« Cher pape François… », par la rabbin Delphine Horvilleur. Article publié le Publié le 02 décembre 2020, dans le journal L’Obs

Quel meilleur moment que celui que nous vivons pour nous en convaincre ? Jamais nous ne nous étions sentis plus vulnérables. Et qui mieux qu’un pape, que l’on imagine, comme Salomon, bien installé dans un palais, dans une tradition et un dogme immuable, pour nous le rappeler ? Il est un temps pour chaque chose sous le soleil, et le nôtre est à reconnaître le changement.

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« Cher pape François… », par la rabbin Delphine Horvilleur. Article publié le Publié le 02 décembre 2020, dans le journal L’Obs

La célèbre femme rabbin a accepté de lire pour « l’Obs » le nouveau livre du chef de l’Église catholique « Un temps pour changer », né de la crise mondiale du Covid. De spirituelle à spirituel, elle a choisi d’écrire une lettre au souverain pontife.

« Laissez-moi débuter par une confession. » Quand « l’Obs » m’a demandé si j’accepterais de lire votre ouvrage et d’en offrir un commentaire, j’ai souri. Il m’a semblé que j’étais peut-être une des personnes les moins pertinentes pour me livrer à cet exercice. Non seulement parce que je n’incarne sans doute pas votre lectorat traditionnel, mais aussi parce que les écrits d’un chrétien, homme, représentant suprême de l’Eglise catholique, n’ont sans doute pas vocation à être interprétés par une juive, femme et rabbin, dont la légitimité à exercer cette fonction en tant que femme est questionnée au sein même de sa propre tradition.

J’ai pensé également à tout ce que des années de dialogue interreligieux m’ont appris. La fertilité de ces rencontres repose sur une humble reconnaissance : nous ne parlons pas la même langue. Il existe entre nos traditions ce que les Américains appellent un lost in translation, une impossible équivalence des termes qui nous empêche de parfaitement nous comprendre. Des mots tels que « foi », « grâce », « commandement », « soumission »… n’ont pas la même résonance pour les uns et les autres.

Et puis, je me suis souvenue d’une petite histoire racontée un jour par l’écrivain israélien Amos Oz. Quand on lui demandait pourquoi les juifs n’avaient pas de pape, il répondait en plaisantant : « C’est impossible ! Si quelqu’un se proclamait “le pape des juifs”, tout le monde viendrait lui taper sur l’épaule : “Salut, le pape, lui dirait-on. Vous ne me connaissez pas, je ne vous connais pas, mais ma grand-mère et votre tante faisaient affaire ensemble, à Minsk ou à Casablanca. Alors, accordez-moi cinq minutes pour que je vous explique, une bonne fois pour toutes, ce que Dieu attend vraiment de vous.” »

Cette plaisanterie juive est, bien sûr, une impitoyable autocritique. Elle se moque à la fois des excès d’assurance et de l’incapacité chronique de notre peuple à parler d’une seule voix ou à se choisir un représentant unique. Les juifs ont érigé le débat et la controverse en principe sacré, au point de considérer que « tomber d’accord » est toujours une chute, et que diverger est une élévation. C’est avec ces pensées en tête que j’ai ouvert votre livre.

Jamais nous ne nous étions sentis plus vulnérables

Son titre, « Un temps pour changer », est évidemment un clin d’œil à la sagesse de l’Ecclésiaste. Dans la Bible, le roi Salomon, considéré comme le plus sage des hommes, y affirme qu’il est « un temps pour chaque chose sous le soleil. Un temps pour naître et un temps pour mourir… un temps pour démolir et un temps pour construire… un temps pour pleurer et un temps pour rire… » Rien ne dure, ajoute-t-il, et personne mieux que lui ne peut l’enseigner. Il incarne, dans cette Bible que nous avons en partage, le plus sédentaire des hommes : il accumule des biens et construit des palais. C’est précisément parce qu’il incarne la stabilité sédentaire que sa parole sur le caractère éphémère du monde est forte. Il fallait dans la Bible un puissant pour reconnaître l’absolue vulnérabilité de nos vies et de nos édifices.

Quel meilleur moment que celui que nous vivons pour nous en convaincre ? Jamais nous ne nous étions sentis plus vulnérables. Et qui mieux qu’un pape, que l’on imagine, comme Salomon, bien installé dans un palais, dans une tradition et un dogme immuable, pour nous le rappeler ? Il est un temps pour chaque chose sous le soleil, et le nôtre est à reconnaître le changement.

« On ne sort jamais indemne d’une crise », écrivez-vous. Bien sûr, il existe, chez certains, une tentation de battre en retraite, de rêver le retour du monde d’hier, comme s’il pouvait encore exister. Mais notre regard a d’ores et déjà changé. En hébreu moderne, la crise se dit mashber et, cela ne vous étonnera pas, ce mot signifiait à l’origine autre chose : il désignait une « table d’accouchement ». La crise est le lieu, chargé d’espoir et de terreur, où peut naître un monde nouveau, surgir une nouvelle lucidité.

Cette pandémie, expliquez-vous, a simultanément révélé toutes « les autres pandémies de notre temps » : la faim, la violence, le changement climatique, et « la culture du déchet », un monde où prolifèrent de façon virale les abus contre ceux dont on nie la dignité, où grandissent l’indifférence, l’individualisme et le narcissisme. Se déploie ce qu’en italien vous appelez le menefreghismo, un « je-m’en-foutisme » qui nous empêche de nous sentir vraiment solidaires les uns des autres.

Mais, dites-vous, le Covid devrait pourtant renvoyer chacun à ce que furent dans nos histoires passées d’autres « Covid personnels », ces temps d’arrêt qui nous ont mis face à nos idolâtries, ont interrogé nos certitudes et bousculé nos idéologies. Et voilà que vous nous livrez les vôtres, ces trois temps où il y eut pour vous « du nouveau sous le soleil ».

Tous nos « Covid personnels »

Votre maladie, d’abord, qui à l’âge de 21 ans faillit vous emporter, mais dont vous revîntes avec la conscience claire d’un salut possible. Vous y avez appris que parfois les certitudes des médecins et de vos visiteurs ne servaient à rien. Il y eut ensuite l’expérience du déracinement en Allemagne à la fin des années 1980, la perception d’être si loin de chez vous, à tout point de vue. Et enfin, l’isolement à Cordoue (Argentine) au début des années 1990, où, mis un temps sur le « banc de touche » de vos idéologies, vous avez expérimenté un absolu confinement, isolé au sein de votre propre maison spirituelle. Tous ces « Covid personnels » racontent finalement une seule et même expérience : celle de l’exil, en soi ou hors de chez soi.

Seul l’exilé, géographique, psychique ou spirituel, connaît la possibilité d’un changement. Il sait qu’il ne sera plus jamais celui qu’il était, et à tout jamais un autre. Ce n’est pas un hasard si, dans la Bible, toutes les révélations ont lieu dans le désert. On n’entend rien depuis sa zone de confort, depuis le lieu de sa pleine propriété. C’est ce que vous suggérez en écrivant que

« Dieu se révèle toujours en périphérie », pour celui qui sait « se décentrer ».

J’ai aimé que dans votre livre cette périphérie ait si souvent un visage de femme. Il y a celui d’une enseignante qui vient vous consoler pendant la maladie, celui d’une infirmière qui vous ramène à la vie. Il y a aussi la reconnaissance de tout ce que les femmes ont apporté dans la gestion de la crise sanitaire actuelle – elles qui constituent 70 % des personnels de la santé. Il y a enfin le constat de la place prise par un leadership féminin qui semble avoir mieux géré politiquement les défis de cette pandémie.

Vous parlez aussi de votre sensibilité aux thèses de certaines femmes économistes : leur analyse des failles du système classique, leur volonté de développer un modèle qui soutient et protège au lieu de réglementer et arbitrer.

D’où vient donc cette expertise féminine ? Peut-être, dites-vous, de l’expérience domestique, et de l’étymologie même de l’économique – oikos nomos –, l’art de tenir une maison.

Et si, ai-je envie de vous suggérer, il était surtout chez ces femmes – mais pas uniquement chez elles – une conscience particulière d’avoir longtemps été l’Autre de l’histoire, c’est-à- dire, précisément, à la périphérie ? Reconnaître que leur leadership est fertile pour les systèmes qu’elles irriguent, n’est-ce pas envisager qu’il le serait aussi pour l’Eglise, à des postes religieux et non pas simplement d’encadrement ou d’enseignement ?

Vous me direz qu’on ne change pas ainsi une tradition. J’ai souvent entendu cet argument à l’intérieur de la mienne. Je conçois d’ailleurs très bien que le « Temps pour changer » ne soit pas le même pour tous. Mais ne s’accélère-t-il jamais par la volonté des Hommes ? N’attend- il pas de nous parfois un petit coup de pouce ?

Vous écrivez aussi que « la Tradition n’est pas un musée, la vraie religion n’est pas un congélateur et la doctrine n’est pas statique… elle grandit et se développe comme un arbre qui reste le même mais qui grandit et porte toujours plus de fruits ». J’aime l’idée que nous

puissions nous retrouver là, dans ce souci que nous partageons d’entendre dans nos vies religieuses à la fois les voix de la préservation et du renouvellement.

« A l’endroit où nous sommes sûrs d’avoir raison »

Il est bien d’autres sujets sur lesquels nous ne tomberons pas d’accord. Le droit à l’avortement est l’un d’entre eux, évidemment, et pas des moindres. Mais il nous revient malgré ces désaccords, et précisément parce qu’ils existent, de travailler à rendre le dialogue plus fertile encore. Le monde autour de nous, politique et religieux, connaît des polarisations extrêmes qui nous paralysent tous. Elles nous détruisent dès lors qu’elles ne font que nous enfermer dans l’exclusion ou l’annulation de l’autre, et nous empêchent de voir aussi tout ce qui dans le désaccord pourrait encore enrichir nos pensées divergentes. Non pas pour trouver un consensus mais pour se dire que le débat n’est pas clos.

J’ai aimé que dans votre livre vous tutoyiez vos lecteurs. J’ai bien sûr pensé à Martin Buber et à son invitation à penser la relation comme un Je-Tu et non un Je-Ça, à reconnaître l’altérité au fondement de la relation. Le livre s’achève d’ailleurs sur la parole d’un autre, et non sur la vôtre, celle d’un poète dont les mots résonnent pour chacun de nous si fortement aujourd’hui : « Quand la tempête sera passée, je Te demande, Dieu, du fond de la honte, Que Tu nous rendes meilleurs, Ainsi que Tu nous as rêvés. »

J’aimerais en retour vous offrir ceux d’un autre auteur, Yehouda Amih’ai, dont les mots m’ont si souvent invitée à changer. Un de ses poèmes débute ainsi : « A l’endroit où nous sommes sûrs d’avoir raison, aucune fleur ne poussera au printemps… » Là où nous avons l’humilité de nous dire qu’il pourrait en être autrement, là où nous sommes prêts à douter de nos certitudes, de nouveaux mondes pourraient bien grandir. Avec mon profond respect. »

Delphine Horvilleur est rabbin (Judaïsme en Mouvement). Elle dirige les ateliers Tenou’a, en ligne chaque mardi à 20h30 sur le site www.tenoua.org. Dernier ouvrage paru : « Comprendre le monde », Seuil, 2020.

Le livre du pape François « Un temps pour changer », issu de conversations avec son biographe Austen Ivereigh, est publié par les éditions Flammarion.

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Rome, le 20 novembre 2020. Lettre de l’Avent – 2020 “Le visage de Jésus : le visage de Dieu et de toute l’humanité”

L’année 2020, marquée par tant de souffrance, d’angoisse et de peur et le pronostic d’une énorme augmentation de la pauvreté dans le monde, notamment à cause de la COVID- 19, touche à sa fin. L’horizon de la nouvelle année 2021 s’ouvre devant nous.

Tomaz Mavric

Rome, le 20 novembre 2020. Lettre de l’Avent – 2020 “Le visage de Jésus : le visage de Dieu et de toute l’humanité”

Chers confrères,bLa grâce et la paix de Jésus soient toujours avec nous !

 L’année 2020, marquée par tant de souffrance, d’angoisse et de peur et le pronostic d’une énorme augmentation de la pauvreté dans le monde, notamment à cause de la COVID- 19, touche à sa fin. L’horizon de la nouvelle année 2021 s’ouvre devant nous.

Dans la situation actuelle de détresse, comme dans tous les moments de notre vie qui sont accompagnés de souffrances à divers degrés d’intensité, il y a quelqu’un qui vit en nous, dont l’Esprit remplit chaque recoin de notre être. Il est toujours avec nous, où que nous allions, quoi que nous fassions, à chaque seconde de la journée, en attente de se manifester lorsque nous le laissons faire. Il est toujours prêt à nous donner l’espérance là où il n’y a pas d’espérance, la paix là où il n’y a pas de paix, du sens là où il n’y a pas de sens, une foi renouvelée là où notre foi a chancelé, l’amour là où la haine s’empare de nous. Son nom est Jésus.

Nous savons que la personne de Jésus est au cœur de l’identité de Vincent le Paul en tant que mystique de la Charité, au cœur de la spiritualité et du charisme vincentiens. Jésus est notre raison d’être et la personne dont la façon de penser, de ressentir, de parler et d’agir devient notre but dans la vie, aussi sa proximité avec ceux qui souffrent est le modèle de vie de Vincent et de ceux qui le suivent. Ne se détournant jamais des situations de souffrance et de ceux qui ont été blessés, Vincent a vu Jésus dans les pauvres et les pauvres en Jésus :

« Je ne dois pas considérer un pauvre paysan ou une pauvre femme selon leur extérieur, ni selon ce qui parait de la portée de leur esprit ; d’autant que bien souvent ils n’ont pas presque la figure, ni l’esprit de personnes raisonnables, tant ils sont grossiers et terrestres. Mais tournez la médaille, et vous verrez par les lumières de la foi que le Fils de Dieu, qui a voulu être pauvre, nous est représenté par ces pauvres … O Dieu ! qu’il fait beau voir les pauvres, si nous les considérons en Dieu et dans l’estime que Jésus-Christ en a faite ! »[1]

Pour nous aider à approfondir la présence de Jésus dans ce qui est défiguré, cet Avent, je voudrais proposer une méditation sur l’icône du Sauveur de Zvenigorod à partir des réflexions du Père Henri Nouwen. Andrei Rublev a écrit l’icône, qui est également appelée « L’Artisan de paix », dans la Russie du XVe siècle. L’icône avait été perdue mais a été retrouvée en 1918 dans une grange, près de la cathédrale de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie dans la ville de Zvenigorod, en Russie. Son charme originel et la perfection détaillée du travail de l’auteur ont été perdus ; en fait, elle a été retrouvée dans un état de détérioration très important, endommagée et en ruine.

Henri Nouwen, dans sa méditation sur l’icône, évoque l’état terrible dans lequel elle a été retrouvée.

« Quand j’ai vu l’icône pour la première fois, j’ai eu clairement le sentiment que le visage du Christ apparaît au milieu d’un grand chaos. Un visage triste mais toujours beau nous regarde à travers les ruines du monde… Pour moi,  ce saint visage exprime la profondeur de l’immense compassion de Dieu au cœur de notre monde de plus en plus violent. Au cours de longs siècles de destruction et de guerre, le visage du Verbe incarné a parlé de la miséricorde de Dieu, il nous a rappelé l’image à laquelle nous avons été créés et nous a appelés à la conversion. En effet, c’est le visage de l’Artisan de paix »[2].

C’est précisément l’état actuel de l’icône du Sauveur de Zvenigorod, le visage abîmé et ravagé de Jésus, que je voudrais proposer pour la méditation de l’Avent de cette année. Je joins l’image de l’icône, que je vous invite à mettre devant vous comme moyen d’entrer plus profondément dans la réflexion et la contemplation.

Méditation sur l’icône du Sauveur de Zvenigorod

–  Voir le visage de Jésus, c’est voir le visage de Dieu et de toute l’humanité.

– Qu’est-ce que je vois ?

  • Je vois une image très endommagée.

b) En même temps, je vois le visage humain le plus tendre.

  • Je vois des yeux qui pénètrent le cœur de Dieu ainsi que le cœur de chaque être

a) Voir une image endommagée

  • Le beau visage de Jésus nous regarde à travers les ruines de notre

  • Il demande : « Qu’as-tu fait du travail de mes mains ? »

  • L’icône exprime la profonde compassion de Dieu au cœur de notre monde violent.

  • Cela nous rappelle l’image à laquelle nous avons été créés et nous appelle à la conversion.

  • C’est le visage d’un Artisan de la

  • « Où est la paix, Dieu habite »[3].

  • En regardant cette image abîmée, nous entendons un appel : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme » (Matthieu 11, 28-29).

b) Voir le visage humain le plus tendre

  • Le visage magnifique de Jésus émerge des

  • Nous nous rendons compte que Jésus nous fait face

  • Jésus nous voit et nous regarde droit dans les

  • Cela peut nous rappeler la rencontre de Jésus et Pierre après le reniement de ce dernier. « … le Seigneur, se retournant, posa son regard sur Pierre. Alors Pierre se souvint de la parole que le Seigneur lui avait dite » (Luc 22, 61).

  • Comme Pierre, nous devons nous rappeler :

    • Nos promesses trop confiantes

    • Notre incapacité à les tenir

    • Notre manqué de fidélité

    • Notre impuissance lorsque nous sommes

  • Mais, comme à Pierre, il nous est également rappelé :

    • L’amour qui ne nous abandonne jamais

    • Une compassion sans limites

    • Le pardon qui nous est toujours

  • Lorsque Pierre sentit le regard de Jésus pénétrer son être le plus profond, il reconnut sa propre faiblesse et l’amour de Jésus : « Il sortit et, dehors, pleura amèrement » (Luc 22, 62).

  • C’étaient des larmes de repentir et de gratitude face à un amour si

  • « Si nous nous sommes proposé de nous rendre semblables à ce divin modèle et sentons en nos cœurs ce désir et cette sainte affection, il nous faut, dis-je, tâcher de conformer nos pensées, nos œuvres et nos intentions aux siennes »[4].

  • L’icône n’a pas été écrite selon un modèle humain, elle n’a pas été une invention d’Andrei Rublev. Elle a été écrite dans la sainte obéissance à une manière de peindre transmise de génération en génération.

  • La couleur la plus frappante de l’icône est le bleu intense du manteau qui recouvre les épaules du Sauveur. Dans les icônes grecques et russes, le Christ est peint avec une tunique rouge et recouverte d’un manteau

  • Le rouge est la couleur qui représente la divinité de Jésus.

  • Le bleu est la couleur qui représente l’humanité de Jésus.

  • Le bleu d’Andrei Rublev est beaucoup plus brillant que d’ordinaire pour accentuer davantage l’humanité de Jésus.

  • Cela nous montre plus clairement le visage humain de Dieu, le charme irrésistible de Jésus.

  • Regarder cette icône ne produit pas l’effet d’autres icônes du Christ qui soulignent uniquement la splendeur et la majesté de Dieu. Dans cette icône, le Christ descend de son trône, touche notre épaule et nous invite à le

  • Son visage ne suscite pas la peur, mais l’amour.

c) Voir les yeux qui pénètrent à la fois le cœur de Dieu et le cœur de chaque être humain, le cœur de chacun de nous

  • Ce sont les yeux de Jésus qui font que cette icône produit une expérience si profonde.

  • Les yeux de Jésus nous regardent directement et nous défient.

  • Les yeux sont le centre de l’icône.

  • Ils nous rappellent les paroles du psalmiste :

« Tu me scrutes, Seigneur, et tu sais !

Tu sais quand je m’assois, quand je me lève ; de très loin, tu pénètres mes pensées.

Que je marche ou me repose, tu le vois,

tous mes chemins te sont familiers » (Psaume 138, 1-3).

  • Ce sont les yeux de Dieu qui nous voit dans notre être le plus secret et nous aime de sa miséricorde

  • « Où nous cacherons-nous, en la vue de tant de bontés de Dieu sur nous ? Ce sera dans les plaies de Notre-Seigneur »[5].

  • Les yeux expriment le désir de scruter le cœur de chaque personne et de la comprendre.

  • Cette expérience de face-à-face nous conduit au cœur du grand mystère de l’Incarnation.

  • Lorsque nous contemplons les yeux de Jésus, nous savons que nous contemplons les yeux de

  • « Celui qui m’a vu a vu le Père » (Jean 14, 9).

  • « Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ? » (Jean 14, 10)

  • Jésus est la plénitude de la révélation de

  • Jésus est l’image du Dieu invisible.

  • A travers les ruines du monde, nous voyons le visage de Jésus qui ne peut jamais être détruit.

  • Les yeux de Jésus pénètrent l’intériorité de Dieu de même qu’ils pénètrent le cœur de chaque personne humaine, le cœur de chacun de

  • Voir Jésus nous conduit au cœur de Dieu et au cœur de chaque être

  • « Voyons-nous-en lui et nous conformons à sa volonté, laquelle est préférable à tout autre bien »[6].

–       LA CONTEMPLATION ET LA COMPASSION SE FONT UN.

Le dimanche 6 décembre 2020, la Famille vincentienne du monde entier se réunira virtuellement pour un temps de prière, sur le thème « Unis dans l’espérance pour les pauvres ». J’invite tous les membres de la Famille vincentienne, ainsi que tous ceux qui voudraient se joindre à nous, à ce moment de prière. Veuillez partager cette invitation au sein de vos propres branches, ainsi qu’avec les membres de votre famille et vos amis.

La réflexion et la contemplation de l’icône du Sauveur de Zvenigorod, si intimement liée au thème de ce temps de prière, peuvent nous aider à y participer encore plus profondément.

Que l’expérience de l’Avent nous conduise à la joie intérieure de Noël.

Votre frère en saint Vincent,

Supérieur général

________________

[1] Coste XI, 32 ; conférence 19, « Sur l’esprit de foi ».

[2] Nouwen, Henri. Behold the Beauty of the Lord: Praying with Icons [Regardez la beauté du Seigneur : prier avec des icons], Ave Maria Press, 2007, pages 68 et 70.

[3] Coste IX, 262 ; conférence 27, « Sur la pratique du respect mutuel et de la douceur ».

[4] Coste XII, 75 ; conférence 195, « Sur la fin de la Congrégation de la Mission ».

[5] Coste II, 103 ; lettre 475, à Bernard Coding, à Annecy

[6] Coste IV, 482 ; lettre 1554, à Gerard Brin, Prêtre de la Mission, à Dax

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Homélie. 2è Dimanche de l’Avent – année B Marc 1, 1-8. Chapelle St Vincent de Paul – Paris

Telle est la vocation du prophète Jean : peu importe la soif, la faim et la mort. Quitte à mourir et à mourir seul, Jean se prépare à accueillir Dieu qui vient et qui peut faire surgir, du désert, la vie. La fin de la solitude, l’accomplissement de la promesse et la joie de « l’ami de l’époux » sont imminentes…

Jerome Delsinne CM

Homélie. 2è Dimanche de l’Avent – année B Marc 1, 1-8. Chapelle St Vincent de Paul – Paris

Seul à seul avec Dieu.

Le prophète Jean avait été appelé à la solitude du désert. La personnalité de Jean-Baptiste est étroitement associée à ce lieu de vie rude, ascétique, ce lieu également privilégié pour la rencontre de Dieu selon l’histoire d’Israël : « Souviens-toi des marches que Yahvé ton Dieu t’a fait faire pendant quarante ans dans le désert afin de te mettre dans la pauvreté, de t’éprouver, de connaître le fond de ton cœur » (Dt 8, 2).

Lorsque le peuple s’installe et se détourne de Dieu, le prophète Osée lui annonce que Yahvé va « le conduire au désert et parler à son cœur » pour le séduire à nouveau (Os 2, 16).

Au moment de l’exil à Babylone, un autre prophète, Isaïe, présente le retour, comme une nouvelle route à travers le désert (Is 40, 2 ; Is 43, 19) ; il suscite l’espoir que le désert refleurira (Is 41, 18-19). Isaïe avait aussi prophétisé que le précurseur du Messie viendra du désert.

« Tu seras appelé prophète du Très Haut » a proclamé son père Zacharie. Jean-Baptiste va dans le désert, seul, pour y trouver le silence et par là mieux entendre la voix de Dieu. Jean se retire dans le pays de la soif et de la faim, dans cet espace où il faut marcher pour trouver de l’eau et de la nourriture, le nécessaire pour vivre, pour tenir debout et continuer à marcher.

Dieu le place en situation de pauvreté. Tout prophète passe par cette épreuve comme pour mieux faire ressurgir et revenir à la mémoire défaillante des hommes la rencontre et le don de l’Alliance. Seul à seul pour connaître le fond du cœur et éprouver à nouveau la fidélité… Une solitude relative cependant : Jean est accompagné du faible bruit des abeilles sauvages, des sauterelles qui se déplacent, de l’eau d’une petite cascade ou du Jourdain, de quelques pierres déplacées par les bouquetins et du sable qui se déplace au gré du vent. Lieu où les hommes ne font que passer très vite car les brigands s’y réfugient et y tiennent leurs embuscades. Lieu aride et brûlant dans lequel, pour Jean, la quête de Dieu et de sa Parole est aussi forte, si ce n’est plus, que la quête de fraîcheur, d’eau et de nourriture.

Telle est la vocation du prophète Jean : peu importe la soif, la faim et la mort. Quitte à mourir et à mourir seul, Jean se prépare à accueillir Dieu qui vient et qui peut faire surgir, du désert, la vie. La fin de la solitude, l’accomplissement de la promesse et la joie de « l’ami de l’époux » sont imminentes…

Pour préparer les chemins de Dieu.

Jean-Baptiste élève la voix, crie au désert. Or Il n’y a personne dans le désert. La vie abondante est impossible dans le désert. Personne n’est assez fou pour y rester… Et pourtant, comme les autres prophètes, Jean-Baptiste ose parler, ose crier dans le pays de la solitude et de la soif. Ce n’est donc pas le contenu, le discours qui compte d’abord ici. Sur son corps, dans son corps, tout Jean-Baptiste est happé, aspiré par le désert. Sa tenue et son style de vie en témoignent. C’est un corps qui n’existe que pour la Parole. La Parole s’est trouvée un corps là où elle dit la soif, le désir, l’attente. Jean-Baptiste est serviteur de la Parole. Il n’existe que pour proclamer la Parole… Sa voix de prophète fait écho à l’attente, à l’espérance du peuple d’Israël. Un prophète ne passe pas inaperçu. Il ne reste pas seul longtemps. C’est un véritable homme de Dieu : le peuple vient l’écouter. « Tout le pays de Judée et tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui… » Jean verra se constituer autour de lui petit à petit un groupe de disciples…

À quelque distance de là, les moines esséniens de Qumran prônent la séparation « du milieu de l’habitation des hommes pervers pour aller au désert ».

Au contraire, Jean-Baptiste, tout en étant aussi décapant, car c’est l’affaire d’un peuple entier avec son Dieu, renvoie ses auditeurs, qu’ils soient le roi, des collecteurs d’impôts ou des soldats, au partage, à la justice, au respect des autres dans la vie sociale.

Le désert, au plan spirituel, c’est notre monde qui a tourné le dos à Dieu, c’est l’humanité qui s’est éloignée des eaux vives de son amour. Ce monde qui s’est coupé de la source et transformé en non-lieu, en un espace sans repères dans lequel le temps ne semble plus avoir de direction, dans lequel plus rien n’a de sens. Ce désert passe aussi dans notre cœur, asséché par tant de préoccupations stériles, cabossé par tant de blessures, fermé parfois à toute vie nouvelle.

Mais Dieu a promis de venir. Il est déjà venu, et le Christ se dresse comme une balise au milieu du désert. Tout peut être mesuré par rapport à lui, les collines comme les vallées, et aussi le temps qui trouve en lui son accomplissement et son commencement. Le Seigneur désire nous consoler de toutes nos tristesses, il vient encore vers nous : traverserons-nous le désert pour aller à sa rencontre ? Entraînerons-nous ceux que nous aimons, ceux que nous côtoyons ? Tracerons-nous droit la route du Salut ? Tels sont les commencements de l’Évangile…

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3e Dimanche du Temps de l’Avent. Homélie. Chapelle Saint Vincent de Paul – Paris

‘Fortifiez les mains défaillantes, affermissez les genoux qui fléchissent, dites aux gens qui s’affolent : soyez forts… voici votre Dieu qui vient vous sauver »

P. Christian Mauvais, cm

3e Dimanche du Temps de l’Avent. Homélie. Chapelle Saint Vincent de Paul – Paris

‘Fortifiez les mains défaillantes, affermissez les genoux qui fléchissent, dites aux gens qui s’affolent : soyez forts… voici votre Dieu qui vient vous sauver » et s’en suivent des signes de ce salut offert : les sourds entendent, les aveugles voient, les boiteux marchent, les muets crient leur joie… ; ces mêmes signes sont repris par Jésus pour répondre aux envoyés de Jean le Baptiste inquiet et qui s’interroge sur Jésus : est-il oui ou non l’Envoyé tant attendu !

Comme Jean le Baptiste, nous nous interrogeons sur le Royaume de Jésus qui vient, que nous attendons , que nous construisons ! depuis le temps, qu’est-ce qui change profondément dans le monde, dans la société, dans le cœur des gens, dans le nôtre ? qu’est-ce qui est vraiment nouveau, qui fait notre joie et alimente notre être de croyant ? il faut bien reconnaître que le temps finit par user notre patience, affaiblir notre endurance, fragiliser notre engagement.

Comme Jean le Baptiste, nous avons besoin d’être rassurés, de savoir qu’on ne s’est pas trompés de chemin, que nous avons eu raison de miser notre vie à la suite de Jésus. Nous avons besoin de retrouver un regard qui sache repérer des signes de renouveau qui transforment peu à peu, sans bruit, le monde et nous-mêmes de l’intérieur ; de repérer ces œuvres de bien, de recréation données pour nous aider à rester fermes et endurants, à garder notre souffle et à ne pas nous décourager.

Les signes donnés par Isaïe existent aujourd’hui. Les voir, les reconnaître, les célébrer, est une démarche nécessaire qui nous invite à nous donner pour qu’ils se multiplient et qu’ils soient source de joie pour toute personne. Se réjouir de la nouveauté du Royaume qui vient.

La mission décrite par Isaïe et confirmée par Jésus est une belle mission, très actuelle et  combien exigeante ; elle nous engage sérieusement : redonner de la force, de la confiance là où elles manquent ! prêter toute attention aux personnes qui n’ont plus assez de force et de confiance dans les mains pour les ouvrir aux autres ; plus assez de force et de confiance dans les genoux pour marcher à la rencontre des autres, et se tenir droit, solides pour servir, agir au cœur du monde ; ces personnes qui ne tiennent plus debout face aux situations et mouvements que traverse notre société, notre monde, notre église ! et Dieu sait s’il y en a !

Cette mission demande de notre part : 

  • que nous ayons des mains fortes, des genoux fermes, c’est à dire que nous soyons bien en nous-mêmes, que nous soyons solides dans notre foi en Christ, une foi profonde, enracinée ; quels sont les lieux, les temps que nous nous donnons pour fortifier notre foi, pour la rendre agissante ?
  • que nous soyons capables d’aimer même ce qui n’est pas aimable et pour cela, d’entendre toute souffrance, toute question et inquiétude qui ravagent les esprits et les cœurs et être capables d’accueillir cette vie malmenée, fragilisée avec compassion et respect. L’Eucharistie demeure-t-elle le lieu où nous sommes formés à aimer jusqu’au bout et sans conditions ?
  • que nous soyons habités et animés par l’espérance, que rien ni personne n’est définitivement perdu, que le Royaume se construit, transformant notre environnement, notre rapport au monde et aux autres. La lecture des Evangiles est-elle la source qui nous aide à lutter contre le défaitisme, la morosité, la résignation ?

Vivre la mission avec ces armes, foi, charité, espérance, dont la force réside dans la patience du cultivateur. Patience et confiance devant ce qui germe, pousse, grandit en silence. Patience qui nous permet d’accueillir les fruits du travail des hommes et femmes et de nous en réjouir.

La patience dit quelque chose de la passion de Dieu et de l’homme envers la création et l’humanité pour qu’elles soient belles, qu’elles respirent la joie d’être transformées dans leurs profondeurs.

Que cette Eucharistie guérisse notre manque de force et de confiance !

Goûtons et mangeons la Parole et le Pain qui nous sont offerts.

Parole qui nous invite à nous donner, et qui accompagne notre mission ; Pain, fruit de ce travail de transformation, de renouveau qui nous donne les forces nécessaires.

Goûtés et mangés, ils peuvent enflammer le monde comme chacune de nos vies si notre cœur d’homme se laisse toucher par Celui de Dieu qui n’est qu’Amour ! Ils sont les plus beaux présents de Dieu, les plus beaux fruits de cette vie Nouvelle pour l’éternité. Réjouissons-nous : il est juste et bon de te rendre grâce Seigneur.

Amen !

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3e dimanche de l’Avent (15 décembre 2019). Le Berceau

Frères et Sœurs, Souffrons-nous d’illusion d’optique ? On pourrait se le demander à constater l’acharnement que nous mettons à préférer l’illusion au réel.

Jean-Pierre Renouard

3e dimanche de l’Avent (15 décembre 2019). Le Berceau

Frères et Sœurs, Souffrons-nous d’illusion d’optique ? On pourrait se le demander à constater l’acharnement que nous mettons à préférer l’illusion au réel. Notre cher Dax, à sa manière me fait réfléchir; cette petite ville possède des trésors cachés de la nature, je pense aux rives de l’Adour, au bois sacré de la route d’Yzosse, au parc inattendu du Sarrat, à son Observatoire, route des Pyrénées, un des premiers sites amateurs de France pour son équipement et pour ses travaux. Avons-nous jamais pris le temps de nous attarder à l’un ou l’autre de ces lieux naturels ? Et pourtant nous passons tous beaucoup d’heures dans des endroits plus bétonnés et plus sophistiqués pour ne pas parler avec trop de précisions des bains de foule que nous prenons régulièrement, pas très loin de cette chapelle. Autrement dit nous oublions le réel, la nature, sa beauté, source de la culture et de la méditation, au bénéfice du superficiel et du consumérisme. Le paysan landais, lui, sait naturellement observer. La lunette miniature déposée aujourd’hui devant la lumière de plus en plus envahissante tenue par Jean Le Baptiste, nous convie à cette action déterminante à l‘approche de Noël : regarder, scruter le réel avec insistance, pour mieux le comprendre. Creusons l’Evangile de ce jour et ramassons en quelques échos ici et là.

1° Jean-Baptiste vit dans sa prison une crise intérieure. Il a tout misé sur Jésus et soudain il se prend à douter. Il est perplexe devant les faits et gestes de Jésus, devant ce profil d un messie souffrant qui promet le même sort à ses disciples. Ce n’est pas ce que Jean-Baptiste attendait ; alors il essaie d’obtenir des éclaircissements de Jésus lui-même par des intermédiaires. Et ceux-ci entendent et voient ; ils sont époustouflés par leurs découvertes et que Jésus résume par les paroles du prophète Isaïe déjà entendues dès les débuts de la lecture de la Parole de Dieu : « les aveugles retrouvent la vue, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle ». Alors avec de telles paroles, avec de tels faits et de tels signaux, tous les doutes tombent ! Le messager qu’est Jean ne s’est pas trompé et il devient lui-même un signe. C’est l’heure des petits ; c’est l’heure de la joie. Il évite les égarements, les illusions et anticipe la vocation de Jésus en donnant sa vie pour la vérité lumineuse qu’il vit, la vraie grandeur étant dans la claire vision de Dieu et dans ce qui l’annonce.

2° Au moment où notre société vacille sur elle-même, chacun voyant midi à l’heure de sa porte, le véritable réconfort vient du sens de la vie et pour les chrétiens, le sens de la foi. Mais encore faut-il activer celle-ci. Nous aussi nous sommes comme emprisonnés, ligotés dans nos certitudes, nos opinions toutes faites, mais souvent incapables de percevoir autre chose et de recevoir celles des autres. Alors Jésus nous invite à regarder avec les yeux de la foi : il y a des cœurs droits et sincères dont le témoignage nous parle, des personnes dont la beauté d’une vie donnée nous émerveille. Regardez, regardons bien : des chrétiens montrent leur foi en Jésus, des amis peut-être ; ils donnent de leur temps à Le faire connaître et aimer, ils font vivre son Eglise ; ils la soutiennent et la portent dans ses adversités et malgré ses fautes. Le Pape François remarquait récemment qu’il y a plus de persécutions aujourd’hui que dans toute l’histoire de l’Eglise. De vrais pasteurs donnent leur vie pour leur troupeau. Oui, les œuvres du Christ continuent à travers celles vécues par et dans le moindre des gestes de solidarité qui se donnent et s’échangent. Si ce dimanche de la joie, nous tous qui vivons l’Eucharistie, nous apportons notre ‘verre d’eau’ à plus malheureux que nous (un sourire, une parole de paix ou de réconfort, une aide utile du moment) oui ! Alors nous sommes des messagers de l’Evangile que le monde attend même inconsciemment.

3° Il reste aussi un autre regard à porter : passer de l’extériorité à l’intériorité. Il ne suffit pas de comprendre la nature et les autres mais nous sommes invités à scruter notre propre cœur. Qui sommes-nous ? Que vivons—nous ? Que désirons-nous ? Vers qui allons-nous ? Chacune et chacun porte en soi une richesse intérieure étonnante et tonifiante. Mettons-nous à l’affût. « Notre avenir est au-dedans » dit le poète chrétien. Plus je me connais, plus je sais que je suis un être habité et désireux d’entrer en conversation. Petit à petit bâtissons ce foyer de notre Rencontre. Dieu frappe à notre cœur. Si toi, ami € de Dieu, tu prends le temps de découvrir, d’aimer et d’échanger avec Lui, tu seras déjà comblé au-delà de tout.

*****

Curieux parcours que ce Jour du Seigneur …dimanche de la joie…dimanche des signes de la foi… Avec en prime, la patience nous dit st Paul… Car on ne naît pas chrétien, on le devient. Et nous avons tous à consentir au rythme lent et progressif de la grâce de Dieu. La patience est l’apanage du laboureur et elle a valeur exemplaire car il faut compter avec le temps pour passer de la semence au fruit. St Vincent qui avait vu, touché et aimé cette vie de la terre nous a laissé ces mots afin de nous aider à voir Dieu à l’œuvre: « Le temps fait tout. J‘expérimente cela tous les jours parmi nous » (II, 146)

AMEN.

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