L’Europe a-t-elle encore des valeurs chrétiennes dans sa façon de traiter les migrants ?

L’Europe a-t-elle encore des valeurs chrétiennes dans sa façon de traiter les migrants ?

« L’Europe a-t-elle encore des valeurs chrétiennes dans sa façon de traiter les migrants ? » demande le cardinal éthiopien Berhaneyesus Souraphiel, archevêque d’Addis Abeba au cours du Synode « les jeunes, la foi et le discernement vocationnel » (Rome, 3-28 octobre 2018)

Depuis deux ans, j’accompagne la petite équipe de la pastorale des migrants du diocèse d’Aire et Dax, dans les Landes. Nous l’avons agrandie en y invitant une Fille de la Charité de la communauté du Berceau qui donne des cours de français et une laïque venant d’une paroisse du sud du département qui accompagne des Oromos (des migrants d’une tribu d’Éthiopie).

Dans les Landes, des structures d’État sont actives pour guider les migrants qui arrivent. Ce sont deux CADA (Centre d’Aide aux Demandeurs d’Asile) : l’un à Mont-de-Marsan et l’autre à Dax. Deux CAO (Centre d’Aide et d’Orientation) : un situé au Berceau et l’autre à Amou qui accueille des jeunes mineurs d’Afrique de l’Ouest (Guinée Conakry, Mali et Congo). De multiples associations accompagnent les arrivants : le CIMADE (Comité inter mouvements auprès des évacués, organisme protestant d’entraide) ; la Ligue des droits de l’homme ; le CCFD ; le Secours Catholique ; Amnesty International ; l’Association des Familles Laïques, etc

Le Berceau, ayant un statut de CAO, a reçu l’an dernier des femmes seules (venant de l’Éthiopie et de l’Érythrée) et cette année, des hommes (venant d’Afghanistan, du Darfour, du Yémen, de la Syrie, du Kurdistanet  du Saharaui).

Le CAO du Berceau fermant à la fin du mois d’octobre 2018, nous recherchons des lieux d’accueil pour les dix jeunes déboutés (le CIMADE nous a contacté pour les suivre et les accompagner). Quelques familles, elles aussi déboutées (kosovares et albanaises), ayant des enfants scolarisés, vont être accompagnées par une association s’inspirant du travail d’une autre association née sur Bayonne il y a cinq ans, qui grâce à sa méthode, a permis la régularisation que quelques 50 familles.

Lors de dernière rencontre du conseil diocésain de la solidarité, nous avons évoqué le sort des jeunes mineurs migrants un peu abandonnés, par faute de perspectives et ceux qui, actuellement arrivent à raison de deux par jour dans le département. Ils ne sont plus pris en charge, ni par l’ASE (Aide sociale à l’Enfance) ni par la police qui, auparavant, avait mission de les piloter vers les instances d’accueil. Ceci augmente le risque de laisser les jeunes se perdre, car la rue en France n’a rien à voir avec celle d’Afrique, même si elle aussi présente des dangers. Une des bénévoles de l’équipe de la pastorale de migrants, elle-même originaire d’Afrique, est en mesure de parler avec certains jeunes. Elle leurs a permis de rencontrer quelques anciens migrants de leur pays actuellement établis dans les Landes… Nous le voyons : la situation est complexe mais de nombreuse personnes sont solidaires.

Le 18 octobre, dans sa conférence de presse au Synode des Jeunes à Rome, le cardinal éthiopien Berhaneyesus Souraphiel, archevêque d’Addis Abeba et président de la Conférence épiscopale d’Éthiopie, , attire l‘attention de nos pays européen sur leur mission : « Il est triste de sentir que des frontières se ferment à des personnes qui fuient la faim et la guerre. Où sont les racines chrétiennes de l’Europe ? l’Europe n’est-elle pas un continent qui se déclarait animé de valeurs chrétiennes ? » s’est exclamé le cardinal, durant la conférence de presse quotidienne du synode des jeunes en cours au Vatican (du 3 au 28 octobre). Dans la salle sont intervenus trois autres chefs de l’Église grecque catholique d’Ukraine, délégué fraternel, et le ministre des affaires extérieurs du patriarcat de Moscou et de toutes les Russies.

 « Lorsque nous parlons de l’Afrique plus de la moitié de la population est jeune, ils veulent changer les choses, ils veulent sortir de la pauvreté: la plupart des mass-media mondiaux parlent des migrations des jeunes africains vers le Moyen Orient qui traversent le Soudan et la Lybie, vers l’Europe mais ces derniers en nombre très limités des migrations parce que la plus grande part des migrations de jeunes se passent à l’intérieur du continent africain, nous pouvons dire que nous ne parlons que de 20% des migrants tandis que 80% de l’émigration se passe à l’intérieur du continent » a dit le cardinal éthiopien.

Il continu : « les migrations, surviennent devant l’absence de bonne gouvernance entrainant la corruption, les conflits, les guerres civiles, les mouvements de libération. Une autre question nait celle du commerce des armes, un grand business qui vient d’Europe, d’Amérique et de la Chine vers l’Afrique dont personne ne parle, particulièrement parce que c’est un commerce juteux. Les armes sont apportées là où l’on trouve des conflits civils, de nombre de jeunes meurent à cause de cela. Nous avons des enfants soldats, qui sont munis d’armes modernes, sophistiquées : comme les mines…. C’est la grande tragédie des jeunes africains qui migrent. J’espère que le Saint Siège, ses contributions diplomatiques et ses relations avec les chefs chrétiens pourront faire quelque chose. Autrefois lorsqu’un migrant allait d’un pays à un autre il était accueilli, on lui donnait un verre d’eau, de l’eau pour se laver, un lieu pour se reposer. Aujourd’hui, être migrant n’est pas facile. Lorsque nombre d’européens sont allés dans d’autres pays ils ont eu davantage d‘occasion que les migrants contemporains. L’Éthiopie est un pays pauvre mais elle reçoit un million de réfugiés. Après l’Ouganda, elle est le second pays d’immigration. »

« Un étranger qui frappe à ta porte sera bien accueilli ; nous sommes tristes lorsque nous sentons que les frontières se ferment à des personnes qui fuient la faim et la guerre et – comme l’a souligné le cardinal Souraphiel – on se demande : où sont les racines chrétiennes de l’Europe ? L’Europe n’est-il pas un continent qui reconnait des valeurs chrétiennes ? J’ai parlé de cela durant le synode. C’est aussi ce qu’a dit le Saint Père lorsqu’il parle du colonialisme idéologique, lorsque pour avoir des aides il est imposé d’accepter les valeurs de l’Occident avant de t’aider. Les multinationales sont présentes dans des lieux de ressources naturelles comme au Congo ils emploient les enfants, les jeunes et les vieux pour extraire les minéraux. L’Église catholique qui est présente en est le témoin. Nous avons même vu des personnes qui sont devenues victimes de ce trafic d’êtres humains duquel ils souffrent : l’Église est aux cotés de ces personnes dépouillées, de ces personnes forcées à quitter la pays ».

Le card.Sourahiel dit avoir été « touché lorsque le Cardinal Vincent Nichols (archevêque de Westminster et président du groupe Sainte Marthe Santa Marta Group, ndr) a dit que dans le monde aujourd’hui,  il y a 40 millions d’esclaves, et la plupart sont des jeunes : ils sont dans le réseau du trafic mondial d’êtres humains ».

« Au Synode nous avons aussi parlé de ce qu’il est possible de faire, de ce que l’Église universelle peut faire. Ceci a touché le cœur de nos jeunes délégués au Synode. J’espère que le Synode s’adressera à tous les jeunes, non seulement à ceux du monde développé, mais à ceux qui n’ont pas les moyens. L’Église doit parler en leur nom. Avant toute autre question, à l’époque d’internet et des technologies modernes, il y a des jeunes pour qui la question est celle de la survie », selon le cardinal éthiopien, qui l’a répété durant l’interview.

« Recevoir l’étranger, le réfugié, toute personne dans le besoin est une valeur chrétienne, une obligation chrétienne, fermer sa porte n’est jamais dans la tradition chrétienne. Tous, nous savons que ceux qui arrivent peuvent ne pas être des êtres humains innocents ou des personnes qui ont souffert la violence dans leur pays, mais la plupart le sont : on voit une mère, une grand-mère qui frappe à la porte pour un lieu où se poser, je crois que c’est un problème de conscience, et la conscience en Europe est formée de valeurs chrétiennes. L’Europe a reçu de nombreux réfugiés, par exemple l’Allemagne, d’autres ont fermé leurs frontières. L’Europe n’a-t-elle plus de racines chrétiennes ? Même Jean-Paul II le demandait, et cette demande vaut pour chaque conscience chrétienne ».

Le Cardinal reconnait qu’entre autre, en Afrique, il y a beaucoup de jeunes qui ne souhaitent pas partir, qui désirent rester dans leur pays pour améliorer les choses de l’intérieur. « Quelques-uns pensent que venir en Europe sera le paradis, mais ce n’est pas la réalité, ils pensent que, venant en Europe, ils vont stabiliser la situation de leur famille, mais ce n’est pas le cas. Et lorsque nous sentons le racisme qui nait en Europe, et dans d’autres pays du monde, nous voulons nous souvenir que la vie de réfugié n’est pas facile. Je dis ceci pour renforcer le désir de demeurer chez soi et de changer la situation de l’intérieur ».

Puissions-nous ensemble trouver des solutions humaines à des situations souvent profondément douloureuses auxquels nos pays semblent se fermer devant la complexité d’un monde qui cherche de nouveaux équilibres pour relever les défis du XXIe siècle.

Bernard MASSARINI, CM – Responsable de la Pastorale des Migrants 🔸

Recevoir l’étranger, le réfugié, toute personne dans le besoin est une valeur chrétienne, une obligation chrétienne, fermer sa porte n’est jamais dans la tradition chrétienne. Tous, nous savons que ceux qui arrivent peuvent ne pas être des êtres humains innocents ou des personnes qui ont souffert la violence dans leur pays, mais la plupart le sont : on voit une mère, une grand-mère qui frappe à la porte pour un lieu où se poser, je crois que c’est un problème de conscience, et la conscience en Europe est formée de valeurs chrétiennes.

Cardinal Berhaneyesus Souraphiel, archevêque d’Addis Abeba

Festival du Film “Trouver Vincent 400”. Castel Gandolfo, Italie, 18-21 octobre 2018

Festival du Film “Trouver Vincent 400”

Castel Gandolfo, Italie, 18-21 octobre 2018

” Trouver Vince 400 ” (FV400) est une compétition et un festival pour toutes les personnes. Il s’inspire du 400è anniversaire de la naissance du Charisme de Saint Vincent de Paul au services des pauvres. En tant qu’élément de la Célébration de la Famille Vincentienne pour cet événement, FV400 fait partie de l’initiative de le Famille Vincentienne visant à mondialiser la Charité.

Notre Objectif : Premier et encourager les “storytellers” du XXIè siècle et inviter le public à changer leur point de vue sur la pauvreté dans nos communautés en regardant des films qui en parlent autrement ; en éveillant l’imagination et en partageant notre Charisme grâce à une créativité inspirée par la vision Vincentienne de la “mondialisation de la Charité”

Comment participer :

1er concours: Graines d’espoir

Tous les moins de 18 ans sont invités à créer des GRAINS d’ESPOIR. Nous les invitons à utiliser toute expression créative (histoire, poème, image, sculpture, musique, etc.) qui inspire un service direct aux pauvres. Les artistes sélectionnés par le jury gagneront un voyage et seront invités et se rendre à Castel Gandolfo, en Italie, du 18 au 21 octobre 2018.

 

2e concours : Ecriture de scénarios (scénario)

Trouver Vince 400, un conteur (Storyteller), un concours de scénaristes: Cinq scénaristes recevront un voyage à Rome et une subvention pour produire leur scénario pour un court métrage. Ces courts métrages seront diffusés pour la première fois à Castel Gandolfo, en Italie, du 18 au 21 octobre 2018.

 

3e Concours: courts métrages ou longs métrages

Vous êtes invités à soumettre votre court ou long métrage à Finding Vince 400. Le jury sélectionnera des films qui inspirent un service direct aux pauvres et changent notre point de vue sur la pauvreté. Ces films seront passés pour la première fois à Castel Gandolfo, en Italie, du 18 au 21 octobre 2018. Les artistes choisis par le jury seront invités et se rendre à cet événement.

Finding Vince 400 🔸

Pour plus d’information :

www.fv400.com/francais/

https://www.facebook.com/FindingVince/

https://filmfreeway.com/FV400

L’accueil de l’autre

L’accueil de l’autre

« La sollicitude de l’Eglise doit s’exprimer concrètement à chaque étape de l’expérience migratoire. C’est une grande responsabilité que d’Église entend partager avec tous les croyants ainsi qu’avec tous les hommes et femmes de bonne volonté, appelé à répondre aux nombreux défis posés par les migrations…. Notre réponse commune peut s’articuler autour de quatre verbes : accueillir, protéger, promouvoir et intégrer. » C’est par ces paroles que François nous réveille et nous stimule pour un réel engagement vis à vis de l’étranger en migration particulièrement.

Les actes des Apôtres nous décrivent un certain Saul animé d’une rage meurtrière envers les fidèles des 1ères communautés chrétiennes qu’il considère comme infidèles ; c’est pour cette raison qu’il n’hésite pas à les arrêter et à les enchainer. En tant que pharisien, c’est probablement un amour fou pour Dieu qui le pousse à ces actes ! Il y a de quoi avoir peur d’une telle intransigeance, dureté de cœur détermination.

Cette attitude de Saul nous fait penser aujourd’hui, à ces personnes, ces groupes, qui à travers le monde, sont acharnés à repérer ‘les infidèles’, les étrangers et à les supprimer de différentes façons, parce qu’ils ne sont pas dans la droite ligne de la religion, qu’ils dérangent une tradition ou parce qu’ils ont une vision du monde qui diffère.

La personnalité de Saul, peut aussi nous renvoyer l’image de gouvernants, de systèmes qui n’hésitent pas à jeter sur les routes des hommes, des femmes et des enfants pour sauvegarder leur place, leur compte en banque, leur prestige, leur idéologie ; cette part d’humanité se retrouve ainsi en errance, affrontée à des regards pas toujours ouverts et fraternels, et doit faire face à des situations de non hospitalité, engendrant la peur et l’intranquillité.

Ce personnage de Saul peut encore révéler ce que nous sommes parfois nous-mêmes vis à vis des autres qui nous dérangent par leurs attitudes, prises de position, leurs parcours historiques ! N’y a-t-il pas quelquefois de l’intransigeance et de la dureté de cœur dans nos paroles sur l’autre, dans nos rapports au sein de nos communautés, de nos lieux de vie… et les manières d’enchainer, de rendre inoffensifs ceux qui nous gênent, sont nombreuses : indifférence, mépris, rejet, rumeurs, murmures etc. il arrive que notre frère, notre sœur soit étranger pour nous et souffre de nos jugements hâtifs.

Sur son chemin, Saul a eu la chance de vivre une rencontre très forte avec le Christ ; rencontre qui met à terre ses idées bien arrêtées, bien cadrées. Elle lui fait réaliser qu’il se trompe de combat et que l’esprit qui l’anime est celui de la division, de la vengeance, de la mort, de l’étouffement ; cette rencontre foudroyante l’invite à se laisser mouvoir et conduire par l’Esprit du Christ, esprit de communion, de vie, d’accueil. Saul est invité à mettre sa rage, ses énergies au service de l’étranger, du païen, du différent dans les nations étrangères pour lui annoncer l’Evangile, le rassembler dans un même corps, l’accueillir comme frère en humanité et dans la foi. L’audace, le zèle sont ainsi réorientés. Cette conversion peut-elle être la nôtre ?

Sur son chemin, Saul a été conforté aussi par la présence d’Ananie qui lui-même a dû faire un chemin intérieur pour ne pas en rester aux idées reçues, à la réputation faite à Saul et qui lui fait peur. Ananie restait prisonnier de cette réputation faite à Saul, ce meurtrier, dangereux, dont il fallait se méfier. Comment Seigneur intégrer dans notre communauté un gars comme lui qui ne respire que mort ?

De la même façon, il nous arrive parfois de demeurer prisonniers de ce qu’on entend dire sur l’autre et qu’on répète en augmentant la dose de rejet. Quelle conversion avons-nous à vivre pour nous libérer de ces images et oser le pas de l’accueil dans nos communautés humaines ou religieuses. La peur engendre la méfiance et le rejet ; elle nous empêche d’entendre et de faire des propositions de vie.

Grâce à l’accueil d’Ananie, Saul s’est résitué autrement sur son chemin ; son regard a été purifié, clarifié, son cœur lavé par le baptême, son corps rempli de force par l’eucharistie ; il a trouvé un lieu, une communauté qui a redonné sens à sa mission, qui a réorienté ses énergies ; Lui, le pire ennemi est devenu le frère de beaucoup, surtout de ceux qui étaient au loin, dispersés dans les régions du monde ; il a travaillé pour qu’ils soient accueillis dans l’Eglise.

Comme Saul et Ananie, je crois que nous avons un fort travail à faire entre nous déjà pour nous accueillir avec nos différences, notre étrangeté ; l’inter culturalité, l’universalité au sein de notre Famille est certainement une chance, celle de nous convertir à l’autre ; celle de nous amener à regarder l’autre à partir du Christ, non à partir de nous-mêmes ! « La beauté du monde est faite d’une multitude de différences, un p eu d’amour rendra tout plus facile » (sœurs de l’Enfant Jésus Nicolas Barré)

Il y a tout un chemin pour que l’étranger devienne notre frère, pour que nous le comprenions dans sa particularité. St Vincent a combattu fortement pour que l’étranger, qu’il soit de Lorraine, de Picardie ou d’ailleurs soit secouru, accueilli, ait les moyens de prendre sa vie en main. Il a mis ses énergies et celles de ceux avec qui il collaborait au service de l’étranger en errance !

Si nous faisons ce travail sur nous-mêmes, nous le ferons aussi vis à vis de l’étranger qui vient sur nos terres et qui nous invite à l’hospitalité ! Si chacune de nos communautés ou lieu de vie pouvait accueillir pour un temps, un migrant, un demandeur de vie, de fraternité pour l’accompagner sur le chemin de l’intégration, de l’épanouissement, cela donnerait sens et chair à notre don, à notre être-ensemble, au vivre-ensemble ! Prendre en compte ces migrants mineurs qui sont de plus en plus nombreux : ils sont les plus vulnérables. « De quelle vulnérabilité sommes-nous proches aujourd’hui ? N’est-ce pas la passion pour les personnes sur le seuil, aux marges qui doit nous animer ? » (sœur V. Margron, présidente de la CORREF).

Ananie découvre que la communauté rassemblée au nom du Christ, est un lieu d’accueil, d’ouverture où chacun peut avoir sa place, où chacun peut être transformé intérieurement et s’ouvrir à l’autre. Comme à Béthanie où Jésus aime à se poser avec ses amis. Ce n’est pas un lieu où il reste mais un arrêt passager sur sa route. Il reprend souffle dans la rencontre amicale, dans le partage d’une parole, d’un pain.

La maison de l’hospitalité : cela pourrait être l’orientation et la devise pour l’ouverture de nos communautés, de nos pays envers ceux qui viennent d’ailleurs, qui ont besoin d’un lieu où se poser, où se remettre du stress, des dangers du chemin parcouru, , de la peur ? Quelles attitudes, quelles paroles, quelles propositions pouvons-nous faire pour accueillir aujourd’hui ?

Marthe a exercé la dimension corporelle de l’accueil en offrant le minimum à l’hôte de passage, en étant  aux petits soins pour lui.
A son exemple, en tant que chrétiens et vincentiens, nous sommes invités à inquiéter pour l’étranger, le migrant, la personne en situation de déplacement ?

Nous inquiéter afin qu’il ne manque pas du minimum, d’un verre d’eau, d’une douche, d’un repas, d’un soin, d’un lit, d’une démarche administrative, d’un papier à obtenir, d’un renseignement attendu, d’un téléphone à donner, en fait tout ce qui touche aux fondamentaux qui respectent la dignité de la personne. Cette inquiétude ne nous sera jamais reprocher puisqu’elle nous place en face de l’humanité blessée revêtue par Jésus !

Marie représente la dimension spirituelle de l’accueil de l’autre en étant totalement disponible à celui qui passe. C’est le temps de l’écoute, ‘fondement de toute spiritualité, c’est le 1er service à rendre aux autres dans la communauté’ souligne Dietrich Bonhoeffer ; s’asseoir pour écouter celui qui a besoin de se dire, de raconter son parcours, les drames de la route, ses peurs, ses objectifs ; être des oreilles toutes tournées vers une vie en souffrance qui se dépose en nous pour y trouver accueil, encouragement, conseil pour tenir et continuer. ‘Si nous n’écoutons pas, rien n’entrera dans notre esprit et notre cœur.’ ‘S’il vous plait, je vous demande d’écouter les pauvres, ceux qui souffrent. Regardez les dans les yeux et laissez-vous interroger à tout moment par leurs visages sillonnés de souffrance et par leurs mains suppliantes. En eux, on apprend d’authentiques leçons de vie, d’humanité, de dignité….’

Béthanie, lieu du relèvement global de la personne, où est pris en compte son développement intégral comme nous y invite François, chemin déjà ouvert par Vincent de Paul.

Béthanie, lieu de l’amitié qui est un des meilleurs dons que nous pouvons offrir aux autres. Non pas donner de son temps mais mener ensemble une vie fraternelle dont personne ne sort indemne. Robert Maloney souligne que ‘St Vincent nous appelle à traiter ceux que nous servons non pas comme des ‘pauvres’ mais comme des personnes. Il nous demande de les traiter non pas comme des clients mais comme des amis que nous aimons profondément.’

Si nous laissons l’Esprit saint nous conduire, nous nous ouvrirons à l’étranger et nous l’aimerons. Nous comprendrons qu’il n’y a pas de frontières infranchissables dans les relations qui construisent le Corps du Christ dans nos réalités d’aujourd’hui ; peut-être ‘expérimenterons-nous que le Christ peut nous humaniser l’un par l’autre et être témoin de l’Évangile’.

S’ouvrir, se réjouir, accompagner, être un instrument pour que l’autre trouve sa place au sein de la communauté et développe ses talents sur d’autres terres, car « tout immigré qui frappe à notre porte est une occasion de rencontre avec Jésus Christ qui s’identifie à l’étranger de toute époque accueilli ou rejeté… ».

Être présents dans nos lieux de vie pour répondre aux besoins urgents de toute personne qui est en itinérance, pour prendre le temps d’écouter, de se faire réservoir des souffrances humaines et qu’une source de vie nouvelle rafraichisse toute personne qui nous est étrangère.

Dans toutes ces dimensions, ces lieux, ces démarches, apprendre et vouloir travailler avec d’autres, collaborer avec ceux qui ont une formation appropriée au niveau psychologique, administratif, humain etc ; collaborer avec les provinces dont sont originaires les migrants, exilés, réfugiés ; il y a des ponts, des liens, un tissu humain à sauvegarder, à construire.

La Famille Vincentienne qui est présente sur de nombreux pays, peut favoriser ces liens, les consolider et permettre qu’à chaque étape que le migrant soit accueilli, reconnu et trouve les moyens de réaliser son avenir. Savoir proposer des lieux de prière, de ressourcement nécessaire comme Marie. La dimension religieuse et spirituelle est vitale pour chaque personne.

Oui, finalement pour nous comme pour tout chrétien, ‘il y a toujours, partout, des gens à aimer et toujours et partout, à témoigner d’un Dieu qui relève afin que des hommes et des femmes qui ont mille raisons de se sentir écrasés puissent doucement reprendre courage et espérance’. Tel est le défi que nous avons à relever aujourd’hui ! telle est notre foi et telle doit être notre expérience à l’exemple de St Vincent, et que notre « amour soit inventif jusqu’à l’infini… ! » qu’il en soit ainsi !…

Christian MAUVAIS, CM – Visiteur Province de France 🔸

Si nous laissons l’Esprit saint nous conduire, nous nous ouvrirons à l’étranger et nous l’aimerons. Nous comprendrons qu’il n’y a pas de frontières infranchissables dans les relations qui construisent le Corps du Christ dans nos réalités d’aujourd’hui…

Explications :

Homélie du 13 octobre 2017 à Rome- Symposium

Hommage aux personnes décédées dans la solitude et l’anonymat

Hommage aux personnes décédées dans la solitude et l’anonymat

ASSOCIATION MARSEILLAIS SOLIDAIRE DES MORTS ANONYMES (AMSMA)

C’est sous les flocons de neige que nous nous sommes retrouvés, le samedi 2 décembre, au matin, en Terres Communes du cimetière Saint-Pierre de Marseille, pour rendre hommage à toutes les personnes qui sont décédées cette année, dans la solitude et l’anonymat.

Madame Katia MASSELOT, accompagnée de deux autres chanteurs, a ouvert la célébration en chantant : « Aimer c’est tout donner…et se donner soi-même », des paroles de Thérèse de Lisieux et en nous invitant à reprendre le refrain. Par sa voix émouvante et par le choix de son premier chant, Katia a donné le ton de la cérémonie.

Après avoir salué les participants, Éric SAINT-SEVIN, le Président de « l’Association Marseillais Solidaires des Morts Anonymes » nous a fait observer que ce que nous étions en train de vivre dans le grand froid, exceptionnellement, était le quotidien de toutes les personnes qui sont sans domicile. Éric nous a ainsi ouvert un chemin qui nous rend encore plus solidaires de nos semblables.

La parole a été donnée, ensuite, à Monsieur Maurice REY, adjoint au Maire de Marseille. Une fois encore il nous a dit qu’il soutenait notre action, au sein de l’association et qu’il œuvrait, de son côté, pour que des caveaux soient bâtis et que s’améliore la situation.

Á l’énoncé de chaque nom et prénom, une rose était placée dans un grand vase pour constituer un magnifique bouquet.

La cérémonie s’est achevée par un moment de silence et de recueillement.

Bien entendu, chacun a pu, après, boire un bon café chaud avant de quitter le cimetière.

Le lendemain, dimanche 3 décembre, nous avons pris le temps de prier pour ces 27 personnes décédées sans famille en célébrant l’eucharistie à l’église Saint-Ferréol sur le Vieux-Port de Marseille.

Les membres de l’Association 🔸

C’est sous les flocons de neige que nous nous sommes retrouvés, le samedi 2 décembre, au matin, en Terres Communes du cimetière Saint-Pierre de Marseille, pour rendre hommage à toutes les personnes qui sont décédées cette année, dans la solitude et l’anonymat.

Plus d’Informations :

Association Marseillais Solidaires des Morts Anonymes

10 rue d’Austerlitz

13006 MARSEILLE

Tél : 06.67.51.67.38

marsolmortsanonymes@hotmail.fr

Fête des peuples : l’unité dans la diversité

Fête des peuples : l’unité dans la diversité

Une quarantaine de personnes, enfants de tous pays et de toutes couleurs, ont participé dimanche à la fête des peuples,à la paroisse catholique de Gannat. Le thème de cette troisième édition était : « Osons vivre ensemble ». A part l’Antarctique, tous les continents étaient représentés.

Autour d’un repas franco-africain les participants faisaient connaissance et dévoilaient une tranche de vie.

Azaëlle, de père Burkinabé et de mère Normande, et son époux Eric, puydomois d’origine espagnole, étaient accompagnés de leurs deux filles dont le papa est Togolais.

Rapatriée dans sa jeunesse, Marie-Agnès, pied-noir née en Tunisie puis embauchée à 20 ans aux Cultures du Monde, est actuellement la cheville ouvrière du Festival de Folklore.

Véronique, cadette d’une famille camerounaise de 13 enfants et travaillant à Yaoundé dans l’audiovisuel a été obligée de quitter son pays il y a quatre ans.

Après des études de biologie à Grenoble, Danielle, originaire de Martinique, s’est implantée en métropole à Saint-Quintin-sur-Sioule. Enseignante en biotechnologie, elle est actuellement proviseur adjoint à Clermont. Aux huit invités de la maison du Missionnaire à Vichy dont 6 étudiants au CAVILAM – polonais, malgaches, vietnamiens – s’ajoutait une famille protestante et Mahboubeh, une maman iranienne. Ainsi pouvait se vivre en toute simplicité la fraternité dans la richesse des différences religieuses et culturelles. Cette fraternité s’exprimait par la convivialité, les histoires et les chants improvisés auxquels se prêtaient avec enthousiasme les enfants.

La rencontre s’achevait par une remise de cadeaux et par un spectacle sur la culture franco-libanaise filmé dans une école à Beyrouth.

Ensemble

Avec les pères lazaristes Bruno, réunionnais, et Firmin, congolais, nommé prêtre coopérateur pour la paroisse Saint Léger – Sainte Procule.

Claude THOUVEVOT 🔸

Cette fraternité s’exprimait par la convivialité, les histoires et les chants improvisés auxquels se prêtaient avec enthousiasme les enfants

Communauté de Vichy :
11, rue Mounin
03200 VICHY – FRANCE
04.70.98.34.29

La vague de migrants passant par la Grèce : L’implication des confrères de Thessalonique

La vague de migrants passant par la Grèce :

L’implication des confrères (Lazaristes) de Thessalonique

Je me souviens encore de ce mois d’aout 2015, nous étions en pleine assemblée interprovinciale, un soir après le diner, nous suivions le journal télévisé, c’est alors qu’à notre grande surprise nous voyions la première vague de migrants débarquer en Allemagne.

Il faut souligner que, presque tous fuyaient la guerre qui fait rage en Syrie ; passant par la Turquie, ils s’étaient tous retrouvés en Grèce, porte d’entrée de l’Europe et transférés à la capitale Athènes. Ils devaient encore parcourir environs 600 km pour se retrouver dans la localité d’Idouméni. Idouméni faut-il le dire, est à 75km de Thessalonique, et partage la frontière avec la Macédoine que nous Grecs, appelons (Skopia). A Idouméni les migrants restaient quelques heures, voir quelques jours avant de continuer leur périple vers le reste de l’Europe, cependant il leur fallait d’abord remplir quelques formalités administratives avant de traverser la frontière.

Face à cette situation tragique, nous, Pères Lazaristes ne pouvions rester indifférents, et ce d’autant plus que nous sommes les seuls dans cette partie de la Grèce qui représentons l’Eglise Catholique universelle. Il fallait s’organiser au plus vite pour répondre aux besoins élémentaires de ces derniers. Les annonces furent faites à la paroisse pour apporter une aide (vêtements, aliments…..), avec les volontaires nous nous rendions à Idouméni tous les jours pour distribuer tout cela aux migrants. Cependant l’arrivée massif des migrants venant cette fois-ci pas seulement de la Syrie, mais aussi de l’Iran, du Pakistan, et de l’Afrique du nord rendait nos efforts presqu’insignifiants, c’était comme une goutte d’eau jetée à la mer.

En un temps record nous somme passé d’une centaine de migrants à 2 000 milles arrivées par jours, puis 5 000 milles, par la suite 7 000 milles, jusqu’à atteindre le record de plus de 10 000 milles arrivées par jour. Il fallait bien faire quelque chose face à cette vague déferlante de migrants, heureusement, nous comptions sur la divine Providence.

Caritas, au niveau de la Grèce et au niveau international vola à notre secours, c’est ainsi que nous avions installés des toilettes et des douches à idouméni ainsi que deux conteneurs, nous rangions les vêtements dans l’un et dans l’autre les aliments.

D’aout 2015 à Juin 2016, avec les deux minibus dont dispose la paroisse, nous nous rendions à Idouméni tous les jours avec huit à quinze volontaires. Le travail des volontaires consistait à mettre une dizaine d’aliments (fruits, dattes, fromages, biscuits, chocolats) dans des sachets pour les distribuer aux migrants. Le travail était organisé de la manière suivante : une équipe était chargée de remplir les sachets d’aliments, une autre de les distribuer aux migrants à la descente du bus, une troisième équipe s’occupait de la distribution de vêtements et chaussures, une quatrième en lien avec d’autres organismes faisait la cuisine.

A l’approche de l’hiver, l’inquiétude naissait, allons-nous tenir ? Les volontaires allaient-ils continuer à répondre présents pour effectuer ce travail si exigeant ? Fort heureusement nous pouvions une fois de plus compter sur la divine Providence, car les volontaires affluaient, nos vaillants jeunes n’étaient pas en reste, ils constituèrent une équipe dynamique qui se rendait tous les Dimanches à Idouméni. Signalons que malgré le froid rude de l’hiver, les volontaires et les jeunes travaillaient dans une sacrée ambiance de joie. Nous étions tous émerveillés par le travail accompli, tout le monde se surpassait, lorsqu’il fallait repartir à Thessalonique, après huit ou dix heures de travail effectuées. Les jeunes trouvaient encore des ressources pour entonner quelques chants populaires du pays, distillant la joie et des sourires aux migrants.  Où trouvaient-ils cette joie et cette force ? Certainement dans ces mots de Saint Vincent De Paul « Les pauvres sont nos maitres et seigneurs »

Chaque jour nous confions tout ce travail au Seigneur en lui demandant de nous donner la force pour pouvoir reprendre la route très tôt le lendemain, en effectuant à nouveau les 75 km nous séparant de Thessalonique à Idoumeni, nous effectuons parfois ce trajet sous la pluie ou sous la neige. Une fois nous avions eu l’honneur de recevoir le cardinal Luis Antonio Tagle chargé de la Caritas international, nous nous étions rendus avec lui à Idoumeni et il avait pu toucher du doigt la réalité en mettant la main à la pâte pendant huit heures.

Dans la communauté nous avons hébergé un prêtre et un diacre, tous deux de la Syrie, le temps pour eux de refaire des forces, d’obtenir leurs documents et de continuer leur périple vers l’Allemagne. Leur témoignage fut poignant, presque toute leur région d’origine fut décimée, et abandonnée.

Au mois de Mai 2016, la frontière entre la Grèce et Skopia (Macédoine) fut fermée, pendant près de deux semaines, la tension monta entre les migrants et les forces de l’ordre, car certains migrants voulaient franchir par force la frontière. Le camp fut mis à feu, et aucun volontaire ne pouvait y avoir accès, les autorités avaient décidé de déplacer les migrants vers les camps à Thessalonique et dans les villes environnantes d’où les tensions.

Le petit camp d’Idouméni en ce moment comptait environ 13 000 milles migrants, ceux qui parvenaient à s’échapper du camp se retrouvaient aux bords de la route menant à Thessalonique, ils recevaient des sandwichs et autres aliments de notre part. Nous sillonnions la route toute la journée en essayant d’aider le maximum de migrants ; avec la destruction du camp, certains étaient restés affamés pendant plusieurs jours.

 

Le travail dans le camps de migrants et en dehors, après leur déplacement d’Edoumeni

Environ 27 camps furent installés à Thessalonique et les localités environnantes, ici s’arrêta le travail des volontaires, qui avaient accompli un travail louable et immense, une poignée fut sélectionnée pour pouvoir distribuer cette fois ci des fruits et des légumes tous les jours dans 7camps.

Aujourd’hui, l’état s’occupe de la nutrition des migrants, notre aide est beaucoup plus morale et psychologique. Nous essayons comme on peut d’apporter le réconfort à ceux qui sont éprouvés et abusés en nous rendant dans les différents camps.

Nous travaillons en collaboration avec les sœurs de Mère Thérésa, qui en ce moment logent chez elles plus d’une vingtaine de femmes et enfants Syriens. Tous les vendredis je me rends avec deux d’entre elles tôt le matin aux environs de 6 heures au vaste marché international de légumes et de fruits, et nous nous présentons devant chaque étalage, recevant ainsi gratuitement fruits et légumes en abondance. Les sœurs se chargent du ramassage, et moi je range tout dans la petite camionnette. Tous ces aliments servent à nourrir cette vingtaine de migrants que les sœurs hébergent. Nous organisons de temps en temps des pique-nique avec eux.

En lien avec les Filles de la Charité nous avions obtenu d’elles, un appartement où nous avions logé pendant un an une famille chrétienne syrienne. Au niveau de la paroisse nous avions également logé un jeune dont la vie était menacée dans l’un des camps.

Avec l’aide du Seigneur nous continuons ce service.

Père Agapit, CM 🔸

Nous essayons comme on peut d’apporter le réconfort à ceux qui sont éprouvés et abusés en nous rendant dans les différents camps.

Pères Lazaristes :

Frangon, 19

54625 Thessaloniki

+30-23 10 53 95 59

@: lazaristes@the.forthner.gr