RENCONTRE DE VICHY. 6-8 octobre 2019

« J’ai la tentation de me reconnaître dans le ‘petit rat de bibliothèque’ cité en tête de Moby Dick ; ‘Ce bucheur simple et appliqué de ver de terre qu’était le ‘sous-second libraire’ semble avoir parcouru les longs vaticans de livres et le petites boutiques de la terre, ramassant au petit bonheur, où il pouvait et en n’importe quel livre sacré ou profane, les moindres allusins aux baleines...

Marc Thieffry

RENCONTRE DE VICHY. 6-8 octobre 2019

Étaient présents : Aimé Goliet – Firmin Mola Mbalo – Danielle et Dominique Lê – Michèle et Jean Prezeau – Antoine Téjédor – Pepito Campaña – Carmen et Pierre Damiens – Lâm Phan-Thanh– Faustin Mombanga Mbanda –  Patricia et Marc Thieffry

Nous nous retrouvons tous le dimanche soir. Merci à François Hiss qui est venu chercher quelques participants à la gare. Les retrouvailles se déroulent autour d’un apéritif offert par la maison. S’ensuit le repas et nous prenons rendez-vous pour le lendemain matin à 9H30 pour nos échanges.

Lundi 7 octobre 

Echanges et partage :

Comme d’habitude, nous commençons par lire les nouvelles que les uns et les autres nous ont fait parvenir.

Jean-François LAGOUEYTE :  Je ne viendrai pas à Vichy cette année pour des raisons de santé. Depuis plus d’un an, je souffre de tassements de vertèbres, de rétrécissements du rachis dorsal, cervical et lombaire…qui font que je ne peux pas rester debout et marcher longtemps… À part cela, tout va bien. J’ai le moral.

Michel RÉVEILLE : Je ne serai pas à la rencontre de Vichy car ma vue ne me permet pas de m’aventurer seul dans les trains et le métro parisien. Pourtant je vais bien, malgré pour mes 90 printemps. Il m’arrie de regarder en arrière et je trouve que j’ai été un privilégié. Je suis un prêtre heureux. Je peux encore pas mal m’occuper : ACO, JOC et le fait d’avoir été PO me permet de rester en contact avec la vie syndicale en retaité, et en ce moment, grâce à Macron, il y a du boulot : rencontres, manifs. Occasion de rencontrer des copains, parfois partager de joyeuses agapes… ! Bref, c’est la vraie vie !. En attendant d’y aller (le plus tard possible), je fréquente aussi les EPHAD pour voir des copains et copines. Bernadette, que certains connaissent et qui est la ‘personne de confiance’, me déplace, car je ne peux plus conduire. Par ailleurs, je continue nos ‘chères études’. À ce propos, je vous recommande un livre très très décapant : ‘Pour un christianisme d’avenir’, en sous titre : ‘Ni les credo anciens, ni la Réforme ne peuvent aujourd’hui susciter une foi vivante, pourquoi ?’ de John Shelby Spong – Karthala 2019. J’aurais encore mille choses à dire…Puisse la charité théologale de Saint Vincent nous animer là où nous vivons.

Daniel LAMERAND : Il ne peut se joindre à nous pour des raisons de santé, mais il nous assure de toute son amitié et de ses prières.

Claude LAUTISSIER : Je m’étais inscrit avec joie à la rencontre des anciens, en me disant que ce serait peut-être la dernière… Depuis, la prostate m’a joué des tours et je rentre à peine de la clinique avec des tuyaux partout. Dans ces conditins, je pense qu’il ne serait pas sage de faire ce déplacement. J’en suis vraiment désolé et peiné. Toute mon amitié à tous les participants. Je serai de tout cœur avec vous. Bonne et fraternelle renconotre.

André MEYRANX : Je suis en EPHAD à Saint Sever, petite ville de Landes (4000 habitants), à mi-chemin de Mugron (mon village natal) et de Mont-de-Marsan où j’ai également de la famille. Je suis maintenant bien intégré à ma nouvelle communauté et on m’a même confié la responsabilité de la présidence du Conseil de Vie Sociale. Pour ce qui concerne mon épouse, Josette, la situation s’est avérée plus difficile. Après deux expériences difficiles dans des Ephads, elle a été placée en famille d’accueil où tout semblait bien aller, mais on n’a plus voulu la garder, sans donner de motivations. Son fils a pu trouver une nouvelle famille d’accueil dans le Gard. (Nous avons appris depuis que Josette était décédée le 7 juillet). Ma vie se passe dans le calme, dans la vie communautaire de l’Ehpad (pas mal d’animation), la lecture, la méditation, la messe tous les mardis et même le chapelet tous les jeudis. Une vraie vie de moine qui me convient parfaitement. J’ai une petite voiture qui me permet d’aller en famille régulièrement. Je fais peu de route, ma santé ne me le permet pas. Je ne serai pas des vôtres à Vichy, à mon grand regret. La vie commande et il faut accepter les ‘finitudes’. Je lirai avec plaisir le comte-rendu.

Jean LOGEAN : Il a téléphoné à Aimé pour nous dire toute son affection et l’assurance de sa prière pour notre rencontre.

Jean-Claude SPERANDIO : Il nous donne des nouvelles de Bernardo GARCIA qui ne peut être des nôtres car il ne se sent pas en état de voyager. Sa santé est stationnaire, mais des problèmes aux jambes l’empêchnte de marcher longuement. Il assure toujours son service auprès des Sœurs. 

Christian LABOURSE est également à Château-l’Evêque (quelques problèmes de santé lui aussi).

Lettre de Jean-Claude SPERANDIO : « Je ne pourrai pas être parmi vous cette année, pour une banale question d’agenda, un RDV d’hôpital pour mon épouse, difficilement déplaçable ! Croyez bien que je regrette de ne pas pouvoir venir. Mes occupations de retraité ont peu changé par rapport aux années précédentes : contributions associatives et post-universitaires, animation de sessions de formation pour des séniors (informatique, internet), activités de grands-parents au quotidien, puisque nos filles et leurs enfants demeurent à proximité de notre domicile.  Un séjour familial au Mexique au mois de mars dernier et un autre à La Réunion en août. Ces deux voyages nous ont beaucoup plu et instruits, en nous faisant voir de près des réalités socio-économiques difficiles, différentes des nôtres, au-delà des cadres géographiques admirables qui méritent un voyage à eux seuls ! Nous allons aussi au Québec où vit mon frère ainé, maintenant en Ephad, qui ne peut plus lui-même voyager. Et finalement, j’ai eu l’occasion, en septembre, de traverser la magnifique région de Marvejols que je ne connaissais pas mais dont le nom m’était resté familier par l’École Apostolique, qui a évidemment cessé de fonctionner depuis plusieurs années, comme toutes les autres Écoles Apostoliques. Le bâtiment, situé dans le centre historique, existe toujours, transformé en appartements, mais sans aucune trace de l’École Apostolique, même pas une petite plaque commémorative… L’église proche est magnifique ! »

Jacques GROS : (Il y a la longue lettre aux amis que beaucoup d’entre nous ont reçue.  Je ne la reprends donc pas. Je transmets un autre message de Jacques Gros) :

«  J’ai la tentation de me reconnaître dans le ‘petit rat de bibliothèque’ cité en tête de Moby Dick ; ‘Ce bucheur simple et appliqué de ver de terre qu’était le ‘sous-second libraire’ semble avoir parcouru les longs vaticans de livres et le petites boutiques de la terre, ramassant au petit bonheur, où il pouvait et en n’importe quel livre sacré ou profane, les moindres allusins aux baleines. Simplement, c’est plus une vue sur mon probable avenir qu’une réalité présente. Parce que si, depuis le mardi 2 octobre, fête de ma grande copine, Thérèse Martin, je suis à demeure à Surabaya, la bibliothèque que je devais gérer avec deux autres confrères n’est pas encore construite et de ces deux confrères, l’un est maintenant sur une chaise roulante, et l’autre poursuit des études aux États-Unis ou ailleurs. Donc je me retrouve dans la peau d’un chômeur, d’un de ces pensionnaires inactifs du ‘Provincialat’ (maison de la Province), avec celui que j’étais censé remplacer et qui n’a plus sa tête et le fauteuil à roulettes évoqué plus haut.

Vous devinez que cette situation n’est pas vraiment pour me plaire. C’est bien sûr une anticipation : dsans quelques années (ou mois ?), si Dieu a la mauvaise idée de me prêter longue vie, je serai effectivement un de ces pensionnaires de l’antichambre de la mort, gagas, peu ambulants ou pas ambulants du tout, patients exerçant la patience des confrères valides et des personnes qui les soignent, dans une maison pour personnes médicalement assistées. Je n’en suis pas encore là (ça viendra), mais j’ose espérer avoir bientôt un vrai job, pas une occupation fictive pour me faire croire que j’existe encore. Je me ferai votre guide avec plaisir si vous venez dans l’archipel. En attendant, je vous redis à tous mon amitié. (Surabaya, 5 octobre 2019, à la veille du synode sur l’Amazonie, qui aura lieu à Rome ! étrange !) »

Après la lecture des messages envoyés par des absents,  commence le temps d’échange entre les présents :

Faustin Mombanga Mbanda : Prêtre depuis 2000. Il appartenait à la Province lazariste de la République Démocratique du Congo (ex Zaïre). Suite à un problème dans lequel nous n’entrerons pas car nous n’avons pas tous les éléments en main, 13 confrères ont été chassés de la Congrégation par le Supérieur Général, dont Faustin. Si nombre de ceux qui ont quitté la CM sont retournés dans leurs familles, Faustin est parvenu, grâce à un ami Prémontrais, à trouver un poste dans le Jura. Il dessert 3 grosses paroisses, 53 clochers. Ils sont deux prêtres pour desservir ces paroisses. C’est sur l’invitation de Firmin qu’il est venu et il est content de pouvoir partager ce moment avec nous.

Antoine Téjédor : Le déménagement de la maison est terminé. Nous faisons actuellement don de la maison à nos enfants. Nous voulons surtout sauvegarder l’esprit de famille. C’est quand même une étape difficile. Bernadette et moi avons fait une retraite dans une communauté de base, près de l’abbaye de St Maurice. Cette retraite était animée par un laïque, et le thème était :’Décadence ou déclin ?’ (climat, violence etc). Puis on a pioché dans les textes de la résurrection. De nombreuses mosaïques de résurrection sont déposées dans la ville de Genève.

Aimé Goliet : Il nous dit l’importance de trouver des jeunes pour que le groupe puisse continuer à exister. La date de la réunion de cette année a été changée et cela à pu en gêner quelques uns. Nous fixons donc dés à présent la date de la prochaine rencontre.

Michèle et Jean PREZEAU : Rien de bien spécial. On voit assez régulièrement Bernardo qui travaille toujours auprès des sœurs. Suite à l’accident de genou de Michèle, nous faisons souvent des visites à l’hôpital. On s’occupe du jardin et sommes dans le t rain-train quotidien.

Firmin Mola Mbalo : il estmaintenant  le supérieur de la Maison du Missionnaire, tout en étant vicaire à la paroisse de La Palisse. Il nous donne des nouvelles des confrères de la maison : Blaise est envoyé au Berceau ;  François Hiss rend service à l’abbaye ; Pierre Hugon ne peut plus marcher ; il se déplace en fauteuil. Toute l’année il y a du passage dans la maison. Le taux d’occupation est en augmentation. Beaucoup de Filles de la Charité viennent maintenant. Il y a 30 chambres. C’est l’association qui gère le côté financier.

À 11 H, nous célébrons l’eucharistie, présidée par Faustin et les chants par Antoine et Dominique.

Nous unissons à notre prière toutes les personnes absentes avec les intentions de chacun.

Puis vient le temps du repas

Après le repas, un petit temps de sieste avant d’attaquer la visite du musée. Le thème de l’exposition est le CONGO. Marie-Line, avec sa compétence habituelle, nous fait découvrir cette exposition

Reprise des échanges

Pépito CAMPAŇA : Il a perdu sa sœur et un fils est parti de la maison en laissant 2 anfants. Il a été au Berceau et a pu rencontrer plusieurs confrères. Il a été sur la tombe de Mgr Etchegaray. Il continue à voyager : Maroc l’an dernier, Gênes et va au Guatemala le mois prochain.

Carmen et Pierre DAMIENS : Rien de bien nouveau par rapport à l’an dernier. Pierre nous parle de différents articles et livres : ‘L’Eglise face aux abus sexuels dans l’Eglise’ chez Fayard. On ne pourrait plus dire comme Paul VI : ’L’Eglise experte en humanité’.

Lâm PHAN-THANH : Content de revenir et d’être présent à ce groupe. Celui-ci tient, il est la jeunesse de Dieu. Nous sommes une réponse au cléricalisme mortifère. J’ai eu l’occasion de travailler six mois pour parler de la CM à Vichy, et cela depuis Wattez. Il est impportant de rendre témoignage à ces missionnaires.

Danielle et Dominique LÊ : Rien à signaler à Brétignoles. Nous sommes bien engagés dans la paroisse depuis plusieurs années. On sent une attente des gens envers la Bible. Cette année nous allons étudier Abraham. Nous faisons de l’accompagnement de personnes âgées. Célébration de la Parole. Chorale, équipes liturgiqsues, animation de célébrations. On est au moins à mi-temps à la paroisse. Côté famille, changement pas très heureux par rapport à notre fils (promesses de travail non tenues).

Patricia et Marc THIEFFRY : Rien de bien spécial. Nous avons beaucoup accueilli durant les mois de juillet et d’août. Nous faisons toujours partie du jumelage Franco-Allemand. Marc continue à travailler avec les archives de St lazare. Il a sorti un dernier livre : ‘Saint Vincent de Paul et la mission lazariste dans les États barbaresques du XVIIème au XIXème siècle’ chez L’Harmattan. C’est une manière de faire ‘revivre’ ces missionnaires qui ont donné leur vie pour annoncer la Bonne Parole.

Quelques livres conseillés :

L’Eglise des femmes avec des hommes – Anne Marie Pelletier – Cerf

Le Monde de la Bible – sept-oct-nov 2019 – La Bible de son écriture à sa fabrication

Trop tard ! Une provocation pour l’Eglise, une espérance pour tous – Martin Werlen – Ed St Augustin

Prêtres…et demain ? (6 récits de vie, de grâce et de liberté, suivi d’un appel) – Ed St Augustin

Sodoma – Robert Laffont – 2019

Film ‘ Grâce à Dieu’ de François Ozon

L’Eglise face aux abus sexuels sur mineurs – Marie-Jo Thiel – Bayard 2019

La rencontre se termine par un apéritif et un repas festif.

Merci à nos cuisinières, au personnel de service et à tous les confrères de la maisoon

Photos : Firmin Mola Mbalo

Compte-rendu : Marc Thieffry

Rendez-vous l’an prochain : 11-12 et 13 octobre 2020

La Congrégation de la Mission

La Congrégation de la Mission

Née au XVIIe siècle de l’expérience faite par Vincent de Paul de la misère spirituelle et corporelle des plus démunis, la “Société des Prêtres de la Mission” a pour but essentiel de suivre le Christ évangélisateur des pauvres.

En lien avec le clergé diocésain, la Société des Prêtres de la Mission est présente à travers différentes formes d’évangélisation : les missions paroissiales itinérantes, la formation des futurs prêtres et les missions dans les pays pauvres. Elle comporte des prêtres et des frères, les uns et les autres engagés dans l’action missionnaire.

La finalité de la Congrégation de la Mission est de suivre le Christ Évangélisateur des pauvres. Cet objectif se réalise dans la fidélité à Saint Vincent par :

• La mission : qui invite à aider son prochain, à annoncer l’Évangile aux pauvres et à célébrer le Christ à travers les sacrements.
• La vie communautaire : qui s’exprime dans une communion fraternelle, avec simplicité et humilité, partage et prière.
• La vie spirituelle : qui puise son dynamisme dans la contemplation de Jésus Christ, Fils de Dieu envoyé par le Père.

La Congrégation fut approuvée par Urbain VIII en 1633 sous le nom de Société des Prêtres de la MissionVincent de Paul ajouta bientôt à la mission de sa société la direction de séminaires diocésains, une des grandes urgences de son temps. En 1792, ils dirigeaient 51 grands séminaires en France. Ils se mirent également à prêcher des retraites, inaugurées par les Conférences du Mardi de Saint Vincent de Paul en 1633. Ils sont partis pour des missions lointaines (Tunis en 1645, Madagascar en 1648, l’Empire Ottoman en 1783). Ils ont entrepris des œuvres d’éducation et de charité.

La Congrégation compte aujourd’hui environ 3000 membres, répartis en 535 maisons à travers le monde ; elle est restée en priorité orientée vers l’évangélisation des plus pauvres et des marginaux.

 

Notre Histoire

Dans la grande histoire, s’insère la petite histoire, tel l’événement qui s’est déroulé en la maison de saint Lazare, 95, rue de Sèvres, jusqu’ici maison parisienne après avoir été Maison- Mère de fait de 1804 à 1961. Ce 25 janvier 2016, les lazaristes de la province de Paris et les lazaristes de la province de Toulouse s’unissent en une seule province de France par décret de notre Supérieur Général, le père Grégory G., après décision prise en assemblées. Nous vivons « la reconfiguration » en une seule province, regroupement prisé aujourd’hui. Désormais, nous sommes canoniquement un et nous avons à le devenir de fait. Le bien de la mission l’exige, même si la géographie remodelée éloigne, par exemple, le Berceau de son responsable…Le nouveau provincial est le Père Christian Mauvais, aidé par un assistant, le Père Pierre Marionneau. Le Supérieur des lazaristes du Hillon veille aux intérêts de l’Oeuvre et du centre vincentien né en 81, puisqu’il est un des membres élus du nouveau conseil.

Le plus important est ailleurs. Une telle union requiert le bon vouloir de chacun et tous entendent Monsieur Vincent la recommander avec insistance :

« Le sujet de la conférence … était de l’union des maisons de la Compagnie. Le premier motif qui fut apporté, c’est que nous étions tous missionnaires et que nous ne faisons qu’un corps ; ainsi, comme il y avait liaison très étroite entre les parties du corps, de même il fallait qu’il y eût pareille union entre les membres de la communauté ; union qui devait s’étendre dans l’observation des mêmes règlements, mêmes façons d’agir, mêmes pratiques, même manière de prêcher, de catéchiser, de confesser ; et que surtout cette union devait être gravée dans les cœurs pour avoir même volonté et mêmes sentiments. Le deuxième est que, par le moyen de cette union, on ne prétendrait pas aux petites satisfactions que la nature réclame ; comme, par exemple, désirer aller plutôt dans une maison que dans une autre pour y vivre avec plus de liberté, puisque dans toutes on verrait les mêmes pratiques et les mêmes observances… » (XI, 121).

« Une union gravée dans les cœurs », tel reste plus que jamais le mot d’ordre de st Vincent pour que fleurisse l’Evangile sur nos terres de mission. Tous nos amis n’attendent pas une unité de façade mais bien un plus fort témoignage de charité pour une visibilité missionnaire accrue. A l’heure de la mondialisation, comment ne pas  voit plus grand et plus synergique dans  l’esprit d’unité qui fortifie et stimule l’action. « L’union, est la cause de toutes sortes de biens, tant spirituels que temporels » (IX, 104) dit encore le fondateur. On peut donner valeur à cet apophtegme imagé : «une Loire frontière peut devenir signe d’alliance».

P. Pierre MERIL, CM (Nouvoitou,17 février 1940 – Paris, 25 mars 2019)

‘ALORS, J’AI DIT : « ME VOICI, JE VIENS AVEC LE ROULEAU D’UN LIVRE ÉCRIT POUR MOI. MON DIEU, JE VEUX FAIRE CE QUI TE PLAÎT… »’

PSAUME 39/8-9

Chers confrères, ‘La Grâce et la Paix de Notre Seigneur Jésus Christ, soient toujours avec nous !’

Notre confrère Pierre MERIL est décédé au début de cet après-midi, dans sa chambre de la Maison Antoine PORTAIL.

 

Fils de Constant et de Madeleine ROULIER. Pierre est né le 17 février 1940, à NOUVOITOU (Ile et Vilaine), dans le diocèse de RENNES.

Il fait son entrée dans la Congrégation de la Mission le 25 septembre 1962 à DAX.

Il prononce les vœux le 28 novembre 1968 au BOUSCAT (Gironde)

Il est ordonné prêtre le 21 juin 1970 à PARIS par Mgr PEZERIL.

Il est envoyé en mission rurale en septembre 1970 d’abord à AILLY-SUR-NOYE (Somme) puis à MOLLIENS-HORNOY (Somme).

Il est nommé sous-Directeur du Séminaire Interne en 1973 ainsi qu’à la communauté de LAMOTTE-BEUVRON (Loir et Cher).

Il rejoint la Maison Mère comme Directeur Spirituel et responsable du Foyer Fernand PORTAL en 1982.

Après beaucoup d’épreuves de santé, il entre à la Maison Antoine PORTAIL, le 9 avril 2018.

 

La célébration des funérailles aura lieu le jeudi 28 mars 2019 à 14h30, en la Chapelle Saint Vincent de Paul, 95, rue de Sèvres- 75006 PARIS ; elle sera suivie de l’inhumation au Cimetière du Montparnasse.

Que la prière nous unisse et renforce notre fraternité ; qu’elle s’élargisse à tous les membres de la famille de Pierre ; qu’ainsi, chacun trouve force, espérance et soutien.

En cette fête de l’Annonciation, tournons-nous vers Marie en confiance, dans un esprit filial !

 

Paris, lundi 25 mars 2019

Christian MAUVAIS, cm

Saint Vincent de Paul et la communauté (I – II)

Saint Vincent de Paul et la communauté (I – II)

Le père Claude LAUTISSIER, directeur des Archives de la Congrégation de la Mission à la Maison-Mère de Paris, nous offre un article (numérisé) du père Jean Morin autour des origines de la “communauté” telle que saint Vincent de Paul l’a conçue pour les confrères de son temps et que nous pouvons relire à la lumière de notre expérience actuelle. Notre vie en commun destinée à la Mission le père Morin n’arrête pas de nous le dire ! Bonne lecture de ces deux premières parties.

Fidèles à la volonté de saint Vincent, nous vivons en communion fraternelle – comme les Apôtres avec le Christ – formant une communauté de travail, de prière et de biens destinée à favoriser le progrès de notre apostolat et notre propre épanouissement ! (Constitutions, 29).

Dans ce texte, le fait, la finalité et les niveaux de la vie communautaire, dans la Mission, sont présentés comme une fidélité « à la volonté de saint Vincent »

Mais les réalités et les exigences de la Pastorale d’aujourd’hui semblent bien souvent, remettre en cause sinon le fait du moins les modalités de notre vie de Communauté. Et on souhaiterait interpréter ce n. 29 des Constitutions à la lumière du n. 18 qui, à propos de l’Activité Apostolique, précise :

  • A l’occasion nous n’hésiterons pas à frayer des voies nouvelles, plus en harmonie avec les situations concrètes et changeantes des personnes et des choses.
  • Cette recherche et, éventuellement, ces « voies nouvelles » devront cependant toujours s’inspirer d’une fidélité à la volonté de saint Vincent ; et c’est pourquoi un essai sur « Saint Vincent et la Communauté » peut avoir, aujourd’hui, son utilité.
  • Au cours de cette étude, nous tenterons de suivre les expériences successives et progressives de saint Vincent de Paul, en matière de Communauté. Peut-être comprendrons-nous mieux ainsi la pensée qu’il nous livre dans ses Entretiens comme aussi la fidélité qui nous est demandée dans la Mission d’aujourd’hui.

I. LES ANTÉCÉDENTS

 

Avant d’en venir aux premières réalisations « communautaires » d’après 1617, il est sans doute utile de mentionner quelques antécédents plus ou moins directement en rapport avec l’idée que, plus tard, saint Vincent se fit de la Communauté.

1. La Communauté … « une famille »

Très souvent et spontanément saint Vincent emploie, pour parler de la vie de communauté, des termes et expressions empruntés à la vie de famille. Cela ne lui est évidemment pas propre mais mérite d’être noté. Parlant, par exemple, de leur communauté locale lorsqu’ il écrit aux supérieurs, il emploie souvent le mot « famille » :

« Monsieur Dufestel et sa famille de Troyes … » (I, 538) – « J’embrasse avec tendresse toute votre famille … » (I, 445) [1]

Des remarques pourraient être faites au sujet des Confréries et des Filles de la Charité. Faut-il chercher dans l’expérience et les souvenirs de famille de saint Vincent les racines profondes et inconscientes de cette relation, que si fréquemment et spontanément il établit entre Communauté et Famille ? Aux historiens et aux psychologues de se prononcer. Ce que l’on sait, en tout cas, de la famille et do l’enfance de saint Vincent nous permet de supposer qu’il en conservait un souvenir heureux malgré la rudesse de la vie qu’il y connut.

2. La Communauté … Moyen de « perfection sacerdotale»

Au cours de ses deux premières expériences de Communauté, il semble bien que saint Vincent ait d’abord perçu la Communauté comme un moyen de perfection :

a) L’expérience Oratorienne (1611-12)

En 1611-1612, saint Vincent a eu l’occasion d’expérimenter une certaine vie commune avec les premiers Oratoriens. Abelly l’affirme (1664 ; I, 6, 24). Il croit même pouvoir préciser « qu’il demeura environ deux ans en cette retraite ».

On sait peu de choses sur cette communauté des premiers Oratoriens et, en fait, pratiquement rien sur la durée et les modalités du séjour qu’y fit saint Vincent. Il semble probable qu’au cours de cette période la Communauté lui apparut d’abord comme un moyen de perfection et sanctification sacerdotale. C’était l’optique de Bérulle qui disait à ses premiers disciples :

« … Le même Dieu qui a rétabli en nos jours, en plusieurs familles religieuses, l’esprit et la ferveur de leur première institution, semble vouloir aussi départir la même grâce et faveur à l’état de prêtrise qui est le premier, le plus essentiel et nécessaire à son Église et renouveler en icelui l’état et la perfection qui lui convient selon son ancien usage et sa première institution. Et c’est pour recueillir cette grâce du ciel … que nous sommes assemblés en ce lieu et en cette forme de vie qui se commence … » (Migne, 1270)

Communauté, moyen de perfection Sacerdotale ; il semble bien que ce soit d’abord sous cet angle que saint Vincent vécut sa courte expérience Oratorienne sous la direction de Bérulle.

b) L’expérience de Châtillon (1617)

Dans l’un des documents du procès de béatification de saint Vincent se trouve « Le rapport de Charles Démia sur le séjour de saint Vincent à Châtillon-les-Dombes » (XIII, 45-54). On y apprend qu’à son arrivée, six vieux prêtres sociétaires y vivaient dans un grand libertinage. Secondé par Monsieur Louis Girard, son vicaire et futur successeur, « Monsieur Vincent apporta un notable changement, tant en leurs actions qu’en leurs mœurs ; et ce fut par une façon de faire bien singulière… Il les porta à vivre en commun et empêcha que les biens d’Église ne se dissipassent … ».

Notons donc cet essai de « Vie en commun » suggéré et réalisé par saint Vincent et remarquons que le contexte semble bien indiquer que cette vie en commun est, ici [48] encore, considérée d’abord comme un moyen efficace de soutient et de Perfection des prêtres. Cc qui paraît toujours bien dans la ligne bérullienne.

3. La Communauté … moyen apostolique : « les Confréries »

Peut-on parler « d’expériences communautaires » à propos des Confréries de la Charité ? Le mot, en tous cas, est employé par saint Vincent lui-même dans les Règlements (XIII, 430).

Les Confréries de la Charité constituent, on le sait, « la toute première » fondation vincentienne. Et – pour nous en tenir ici à l’année 1617 – l’Acte de fondation (XIV, 125-126) et le Premier Règlement (XIII, 423-439) de la Confrérie de Châtillon révèlent peut-être déjà une importante évolution dans la pensée et l’expérience de saint Vincent, concernant la « Communauté ». La lecture de ces deux textes suggère, en effet, plusieurs remarques :

a) le caractère et la finalité nettement apostolique de l’Institution

Jusqu’alors, on l’a vu, saint Vincent semble avoir abordé « la Communauté « comme d’abord un moyen de Perfection. Cette fois, il s’agit clairement et d’abord d’un moyen de meilleur service. « Les Dames sous-nommées se sont charitablement associées pour assister les pauvres malades » (XIV, 425). Et l’on retrouve pratiquement la même formule dans chacun des Règlements. On se met ensemble pour assister les Pauvres. On retrouvera une formule analogue dans le Premier Contrat d’Association de la Mission du 4 septembre 1626 : « quelques ecclésiastiques qui se lient et s’unissent ensemble pour s’employer, en matière de mission, à catéchiser, prêcher…” (XIII, 204)

b) la notion d’ordre pour un meilleur service

C’est certainement là l’un des « leviers » de la pensée de saint Vincent concernant l’Institution « communautaire » de la Confrérie de Châtillon. Il faut se mettre ensemble pour assurer un service plus efficace et mieux reparti. L’introduction (très intéressante !) du Règlement (XIII, 423) remarque que les pauvres » ont parfois beaucoup souffert, plutôt pour faire d’ordre à les soulager que de personnes charitables. « Nous avons sans doute là l’écho de cc diagnostic, typiquement vincentien, qu’Abelly prête à saint Vincent au soir de l’événement de Châtillon : « Voilà une grande Charité … mais celle-ci n’est-pas-bien réglée ». (Abelly, 1664, I, 10, 46). La Confrérie sera donc moyen d’un service ordonné, bien réglé.

c) la notion de durée pour un meilleur service

La Confrérie établie et organisée « par ensemble » sera également un moyen et une garantie ; de durée au service des pauvres. « … Mais, parce qu’il est à craindre qu’ayant commencé ce bon œuvre, il ne dépérisse dans peu de temps, si, pour le maintenir, elles n’ont quelque union et liaison spirituelle ensemble, elles sont disposées à se joindre en un corps… » (XIII, 423). L’union et liaison spirituelle ensemble est ici nettement présentée comme le moyen d’assurer la durée pour le service des pauvres.

C’est là encore un aspect que l’on retrouvera souvent concernant la Communauté selon saint Vincent (I, 58 ; III, 56). Dans et pour le service, « quelqu’union et liaison spirituelle ENSEMBLE » est moyen et garantie de durée et de persévérance.

d) On peut enfin noter le caractère « séculier » et « paroissial » de cette première Institution vincentienne qui aura également quelque retentissement- dans la suite.

Connaissant le prix que donnait saint Vincent à l’expérience, on peut facilement supposer que « les antécédents » que nous venons d’évoquer ont eu leur place et leur influence dans le cheminement de la pensée de saint Vincent concernant la Communauté, en générale et la Communauté de la Mission en particulier. Nous aurons sans doute l’occasion de le remarquer dans la suite. [49].

 

II. LA NÉCESSITÉ D’UNE COMMUNAUTÉ : (1617-1625)

 

Les documents et témoignages sur cette période (1617-1625) sont rares. Nous n’avons pratiquement que les souvenirs évoqués, longtemps après, par saint Vincent lui-même au cours de ses Entretiens. Une lecture attentive do ces quelques textes pout, cependant, nous donner une idée du cheminement qui – au rythme même des missions – aboutit à la fondation de la première Communauté de la Mission.

 

1. …. « Ne pouvant plus y suffire… » (XI, 4-5)

Tout est donc parti de l’évènement Gannes-Folleville: la confession, suivie 10 25 janvier 1617 de la prédication … « et toutes ces bonnes gens furent si touchées de Dieu qu’ils venaient tous pour faire leur confession générale. Je continuai de les instruire et de les disposer aux sacrements et commençai de les entendre. Mais la presse fut si grande que, NE pouvant plus y suffire, avec un autre prêtre qui m’aidait, Madame envoya prier les Révérends Pères Jésuites d’Amiens de venir au secours ; elle en écrivit au R.P. Recteur qui y vint lui-même et, n’ayant eu le loisir d’y arrêter que fort peu de temps, il envoya pour y travailler en sa place le R.P. Fourché, de sa même Compagnie, lequel nous aida à confesser, prêcher et catéchiser, et trouva, par la miséricorde de Dieu de quoi s’occuper. Nous fûmes ensuite aux autres villages … et nous fîmes comme au premier.

De ce premier témoignage, il ressort que cette toute première mission révéla d’emblée à saint Vincent le besoin, la nécessité d’être aidé, d’être plusieurs pour faire face à « la presse ». Cette constatation toute simple et concrète a son importance : Dès Folleville, la Mission se révèle disproportionnée au travail d’un seul. L’expérience faisant son chemin, on verra dans le Contrat de 1625 que fondateurs et Monsieur Vincent semblent s’être mis d’accord sur le nombre de six missionnaires, dans la mesure bien sûr où la Mission se cantonne sur les terres des de Gondi.

 

2….. « L’on pense aux MOYENS » … (XI, 170-171)

Le deuxième témoignage, sur cette période 1617-1625, est un peu plus explicite sur l’après-Folleville. Après avoir dit qu’il fallut faire appel aux PP. Jésuites, saint Vincent poursuit : « Ensuite, voyant que cela réussissait, on pensa aux moyens de « faire que de temps en temps – l’on allât sur les terres de madite dame pour y faire mission. Je fus chargé d’en parler aux PP. Jésuites pour les prier d’accepter cette fondation. Je m’adressai au R.P. Charlet. Mais ils me firent réponse qu’ils ne pouvaient point accepter cette fondation et que cela était contraire à leur Institut ; de sorte que, comme l’on vit cela et qu’on ne trouvait personne qui se voulut charger de faire ces missions, on résolut d’associer quelques bons prêtres… »

Cc deuxième témoignage suppose une période de réflexion, recherche et démarche. Dès Folleville s’est imposé la nécessité d’être plusieurs. Après plusieurs missions, une autre nécessité apparaît : celle de la stabilité des missionnaires et d’une certaine spécialisation pour les Missions. C’est que le ministère « occasionnel » des missions tend lui-même à s’organiser et se stabiliser ; « on pensa aux moyens de faire que, de temps en temps, l’on allât … pour y faire mission ». Et c’est tout naturellement qu’on en vient à l’idée de fondation.

Il semble donc bien que, chez saint Vincent, l’idée même de Communauté surgi des exigences de la Mission, des réalités concrètes du travail. (Il faut être plusieurs ; il faut être stables et tout donnés aux missions.) [50]

 

3.… « Monsieur Portail et moi » … (XII, 1-8)

Le troisième témoignage de saint Vincent, sur la période 1611-1625, donne quelques lumières sur la phase précédant immédiatement le Contrat de Fondation. Rappelant la prédication de Folleville, le succès, l’intervention de deux Pères Jésuites, il poursuit :

« … ce qui fut cause qu’on continua le même exercice dans les autres paroisses de madite Dame durant plusieurs années, laquelle enfin voulut entretenir des prêtres pour continuer des missions et nous fit avoir à cet effet le Collège des Bons-Enfants, où nous nous retirâmes, M. Portail et moi, et prîmes avec nous un bon prêtre, à qui nous donnions 50 écus par an. Nous nous en allions ainsi tous les trois prêcher et faire la mission de village en village. En partant, nous donnions la clef à quelqu’un des voisins, ou nous-même nous les priions d’aller coucher la nuit dans la maison… »

Selon ce texte, l’équipe « Apostolique » composée de saint Vincent et de deux Pères Jésuites semble avoir fonctionné « durant plusieurs années », jusqu’à la constitution de la petite communauté des Bons-Enfants. Le passage de la collaboration « occasionnelle » des PP. Jésuites à la Communauté missionnaire (à plein temps) du Collège des Bons-Enfants est, sans doute, très important et constitue le dernier maillon avant la Fondation. L’acquisition du Collège des Bons-Enfants date du 6 mars 1624 ; on verra que saint Vincent lui-même ne pût y séjourner avant la fin de 1625, mais pendant un an la petite communauté missionnaire pourra expérimenter le « style de vie » qui sera retenu dans le contrat de fondation.

 

4. … « s’appliqueront entièrement au soin dudit pauvre peuple »…

Le Contrat de Fondation est signé le 11 avril 1625 (XIII, 197-202). Il est facile de retrouver, dans ce texte, l’écho et les conclusions des expériences que nous venons d’évoquer.

 

a) Le caractère nettement et prioritairement apostolique de la Communauté.

« …quelques ecclésiastiques de doctrine, piété et capacités connues qui voulussent renoncer POUR s’appliquer entièrement et purement au salut du pauvre peuple, allant de village en village… » et Monsieur Vincent est chargé d’élire et choisir, dans l’année, six personnes ecclésiastiques, ou tel nombre que le revenu de la présente fondation en pourra porter… pour travailler audit œuvre… »

La Communauté apparaît bien comme le moyen d’assurer la Mission.

 

b) La disponibilité missionnaire des personnes et de la Communauté est fermement soulignée

On a remarqué les deux adverbes « entièrement et purement ». C’est là, sans doute l’écho des difficultés et insuffisances perçues au cours des huit années précédentes, lorsque saint Vincent devait faire appel à des aides « occasionnels ». Cette stabilité (qui demeurera, on le sait, un souci majeur de saint Vincent) et cette entière disponibilité paraissent tellement essentielles à la Mission qu’une série de mesures concrètes et exigeantes sont prévues. Il faudra renoncer expressément à toutes charges, bénéfices et dignités et s’obliger » de ne prêcher ni administrer aucun sacrement ès-ville dans lesquelles il y aura archevêché, évêché ou présidial ». Curieusement, et toujours dans le même souci, il est précisé : « …à la réserve néanmoins qu’avenant que quelque prélat ou patron désirât conférer quelque cure à l’un d’entre eux pour le bien administrer, celui qui lui serait présenté par ledit directeur ou supérieur la pourrait accepter et exercer, ayant préalablement servi huit ou dix ans audit œuvre et non autrement, si ce n’est que le supérieur, de l’avis de la Compagnie, jugeât convenable de dispenser quelqu’un dudit service de huit ans. » Ces huit ans-minimum au service de la Mission exprime bien le souci, souci de stabilité et disponibilité né des exigences mêmes de la Mission. [51]

c) L’expression « vivre en commun » est employée dans le Contrat, et on la retrouvera pratiquement dans toutes les pièces officielles par la suite

« … Lesdits prêtres vivront en commun sous l’obéissance dudit sieur de Paul, en la manière susdite, et de leur supérieur à l’avenir après son décès, sous le nom de Compagnie, Congrégation ou Confrérie des Pères ou Prêtres de la Mission… »

Et il ne s’agit pas là d’une expression vague et classique dans pareil contrat puisque son contenu est largement explicité par la suite : d’octobre à juin, on prêchera des Missions au rythme suivant : un mois de mission et quinze jours « en leur maison commune ». Pendant les mois de juin, juillet, août et septembre, on rendra service aux curés qui le demanderont et l’on étudiera « pour se rendre d’autant plus capables d’assister le prochain. »

d) Outre la Communauté de travail et de vie, le Contrat prévoit et précise aussi la communauté de biens

Le texte insiste d’abord sur la gratuité des Missions. Les Missionnaires choisis par saint Vincent devront « s’appliquer entièrement et purement au salut du pauvre peuple, allant de village en village, aux dépens de leur bourse commune ».

Cette « bourse commune » sera alimentée régulièrement par le revenu de la somme de Fondation : Ladite somme de 45 000 livres sera par ledit sieur de Paul, de l’avis des dits seigneur et dame, employée en fonds de terre ou rente constituée, dont le profit et revenu en provenant servira à leur entretien, vêtements, nourriture et autres nécessités ; lequel fonds et revenu sera par eux géré, gouverné et administré comme chose propre »

Ces précisions sont importantes car saint Vincent conservera ce statut économique pour sa Congrégation et ses communautés locales. Les membres de la Communauté renonçant à toutes autres sources de revenu (charges, bénéfices, dignités) ; le travail des missions étant gratuit, la Communauté des missionnaires ne pouvait donc vivre et subsister que par las revenus ou rentes de la Fondation, lesquels constituaient ce que le contrat appelle « la bourse commune ».

C’est là, dirions-nous aujourd’hui dans un sens purement économique, un système « capitaliste » : Les communautés de la Mission vivant de revenus et cela pour assurer et la gratuité des missions et la durée de la mission. Car, si les missionnaires vivent de bénéfices ou dignités « personnels », la tentation sera grande de regarder en arrière. Or, il faut à la Mission des ecclésiastiques qui s’y adonnent « entièrement et purement ».

La Communauté de biens, dans ce contrat, n’est donc pas le fait de mettre en commun la totalité des « fruits du ministère », puisque le ministère est gratuit ; elle est d’une part dans la renonciation aux revenus personnels et d’autre part dans le fait de vivre de la « bourse commune » alimentée par les revenus de la Fondation.

Le Contrat de Fondation du 17 avril 1625 se présente bien comme l’aboutissant et une sorte de synthèse de l’expérience missionnaire de saint Vincent au cours des années 1617-1625. La « communauté » y apparaît comme un moyen nécessaire pour la Mission : il faut être plusieurs pour faire face au travail ; il faut être ensemble pour le bien faire ; il faut y être consacrés « entièrement et purement ». Ce sont ces évidences Apostoliques, puisées dans l’expérience de huit années de missions, qui sont à l’origine de la communauté de la Mission, et de ses premières structures. [51]

Jean MORIN, CM 🔸

Fidèles à la volonté de saint Vincent, nous vivons en communion fraternelle – comme les Apôtres avec le Christ – formant une communauté de travail, de prière et de biens destinée à favoriser le progrès de notre apostolat et notre propre épanouissement !

Constitutions de la Congrégation de la Mission n. 29
NOTES :

[1] Voir aussi : II, 312 ; 573 ; 611 ; – III, 57 ; 106 ; 114 ; 129 ; 133 ; etc…

Pour connaître davantage :

Visitez le site des Archives de la Congrégation de la Mission – Maison-Mère

www.docsvincentiens.fr

 

P. Hervé Daniel MAGNOUX (Paris, 13 mai 1944 – Antananarivo, 8 janvier 2019)

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P. Hervé Daniel MAGNOUX (Paris, 13 mai 1944 – Antananarivo, 8 janvier 2019)

Aujourd’hui, mardi 8 janvier 2019, nous apprenons le décès de notre confrère Hérvé MAGNOUX CM, prêtre de la Congrégation de la Mission, vers 13h15 à Antananarivo, Madagascar.

Il était né le 13 mai 1944 à Paris XIVème et était le fils de Mme Solange MAGNOUX. Entré dans la Congrégation de la Mission, dite des Lazaristes, le 25 septembre 1962; il a émis ses Vœux en avril 1973. Puis, après avoir été ordonné Diacre la Pâques de la même année, il est ordonné Prêtre le 24 juin 1973 par son Excellence feu Mgr. ZÉVACO Jean Pierre Dominique, cm., dans la Cathédrale de Fort-Dauphin, actuellement Taolagnaro, Madagascar.

De 1973 à 1976 : Vicaire à Amboasary Sud. Entre-temps, il est passé au Petit-Séminaire de Farafangana pendant 3 mois.

De 1976 à 1986 : Curé à Vatomasy, Vohipeno, et Économe diocésain pour Farafangana.

De 1986 à 1994 : Supérieur de la Communauté de Marillac, Taolagnaro, et aussi Économe Provincial. De 1994 à 1996: Curé à la paroisse de la Cathédrale de Taolagnaro, et toujours Économe Provincial. Pendant ce temps, il est chargé d’animer l’aumônerie diocésaine du« FET », ou Mouvement Eucharistique de la Jeunesse.

De 1996 à 2000 : retour à la Maison provinciale de Taolagnaro, et encore Économe Provincial.

De 2001- 2007 : installé à Soavimbahoaka, Antananarivo, comme Économe Provincial. Aussi, il a pris la direction du « Centre de Formation Technique et Professionnelle » à Ankandrina.

De 2007 à 2016 : Supérieur de la Communauté de Soavimbahoaka, Antananarivo; tout en aidant encore au service de l’économat provincial jusqu’en 2015. Après, il s’est dédié en plein temps au développement de notre« CFTP » d’ Ankandrina, avec ses collaborateurs.

Ces derniers temps, le Père Hervé, cm., est fatigué par l’âge avancé et le souci du centre. Depuis hier, il avait une difficulté physique pour respirer. Hélas, les déterminations prises ne pouvaient pas le retenir. Ainsi, qu’il repose en Paix, dans la Joie et la plénitude de Vie qu’il a préparée pendant ses années de service et de sacrifice pour le bien des nécessiteux. Que la Miséricorde de Dieu Tout puissant l’accueille et lui ouvre la porte du festin éternel. Demeurons unis dans ce départ et fraternels dans nos liens.

Les veillées de prières devant le corps du Père Hervé Daniel MAGNOUX, cm., se font à la salle du CFTP d’ Ankandrina Antananarivo. Ensuite, la célébration de ses obsèques aura lieu le jeudi 10 janvier 2019 à 13h 30mn à Ambohimahitsy de l’Association Humanitaire AKAMASOA, Antananarivo, où le Regretté avait maintes fois célébré !’Eucharistie. Cela sera suivi de l’inhumation dans le caveau du Centre.

 

Père RAFANOMEZANTSOA Alexandre Zéphirin, CM
Visiteur de la Province de Madagascar

Adieu Père HERVE MAGNOUX

Chers  confrères Lazaristes à La Maison Mère!

Cet après midi, nous avons enterré notre  Confrère Hervé MAGNOUX !

Sa mort subite le mardi 08 janvier nous a tous surpris et étonné.

Nous avons avec les Confères de La Maison de Saint Vincent et le Centre CFTP d’Ankandrina, décidé de veiller le Père Hervé sur place là où il a travaillé.

Pendant 2 jours, des jeunes, des chrétiens, des Religieuses se sont succédés pour prier et chanter.

Aujourd’hui, jeudi 10 janvier nous avons fait la Messe d’enterrement à Akamasoa avec plus de 7000 élèves présents et les Filles de La Charité et d’autres Religieuses de Tàna.

Le Père Visiteur m’a demandé de présider l’Eucharistie, puisque étant l’aîné des confrères présents. Durant la Messe, il y avait une ferveur qui nous touchait au fond de notre âme.

Avant la fin de la Messe, le Père Alexandre Rafanomezantsoa, Visiteur de la Province de Madagascar a remercié à tous ceux qui sont venus pour prier pour le Père Hervé et le Père François Benolo a lu l’histoire de sa vie tout au début de la Célébration.

Nous étions 12 prêtres Lazariste venu de Tolagnaro, Farafangana, Ihosy, Fianarantsoa, La Réunion et un autre  prêtre Religieux a concélébré cette Eucharistie pour Père Hervé.

En sortant de l’église pour aller au cimetière tout près, il y avait une petite pluie en signe de bénédiction.

Le Père Hervé, Il est enterré dans le cimetière d’Akamasoa où les prêtres Lazaristes et les Filles de La Charité ont une parcelle réservée pour eux.

Nous pouvons dire que Père Hervé nous a quitté silencieusement et dans la plus grande discrétion.

Le peuple de Dieu d’Akamasoa lui a rendu un grand Hommage puisque le Père Hervé venait célébrer la Messe, confesser, baptiser chaque fois que je m’absentai pour aller chercher des aides en Europe.

Le Père Hervé aimait venir à Akamasoa et le peuple d’Akamasoa a répondu présent ce jour pour lui dire ce dernier au revoir.

Le Père Hervé  a donné sa vie pour les pauvres à Madagascar durant plus de 45 ans  et pour les jeunes qui se formaient à Ankandrina et c’est pour cela qu’il restera dans les cœurs de tous ceux qui le côtoyaient et aimaient.

Père Hervé, prie pour nous et repose en Paix!

Père Pedro