par ses misères et ses espoirs, dans la rencontre des hommes et en particulier des frères et sœurs en souffrance. Le Royaume est présent et en construction dans chaque écoute patiente, chaque sourire encourageant, chaque fardeau partagé, chaque regard respectueux et aimant, chaque geste de paix et de réconciliation.

Dans une prière que nous adressons à saint Vincent de Paul, pour lequel cet évangile de Matthieu a été phare et lumière pour sa vie, nous concluons : « Fais-nous souvenir que tous un jour nous serons jugés sur l’amour »

Ce jugement ne doit pas nous apeurer en pensant à la fin des temps, mais doit nous engager dans l’aujourd’hui de la vie, car c’est bien là que tout commence : « Le Royaume est là parmi nous. »

Le Christ roi de l’univers, berger de l’humanité, sauveur et rassembleur a fait choix d’habiter le palais du cœur des hommes pour nous conduire ensemble à la Vie, avec lui et pour l’Éternité.

Amen

Partager sur email
Partager sur print

Homélie 32e Dimanche Ordinaire. 8 novembre 2020. Chapelle st Vincent de Paul – Paris

Dans bien des domaines nous sommes en état de surprise, et comme nous disons parfois « devant le fait accompli » aussi bien devant la mort d’un être cher, de membres de nos familles, de nos confrères, d’amis, que par ce qui advient à notre monde, à nos pays, à nos sociétés, à nous groupes humains ou religieux .

Yves BOUCHET

Homélie 32e Dimanche Ordinaire. 8 novembre 2020. Chapelle st Vincent de Paul – Paris

« Veillez donc, vous ne savez ni le jour, ni l’heure »

Dans bien des domaines nous sommes en état de surprise, et comme nous disons parfois « devant le fait accompli » aussi bien devant la mort d’un être cher, de membres de nos familles, de nos confrères, d’amis, que par ce qui advient à notre monde, à nos pays, à nos sociétés, à nous groupes humains ou religieux.

Qui savait qu’un virus nommé Covid-19 allait surgir dans le monde et jusqu’à chez nous en faisant tant de dégâts humains et sociaux, entravant nos manières de vivre, nos habitudes, nos fonctionnements et jusqu’à perturber nos manières d’être dans les relations ?

Qui savait qu’à tel moment précis, la « tempête Alex » allait provoquer la catastrophe dans une région du sud est de la France faisant des victimes et laissant des familles dans le désarroi face à l’effondrement de leurs habitations avec toutes les conséquences humaines et matérielles.

Qui savait que la folie extrémiste et terroriste allait frapper à nouveau de telle manière et en tel lieu et à telle heure ?

Bien sûr, on peut se dire que des épidémiologistes, des scientifiques, des spécialistes en sécurité était bien en poste et au travail et le sont encore aujourd’hui. Mais en fait, la vigilance ne peut empêcher ce qui peut advenir d’advenir et ce qui doit advenir d’advenir.

La vigilance est de l’ordre de notre attention soutenue, conscience éveillée, attitude intérieure se manifestant dans notre manière d’être et en capacité de prendre des moyens adaptés aux situations.

« Veillez donc, vous ne savez ni le jour, ni l’heure »

C’est ainsi que Jésus, s’adressant hier à ses disciples, nous interpellent nous ses disciples aujourd’hui.

On nous campant les personnages des vierges sage set des vierges folles Dans la parabole que nous rapporte Saint Matthieu, Jésus nous ouvre sur la réalité du royaume. Plus précisément comme nous lisons dans la traduction liturgique sur ce que sera le Royaume des Cieux : « Le royaume des cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces »

Les noces : Il s’agit de la venue du Seigneur, l’époux dont l’humanité en est l’épouse. Il nous a demandé d’être prêts à l’accueil du Seigneur qui vient. Du Seigneur qui viendra non pas simplement à la fin des temps, mais qui vient déjà dans l’aujourd’hui de la vie, dans ce monde d’aujourd’hui qu’il a déjà sauvé. Jésus nous interpelle sur notre capacité à la vigilance, sur notre perspicacité à discerner et à reconnaitre son visage et son passage.

Vierges folles et vierges sages : Les cinq vierges dites folle, font écho au peuple insensé dont parle le Deutéronome. Peuple insensé dans le sens où il s’est détourné de Dieu, ne le mettant plus au cœur de son existence, oubliant qu’il en est son créateur. Cette folie elle est comme rupture d’Alliance. Les cinq vierges dites sages, Font écho à la sagesse comme nous l’entendions dans la première lecture. Il s’agit de l’Esprit de Dieu accueilli et agissant dans le cœur de l’homme qui lui permet d’être alors prévoyant comme celui qui a bâti sa maison sur le roc dira Jésus. Ainsi nous sommes renvoyés à nos existences personnelles : de quel côté je suis ?de quel côté sommes-nous ? Des prévoyant ? Des insensés

Le sommeil : le sommeil dans lequel toutes les dix, sages et folles s’endorment au milieu de la nuit, ne symbolise-t-il pas toutes nos tiédeurs, nous indifférences nous engourdissements, parfois même nos doutes ?

Le refus des vierges sages de donner de leur huile : Cette attitude peut au premier abord nous choquer dans cette parabole. En effet Jésus n’a-t-il pas toujours enseigné le partage, la solidarité, le soutien fraternel « Donne à qui te demande » nous dit-il. Mais regardons de plus près : ce n’est pas que les vierges sages ne veulent pas partager, mais ce qu’elles ne peuvent pas partager cette huile, car cette huile c’est « le Bien aimé » c’est-à-dire leur foi en la personne de Jésus. Et la foi, nous le savons bien, nous ne pouvons pas là donner à l’autre, nous ne pouvons pas la transmettre, nous ne pouvons qu’en témoigner.

Témoigner de la foi : c’est cette expérience que nous avons vécue lors de notre dernière rencontre communautaire jeudi soir où nous avons laissé circuler la fois entre nous. Chacun dans la confiance a pu dire et témoigner de la manière dont le Christ est centre de sa vie. Nous avons besoin les uns des autres et la foi de l’autre ne peut que venir conforter la mienne, chacun restant unique dans sa relation au Christ.

« Veillez donc, vous ne savez ni le jour, ni l’heure. »

La liturgie de ce dimanche nous rappelle donc que c’est l’amour de Dieu qui doit imprégner notre vie. C’est ainsi que nous entretenons notre désir de Dieu et de son royaume. Cette prévision d’huile précieuse c’est la grâce du baptême. La parole de Dieu, l’Eucharistie sont une nourriture qui nous permet de rester en état de veille. C’est chaque jour que le Seigneur vient à notre rencontre pour nous modeler à son image.

Demandons-lui de nous garder veilleurs en persévérant dans la foi et dans l’amour.
Amen

Partager sur email
Partager sur print

« Que votre cœur ne soit pas bouleversé. Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. » 5e Dimanche de Pâques

O, combien ces paroles de Jésus ont du poids et sont force de réconfort dans ces temps particulièrement difficiles que nous vivons depuis l’apparition et la propagation du virus Covid 19. ! En effet, que de panique, que d’incertitude dans toute la société humaine devant ce drame mondial. Comment ne pas être bouleversé, comment ne pas se questionner, comment ne pas douter ?

Yves BOUCHET

« Que votre cœur ne soit pas bouleversé. Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. » 5e Dimanche de Pâques

O, combien ces paroles de Jésus ont du poids et sont force de réconfort dans ces temps particulièrement difficiles que nous vivons depuis l’apparition et la propagation du virus Covid 19. !

En effet, que de panique, que d’incertitude dans toute la société humaine devant ce drame mondial. Comment ne pas être bouleversé, comment ne pas se questionner, comment ne pas douter ?

Nous vivons, il est vrai, un temps difficile habité de craintes et de peurs : déstabilisation, bouleversement dans nos manières de vivre, de travailler, d’entrer en relation avec l’autre et avec les autres, déstabilisation dans nos habitudes de prier, de se réunir, de célébrer, de faire Eglise… On a l’impression d’un monde en stagnation, en péril de vie, en péril économique…

Notre rencontre communautaire de vendredi après-midi a été riche d’expressions, de partage sur le ressenti et la manière justement dont chacun a vécu et vit encore ce moment particulier du confinement tant sur le plan humain que spirituel.

Temps difficile et éprouvant dans les corps et les cœurs affrontés aux ravages de ce virus. Temps difficile pour nombre de personnes hospitalisées avec tout ce que cela a demandé et demande d’abnégation, d’investissement du personnel soignant et aussi de bien d’autres acteurs dans la vie sociale.

Temps difficile pour nombre de familles, affrontées au décès de l’un des leurs. Et pour en rajouter : cette impossibilité pour les proches d’être la pour accompagner, tenir la main, être tout simplement présence, signe de tendresse, d’amour tant nécessaire ! comme si la mort et le départ d’un être cher n’était pas déjà assez dramatique et douloureux !

Epreuves qui nous ont touchées nous aussi dans notre Province et notre communauté, avec l’hospitalisation de confrères, décès du P Gonzague, et tout récemment celui si rapide et inattendu de P Benoit, même si la cause n’en n’est pas le virus.

Tous sur la planète, nous sommes là devant cette réalité : la fragilité de nos existences, la non-maîtrise de tout. Nous mesurons notre vulnérabilité.  En même temps nous recherchons sens à ce qui nous advient. Nous ressentons aussi la nécessité de nous soutenir, de nous réconforter, d’engager des gestes de solidarités humaines au-delà de toute appartenance sociale, politique, religieuse. Nous sommes sur cette planète les hommes frères en humanité. Et nous sommes témoins, qu’au milieu de cette pandémie qui dévaste, il y a tant de gestes de vie, de gestes de solidarité et de fraternité et d’inventivité.

Ce que nous vivons aujourd’hui, nos questions, nos interrogations nous pouvons peut-être bien en trouver résonance dans ce que fut le vécu des disciples et des premiers croyants dans leur relation au Christ, et dans le contexte difficile de leur époque.

« Que votre cœur ne soit pas bouleversé, vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi »

Dans un contexte de déception, de désillusion, d’incompréhension face à l’annonce de son départ, Jésus, dans ce passage de l’Evangile de Jean que nous venons d’entendre (1er discours d’adieu)  tend à rassurer  ses disciples.  « Je pars vous préparez une place et je reviendrai. Que votre cœur ne soit pas bouleversé » Comme dans une thématique de voyage nous trouvons ainsi des verbes et des termes qui parlent non pas de mort, mais de mouvement, et qui dit mouvement dit la vie : partir – aller – revenir – chemin… Ce départ de Jésus n’est pas un abandon. Son annonce est une bonne nouvelle, c’est-à-dire un appel à vivre dans l’espérance. Certes les épreuves ne manqueront pas. Il y aura en effet les heures de la Passion, de la mort de leur Maître et par la suite, le temps des persécutions.

Mais rien ne doit troubler l’espérance des disciples, l’espérance des chrétiens.  Le Christ est bien présent hier comme aujourd’hui.  Il est là au cœur des épreuves que connaît notre monde actuellement. Ce chemin dont il nous parle n’est pas un chemin d’errance, ni une impasse. Il nous annonce le but et l’aboutissement de notre vie. Il y donne sens. Jésus, vivant auprès de son Père est en même temps chez nous, au milieu de nous. Et il nous assure de sa présence tous les jours, jusqu’à la fin du monde. Il est pour nous « le Chemin, la Vérité et la Vie ». Lui seul peut nous conduire auprès du Père, notre destination à tous.

Nous le croyons, Jésus ne se contente pas de nous montrer le chemin. Il est lui-même « le Chemin, la Vérité et la Vie. »  C’est en lui seul que nous trouvons la plénitude de la vérité. Ses paroles sont celles de la Vie Éternelle. Personne ne peut aller vers le Père sans passer par moi nous dit til. C’est lui qui nous révèle le vrai visage de Dieu. C’est en regardant vers Lui que nous redécouvrons le vrai sens de notre vie, de ce qui se bouscule et bouscule nos habitudes et certitudes. Cet évangile est un appel à l’espérance, même si nous sommes « bouleversés » par les incertitudes et les épreuves de la vie, particulièrement en cette période de pandémie. Depuis notre baptême nous sommes sur le chemin pascal.

Autre chose : au souffle de l’Esprit nous sommes invités à du neuf, à de la créativité. L’exemple nous en est donné dans le livre des Actes que nous venons de lire, et qui nous montre comment les premiers chrétiens ont suivi ce chemin du Christ. La Parole de Dieu est annoncée aux païens. Les veuves ne sont pas abandonnées à leur triste sort ; elles reçoivent une aide. Le partage des services se met en place.

Inspirons-nous de la vie de notre Seigneur qui nous invite à ne pas nous laisser troubler par ce qui nous arrive, quel que soit sa gravité, sinon son ampleur. En le regardant, sa vie éclaire la nôtre et nous inspire la solution appropriée à nos tâtonnements. « Celui qui croit en moi fera, lui aussi, les œuvres que je fais », nous dit-il.

Demandons-lui dans cette Eucharistie, de nous affermir dans la Confiance et l’audace, et de nous stimuler les uns les autres œuvrer comme des pierres vivantes à la construction d’un nouveau monde.

« Que votre cœur ne soit pas bouleversé. Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. »  Amen

Partager sur email
Partager sur print

Homélie 4e dimanche de l’Avent. 22 décembre 2019. Chapelle Saint Vincent de Paul – Paris

« Voila ce que c'est mon vieux Joseph! » Quand Dieu intervient dans nos vies, il surprend, bouscule, dérange. Ses projets de sont pas les nôtres, ses vues ne sont pas toujours à la portée de nos lunettes.

Yves BOUCHET

Homélie 4e dimanche de l’Avent. 22 décembre 2019. Chapelle Saint Vincent de Paul – Paris

Voilà c’que c’est, mon vieux Joseph
Que d’avoir pris la plus jolie
Parmi les filles de Galilée
Celle qu’on appelait Marie

Tu aurais pu, mon vieux Joseph
Prendre Sarah ou Deborah
Et rien ne serait arrivé
Mais tu as préféré Marie

Tu aurais pu, mon vieux Joseph
Rester chez toi tailler ton bois
Plutôt que d’aller t’exiler
Et te cacher avec Marie

Tu aurais pu, mon vieux Joseph
Faire des petits avec Marie
Et leur apprendre ton métier
Comme ton père te l’avait appris

Pourquoi a-t-il fallu, Joseph
Que ton enfant cet innocent
Ait eu ces étranges idées
Qui ont tant fait pleurer Marie

Parfois je pense à toi, Joseph
Mon pauvre ami lorsque l’on rit
De toi qui n’avais demandé
Qu’à vivre heureux avec Marie

Vous avez peut-être reconnu le texte de la chanson de Georges Moustaki, écrite en hommage à Joseph. Elle m’est revenue comme en écho à la lecture de l’Evangile que nous venons d’entendre en ce quatrième dimanche de l’Avent.

A quelques jours de la fête de la Nativité, l’Evangéliste Matthieu nous donne justement de méditer sur la personne de Joseph, son parcours de foi, sa place dans l’histoire du salut. A ce propos, le Pape Benoit XVI affirmait dans une homélie au jour de la fête de saint Joseph que « la figure de ce grand saint, tout en restant plutôt cachée, revêt dans l’histoire du salut une importance fondamentale ». De son coté le Pape François souligne que Saint Joseph est « l’homme fidèle et juste qui a préféré croire au Seigneur plutôt que d’écouter les voix du doute et de l’orgueil humain ».

« Voilà c’que c’est mon vieux Joseph ! »  Lorsque Dieu fait irruption dans nos vies, lorsque sa voix trouve une oreille, et qui plus est, un cœur accueillant et disponible, l’impossible devient alors possible. Le cours de l’histoire prend couleur d éternité, le temps de Dieu devient le temps des hommes, le temps des hommes celui de Dieu. Il aura bel et bien fallu, et le Oui de Marie, et le Oui de Joseph pour que Dieu trouve berceau en notre humanité.

Quel chemin intérieur a du faire Joseph, face aux événements qui se présentaient à lui ! La perspective du mariage avec la toute jeune fille Marie a tourné court très vite! La joie de la noce tant attendue a fait place à l’amertume d’un cœur chaviré devant la réalité de ce qui paraissait être une infidélité. Marie était enceinte.                     

Joseph, nous dit l’Evangile, homme juste et bon et certainement parce que profondément amoureux et respectueux de Marie, décida de ne pas la dénoncer publiquement comme le préconisait la loi en vigueur, mais plutôt de la renvoyer en secret. Il ne voulait pas exposer Marie à la disgrâce publique. On pourrait dire que, comme le fera plus tard son fils adoptif, Joseph prend ici quelque recul vis à vis de lois parfois dures et rigides, non respectueuses de l’homme et de son histoire. La tendresse et l’amour sont au cœur de sa décision.

Aux heures d épreuves, devant des projets humains qui se voient entravés, face à des relations humaines difficiles, de décisions à prendre, l’attitude de Joseph nous interpelle. De quelle manière agissons-nous ?  Que privilégions-nous ?

« Voila ce que c’est mon vieux Joseph ! »  Quand Dieu intervient dans nos vies, il surprend, bouscule, dérange. Ses projets de sont pas les nôtres, ses vues ne sont pas toujours à la portée de nos lunettes.

Surprise, Marie avait accueilli le message de l ‘Ange Gabriel lui annonçant qu’elle serait la mère du Sauveur. « Voici que tu vas être enceinte, tu enfanteras un fils, la force de l’Esprit Saint te couvrira de son ombre ». Sans tout comprendre, de sa bouche et de son cœur a jailli le Oui de la Foi, de la disponibilité : « Je suis la servante du Seigneur que tout m’advienne selon sa Parole”. 

A son tour, Joseph, reçoit en songe la visite de l ‘Ange, lui annonçant l’inattendu, on pourrait dire le « non recevable ». « L’enfant que porte Marie est fruit de l’Esprit Saint. Tu lui donneras le nom de Jésus, c’est à dire le Seigneur sauve. »  Aussi « Ne crains pas de prendre Marie chez toi », elle est ton épouse. Docile à la voix du messager de Dieu, parce qu’il est un homme de foi, Joseph revient sur sa décision première. Il ne répudiera pas Marie. Il se fait humble et accepte la mission que Dieu lui confie. Joseph est un homme juste, un homme de Foi. Il vit une véritable conversion, se dépouillant de ses vues, pour s’abandonner à Dieu et à ses desseins. Il accepte de faire de sa vie avec Marie et l’enfant qui va naître, une histoire inouïe et sacrée, ancrée dans leur amour et dans la confiance totale en Dieu et en sa Parole.

Quand nous répondons Oui à ce que Dieu attend de nous, quand nous osons des pas dans la foi sans tout mesurer, sans tout comprendre et maîtriser, nous sommes alors, comme Joseph, sur un chemin de conversion. Nous passons de nos désirs, de nos projets parfois étroits, aux vastes infinies des projets de Dieu sur nous mêmes et sur l ‘humanité. Joseph s’est montré un authentique héritier de la foi d’Abraham : foi dans le Dieu qui conduit les événements de l’histoire selon son mystérieux dessein de salut. « Sa grandeur, comme celle de Marie ressort d’autant plus parce que sa mission s’est accomplie dans l’humilité et la vie cachée de la maison de Nazareth »

Joseph homme juste, homme de foi et d’abandon à la volonté de Dieu nous interpelle sur nos propres capacités d’ouverture à Dieu, à sa Parole, à ses projets. Qu’en est-il pour nous dans nos vies ? Avec lui, Joseph nous engage sur un chemin de conversion.

« Voilà ce que c’est mon vieux Joseph, toi qui n’avais demandé qu’à vivre heureux avec Marie ». Heureux avec Marie, Joseph l’a été ! Non pas que, comme tout couple et parent, ils n’aient pas connu de soucis, d’inquiétudes, d’épreuves ; les Evangiles en témoignent. Mais leur bonheur c’est celui d’avoir librement, ensemble et dans l’amour, réalisé la volonté de Dieu, s’engageant et vivant son projet de Salut pour toute l’humanité. Car c’est bien leur « oui » prononcé dans leur chair et dans la foi qui a permis à Dieu de naître au cœur de notre humanité.

Frères et sœurs, « Préparons-nous donc » comme nous y invite le Pape François, « à célébrer Noël en contemplant Marie et Joseph : Marie, la femme pleine de grâce qui a eu le courage d’avoir totalement confiance dans la Parole de Dieu ; Joseph, l’homme fidèle et juste qui a préféré croire au Seigneur plutôt que d’écouter les voix du doute et de l’orgueil humain. Avec eux, marchons ensemble vers Bethléem. »

Partager sur email
Partager sur print