MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS. 4ème JOURNÉE MONDIALE DES PAUVRES. 15 novembre 2020. 33ème dimanche du Temps Ordinaire « Tends ta main au pauvre » (Si 7, 32)

La pauvreté prend toujours des visages différents qui demandent une attention à chaque condition particulière : dans chacune d’elles, nous pouvons rencontrer le Seigneur Jésus qui a révélé sa présence dans ses frères les plus faibles (cf. Mt 25, 40).

Pape Francois

MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS. 4ème JOURNÉE MONDIALE DES PAUVRES. 15 novembre 2020. 33ème dimanche du Temps Ordinaire « Tends ta main au pauvre » (Si 7, 32)

« Tends ta main au pauvre » (Si 7, 32). La sagesse antique a fait de ces mots comme un code sacré à suivre dans la vie. Ils résonnent encore aujourd’hui, avec tout leur poids de signification, pour nous aider, nous aussi, à concentrer notre regard sur l’essentiel et à surmonter les barrières de l’indifférence. La pauvreté prend toujours des visages différents qui demandent une attention à chaque condition particulière : dans chacune d’elles, nous pouvons rencontrer le Seigneur Jésus qui a révélé sa présence dans ses frères les plus faibles (cf. Mt 25, 40).

1. Prenons entre les mains le texte du Livre de Ben Sira, un des livres de l’Ancien Testament. Nous y trouvons les paroles d’un maître de sagesse qui a vécu environ deux cents ans avant le Christ. Il était en recherche de la sagesse, celle qui rend les hommes meilleurs et capables de scruter à fond les événements de la vie. Il le faisait à un moment de dure épreuve pour le peuple d’Israël, un temps de douleur, de deuil et de misère, à cause de la domination de puissances étrangères. Étant un homme de grande foi, enraciné dans les traditions des pères, sa première pensée était de s’adresser à Dieu pour lui demander le don de la sagesse. Et l’aide du Seigneur ne lui manqua pas.

Dès les premières pages, le Livre de Ben Sira donne des conseils sur de nombreuses situations concrètes de la vie, et la pauvreté en est une. Il insiste sur le fait que, dans le besoin, il faut avoir confiance en Dieu : «Ne t’agite pas à l’heure de l’adversité. Attache-toi au Seigneur, ne l’abandonne pas, afin d’être comblé dans tes derniers jours. Toutes les adversités, accepte-les ; dans les revers de ta pauvre vie, sois patient ; car l’or est vérifié par le feu, et les hommes agréables à Dieu par le creuset de l’humiliation. Dans les maladies comme dans le dénuement, aie foi en lui. Mets ta confiance en lui, et il te viendra en aide ; rends tes chemins droits, et mets en lui ton espérance. Vous qui craignez le Seigneur, comptez sur sa miséricorde, ne vous écartez pas du chemin, de peur de tomber. » (2, 2-7).

2. Page après page, nous découvrons un précieux recueil de suggestions sur la façon d’agir à la lumière d’une relation intime avec Dieu, créateur et amant de sa création, juste et providentiel envers tous ses enfants. La référence constante à Dieu, cependant, n’empêche pas de regarder l’homme concret, bien au contraire, les deux choses sont étroitement liées.

Ceci est clairement démontré par l’extrait biblique dont le titre de ce Message est tiré (cf. 7, 29-36). La prière à Dieu et la solidarité avec les pauvres et les souffrants sont inséparables. Pour célébrer un culte qui soit agréable au Seigneur, il est nécessaire de reconnaître que toute personne, même la plus indigente et la plus méprisée, porte l’image de Dieu imprimée en elle. De cette attention découle le don de la bénédiction divine, attirée par la générosité pratiquée à l’égard du pauvre. Par conséquent, le temps consacré à la prière ne peut jamais devenir un alibi pour négliger le prochain en difficulté. Le contraire est vrai : la bénédiction du Seigneur descend sur nous et la prière atteint son but quand elles sont accompagnées par le service aux pauvres.

3. Cet antique enseignement est combien actuel pour chacun de nous ! En effet, la parole de Dieu dépasse l’espace, le temps, les religions et les cultures. La générosité qui soutient le faible, console l’affligé, apaise les souffrances, restitue la dignité à ceux qui en sont privés, est en fait la condition d’une vie pleinement humaine. Le choix de consacrer une attention aux pauvres, à leurs nombreux et divers besoins, ne peut être conditionné seulement par le temps disponible ou par des intérêts privés, ni par des projets pastoraux ou sociaux désincarnés. On ne peut étouffer la force de la grâce de Dieu par la tendance narcissique de toujours se mettre à la première place.

Avoir le regard tourné vers le pauvre est difficile, mais plus que jamais nécessaire pour donner à notre vie personnelle et sociale la bonne direction. Il ne s’agit pas d’exprimer beaucoup de paroles, mais plutôt d’engager concrètement la vie, animée par la charité divine. Chaque année, avec la Journée Mondiale des Pauvres, je reviens sur cette réalité fondamentale pour la vie de l’Église, parce que les pauvres sont et seront toujours avec nous (cf. Jn 12, 8) pour nous aider à accueillir la présence du Christ dans l’espace du quotidien.

4. Chaque rencontre avec une personne en situation de pauvreté nous provoque et nous interroge. Comment pouvons-nous contribuer à éliminer ou, du moins, à soulager sa marginalisation et sa souffrance? Comment pouvons-nous l’aider dans sa pauvreté spirituelle ? La communauté chrétienne est appelée à s’impliquer dans cette expérience de partage, sachant qu’il ne lui est pas permis de la déléguer à qui que ce soit. Et pour être un soutien aux pauvres, il est fondamental de vivre personnellement la pauvreté évangélique. Nous ne pouvons pas nous sentir “bien” quand un membre de la famille humaine est relégué dans les coulisses et devient une ombre. Le cri silencieux des nombreux pauvres doit trouver le peuple de Dieu en première ligne, toujours et partout, afin de leur donner une voix, de les défendre et de se solidariser avec eux devant tant d’hypocrisie et devant tant de promesses non tenues, pour les inviter à participer à la vie de la communauté.

Il est vrai que l’Église n’a pas de solutions globales à proposer, mais elle offre, avec la grâce du Christ, son témoignage et ses gestes de partage. Elle se sent en outre le devoir de présenter les instances de ceux qui n’ont pas le nécessaire pour vivre. Rappeler à tous la grande valeur du bien commun est, pour le peuple chrétien, un engagement de vie qui se réalise dans la tentative de n’oublier aucun de ceux dont l’humanité est violée dans ses besoins fondamentaux.

5. Tendre la main fait découvrir, avant tout à celui qui le fait, qu’existe en nous la capacité d’accomplir des gestes qui donnent un sens à la vie. Que de mains tendues pouvons-nous voir tous les jours ! Malheureusement, il arrive de plus en plus souvent que la hâte entraîne dans un tourbillon d’indifférence, au point que l’on ne sait plus reconnaître tout le bien qui se fait quotidiennement, en silence et avec grande générosité. C’est souvent lorsque surviennent des événements qui bouleversent le cours de notre vie que nos yeux deviennent capables de voir la bonté des saints “de la porte d’à côté”, « de ceux qui vivent proches de nous et sont un reflet de la présence de Dieu » (Exhort. ap. Gaudete et Exultate, n. 7), mais dont personne ne parle. Les mauvaises nouvelles abondent sur les pages des journaux, sur les sites internet et sur les écrans de télévision, au point de laisser croire que le mal règne en maître. Pourtant il n’en est pas ainsi. Certes, la méchanceté et la violence, l’abus et la corruption ne manquent pas, mais la vie est tissée d’actes de respect et de générosité qui, non seulement compensent le mal, mais poussent à aller au-delà et à être remplis d’espérance.

6. Tendre la main est un signe : un signe qui rappelle immédiatement la proximité, la solidarité, l’amour. En ces mois où le monde entier a été submergé par un virus qui a apporté douleur et mort, détresse et égarement, combien de mains tendues nous avons pu voir ! La main tendue du médecin qui se soucie de chaque patient en essayant de trouver le bon remède. La main tendue de l’infirmière et de l’infirmier qui, bien au-delà de leurs horaires de travail, sont restés pour soigner les malades. La main tendue de ceux qui travaillent dans l’administration et procurent les moyens de sauver le plus de vies possibles. La main tendue du pharmacien exposé à tant de demandes dans un contact risqué avec les gens. La main tendue du prêtre qui bénit avec le déchirement au cœur. La main tendue du bénévole qui secourt ceux qui vivent dans la rue et qui, en plus de ne pas avoir un toit, n’ont rien à manger. La main tendue des hommes et des femmes qui travaillent pour offrir des services essentiels et la sécurité. Et combien d’autres mains tendues que nous pourrions décrire jusqu’à en composer une litanie des œuvres de bien. Toutes ces mains ont défié la contagion et la peur pour apporter soutien et consolation.

7. Cette pandémie est arrivée à l’improviste et nous a pris au dépourvu, laissant un grand sentiment de désorientation et d’impuissance. Cependant, la main tendue aux pauvres ne vient pas à l’improviste. Elle témoigne de la manière dont on se prépare à reconnaître le pauvre afin de le soutenir dans les temps de nécessité. On n’improvise pas les instruments de miséricorde. Un entraînement quotidien est nécessaire, à partir d’une prise de conscience que nous, les premiers, avons combien besoin d’une main tendue vers nous.

Ce moment que nous vivons a mis en crise beaucoup de certitudes. Nous nous sentons plus pauvres et plus faibles parce que nous avons fait l’expérience de la limite et de la restriction de la liberté. La perte du travail, des relations affectives les plus chères, comme l’absence des relations interpersonnelles habituelles, a tout d’un coup ouvert des horizons que nous n’étions plus habitués à observer. Nos richesses spirituelles et matérielles ont été remises en question et nous avons découvert que nous avions peur. Enfermés dans le silence de nos maisons, nous avons redécouvert l’importance de la simplicité et d’avoir le regard fixé sur l’essentiel. Nous avons mûri l’exigence d’une nouvelle fraternité, capable d’entraide et d’estime réciproque. C’est un temps favorable pour « reprendre conscience que nous avons besoin les uns des autres, que nous avons une responsabilité vis-à-vis des autres et du monde […]. Depuis trop longtemps, déjà, nous avons été dans la dégradation morale, en nous moquant de l’éthique, de la bonté, de la foi, de l’honnêteté. […] Cette destruction de tout fondement de la vie sociale finit par nous opposer les uns aux autres, chacun cherchant à préserver ses propres intérêts ; elle provoque l’émergence de nouvelles formes de violence et de cruauté, et empêche le développement d’une vraie culture de protection de l’environnement » (Lett. enc. Laudato Si’, n. 229). En somme, les graves crises économiques, financières et politiques ne cesseront pas tant que nous laisserons en état de veille la responsabilité que chacun doit sentir envers le prochain et chaque personne.

8. « Tends la main au pauvre », est donc une invitation à la responsabilité comme engagement direct de quiconque se sent participant du même sort. C’est une incitation à prendre en charge le poids des plus faibles, comme le rappelle saint Paul : « Mettez-vous, par amour au service les uns des autres. Car toute la Loi est accomplie dans l’unique parole que voici : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. (…) Portez les fardeaux des uns les autres » (Ga 5,13-14 ; 6,2). L’Apôtre enseigne que la liberté qui nous a été donnée par la mort et la résurrection de Jésus Christ est pour chacun de nous une responsabilité pour se mettre au service des autres, surtout des plus faibles. Il ne s’agit pas d’une exhortation facultative, mais d’une condition de l’authenticité de la foi que nous professons.

Le Livre de Ben Sira vient une fois de plus à notre aide : il suggère des actions concrètes pour soutenir les plus faibles et il utilise également quelques images suggestives. Tout d’abord, il prend en considération la faiblesse de ceux qui sont tristes : « Ne te détourne pas ceux qui pleurent » (7, 34). La période de la pandémie nous a obligés à un isolement forcé, nous empêchant même de pouvoir consoler et d’être près d’amis et de connaissances affligés par la perte de leurs proches. Et l’auteur sacré affirme encore : « N’hésite pas à visiter un malade » (7, 35). Nous avons fait l’expérience de l’impossibilité d’être aux côtés de ceux qui souffrent, et en même temps, nous avons pris conscience de la fragilité de notre existence. En somme, la Parole de Dieu ne nous laisse jamais tranquilles, elle continue à nous stimuler au bien.

9. « Tends la main au pauvre » fait ressortir, par contraste, l’attitude de ceux qui tiennent leurs mains dans leurs poches et ne se laissent pas émouvoir par la pauvreté, dont ils sont souvent complices. L’indifférence et le cynisme sont leur nourriture quotidienne. Quelle différence par rapport aux mains généreuses que nous avons décrites! Il y a, en effet, des mains tendues qui touchent rapidement le clavier d’un ordinateur pour déplacer des sommes d’argent d’une partie du monde à l’autre, décrétant la richesse des oligarchies et la misère de multitudes ou la faillite de nations entières. Il y a des mains tendues pour accumuler de l’argent par la vente d’armes que d’autres mains, même celles d’enfants, utiliseront pour semer la mort et la pauvreté. Il y a des mains tendues qui, dans l’ombre, échangent des doses de mort pour s’enrichir et vivre dans le luxe et le désordre éphémère. Il y a des mains tendues qui, en sous-main, échangent des faveurs illégales contre un gain facile et corrompu. Et il y a aussi des mains tendues de ceux qui, dans l’hypocrisie bienveillante, portent des lois qu’eux-mêmes n’observent pas.

Dans ce panorama, « les exclus continuent à attendre. Pour pouvoir soutenir un style de vie qui exclut les autres, ou pour pouvoir s’enthousiasmer avec cet idéal égoïste, on a développé une mondialisation de l’indifférence. Presque sans nous en apercevoir, nous devenons incapables d’éprouver de la compassion devant le cri de douleur des autres, nous ne pleurons plus devant le drame des autres, leur prêter attention ne nous intéresse pas, comme si tout nous était une responsabilité étrangère qui n’est pas de notre ressort.» (Exhort. ap. Evangelii Gaudium, n. 54). Nous ne pourrons pas être heureux tant que ces mains qui sèment la mort ne seront pas transformées en instruments de justice et de paix pour le monde entier.

10. « Quoi que tu fasses, souviens-toi que ta vie a une fin » (Si 7, 36). C’est l’expression par laquelle le Livre de Ben Sira conclut sa réflexion. Le texte se prête à une double interprétation. La première fait ressortir que nous devons toujours garder à l’esprit la fin de notre existence. Se souvenir du destin commun peut aider à mener une vie sous le signe de l’attention à ceux qui sont les plus pauvres et qui n’ont pas eu les mêmes possibilités que nous. Il y a aussi une deuxième interprétation, qui souligne plutôt le but vers lequel chacun tend. C’est la fin de notre vie qui demande un projet à réaliser et un chemin à accomplir sans se lasser. Or, le but de chacune de nos actions ne peut être autre que l’amour. Tel est le but vers lequel nous nous dirigeons, et rien ne doit nous en détourner. Cet amour est partage, dévouement et service, mais il commence par la découverte que nous sommes les premiers aimés et éveillés à l’amour. Cette fin apparaît au moment où l’enfant rencontre le sourire de sa mère et se sent aimé par le fait même d’exister. Même un sourire que nous partageons avec le pauvre est source d’amour et permet de vivre dans la joie. Que la main tendue, alors, puisse toujours s’enrichir du sourire de celui qui ne fait pas peser sa présence et l’aide qu’il offre, mais ne se réjouit que de vivre à la manière des disciples du Christ.

Que sur ce chemin quotidien de rencontre avec les pauvres nous accompagne la Mère de Dieu, qui plus que tout autre est la Mère des pauvres. La Vierge Marie connaît de près les difficultés et les souffrances de ceux qui sont marginalisés, parce qu’elle-même s’est trouvée à donner naissance au Fils de Dieu dans une étable. Sous la menace d’Hérode, avec Joseph son époux et l’Enfant Jésus, ils se sont enfuis dans un autre pays, et la condition de réfugié a marqué, pendant quelques années, la Sainte Famille. Puisse la prière à la Mère des pauvres rassembler ses enfants favoris et tous ceux qui les servent au nom du Christ. Que la prière transforme la main tendue en une étreinte de partage et de fraternité retrouvée.

Donné à Rome, Saint Jean du Latran, le 13 juin 2020, mémoire liturgique de saint Antoine de Padoue, huitième année de mon Pontificat.

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“Akamasoa” Argentine. Le projet argentin cherche à sortir les personnes pauvres de la pauvreté en leur donnant la dignité

Selon le prêtre missionnaire argentin Pedro Opeka, la misère n’est pas un mauvais sort, mais le résultat d’une perte de souci social des responsables politiques qui tournent le dos à leur propre peuple. Au début du XXe siècle, la patrie du Pape François était le “grenier du monde” avec une immense production qui représentait la moitié de celle de l’Amérique Latine.

CMission

“Akamasoa” Argentine. Le projet argentin cherche à sortir les personnes pauvres de la pauvreté en leur donnant la dignité

ROSARIO, Argentine – Selon le prêtre missionnaire argentin Pedro Opeka, la misère n’est pas un mauvais sort, mais le résultat d’une perte de souci social des responsables politiques qui tournent le dos à leur propre peuple.  Au début du XXe siècle, la patrie du Pape François était le “grenier du monde” avec une immense production qui représentait la moitié de celle de l’Amérique Latine.

Des dizaines d’années de mauvaise gestion ont conduit à une situation de grande pauvreté en Argentine, qui a désormais plus de 4500 bidonvilles et de logements illégaux dans le pays. Environ 35% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, avec 50% d’enfants de moins de 18 ans pauvres.  

Confronté à cette réalité, Gaston Vigo, un jeune catholique chrétien de 30 ans, a lancé Akamasoa Argentine, Plus d’humanité.

Akamasoa est le nom de la ville construite par Opeka qui aujourd’hui héberge plus de 30.000 personnes à Antanarivo, Madagascar où le prêtre missionnaire a servi depuis un demi-siècle.

Cette ville a été constituée de 5000 maison sans compter les écoles, les hôpitaux, les terrains de jeux, et même un petit stade où il dit la messe pour des milliers de personnes chaque dimanche.

Vigo lui a rendu visite en 2018 pour essayer de comprendre sa méthode. Il a travaillé avec CONIN, une ONG argentine, qui essaie de lutter contre la malnutrition chronique en Argentine. 

« Je suis venu à Madagascar avec le rêve de demander à Pedro de nous partager le concept d’Akamasoa en Argentine, lui expliquant que son travail nous était nécessaire, avec son intuition d’aider sans assister » nous a dit Vigo au téléphone. « Akamasoa consiste dans l’aide pour que le pauvres tiennent debout afin qu’ils ne vivent plus à genoux ». 

“Akamasoa Argentine est né d’une profonde émotion à cause de la peine de savoir qu’il y a beaucoup de monde qui sont abandonnés”, dit-il. « J’ai souvent dit que l’Argentine n’est pas quelque chose que nous avons hérité de nos parents, mais quelque chose que nous allons léguer à nos enfants. Mais qu’allons-nous leur laisser ? Un pays avec 134.000 personnes mourant de faim dans les 70 prochaines années ? Un pays avec 60% d’enfants pauvres? Un pays ou 50% d’entre eux ne finissent pas le lycée?”

Vigo a vécu longtemps à Akamasoa à Madagascar où il dit qu’il est devenu “humble” parce qu’il a été impressionné par la transformation de la décharge municipale où  a maintenant été construire “la ville de l’amitié”, transformant “l’enfer de la faim en une oasis d’espérance”.

Lorsqu’il est rentré en Argentine, il a rencontré la fondation Mas Humanidad (Plus d’Humanité) qui dirige les trois centre CONIN qui luttent contre la malnutrition des jeunes en proposant des ateliers et des séminaires pour adultes, avec la philosophie : faire tout son possible pour aider les autres à sortir de la pauvreté.

“J’ai rejoint les équipes de cette organisation, qui a déjà des structures, des ressources humaines et la même vocation de servir les autres », dit Vigo. Ce fut la naissance d’Akamaso-Argentine, Plus d’Humanité, un organisation qui aujourd’hui aide 600 personnes en essayant de créer le même oasis d’espérance qui a été fondé à Madagascar.

“Comment n’aurions-nous pas essayé de faire cela en Argentine, dans ce qui fut dans le passé le phare de l’Amérique Latine ? » dit Vigo.

La crise générée par le coronavirus a changé le travail d’Akamasoa Argentine, aller au service des personnes au lieu de les voir venir dans les centres, solliciter de l’argent au lieu de la nourriture aux donateurs, réduire les mouvements. Mais toujours travailler sur les chapeaux de roues, aidant 195 enfants de moins de 5 ans qui sont dénutris et auront des retards de croissance s’ils ne reçoivent pas d’aide.

Vigo et Opeka sont demeurés fermés, mais en contact permanent par WhatsApp. Le laïc a mis au courant le prêtre du progrès fait dans la petite région de Lima, dans la banlieu de Buenos Aires, où est basé le projet, avec les premières maison déjà construites par les familles elles-mêmes, comme cela se fait à Madagascar.

« Pedro a une façon de conduire le projet incroyable, très humble, très humain, nous disant que nous devons trouver notre identité et que même s’il y a peut-être des choses que nous pouvons reproduire, nous devons trouver nos propres solutions aux problèmes complexes qui naissent quotidiennement » dit Vigo.

« Mais nous avons la joie d’avoir une boussole, sachant que si nous avons besoin d’eux, nous pouvons les appeler, ils ont tracé un chemin pour nous, raison pour laquelle nous avons choisi de garder le nom, sachant ainsi la direction que nous prenons, cette ville de 29.000 personnes divisés en 22 quartiers a permis à un million de personnes de sortir de l’extrême pauvreté » dit-il. « Nous prenons cette route, humblement mais aussi certains que nous pouvons le faire devenir réalité ».

L’an dernier, le Pape François a visité Akamasoa durant sa visite pastorale en Afrique. Le Pontife a dit que cette ville malgache illustre « la foi vivante » traduite en actes concrets capable de « déplacer des montagnes ». « Une foi qui rend possible de voir la chance au lieu de l’insécurité ; de voir l’espérance au lieu de la fatalité, de voir la vie au lieu de paroles de morts et de destruction, » a dit François.

Vigo dit qu’il est habité par la même foi, et Akamasoa Argentine n’aide pas seulement des familles à sortir les enfants de la malnutrition mais les aide à terminer l’école, apprendre le commerce, chercher des emplois et construire le propre voisinage avec des briques et du mortier, au lieu des abris de ferrailles et de sacs de plastiques habituels dans les bidonvilles argentins.

“La plus grande satisfaction serait de construire en cinq ans une communauté d’amis, ce qui est le sens d’Akamasoa en Malgache » continue-t-il. « Nous voulons casser le circuit de l’assistance que enferme dans la misère dans laquelle les pauvres vivent »

Vigo dit qu’il rêve d’un jour durant lequel « les aides du gouvernement ne seront pas la seule façon d’aider les pauvres, mais où il leur offrira l’éducation, l’emploi, la nourriture et la dignité ».

Akamasoa Argentina, dit-il, n’est pas un projet à durée déterminée, mais une cause –en terminer avec la pauvreté. Il ne définit pas Akamasoa comme une ONG, mais un mouvement de solidarité qui « Dieu aidant » en inspirera d’autres. « Nous avons besoin de personnes passionnées pour redonner la dignité aux autres, qui comprennent que nous ne pouvons pas être heureux tant qu’il y a des malheureux », termine Vigo.

De Crux le 20 mars 2020

 

Inés San Martín

ROME BUREAU CHIEF

Collaboration du Père Bernard MASSARINI CM

 

Photo : Des enfants posent pour une photo face la construction de la première maison du projet argentin Akamasoa (Argentine)

 

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Coronavirus : Une occasion de reconversion, selon Mgr Joachim Ouédraogo

La pandémie du coronavirus ou le covid19 a fini par entrer au Burkina Faso. Les autorités ont été amenées à prendre des mesures drastiques, parmi lesquelles l’interdiction des rassemblements, le couvre-feu et le confinement. A travers un discours, en date du 19 mars 2020, Mgr Joachim Ouédraogo donne sa lecture de la situation. Loin d’être une malédiction, le covid19 est invite à la reconversion, selon lui.

Mgr Joachim QUÉDRAOGO

Coronavirus : Une occasion de reconversion, selon Mgr Joachim Ouédraogo

La pandémie du coronavirus ou le covid19 a fini par entrer au Burkina Faso. Les autorités ont été amenées à prendre des mesures drastiques, parmi lesquelles l’interdiction des rassemblements, le couvre-feu et le confinement. A travers un discours, en date du 19 mars 2020, Mgr Joachim Ouédraogo donne sa lecture de la situation. Loin d’être une malédiction, le covid19 est invite à la reconversion, selon lui.

Mise en quarantaine ou en Carême ?

De la solitude du jardin des Oliviers à la solitude de la chambre de confinement.
La Pâques de 2020 ressemble vraiment à celle du Christ il y a plus de 2000 ans.
De la solitude du jardin des Oliviers à la solitude de la chambre de confinement, et au lavement des mains pour les purifier des germes du coronavirus de peur de contaminer les autres, quelle distance !

Cependant, comme jamais, cette année, nous n’atteindrons pas le sommet du Golgotha aussi vides, fatigués, exténués et angoissés !

Fatigués et angoissés d’entendre égrainer à longueur de journées, le nombre de morts qui donne froid au dos !

Comme jamais cette année, notre Pâques ne sera semblable à celle du Christ ! Couvre feu par-ci ! Confinement par-là !

Je n’avais pas pensé un seul jour que je serai mis en quarantaine, et surtout pendant le saint temps du Carême ! Mais au fond, cela m’a permis vivre une plus grande intimité avec mon Seigneur.

La grâce de la solitude

Il y a deux mille ans, tout a commencé par la solitude. Un désert découvert au fond d’un jardin d’oliviers pour être seul avec son Père qui paraissait ne pas répondre à l’angoisse qui envahissait son âme. Mais aussi un désert fait d’éloignement physique d’avec des personnes chères qui s’endormirent, le laissant seul au moment où il avait besoin de leur présence.

Et aujourd’hui, célébration de la Sainte Eucharistie dans une chambre de confinement face à la fenêtre largement ouverte comme pour contempler les arbres du Centre National Cardinal Zoungrana.

Percevoir par cette fenêtre entrebâillée le gémissement d’un monde en agonie : les sanglots, les gémissements difficiles à étouffer, les regards interrogateurs des parents et amis, le personnel soignant stressé, dépassé, les chercheurs qui ne trouvent pas la solution à ce mal dévastateur, le prêtre, le pasteur et l’imam qui demandent : Seigneur où es-tu ?

Et de cette fenêtre mon regard se fixe sur ces dizaines de milliers de femmes, d’hommes, de jeunes et d’enfants de tous âges qui observent les cercueils de leurs proches disparaître dans la nuit.

Et je vois cette jeune femme à qui on intime l’ordre d’observer la distance d’un mètre d’avec ceux qui se reposaient sur son épaule, qui la tapaient dans les mains en claquant du doigt ! Quel désert !

Même un mètre de distance me semble un abîme.
Jésus agonisant dans le jardin des Oliviers, Jésus agonisant dans les hôpitaux du monde entier ; Jésus qui s’offre sur cette table qui sert d’autel dans la solitude d’une chambre !

Tout cela, je dois l’offrir au Seigneur dans la confiance !
Le Seigneur Jésus avait lui aussi des demandes ; il avait peur du futur comme moi aujourd’hui, mais l’unique chose qu’il pouvait dire dans cette solitude est celle – là : « Que ta volonté soit faite ! » (Mt 6,10)

Laver nos mains sans oublier nos cœurs

Pendant que je me lave les mains avec angoisse en les frottant nerveusement l’une contre l’autre, je pense que jamais en ce Carême, nous n’avons été aussi semblables à Pilate.

Quel empressement à se débarrasser d’un poids aussi pesant ! Mais il y a des souillures que même vingt secondes de savon ou d’alcool ne peuvent enlever ! En lavant nos mains, puissions-nous penser à la purification de nos cœurs pour mieux contempler Dieu (cf. Mt 5, 8)

Punition de Dieu ? Non ! Occasion de nous convertir ? Oui !
Devant le monde en désarroi, en face de ce virus qui fait des ravages partout, certains pensent à une punition divine. Dieu se serait-il repenti d’avoir créé l’homme ?

Je ne crois pas à ce Dieu qui envoie la peste pour punir ! Je ne crois à ce Dieu qui suscite des terroristes pour châtier. Non ! Dieu ne peut vouloir ces croix pour nous ! Dieu ne peut pas vouloir ces croix pour celui ou celle qui souffre ! Ravisons-nous en notre rappelant cette réflexion de Jésus lui-même : « Ces dix-huit personnes que la tour de Siloé a tuées dans sa chute, pensez-vous que leur dette fût plus grande que celle de tous les hommes qui habitent Jérusalem ? Non, je vous le dis ; mais si vous ne voulez pas vous repentir, vous périrez tous de même » (Lc 13,4-5). Gardons-nous d’être dans l’erreur comme les amis de Job qui cherche à défendre la justice punitive de Dieu dans la souffrance de l’innocent.

Saisissons plutôt l’occasion du désarroi qui s’abat sur le monde pour réfléchir sur la précarité de la vie et sur la nécessité de nous convertir et de tenir constamment nos lampes allumées.

Nous sommes dans une période de souffrance.

Je ne pense pas seulement à la souffrance physique, mais aussi à nos églises fermées, aux chemins de croix et aux marches de carême qui n’auront plus lieu ; je pense aux célébrations eucharistiques sans fidèles. Ces moments si importants, si vitaux pour nous catholiques.

Le choix des évêques divise ; il laisse certains perplexes, et d’autres se demandant même si c’est la volonté de Dieu.

Même si comparaison n’est pas raison, rappelons-nous que Pierre non plus ne comprenait pas quand Jésus a voulu laver ses pieds ; mais le Maître lui a dit : « Ce que je fais, tu ne le sais pas à présent ; par la suite tu comprendras » (Jn 13,7).
Ce qui est sûr, à la racine de la décision des évêques se trouve la charité, le bien de tous !

Temps de prière et de solidarité

Le Carême est un temps de prière. En ce temps de carême en période de pandémie, prions pour les malades, pour le personnel de la santé, pour les chercheurs de remède et de vaccin, prions pour le monde entier afin que le Seigneur mette fin à notre souffrance !

Le Carême est un temps de solidarité. En ce temps de Carême en période de pandémie, soyons Simon de Cyrène, prêts à aider qui est dans le besoin, même si nous ne le connaissons pas ; prêts à assumer la responsabilité de soutenir qui ne peut plus avancer par ses seules forces : les déprimés, les révoltés, les enfants en situation de rue, les drogués, les filles-mères rejetées, les déplacés, les nécessiteux de tout genre : toutes ces personnes qui ne sont pas de notre famille ni de notre Eglise, ni de notre ethnie, ni de notre parti, ni de notre groupe social…

Nous sommes appelés à être responsables des autres, responsables les uns envers les autres, même si cela coûte un peu de notre liberté.

Cette année, plus que jamais, nous arriverons au pied de la croix, fatigués, anéantis avec tant de questionnements, avec la faim de ce pain que nous avons rejeté : la solidarité, la fraternité, Dieu.

Mais je crois, plus que jamais, que cette année nous serons mieux préparés à accueillir la joie de la résurrection.

« Dans la mesure où nous participons aux souffrances du Christ, réjouissons-nous, afin que, lors de la révélation de sa gloire, nous soyons aussi dans la joie et l’allégresse » (cf. 1P 4,13). Amen !

Joachim Herménégilde Ouédraogo
Evêque de Koudougou

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Le père Pedro reçoit le prix Fondation Air France pour son action auprès des pauvres à Madagascar

Auteur : Pierre Lacombe • Publié le 4 décembre 2019 sur le site de : France-Info. Outre-mère. Le Père Pedro qui lutte depuis 30 ans pour la réinsertion sociale et économique des plus pauvres à Madagascar a reçu ce mardi 3 décembre le prix Fondation Air France, en présence de Brigitte Macron, au Musée du quai Branly à Paris.

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Le père Pedro reçoit le prix Fondation Air France pour son action auprès des pauvres à Madagascar

Tous les deux ans, le prix Fondation Air France récompense des associations œuvrant en faveur des enfants malades, handicapés ou en grande en difficulté.

Cette année, en présence de Brigitte Macron et à l’occasion des 10 ans du Prix Fondation Air France, Anne Rigail, Présidente de la Fondation, a décerné cette récompense au Père Pedro, pour ses années de dévouement auprès des plus démunis. La cérémonie s’est déroulée ce 3 décembre au Musée du quai Branly à Paris.

Cette récompense est une reconnaissance du peuple de France et de cette Fondation Air France pour ce que nous avons fait pour les plus pauvres : les constructions de logements, d’écoles, de routes, d’adduction d’eau, des maternités, des hôpitaux, des infrastructures sportives… 
Père Pedro 

Avec son association Akamasoa, le père Pedro lutte depuis 30 ans pour la réinsertion sociale et économique des plus pauvres à Madagascar. L’association a construit plus de 3 500 maisons, pour héberger aujourd’hui près de 30 000 personnes.

L’association construit également des logements sociaux, des écoles, des crèches, des dispensaires, des gymnases, etc. Avec plus de 14 000 enfants scolarisés, les projets sont nombreux et la Fondation Air France est présente aux côtés d’Akamasoa pour les mener à bien. L’association joue un rôle également essentiel sur le plan de la santé avec 45 000 consultations par an et sur l’environnement avec la plantation de 10 000 à 15 000 arbres tous les ans.

Depuis 2014, la Fondation Air France a ainsi financé une crèche, un gymnase, du mobilier pour les écoles et une cantine. Cette année, ce sont deux terrains de sports financés par la Fondation qui bénéficient désormais aux enfants de Madagascar.

POUR EN SAVOIR PLUS : https://la1ere.francetvinfo.fr/pere-pedro-recoit-prix-fondation-air-france-son-action-aupres-pauvres-madagascar-778295.html

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Cérémonie d’hommage aux Morts Anonymes de Marseille. Samedi 23 novembre 2019. ‘Fiction suite à une vision d’un « Mort de la Rue »’

Voilà. Ils sont arrivés au cimetière Saint-Pierre de Marseille au carré de la « Terre Commune ». Ils sont là. Je les vois. Mais eux ne me voient pas. On pourrait presque dire qu’ils font comme si je n’étais pas là. Pourtant c’est pour moi qu’ils sont venus...

Eric Saint-Sevin

Cérémonie d’hommage aux Morts Anonymes de Marseille. Samedi 23 novembre 2019. ‘Fiction suite à une vision d’un « Mort de la Rue »’

Voilà. Ils sont arrivés au cimetière Saint-Pierre de Marseille au carré de la « Terre Commune ». Ils sont là. Je les vois. Mais eux ne me voient pas. On pourrait presque dire qu’ils font comme si je n’étais pas là. Pourtant c’est pour moi qu’ils sont venus. Oh pas pour moi tout seul. Nous ne sommes pas loin d’une quarantaine, trente sept ou trente huit, je ne sais plus. Difficile de compter d’où je suis. Oui, une quarantaine de morts à Marseille pour les deux ans qui viennent de passer.

Morts de la rue comme ils disent. Mais pas que. Il y a aussi ceux qui sont morts avec un toit sur la tête, ou ce qu’il en restait, mais personne à côté, ni dessus, ni dessous. Personne à qui parler. Et puis il y a les anonymes. Ceux dont on n’a même pas retrouvé le nom ni rien qui leur donne un semblant d’identité. Moi, j’en ai croisé quelquefois de ceux-là qui traversaient la vie comme ça, sans rien pour dire qui ils étaient. Des ombres sans nom. Même pour moi, c’est dire. Voilà.

A présent, ils se sont mis en cercle. Ils sont une petite vingtaine. Moins nombreux que nous. Mais eux, ils sont vivants. Ils ont encore des yeux et un cœur. Il y a des vieux et des jeunes. Comme dans la vie. Ils ont pris chacun une fleur, une rose rouge ou blanche. Blanche c’est pour les enfants. Il y aussi des enfants qui meurent dans la rue. Moi, quand j’étais enfant, je n’aurais pas cru finir avec des enfants morts. Alors, je regarde une dernière fois. Ca y est. Ils se séparent. Certains ont pris le temps de boire un café avant de s’en retourner. C’était bon de les avoir vus. C’était comme une famille.

Oh ! le soir même ils se retrouvent avec les paroissiens de l’église de la Trinité afin de prier le Seigneur pour nous en la solennité du Christ Roi de l’univers. Ils emmènent une quarantaine de bougies allumées sur l’autel.  Nous sommes en communion…

Les membres de l’association Marseillais Solidaires des Morts Anonymes

 

QUI SOMMES-NOUS ?

Créé en 2003, l’association Marseillais Solidaires des Morts Anonymes travaille en partenariat avec les associations et organismes sociaux de la ville de Marseille afin qu’en accompagnant et en honorant les morts nous agissions aussi pour les vivants. Chaque membre de l’association participe lui-même activement au sein d’autres associations qui œuvrent auprès des personnes en situation de précarité.

L’association a pour mission de :

  • sensibiliser l’opinion publique que des hommes et des femmes qui vivent dans la rue meurent dans l’anonymat, certains étant même enterrés sous X, n’ayant pas d’identité reconnue. L’âge moyen des personnes décédant à la rue est de 48 ans alors que la moyenne nationale est de 80 ans !
  • informer lorsqu’une personne seule, à la rue ou sans ressource décède.
  • célébrer des funérailles dignes des personnes mortes dans l’anonymat sans distinction sociale, raciale, politique ni religieuse, en les accompagnant par un temps de recueillement, d’hommage en « terres communes» au cimetière Saint Pierre de Marseille.
  • améliorer l’état des tombes de ces personnes accompagnées en « terres communes » au cimetière.

Chaque année l’association organise un temps de mémoire pour ces personnes qui sont décédés par un hommage en présence des autorités et des associations et par un temps de recueillement au cimetière Saint Pierre l’après-midi sur les tombes des personnes inhumées dans l’année.

L’association Marseillais Solidaires des Morts Anonymes est membre du Collectif des Morts de la Rue au plan national. Des associations ayant le souci des Morts de la Rue et/ou des Morts isolés sont présentes dans plusieurs villes de France. Vous trouverez plus d’infos sur le site www.mortsdelarue.org ou sur le web documentaire www.terrescommunes.fr

Association Marseillais Solidaires des Morts Anonymes

10 rue d’Austerlitz

13006 MARSEILLE

Tél : 06.67.51.67.38

Contactez-nous : marsolmortsanonymes@hotmail.fr

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