Installation à la cité de la Rouguière – Marseille

L’installation des Lazaristes à la Cité de la Rouguière – Marseille –

Sous-titre

Sous un soleil radieux, au cœur de la cité de la Rouguière, une petite assemblée de fidèles qui portent le souci de la vie ecclésiale locale, s’est retrouvée pour accueillir les confrères nouvellement nommés dans ce lieu où pendant de longues années, des Filles de la Charité ont témoigné par une vie de présence et d’action d’un vivre ensemble où chacun était accueilli et reconnu.

Eric BROUSSOUS, le curé de la paroisse St Marcel dont fait partie la Rouguière et le vicaire André JUILLAN étaient présents pour cet événement.

La célébration de l’Eucharistie s’est ouverte par un mot d’accueil du curé, heureux que des Vincentiens choisissent de s’installer ici pour continuer cette présence du charisme de St Vincent de Paul. C’est ainsi qu’ont été présentés Eric St SEVIN, Edgard ZAPATA et Lionel AZOUZ ; ceux-ci ont des missions sur le diocèse mis à part Edgard qui est engagé sur la paroisse qu’il connaît déjà bien et où il est apprécié. Ils ont reçu mission du Visiteur, d’être des présences de paix, de dialogue, d’espérance pour les habitants de la cité en favorisant l’accueil, les rencontres et les partages et des temps de prière. A chacun de trouver la manière dont il rendra cela effectif.

Un apéritif a permis de se parler davantage, d’entrer dans une histoire locale. Ces instants sont signes de fraternité. L’ensemble des confrères avec le curé et son vicaire, se sont retrouvés autour d’une table commune pour partager le repas dans une ambiance détendue où les rires ont fusés : véritable joie de se retrouver, d’être appelés à servir ensemble un peuple divers en attente d’une Bonne Nouvelle.

Mot d’accueil du curé, P. Eric BROUSSOUS

” Il y a 2 ans, à la même époque, la cité de la Rouguière était en émoi : vous appreniez que la communauté des sœurs (Filles de la Charité) allait partir.

Nous n’avons jamais oublié le cri que vous avez lancé à l’équipe pastorale : « surtout, n’oubliez pas les chrétiens de la Rouguière » !

Nous avons continué à assurer cette présence, avec le soutien de Line, de Chantal, de Paule qui ont animé ces rencontres, ces célébrations du samedi. Avec André, nous avons continué à célébrer l’eucharistie ; André continue d’accompagner ce service de visiteurs de personnes âgées.

Et puis la bonne nouvelle : nous apprenons que nos frères lazaristes ont le désir de s’implanter au cœur d’une cité et ils font le choix de la Rouguière.

Ce matin, nous sommes réunis pour rendre grâce à la Providence, à ce Seigneur qui continue de veiller su ses enfants, en particulier les membres de cette cité. Nous rendons grâce au Seigneur pour l’arrivée de cette communauté de ces frères lazaristes, toujours dans cette famille de Saint Vincent de Paul, un des apôtres des « petits », les préférés du Seigneur.

Nous leur souhaitons la bienvenue, nous souhaitons la bienvenue aujourd’hui à leur supérieur, notre ami  Christian Mauvais, dont le cœur est encore un peu attaché à Marseille, lui qui longtemps servi dans les quartiers Nord, lui qui a longtemps œuvré entre autre au service de la JOC et des personnes malades de l’Hôpital Houphouët Boigny ou à la Timone.

Nous commençons à découvrir Edgar, nous découvrirons aussi Eric et Lionel.

Nous confions cette cité et le ministère de nos frères à l’Esprit Saint pour qu’il féconde leur travail et pour qu’il rappelle que le Seigneur est toujours à l’œuvre “

Homélie lors de la Messe d’Installation de la Nouvelle Communauté

Chers confrères et chers amis,

C’est une joie pour moi de me trouver ici, avec vous, dans cette chapelle, au cœur de la cité de la Rouguière, juste en dessous de vos appartements. Qui veille sur qui ? Le Seigneur sur vous ou vous sur lui ? Peut-être vous avec lui, sur l’ensemble de la cité, de cette population au milieu de laquelle vous vivez.

Même si votre mission vous amènera à vous déplacer dans la ville de Marseille ou ailleurs, au Secours Catholique auprès des sortis de prisons, auprès des Gens du Voyage,  à la paroisse,  aux côtés des Jeunesses Mariales, à l’association ‘Zébédée’, avec la Famille Vincentienne ; vous avez aussi mission à vivre ici.

Mission à créer des liens de voisinage, associatifs, à vous dépenser avec les autres habitants pour un mieux vivre ensemble, pour de meilleures conditions de vie, pour défendre le droit des petits, de ceux qui n’osent pas élever la voix. La Rouguière ne doit pas être pour vous, une cité dortoir. Elle est avant tout, un lieu de vie, un lieu de fraternité, un lieu d’accueil de ce que chacun est, vit, espère, aime, croit, construit !

En ouvrant cette communauté dans ce lieu précis, je vous envoie au nom de la Province pour y être une présence d’amour, de compréhension, d’écoute, de partage ; pour dire à chacun que Dieu l’aime. Dites-le en étant proches, en ouvrant des espaces de rencontres, de dialogue. Ceci rejoint profondément la mission de l’Eglise. Il faut du temps pour être accueillis, reconnus. Laissez-vous accueillir par les uns et par les autres ; demeurez des hommes de paix, d’ouverture, de confiance. Accueillez ceux qui frapperont à votre porte, ouvrez votre maison. Apprenez à être des lieux de prière. N’ayez pas peur des ‘petits’ et soyez pour eux des hommes remplis d’espérance.

Jésus se tourne vers ses disciples parce qu’il est tourné vers son Père de qui il reçoit mission. A partir de ce regard filial, il forme ses amis à être avec lui dans ce même regard, pour qu’ils se tournent vers les personnes en attente. Suivre Jésus est une école d’humilité, de douceur, de patience. Apprenez de Lui pour être sa présence ici, présence qui soulage ceux qui souffrent, ploient sous les fardeaux de la vie. Recevez de Jésus, la force intérieure qui libère et rend léger.

Une cité c’est un carrefour de chemins multiples. Chemins qui conduisent au travail, à l’école, au super marché, au sport, à l’administration, ou tout simplement vers le voisin; ce sont des chemins de vie.

Sur un chemin, il y a toujours possibilité de rencontrer quelqu’un, de se laisser rejoindre par quelqu’un.

Le chemin peut être le lieu où nous sommes interrogés, écoutés, éclairés, soulagés de ce que, parfois, l’on vit de lourd, de désespérant ! le partage donne du sens.

C’est en faisant chemin ensemble que nous apprenons à nous connaître, à nous reconnaître, à nous apprécier, à nous libérer. C’est en marchant, chacun avec son histoire, que l’on peut se rencontrer,  se croiser, se parler ; et il est tout aussi important à la maison le soir, de partager un bout de pain, un repas avec celui qui a été rencontré sur le chemin.

Ce sont des temps simples mais forts qui redonnent courage et force. Faire route ensemble, rejoindre des solitudes, des personnes hors du chemin, fatigués au bord du chemin, voilà une belle mission. Marcher ensemble est une richesse qui ouvre nos cœurs et nous faire reconnaître Celui qui se définit comme Le Chemin. Soyez sûrs qu’il est à vos côtés et qu’il conduit à la Vie.

Bonne mission dans ce lieu de vie, dans cet espace aux multiples visages.

P. Christian MAUVAIS, CM 🔸

En ouvrant cette communauté dans ce lieu précis, je vous envoie au nom de la Province pour y être une présence d’amour, de compréhension, d’écoute, de partage ; pour dire à chacun que Dieu l’aime. Dites-le en étant proches, en ouvrant des espaces de rencontres, de dialogue.

P. Christian Mauvais, CM

La Trinité, comme enracinement de la pratique coopérative ou collaboratrice de Saint Vincent

La Trinité, comme enracinement de la pratique coopérative ou collaboratrice de St Vincent

St Vincent, homme de relations a un véritable réseau dans les différentes couches sociales et ecclésiales ; il a mis les gens en relation, quelque soit leurs conditions ; La mission, les missions qu’il a menées, il a pu les réaliser à partir de ses relations avec lesquelles il a collaboré, coopéré et qu’il a fait coopérer entre elles. Il a joué sur l’’entre-eux’, l’inter connexion ! Il avait un savoir-faire extraordinaire. Mais où a-t-il cherché cette force ; qu’est-ce qui a bien l’inspirer, le motiver dans cette voie de la collaboration, essentielle pour mettre en route ?

Quand on regarde son expérience, qu’on lit ses écrits, on est frappé de voir que, pour Vincent, tout prend sa source dans la Sainte Trinité. C’est son modèle ; le seul qu’il nous propose. Ce modèle, peut nous paraître inaccessible, hors de notre sphère ! C’est pourtant de ce côté qu’il faut chercher et regarder. A partir de son expérience, il est possible de souligner quelques points qui pourront être intéressants pour nous, éclairants pour notre propre expérience.

St Vincent est un priant. Son regard est sans cesse tourné vers Dieu (il commençait et terminait sa journée par ce temps de pleine gratuité) ; ce n’est peut-être pas l’image 1ère que nous avons de cet homme.

  • La prière (ce cœur à cœur ou face à face), oraison, est le lieu qui l’ouvre à la dimension spirituelle, la sienne et celle de toute personne ;
  • la prière lui permet de trouver sa juste place dans cet ‘allant et venant’ relationnel et de permettre à toute personne de se situer à sa vraie place dans le monde.
  • La prière est en quelque sorte son lieu de formation pour développer la collaboration : il contemplait celle qui existe en Dieu, ce Dieu qui n’est pas une idée, une abstraction mais une réalité relationnelle dont nous sommes à l’image.

Il y a chez lui une profondeur de contemplation : son regard va au cœur de Dieu ; il ne reste pas à la surface. Pour St Vincent, la Trinité est une famille où 3 personnes égales et distinctes sont en continuelle relation et œuvrent ensemble. Chacune procède l’une de l’autre. Il y a un allant et venant entre elles. Contempler la Trinité, c’est contempler non pas un monde statique mais une dynamique qui respecte chacun en nous ouvrant à l’autre différent et semblable. Ce qui lie ces personnes, c’est l’Amour « … qui est si grand que l’enten­dement humain ne le peut comprendre ; il faut que les lumiè­res d’en-haut nous élèvent pour nous faire voir la hauteur et la profondeur, la largeur et l’excellence de cet amour… Si nous avons de l’amour, nous le devons montrer en portant les peuples à aimer Dieu et le prochain, à aimer le prochain pour Dieu et Dieu pour le prochain… Il est donc vrai que je suis envoyé, non seulement pour aimer Dieu, mais pour le faire aimer. Il ne me suffit pas d’aimer Dieu, si mon prochain ne l’aime. » (Aux Missionnaires, sur la Charité, 30 mai 1659. (XII, 260, 261, 262)

C’est un amour qui n’enferme pas en soi-même, mais qui envoie à tous les frères, qui nous tourne vers l’autre pour le recevoir et se donner à lui : dynamisme missionnaire de l’amour de Dieu. Voilà le modèle de toute collaboration !

Aux Filles de la Charité surtout, il en montre surtout les traces et les applications dans la vie humaine, dans la vie communautaire, soulignant quelle est notre place au cœur de nos relations : « Dieu est le Dieu unique en trois personnes, qui nous a donné son Fils : la Trinité. Par là-même se voit notre place, c’est Jésus qui nous la montre : c’est la sienne ; nous sommes son Corps mystique, nous avons à continuer son rôle. Nous devons exercer les deux grandes vertus de Jésus-Christ, c’est à savoir la religion vers son père et la charité vers les hommes’ : (VI, 393) ; la religion s’entend au mot de lien, Jésus est relié, en lien constant avec son Père et de ce lien jaillit l’Amour, le lien envers les hommes.

Monsieur Vincent a longuement médité la vie de la Sainte Trinité en elle-même, et le fait que l’homme a été créé à l’image de Dieu. Cela se sent dans la manière dont il sait expliquer comment c’est en vivant uni entre nous que nous pouvons devenir l’image de la Sainte Trinité c’est à dire de vrais collaborateurs, coopérants.

Il nous propose quatre voies :

  1. S’harmoniser les uns aux autres pour avoir un même esprit, avoir l’image de la Trinité en nous : « Qu’est-ce qui fait l’unité et le comité en Dieu, si ce n’est l’égalité et la distinction des trois person­nes ? Et qu’est-ce qui fait leur amour, si ce n’est leur ressemblance?… Ils n’ont qu’une même puis­sance et une même opération. Voilà l’origine de la perfection et notre modèle. Rendons-nous uniformes ; nous serons plusieurs comme si nous n’étions qu’un, et nous aurons la sainte union dans la pluralité. … Voyons en quoi nous différons les uns des autres pour tâcher de nous ressembler tous et de nous égaler ; car la ressemblance et l’égalité engendrent l’amour, et l’amour tend à l’unité. Tâchons donc d’avoir tous les mêmes affections et un même agrément pour les choses qui se font, ou se laissent faire parmi nous » (XII, 256-257).
  1. Se respecter entre nous pour que personne ne puisse reconnaître la fonction de l’un par rapport à l’autre ; ceci enlève toute comparaison, pas un qui est plus grand que l’autre, meilleur que l’autre, pas de supériorité, de domination… Etre UN dans la pluralité (même cœur, même esprit). « Il y a longtemps que je souhaite, et je voudrais bien que nos sœurs en fussent venues à ce point de respect entre elles, que le monde de dehors ne prit jamais connaître laquelle sœur est la sœur servante; car, voyez-vous, mes filles, comme Dieu n’est qu’un en soi, et qu’en Dieu il y a trois personnes, sans que le Père soit plus grand que le Fils, ni le Fils que le Saint-Esprit, il faut de même que les Filles de la Cha­rité, qui doivent être l’image de la très Sainte Trinité, encore qu’elles soient plusieurs, ne soient toutefois qu’un cœur et qu’un esprit… Il faut qu’entre les Filles de la Charité, celle qui sera des pauvres ait relation à celle qui sera des enfants, et celle des enfants à celle des pauvres… Et qu’y a-t-il en Dieu ? Il y a, mes filles, égalité de personnes et unité d’essence. Et que vous enseigne cela, sinon que vous devez tou­tes, tant que vous êtes, n’être qu’unes et égales …. » (XIII, 633-634). 
  1. Avoir la communication mutuelle ; se donner du temps pour échanger sur les activités propres à chacun car rester sur son quant-à-soi « cadenasse les cœurs ». « Il faut avoir cette mutua­lité » ; cette réciprocité dans les relations. Nous avons dans cette page un magnifique développement sur l’application aux relations humaines de la doctrine chrétienne de la « circulation » entre les Personnes divines (la « circumincession ») comme modèle des communautés humaines et chrétiennes. Dans ses entretiens avec les Filles, les Frères, Vincent leur donne toujours la parole. Il s’appuie sur leur expérience, leur appréhension de la réalité, pour développer son enseignement.

« Mon Père, il y a à cette heure quelque chose à dire sur la manière d’agir de nos sœurs entre elles. Votre charité ne trouverait-elle pas à propos que tous les jours elles prissent quelque temps ensemble, d’une demi-heure ou environ, pour se rapporter les choses qu’elles auront fai­tes, les difficultés qu’elles auront rencontrées, et aviser ensemble de ce qu’elles auront à faire ? »

« O mon Dieu ! Oui dit notre honoré Père, il faut cela ; grande com­munication l’une à l’autre, s’entre-dire tout. Il n’y a rien de plus néces­saire. Cela lie les cœurs, et Dieu bénit le conseil que l’on prend, de sorte que les affaires en vont mieux. Tous les jours, à la récréation, vous pouvez dire : « Ma sœur, qu’avez-vous rencontré ? Aujourd’hui, telle chose m’est arrivée, que vous en semble ? » Cela fait une si douce conversation que vous ne le sauriez croire.

Au contraire, quand on fait son fait à part, sans en rien dire, cela est insupportable. Et pour moi, j’éprouve que là où nous avons de pauvres gueux de la Mission, s’il y a un supérieur qui soit libre, qui se communique, tout va bien ; au contraire, s’il y a quelqu’un qui se tienne sur son quant à moi et en son particulier, cela cadenasse les cœurs et personne ne l’oserait aborder. De sorte, ma fille, qu’il faut cela, qu’il ne se passe rien, qu’il ne se fasse rien, et qu’il ne se dise rien que vous ne le sachiez l’une et l’autre. Il faut avoir cette mutualité » (XIII, 641-642).

4. Avoir la Prévenance réciproque, par l’union des volontés. Il nous montre le modèle sous l’aspect par­ticulier de la conformité des volontés : l’union se fait par l’obéissance du Fils à son Père et par l’amour mutuel du Père et du Fils, qui produit le Saint Esprit.

Une remarque: en Dieu, l’unité est facile parce que ces Personnes sont égales. Mais l’union n’est pas facile entre des personnes qui ne sont pas éga­les, spécialement lorsqu’il y a inégalité de rôles, lorsqu’il y a un supérieur.

Cette unité ne peut se faire que par un double mouvement d’élévation et d’abaissement. « Ainsi votre compagnie représente l’unité de la très Sainte Trinité. Qu’est-ce qui garde et fait l’union entre le Père et le Fils ? C’est, mes chères sœurs, que ce que le Père veut, le Fils le veut ; et ils sont telle­ment conformes que jamais le Fils ne veut ce que le Père ne veut pas, ce qui unit parfaitement ces deux personnes divines, qui produisent la troisième, qui est le Saint Esprit. …Qui fait donc cette union ? La sainte condescendance du Fils aux volontés de son Père, c’est ce qui fait cette union ; et l’amour récipro­que qui est entre le Père et le Fils produit le Saint Esprit, qui est égal au Père et au Fils.

Et parce que les trois personnes de la Sainte Trinité sont égales en toutes choses, il est facile de faire l’union… Mais, afin qu’il y ait union entre des personnes inégales, il faut que l’une s’abaisse et que l’autre se hausse, c’est-à-dire qu’il faut que l’une ait la puissance et qu’elle soit établie avec autorité, et que l’autre se soumette. C’est ce qui fait les supérieurs et les inférieurs. Or, comme il faut qu’ils s’unissent ensemble, il est de nécessité que l’une s’abaisse et que l’autre s’élève… Or Dieu, qui veut unir ces deux extrémités, a ordonné que les supé­rieurs descendent autant qu’ils peuvent jusqu’à leurs inférieurs. Voilà pourquoi quiconque est souple et soumis à ses supérieurs contribue à entretenir cette union » (X, 383, 384).

C’est en chaque baptisé que vit la Trinité

Le Père engendre son Fils et tous deux « respirent » le Saint Esprit. Et c’est en nous, en chacun de nous, que se vit ce « travail » incessant du Dieu Vivant. « L’âme donc de celui qui aime Notre-Seigneur est la demeure du Père et du Fils et du Saint Esprit, et où le Père engendre perpétuelle­ment son Fils, et où le Saint Esprit est incessamment produit par le Père et le Fils » (XI, 44).

Nous avons ici l’article fondamental de la vie chrétienne et de la vie mystique. Qu’est-ce-que la vie spirituelle ? C’est laisser Dieu Trinité vivre en nous, laisser se développer cette habitation de la Trinité reçue au baptême, qui a fait de nous son temple, (1 Corinthiens 3, 16-17 et 6, 19 et 2 Cor. 6, 16).

C’est nous laisser imprégner du Père, du Fils incarné et de l’Esprit Saint, dans toutes nos pensées, tous nos jugements, tous nos désirs, tous nos comportements…

Monsieur Vincent l’évoque souvent, mais claire­ment le 13 décembre 1658, à ses missionnaires :

« Oui, le Saint Esprit, quant à sa personne, se répand dans les jus­tes et habite personnellement en eux. Quand on dit que le Saint Esprit opère en quelqu’un, cela s’entend que cet Esprit, résidant en cette per­sonne, lui donne les mêmes inclinations et dispositions que Jésus-Christ avait sur la terre, et elles le font agir de même, je ne dis pas d’une égale perfection, mais selon la mesure des dons de ce divin esprit » (XII, 108).

« Où est la charité, là Dieu habite. Le cloître de Dieu, dit un grand personnage, c’est la charité, c’est là que Dieu se plaît, là qu’il loge, là que se trouve son palais de délices, là le séjour où il prend son plai­sir. Soyez charitables, soyez bénignes, ayez l’esprit de support, et Dieu habitera avec vous, vous serez ses cloîtres, vous l’aurez chez vous, vous l’aurez dans vos cœurs » (IX, 292).

Monsieur Vincent a contemplé l’envoi du Fils, la mission du Fils, et il en déduit que « notre vocation est donc une continuation de la sienne, » ce qu’il souligne à un confrère : « Ce n’est pas ici l’œuvre d’un homme, c’est l’œuvre d’un Dieu. C’est la continuation des emplois de Jésus-Christ, … Il faut que Jésus Christ s’en mêle avec nous, ou nous avec lui… que nous parlions comme lui et en son esprit, ainsi que lui-même était en son Père, … Il faut donc, Monsieur, vous vider de vous-même pour vous revê­tir de Jésus Christ » (XI, 343).

De même l’apôtre, l’homme envoyé par Jésus et par l’Eglise, n’a pas à quitter Dieu pour aller au monde : il doit rester profondément présent à Dieu, uni à Dieu, combinant la vie contemplative et la vie active, l’amour « affectif » et l’amour « effectif ». De plus, il n’a pas for­cément à inventer des méthodes purement techniques : il a essentielle­ment à laisser le Christ et le Saint Esprit instituer en lui un nouveau mode de présence au monde : un mode « personnel », qui laisse trans­paraître la présence d’une autre personne, des Personnes Divines.

Mais l’union profonde à Dieu n’est pas seulement une affaire de sentiment, elle n’est vraie que si elle passe aux actes : « faire la volonté de Dieu ». Ainsi Jésus entièrement uni à la volonté de son Père est notre modèle, comme il l’explique par exemple à ses confrères le 7 mars 1659 :

« O Sauveur !… Vous êtes le roi de la gloire, et cependant vous ne venez au monde que pour faire la volonté de celui qui vous a envoyé. … Ma nourriture, disait-il, c’est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé : ce qui me nourrit, me délecte, me fortifie, c’est de faire la volonté de mon Père » (XII, 154, 155).

« Ç’a été votre plaisir, Sauveur du monde, votre ambroisie et votre nectar, de faire la volonté de votre Père. Nous sommes vos enfants, qui nous jetons entre vos bras pour imiter vos pratiques ; faites-nous cette grâce…

Car nous ne vivons plus de la vie humaine, nous vivons d’une vie divine, et nous y vivons, mes frères, si nos cœurs sont pleins et nos actions accompagnées de cette intention de faire la volonté de Dieu. » (XII, 164-165)

Le 17 octobre 1655, il insistait déjà sur cette union de volonté :

« La pratique de la présence de Dieu est fort bonne, mais je trouve que se mettre dans la pratique de faire la volonté de Dieu en toutes ses actions l’est encore plus ; car celle-ci embrasse l’autre » (XI, 319).

L’animation de l’Eglise se fait aussi par l’union des cœurs dans les communautés : « Vivez ensemble comme n’ayant qu’un cœur et qu’une âme, afin que par cette union d’esprit vous soyez une véritable image de l’unité de Dieu,… Je prie à cet effet le Saint-Esprit, qui est l’union du Père et du Fils, qu’il soit pareillement le vôtre, qu’il vous donne une pro­fonde paix dans les contradictions et les difficultés, qui ne peuvent être que fréquentes autour des pauvres » (IV, 235-236). (Lettre à sœur Anne Hardemont, le 30 juillet 1656)

Nécessité d’inscrire dans toute vie, la dimension spirituelle (beau, bon, vrai) qui élève la personne, donne du sens, met en lien avec le Créateur.

  • Dieu a quelque chose à nous dire dans notre ‘être ensemble’, dans ces liens multiples qui nous relient les uns aux autres, dans notre façon de travailler ensemble, de construire un projet commun.
  • Cette relation avec Dieu nous apprend à trouver notre juste place les uns avec les autres, à nous ajuster sans que l’un écrase, élimine l’autre ou le mette sur un piédestal mais à trouver le juste milieu où chacun peut donner ce qu’il est sans gêner l’autre. Eliminer l’envie, la jalousie, l’orgueil, la prise de pouvoir.
  • Nous sommes envoyés, avec une mission : rassembler en un corps ce qui est différent et ressemblant. Appelés à devenir ‘image de Dieu’ en cherchant l’harmonie d’un corps pluriel ; en respectant la valeur de chacun, l’unique de chacun ; en ayant une mutualité dans la communication ; en étant à l’écoute de l’autre, par un compromis, pour décider une orientation. Avoir ce mouvement d’élévation et d’abaissement. Place du visage à donner, à contempler : il est mon reflet, celui de Dieu.

 

Christian Mauvais, CM 🔸

Il y a chez lui une profondeur de contemplation : son regard va au cœur de Dieu ; il ne reste pas à la surface

Lettre aux confrères pour le temps de carême

 

Lettre aux confrères pour le temps de carême 2017

Sous-titre

« Si chacun de nous donne la priorité à l’autre, le place avant lui-même, avant ses propres désirs, avant ses propres intérêts, avant ses propres souhaits personnels ; si chacun fait attention à l’autre, partage du temps, des pensées, des expériences, des difficultés, des doutes, des souffrances, des joies, etc. en suivant le modèle parfait de « relations de la Trinité », alors quelqu’un fera de même pour chacun de nous. Ainsi prendra forme un ensemble merveilleux et miraculeux de relations où, ensemble, nous réaliserons la mission confiée par Jésus de la meilleure façon et le plus efficacement possible. » (Lettre du P. Général pour ce Carême 2017)

Chers confrères, « Que la grâce et la Paix de Notre Seigneur, soient toujours avec nous » ! Nous voici donc entrés dans ce temps du Carême et la lettre du P. Général, le Père Tomaz MAVRIC est un bon apport pour alimenter notre marche spirituelle, avec cette invitation renforcée : « d’embrasser nos Règles Communes et nos Constitutions comme un instrument indispensable pour le développement de notre vocation, pour notre chemin de sainteté, et pour la mission confiée à chacun de nous par Jésus, Evangélisateur des pauvres ! » ; de fait, où en sommes-nous de cette lecture quotidienne ? Comment elle nous nourrit personnellement, communautairement ?

De plus, il nous invite à contempler le mystère de la Trinité comme modèle de vie relationnelle ‘nous ne sommes pas des îles’ ! ; Je vous invite donc à lire en communauté cette lettre, à y réfléchir et à répondre aux questions qui nous sont données. C’est un bel apport pour relire, redéfinir, renforcer nos liens avec la Congrégation, avec la communauté, avec les personnes vers qui nous sommes envoyées. « En ce temps de Carême, nous sommes invités à avancer pour nous rapprocher du modèle parfait de « relations » que Jésus nous donne ».

Dans la même ligne, le Pape François nous invite à porter attention à l’autre à l’aide de ‘la parabole de l’homme riche et du pauvre Lazare (cf. Lc 16,19-31). Laissons-nous inspirer par ce récit si important qui, en nous exhortant à une conversion sincère, nous offre la clé pour comprendre comment agir afin d’atteindre le vrai bonheur et la vie éternelle’. Nous voilà placés, non seulement devant nous-mêmes, devant nos frères pour une connaissance approfondie mais encore devant notre péché qui nous éloigne, qui nous rend aveugles et sourds à l’autre qui nous est donné !

Ces deux apports de l’Eglise sont une belle richesse pour nous faire grandir face à Dieu, face à nos confères et face à nos frères et sœurs. Lieux de vie où nous avons à nous construire, à nous recevoir, à nous donner ; lieux où nous affirmons notre appartenance qui donne sens à notre engagement par le don de nous-mêmes.

‘Christ, ma vie, c’est à toi que je la donne ; c’est à toi que j’appartiens et plus largement tu me lies à ton Corps mystique qu’est l’Eglise. Et c’est là où je suis invité à contempler la Trinité pour comprendre ce lien qui donne sens à ce que je suis, ce lien qui me fait tenir dans une juste relation avec l’autre.

‘Communauté, ma vie, c’est à toi que je la donne ; Tu es mon lieu d’appartenance, ce lien fort qui m’unit à chacun des confrères qui la composent, et plus largement, tu me fais appartenir au corps entier qu’est la Congrégation. Et c’est là où je suis invité à me plonger dans les Constitutions et Règles Communes pour comprendre ce lien qui donne sens à ce que je suis au milieu de mes frères, ce lien qui me fait tenir dans le service des autres.

Le Christ et la Communauté sont la source de toute fraternité, fraternité qui s’étend audelà vers ceux et celles qui sont en attente, qui sont au loin et que nous avons parfois du mal à rejoindre.

Nous avons toujours besoin de revisiter ces liens qui nous font appartenir à un ensemble pour les corriger, les convertir. Par quels liens précis je manifeste mon appartenance au Christ, à la communauté ? Comment je m’engage à créer la communauté, à en faire un lieu de convivialité, un lieu de gratuité, heureux d’être ensemble ! Quelle est la part active que je m’engage à donner réellement durant ce Carême, pour ce vivre-ensemble harmonieux ? Quel dialogue constructif et respectueux, je m’engage à vivre avec ma communauté ? Quelle attention particulière je m’engage à porter vis à vis d’un confrère de la communauté ? Quel temps je m’engage à donner pour être davantage avec mes confrères, pour un moment de détente, de sortie, de réflexion, de prière ?

Nous avons choisi de suivre le Christ dans la Congrégation et il y a des exigences d’une vie commune qui découlent de ce choix. Ne nous contentons pas du minimum ; osons le plus, le davantage.

Chacune de ces attitudes attentionnées, chacune de ces paroles cordiales construiront ce lieu favorable de fraternité qu’est la communauté et cela pour vivre la mission avec un nouvel élan, un zèle renouvelé. La vie du Ressuscité entrera chez nous et nous poussera à sortir comme missionnaires, liés par cette appartenance au Christ et à la Congrégation.

Que l’Esprit Saint nous accompagne sur ce chemin !

Bon Carême et joyeuse marche ensemble.

N’oublions pas de porter plus intensément nos frères âgés, malades, en deuil. Que notre prière se fasse plus intense pour eux et nous rapproche de chacun d’eux

« Le Carême est un nouveau commencement, un chemin qui conduit à une destination sûre : la Pâques de la Résurrection, la victoire du Christ sur la mort…. Le Carême est le moment favorable pour intensifier la vie de l’esprit grâce aux moyens sacrés que l’Eglise nous offre: le jeûne, la prière et l’aumône. A la base de tout il y a la Parole de Dieu, que nous sommes invités à écouter et à méditer avec davantage d’assiduité en cette période » (message du pape François pour le Carême)

Christian Mauvais CM, visiteur province de France🔸

Nous avons choisi de suivre le Christ dans la Congrégation et il y a des exigences d’une vie commune qui découlent de ce choix. Ne nous contentons pas du minimum ; osons le plus, le davantage !

C’est à une Église en prière qu’est accordé le don de l’Esprit !


La joie du Christ, Bonne Nouvelle, soit toujours avec nous !

Alger, 3 mai 2016 En la fête de St Philippe et St Jacques

C’est d’Alger où je suis en visite que je vous transmets ces quelques nouvelles J’ai eu la joie de célébrer ce 30 avril la fête du diocèse d’Alger: Notre Dame d’Afrique et de retrouver des visages connus. Je n’ai pu malheureusement rester à la 1ère rencontre mariale islamo-chrétienne, étant invité dans une famille et à une fête du ‘savoir, de la science’ avec l’association ‘El Nour’ (la Lumière) au milieu d’enfants et de femmes qui apprennent à lire et à écrire.

1. Quelques nouvelles de nos confrères :

Le P. Mathew KOCHUPARAMBIL de la communauté de Villepinte, a perdu son papa début d’avril. Il avait eu la chance de pouvoir le voir et d’être à ses côtés au moment de son départ vers le Père. Mathew a participé aussi à une rencontre de sa province. Nous continuons de l’accompagner de notre prière fraternelle ainsi que sa famille.

Le P. Claude LAUTISSIER  de la Maison Mère, a un genou tout neuf qui lui permet de se déplacer avec plus d’aisance même s’il se fait aider, pour l’instant, de deux cannes. Il est toujours dans un suivi médical au niveau cardiaque. Le P. Stan KOTEWIC de Valfleury a dû être amputé d’une jambe (en dessous du genou) suite à des problèmes de circulation sanguine. Je l’ai rencontré vendredi dernier et je l’ai trouvé serein, courageux dans cette épreuve, confiant pour la suite. Il doit rejoindre une maison de repos à Chavannes près de St Chamond où il lui sera confectionné une prothèse et où il fera de la rééducation. Le P. Jean-François DESCLAUX, après des ennuis de santé au niveau cardiaque et une convalescence à Lyon, a retrouvé sa maison. De même, le P. Jean-Pierre RENOUARD qui a subi une intervention au niveau de ses cordes vocales. Il y a un mieux.

Nous nous réjouissons des améliorations qu’ils connaissent et continuons de les soutenir par notre prière et notre amitié. Prenons soin de notre santé. Elle est un bien précieux qui nous permet d’être au monde et présent à nos frères.

2. Visites de communautés

Je poursuis, avec Pierre l’assistant, la visite des communautés et j’y trouve un réel plaisir. Découvrir des réalités humaines, des histoires, des situations, des lieux d’apostolat, faire davantage connaissance avec les confrères, c’est une belle richesse et c’est encourageant. Savoir accueillir une réalité concrète et non idéalisée,  accepter les limites, les difficultés rencontrées, se réjouir des réalisations, entendre des appels, des souhaits, prier et célébrer ensemble c’est s’enrichir. Tout cela m’est bénéfique et m’éclaire.

Ce lundi 26 avril, avec Frédéric P. conseiller, j’ai rendu visite à notre confrère Jack Y. à Rome. Nous avons pris le temps de l’écouter et de comprendre la situation passée et actuelle. Nous avons aussi abordé d’autres points pratiques……durant la semaine il rencontrait quelques hauts responsables de l’Eglise. Nous avons eu la joie de partager ensemble un repas avec les confrères de la maison provinciale : Jean Landousies (qui vient de changer de décennies) et Patrick Issomo. Moment convivial qui fait du bien. Jack salue fraternellement les confrères de la Province.

3. Rappels

La prochaine rencontre des supérieurs se tiendra à la Maison Mère le 11 mai prochain. Nous continuerons à travailler le Projet Provincial autour de la notion de la Nouvelle Evangélisation et de l’itinérance.

  • Profitez de vous inscrire auprès  de vos supérieurs pour la retraite de fin août, animée par le P. Vernaschi à l’abbaye de Solignac.
  • Transmettez  leur aussi un exemplaire de votre testament qu’ils pourront remettre à l’économe provincial

4. Calendrier du visiteur

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Le Cénacle : Passage nécessaire ! Lieu de conversion, de naissance.

La fête de l’Ascension met un terme aux apparitions de Jésus Ressuscité à ses amis. Ils se sont retrouvés entre eux. Ils sont entrés dans une nouvelle relation avec lui. Ils ont accueilli le don de sa Paix, paix qui les a réconciliés avec eux-mêmes. Ils ont accueilli la confiance de Christ. Ils ont fait une expérience unique de la présence de leur Seigneur qu’ils retrouvent dans la prière, dans leur rencontre fraternelle régulière. Jésus s’élève vers son Père d’où il est venu et il leur demeure présent. Eux se retrouvent au Cénacle.

Le Cénacle c’est se retrouver ensemble avec Marie dans une prière commune en préparation d’accueil de l’Esprit ; temps de l’attente qui est celui de la maturation. Cette attente ne peut se faire sans Marie. Demander l’Esprit ne peut se faire sans la présence de Marie. Elle a été prise sous son ombre et c’est par lui qu’elle a façonné, donné un corps à Jésus pour nous le donner, pour que nous le touchions de nos mains, pour que nous le voyions de nos yeux, l’entendions de nos oreilles, que nous goûtions la joie de sa présence. Marie nous a été donnée pour Mère. Prenons-la chez nous.

Le Cénacle est la matrice dans laquelle nous sommes façonnés. Nous sommes le fruit des entrailles de Marie ; elle nous met au monde comme fils ; elle nous fait à l’image de son 1er né, dans l’Esprit. C’est là, dans cet être-ensemble avec Marie que nous sommes formés pour sortir au grand jour sur les routes des hommes d’aujourd’hui et leur faire découvrir les merveilles de Dieu dans leur vie et s’en réjouir avec eux. Matrice d’où sort l’Eglise audacieuse, joyeuse, qui se risque.

Nous-mêmes comme Province, prenons le temps de nous retrouver en communauté dans le Cénacle. Prenons Marie avec nous. Elle connaît l’action transformatrice de l’Esprit en elle ; elle nous partage son expérience, elle nous entraine dans cette expérience. Prenons avec nous le Projet Provincial, c’est notre écriture qui doit s’incarner dans une proximité aux Pauvres renouvelée, dans des engagements précis pour une promotion de l’homme dans sa totalité.

Avoir le désir d’une Pentecôte pour la Province ; désirer sortir, devenir itinérants pour témoigner du Christ, de sa force de Vie ; désirer être guéris de nos peurs, de nos méfiances, des nos enfermements ; désirer changer quelque chose dans notre manière de vivre notre charisme, oser d’autres chemins. Désirer et avoir la volonté de s’y engager. Ensemble.

Allons au Cénacle. Prenons Marie avec nous. Supplions-la de demander à son Fils de nous revêtir de l’Esprit pour changer notre écoute des personnes, de leurs situations, pour changer notre présence au monde, en fidélité à l’intuition de St Vincent que nous fêterons d’ici quelques mois.

Le Cénacle passage nécessaire pour naitre comme missionnaires audacieux. Heureux. Fraternels. Le cénacle est le lieu où Jésus nous confirme dans notre rôle de témoins. Bon temps dans la salle haute, le Cénacle, vers Pentecôte. Joyeuse conversion.

C’est à une Eglise en prière qu’est accordé le don de l’Esprit !

P. Christian Mauvais,
cm Visiteur de la Province de France ♦

C’est à une Église en prière qu’est accordé le don de l’Esprit !

P. Christian MAUVAIS

Revêtons-nous de l’esprit de Miséricorde

En déplacement dans le sud de la Province, voici quelques nouvelles au cœur de ce Carême et suite au dernier conseil qui s’est tenu au lendemain de la rencontre des supérieurs. Cette dernière a été un bon moment fraternel, heureux de nous retrouver. La grande partie de notre travail a été [...]

P. Christian Mauvais, cm

Revêtons-nous de l’esprit de Miséricorde

La joie du Christ, Bonne Nouvelle, soit toujours avec nous !

Chers confrères,

En déplacement dans le sud de la Province, voici quelques nouvelles au cœur de ce Carême et suite au dernier conseil qui s’est tenu au lendemain de la rencontre des supérieurs.

Cette dernière a été un bon moment fraternel, heureux de nous retrouver. La grande partie de notre travail a été de réfléchir autour du Projet Provincial en s’appuyant sur ce qui avait été dit entre nous tous le 25 janvier dernier. Nous avions invité des confrères non supérieurs et nous avons apprécié leur présence. En conseil nous avons repris cette rencontre ; nous sommes conscients qu’il faudra du temps pour nous approprier ce projet et le rendre concret sur nos terrains de mission. Nous envisageons de nous faire aider par un intervenant extérieur pour une meilleure conduite de ce travail d’appropriation et de concrétisation. Il ne nous faut pas avoir peur de faire appel à des « experts » pour avoir une meilleure clarté dans la démarche et pour ne pas faire du sur place. Un courrier a été envoyé aux supérieurs des communautés pour une réflexion à vivre en communauté. Je vous invite donc à y participer au mieux. La prochaine rencontre aura lieu le 11 mai.

Fin février, je me suis rendu en Algérie pour la réunion des Supérieurs Majeurs qui a été un bon temps de partage dans une ambiance très conviviale, entre nous et avec les évêques qui sont toujours en attente d’un archevêque pour Alger et du nouvel évêque pour le Sud. Ils espèrent assez rapidement la nomination d’un Nonce apostolique qui ouvrira la porte à ces nominations. J’ai rencontré les confrères dont Jean‐Yves Leboeuf venu pour ses papiers ; malheureusement, il va falloir qu’il recommence les démarches en juin prochain pour obtenir une carte de séjour ou, du moins, un récépissé. Mais sa présence a permis de définir déjà des grandes lignes d’apostolat pour les confrères et d’envisager la mission des lazaristes à Alger. Nous abandonnons la paroisse où nous étions impliqués depuis 1998 pour nous tourner davantage vers le monde de la santé (personnes âgées, personnes dépendantes à cause de la maladie d’Alzheimer ou Parkinson). Nous aurons l’occasion d’en reparler. Je dois y retourner fin avril.

La question des ‘Cahiers St Vincent’ a été abordée. Nous avons pris beaucoup de retard. Nous avons décidé de faire paraître un numéro unique pour l’année 2015 qui s’intitulera ‘Charisme et Mission’ et en 2016, nous reprendrons la parution de deux numéros par année. Le premier à paraître sera consacré au thème de ‘la Miséricorde’ qui sera composé essentiellement des conférences de la dernière rencontre de formation permanente.

Nominations :

Je rappelle et confirme la commission des Vocations composée de Messieurs Frédéric PELLEFIGUE et Maxime MARGOUX et invite chaque communauté à désigner un confrère pour porter ce souci et être en lien avec la commission.

Selon les numéros 37 et 38 du Projet Provincial, en accord avec l’Assistant et le conseil j’ai nommé la commission de Formation. Il s’agit de Messieurs Benoit KITCHEY, Bruno DORVAL, Bernard MASSARINI, Roberto GOMEZ, Robert GURTNER. Celle‐ci est nommée pour 3 ans, renouvelable une fois. Lors de sa prochaine rencontre, elle se dotera d’un responsable qui aura le souci de l’animer. Mr Benoit Kitchey est le responsable de la formation initiale.

Selon le numéro 35 des Normes Provinciales, en accord avec l’Assistant et le conseil, j’ai nommé Messieurs Philippe LAMBLIN économe provincial et Eric SAINT SEVIN économe adjoint. Leur mandat est de trois ans. Ils auront aussi la charge de former deux confrères, appelés à prendre la suite : messieurs Eric RAVOUX et Célestin FARCAS.

Nouvelles :

  • La retraite des confrères aura lieu à la Trappe de Soligny (dans l’Orne) sera animée par notre confrère italien le Père Alberto Vernaschi qui a accepté de nous accompagner. Nous l’en remercions vivement. Je rappelle qu’il n’y a que 42 places de disponibles et qu’il y a un ascenseur. Elle commencera le dimanche 28 août (arriver pour 16h) et se terminera le vendredi 2 septembre à 14h après le repas de midi. Chaque confrère doit apporter : bréviaire, aube, étole blanche et bible. S’inscrire auprès du supérieur de votre communauté.
  • Nous sommes heureux d’accueillir notre confrère Nguyen Van Hung qui nous arrive du Viet Nam ce 18 mars pour faire des études. Qu’il soit le bienvenu et trouve auprès de nous une aide et présence fraternelle.
  • Notre économe provincial, Philippe Lamblin sera absent du 18 mars au jour de Pâques. Il sera en mission au Cameroun. Accompagnons‐le dans cette mission par notre prière et pour l’ensemble de la Vice Province.
  • Soyons en communion avec nos confrères malades ou ayant des soucis de santé : Roger Meyer toujours hospitalisé. JeanFrançois Desclaux qui a du être hospitalisé à Lyon pour des raisons cardiologiques. Il est toujours en observation, avec des examens approfondis. Il a bon moral. Patrick Issomo en études à Rome fait des analyses et examens. Espérons pour eux que tout rentre dans l’ordre sans tarder.
  • Ce dimanche 13 mars, notre confrère Alvaro RESTREPO fêtera ses 50 ans d’ordination. Le 3 avril, ce sera notre confrère Bernardo GARCIA qui fêtera lui aussi ses 50 ans de sacerdoce. Portons les dans notre prière et gardons les dans notre amitié fraternelle. Réjouissons‐nous avec eux en ce jour de jubilé pour ces parcours sacerdotaux au service de la mission comme fils de st Vincent. Une journée spéciale sera organisée pour que nous les fêtions tous les deux comme il se doit.

 

Année de la Miséricorde

Est‐il besoin de rappeler que nous sommes dans l’Année de la Miséricorde ? Affiches, propositions, formations, livres nous remettent en mémoire la richesse et la beauté du Jubilé ou plus exactement d’une telle démarche à vivre comme croyants !

Le monde serait moins désert si nous pouvions nous reconnaître une vocation commune, celle de multiplier au passage les fontaines de miséricorde. Et comment douter de cette vocation commune si nous laissons le Tout Miséricordieux nous appeler ensemble à une table unique, celle des pécheurs ?
Christian de Chergé, l’invincible espérance

C’était le souhait du Prieur de Tibhirine au cours de ses réflexions sur la Miséricorde, dans le cadre de ses relations avec des communautés musulmanes. Ce souhait nous pouvons le faire nôtre et interroger nos relations à l’intérieur de nos propres communautés, voire entre communautés de la Province. Une démarche de croyants à vivre au cours de ces prochains mois. La plupart d’entre nous proposons, animons des temps forts sur ce thème auprès de communautés paroissiales ou autres. Le danger n’est‐il pas d’oublier nos propres communautés, nos propres lieux de vie qui ont besoin eux aussi d’être visités et purifiés par la Miséricorde ! Nos communautés ne sont‐elles pas les lieux où nous devons aimer Dieu et le prochain ?

Nous autres, mes frères, si nous avons de l’amour, nous le devons montrer en portant les peuples à aimer Dieu et le prochain, à aimer le prochain pour Dieu et Dieu pour le prochain. Nous sommes choisis de Dieu comme instruments de son immense et paternelle charité, qui se veut établir et dilater dans les âmes.
(1)

nos relations sont traversées par des faiblesses, de la violence même ; elles ne sont pas toujours fraternelles, elles sont parfois brisées, distantes, méfiantes, source de souffrance etc. ; ces relations n’ont‐elles pas besoin d’être guéries dans la miséricorde de Dieu ? « Ne dois tu pas faire miséricorde à ton frère avec la même mesure que moi je t’ai fait miséricorde ? » comme nous le rappelle le psalmiste.

Comme humains, il nous faut du temps pour saisir et comprendre ce qu’est vraiment la miséricorde divine, une miséricorde à la mesure de l’infini. Elle est affaire de temps. Nous avons à progresser dans notre compréhension de Dieu, à renforcer notre dialogue avec lui et entre nous. La miséricorde a toujours rapport à des personnes, celle qui en a besoin et celle qui l’accorde. Comme confrères, nous en avons besoin ; ayons assez de simplicité pour la demander et la recevoir de nos frères, avec foi, avec joie.

Regardons le Fils de Dieu ; oh ! Quel cœur de charité ! Quelle flamme d’amour ! … O Sauveur ! ô source de l’amour humilié jusqu’à nous et jusqu’à un supplice infâme, qui en cela a plus aimé le prochain que vous-même ? …Mais qui pourrait aimer d’une manière tant suréminente ? Il n’y a que Notre Seigneur qui soit si épris de l’amour des créatures que de quitter le trône de son Père pour venir prendre un corps sujet aux infirmités Et pourquoi ? Pour établir entre nous par son exemple et sa parole la charité du prochain. …. O messieurs, si nous avions un peu de cet amour, demeurerions-nous les bras croisés ? Ceux que nous pourrions assister, les laisserions-nous périr ? Oh ! Non, la charité ne peut demeurer oisive;
(2)

Dieu fait miséricorde. Il n’y a pas de miséricorde sans attitudes, sans actes concrets ! Pourquoi ne pas proposer et vivre, à l’intérieur de la communauté, une démarche miséricordieuse ? Pourquoi ne pas vivre entre frères, un temps fort qui nous fasse plonger dans l’océan de la Miséricorde divine ? Ne manquons pas de pitié, de miséricorde entre nous. Apprenons à être miséricordieux en manifestant de la bonté dans l’ordinaire de tous les jours, dans les relations quotidiennes. Il s’agit bien d’ouvrir la porte de notre cœur, la principale porte du Jubilé.

J’invite donc toutes les communautés à réfléchir sur le type de geste de miséricorde à trouver, à vivre ensemble pour un renouveau intérieur, pour une fraternité renouvelée, nouvelle richesse et force pour la mission. Devenir des êtres transformés par la miséricorde fera de nous des témoins de celle‐ci, des confrères heureux en communauté et dans leur mission apostolique. Heureux car ils auront vécu un temps de vérité dans la charité, qu’ils auront fait une démarche d’authenticité. Heureux de montrer des visages ressuscités, habités de l’Esprit.

Le pardon est une grâce à recevoir et cette grâce‐là ne nous sera jamais refusée. « crée en moi un coeur pur ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit… »

Vivre un temps fort entre nous, peut aussi nous aider à nous approcher humblement d’une même table, celle des pécheurs où nous recevons une parole qui nous relève, un regard de confiance qui nous apprenne à nous regarder sans peur. Se retrouver autour d’une table (celle eucharistique, celle de la Parole, celle de la fraternité) pour nous renouveler dans notre vie communautaire et devenir pour nos frères les plus proches des ‘fontaines de miséricorde’ ! C’est la grâce que je nous souhaite.

Mes chers frères, faisons réflexion à cela, s’il vous plaît. Il ne me suffit pas d’aimer Dieu, si mon prochain ne l’aime. Je dois aimer mon prochain comme l’image de Dieu et l’objet de son amour, et faire qui les connaît et les reconnaît ses frères, qui les a sauvés, et que d’une charité mutuelle ils s’entr’aiment pour l’amour de Dieu, qui les a tant aimés que de livrer pour eux son propre Fils à la mort. C’est donc là mon obligation.
(3)

Méditation sur la Miséricorde.

C’est un des plus beaux mots de la langue française Il a su nous la faire rencontrer Il a su l’asseoir à notre table Elle n’est pas extravagante Elle est simple et présente Humble et souriante Nous ne cheminons pas vers elle mais avec elle Et nous ne savons pas où nous allons Je ne peux pas venir sans lui tenir la main J’aimerai tant la rencontrer Mon coeur est sa maison Je l’ai déjà accueillie et je n’arrive pas à la décrire Elle fait battre mon coeur mes entrailles en sont remuées Laisse‐la te saisir Te toucher Par elle Jésus te dit Je t’aime, toi! C’est la miséricorde que je veux. (Extrait du diaporama du diocèse de Lyon) fr Daniel cm

Chers confrères, Pâques est proche ; il nous faut traverser les jours saints, ce mystère pascal de mort et de résurrection. Qu’ils affermissent nos pas à la suite du Christ pour vivre avec intensité la mission de se donner, de se livrer à notre tour pour les frères et sœurs qui nous sont confiés. Puissions-nous trouver notre joie dans cet abandon confiant au Père à l’image de Jésus. Accueillons avec foi l’Esprit qui nous remet debout, qui fait de nous des témoins de l’Amour au cœur des réalités humaines que nous connaissons. Belle semaine Sainte et joyeuse fête de Pâques.

Notes

(1) (2) (3) : Conférence du 30 mai 1659 de la charité.