Homélie des funérailles du P. Bernard Pichon CM. 31 mars 2021 en la Chapelle Saint Vincent de Paul à Paris

L’un de tes confrères, Marius Denigot, écrit dans ses remerciements à la fin de son ouvrage « Villebon-sur-Yvette, notre histoire » : « Nous le savions déjà, le Père Bernard Pichon fut le maître d’œuvre de la découverte du Villebon géographique, par ses observations, ses commentaires de spécialiste en la matière ... et un ouvrier de la première heure pour l’ouvrage. »

Philippe LAMBLIN CM

Homélie des funérailles du P. Bernard Pichon CM. 31 mars 2021 en la Chapelle Saint Vincent de Paul à Paris

Cher Bernard. L’un de tes confrères, Marius Denigot, écrit dans ses remerciements à la fin de son ouvrage « Villebon-sur-Yvette, notre histoire » : « Nous le savions déjà, le Père Bernard Pichon fut le maître d’œuvre de la découverte du Villebon géographique, par ses observations, ses commentaires de spécialiste en la matière … et un ouvrier de la première heure pour l’ouvrage. »

Si quelqu’un perdait le nord à Scy-Chazelles, à Dax, à Cuvry, à Villebon, à Metz-Belletanche, et ici à Paris, ton écoute, ta bonhommie, ton expérience, ton souci de l’autre, il pouvait compter sur ta confiance et ta générosité naturelle.

Cet après-midi, pour accompagner ton dernier voyage, à la suite de Jésus, tu nous dis : « regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles, ni moisson ! » et aussi : « Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas. » Et Jésus ajoute un peu plus loin : « Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice. »

Depuis le 27 octobre 1946, date de ton entrée au Séminaire Interne, tu as souvent médité cette parole de Jésus, quand tu relisais les maximes évangéliques des Règles Communes de la Petite Compagnie, où st Vincent de Paul cite Jésus : « Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice. »

Les Règles communes t’ont collé à la peau toute ta vie, et particulièrement les 5 vertus puisées dans les conseils évangéliques : la simplicité, l’humilité, la douceur, la mortification et le zèle. A travers chacune d’elles, nous retrouvons l’un des visages du fils de Joseph et de Marie, non pas de Nazareth, mais Pichon, originaire de Scy-Chazelles, ce village logeant la Moselle, au pied du Mont Saint Quentin, fortifié pour veiller et défendre Metz.

Bernard, le terroir de Scy-Chazelles, sur les côteaux du Mont Saint Quentin, dans les petits clos de vignes qui bordent la route de Lessy, tu as appris à l’aimer avec tes deux frères et tes deux sœurs. C’est là qu’est née ta vocation comme celle de ta sœur Marie-Louise, Fille de la Charité.

Cependant, tu n’attendais pas que le Père céleste t’appelle et te nourrisse, tu n’espérais pas que les choses tombent du ciel.

En 1944, tu as eu 19 ans quelques jours après le débarquement en Normandie, à peine 3 mois après, tu t’engages volontairement pour une durée incertaine, car il fallait en finir avec une idéologie mortifère et tu seras démobilisé au début de l’année 1946. A la rentrée, tu rejoindras Dax pour entrer au séminaire interne et te préparer à devenir prêtre de la Mission pour célébrer la messe, pour continuer à dire les paroles de Jésus sur le pain et le vin. En cette veille de Jeudi Saint, où tous les prêtres aiment revivre ensemble la Cène, comme Jésus l’a vécu avec ses disciples, chacun de tes confrères ici présents aurait aimé te savoir à leurs côtés, ou plutôt à la place que tu t’étais réservé dans ce chœur pour prononcer dignement, la main étendue vers le pain de la patène et vers le vin du calice : « prenez et mangez, ceci est mon corps ; prenez et buvez, ceci est mon sang ».

Le blé pour le pain et le raisin pour le vin, la terre de Scy-Chazelles les produisait depuis des centaines années. La vigne se trouvait dans les hauteurs, les céréales étaient cultivées au bas du village. Entre les deux une zone fruitière avec les fraisiers, les framboisiers et les mirabelliers.

Quel bonheur pour toi, Bernard, de dire : tu es béni, Dieu de l’univers, toi qui nous donnes ce pain et ce vin, fruits de la terre et du travail des hommes. Fruits de la terre…

La terre, tu nous dirais que nous ne devons pas que l’aimer et l’admirer sur une carte ou en faisant tourner une mappemonde ou dans un film-découverte d’Arthus-Bertrand, car le Pape François dans son encyclique Laudato Si demande que nous protégions la terre, notre maison-jardin, car le monde naturel est l’évangile de la création.

Sans aucun doute, le Père Pichon, coiffé de son inséparable béret, vivait pour protéger la terre, sa terre.

Oui, tu as été heureux de vivre dans le parc de Cuvry, où tu as créé un arborétum, replanté des marronniers et des sapins dans le parc, soigner les pommiers du jardin, multipliant les fraisiers ; cette joie tu cherchais à la partager aux élèves de Cuvry tout en n’hésitant pas à aider ton frère François resté célibataire dans la ferme familiale. Et tu n’hésitais pas aussi à échanger avec les élèves lors de promenades dans l’allée des marronniers ou à les réjouir à la Saint Nicolas ou par un feu d’artifice.

Ton amour et ton respect de la terre que ce soit en cours de Géographie ou lors des échanges informels avec les élèves sont l’origine de tes Palmes Académiques par ton sens de la pédagogie auprès des adolescents, devenus tristes par des évènements familiaux de toute sorte.

Bernard, te souviens-tu comment ces palmes ont été retrouvées dans ta chambre à Belletanche ? Tombée derrière un meuble que nous allions déménager, je te la donne et tu me dis : « Je ne la méritais pas, je ne sais rien. »

Et si nous continuons ton parcours, nous arrivons à Villebon-sur-Yvette, où tu as collaboré pendant 4 ans au travail de tes confrères, comme je le rappelais il y a quelques instants.

Puis ce sera le retour en Lorraine, à Belletanche, où tu as assuré le service de l’aumônerie des Filles de la Charité, tout en veillant à l’avenir de Cuvry dans l’OGEC.

Ici, depuis que tu es arrivé dans cette maison, tu diras ouvertement que tu as fait un bon choix en acceptant d’être un peu coupé de ta terre natale. Tu apprécieras de parler avec des confrères, après un certain isolement à Belletanche. Nous avons pu nous taquiner avec toi, comme le font de bons amis. Tu nous as fait partager tes bons souvenirs. Tu as cherché à nous faire plaisir avec quelques bouteilles du vignoble Ste Françoise ou des Hautes Braies, tout en nous rappelant que les mirabelles de Lorraine avaient meilleur goût.

Tu rappelais que tu avais distribué la communion à M. Robert Schumann, l’un des pères de l’Europe, dans l’église de Scy-Chazelles.

Comme l’apôtre Paul, tu nous as transmis de la vie à travers des évènements, et comme Jésus, tu nous dis : « Ne vous souciez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni, pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ? »

Enfin rendons grâce à Dieu, avec toi, Bernard, pour ton regard serein sur les évènements de la vie que tu nous as partagés.

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Lettre pour la Semaine Sainte 2021. Visiteur Province de France. Congrégation de la Mission ” Lazaristes “

Ne manquons pas ce rendez-vous et vivons ces étapes en communion les uns avec les autres ainsi qu’avec tout le peuple qui nous est confié, avec ce désir de ne faire qu’UN en Christ. Puissent ces jours saints être vécus pleinement par tous, nous renouveler de l’intérieur les uns et les autres dans un acte de foi confiant !

P. Christian Mauvais, cm

Lettre pour la Semaine Sainte 2021. Visiteur Province de France. Congrégation de la Mission ” Lazaristes “

Le sacrement de l’Eucharistie ne semble pas premier dans l’économie concrète de la foi. Ce dont il s’agit pour l’humanité, c’est de rendre à Dieu un sacrifice spirituel qui consiste tout entier dans la pratique de la charité : envers Dieu, envers soi-même et envers le prochain. Sacrifice, dans la mesure où cela se réalise dans le mouvement de donner, de demander, de recevoir, qui est le rythme même de l’amour et qui implique un bienheureux renoncement. Ce sacrifice ne peut être qu’une participation au Sacrifice parfait, offert à Dieu par le Christ sur la Croix, agréé par la Résurrection, continue dans les cieux où vit l’Agneau immolé ...

Ghislain Lafont, Le Catholicisme autrement ?

Hier, Dimanche des Rameaux, toute l’Église est entrée dans la grande célébration de la Semaine Sainte, se mettant davantage à l’écoute de son Maître qui avance vers la Croix et vers sa Glorification, dans une obéissance parfaite à son Père, par amour du peuple qu’il rassemble ainsi en son Corps, le faisant participer à sa Résurrection. Ne manquons pas ce rendez-vous et vivons ces étapes en communion les uns avec les autres ainsi qu’avec tout le peuple qui nous est confié, avec ce désir de ne faire qu’UN en Christ.

Puissent ces jours saints être vécus pleinement par tous, nous renouveler de l’intérieur les uns et les autres dans un acte de foi confiant !

Jeudi : nous nous retrouverons pour participer au dernier repas de Jésus avec ses amis dont nous sommes. Ce repas qui nous constitue comme corps du Ressuscité, repas qui nous met au service humble de nos frères et sœurs. Célébrer et accueillir le don d’amour de notre Maître, don qui nous replace devant notre propre don à sa suite dans le quotidien. Laisser s’approcher de nous Celui que nous avons choisis de suivre, accepter qu’il s’agenouille devant nous. Et entrer dans ce dialogue unique où le Christ soigne nos pieds et nous remercie de tous les pas que nous avons faits avec lui, dans l’enthousiasme, la joie mais aussi avec ces faux-pas, ceux faits par habitude, avec tristesse, en traînant les pieds…

Avec le Christ, ressouvenons-nous des lieux, des personnes où nos pieds nous ont emmenés. Rappelons- nous ce qui a été vécu, ce que nous avons reçu, donné, appris, etc. Occasion pour nous, dans ce face à face avec Jésus, de nous situer devant chacun de nos confrères de communauté et de les remercier pour les pas faits ensemble dans la mission, ces pas qui nous rapprochent les uns des autres pour servir et leur demander pardon pour ces pas de travers où domine l’entêtement, l’orgueil, le jugement qui fissurent notre unité !

Dans ce face à face silencieux avec Jésus, c’est une action de grâce qui peut jaillir de nos cœurs. Il prend soin de nos pieds et de toutes les personnes vers qui ils nous nous ont conduit. Il les prend avec amour et les prépare, en les lavant, à marcher avec lui dans sa passion. Il nous redit sa confiance pour que nous tenions fermes sur nos pieds quand les choix sont difficiles à faire, quand la fatigue, le doute, les tensions, la crise nous gagnent, nous dispersent et nous désunissent. Recevons cette douceur et cette force : nous en aurons toujours besoin pour demeurer debout, comme Marie.

Nous serons ensemble Vendredi, jour où ce don devient réel, sur la Croix, passant par l’humiliation, le jugement, la dérision, le rejet, les moqueries etc. Long chemin de dépouillement, de descente aux enfers, de défiguration, de solitude. Là nous sommes toujours conviés à ce rendez-vous de l’Amour offert. Prenons le temps, dans la contemplation du Christ livré, de porter les personnes connues ou non, proches ou non, qui traversent des déserts de solitude, d’abandon, de perte de leur identité, de leur dignité, qui sont vendus, rejetés comme des déchets inutiles. Offrons nos propres traversées de désert, les renoncements auxquels nous sommes appelés, nos moments de solitude, d’incompréhensions. Accueillons cet Amour qui rend à chacun, la dignité de fils du Père, Amour qui nous fait entrer en fraternité avec toute personne. Dans la nuit la plus sombre, sa présence est là, qui nous porte. Occasion toujours, devant la Croix, de rendre présents nos confrères, de les porter avec ce qu’ils sont, avec leurs travers, leur caractère, leurs habitudes, leur silence, etc. De les aimer avec tout cela et de vouloir faire ‘un’ ensemble, sous le regard du Crucifié qui pardonne à chacun.

Samedi : journée du grand silence, de la solitude, de l’intériorisation ! Chacun avec lui-même.

Être comme Pierre qui, après son triple reniement, mesure la profondeur du lien qui l’unit à Jésus. Il est habité par ce regard de Jésus, ce regard qui le fait renaître à lui-même et à nous-mêmes. Laisser ce regard se poser sur nos reniements, nos peurs, nos lâchetés, nos démissions. Regard qui nous prépare à recevoir la lumière de Pâques !

Être comme Jean qui, après avoir reçu Marie pour Mère, la prend chez elle à partir de cette heure du passage au Père, cette heure de la souffrance, de l’abandon, de l’agonie, cette heure aussi de la glorification Se réjouir de cette présence maternelle qui a tenu bon jusqu’au bout. Marie nous ouvre le cœur à l’intelligence des Écritures qui nous font entrevoir la lumière pascale !

Être comme Marie qui approfondit sa foi, entrant davantage dans le Mystère de Dieu, ce Mystère du Dieu fait homme et qui accueille déjà la lumière de Pâques. « Elle est au contact de la vérité de son Fils seulement dans la foi et par la foi » comme l’écrivait s. Jean-Paul II. Marie a vécu la foi avec intensité, dans un grand dénuement. Foi de l’Église dans son cœur de Mère.

Occasion encore de vivre cette journée en compagnie de nos frères, dans le silence de nos cœurs, de notre méditation, croyant que nous pouvons dépasser des appréhensions, des rancunes… Pour témoigner que la vie fraternelle est possible, qu’elle peut nous aider à être plus vivant, plus aimant, plus pardonnant, plus joyeux dans la mission, lieu de notre don.

Samedi, jour où s’opère le mûrissement des événements passés qui reviennent à la mémoire, préparation à faire le deuil et à accueillir le vivant. Il faut traverser ce vendredi, en sortir pour s’ouvrir au dimanche. Les souvenirs ouvrent une porte sur l’avenir qui nous aide à l’accueillir et à y croire.

Aujourd’hui, nombre de personnes cherchent des signes d’espoir. Ceux-ci peuvent paraître souvent dérisoires devant la situation que connaît le monde, notre société ou chacun d’entre nous : chômage, maladie de la Covid-19 et ses conséquences dramatiques, précarité, augmentation de la misère, réchauffement climatique, suicides, usure des communautés, peur de l’engagement, maladie, vieillesse, lassitude, etc. Autant de réalités qui ébranlent des convictions, qui remettent en cause des choix et installent le doute, le découragement. Mais rappelons-nous que « le Samedi Saint, les signes d’espoirs étaient quasi-inexistants. Marie ne nous apprend pas à chercher des raisons d’espérer. Elle nous invite à la rejoindre dans une attitude fondamentale d’espérance qui s’enracine dans la foi. “La foi est le moyen de posséder déjà ce que l’on espère, et de connaître des réalités que l’on ne voit pas” (He 11, 1) », (cf.

Mgr Gabriel Piroird, Constantine).

Pierre et Jean, les femmes, les autres étaient plutôt désorientés et pourtant à leur insu, l’Esprit poursuivait son travail dans le cœur de beaucoup d’autres qui se trouvèrent présents au rendez-vous de Pentecôte. Nous sommes en chemin déjà vers ce rendez-vous.

Dimanche, jour de joie et de fête. Que la Joie rayonne sur nos visages, qu’elle soit le signe que nous sommes renouvelés dans la Lumière du Ressuscité. La joie d’être frères les uns des autres et avec quiconque.

« En toute vie, il y a des heures où les choix révèlent ce que nous portons en nous et ce que nous sommes… Tout cela s’accomplit dans le mystère pascal. Non pas seulement dans ces jours où la vie et la mort s’affrontent au Golgotha, mais dans le mouvement de toute l’existence croyante qui se déroule sous le signe du passage de la mort à la vie », (cf. Mgr Pierre Claverie, Oran).

Réjouissons-nous avec le diocèse de Moulins-Vichy qui a un nouvel évêque depuis hier en la personne de Mgr Marc BEAUMONT, ancien curé-doyen et Délégué Épiscopal à l’information dans le diocèse de Cambrai. Son ordination est prévue le Dimanche 16 mai 2021 à 15h à la cathédrale de Moulins.

En communion avec chacun d’entre vous,

Christian MAUVAIS cm, Visiteur

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Avis de décès du P. Bernard PICHON CM

« Heureux dès à présent, ceux qui sont morts dans le Seigneur ! » Apocalypse 14, 13

Province de France Congregation de la Mission

Avis de décès du P. Bernard PICHON CM

Dans l’espérance de la Résurrection, nous avons la peine de vous annoncer le décès de notre confrère le père Bernard PICHON cm survenu ce matin, à l’aube, à l’hôpital Broca à Paris, dans sa 96e année et sa 68e année de sacerdoce.

À la veille de la Semaine Sainte, il a vécu sa Pâque, après un bon mois d’hospitalisation consécutif à une chute qui lui a valu une fracture du bassin.

Bernard Pichon est né le 10 juillet 1925, à SCY-CHAZELLES, en Moselle (diocèse de Metz), fils de Joseph et de Marie GODFRIN. Après des études secondaires à Cuvry, il a été reçu dans la Congrégation de la Mission le 27 octobre 1946 à Paris. Il y a prononcé les vœux le 7 Novembre 1948.

En 1950, il part finir ses études à Dax. Il a été ordonné diacre le 19 septembre 1953 à Dax par Mgr Fresnel. Il est envoyé à Strasbourg en 1954 pour les études universitaires. Il est ordonné prêtre le 13 mars 1954 à Dax par Mgr Mathieu.

En 1955, il est nommé professeur à Cuvry, dont il devient le supérieur de la communauté en 1978. En 1987, il est nommé à Villebon-sur-Yvtte ; il y deviendra supérieur en 1988.

En 1992, il est nommé à Belletanche comme aumônier des Filles de la Charité. C’est en 2013 qu’il rejoint la Maison-Mère, participant à la pastorale de la Chapelle de la Médaille Miraculeuse pendant plusieurs années, avant de vivre une retraite au sein de la Communauté.

La célébration de ses funérailles aura lieu le Mercredi 31 mars 2021, à 14h30, en la Chapelle Saint- Vincent-de-Paul de la Maison-Mère, suivie de l’inhumation dans le caveau des confrères au cimetière de Montparnasse.

Que le Christ lui fasse connaître la joie de la Résurrection et reçoive ce missionnaire à sa table ! Prions pour les membres de sa famille, ses amis et pour tous ceux et toutes celles qui l’ont connu, apprécié et qui ont bénéficié de son accompagnement.

P. Christian MAUVAIS cm – Visiteur Province de France

25 janvier 2021. Homélie Fête de la Conversion de Saint Paul. Messe chapelle st Vincent de Paul – Paris. Jean-Baptiste GNING CM, séminariste, prononce les voeux dans la Congrégation de la Mission.

Partout où nous sommes appelés à aller, il faut avancer dans la profondeur de la vie de nos contemporains et notamment de ceux qu’on oublie si facilement, ‘vivre avec eux, demeurer avec eux, se poser’ parmi eux ; il s’agit de les suivre pas à pas, sans brusquerie, en apprenant à cheminer à leur rythme, en ayant ‘un cœur qui se laisse modeler dans la patience’ ; patience qui n’est autre que la passion d’aimer et de se donner.

P. Christian Mauvais, cm

25 janvier 2021. Homélie Fête de la Conversion de Saint Paul. Messe chapelle st Vincent de Paul – Paris. Jean-Baptiste GNING CM, séminariste, prononce les voeux dans la Congrégation de la Mission.

La 1ère fois que je t’ai vu, Jean-Baptiste, c’était en photo sur la page de garde de ‘Rencontres’, la revue du diocèse d’Alger. Tu étais dans les fonts baptismaux de la basilique en ruines de Tipaza, lieu où est passé st Augustin. Un jeune étudiant, venant d’un autre pays, plongé dans les fonts baptismaux d’une Église que tu découvrais avec les autres étudiants. Je t’ai rencontré plusieurs mois après, gardien de la maison paroissiale à Boumerdes avec Bernard ton compatriote. C’est là que plus tard encore je t’ai rejoint comme curé de ce lieu et que nous avons fait connaissance pendant plus d’une année.

Pour toi comme pour d’autres, cette expérience en Algérie a été un peu comme le chemin de Damas de Paul : un lieu, un moment de rencontre avec une église minoritaire ayant des racines profondes sur cette terre d’Afrique du Nord et Église en rencontre avec le monde musulman qui sortait d’une profonde crise de violence et où il n’était pas toujours facile de s’afficher comme chrétien sans être bousculé, interrogé et où il fallait le courage de son identité d’ami du Christ dans le milieu universitaire, parfois hostile à l’étranger.

Avec les autres étudiants, tu t’es retrouvé missionnaire au cœur de l’université de Boumerdes ; et vous avez témoigné de ce Jésus que vous aviez rencontré et que vous continuiez à chercher à connaître au sein de cette église. Témoigner d’une présence, d’une personne qui vous rendait heureux. Tu le montrais à l’intérieur de la communauté chrétienne des étudiants. D’aucuns d’ailleurs n’ont pas été surpris quand ils ont appris que tu étais au Séminaire ; ils avaient déjà reconnu en toi ce témoin passionné du Christ.

Du chemin a été parcouru. Te voilà dans ta 5e année de formation. D’autres expériences en France, à Caen, à Valence, à Orléans, en Italie à Chieri et maintenant aux Carmes, à Amiens et à Villiers/Marne. Autant d’expériences qui t’ont enrichi, formé et qui t’ont permis de t’ancrer, de t’enraciner en Christ, de t’attacher à l’Église dans sa réalité avec ses beautés et ses laideurs. On sent en toi l’homme profondément heureux de sa réponse à l’appel que le Seigneur lui adresse, heureux de se donner pour que le Christ soit mieux connu et rende les autres heureux.

Paul sur son chemin de Damas a fait une expérience renversante du Christ ; il l’a rencontré, entendu, vu et cela en a fait un homme nouveau, certes avec la même force, la même énergie qu’avant mais cette fois-ci, mise au service de l’annonce de l’Évangile, partout ailleurs. Une rencontre qui l’a retourné dans la violence de l’Esprit, le seul acteur dans la mission comme le souligne le Pape François : « La mission consiste à te faire guider par l’ESPRIT Saint : il faut que ce soit lui qui te pousse à annoncer le Christ. C’est renoncer à tout calculer, à tout contrôler ». Totale démarche d’abandon dans la confiance. « … La mission est un contact humain, elle est le témoignage d’hommes et de femmes qui disent à leurs compagnons de voyage : je connais Jésus, je voudrais te le faire connaître. » Je reconnais que tu es guidé par l’Esprit qui te pousse partout à faire connaître le Christ et que tu es un vrai témoin entre autres, auprès des jeunes que tu rencontres en différents lieux.

L’Esprit agit par des intermédiaires. Paul a eu Ananie et Barnabé qui lui ont permis d’être reçu dans la communauté et d’y prendre sa place et d’y donner tout le meilleur de lui-même. Vincent a eu Mme de Gondi et Louise de Marillac qui lui ont ouvert des chemins d’évangélisation. Voix de celles et ceux qui éclairent, accompagnent les choix, les engagements, les déplacements vers des périphéries. Toi-même, comme chacun d’entre nous, tu as des personnes qui ont été là à un moment et qui t’ont éclairé dans tes choix de vie, accompagné dans ta recherche, soutenu dans tes audaces. Témoins de ton parcours, hier et aujourd’hui. Ils te permettent de mesurer, si possible, la fécondité et de la formation que tu reçois, et de la mission que tu expérimentes. Ce n’est peut-être pas encore la pêche miraculeuse mais elle est prometteuse pour l’avenir.

L’Esprit bouscule, notamment quand il y a des résistances. Il travaille de l’intérieur chacun pour le rendre docile à la Parole de Vie ; Il t’a déjà emmené sur des chemins très nouveaux, loin de ta terre natale, géographiquement, culturellement, et ecclésialement ! Continue à te laisser modeler, façonner pour être prêt à l’audace de la rencontre, de l’interculturel, du dialogue qui ouvre bien des chemins dans les cœurs. Avec lui, continue d’avancer en eau profonde, toujours un peu plus loin, sans crainte, sûr que Christ est là, présent à tes côtés.

Partout où nous sommes appelés à aller, il faut avancer dans la profondeur de la vie de nos contemporains et notamment de ceux qu’on oublie si facilement, ‘vivre avec eux, demeurer avec eux, se poser’ parmi eux ; il s’agit de les suivre pas à pas, sans brusquerie, en apprenant à cheminer à leur rythme, en ayant ‘un cœur qui se laisse modeler dans la patience’ ; patience qui n’est autre que la passion d’aimer et de se donner.

En ce jour de la Conversion de St Paul, puisses-tu te laisser guider par l’Esprit jusqu’au cœur de la communauté des amis de Jésus pour l’aimer telle qu’elle est et avec elle, partir sur les chemins du monde pour lui révéler la présence du Christ. Pour ‘rester fidèle de manière stable à cette vocation’, tu choisis, à la suite de St Vincent, ‘la petite Congrégation de la Mission où Dieu nous met en l’état où il a mis son Fils et qui a pensé qu’elle ne se pouvait servir d’armes meilleures ni plus propres que de celles mêmes, dont cette Sagesse éternelle s’est servie si heureusement et si avantageusement’ (XII, 365) : la Chasteté, la Pauvreté et l’Obéissance, armes utiles pour demeurer stables dans la mission d’Évangélisation et du Service des Pauvres. ‘Celui qui fait les vœux de pauvreté, chasteté et obéissance donne tout à Dieu, renonçant aux biens, plaisirs et honneurs, c’est un parfait holocauste, car l’entendement, Messieurs, est sacrifié à Dieu, comme le jugement propre et la volonté propre’; d’aucuns disent qu’avoir fait les vœux et les accomplir, c’est un continuel martyre.’ (XII, 371, 372) nous dit st Vincent, le Martyre de la Charité.

Jean-Baptiste, je suis heureux de l’engagement que tu prends aujourd’hui, dans le fond de ton cœur. Heureux que tu deviennes définitivement un membre de notre chétive, un membre pour servir en se donnant sans compter pour les plus petits et les plus oubliés de nos contemporains. Sois pour eux, avec eux, par eux un instrument de paix et de joie. Celle de l’Esprit qui fait toute chose nouvelle.

Que St François Régis CLET veille sur toi puis que c’est à lui que tu as confié cette demande d’émettre les vœux, lui qui a suivi jusqu’au bout le Christ pour le faire connaître partout. Amen !

MOT D’ACCUEIL.

Bonjour à vous frères et sœurs en Christ. Je souhaite la bienvenue à Paul, ton frère qui représente toute ta famille qui est unie à nous ce matin ; bienvenue au Supérieur du Séminaire des Carmes et à tes compagnons d’études dans ce même lieu, aux personnes de la paroisse de Villiers sur Marne, à tes amis et à tes confrères.

Nous sommes heureux de vous accueillir en ce jour où nous fêtons la fondation de la Congrégation de la Mission pour marcher avec le Christ, Évangélisateur des Pauvres. C’est une grâce que de revenir régulièrement à ces textes fondateurs pour nous renouveler.

Notre joie est multipliée par le fait de t’accueillir de façon définitive, Jean-Baptiste au sein de cette Congrégation, toi qui vas faire le vœu de te consacrer à l’Évangélisation des pauvres à la suite du Christ, et pour cela t’engager à travers les 3 vœux de chasteté, de pauvreté et d’obéissance.

Ensemble, reconnaissons la grâce de Dieu en nos vies, la fécondité de sa Parole, de son appel, et accueillons sa miséricorde qui nous relève de nos péchés, de nos infidélités, de nos peurs et laissons-nous renouveler par le pardon sans mesure qu’il nous accorde.

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Relecture au temps d’un confinement

Lorsque le 17 mars commence le premier confinement, c’est tout d’abord le souvenir de mon expérience missionnaire en Bolivie qui m’a permis de penser à m’organiser. Nous ne recevions plus hebdomadairement les personnes sans-abris au repas, seule l’équipe a continuée à se retrouver. Les célébrations étant interdites à cause du cluster produit en milieu de culte évangélique, le confrère en paroisse se retrouvait sans activités.

Bernard Massarini

Relecture au temps d’un confinement

Je dois vous le confesser lorsque j’ai entendu parler de confinement en mars, à cause de l’écriture d’un livre qui va sortir en février. Un livre suscité par plus de 10 ans en ministère auprès de personnes homosexuelles et transgenres, que j’avais entreprise, depuis septembre 2019, j’avais un rythme quasi monacal. Comme vous l’avez su pour faire ce travail de théologie morale j’avais souhaité être accompagné par le Centre Sèvres, ce fut la raison de mon placement à Amiens. J’y suis arrivé en septembre pour la fête patronale ; la saint Firmin, et excepté la messe dominicale lorsque venait notre tour sur Sainte Anne, ou pour aider le curé, et ma rencontre hebdomadaire des personnes de la rue dans un accueil conduit par des chrétiens actifs dans la diaconie samarienne[1] que je rejoignais chaque semaine le jeudi, j’étais consacré du matin au soir 7 jours sur 7 à l’écriture…

Aussi entendre parler de « confinement » m’a surpris qu’est-ce que cela allait changer dans mon rythme ? J’ai terminé la première phase d’écriture presque au moment où nous entrions en confinement. Il m’a fallu partir à la recherche d’un évêque qui accepte de préfacer mon travail, mais ayant terminé l’’écriture, si j’avais appris à gérer le peu de rencontre, et la solitude qui en découle sans que cela ne me coûte trop, grâce à la présence des confrères, il allait falloir que je trouve comment emplir mon temps car je ne suis pas un inactif. J’avais pensé rejoindre le réseau « Welcome » (de familles d’accueil de jeunes migrants en attente de papiers) poursuivant ainsi mon travail entrepris à Dax alors que j’étais diocésain de la pastorale des migrants, mais cela aussi était à l’arrêt.

Lorsque le 17 mars commence le premier confinement, c’est tout d’abord le souvenir de mon expérience missionnaire en Bolivie qui m’a permis de penser à m’organiser. Nous ne recevions plus hebdomadairement les personnes sans-abris au repas, seule l’équipe a continuée à se retrouver. Les célébrations étant interdites à cause du cluster produit en milieu de culte évangélique, le confrère en paroisse se retrouvait sans activités. Mon souvenir de la saison des plus en Bolivie :  trois mois de pluie, sans pouvoir sortir de la maison, une maison de 2 pièces :  la chambre au toit doublé la cuisine en tôle ondulée. Avec la pluie tombant jour et nuit et nuit et jour sans arrêt, vous comprenez que la cuisine était inhospitalière, il ne restait que la chambre. Je dois vous avouez que la première année, sans électricité, sans téléphone, sans courrier, j’ai cru devenir fou. Ayant retrouvé des manuscrits sur parchemin du XVIIe siècle, manuscrits rapportant les visites canoniques, j’ai dû apprendre à déchiffrer l’espagnol ancien. Ceci m’a conduit à travailler sur l’évangélisation des indiens au XVIIème dans l’Altiplano Bolivien. Ce qui m’a permis de terminer, avec l’accord gracieux de l’Institut Catholique de Toulouse ma maitrise en théologie.

Comme je venais de lire de articles d’actualité sur l’accord Chine-Vatican et les multiples critiques çà et là. Je suis tombé sur un intéressant article de Mr Criveller un sinologue qui rapportait la mission d’un nonce pour lequel avait été choisi Mr Appiani, un confrère italien, pour être traducteur de nonce. J’ai contacté le père Lautissier qui m’a passé une pièce microfiché de la seule note restante nos archives qui en parlait. Toutes les copies de nos annales ayant été détruit sur demande de la congrégation pour les congrégations religieuse, car elles contenaient une mémoire « infamante des jésuites. C’est donc un texte de 300 pages que j’ai reçu. J’avais de quoi occuper mon esprit. Comme je ne voulais pas avoir un seul thème j’ai été mis au courant par des amis homosexuels d’une thèse d’un prêtre belge présentée l’an dernier à Louvain sur la théologie du baptême pour repenser la pastorale avec les personnes aux sexualités différentes. J’avais don un travail pour le matin et celui de l’après-midi.

Cela m’a conduit à faire des fiches de lectures d’une quinzaine de page chacune résumant les découvertes faites par ces deux textes. J’ai fait suivre le travail sur la Chine aux Cahiers Vincentiens et au service de communication de la congrégation peut être pour Vincentiana, quant au texte sur la sexualité, je l’ai fait suivre à des personnes intéressées par le sujet, avec qui je suis en lien, leur permettant d’avoir des outils pour les services qu’ils déploient avec ces croyants aux diverses sexualités. 

Comme Amiens est une communauté agréable et que la période d’avril a été chaude j’ai pu les après-midi une heure durant m’asseoir dans le charmant jardin goûtant la chaleur printanière en parcourant la presse ou me penchant sur des textes que l’on m’avait passé pour continuer à vivre le charisme vincentien de service.

Le reste était fait des temps de prière communautaire du matin offices et oraison commune suivi deux fois dans le mois d’un partage d’évangile de notre rencontre communautaire mensuelle et nos week-ends avec l’apéritif saturnal et le dominical, pris dans la chaleur fraternelle, que j’ai partagé sur Facebook, a donné à tous les amis qui découvraient sur Facebook l’envie de nous rejoindre.

J’ai vraiment apprécié ce temps, car avec la chance de l’internet et le fait que tout le monde soit dans la même situation, j’ai eu l’occasion de vivre des pauses avec des amis d’Italie, des Etats-Unis, du Mexique, du Chili, sans compter les français. Quelle joie de pouvoir converser et rire de nos situations et échanger sur les diverses situations sanitaires et leurs répercussions sociales.

Ici à Amiens, un de nos frères a hérité des denrées d’un supermarché fermant. Il a regroupé quelques personnes et créé un espace de distribution alimentaire dans l’espace de la paroisse et ouvert à un vesti-boutique dans un autre lieu d’Eglise des sans-abris. Il anticipait sur les prochaines difficultés économiques provoquées par la cessation des activités pour freiner la diffusion de la maladie qui pointait.

Nous étions aussi attentifs aux frères touchés :  nos confrères ainés à Paris, avec les symptômes légers, notre jeune confrère de Villepinte plusieurs semaines en réanimation, un ami toulousain directeur d’un établissement vincentien lui aussi touché mais seulement par les fièvres et la fatigue, un autre ami landais éducateur atteint d’agnosie et d’anosmie.

Sur la demande des filles de la Charité de Rouen et de Beauvais nous avons commencé à célébrer l’eucharistie sur les sites internet. Cela a même permis que nous ayons une messe dominicale avec des amis et membre de nos familles : la lecture faite par Avignon, le psaume par Beauvais et un geste paix sonore, car chacun sur le site de communication apparaissant en gros plan lorsque sa voix dominait a été l’occasion pour chacun de connaitre les autres, créant une réelle fraternité, même si la communion demeurait communion de désir. Puis la congrégation de créer des rencontres virtuelles sur les missions (dont nous pouvions écouter la rencontre dans notre langue), une autre sur les vocations et proposant même un temps de prière en plusieurs langues -dont chaque culture a participé à la construction (en France une équipière de saint Vincent et une collaboratrice de la famille vincentienn membre de l’association de la médaille miraculeuse) durant le temps de l’Avent lors du second confinement.

Durant toute cette période je relayais les nombreux messages comiques de Facebook et WhatsApp aux amis travaillant dans le social et dans le sanitaire sur Amiens. Ils me remercieront de les avoir aidés à traverser ce lourd moment avec la note d’humour.

Puis c’est dans la période d’octobre sorti de confinement que, rejoignant un groupe de travail à Lyon, lors de la soirée, hébergé chez une amie avec qui j’avais travaillé dans le lycée technique vincentien d’Avignon, elle nous confiera avoir une fièvre et une fatigue persistante inexpliquée. Son sms deux jours plus tard m’informe qu’elle est positive au Covid. Le soir même j’avais aussi de fortes fièvres. A la demande de services sanitaires, j’ai été invité à faire le test Covid qui s’est avéré positif. Le docteur m’a donc placé en quarantaine. Je me retrouvais à Amiens devoir manger seul et prier dans ma chambre, évitant d’aller dans la chapelle par crainte d’y déposer le virus. J’ai eu la chance de ne pas avoir de symptômes respiratoires graves ce qui a évité les traitements lourds.

J’avoue que ce qui était le plus difficile était outre l’état de fatigue, ce furent les quintes de toux incessante et épuisantes des heures durant sans rien pouvoir faire. Ce fut l’occasion de me rendre compte combien vivre sa responsabilité avec ses frères devient importante : plus de passage par la chapelle, par la salle communautaire pour éviter d’y déposer le virus. Lors du repas, une heure après les frères, laver la table et les ustensiles à la javel pour éviter la possible contagion. Et passer tout son temps dans la chambre se donnant des nouvelles par sms : évitant au maximum les contacts personnels, ne sachant pas exactement ce qui serait contaminant ou non.

Lorsque je suis sorti de la quarantaine, c’est le second confinement qui commençait….  Durant ce 2e temps de confinement, comme les éditions auxquelles j’avais déposé mon manuscrit avaient pris du retard, elles m’ont dit que mon texte ne serait publiable qu’en janvier et qu’il fallait le peaufiner pour le rendre agréable au lecteur.  C’est donc un long et patient travail de réécriture qui a été entrepris, toutes les retouches du texte pour le rendre attrayant aux lecteurs : affiner les titres de chapitre, repenser certains découpages, éviter les redites, réduire le nombre témoignages, reformuler certains passages pour les rendre plus accessibles à la compréhension. 

Comme la famille vincentienne a deux rencontres annuelles, la première, malgré les craintes des vincentiens pour internet, car ils favorisent au maximum la proximité, ont tous répondu présents. Sachons louer le fait que malgré leur crainte de l’envahissement d’internet La plus grande part des membres de la famille ont un site internet, quatre ont une page Facebook : la Congrégation de la Mission, la Société Saint Vincent de Paul, les Equipes saint Vincent et l’Association de la médaille miraculeuse, et la Société Saint Vincent de Paul a même un compte twitter. Durant la première rencontre, ils ont partagé de multiples initiatives pour vivre la période. Les sœurs du rosier de l’annonciation, dernière nées de la famille vincentienne, ont créé des séances de patronage sur internet qui ont eu beaucoup de succès pour le plus grand bonheur des jeunes ayant des activités spirituelles et les parents heureux de découvrir cette nouvelle façon de faire corps. Une équipe saint Vincent a vu s’organiser des rencontres internet avec les personnes de l’EHPAD qu’elles visitaient habituellement, la Société Saint Vincent a pu grâce à des donateurs fournir des tablettes à des jeunes d’une zone leur permettant de suivre leurs cours. Lors de la deuxième rencontre à novembre, alors que nous avions le second confinement, la rencontre a offert à tous de visiter virtuellement l’accueil « Louise et Rosalie » : ce projet mené en collaboration depuis sa conception entre les ESV et la SSVP, les lazaristes offrant un local, pour servir les femmes sans domiciles fixe. Quelques jours avant l’ouverture, nous avons visité cet accueil qui depuis a accueilli une dizaine de femmes, leur offrant un temps de respiration dans leur difficiles conditions de vie.

Je terminerai en disant que je crois qu’il est vraiment important en temps de crise de ce type de conserver ses objectifs et apprendre à les monnayer dans les conditions concrètes qui nous sont permises. Que tout en étant sérieux pour ce qui concerne les mesures sanitaires, il faut savoir garder le sens de l’humour (de nombreux cartoons ont aidé à garder le sens de l’humour éveillé) pour permettre à tous de conserver un esprit sain et clair, continuant à être porteur d’espérance, surtout nous qui sommes chrétiens dépositaire d’une Bonne Nouvelle.

Soyons inventifs pour écoutant nos ressources, apprendre à monnayer avec le réel qui est le nôtre pour tenir debout.

Comme nous l’a proposé le pape au cœur de la pandémie, sollicitons l’aide du Père. Il l’a fait lors de la prière sur une place saint-Pierre vide, sous la pluie battante, usant des signes propres de l’Eglise de Rome : le très beau Christ de Saint Marcelo qui avait protégé la ville d’une épidémie et de Marie salus populi : la vierge protectrice de Rome, avec ceux de nos Eglises locales, emplies de trésors de l’espérance de la tradition chrétienne, sachons partager notre espérance (j’ai entendu dire que la médaille miraculeuse a été très demandée durant cette période).

Continuons à être ces simples guetteurs d’aube pour que naisse le monde nouveau que tous attendent.

[1] De la Somme.

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