Saint François-Régis CLET. La joie de la Mission

La Joie de la Mission n’ayant pas de frontières, le missionnaire, sans nier l’importance de la paroisse et du diocèse dont il sait que ces structures existent tout autour de la terre, a pour terrain apostolique le monde, à la suite de l’envoi direct fait par Jésus lui-même : « Allez donc, de toutes les nations, faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 19-20).

P. Jean-Yves DUCOURNEAU CM

Saint François-Régis CLET. La joie de la Mission

Avant toute chose, mettons-nous en présence de Dieu en priant avec les mots de saint Vincent de Paul : « Ô mon Dieu, nous nous donnons à vous pour l’accomplissement du dessein que vous avez sur nous ; nous nous reconnaissons indignes de cette grâce mais nous vous la demandons par l’amour de votre Fils ; nous vous la demandons par la Sainte Vierge. Donnez-nous la, mon Dieu, pour votre gloire. Et bénissez-nous, au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit » (IX, 127)

     Quoi de plus opportun que de répondre à l’initiative du Père Général de la Congrégation de la Mission de créer un festival vocationnel missionnaire sur l’année, que de reprendre à notre compte le thème de ce mois de septembre pour rendre hommage à l’un de nos frères martyrs, le père François-Régis Clet, qui, suivant l’exemple de beaucoup, a vécu cette phrase de saint Vincent : « Notre vocation est d’aller, non pas dans une paroisse, non dans un diocèse mais dans le monde entier » (XII, 215).

     La Joie de la Mission n’ayant pas de frontières, le missionnaire, sans nier l’importance de la paroisse et du diocèse dont il sait que ces structures existent tout autour de la terre, a pour terrain apostolique le monde, à la suite de l’envoi direct fait par Jésus lui-même : « Allez donc, de toutes les nations, faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 19-20).

     François-Régis Clet a été un de ces missionnaires zélés qui ne vivaient que pour la Croix du Christ à apporter au monde puisqu’elle en est le chemin de salut. Ici même, dans cette Maison-Mère où reposent ses restes de martyr, mettons-nous sous sa sainte protection car son âme est bien au Ciel, avec tous ses compagnons martyrs de Chine, dans l’immense cortège de tous les martyrs de l’Eglise, ceux d’hier comme ceux d’aujourd’hui, puisque, comme le rappelait en son temps saint Jean-Paul II, ce temps du martyre est toujours là. Avec la sainte Patronne des Missions, sainte Thérèse de Lisieux, avec notre saint Patron, saint Vincent, avec celui qui a mis ses pas dans les pas de François-Régis Clet, saint Jean-Gabriel Perboyre que nous avons célébré ce mois-ci, que saint François-Régis Clet nous apprenne, par son éloquent témoignage, à garder, avec la Joie de la Mission, la vertu d’espérance qui l’a conduit à ne jamais renoncer au Christ. Maintenant, invitons-le à raconter lui-même son histoire d’homme qui est devenue, par la grâce de Dieu, une histoire sainte.

     Je suis né en 1748, à Grenoble, une ville qui compte alors 30 000 habitants. Mon père, Césaire, est employé dans un atelier de négociant en toiles et il s’est marié avec la fille du patron, Claudine.  Nous sommes 15 frères et sœurs, dont François qui devient Chartreux et Anne-Constance qui entre au Carmel. Je suis le dixième. Mes parents m’ont donné le prénom de François-Régis en l’honneur de saint François-Régis, un missionnaire jésuite.

     Durant mon enfance et mon adolescence, j’ai entendu plusieurs missionnaires raconter leur vie que je considérai comme extraordinaire et magnifique. A ce titre, les missionnaires de la Congrégation de la Mission, que l’on appelle toujours les lazaristes, ne m’étaient pas inconnus. Ainsi donc, j’entre au noviciat de la Congrégation à 21 ans, à Lyon. Le 27 mars 1773, à 25 ans, je reçois l’ordination presbytérale des mains de l’évêque auxiliaire de Lyon. Je vais célébrer une de mes premières messes au sanctuaire marial de Notre-Dame de Valfleury, tenu par les lazaristes depuis 1687 et situé proche de Saint-Etienne.

     Ma première mission m’est alors confiée. Moi que l’on surnomme gentiment « la bibliothèque vivante », je me vois nommé professeur de théologie morale au Grand Séminaire d’Annecy, qui fut le premier séminaire fondé par les lazaristes hors de Paris en 1642. Peu de temps après, j’en deviens le supérieur. C’est dans ces années que je perds mon père, en 1783 et ma mère quatre ans après.

     Après 15 années de service dans le diocèse de saint François de Sales qui fut un grand ami de notre fondateur Monsieur Vincent, le Supérieur Général de la Congrégation, monsieur Cayla de la Garde, me choisit pour assurer la charge de supérieur du séminaire interne de la Congrégation, qui correspond au noviciat chez les religieux,. Je me retrouve donc à Paris en fin d’année 1788.

     Chacun sait ce qui s’est passé en France en 1789. Après plusieurs années de mauvaises récoltes et d’augmentation du prix de la farine, après une précarisation des bourgeois et du Tiers-Etat, la révolte gronde et s’étend à tout le pays, et les réformes espérées ne viennent pas. L’Eglise, perçue comme privilégiée au service de la noblesse, malgré le fait que bon nombre de prêtres n’ont pas eux-mêmes de quoi vivre, ne sort pas indemne de cette période. Même si les livres d’histoire ne le mentionne jamais, je me souviens que le 13 juillet 1789, les portes de la maison de Saint-Lazare, où nous étions, ont été enfoncées et que tout a été dévasté par des pillards attisés par des esprits belliqueux. Certains de mes confrères ont dû fuir, parfois avec leurs habits déchirés. La bibliothèque a été saccagée et même le potager et les moutons qui servaient de nourriture aux plus pauvres ont subi le préjudice. La chapelle a pu être préservée grâce à un valeureux confrère qui n’a pas hésité à s’interposer face à la foule haineuse qui voulait jeter les restes de notre fondateur dans la Seine. Dès le lendemain, chacun se mit au travail pour remettre en ordre ce qui pouvait l’être et je repris moi-même les cours donnés aux séminaristes.

     Heureusement, l’Esprit du Seigneur est plus fort que la haine. Il envoie du réconfort à la Congrégation par les nouvelles de confrères déployés comme missionnaires en lointaine Chine. Le Supérieur général nous partage alors ces lettres. Je rappelle ici que la Congrégation de la Mission est présente en Chine à partir de 1784, sur la volonté de la Sacrée Congrégation de la Propagande, en remplacement des jésuites, dont la Compagnie a été supprimée en 1773 par le pape Clément XIV. Dès cette année-là 3 confrères y sont présents, puis 2 autres en 1788 puis un autre départ en 1791 et deux autres confrères, Louis Lamiot et Augustin Pesné, ordonnés prêtres à leur arrivée à Macao, que j’ai l’honneur de bien connaître puisque je vais partir avec eux, bien qu’initialement, ce n’était pas envisagé. Macao, quant à elle, est une possession portugaise au sud-est de la Chine.

     Comme la Providence se joue des choses humaines, je fus choisi pour les accompagner. Le troisième confrère prévu pour ce départ est retenu en province et ne peut donc être présent au départ du bateau prévu le 2 avril 1791 depuis le port de Lorient. En fait, j’ai bien insisté pour remplacer ce confrère absent. Comme le temps presse et que je n’ai pas l’occasion de dire physiquement au-revoir ou même adieu à ma famille, j’écris ceci à ma sœur aînée Marie-Thérèse : « Enfin mes vœux sont exaucés. La Providence me destine à aller travailler au salut des infidèles. Vous sentez que je sens trop le mérite de cette faveur divine pour ne pas y correspondre par un parfait acquiescement. En un mot, je pars incessamment pour la Chine avec deux de mes confrères, qui sont aussi contents que moi de notre heureuse destination ». Ma famille s’inquiète et essaie de me faire changer d’avis. Je leur livre ces mots « Je m’étais préparé aux assauts que votre tendresse et votre sensibilité me livreraient. Je ne me repens pas d’avoir agi ainsi, mais je crois suivre en cela les vues de la Providence sur moi ». Je me souviens alors des paroles de saint Vincent : « Au reste, c’est une espèce de martyre que d’exposer sa vie, traverser les mers pour le seul amour de Dieu, le salut du prochain » (XI, 423). Je sais bien, en moi-même, que ce voyage sera effectivement le grand voyage de ma vie de missionnaire de l’Evangile et qu’il n’y aura pas de retour.

     Le long voyage en bateau dura jusqu’au 15 octobre. Ensuite, durant trois mois, mes confrères et moi, nous apprenons le chinois. A l’issue, M. Lamiot est appelé à renforcer l’équipe missionnaire de Pékin, M. Pesné doit rejoindre la province du Hou-Kouang à l’est du pays et moi je suis nommé dans la province du Kiang-Si, à l’est du Hou-Kouang. Bien entendu, nous devons être discrets car un édit de l’empereur réitère l’interdiction faite aux étrangers de pénétrer sur le territoire chinois sans autorisation et d’y prêcher sa religion.

     Peut-être qu’il serait utile, à ce moment de mon récit d’ouvrir une parenthèse conséquente sur cette interdiction car, ce ne fut pas toujours le cas.

     La Chine a certainement connu une primitive période d’Evangélisation mais elle ne semblait pas avoir enraciné la Croix du Christ sur ce territoire. Bien plus tard, les premiers missionnaires en Chine furent les Jésuites qui accomplirent ainsi la volonté de saint François-Xavier d’y implanter la croix du Christ, comme ils venaient de le faire au Japon. Ils arrivèrent en 1581 et leur succès fut rapide et considérable. L’artisan de cela fut le père Matteo Ricci qui, à trente ans, arriva en Chine en 1582. En 20 ans de ministère, il gagna le respect de l’empereur et acquit une certaine influence à la cour impériale. Maitrisant la langue, il écrivit des traités sur des sujets aussi variés que l’amitié et la science. Il adopta le costume et les coutumes locales et entretint de bonnes relations avec les intellectuels. Les chinois se passionnèrent pour l’astronomie, les sciences physiques et la technique occidentale que le Jésuite leur présentait. Parlant de Dieu, il recourait au langage local qui évoquait l’Être suprême ou le ciel, estimant également que le confucianisme était davantage une philosophie qu’une religion et qu’à ce titre, il était compatible avec la foi chrétienne. Il espérait christianiser petit à petit les rites confucéens et désirait créer un clergé chinois malgré le refus du Général des Jésuites. Il obtint même du pape Paul V en 1605, l’autorisation de célébrer la messe en chinois.

     Lorsque le père Ricci mourut en 1610, il laissait une œuvre de 2500 convertis, dont plusieurs mandarins et hauts personnages proches de l’empereur. Ses successeurs continuèrent sur sa lancée, jusqu’à l’invasion de l’empire par les Mandchous qui fit s’effondrer la dynastie Ming. Une fois le calme revenu dans le pays, malgré quelques persécutions chrétiennes,  les Jésuites revinrent à la cour, adoptant une approche de savant, à un point tel que l’un d’entre eux devint président du bureau des mathématiques de l’empire, poste illustre s’il en est. A cette époque, il y avait 117 missionnaires catholiques en Chine dont 59 Jésuites. Sans devenir chrétien, l’empereur Kang-Hsi accorda la liberté de culte aux chrétiens en 1692.

     Comment en est-on arrivé à l’interdiction d’entrer en Chine ? Hélas, peut-être que la jalousie d’autres congrégations missionnaires à l’encontre de la réussite jésuite a attisée le feu. Franciscains, dominicains, Missions étrangères de Paris, soulevèrent, après la mort de Matteo Ricci, ce qu’on a appelé « la querelle des rites ». Les Jésuites furent accusés de syncrétisme et de compromis avec le confucianisme. Rome s’en mêla. Au départ le pape Paul V, en 1615, donna raison aux Jésuites : on pouvait célébrer en chinois, traduire les Livres saints, et même, en 1656, Rome précisa que les honneurs rendus à Confucius et aux ancêtres décédés restant dans l’ordre des rites civils, il est possible d’y assister.

     Là-dessus, les Jansénistes s’en mêlèrent à leur tour en dénonçant ce qu’ils considéraient comme un laxisme conduisant au syncrétisme. A ce titre, ils mirent en avant certaines dérives malheureusement constatées et en firent une généralité. On se souvient des écrits de Blaise Pascal dans Les Provinciales en 1656: « (les jésuites) se trouvant en des pays où un Dieu crucifié passe pour folie, ils suppriment le scandale de la croix et ne prêche que Jésus-Christ glorieux, et non pas Jésus-Christ souffrant. Ils permettent aux chrétiens l’idolâtrie même, par cette subtile invention, de leur faire cacher sous leurs habits une image de Jésus-Christ, à laquelle ils leur enseignent de rapporter mentalement les adorations publiques qu’ils rendent à l’idole ». Les Jésuites demandèrent alors l’arbitrage de l’empereur pour confirmer le caractère civil de certains rites, ce qu’il fit, mais Rome réfuta cet avis, s’estimant plus compétent en matière de théologie. Ainsi en 1704, Rome interdit la liturgie en chinois et l’accommodement supposé avec le confucianisme. L’empereur ne tarda pas à réagir. Il écrit en 1706: « Voilà donc la manière dont les occidentaux bornés parlent de la haute doctrine chinoise, bien qu’aucun d’eux n’ait été instruit en Chine. Les Européens ne peuvent assez pénétrer le sens de nos livres ; il est donc à craindre que le pape ne fasse quelque règlement qui, fondé sur de fausses informations, attirera infailliblement la ruine du christianisme dans mon empire. Dorénavant, aucun Occidental n’aura la permission de propager sa religion en Chine ».  

     En 1717, ne subsistèrent en Chine que 47 prêtres. En 1724, le nouvel empereur, Yong-Tcheng durcit encore le ton, malgré la supplique des jésuites : « Les prêtres attirent à leur loi le peuple ignorant… L’Empire n’en retire pas le moindre avantage. Il faut laisser à la cour les prêtres utiles pour le calendrier et d’autres services, mais les autres, qu’on les conduise à Macao. Que les temples qu’ils ont bâtis soient tous changés en maisons publiques ; qu’on interdise rigoureusement cette religion ».

     Des persécutions furent alors menées sur tout l’empire durant 125 ans, l’Eglise devint clandestine. On estime qu’à la fin du XVIIIème siècle, soit à la période où je fus envoyé en Chine, que restaient à peu près 80 prêtres chinois et 31 missionnaires européens.

     Voilà dans quel contexte le Seigneur m’envoie en Chine. Comme il faut de la discrétion, j’opte, comme mes confrères, pour la tenue locale. Habillé en tenue chinoise, je porte, derrière la tête, une natte postiche de cheveux. La nuit, je me couche sur une planche sur laquelle est étendue une légère couche de paille, couverte d’un tapis avec une couverture plus ou moins chaude dans laquelle on s’enveloppe. Par contre, j’ai beaucoup de mal à apprendre et à maîtriser cette langue chinoise. J’écris à mon frère chartreux que « cette langue est indécrottable, les caractères qui la composent ne sont pas destinés à exprimer des sons mais les pensées. Je suis arrivé trop âgé en Chine pour en avoir une connaissance passable ». Si bien, d’ailleurs que sur la route qui me conduit à la mission, mon guide chinois doit me présenter comme une personne en deuil qui ne parle pas.

     Arrivés enfin à la Mission, une maison vaste mais délabrée, même si je reste seul pour le gigantesque travail pastoral qui m’attend, je me réjouis dans la lettre que j’écris à ma sœur Marie-Thérèse : « une nouvelle carrière s’ouvre pour moi. Il s’agit de renouveler l’esprit de religion dans d’anciens chrétiens qui sont abandonnés à eux-mêmes depuis plusieurs années et de convertir les infidèles. Voilà j’espère, mon occupation jusqu’à ma mort ». Je fais donc ce que je peux, mettant toute ma confiance en la divine Providence, qu’il ne s’agit pas, comme le rappelle Monsieur Vincent, d’enjamber mais de laisser faire. Conscient de ma faiblesse, j’écris à mon frère que « toutefois, il vaut mieux que la terre soit labourée par un âne que si elle demeurait sans culture ». Je reste aussi conscient de l’esprit versatile des nouveaux convertis : « j’aurais pu en baptiser un plus grand nombre qui me pressaient de leur accorder cette grâce, mais ils ne m’ont pas paru assez instruits et nous avons remarqué que les catéchumènes facilement baptisés apostasiaient aussi facilement ».

     Au bout d’un an de cette riche mission, mon supérieur, le père Raux, m’appelle pour renforcer la communauté missionnaire dans la province de Hou-Kouang, où se trouve mon compagnon de voyage en bateau, M. Pesné et un autre confrère, M. Aubin. Très vite, je suis confronté à la dégradation de la situation. Le Père Aubin, en voyage pour rencontrer l’évêque de Chensi est arrêté, mis en prison où il meurt empoisonné. Quant à Augustin Pesné, à 29 ans, il décède de maladie.

     Je me retrouve, une fois de plus, seul pour la mission, dans cette province immense, aux terres fertiles au point qu’elle est qualifié de grenier de l’empire. Cependant, si la terre est riche, le cœur des hommes n’est pas facile à cultiver. J’écris ainsi en 1802 : « j’ai autour de moi à une petite distance plus de 2000 chrétiens. Ici, les conversions des païens sont rares, témoins du scandale de quelques mauvais chrétiens, ils refusent de s’instruire d’une religion si mal pratiquée ». Au bout de 3 ans, j’accueille le père Joseph Ly qui est vite envoyé dans la province du Kiang-Si. En 1799, c’est le père Jean Tchang qui me rejoint mais lui aussi est envoyé en 1807 au Kiang-Si. Puis, le père Juventin Tchang qui décède 3 ans après. En 1804, le père Paul Song vient me rejoindre jusqu’à mon martyre. En 1808 enfin, viennent les pères Ignace Ho et François Cheng, ce dernier sera mon compagnon de prison. Un an plus tard, nous accueillons pour un temps très bref, le père Antoine Tcheng qui est rapidement envoyé au Kiang-Si. En 1809, le frère Paul Wang nous rejoint ainsi qu’en 1817, le père Ngaï. On m’a aussi promis la présence d’un confrère français, le père Dumazel, qui, ayant connus quelques ennuis de voyage, arrive chez nous au bout de 10 ans d’attente. Hélas, ce confrère va succomber rapidement à une fièvre typhoïde à 49 ans en 1818. Quant à moi, j’ai contracté une pleurésie qui m’a fait craindre le pire, au point de penser  à demander les derniers sacrements, qui m’a laissé « une enflure de jambes et l’impossibilité de dépasser une quinzaine de kilomètres à pied par jour ».

     Constituer une communauté au profit de la mission n’est pas chose aisée, nous devons sans cesse implorer la Divine Providence de soutenir son œuvre de miséricorde.  De plus, le contexte n’est pas favorable. L’insécurité est permanente à cause des brigands et de certains groupes rebelles au pouvoir qui sèment la terreur, notamment lors de l’avènement du nouvel empereur Kia-King, en tuant tous ceux qui ne veulent pas les rejoindre. Il y a aussi cette permanente méfiance vis-à-vis du christianisme perçu comme une doctrine qui s’oppose à la culture et à la philosophie chinoise.

     Je sais aussi que depuis quelque temps déjà, la situation politique, sociale et même religieuse, n’est pas facile en France, et même en Europe. Je réponds ainsi à mon frère Chartreux parti en exil à Rome, qui me donne ces tristes nouvelles : « A la vue de l’état désastreux où se trouve l’Europe, je ne puis que bénir la Providence de m’avoir soustrait à tant de maux… Il vaut mieux être en Chine qu’en France : nos infidèles sont loin d’avoir l’atrocité de vos impies ». Et, comparant nos deux situations, je lui écris encore : « Tous les pays sont bons, pourvu qu’on puisse servir Dieu. Notre Patrie est le Ciel, où l’on peut arriver de tous les pays du monde ».

     Sur place, en Chine, la vie que je mène est spartiate et pauvre. La résidence de la mission, que j’appelle « le château de paille » possède un sol en terre battue et un toit de chaume, comme l’église. La vie de prière est notre seule richesse, mais elle ne permet pas d’aider les autres communautés, tout aussi pauvres. J’écris au Supérieur de Pékin qui me demande des nouvelles : « la famine nous a fort appauvris, et je n’ai point d’argent à vous envoyer. Cette année, à cause de la sècheresse, point de riz, il faut presque tout acheter, tout est cher, voyez si vous êtes assez riches pour aider notre pauvreté ». Sur place, moi qui suis le supérieur de cette communauté, je rappelle que les principes de Dieu sont notre référence : « Revêtons-nous de tendresse et de miséricorde, de bonté, d’humilité et de patience, car nous devons, nous qui sommes plus forts, soutenir la faiblesse des infirmes et ne pas nous complaire en nous-mêmes ». Je souligne encore à tous que « nos brebis ne forment qu’un seul troupeau, comme il n’y a qu’un seul Pasteur, Notre Seigneur Jésus-Christ » et donc « il faut exhorter nos chrétiens à apprendre le catéchisme des sacrements, mais ne pas les obliger ou forcer à l’apprendre. On doit seulement exiger qu’ils sachent ce qui est strictement requis pour la réception des sacrements ». Je sais que des confrères refusent parfois cette exigence. Ils se plaignent du fait que leur travail est trop lourd, pourtant « il me semble n’avoir jamais eu l’intention de ruiner la santé de mes confrères par un travail au-dessus de leurs forces » et je leur rappelle ce que saint Vincent en son temps disait déjà : il faut « ménager votre santé, en Chine surtout où les prêtres sont rares ; il vaut mieux vivre que mourir pour la gloire de Dieu ». L’important est d’être « l’exemple des fidèles par nos paroles, nos démarches, notre charité, notre foi, notre pureté ».

     Pourtant, mourir pour la gloire de Dieu est ce qui attend les missionnaires qui sont en situation irrégulière en Chine. Le père Richenet, procureur des Missions à Macao, de 1801 à 1815, rappelle, dans une lettre adressée eu gouvernement français en 1817 que « les missionnaires ne sont admis que pour le service de l’Empereur, par conséquent seulement à Pékin en qualité d’artistes, de peintre, horlogers, astronomes pour faire le calendrier lunaire ». Moi, je ne suis rien de tout cela, je suis seulement missionnaire du Christ, envoyé ici pour vivre de la Croix du Christ et mourir pour elle car je sais qu’elle est le chemin de mon salut. Je suis, avec mes confrères, envoyés auprès des quelques 200 000 chrétiens de l’Empire. Ils sont mon seul souci, malgré le fait que je dois faire œuvre de prudence dans mes déplacements.

     Je rappelle que des persécutions envers les chrétiens sont toujours là. Dès 1799, elles viennent aussi bien du pouvoir central que des rebelles. En 1805, les Mandarins, qui sont les notables du pays, poussent l’Empereur à exiler, voire à torturer les chrétiens jusqu’à leur abjuration. En 1811, le pouvoir arrête un missionnaire chinois porteur de papiers concernant le pouvoir spirituel que lui confère l’évêque, avec la précision de certains lieux de mission. Les mandarins accusent alors les chrétiens de vouloir substituer les gouverneurs de ces villes. S’en suit une persécution et un ordre donné aux étrangers de quitter le pays. On raconte aussi à l’Empereur que le jour de fête de l’Assomption, les chrétiens vont se révolter contre lui. Sa réaction est cinglante : un édit impérial ordonne alors aux chrétiens de renoncer à leur religion sous peine de persécution. La situation se dégrade et je sais que je suis clandestin. Notre misérable « château de paille » est détruit, ainsi que l’école et l’église.

     En 1818, un phénomène climatique plonge Pékin sous une pluie violente et des ténèbres jusque là jamais vues. A l’image de Néron qui trouve son bouc émissaire dans les chrétiens lors de l’incendie de Rome, les oracles impériaux accusent les chrétiens d’être à l’origine de ces « menaces du ciel ». Il convient alors de renforcer la persécution contre eux. Bon nombre de prêtres et missionnaires chinois sont alors arrêtés, emprisonnés et exilés. Notre confrère, le père Chen est de ceux-là. J’écris au supérieur, M. Lamiot, que je connais bien : « notre croix est la capture de M. Chen. Il a été vendu par un nouveau Judas, 20 000 deniers. Il a été envoyé à Ou-Tchang-Fou avec 18 chrétiens pris à peu près dans le même temps ». En ce qui me concerne, alors que je suis déjà âgé de 71 ans, avec mon confrère M. Ho, je me cache dans des antres et des cavernes de la province que je me résous à quitter après 4 mois de cavale pour me réfugier au Honan chez une famille chrétienne durant 6 mois. Ignace Ho avait rejoint la mission à 27 ans et par la suite, arrêté, il sera exilé en Tartarie où il mourra sous les coups de rebelles musulmans en 1825.

     L’esprit de Judas est malheureusement toujours présent dans le combat contre l’Evangile. Un apostat auquel j’avais reproché sa mauvaise conduite m’a retrouvé et pour quelques 1000 taëls, soit 7000 francs or, me fait arrêter. Je lui dis : « Mon ami, dans quel dessein es-tu venu ici ? Ah que j’ai pitié de toi ! ». Il me répond alors : « Pourquoi me plaindre et me pardonner, je n’en ai pas besoin ». C’est alors qu’il dit aux soldats venus avec lui : « C’est lui ! Prenez-le ! ». Nous sommes le 16 juin 1819. On me couvre de chaînes, aux poignets, au cou et aux chevilles. On arrête avec moi les habitants de la maison et on pille aussi les maisons des chrétiens voisins, dans ce village de Kin-Kia-Kang à environ 4 km de la ville de Nan-Yang-Fou, où notre triste cortège a été conduit sous les cris et huées des badauds.

     Ma passion pour Jésus-Christ commence alors. Le mandarin exige de moi que je lui donne les noms des missionnaires et des chrétiens que je connais. Pour ce faire, m’ayant agenouillé sur des chaînes de fer, il commence par m’administrer 30 coups de semelle de cuir sur le visage de toutes ses forces, si bien que le sang gicle déjà. Pour toute réponse, je trouve la force de lui dire : « Mon frère, maintenant tu me juges, mais dans peu de temps, mon Seigneur te jugera lui-même », ce qui me vaut encore 30 coups sur le visage et de rester des heures plié sur les chaînes de fer, avec les mains attachées derrière le dos.

     On m’envoie alors à 200 km de là, à la prison de Khaï-Fong-Fou, et là encore, je suis torturé car je ne réponds rien aux demandes du mandarin. Je reste enfermé dans cette prison durant 1 mois et je trouve, au milieu de mes tortures, le moyen d’écrire au père Richenet et de lui faire passer le courrier : « Dès que la nuit arrive, il faut se coucher et mettre une de ses jambes dans une entrave jusqu’au lendemain. Cette entrave est formée de 2 planches que le geôlier réunit ensemble et ferme par un cadenas. De plus, une chaîne de fer nous lie tous sur notre chevet et nous empêche de lever la tête, on peut seulement, avec bien des efforts, se tourner sur le côté ou sur le dos ».

     Comme je fus missionnaire dans la province du Hou-Kouang, le mandarin décide alors de me transférer à Ou-Tchan-Fou, la ville principale de cette province. Durant 20 jours, je vais donc voyager dans une cage de bois, avec les fers aux pieds, les mains menottées, et une chaîne au cou, avec d’autres malheureux prisonniers. « Mon séjour dans les prisons du Honan et ma longue route avaient fort altéré ma santé. J’étais alors dans un pauvre état, une grande maigreur, une longue barbe qui fourmillait de poux ». Ce que je sais malgré tout cela, c’est que le Christ est avec moi.

     Dans ma nouvelle prison, j’ai la douleur d’y rencontrer le père Chen, même si la joie de nous retrouver efface cette tristesse de se voir ici. Il y a avec nous quelques chrétiens. Rien ne nous barre la route pour que nous priions ensemble. La confession est donnée et même, nous avons la joie immense de recevoir la communion d’un missionnaire qui arrive à se faufiler pour venir jusqu’à nous. J’exulte de joie : « Admirez ici la Divine Providence, qui contre la première intention du mandarin, a réuni deux prêtres dans une même prison avec dix bons chrétiens que j’ai confessés plusieurs fois, et qui ont reçu avec nous la communion des mains d’un de nos confrères. C’est peut-être inouï dans les prisons de Chine ».

     Cet état de relative grâce ne dure guère. J’apprends l’arrestation du père Lamiot. Bien qu’il l’attribue au même traître qui nous a vendus, le père Chen et moi, cette arrestation est sans doute due aux lettres que j’ai laissées à la mission et qui lui étaient destinées. Je lui écris de me pardonner pour cette imprudence et que je prendrai tout sur moi car l’important est de sauver la mission de Pékin. Lorsque je le revois enfin, nous sommes tous trois, le père Chen, Louis Lamiot et moi-même agenouillés sur des chaînes pour l’interrogatoire. Je sais, que plus tard, le père Lamiot écrira quelques mots sur mon attitude, je les cite ici : « Je répondis au mandarin que je connaissais M. Clet, quoique sa figure fut si décomposée que je ne reconnaissais aucun de ses traits. J’ai été frappé de la sagesse de ses réponses. Lorsqu’on me fit mettre à genoux à son côté, il se mit à pleurer. Comme on voulait frapper M. Chen, il s’écria : ‘Pourquoi le frapper ? je suis seul coupable’. Le mandarin lui réplique : ‘Vieille machine ! Tu as corrompu trop de nos gens. L’Empereur veut ta vie !’ Il répondit : ‘Bien volontiers’. J’admirai sa sensibilité extrême pour M. Chen et pour moi, son intrépidité pour le martyre, et sa présence d’esprit ; ce qui me fit une impression qui ne s’effacera jamais de mon âme ».

     Le 1er janvier 1820, je comparais au tribunal, avec tous les chrétiens. Le père Lamiot est déclaré innocent mais doit quitter la Chine pour Macao. Le père Chen est exilé en Tartarie où il mourra. Quant à moi, j’attends l’avis de l’empereur qui tarde, sans me faire d’illusion sur mon sort. « Je me prépare à mourir et j’attends, grâce à Dieu cet arrêt avec patience et tranquillité ». Qu’à cela ne tienne, cela me laisse le temps de célébrer la Conversion de Saint Paul et donc la fondation de la Congrégation. Je peux même communier en prison.

     Enfin, le 17 février, l’avis impérial arrive : « Liéou François, c’est mon nom en chinois, entré secrètement en Chine, a trompé beaucoup de monde en prêchant sa doctrine. Il sera étranglé sans délai, comme c’est la coutume ». Avant de suivre les soldats vers le supplice, je demande l’absolution au père Chen, et devant les larmes de mes frères prisonniers, je prononce ces mots « soyez toujours de fervents serviteurs de Dieu et n’abandonnez jamais la foi », et je les bénis une dernière fois, sachant au fond de moi, à la suite de saint Paul, « qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire que Dieu va bientôt révéler en nous » (Rom 8). Dans la nuit qui suit, je suis conduit sur le lieu de mon calvaire. Le 18 au matin, on s’arrête face à un poteau de 2 mètres planté dans le sol. Une traverse est figée sur le sommet. J’ai l’autorisation de prier Notre Seigneur une dernière fois puis, mon cœur étant prêt à lui rendre grâce par le don de ma vie, « c’est pour lui que je souffre, jusqu’à être enchaîné comme un malfaiteur. Mais on n’enchaîne pas la Parole de Dieu » (Tim 2). Je dis aux soldats : « liez-moi ». Ceux-ci m’attachent les mains et le dos derrière la traverse, et les pieds, liés l’un à l’autre, au montant du poteau. On me passe alors une corde autour du cou, nouée à un bâton que l’on tourne. La corde, trop usée, se rompt et cela oblige à la changer. On recommence la manœuvre et l’on tourne la corde à trois reprises jusqu’à ce que je rende à Dieu mon dernier soupir, après 72 ans de vie terrestre et 28 ans passés en Chine. Mon corps est enseveli une première fois dans le cimetière des condamnés à mort, puis récupéré par les chrétiens qui le mettent au cimetière de la Montagne rouge où reposent d’autres valeureux missionnaires. Aujourd’hui, mes restes reposent dans la Chapelle de la Maison-Mère, ici, à Paris, à proximité de celui qui, 20 ans plus tard, a suivi mes pas dans le martyre, dans les mêmes conditions et au même endroit, saint Jean-Gabriel Perboyre. L’Eglise ma élevé sur l’autel de la béatification en 1900 et sur celui de la canonisation en 2000 avec mes 120 frères chrétiens martyrisés en Chine, en la fête de sainte Thérèse de Lisieux, la patronne des missions, ce que Dieu ne fit pas sans dessein ce jour-là. 

     Dans la Joie de la Mission, prions : Tu as envoyé, Seigneur, ton serviteur François-Régis Clet évangéliser les nations et après sa longue vie de travail apostolique, tu l’as couronné par le martyre. Daigne, par la force de ton Esprit, nous affermir dans la foi pour l’annonce de l’Evangile. Par Jésus le Christ notre Seigneur.

Donné à la Maison-Mère de la Congrégation de la Mission, en la fête de saint Vincent de Paul.

 

Références :

-D’après Les 72 lettres de François-Régis CLET, de « soldat du Christ, le BX FR Clet » de G de Mongesty. Parsi 1906 et de « François-Régis Clet » par André Sylvestre. Moissac. 1998.

-Jacques A.Blocher et Jacques Blandenier : « L’Evangélisation du monde » vol.1, Ed. de l’institut biblique de Nogent.

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Lettre du Supérieur Général, P. Tomas Mavric CM. À tous les membres de la Congrégation de la Mission. 19 juin 2020

Au fil des semaines et des mois, alors que la pandémie diminue dans certains pays, mais dans d'autres continue de croître, où la douleur et la souffrance dans le monde sont si présentes, nous voulons rester en première ligne, en totale harmonie avec notre charisme, en étant inventif et voir quoi d'autre peut être fait en faveur de nos frères et sœurs.

Tomaz Mavric

Lettre du Supérieur Général, P. Tomas Mavric CM. À tous les membres de la Congrégation de la Mission. 19 juin 2020

A tous les membres de la Congrégation de la Mission : La Grâce et la Paix de Jésus soient toujours avec nous !

Mes chers confrères,

Que la grâce et la paix de Jésus soient toujours avec nous!

Dans la lettre à tous les confrères du 30 mars 2020 intitulée «Voici, je fais toutes choses nouvelles» (Apocalypse 21: 5), liée aux développements dramatiques du COVID-19 dans le monde, j’ai cité les paroles de Saint Vincent au début, “Que j’ai peine de votre peine “[1] en utilisant moi-même les mêmes mots que j’écrivais à chacun de vous, pour essayer d’exprimer avec la même émotion personnelle «Que j’ai peine de votre peine», en ajoutant «Nous supportons la peine les uns des autres! 

Au fil des semaines et des mois, alors que la pandémie diminue dans certains pays, mais dans d’autres continue de croître, où la douleur et la souffrance dans le monde sont si présentes, nous voulons rester en première ligne, en totale harmonie avec notre charisme, en étant inventif et voir quoi d’autre peut être fait en faveur de nos frères et sœurs.

Au cours des dernières semaines à la Curie générale, le Bureau de la communication a organisé une initiative à travers les réseaux sociaux, une transmission en direct avec plusieurs Visiteurs pour écouter comment les confrères, les autres membres de la Famille Vincentienne et les personnes qu’ils servent vivent cette période de pandémie. À travers le site officiel de la Congrégation, cmglobal.org et les réseaux sociaux, de nombreux articles, nouvelles, réflexions et initiatives ont été publiés sur la pandémie partout où la Congrégation est présente.

Les Assistants généraux ont contacté chaque Province, Vice-province, Région et Missions Internationales pour exprimer notre proximité les uns avec les autres, pour découvrir comment les confrères vivent ces temps difficiles, comment ils se portent personnellement, comment les communautés se portent, ainsi découvrir les différentes initiatives qui ont été mises en œuvre sur le terrain en cette période de pandémie.

En lisant tous les rapports, articles, réflexions sur les réseaux sociaux, j’ai été profondément touché par l’implication extraordinaire des confrères dans les différents domaines et les moyens pris pour soulager la souffrance et la douleur des personnes que nous sommes appelés à servir. Chers confrères, merci beaucoup pour votre merveilleux témoignage.

Il est tellement clair que, d’une part, nous devons continuer à faire tout notre possible pour répondre ici et maintenant aux énormes besoins des personnes: matériellement, émotionnellement, psychologiquement et spirituellement. D’un autre côté, nous devons commencer ou continuer à planifier la réponse aux besoins de la population dans la soi-disant période Post-COVID-19.

Pour les Provinces et Vice-provinces qui connaissent déjà des difficultés financières et qui ont du mal à faire face aux nouveaux besoins qui se présentent à eux à la suite du COVID- 19, le « Vincentian International Mission Services » (VIMS), le nouveau Bureau de la Congrégation de la Mission sous la coordination du Directeur exécutif, le Père Mark Pranaitis, élargit sa collecte de fonds, qui se concentre généralement sur les projets VSO, pour inclure une nouvelle campagne conçue pour répondre à la crise COVID-19. Il s’appelle “When Did We See You?” (Quand t’avons-nous vu?) ; c’est enraciné dans le passage évangélique de Matthieu 25: 31-46. La Curie générale, en collaboration avec le Père Pranaitis, prépare un projet en trois étapes avec une aide à court et à long terme.

La première étape est la réponse immédiate aux nombreux besoins liés à la pandémie de COVID-19 dans le monde. À cette fin, la Curie générale propose 250.000 USD qui seront disponibles immédiatement pour les Provinces et les Vice-provinces les moins riches qui ont les plus grands besoins. Les Provinces et Vice-provinces bénéficiaires, à leur tour, fourniront des « histoires » sur les personnes qu’elles servent afin que VIMS puisse tendre la main à ses donateurs et encourager des dons supplémentaires, et, espérons-le, plus importants pour que nous puissions aider davantage les différents endroits dans le besoin où les confrères servent. VIMS a conçu une nouvelle campagne sur les réseaux sociaux pour toucher également de nouveaux donateurs.

Les donateurs du VIMS sont actuellement tous aux États-Unis et, dans un avenir prévisible, il en sera probablement ainsi. Cependant, VIMS se ferait un plaisir de travailler avec tout donateur de votre Province qui, selon vous, souhaiterait soutenir cette Campagne. De même, si votre Province veut contribuer, VIMS se fera un plaisir de recevoir votre don. Vous pouvez contacter le Père Pranaitis au mp@vims1617.org ou le père Paul Parackal, Econome général, à econgen@cmglobal.org pour en savoir plus ou pour contribuer. Le Père Pranaitis s’assurera que vous êtes inclus dans les rapports qui nous parviennent des Provinces et des Vice-provinces, afin que vous puissiez partager ces « histoires » d’amour efficace avec vos confrères et autres collaborateurs.

En lisant les rapports des confrères qui servent partout dans le monde, je suis tombé sur un dans lequel un Visiteur, décrivant la situation actuelle de la pandémie, a écrit les mots suivants : « La pandémie est un don de Dieu ». La lettre de Saint Paul aux Romains fait écho aux mêmes sentiments, exprime les mêmes sentiments et arrive à la même conclusion : « Nous savons que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, qui sont appelés selon son dessein » (Romains 8:28).

Comme je l’ai dit dans la lettre du 30 mars, en utilisant des mots tirés du livre de l’Apocalypse, «je fais toutes choses nouvelles », c’est dans ce moment de grâce spécifique qui nous a été donné ici et maintenant que nous sommes invités à réfléchir, à prier et méditer sur ce que Jésus fait par ses paroles, ce que signifie pour moi, «je fais toutes choses nouvelles », personnellement, pour ma communauté, pour la Petite Compagnie.

Presque en même temps que nous vivions la pandémie de COVID-19 avec toutes ses réalités actuelles et voyons ses conséquences futures dans le monde entier, nous avons commencé les préparatifs de notre 43e Assemblée générale. Elle se tiendra du 27 juin au 15 juillet 2022 sur le thème : « Revitaliser notre identité au début du Ve Centenaire de la Congrégation de la Mission ». Ces dernières semaines, nous avons terminé la première phase de préparation en répondant individuellement au questionnaire envoyé par la Commission préparatoire via Google Forms. Bientôt, nous entamerons la deuxième phase de préparation, nos Assemblées domestiques, suivie de la troisième phase de préparation, les Assemblées provinciales, qui nous amènera, si Dieu le veut, à l’Assemblée générale de juin 2022.

La préparation en cours de notre prochaine Assemblée générale est en quelque sorte parallèle à cette période de lutte, de douleur, de souffrance et d’incertitudes que la pandémie fait naître dans le monde. Les paroles de Saint Paul prennent beaucoup de vie et de cœur, que tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu, ainsi que les paroles de Jésus : « Je fais toutes choses nouvelles ». En cette période spéciale de pandémie qui a embrassé le monde entier, la Providence nous offre une opportunité unique au début du 5e Centenaire de la fondation de notre Petite Compagnie de réaliser, aussi pleinement que nous pouvons humainement, le rêve que Jésus rêve ici et maintenant pour notre Congrégation.

Nous découvrons également qu’en raison de la pandémie, quelque chose de différent, de nouveau et de frais prend vie en nous individuellement, au sein de nos communautés et au sein de la Congrégation. Des signes concrets d’un nouveau printemps au sein de notre petite compagnie commencent à émerger. Nous continuons d’approfondir notre vie spirituelle, nous continuons à grandir dans l’ouverture les uns aux autres, nous continuons à intensifier la recherche de solutions communes aux situations dramatiques que nous vivons, etc…

Le temps de préparation de l’Assemblée générale se déroulant pendant la pandémie que nous ne pouvions ni prévoir ni planifier à l’avance, nous avons un signe de la Providence, de don de Dieu à notre Petite Compagnie en vue de revitaliser notre identité : notre spiritualité et notre charisme, revitalisant le rêve de Jésus pour notre Congrégation au début du Ve siècle de sa fondation.

Dans le quatrième chapitre, au numéro 42 de nos Constitutions, nous lisons: « Ainsi, par l’union étroite de la prière et de l’activité apostolique, le missionnaire se fait contemplatif dans l’action et apôtre dans la prière » M. Vincent a dit à plusieurs reprises: « les vrais Missionnaires devaient être comme des Chartreux en leurs maisons et comme des apôtres au dehors.»[2]

Ensemble, nous affrontons la réalité et réagissons du mieux que nous pouvons à la pandémie du COVID-19, peu importe où nous servons dans le monde. Nous sommes également ensemble en pèlerinage vers l’Assemblée générale de 2022. La meilleure façon pour nous, en tant que membres de la Petite Compagnie, de nous impliquer et de réagir dans les deux cas est de descendre aux sources les plus profondes de notre identité: notre spiritualité et notre charisme. Saint Vincent a laissé le rêve de Jésus sur lui, devenir réalité. Vincent est devenu un Mystique de la charité.

Puissions-nous aussi, membres de la Congrégation de la Mission, devenir de plus en plus des Mystiques de la Charité, en ce 21e siècle et au début du 5e Centenaire de notre fondation, dans lequel nous nous sommes fixés pour objectif de revitaliser notre propre identité.

Rome, 19 juin 2020

Votre frère en Saint Vincent de Paul,

P. Tomaz Mavric CM – Supérieur Général

 

__________

[1] SV I, 142 Lettre 92, à sainte Louise, [1631].

[2] Louis Abelly, La vie du vénérable serviteur de Dieu Vincent de Paul, Livre I, p.100

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Avis de décès de notre confrère le Père Jean LOUVARIS de la Communauté de Thessalonique

Le secours me viendra du Seigneur qui a fait le ciel et la terre. Le Seigneur, ton gardien, ton ombrage, se tient près de toi. Il te gardera de tout mal, il gardera ta vie ; il te gardera au départ et au retour, maintenant, à jamais. Ps 120

Province de France Congregation de la Mission

Avis de décès de notre confrère le Père Jean LOUVARIS de la Communauté de Thessalonique

C’est avec peine et tristesse que je vous annonce le décès de notre confrère le Père Jean LOUVARIS de la Communauté de Thessalonique. Il s’est endormi dans la Paix du Seigneur cette nuit, dans le centre médical qu’il avait rejoint après un séjour à l’hôpital. Il est le dernier de nos confrères grecs.

Le P. Jean LOUVARIS est né le 4 juin 1938 à SYRA, ile des Cyclades, en GRÈCE. Il est le fils de Isidore LOUVARIS et de Marie FRERIS. Il lui reste un frère.

Après avoir fait ses études primaires à FANEOMENI et secondaires à Thessalonique, il est au Berceau de St Vincent de Paul en 1953 pour continuer ses études. Il est entré dans la Congrégation le 2 octobre 1959 ; il fait ses études de philosophie à Dax de 1960 à 1962 puis continue les études théologiques à Paris de 1962 à 1966.

IL a prononcé les vœux définitifs le 1er novembre 1964 à PARIS.

Il est ordonné diacre  le 30 juin 1965 à Paris par Mgr. BROT ; il reçoit l’ordination sacerdotale le 3 juillet 1966 à THESSALONIQUE des mains de Mgr PRINDEZIS, archevêque d’Athènes.

Il est placé à Thessalonique en 1966.

Jean fut un artisan important au niveau de l’œcuménisme avec nos Frères Orthodoxes. Il les a fréquentés, il a participé très régulièrement à des rencontres où il prenait la parole, et a écrit de nombreux articles. Il a traduit en grec des ouvrages vincentiens. Il a longtemps sillonné la Grèce du Nord pour aller à la rencontre des familles catholiques dispersées.

La célébration des funérailles du Père Jean LOUVARIS aura lieu ce mardi 9 juin à 12h en la cathédrale de l’Immaculée Conception à THESSALONIQUE tenue par les confrères à THESSALONIQUE ; elle sera suivie de l’inhumation au Cimetière où reposent nos confrères.

Ce même jour, j’invite tous les confrères de la Province à s’unir dans une même célébration de l’Eucharistie, pour le repos dans la Paix et la Joie du Ressuscité de ce confrère. Nous y associerons les membres de sa famille, et prierons ce jour-là pour la communauté de Thessalonique, endeuillée par la perte de l’un des leurs, leur ainé.

Comme toujours, c’est une occasion de demeurer unis dans ce départ et fraternels dans nos liens.

Ce 8 juin 2020.

Christian MAUVAIS CM – Visiteur, Province de France

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Le père Benoît Ndzana CM a rejoint la maison du Père. Avis de décès

« Moi, je suis la Porte, dit Jésus. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage. Moi, je suis le bon pasteur qui donne sa vie pour ses brebis. Je connais mes brebis et elles me connaissent, comme le Père me connaît et que je connais le Père… » (Jn 10, 9-14)

Province de France Congregation de la Mission

Le père Benoît Ndzana CM a rejoint la maison du Père. Avis de décès

A tous les confrères de la Province,

C’est avec peine et tristesse que je vous annonce le décès de notre confrère BENOIT NDZANA MENOUNGA à l’hôpital Cochin où il avait été admis il y a une dizaine de jours. Il a rejoint la maison du Père, hier au soir à 20h30, jour où l’Eglise nous offre le visage de Jésus, comme Bon Pasteur qui prend soin de ses brebis.

Benoît est né le 12 décembre 1956 à NKOLMEYANG au CAMEROUN. Il est le fils de Victorin MENOUNGA TSANGA et d’Engelberte ZOBO. Il a deux frères et deux sœurs.

Dans les années 1981-1985, il a fait ses études de philosophie et de théologie au grand séminaire de MAROUA, à l’école théologique st Cyprien.

Le 27 septembre 1985 il entre dans la Congrégation à PARIS ; il fait son séminaire Interne à PARIS avec le P. Daniel LAMERAND comme Directeur.

Il prononce ses vœux le 5 mars 1988 à NSIMALEN et devient ainsi le 1er confrère camerounais.

Il est ordonné diacre le 13 mars 1988 à OKOLA par Mgr Jérôme MIMBOÉ.

Il reçoit l’ordination sacerdotale le 6 août 1988 à NSIMALEN des mains de Mgr Jean Z0A.

Il fait un court séjour à la Vice-Province du Zaïre, puis est nommé à la paroisse de NSIMALEN d’abord comme Vicaire puis comme Curé en 1995.

En 1991, il a eu la joie de participer à l’Assemblée de la Province de Paris pour y représenter la Région du Cameroun, soulignant ainsi l’importance de la mission sur le continent africain. En 1994, il fait des études supérieures en pastorale catéchétique à l’Institut Catholique de Paris. En 1999, il est inscrit à l’ISPC à Paris et en 2001, il suit des cours à la Faculté de Théologie Catholique à Strasbourg.

En 2002, il entre au Centre médicalisé à PARIS pour s’y reposer car au cours d’un séjour au Cameroun, sa santé est fortement ébranlée. De retour en France, il est soigné et accepte en 2015 d’être le célébrant habituel à la Résidence Antoine Portail.

La célébration des funérailles du Père Benoit NDZANA aura lieu ce mercredi 6 mai à 14h30 à la chapelle St Vincent ; elle sera suivie de l’inhumation au Cimetière de Montparnasse.

Ce même jour, j’invite tous les confrères de la Province à s’unir dans une même célébration de l’Eucharistie, pour le repos de ce missionnaire, dans la Paix et la Joie du Ressuscité. Nous y associerons tous les membres de sa famille, et nous prierons ce jour-là pour la Province du Cameroun, elle aussi endeuillée.

Comme toujours, c’est une occasion de demeurer unis dans ce départ et fraternels dans nos liens.

P. Christian MAUVAIS CM – Visiteur

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Retrouver un Souffle ! Celui du Ressuscité ! « ALLÉLUIA ! ALLÉLUIA ! CHRIST EST VRAIMENT RESSUSCITÉ !Lettre du Visiteur de la Province de France. 17/04/2020

Manquer de souffle rend la vie difficile et fragile ; chercher son souffle est vital pour ne pas sombrer, pour ne pas étouffer. Et beaucoup de personnes, trop, ont rendu leur dernier souffle. Pour nous, croyants, leur souffle s’est fondu dans le Souffle du Christ et fut remis entre les mains du Père, source de toute vie véritable.

P. Christian Mauvais, cm

Retrouver un Souffle ! Celui du Ressuscité ! « ALLÉLUIA ! ALLÉLUIA ! CHRIST EST VRAIMENT RESSUSCITÉ !Lettre du Visiteur de la Province de France. 17/04/2020

Chers confrères, « La Grâce et la Paix du Ressuscité soient toujours avec nous » !

 

« L’église aujourd’hui, le lieu du Dieu vivant célébré, ce sont les cœurs de nous tous. Quand affection, soin et souci sont tournés vers d’autres, quand l’inquiétude se fait active, alors je crois que c’est, de façon invisible peut-être, une église qui se remplit. » Véronique Margron.

D’abord, ce qui nous réunit dans la foi pascale, c’est la triste nouvelle du décès du P. Gonzague ce matin à l’hôpital Suisse à Paris. Cette nouvelle qui attriste aussi la Province de Madagascar où Gonzague a servi sans compter pendant 47 ans. Prions pour ce fidèle et zélé missionnaire et pour sa famille, notamment son frère Yves, notre confrère.

Ensuite, ce qui nous réunit dans la joie pascale, c’est une bonne nouvelle à partager que nous avons accueilli ce lundi avec émotion : notre confrère Alexis V., est maintenant réveillé ! il est sorti du coma. Bien sûr, il a encore besoin de la machine pour respirer et il reste très faible ; il lui faudra du temps, un long temps pour se rétablir, reprendre des forces, et retrouver toute sa place parmi nous mais réjouissons-nous avec lui, pour lui de cet éveil qui nous le rend vivant. Pensons à sa famille, aux confrères de sa Province d’origine qui eux aussi se réjouissent et peuvent chanter Alléluia, cri de joie pascal ! Il y a aussi notre confrère, de la même communauté, Michel, qui est lui aussi est sorti ce jour d’hôpital ; il est accompagné d’une bouteille d’oxygène dont il aura besoin pendant un mois pour retrouver un bon rythme respiratoire ; ensuite, il prendra du temps pour se reposer avant de reprendre son ministère.

Il nous reste à continuer de prier intensément pour eux deux, sur leur chemin de guérison complète et pour nos confrères qui sont toujours dans une situation difficile : Daniel mais Pierre dont la santé nous inquiète.

Ces confrères, comme tant d’autres personnes, ont souffert d’un manque de souffle, d’un souffle insuffisant pour respirer à plein poumons… à l’image, comme l’a souligné le Pape, ‘de nos sociétés qui ont continué leur route, imperturbables, en pensant rester toujours saines dans un monde malade’, monde qui n’arrivait plus à respirer et à donner un souffle vivifiant aux personnes.

Manquer de souffle rend la vie difficile et fragile ; chercher son souffle est vital pour ne pas sombrer, pour ne pas étouffer. Et beaucoup de personnes, trop, ont rendu leur dernier souffle. Pour nous, croyants, leur souffle s’est fondu dans le Souffle du Christ et fut remis entre les mains du Père, source de toute vie véritable. Ce Souffle du Vivant a été rendu sur la Croix pour que tous vivent dans l’Amour, pour que le monde respire dans ce souffle de Vie et devienne vivant, humain et du coup divin et cela au cœur même du confinement qui est étouffant pour des personnes seules ou des familles nombreuses dans des espaces restreints.

Ce souffle pascal rend vivant nombre de personnes, y compris des jeunes de banlieues, qui se sont laissés toucher par la présence de l’autre dans le besoin et qui ont multiplié les formes de service, des réseaux de charité, avec grande et belle générosité. Ce souffle rend vivant nombre d’associations qui rejoignent les personnes les plus dépourvues et éloignées. Ce souffle anime tant de personnes qui d’habitude vivent dans l’ombre de la société́. Ce souffle anime le monde des soignants dans sa diversité qui se donnent et redonne vie, espoir ou reçoivent le souffle des défunts.

Oui, notre monde s’est éveillé, se réveille peu à peu lui aussi ; il prend conscience de l’importance de l’autre, de la vie, de la personne pour qui l’on se donne, de la création qui est redécouverte et appréciée.

Ce temps de confinement nous a mis à distance, celle réglementaire d’un ou deux mètres pour respecter l’autre et se préserver mutuellement dans la santé. Et Pourtant, cette distance nous a rapprochés les uns des autres ; elle a rajusté notre regard sur nos proches, les voisins. C’est un souffle nouveau qui nous remet vraiment en présence de l’autre ! j’imagine que nos propres communautés, les communautés chrétiennes, l’Eglise elle-même, sont traversées elles aussi par ce Souffle de vie, nous permettant de voir notre frère avec ce nouveau regard !

Accueillons avec joie le Souffle du Christ que nous offre Pâque.

En ce temps de Pâques, prions pour que ce souffle se répande partout et continue de tous nous animer pour que nous nous retrouvions mieux les uns et les autres, que nous nous retrouvions en phase avec la création.

« Dans la prière, même pauvre, nous pouvons accueillir la lumière du message pascal. Nous pouvons découvrir que changer nos comportements personnels et collectifs est possible, en vue d’un autre avenir pour nous et pour l’humanité. Nous pouvons laisser monter en nous l’imagination nécessaire pour mettre en pratique de nouvelles solidarités.

Le Ressuscité envoie ses disciples dans le monde entier, non pas pour faire entrer toute l’humanité dans un même système religieux, mais pour que leurs vies rayonnent l’espérance d’une paix sur la terre et d’une plénitude pour toute la création. » Frère Alois.

Je laisse à votre méditation ce texte de Jacques Salomé :

« Les murs ne sont pas toujours au-dehors… Dans tous les murs, il y a une lézarde, dans toute lézarde, très vite, il y a un peu de terre, dans cette terre, la promesse d’un germe, dans ce germe fragile, il y a l’espoir d’une fleur, et dans cette fleur, la certitude ensoleillée d’un pétale de liberté.

Oui, la liberté est un germe même dans les murs les plus hostiles. La liberté peut naître d’une fissure, d’une rupture, d’un abandon. Elle peut naître aussi d’une ouverture, d’un mouvement.

La liberté a de multiples visages, elle est parfois la caresse d’un regard qui a croisé le mien, l’élan d’une parole qui a transformé la mienne pour en faire un chemin.

Les murs les plus cachés sont souvent au-dedans et, dans ces murs aussi, il y a des lézardes…

Laisse pousser tes fleurs, elles sont les germes de ta vie à venir. »

Fraternellement

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Le père Gonzague Danjou CM a rejoint la maison du Père

« tout le monde reconnaît tous les biens qu’il a fait pour la Province de Madagascar pendant ces 47 ans de vie missionnaire dans ce pays et tous et chacun, ont accepté son départ, même si le champ à moissonner reste encore vaste, même si nos vœux sont qu’il reste avec nous jusqu’à la fin… en 18 ans de visitorat, il a mis en place la structure de notre Province. » (P. Benolo, Visiteur, le 27 mars 2009)

P. Christian Mauvais, cm

Le père Gonzague Danjou CM a rejoint la maison du Père

A tous les confrères de la Province. Nous apprenons le décès de notre confrère Gonzague DANJOU à l’hôpital Suisse où il avait été admis fin février après un séjour à l’hôpital St Joseph. il est décédé calmement, sans souffrances.

 

Il est né le 6 août 1933 à Lille. Fils de Gérard et de Gabrielle DEVRED. Il a fait ses études secondaires à Loos, à l’école apostolique.

Entré dans la Congrégation, le 21 septembre 1951 à Paris ; il a prononcé́ ses vœux le 18 avril

1959 à Paris en présence du Père SLATTERY. Il est ordonné diacre le 3 juillet 1960 à Paris ;

il reçut l’ordination sacerdotale le 29 juin 1961 à PARIS.

En 1961 Gonzague est nommé à la communauté́ de BONDUES.

En 1962, il part pour Madagascar et est placé à la communauté de FARAFANGANA. En 1971, il est nommé Visiteur de la Province de MADAGASCAR.

En 1980, il revient à FARAFANGANA.

En 1986, il est de nouveau nommé Visiteur de la Province de MADAGASCAR En 1995, il est placé au Grand Séminaire de FIANARANTSOA

En 1998, il est nommé supérieur et économe à ANTANANARIVO En 2000, il revient à FIANARANTSOA

En 2003, il est nommé à la maison d’accueil d’ANTANANARIVO.

C’est en 2009 qu’il revient à sa Province d’origine et qu’il est nommé à Paris, à la Maison-Mère où il a rendu de multiples services sur place et à la Chapelle de la Médaille Miraculeuse.

« tout le monde reconnaît tous les biens qu’il a fait pour la Province de Madagascar pendant ces 47 ans de vie missionnaire dans ce pays et tous et chacun, ont accepté son départ, même si le champ à moissonner reste encore vaste, même si nos vœux sont qu’il reste avec nous jusqu’à la fin… en 18 ans de visitorat, il a mis en place la structure de notre Province. » (P. Benolo, Visiteur, le 27 mars 2009)

Vu les circonstances et la situation de confinement sanitaire, l’inhumation du Père Gonzague se fera au Cimetière de Montparnasse. Dans cette attente, il repose dans un funérarium.

J’invite tous les confrères de la Province à célébrer ce dimanche l’Eucharistie pour le repos de ce missionnaire infatigable, dans la Paix et la Joie du Ressuscité. Nous y associerons tous les membres de sa nombreuse famille, dont le P. Yves DANJOU, son frère et nous prierons tout particulièrement ce jour-là pour la Province de Madagascar.

Demeurons unis dans ce départ et fraternels dans nos liens.

« Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain. Jésus leur dit :’apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre’… il leur dit alors : ‘venez manger’ ; il s’approche, prend le pain et le leur donne et de même pour le poisson. C’était la 3ème fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples ». (Jn 21/)

Ce 17 avril 2020. Christian MAUVAIS

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