La CEVIM au service des sans-abris

En 1994 le Père Maloney, supérieur général, souhaitait voir la Congrégation de la Mission rejoindre L’ONU pour y porter la voix des pauvres. C’est en 1998 qu’elle postulera et sera reconnue.

Bernard Massarini

La CEVIM au service des sans-abris

En 1994 le Père Maloney, supérieur général, souhaitait voir la Congrégation de la Mission rejoindre L’ONU pour y porter la voix des pauvres. C’est en 1998 qu’elle postulera et sera reconnue.

De mon côté, en 2002, étant rentré d’Amérique du Sud et ayant entendu que les Équipes Saint Vincent sont présentes au Conseil de l’Europe, je vais rejoindre la représentante des Équipes une année durant à Strasbourg. La déléguée des ESV était devenue la présidente de la commission grande pauvreté du Parlement où des associations (parmi lesquelles une cinquantaine d’associations et congrégations chrétiennes) font entendre la voix des chrétiens associés à d’autres associations protestantes et juives.

Lors de la session, l’équipière, amie de la Secrétaire du Conseil des Ministères du Conseil de l’Europe, me demande de rédiger une lettre pour postuler un siège. Je vais donc collecter ce que développent les provinces de la CEVIM au niveau social, des migrants, des sans-abris et de l’éducation interreligieuse. La secrétaire du conseil des ministres, heureuse de ce qu’elle apprend, dit qu’elle soutiendra notre candidature si nous la déposons. Cela aura pour conséquences de faire que la CEVIM ait sa rencontre en Slovénie pour écouter la déléguée des ESV en vue de réfléchir à la nomination d’un confère à ce service, soit 16 jours par an de présence à Strasbourg, mais il a été décidé de ne pas donner suite.

À l’O.N.U. l’équipe des vincentiens est composée des AIC (Équipes Saint Vincent) Filles de la Charité, Congrégation de la Mission, Société Saint Vincent de Paul et Fédération des Sœurs de la Charité américaines ; cette équipe porte la voix des plus fragiles au sein de cet aéropage.

Le Père Grégory GAY, ancien Supérieur Général, va prolonger ce service en chargeant ce confrère de créer un réseau VIN-JPIC Vincentiens-Justice, Paix Intégrité (ou Sauvegarde de la Création). Les visiteurs sollicités nommeront des délégués. Pour la CEVIM, 10 des 11 provinces choisiront un répondant. Le réseau VIN-JPIC est né. Ayant une ample connaissance des divers services que nous faisons comme CEVIM, notre représentant à l’ONU, le père CAMPUZANO, me demandera de l’aider, sollicitant pour cela le père Ziad HADDAD, visiteur du Liban, alors président de la CEVIM, pour qu’il me nomme correspondant continental.

C’est en avril 2021, que notre nouveau représentant de la Congrégation : Jim CLAFFEY a proposé aux délégués provinciaux VIN-JPIC une rencontre pour démarrer le travail, moi présent comme coordinateur continental. Comme nous n’étions que 4 présents sur les 10 représentants nommés, Jim CLAFFEY a proposé que nous centrions notre collecte d’informations sur nos activités comme CEVIM avec les Sans-Abris. Après avoir patiemment été à la pêche à l’information, je viens vous livrer la richesse de ce que 6 des provinces de la CEVIM : Espagne, France, Irlande, Italie, Liban et Slovénie, font au service des sans-abris. Je vous propose un panorama de nos diverses actions.

En France

2 types de présence sur le territoire : le collectif pour la mort des errants MSMA (Marseille Solidaire de la Mort des Errants) qui l’an dernier a accompagné 14 personnes mortes dans l’abandon, car le collectif ne se charge plus seulement des sans-abris, mais des personnes sans descendants, sans famille ou proches au moment de la mort.

L’ancienne maison des lazaristes : “Tour Sainte” dénommée aujourd’hui « le Mascaret » un hébergement temporaire pour des sans-abris ayant vécu à la rue de longues années, qui a été confiée à une association Habitat Alternatif Social (H.A.S). Sont accueillis 8 sans-abris, plus 55 et 70 (moyenne d’âge 66 ans) qui viennent réapprendre la vie en collectivité pour se préparer à rejoindre l’EHPAD ou un logement, en bénéficiant d’un accompagnement. Ils demeurent quatre ans environ sur place avant de vivre leur nouvelle étape.

Et un service en Grèce

À Thessalonique les confrères accompagnent les sœurs de Mère Térésa pour distribuer nourriture et produits d’entretien à environ 300 personnes parmi lesquelles de nombreux migrants. Parfois ils peuvent offrir des légumes récupérés du supermarché qui les leur cède.

Ils ont en projet l’achat d’une maison pour aider les personnes à avoir des douches, des vêtements et des boissons chaudes.

En Espagne

A Anujar (Jaen) un centre d’accueil de 14 places avec chambres simples, doubles et triples et une pour personne handicapée. Il y a des w.c. douches, machine à laver le linge et tout est fait pour permettre l’expression paisible des usagers. Sont réalisés des ateliers les invitant à participer à la vie du lieu.

Salamanque le projet Ranquines d’accueil de jour pour personnes ayant troubles mentaux. 40 accueils simultanés possibles. Il y a repas, douche, lingerie et des services d’aide spécifiques pour les aider à conserver la meilleure autonomie possible

Valladolid, le Projet de la Médaille Miraculeuse, dans les locaux d’une paroisse vincentienne, projet pour 30 personnes ayant des troubles mentaux dus à l’expérience de la rue. Une consigne, le petit-déjeuner, la douche, le lavage du linge, le coiffeur et le podologue.

L’objectif de ce service est de faire que toutes ces personnes retrouvent l’autonomie qui les caractérisait avant qu’ils n’entrent dans leurs troubles.

En Irlande

La paroisse tenue par les confrères met l’église à la disposition des sans-abris toute la journée pour 5 à 10 personnes en même temps. Ceux-ci recherchent des solutions d’hébergements temporaires pour les plus stables. 2 d’entre eux sont accueillis dans la maison des confrères. Quelques hébergements temporaires sont fournis par les personnels sociaux de la municipalité pour le suivi des personnes.  

Italie

A Catane Sardaigne « l’Auberge du Samaritain » qui peut loger 30 personnes sans-abris pour 24 h. Il y a aussi un dortoir pour hommes, une nuit seulement de capacité de 20 places.

A Côme avec la Société Saint Vincent de Paul distribution de repas aux sans-abris.

A Rome au Léonien avec les Dames de la Charité une fois par semaine : douche, petit-déjeuner et service d’écoute pour les sans-abris ainsi que pour des personnes victimes de violences familiales et d’addiction.

Au Liban

Sous les ponts de Beyrouth et jusque dans les camps de fortune distribution de nourritures ; près de 300 personnes en bénéficient. Parfois distribution de matelas ou de sac de couchage pour éviter que les personnes dorment sur le sol.

Slovénie

L’association des « Bénévoles de Saint Vincent de Paul», est devenue association à caractère humanitaire, conduite par 2 confrères. Depuis 2006 a été ouvert un Centre de jour pour sans-abris, avec services d’hygiène. Le centre est annuellement visité par environ 800 personnes. L’association compte 14 permanents et 200 bénévoles. Ce service se couple avec des activités visant à la réintégration des usagers. Certaines possibilités d’hébergements sont aussi offertes. Il y a des ateliers créatifs de jeux partagés. Sont aussi disponibles gâteaux, nourritures, légumes et l’on prend soin de préparer de bons aliments. Les après-midis sont réservés aux douches, soins personnels et lavage du linge. Les soupers sont préparés en commun et la télévision est regardée ensemble, le sport des championnats, les vendredis des films sont projetés. Ceci recrée pour tous un espace de communication sain.

Le foyer pour sans-abris de 7 lits, où on leur apprend à gérer ce nouvel espace. Certains grâce à cela retrouve le goût de reprendre une vie stable.

Les maraudes sur Ljubjana pour ceux qui ne viennent pas au centre. Ceux-ci sont visités aussi à l’hôpital ou à la prison. Distribution de nourriture dans la ville de Nova Gorica du lundi au vendredi avec l’essai de résoudre les difficultés qu’ils rencontrent. Ils sont aussi parfois conduits d’une ville à une autre plus proche.

On essaie de leur redonner une certaine autonomie, ils peuvent ainsi ne plus avoir besoin des services de secours. Certains se voient proposer des logements partagés ce qui les stabilise et leur donne de nouveau la chance d’équilibres retrouvés.  

On réfléchit à des actions partagées : visites, piscine et autres activités qu’ils auraient du mal à pratiquer seul. Nous le voyons, autant de projets dans lesquels les Confrères se sont investis pour aider leurs semblables sans-abris.

Vincentiens continuons à inventer pour continuer ce souffle que Saint Vincent nous a laissé !

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Message du Pape François à l’occasion de la 1ere Journée Mondiale des Grands-Parents et des personnes âgées (25 juillet 2021)

“Je suis avec toi tous les jours” (cf. Mt 28, 20) ! Telle est la promesse que le Seigneur a faite à ses disciples avant de monter au ciel et c’est la même promesse qu’il te répète aussi aujourd’hui, cher grand-père et chère grand-mère.À toi. “Je suis avec toi tous les jours” sont aussi les paroles qu’en tant qu’Evêque de Rome, et en tant que personne âgée comme toi, je voudrais t’adresser à l’occasion de cette première Journée Mondiale des Grands-parents et des Personnes âgées. Toute l’Eglise est proche de toi –disons-le mieux, elle nous est proche – : elle a souci de toi, elle t’aime et ne veut pas te laisser seul !

Pape Francois

Message du Pape François à l’occasion de la 1ere Journée Mondiale des Grands-Parents et des personnes âgées (25 juillet 2021)

Chers grands-pères, Chères grands-mères !

“Je suis avec toi tous les jours” (cf. Mt 28, 20) ! Telle est la promesse que le Seigneur a faite à ses disciples avant de monter au ciel et c’est la même promesse qu’il te répète aussi aujourd’hui, cher grand-père et chère grand-mère.À toi. “Je suis avec toi tous les jours” sont aussi les paroles qu’en tant qu’Evêque de Rome, et en tant que personne âgée comme toi, je voudrais t’adresser à l’occasion de cette première Journée Mondiale des Grands-parents et des Personnes âgées. Toute l’Eglise est proche de toi –disons-le mieux, elle nous est proche – : elle a souci de toi, elle t’aime et ne veut pas te laisser seul !

Je sais bien que ce message te parvient à un moment difficile : la pandémie a été une tempête inattendue et furieuse, une dure épreuve qui s’est abattue sur la vie de tout le monde, mais qui a réservé un traitement spécial, un traitement encore plus rude à nous, les personnes âgées. Beaucoup d’entre nous sont tombés malades ; nombreux ont perdu la vie ou ont vu mourir leur conjoint ou leurs proches ; d’autres encore ont été contraints à la solitude pendant une très longue période, isolés.

Le Seigneur connaît chacune de nos souffrances actuelles. Il est aux côtés de ceux qui font l’expérience douloureuse d’être mis à l’écart ; notre solitude – aggravée par la pandémie – ne lui est pas indifférente. Une tradition raconte que saint Joachim, le grand-père de Jésus, avait lui aussi été exclu de sa communauté parce qu’il n’avait pas d’enfants ; sa vie – tout comme celle de sa femme Anne – était considérée comme inutile. Mais le Seigneur lui envoya un ange pour le consoler. Alors qu’il se tenait tout triste aux portes de la ville, un envoyé du Seigneur lui apparut pour lui dire : « Joachim, Joachim ! Le Seigneur a exaucé ta prière insistante » [1]. Giotto, dans l’une de ses célèbres fresques [2], semble situer l’épisode pendant la nuit, une de ces nombreuses nuits sans sommeil, pleines de souvenirs, de soucis et de désirs, auxquelles beaucoup d’entre nous sommes habitués.

Mais aussi lorsque tout semble obscur, comme pendant ces mois de pandémie, le Seigneur continue à envoyer des anges pour consoler notre solitude et nous répéter : “Je suis avec toi tous les jours”. Il te le dit, il me le dit, il le dit à nous tous ! Tel est le sens de cette Journée que j’ai voulu que l’on célèbre pour la première fois cette année, après une longue période d’isolement et une reprise encore lente de la vie sociale : que chaque grand-père, chaque grand-mère, chaque personne âgée – en particulier les plus isolés d’entre nous – reçoive la visite d’un ange !

Parfois, ils auront les traits de nos petits-enfants, d’autres fois, ceux des membres de notre famille, des amis de toujours ou que nous avons rencontrés pendant ces moments difficiles. Pendant cette période, nous avons appris l’importance des câlins et des visites pour chacun d’entre nous, et comme je suis attristé par le fait que dans certains lieux, ces gestes ne soient pas encore possibles !

Mais le Seigneur nous envoie aussi ses messagers à travers la Parole de Dieu, qu’il ne fait jamais manquer à notre vie. Lisons chaque jour une page de l’Évangile, prions les Psaumes, lisons les Prophètes ! Nous serons surpris par la fidélité du Seigneur. Les Écritures nous aideront également à comprendre ce que le Seigneur attend de notre vie aujourd’hui. En effet, il envoie les ouvriers à sa vigne à toutes les heures de la journée (cf. Mt 20, 1-16), à chaque saison de la vie. Je peux moi-même témoigner d’avoir reçu l’appel à devenir Évêque de Rome au moment où j’avais atteint, pour ainsi dire, l’âge de la retraite et je ne pensais plus pouvoir faire grand-chose de nouveau. Le Seigneur est toujours proche de nous, toujours, avec de nouvelles invitations, avec de nouvelles paroles, avec sa consolation. Il est toujours proche de nous. Vous savez que le Seigneur est éternel et ne prend jamais sa retraite, jamais.

Dans l’Évangile de Matthieu, Jésus dit aux Apôtres : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé » (28, 19-20). Ces paroles s’adressent aussi à nous aujourd’hui et nous aident à mieux comprendre que notre vocation est celle de conserver les racines, de transmettre la foi aux jeunes et de prendre soin des plus petits. Écoutez bien : quelle est notre vocation aujourd’hui, à notre âge ? Conserver les racines, transmettre la foi aux jeunes et prendre soin des plus petits. N’oubliez pas cela.

Peu importe ton âge, si tu travailles encore ou pas, si tu es resté seul ou si tu as encore une famille, si tu es devenu grand-mère ou grand-père très tôt ou plus tard, si tu es encore indépendant ou si tu as besoin d’assistance, car il n’y a pas un âge de retraite pour la mission d’annoncer l’Évangile, de transmettre les traditions aux petits-enfants. Il faut se mettre en chemin et, surtout, sortir de soi pour entreprendre quelque chose de nouveau.

Il y a donc une vocation renouvelée pour toi aussi à un moment crucial de l’histoire. Tu te demanderas : comment est-ce possible ? Mon énergie s’épuise petit à petit et je ne crois pas pouvoir faire grand-chose. Comment puis-je commencer à me comporter différemment lorsque l’habitude est devenue la règle de mon existence ? Comment puis-je me consacrer à ceux qui sont plus pauvres alors que j’ai déjà tant de soucis pour ma famille ? Comment puis-je élargir mes horizons quand je ne parviens même plus à quitter ma résidence ? Ma solitude n’est-elle pas un trop lourd fardeau ? Combien d’entre vous se posent cette question : ma solitude n’est-elle pas un trop lourd fardeau ? Nicodème a posé une question similaire à Jésus lui-même lorsqu’il lui a demandé : « Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? » (Jn 3, 4). Cela est possible, répond le Seigneur, en ouvrant son cœur à l’action de l’Esprit Saint qui souffle où il veut. L’Esprit Saint, en vertu de la liberté qu’il a, va partout et fait ce qu’il veut.

Comme je l’ai répété à maintes reprises, nous ne sortirons plus les mêmes de cette crise que le monde entier traverse : nous sortirons meilleurs ou pires. Et « Plaise au ciel que […] ce ne soit pas un autre épisode grave de l’histoire dont nous n’aurons pas su tirer leçon ! – nous avons la tête dure ! –. Plaise au ciel que nous n’oublions pas les personnes âgées décédées par manque de respirateurs ! […] Plaise au ciel que tant de souffrance ne soit pas inutile, que nous fassions un pas vers un nouveau mode de vie et découvrions définitivement que nous avons besoin les uns des autres et que nous avons des dettes les uns envers les autres, afin que l’humanité renaisse » (Enc. Fratelli tutti, n. 35). Personne ne se sauve tout seul. Nous sommes tous débiteurs, les uns des autres. Tous frères.

Dans cette perspective, je voudrais te dire qu’on a besoin de toi pour construire, dans la fraternité et dans l’amitié sociale, le monde de demain : celui dans lequel nous vivrons – nous avec nos enfants et nos petits-enfants – lorsque la tempête se sera apaisée. Nous devons tous être « parties prenantes de la réhabilitation et de l’aide aux sociétés blessées » (ibid., n. 77). Parmi les différents piliers qui devront soutenir cette nouvelle construction, il y en a trois que tu peux, mieux que quiconque, aider à placer. Trois piliers : les rêves, la mémoire et la prière. La proximité du Seigneur donnera la force d’entreprendre un nouveau chemin, même aux plus fragiles d’entre nous, par les routes du rêve, de la mémoire et de la prière.

Le prophète Joël fit autrefois cette promesse : « Vos anciens seront instruits par des songes, et vos jeunes gens par des visions » (3, 1). L’avenir du monde réside dans cette alliance entre les jeunes et les personnes âgées. Qui, mieux que les jeunes, peut prendre les rêves des personnes âgées et les mener à bien ? Mais pour cela il faut continuer à rêver : dans nos rêves de justice, de paix, de solidarité réside la possibilité que nos jeunes aient de nouvelles visions, et qu’ensemble nous puissions construire l’avenir. C’est important que tu témoignes toi aussi qu’il est possible de sortir renouvelé d’une expérience d’épreuve. Et je suis sûr que ce n’est pas l’unique épreuve, parce que dans ta vie, tu en as eu beaucoup d’autres et tu as réussi à t’en sortir. Apprend également de cette expérience à t’en sortir maintenant.

Les rêves sont pour cette raison intimement liés à la mémoire. Je pense à combien est précieux le souvenir douloureux de la guerre et à ce que les nouvelles générations peuvent en apprendre sur la valeur de la paix. Et il t’appartient de transmettre cela, toi qui as vécu la douleur de la guerre. Faire mémoire est une véritable mission pour toute personne âgée : la mémoire, et transmettre cette mémoire aux autres. Édith Bruck, qui a survécu au drame de la Shoah, affirme que « le fait d’éclairer ne serait-ce qu’une seule conscience vaut l’effort et la douleur de garder vivant le souvenir de ce qui s’est passé – et elle continue-. Pour moi, faire mémoire est synonyme de vivre » [3]. Je pense aussi à mes grands-parents et à ceux d’entre vous qui ont dû émigrer et savent combien il est difficile de quitter sa maison, comme beaucoup de personnes le font encore aujourd’hui en quête d’un avenir. Certains d’entre eux, nous les avons peut-être à côté de nous et ils prennent soin de nous. Cette mémoire peut aider à construire un monde plus humain et plus accueillant. Mais, sans la mémoire, on ne peut pas construire ; sans les fondations, tu ne construiras jamais une maison. Jamais! Et les fondations de la vie sont la mémoire.

Enfin, la prière. Comme l’a dit une fois mon prédécesseur, le Pape Benoît, le saint vieillard qui continue à prier et à travailler pour l’Église, : « La prière des personnes âgées peut protéger le monde, en l’aidant probablement de manière encore plus incisive que l’activisme de tant de personnes » [4]. Il a dit ça presqu’à la fin de son pontificat en 2012. Que c’est beau ! Ta prière est une ressource très précieuse : c’est un poumon dont ni l’Église ni le monde ne peuvent se priver (cf. Exhort. ap. Evangelii Gaudium, n. 262). Surtout en ce temps si difficile pour l’humanité, alors que nous sommes en train de traverser, tous sur un même bateau, la mer houleuse de la pandémie, ton intercession pour le monde et pour l’Église n’est pas vaine, mais elle indique à tous la confiance sereine d’un port sûr.

Chère grand-mère, cher grand-père, au moment de conclure mon message, je voudrais t’indiquer aussi l’exemple du bienheureux – et bientôt saint – Charles de Foucauld. Il a vécu comme ermite en Algérie et dans ce contexte périphérique, il a témoigné de « son aspiration de sentir tout être humain comme un frère » (Enc. Fratelli tutti, n. 287). Son histoire montre comment il est possible, même dans la solitude du désert, d’intercéder pour les pauvres du monde entier et de devenir véritablement un frère ou une sœur universel.

Je demande au Seigneur que, suivant son exemple, chacun de nous puisse élargir son cœur, le rendre sensible aux souffrances des derniers, et capable d’intercéder pour eux. Que chacun de nous apprenne à répéter à tous, et aux plus jeunes en particulier, ces paroles de consolation qui nous ont été adressées aujourd’hui : “Je suis avec toi tous les jours” ! Allons de l’avant et courage ! Que le Seigneur vous bénisse.

Rome, Saint Jean de Latran, 31 mai 2021, Fête de la Visitation de la Vierge Marie.

François

 

 

[1] L’épisode est raconté dans le Protoévangile de Jacques

[2] Il s’agit de l’image qui a été choisie comme logo de la Journée Mondiale des Grands-Parents et des Personnes âgées.

[3] La mémoire est vie, l’écriture est respiration. L’Osservatore Romano, 26 janvier 2021.

[4] Visite à la maison de retraite “Viva gli anziani”, 2 novembre 2012.

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Homélie. 12e dimanche du temps ordinaire

Ce passage de l’évangile a trouvé un écho favorable chez les chrétiens, dès les premiers temps de l’Église. Souvenons-nous aussi, que le Pape François nous a invités à méditer ce passage le 27 mars 2020, depuis la place St Pierre complètement vide, sous une pluie battante, au moment le plus angoissant de la pandémie.

Alexis CERQUERA

Homélie. 12e dimanche du temps ordinaire

Ce passage de l’évangile a trouvé un écho favorable chez les chrétiens, dès les premiers temps de l’Église. Souvenons-nous aussi, que le Pape François nous a invités à méditer ce passage le 27 mars 2020, depuis la place St Pierre complètement vide, sous une pluie battante, au moment le plus angoissant de la pandémie.

L’évangéliste Marc cherche à fortifier la foi de la communauté implantée à Rome, menacée par la persécution et l’hostilité de l’Empereur. Son seul objectif est d’exhorter les chrétiens à faire confiance à Jésus et à sa Parole !

C’est le soir, la nuit tombe. Le Seigneur incite les disciples à traverser la mer pour regagner l’autre rive. Il les exhorte à quitter la « sécurité » pour aller vers l’inconnu, à la rencontre « des autres », de ceux qui n’appartiennent pas à leur groupe, à leur communauté. Après des jours de prédication, de miracles, de « célébrations » il leur faut courir le risque d’annoncer la Bonne Nouvelle à ceux qui sont « loin »

Pour vivre le message évangélique dans la joie et l’espérance, il nous est nécessaire d’aller à la rencontre de ceux qui sont aux marges : « sur l’autre rive ». Jésus invite ses disciples – nous aujourd’hui- à se décentrer, se déplacer… Or le changement, quel qu’il soit, peut réserver des surprises !  

Et pour les disciples, elles arrivent sans tarder… Le temps se déchaîne, le vent est violent, la barque battue par les vagues…  Jésus est étrangement gagné par un profond sommeil ! Les disciples, aux commandex, sont pris de panique au milieu de cette grande tempête.

Le dialogue entre le Maitre et ses disciples peut surprendre, mais il est explicable et compréhensible dans de telles circonstances.

L’évangéliste Marc utilise le verbe « avoir peur », mais ici, il signifie plutôt « être lâche ». Jésus ne désapprouve pas la peur. Il la comprend parce que lui-même l’a vécue. Elle fait partie de notre vie, et nous sommes fréquemment confrontés à des situations qui peuvent la provoquer. Le courage suppose la peur.

La lâcheté, par contre, peut nous empêcher d’affronter avec responsabilité les tempêtes de notre existence.

La lâcheté, contraire à la foi, il nous arrive parfois de la cultiver et de l’habiller de dévotions désincarnées, de ritualismes vides et de conformisme paresseux.

En ce moment de crise de notre société et de notre Église il est important et urgent de mener une réflexion courageuse et créative ainsi qu’une autocritique de nos peurs et lâchetés. Un dialogue sincère et collaboratif, doit nous aider à assumer d’une manière responsable « les passages vers l’autre rive ».

Aujourd’hui en Église il nous faut réécouter cette interpellation de Jésus : « Pour quoi vous êtes si lâches ? N’avez-vous pas encore la foi ? »

Il nous faut reconnaître, avec sincérité, que nous ne prenons pas au sérieux, tout ce que l’Évangile signifie et ce à quoi Il nous appelle. Dans notre rapport au monde, nous restons sur la défensive sans chercher à résoudre les problèmes de fond et nous avons les yeux rivés sur un passé dit « glorieux », mais entachés d’injustices et mépris vis-à-vis beaucoup des populations signalées d’être « au marge » (les homosexuels, les mères célibataires, les femmes, les indigènes…), et par la suite tant des demandes de pardon envers eux ! mais nous résistons à l’appel du Seigneur : « aller vers l’autre rive ».  Restant sur cette attitude nous exposons, alors, à réduire l’Evangile à un tranquillisant supplémentaire !

De même, la foi en Jésus n’est pas une recette psychologique pour combattre les peurs ! Au contraire elle est la confiance radicale en un Dieu-Père et l’expérience de son amour inconditionnel pour tout être humain. Elle offre un socle spirituel solide pour affronter la vie dans la Paix et l’harmonie.

Le Christ, avec l’autorité qui lui vient de son Père, apaise la tempête. Ses gestes et ses paroles, rappellent le récit de la genèse : Fils du Créateur, Il va apaiser les éléments en furie, à la stupéfaction de ses disciples : « Qui est-il donc, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? »

Il est évident que le Seigneur n’allait pas laisser périr ses disciples, malgré leur manque de confiance. La mission évangélisatrice est urgente ! Néanmoins ils doivent s’entraîner à la confiance, la disponibilité et l’autorité. Contre les ennemis destructeurs d’humanité il convient de se montrer solide dans la foi.

Le fait que Jésus apaise la tempête est pour les disciples, est un moment révélateur. La parole de Jésus est la parole créatrice de Dieu.

Dans ce récit, tout finit bien : les disciples ne périssent pas, Jésus les sauve. Mais ils vont périr un jour.

De plus, ils sont nombreux ceux qui, perdus dans une situation périlleuse, dans l’obscurité, dans le chaos, ne s’en sortent pas, crient éperdument vers Jésus… et périssent ! Nous mourons, nous aussi !

Le but de ce récit n’est donc pas de dire aux disciples – à nous aujourd’hui –  que nous survivrons si nous faisons appel à Jésus, mais de nous rappeler que dans le danger, dans la souffrance incompréhensible, dans la mort même, nous ne sommes pas abandonnés. Nous sommes dans un monde animé par la Parole de Dieu, celle de Jésus, et nous sommes entourés par sa puissance mystérieuse. Face à la souffrance, face à la mort, face au chaos, il faut du courage ! Sur le lac, ce moment révélateur de la majesté incompréhensible de Jésus donne ce courage aux disciples. Il nous le donne encore !

Le pape François a affirmé ce 27 mars 2020 : « Embrasser la croix, c’est trouver le courage d’embrasser toutes les contrariétés du temps présent, en abandonnant un moment notre soif de toute puissance et de possession, pour faire place à la créativité que seul l’Esprit est capable de susciter. C’est trouver le courage d’ouvrir des espaces où tous peuvent se sentir appelés, et permettre de nouvelles formes d’hospitalité et de fraternité ainsi que de solidarité. Par sa croix, nous avons été sauvés pour accueillir l’espérance et permettre que ce soit elle qui renforce et soutienne toutes les mesures et toutes les pistes possibles qui puissent aider à nous préserver et à sauvegarder. Étreindre le Seigneur pour embrasser l’espérance, voilà la force de la foi, qui libère de la peur et donne de l’espérance. »

 

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Faire confiance. Méditation

Aujourd’hui, on entend à peine parler de «la providence de Dieu». C’est un langage qui est tombé en désuétude ou qui est devenu une manière pieuse de considérer certains événements.

Jose Antonio PAGOLA

Faire confiance. Méditation

Aujourd’hui, on entend à peine parler de «la providence de Dieu». C’est un langage qui est tombé en désuétude ou qui est devenu une manière pieuse de considérer certains événements. Cependant, croire en l’amour providentiel de Dieu est une caractéristique fondamentale du chrétien.

Tout naît d’une conviction radicale. Dieu n’abandonne pas et ne néglige pas ceux qu’il crée, mais soutient leur vie avec un amour fidèle, vigilant et créateur. Nous ne sommes pas à la merci du hasard, du chaos ou de la fatalité. Dieu est au coeur de la réalité et conduit notre être vers le bien.

Cette foi ne nous libère pas des peines et des labeurs, mais elle enracine le croyant dans une confiance totale en Dieu, qui chasse la peur de tomber définitivement sous les forces du mal. Dieu est le Seigneur suprême de nos vies. D’où l’invitation de la première lettre de saint Pierre: «Déposez en Dieu tous vos fardeaux, car ce qui l’intéresse, c’est votre bien» (1 Pierre 5, 7).

Cela ne signifie pas que Dieu «intervient» dans notre vie comme le font d’autres personnes ou d’autres facteurs. La foi en la Providence est parfois tombée dans le discrédit précisément parce qu’elle a été comprise dans un sens interventionniste, comme si Dieu s’immisçait dans nos affaires, forçant les événements ou éliminant la liberté humaine. Ce n’est pas le cas. Dieu respecte totalement les décisions des personnes et le cours de l’histoire.

C’est pourquoi nous ne devrions pas dire, à proprement parler, que Dieu «guide» notre vie, mais plutôt qu’il offre sa grâce et sa force pour que nous puissions l’orienter et la guider vers notre bien. Ainsi, la présence providentielle de Dieu ne conduit pas à la passivité ou à l’inhibition, mais à l’initiative et à la créativité.

En outre, nous ne devons pas oublier que même si nous pouvons saisir des signes de l’amour providentiel de Dieu dans des expériences concrètes de notre vie, son action reste toujours insondable. Ce qui nous semble mauvais aujourd’hui peut être demain une source de bien. Nous sommes incapables d’embrasser la totalité de notre existence; le sens final des choses nous échappe; nous ne pouvons pas comprendre les événements dans leurs conséquences ultimes. Tout reste sous le signe de l’amour de Dieu, qui n’oublie aucune de ses créatures.

C’est dans cette perspective que la scène du lac de Tibériade acquiert toute sa profondeur. Au milieu de la tempête, les disciples voient Jésus dormir tranquillement dans la barque. De leur coeur plein de peur sort un cri: «Maître, cela ne te fait rien que nous soyons en train de couler?». Jésus, après avoir transmis son propre calme à la mer et au vent, leur dit: «Pourquoi êtes-vous si lâches? N’avez-vous toujours pas la foi?».

José Antonio Pagola
Traducteur: Carlos Orduna

www.https://www.gruposdejesus.com/12-temps-ordinaire-b-mark-435-41/

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Une invitation à la prière que nous adressons à vous tous, usagers du site CMission

La nouvelle équipe communication s’est retrouvée la semaine dernière pour un temps de formation. Elle veut reprendre un service plus proche des confrères dans les diverses communautés de la Province de France et de tous les usagers du site C’Mission.

Province de France Congregation de la Mission

Une invitation à la prière que nous adressons à vous tous, usagers du site CMission

La nouvelle équipe communication s’est retrouvée la semaine dernière pour un temps de formation. Elle veut reprendre un service plus proche des confrères dans les diverses communautés de la Province de France et de tous les usagers du site C’Mission. Cette même équipe est heureuse de vous faire part des prochains moments forts qui vont mobiliser les lazaristes de notre Province de France.

Il y a six ans déjà que la Province de France a vu le jour, après la réunification des provinces de Toulouse et de Paris. Elle a tenté, cahin-caha, de tracer son nouveau chemin. Comme le prévoit les Constitutions, en mars dernier les confères ont élus 20 délégués qui vont se retrouver du 24 ou 30 octobre 2021 à l’Hay-les-Roses, en Assemblée Provinciale.

Ils vont continuer à repenser une présence fidèle à l’esprit de saint Vincent, au service de l’Église, à la suite du Christ Evangélisateur des pauvres. Dans quelques mois, un nouveau Provincial sera nommé par le Père supérieur général. Il succédera au Père Christian Mauvais en fin de mandat et aura pour mission de continuer à faire vivre l’esprit de Saint Vincent de Paul à la centaine de pères et frères qui en France perpétuent son héritage.

Merci par vos prières, de vous associer au chemin dans lequel les lazaristes inscrivent leurs pas, afin que reste toujours vivant l’esprit de Saint Vincent de Paul, ce grand témoin que le monde admire pour son amour de Dieu et des pauvres

Nous comptons sur vos prières !

L’équipe de communication de la province de France de la Congrégation de la Mission.

 

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