“En tout humain, voir une âme à sauver”

"En tout humain, voir une âme à sauver": cette phrase de saint Charles de Foucauld, canonisé à Rome dimanche dernier, montre le cœur de la spiritualité de celui qui est passé du statut d'officier français à celui de "frère universel", la grâce de Dieu aidant.

Jean Yves DUCOURNEAU

“En tout humain, voir une âme à sauver”

Jean Yves DECOURNEAU
Jean Yves DECOURNEAU

Bonjour à chacun et chacune, et bienvenue à ceux qui reçoivent ce courriel pour la première fois.

“En tout humain, voir une âme à sauver“: cette phrase de saint Charles de Foucauld, canonisé à Rome dimanche dernier, montre le cœur de la spiritualité de celui qui est passé du statut d’officier français à celui de “frère universel”, la grâce de Dieu aidant.

Vous trouverez donc, en cliquant sur le lien (vidéo) ci-dessous, le mot du Padré de ce mois de mai consacré à cette sainte figure singulière qui nous est déjà familière en Eglise. Ce mot dure 11mn. Je vous souhaite une bonne écoute!

Ce lien bleu vous conduit sur ma chaîne YouTube. Vous pouvez vous abonner gratuitement, consulter les autres mots du Padré, émettre un avis et partager fraternellement cette petite chaîne d’évangélisation.

J’espère ne pas vous déranger par ce courriel qui entretient, à mon sens, un lien d’amitié, qu’il soit tissé depuis longtemps ou non.

 

Par avance, passez une bonne fête de l’Ascension!

Que Dieu vous garde et vous bénisse!

Padre Jean-Yves Ducourneau, cm.

 

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VISITE DU PAPE FRANCOIS EN GRECE : UN REGARD PARTICULIER SUR LES MIGRANTS

Le pape François plus que jamais est conscient de la situation difficile dans laquelle se trouvent les migrants, car il est lui-même issue d’une famille de migrants Italienne installée en Argentine

Agapit EBIAGENA

VISITE DU PAPE FRANCOIS EN GRECE : UN REGARD PARTICULIER SUR LES MIGRANTS

La Grèce est un pays majoritairement constitué de chrétiens :

  • Orthodoxie 87%
  • Catholicisme 0,61%
  • Orthodoxes-vieux calendristes 2,41%

On note aussi la présence de Musulmans 1,5% et 0,8% de Juifs. Ce pays a eu le privilège d’accueillir le pape François pour la deuxième fois du 04 au 06 Décembre, sa dernière visite remonte en Avril 2016 à l’île de Lesbos. Lors de son séjour en Grèce, le souverain pontife a rencontré les autorités du pays, l’archevêque orthodoxe Ieronymos d’Athènes et de toute la Grèce. A la cathédrale Saint-Denys-l’Aéropagite d’Athènes il a également rencontré les prêtres, religieux, religieuses, séminaristes et catéchistes. Il a célébré une messe en présence de 2500 personnes. Avant son départ il a rencontré les jeunes à l’école Saint Denys des sœurs Ursulines, une trentaine de jeunes de la JMV l’on accueilli avec le fameux chant de Marco Frisina « Jesus Christ, you are my life ».

   Lors de sa visite j’ai été particulièrement marqué par l’attention qu’il porte aux migrants.

   Le 05 Décembre, il a rendu visite à des personnes réfugiées au centre d’identification et de réception de Mytilène sur l’île grecque de Lesbos en mer égée ou se trouve actuellement plus de 2200 réfugiés. Ceux qui y restent, ce sont vu débouter de leur demande d’asile et n’ont plus de possibilité d’aller ailleurs.

     Le pape François a appelé à finir avec « un naufrage de civilisation » pendant sa poignante allocution, il a qualifié la mer méditerranée tristement connue pour ces tragédies de « cimetière froid sans pierres tombales », rappelant « les images crues des petits corps gisant sur des plages ». Le porte-parole des migrants s’est adressé au pape en reconnaissant son « esprit d’humanité » et son soutien aux pauvres et aux réfugiés, il a notamment déclaré « nous sommes des humains nous les réfugiés, il faut nous traiter comme des humains et pas comme des prisonniers ».

   Le pape François plus que jamais est conscient de la situation difficile dans laquelle se trouvent les migrants, car il est lui-même issue d’une famille de migrants Italienne installée en Argentine, c’est la raison pour laquelle il ne cesse de prôner l’accueil des milliers de « frères et sœurs » sans distinguer la religion, ni le statut de refugier ou d’exilé économique. Il donne l’exemple car, de retour au Vatican il ramène 100 migrants.  

   En cette période de Noël, le plus faible nous interpelle, ça peut être un SDF ou une personne seule et sans ressources, une personne âgée, un migrant déraciné et abandonné à lui-même. Laissons-nous envahir par cet amour que le petit Jésus nous apporte, cet amour qui dépasse les frontières sans distinction, le pape Benoît nous interpelle dans ce sens en disant : « L’Eglise est une famille de Dieu dans le monde, dans cette famille, personne ne doit souffrir par manque nécessaire. En même temps la caritas-agapè dépasse aussi les frontières de l’Eglise ; la parole du bon Samaritain demeure le critère d’évaluation, elle impose l’universalité de l’amour qui se tourne vers celui qui est dans le besoin, rencontré par hasard » (Cce,n°25)

Père Agapit EBIAGENA,

missionnaire lazariste à Thessalonique

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La mission dans le rural à l’heure du Covid

Plutôt que multiplier l’offre ne vaut-il pas mieux développer et renforcer les liens de proximité ? Dans la suite de cette crise, il s’agit alors de privilégier la proximité et rejoindre les initiatives engagées localement où la relation est première.

Père Elie DELPLACE

La mission dans le rural à l’heure du Covid

Elie DELPLACE
Elie DELPLACE

C'MISSION.FR

Quelles sont les conséquences de la crise de la Covid dans la Mission que nous vivons dans le monde rural ? Telle est la question qui m’a été adressée et à laquelle je vais essayer de répondre en prenant un peu de recul. Depuis plus d’une année, nous vivons dans un contexte de confinement et toutes les propositions comme les activités habituelles en ont été profondément bouleversées. Chacun a essayé, à son niveau, de faire face en déployant des efforts de créativité, mais au bout du compte que pouvons-nous dire des conséquences profondes de cette pandémie sur notre manière de vivre concrètement l’annonce de la Bonne Nouvelle ? Pouvons-nous d’ores et déjà en percevoir des inflexions ?

Un recul nécessaire…

Pour commencer, je reprendrai volontiers l’image que propose Christoph Théobald :

 Pour nous tous, la pandémie a fonctionné et fonctionne encore comme un test de résistance et une loupe qui accuse les traits de ce qui existait auparavant. La tradition chrétienne ne fait pas exception. Si, comme d’autres traditions spirituelles de l’Europe, elle traverse une crise, appelée parfois « systémique », la pandémie et le confinement l’ont mise, davantage encore, au grand jour. Quel sera l’avenir de la tradition chrétienne sur notre continent ? C’est la question que beaucoup d’entre nous se posent et que je voudrais aborder en partant de notre situation actuelle, peut-être propice à ce qu’autrefois on aurait appelé un « examen de conscience ». » (Et le peuple eut soif ; Lettre à celles et ceux qui ne sont pas indifférents à l’avenir de la tradition chrétienne, Paris, Bayard, 2021, p.8-9).

La Congrégation de la Mission et bien sûr l’ensemble de l’Eglise avec de nombreuses initiatives au XVIIè siècle ont largement pris en compte la réalité des campagnes pour proposer un modèle de foi vivante et active. Les missions avec le souci des « vérités nécessaires à salut », la confession générale et l’enracinement d’une dévotion avec les charités manifestent cet effort. Parallèlement la mise en place de structures sanitaires et de formations en lien avec le maillage de plus en plus fin des paroisses a profondément marqué le paysage français des XVIIIe et XIXe siècle de part et d’autre de la Révolution Française. Soulignons ici, même si cela demanderait à être développé, le rôle des « filles séculières » qui, après la Révolution Française, caractérise majoritairement la vie consacrée féminine. Dans le contexte bien plus exigeant du XIXe siècle, le « catholicisme au féminin » est à la pointe de l’innovation charitable pour répondre aux attentes nouvelles d’un monde en pleine mutation. Un profond mouvement d’évangélisation se développe dans les campagnes avec la multiplication des paroisses et l’augmentation conséquente du nombre de clercs formés dans les séminaires qui, si l’on peut dire, fonctionnent à plein régime ! Avec les séminaires, l’autre volet du charisme fondateur de la Congrégation de la Mission – les missions paroissiales – participe à l’expansion et à l’approfondissement du réseau paroissial : la mission populaire ou itinérante n’est-elle pas au service des curés ? Le grand défi missionnaire au XIXe siècle est représenté par l’expansion des villes et l’apparition de besoins nouveaux dans un contexte de crise. Souvent d’ailleurs, le personnel religieux vient des campagnes pour s’investir dans les grandes agglomérations ou les villes de taille moyenne. Le rural, à bien des égards, est comparé à un château d’eau qui irrigue et rend possible la créativité religieuse dans les villes. Si le contexte est à l’opposition d’une France réfractaire, le catholicisme fait preuve d’une grande et tranquille vitalité dans les campagnes. Il est remarquable de le constater avec la création des institutions sanitaires, éducatives et la prise en compte des besoins nouveaux liés au développement de l’adolescence avec les patronages ou l’action catholique au tournant des XIXe et XXe siècles. Au XIXe siècle, la grande nouveauté est encore l’engagement des laïcs avec la société Saint Vincent de Paul et le développement d’une spiritualité spécifique.

Si à la fin du XIXe siècle, des auteurs tirent le signal d’alarme en constatant la diminution du nombre d’entrée dans les séminaires, ce n’est vraiment qu’à partir du milieu du XXe siècle que le constat devient massif. Il faudra du temps pour prendre conscience de la disparition des éléments qui ont façonné notre cadre religieux. Au passage, nous pouvons évoquer ici le livre d’Emmanuel Mounier Feu la chrétienté (1950) et l’appel à la conversion missionnaire avec l’ouvrage des abbés Godin et Daniel, La France pays de Mission ? (1943). C’est aussi dans ce contexte de déchristianisation que la Congrégation de la Mission redécouvre l’importance de la Mission Populaire dans les campagnes bien sûr, mais aussi dans les nouveaux quartiers urbains périphériques. Que l’on pense aux intuitions des « forains du bon Dieu » (il est passionnant de relire le livre de notre confrère, Jean Gonthier : Dieu parle à son peuple aujourd’hui, 1977) ou à celles des secteurs ruraux où l’on se rend bien compte que le cadre paroissial traditionnel n’est plus satisfaisant. Un peu plus de cinquante ans après qui y a-t-il de commun entre ce que nous vivons et ce monde disparu ? Aujourd’hui, le panorama du catholicisme français est fondamentalement différent et je reprendrais simplement pour l’illustrer cette remarque récente d’une sociologue :

 La catégorie des cadres et professions intellectuellement supérieures est surreprésentée parmi la population pratiquante, contrairement aux milieux ouvriers. Autre caractéristique, le catholicisme apparaît aujourd’hui également présent dans les grandes agglomérations où le taux de pratique (15%) dépasse aujourd’hui légèrement celui des communes rurales (13%). Ce constat est un peu inattendu, car la ville a longtemps été perçue comme le lieu par excellence de la déchristianisation. » (Céline Béraud, le catholicisme français à l’épreuve des scandales sexuels, Paris, Seuil – « La république des idées » -, 2021, p.28. Cf Philippe PORTIER et Jean-Paul WILLAIME, la Religion dans la France Contemporaine, entre sécularisation et recomposition, Paris, Armand Colin, 2021).

Pouvons-nous évoquer maintenant les bouleversements de la vie dans les campagnes pour en envisager ensuite les conséquences sur l’annonce de la Bonne Nouvelle ?

Quelques traits du rural…

Dans un livre passionnant – La fin du village, une histoire française (Paris, Gallimard, Folio-histoire, 2012) – le sociologue Jean-Pierre Le Goff, en partant du cas concret d’un village de Provence –Cadenet – met en évidence les bouleversements qui travaillent le monde traditionnel rural. S’il fait référence à un village précis en Provence, ses observations sont valables et suggestives – me semble-t-il – pour l’ensemble des villages de France. Ce qui peut accélérer ou ralentir ce processus est la proximité des grandes agglomérations et le développement des moyens de circulation.

La société de consommation dans les années 50 et 60 a bouleversé la sociabilité villageoise. La mobilité représente un enjeu considérable pour se rendre à son travail ou sur les lieux de consommation. C’est encore l’arrivée et le brassage d’une population nouvelle : On dénombre de nombreuses résidences secondaires mais aussi des personnes qui font le choix de vivre à la campagne pour une meilleure qualité de vie. Dans les années 80, grâce à l’arrivée des « néo-ruraux », si l’on assiste, souligne J.-P. Le Goff, au développement d’un tissu associatif, en même temps, « l’individu se protège de la promiscuité par la distance prise avec ses semblables, par la délimitation stricte d’un espace privé dans lequel il puisse se sentir autonome et libre. » (p.314). C’est la « manie des clôtures » et du gazon qui deviennent caractéristiques de ces populations nouvelles.

Le sociologue fait encore remarquer : « après avoir connu ses heures de gloire dans les années 1980 et 1990, le militantisme associatif s’est essoufflé » (p.294). Je cite in extenso, ce passage qui me semble caractériser les bouleversements du monde rural :

 A Cadenet, du temps des vanniers et des agriculteurs, la « dureté de la vie » était une condition partagée : « faire vivre sa famille » et « gagner des sous » étaient des préoccupations centrales qui laissaient peu de loisir pour s’occuper de soi. Cela n’impliquait pas pour autant l’absence de plaisirs et du bonheur de vivre. Mais ceux-ci n’étaient pas alors considérés comme une affaire purement individuelle ; ils étaient liés à l’insertion dans une tradition et une collectivité villageoises. En ce sens, le bonheur ne passait pas seulement par le foyer domestique, il était encore moins une affaire d’« épanouissement personnel » dans un rapport de soi à soi ; il était inséparable des échanges collectifs et des liens amicaux et de solidarité qui se tissaient à l’intérieur de cette collectivité d’appartenance qu’était le village d’autrefois. La dissolution de la tradition et de ces anciens liens a entraîné une autonomie et une liberté individuelle plus grandes. Pour positive que soit cette évolution en regard des contraintes et du conformisme villageois, elle ne s’en est pas moins payée d’une solitude et d’un souci de soi qui comportent leur lot de pathologies nouvelles. » (p.329).

La lecture des ouvrages d’Alain Ehrenberg (L’individu incertain, Calmann-Levy, 1995, La fatigue d’être soi, Odile Jacob, 1998, La société du malaise, Odile Jacob, 2010) permettrait certainement d’enrichir le constat que Jean Pierre Le Goff fait au passage : « les antidépresseurs et les anxiolytiques divers sont aujourd’hui parmi les médicaments les plus demandés à la pharmacie du village » (p.321). De fait la santé psychique, liée à l’isolement, devient une préoccupation majeure.

Dans la fin du village, l’auteur souligne encore que « culture – Tourisme et communication sont désormais les trois leviers d’une nouvelle étape de la transformation du village » (p.412) avec l’importance accordée au patrimoine qui semble demeurer le seul vecteur capable de rassembler autour d’une histoire envisagée sous le seul angle du présent. Dans de nombreux villages, les municipalités et les habitants se mobilisent pour « sauver » ou mettre en valeur leurs églises-patrimoines. L’Eglise est devenue prestataire de service et le slogan que l’on ne cesse d’entendre à l’occasion surtout des funérailles est symptomatique des déplacements : « On croit mais on ne pratique pas. Croyants non pratiquants » (Cf. p.435). Ce qui permet de souligner la diversité des quêtes ou des demandes religieuses à laquelle nous sommes sans cesse confrontés dans le service pastoral. Tout un chapitre de l’ouvrage de J.-P. Le Goff développe cet aspect « de nouvelles formes de spiritualité diffuse » (p.438-455). Il précise : « Pour les jeunes générations éduquées en dehors de toute religion, il n’y a pas forcément de différence entre la vie éternelle et la réincarnation ; la « religion », avec ou sans Dieu, devient affaire de bricolage individuel où chacun peut puiser comme il l’entend dans les croyances et les pratiques, l’important en l’affaire est qu’on y trouve sa propre satisfaction. » (p.447-448). Cette expression de « bricolage » individuel devient caractéristique du religieux en régime de postmodernité ou d’hypermodernité ; c’est selon les représentations que vous vous faites de la modernité !

L’auteur, dans les différents chapitres qui prennent en compte les jeunes, les personnes âgées ou encore les parcs naturels, insiste sur la technicité du vocabulaire et des concepts qui deviennent de plus en plus abstraits et déconnectés de la vie réelle.  Pour illustrer cette dimension, je reprends cette conclusion de l’auteur : « A Cadenet comme ailleurs, de l’enfance à la vieillesse, le monde nouveau affiche l’image d’une société composée d’individus autonomes, motivés, dynamiques et actifs, engagés dans de multiples ˮactivités  citoyennesˮ qui répondent au nouvel imaginaire individualiste et démocratique du monde moderne. Cet imaginaire ne peut cependant masquer une réalité moins idyllique : ˮ Si les besoins matériels des malades sont moindres qu’autrefois, si les soins apportés sont plus efficaces et moins douloureux, il y a toujours autant d’isolement et de souffrance morale.ˮ » (p.628). Il serait encore possible d’insister sur les disparités socio-économiques avec le chômage qui s’appesantit sur des familles et la richesse clinquante d’une petite minorité pour compléter ce tableau de fond. Et c’est dans ce contexte que la pandémie s’inscrit pour en amplifier les traits.

Ce qui est frappant est la grande diversité des réalités villageoises – Le Goff évoque un « village bariolé » ou encore une « commune patchwork et post-moderne » (p.772). N’est-ce pas la caractéristique essentielle de notre monde contemporain ?

L’un des effets majeurs de la pandémie a été de réduire encore les liens sociaux. Chacun et chacune s’est encore davantage replié sur la sphère de l’intime avec toutes les conséquences qui ont pu être égrenées par l’actualité. Lors d’une rencontre, l’animatrice du carrefour rural d’Evreux disait : « dans des zones désertifiées, la souffrance humaine est devenue hurlante ! ». Alors que se déploie la fibre optique pour améliorer la communication, il n’y a peut-être jamais eu autant de solitude et de sentiment d’abandon.

De nouvelles perspectives.

Avec la fin du village, nous l’avons bien compris, c’est aussi la fin de « la civilisation paroissiale » qui a façonné notre paysage familier. Comment les communautés chrétiennes seront-elles capables de prendre en compte les ressources de la foi chrétienne pour, au cœur de notre monde, proposer des perspectives nouvelles qui prennent réellement en compte les réalités de ce monde contemporain ? Si la crise de la Covid 19 a durci les traits, quelles initiatives pourraient-elles lui rendre son visage humain ? Henri de Lubac exprimait d’une manière très claire ce dynamisme essentiel :

Le mystère du Christ est aussi le nôtre. Ce qui s’est accompli dans la Tête doit s’accomplir aussi dans les membres. Incarnation, mort et résurrection : c’est enracinement, détachement et transfiguration. Pas de spiritualité chrétienne qui ne comporte ce rythme à trois temps. Nous avons à faire pénétrer le christianisme aux plus profondes réalités humaines. Mais ce n’est pas pour l’y laisser perdre ou dénaturer. Ce n’est pas pour le vider de sa substance spirituelle. C’est pour qu’il agisse dans l’âme et dans la société comme un ferment soulevant toute la pâte, C’est pour qu’il surnaturalise tout. C’est pour qu’au cœur de tout il mette un principe nouveau, pour qu’il fasse partout entendre l’exigence de l’urgence de l’appel d’en haut. » (Paradoxes, p.43-44).

Comment pourrons-nous vivre ce dynamisme central dans des expériences différentes ? Ne sommes-nous pas témoins de cette initiative première et fondamentale de Dieu au cœur de notre histoire humaine ?   

Peut-être faut-il préserver la riche et légitime diversité des initiatives et éviter de s’engouffrer dans des réponses exclusivement techniques. Au cœur de la crise, on a assisté à une multiplication des retransmissions de célébrations ou des temps de prière. Parallèlement il y avait un grand nombre de propositions de formations ou des textes de réflexion, de qualité qui circulaient sur les réseaux sociaux. Comment discerner dans ce flot ce qui convient ? Plutôt que multiplier l’offre ne vaut-il pas mieux développer et renforcer les liens de proximité ? Dans la suite de cette crise, il s’agit alors de privilégier la proximité et rejoindre les initiatives engagées localement où la relation est première.

Aujourd’hui, dans ce monde tiraillé par la peur, on reprend souvent le terme de fraternité pour signifier la nouveauté et l’originalité de l’évangile. En écho aux textes du Pape François, je reprends ce passage à Christoph Théobald :

Une autre manière de dire cette « nécessité » qui s’impose aux « disciples-missionnaires » (EG, 19-24) que sont les « christiens » est de faire intervenir l’expérience « mystique », telle que le pape François la déploie dans un passage central de l’exhortation apostolique Evangelii gaudium ; « De nos jour, alors que les réseaux et les instruments de communications ont atteint un niveau de développement inédit, nous ressentons la nécessité de découvrir et de transmettre la “mystique” de vivre ensemble, de se mélanger, de se rencontrer, de se prendre dans les bras, de se soutenir, de participer à cette marée un peu chaotique qui peut se transformer en une véritable expérience de fraternité, en une caravane solidaire, en un saint pèlerinage » (EG, 87). On est un peu surpris de cette utilisation inattendue du concept de « mystique », liée ici à notre expérience élémentaire du vivre-ensemble […].

Pourquoi parler de « mystique » ici ? Tout simplement parce que la « fraternité » ne va nullement de soi. Il faut la choisir et apprendre à la vivre (EG, 91) ; et ce choix et long apprentissage n’est pas uniquement une question de morale ou d’éthique […]. La fraternité devient « mystique ou contemplative » quand elle « sait regarder la grandeur sacrée du prochain, découvrir Dieu en chaque être humain », quand elle « sait ouvrir le cœur à l’amour divin pour chercher le bonheur des autres comme le fait leur Père qui est bon » (EG, 92). Tous les mots comptent dans ce mouvement spirituel, en quelque sorte inductif, qui va de l’homme vers Dieu, jusqu’à ce qu’il débouche – au plus intime de l’homme où son « cœur » s’ouvre à l’intimité même de Dieu – dans le mouvement inverse de l’amour de Dieu qui précisément consiste dans la recherche du bonheur de l’autre.

Il s’agit d’une mystique non sacrale, comme François le souligne avec force (EG, 89), d’une mystique à distance de beaucoup de courants spirituels d’aujourd’hui qui se contentent d’une relation avec des énergies qui harmonisent ou d’une recherche intérieure du bien-être sans visage d’autrui (EG, 90). » (Urgences pastorales, Comprendre, partager, réformer, Paris, Bayard, 2017 ; p.161-164).

N’est-ce pas tout l’enjeu des propositions de fraternités qui se vivent dans de nombreux diocèses de France ? Dans l’Eglise d’Evreux, c’est cette recherche qui est à l’œuvre depuis un peu plus de trois ans. C’est un défi à relever particulièrement dans le rural où les distances renforcent l’individualisme. Dès le début de cette expérience de la Fraternité Missionnaire dans le secteur sud du diocèse qui comprend trois paroisses, l’initiative du Fraternibus était engagée avec le Secours Catholique et le Carrefour Rural du diocèse d’Evreux afin de permettre aux personnes isolées de trouver un lieu d’écoute et de dialogue dans les villages. Le fraternibus se déplace sur les marchés. Au début les bénévoles (peu nombreux…) se demandaient ce qu’ils allaient pouvoir proposer et de fait, les personnes viennent pour échanger, pour partager des questions ou des problèmes au détour de leur chemin. C’est un lieu de rencontre pour se ressourcer et poursuivre sa route. L’importance de l’accueil et la disponibilité à la rencontre pour écouter et répondre aux attentes des personnes est le cœur de la pastorale mise en œuvre dans les paroisses. Après la crise de la Covid, ces lieux sont importants et peut-être est-il nécessaire de développer ces « interfaces » pour chercher et découvrir la source de la bonne Nouvelle ?   Pour approfondir cette intuition, je lisais récemment dans le journal La Croix une réflexion autour des tiers-lieux (« Les tiers-lieux sont-ils l’avenir de l’Eglise ? », vendredi 18 juin 2021). Mgr Ulrich, archevêque de Lille, y précisait :

L’Église d’aujourd’hui ne peut pas être statique dans ses institutions, elle doit pouvoir être attentive aux conditions dans lesquelles elle évolue pour rejoindre chacun. Les tiers-lieux d’Église vont à la rencontre de personnes qui méritent d’entendre la Bonne Nouvelle de l’Évangile mais qui n’iront pas à l’église. On ne détruira pas les paroisses pour autant, qui sont aussi des lieux de rencontre ! Beaucoup de gens entrent encore dans les églises et y sont très touchés. Mais ces initiatives lui sont complémentaires, elles permettent d’entrer par des lieux inattendus dans l’expérience que propose l’Évangile. Je ne sais pas si les tiers-lieux sont l’avenir, mais ils sont en tout cas une nécessité actuelle. »

Comment la crise sanitaire de la Covid nous permet-elle d’ouvrir les yeux pour sortir de nos routines et entendre cet appel ? Si elle a amplifié les traits de notre société et les évolutions de notre monde, l’appel se fait plus urgent pour aller urgemment à la rencontre de nos contemporains dans ces conditions nouvelles de vie. « La moisson est abondante… », n’est-ce pas cette conviction qui doit nous animer au plus profond, sans nostalgie du passé et nous motiver pour aujourd’hui ?

Père Elie DELPLACE

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25ème anniversaire de la canonisation de JEAN-GABRIEL PERBOYRE ( MONGESTY 18 septembre 2021)

Wuhan (8,5 millions d’habitants) fait partie de la province de Hubei, au centre de la Chine. Jean-Gabriel Perboyre a été d’abord envoyé dans la province de Henan (qui touche la province de Hubei). Arrivé aprés un difficile voyage sur son lieu de mission en aout 1836, il y trouve une population misérable de quelques 2000 chrétiens répartis sur de grands territoires. Pour aller à leur rencontre il parcourt des centaines de kms à pied. Il y restera deux ans pour répondre en 1838 à une autre mission dans la province de Houpé. Il sera condamné à mort le 15 juillet 1840 par le tribunal de la province de Hubei à Ou-Tchang-Fou (Wuchang, quartier de la ville de Wuhan). Devinant la sanction future, c’est là qu’il confie à un catéchiste venu le visiter: « Je suis heureux de mourir pour le Christ ».

Association Jean-Gabriel Perboyre

25ème anniversaire de la canonisation de JEAN-GABRIEL PERBOYRE ( MONGESTY 18 septembre 2021)

SAMEDI 18 SEPTEMBRE 2021

 PROGRAMME

  •  14h45Accueil au Puech devant le grand portail et la statue de Jean-Gabriel.
  • 15h : Départ de la procession (les chants seront distribués aux participants à la procession).
  • 15h15 : Messe Solennelle. Présidée par Monseigneur Laurent Camiade, évêque du diocèse de Cahors, elle sera concélébrée avec le père Jean-Yves Ducourneau, prêtre de la Congrégation de la mission, les prêtres et les diacres du diocèse.
  • 16h15 : Conférence «Un témoin de la foi pour aujourd’hui» par le père Jean-Yves Ducourneau, Aumônier militaire en réserve citoyenne et chanoine honoraire du diocèse aux armées, il est également auteur d’ouvrages sur la spiritualité de saint Vincent de Paul, il assure aussi des conférences et des prédications de retraites auprès des Filles de la Charité.
  • 16h50 : Musiques populaires du répertoire religieux (hautbois, clarinette, voix, cornemuse, flûtes…) par les membres de l’AMTPQ Association des Musiques et Traditions Populaires du Quercy

Un stand sera réservé à l’exposition et vente d’ouvrages avec la présence du père Ducourneau et de Gilles Chevriau, auteur-éditeur qui dédicaceront leurs ouvrages (cour du Puech). Ce stand accueillera également les adhésions à l’association Jean-Gabriel Perboyre.

  • 17h30 : exposition et vente d’ouvrages avec la présence du père Ducourneau et de Gilles Chevriau, auteur-éditeur qui dédicaceront leurs ouvrages (cour du Puech). Ce stand accueillera également les adhésions à l’association Jean-Gabriel Perboyre. (voir bulletin d’inscription à l’association en cliquant CE LIEN)
  • 17h40 :  horaire recommandé de départ pour les personnes qui souhaiteraient rejoindre le village de Montgesty à pied en pèlerin (3 km). Départ depuis la cour de la maison natale.
  • 18h : départ pour Montgesty (véhicule). Un parking sera fléché à l’entrée du village.
  • Repas : Un service de repas (entrée, plat, fromage, dessert, boisson) sera assuré (15 € par personne – Réservation obligatoire avant le 10 septembre – bulletin accessible sur le site internet www.jeangabrielperboyre.org
    Ne pas oublier d’apporter vos couverts. Service de repas à partir de 18h30. Des tables seront également à la disposition des personnes qui souhaitent apporter leur propre repas.
  • 20h30 : spectacle par LES BALADINS DE L’EVANGILE  Il se tiendra à proximité de l’église. Des chaises seront mises à disposition.

L’accès sera libre mais nous comptons sur la générosité des spectateurs pour participer aux dépenses de cette journée, spectacle notamment



SPECTACLE  PAR LES BALADINS DE L’EVANGILE : La Passion du Christ avec en parallèle la Passion de Jean-Gabriel Perboyre missionnaire martyrisé en Chine. Créé par les Baladins de l’Evangile, ce spectacle sera assuré avec la participation d’enfants (8-12 ans).

Pour inscrire les enfants qui souhaiteraient participer à la représentation, merci de prendre contact avec l’association : Simone Saint-Aubert 06 89 93 10 10 ou Pierre Salives 06 83 23 13 17 avant le 10 septembre , les répétitions seront organisées à Montgesty le 18 septembre dès 8 h et dureront la journée.


Jean-Gabriel En quelques mots :

Jean-Gabriel Perboyre (1802-1840) martyr en Chine est né à Montgesty (département du Lot) au lieu-dit le Puech en 1802. C’est l’aîné d’une famille de 8 enfants. Il n’a d’autre ambition que de rester à la maison s’occuper de la propriété. Au début de 1817, son jeune frère Louis doit partir à Montauban, au collège dirigé par son oncle Jacques, prêtre de la Congrégation des Lazaristes. Jean-Gabriel, pour faciliter l’acclimatation de son frère, va l’accompagner.

Montrant de réelles capacités pour les études, Jean-Gabriel deviendra missionnaire en Chine. Ses études terminées, il entre chez les Lazaristes. Il prononce ses vœux le 20 décembre 1820. Il sera ordonné prêtre le 23 septembre 1826. Il embarque pour la Chine le 21 mrs 1835, au Havre. Il est arrêté en Chine, le 15 septembre 1839, puis est condamné à mort le 15 juillet 1840 et exécuté le 11 septembre 1840 par strangulation.

Ses derniers instants en Chine
Wuhan (8,5 millions d’habitants) fait partie de la province de Hubei, au centre de la Chine. Jean-Gabriel Perboyre a été d’abord envoyé dans la province de Henan (qui touche la province de Hubei). Arrivé aprés un difficile voyage sur son lieu de mission en aout 1836, il y trouve une population misérable de quelques 2000 chrétiens répartis sur de grands territoires. Pour aller à leur rencontre il parcourt des centaines de kms à pied. Il y restera deux ans pour répondre en 1838 à une autre mission dans la province de Houpé. Il sera condamné à mort le 15 juillet 1840 par le tribunal de la province de Hubei à Ou-Tchang-Fou (Wuchang, quartier de la ville de Wuhan). Devinant la sanction future, c’est là qu’il confie à un catéchiste venu le visiter: « Je suis heureux de mourir pour le Christ ».

Béatification, canonisation, dévotion

Le père Jean-Gabriel Perboyre a successivement été déclaré vénérable dès 1843 par le Pape Grégoire XVI puis béatifié  par le Pape Léon XIII et enfin canonisé le 2 juin 1996 par le Pape Jean-Paul II



CARTE POSTALE SOUVENIR

Carte postale spécialement éditée pour le 25e anniversaire de la canonisation de Jean-Gabriel. Elle sera en vente durant toute la journée du 18 septembre 2021 et disponible également sur le site internet www.jeangabrielperboyre.org (paiement par CB)

INFOS PRATIQUES

Lieu du déroulement : 1625 route du Puech / 46150 Montgesty

Accès : itinéraire fléché

  1. Depuis Montgesty, direction Catus, tournez à droite D 50
  2. Depuis Catus, prendre D 13, direction Montgesty, puis à gauche D 172, direction Lherm. Continuez pendant environ 2 km et tournez à droite, direction le Puech

Contacts :

Ce programme est susceptible d’être modifié en raison des mesures sanitaires en vigueur

MERCI AUX ENTREPRISES QUI SOUTIENNENT L’ORGANISATION DE CETTE JOURNÉE

ETB réseaux ingénierie – Montgesty / SPAR le panier du Vert – alimentation, Catus / Lo vinotier – caviste, Catus / La récréation – restaurant, Les Arques / Technic garage – garage automobile, Catus / Sarl Moulène – maçonnerie, Salviac / Boulangerie d’Antan – boulangerie, Thédirac / Boucherie Guérit – boucherie, Catus / Lys coiffure – salon de coiffure, Catus / Foies gras Robert – conserverie, Catus / Intermarché – alimentation et autres produits, Gourdon / La pharmacie du Vert – pharmacie, Catus / Des saisons et des légumes – producteur, Thédirac / Ferme Ghislaine Borie – producteur, Catus / Bambina Pizza – pizzaiolo – Thédirac / Groupama – assurances, Catus / Crédit agricole – banque, Mercues / Gamm vert – jardinerie, Catus / Boulangerie – Tabac – multiservice, Catus

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La CEVIM au service des sans-abris

En 1994 le Père Maloney, supérieur général, souhaitait voir la Congrégation de la Mission rejoindre L’ONU pour y porter la voix des pauvres. C’est en 1998 qu’elle postulera et sera reconnue.

Bernard Massarini

La CEVIM au service des sans-abris

En 1994 le Père Maloney, supérieur général, souhaitait voir la Congrégation de la Mission rejoindre L’ONU pour y porter la voix des pauvres. C’est en 1998 qu’elle postulera et sera reconnue.

De mon côté, en 2002, étant rentré d’Amérique du Sud et ayant entendu que les Équipes Saint Vincent sont présentes au Conseil de l’Europe, je vais rejoindre la représentante des Équipes une année durant à Strasbourg. La déléguée des ESV était devenue la présidente de la commission grande pauvreté du Parlement où des associations (parmi lesquelles une cinquantaine d’associations et congrégations chrétiennes) font entendre la voix des chrétiens associés à d’autres associations protestantes et juives.

Lors de la session, l’équipière, amie de la Secrétaire du Conseil des Ministères du Conseil de l’Europe, me demande de rédiger une lettre pour postuler un siège. Je vais donc collecter ce que développent les provinces de la CEVIM au niveau social, des migrants, des sans-abris et de l’éducation interreligieuse. La secrétaire du conseil des ministres, heureuse de ce qu’elle apprend, dit qu’elle soutiendra notre candidature si nous la déposons. Cela aura pour conséquences de faire que la CEVIM ait sa rencontre en Slovénie pour écouter la déléguée des ESV en vue de réfléchir à la nomination d’un confère à ce service, soit 16 jours par an de présence à Strasbourg, mais il a été décidé de ne pas donner suite.

À l’O.N.U. l’équipe des vincentiens est composée des AIC (Équipes Saint Vincent) Filles de la Charité, Congrégation de la Mission, Société Saint Vincent de Paul et Fédération des Sœurs de la Charité américaines ; cette équipe porte la voix des plus fragiles au sein de cet aéropage.

Le Père Grégory GAY, ancien Supérieur Général, va prolonger ce service en chargeant ce confrère de créer un réseau VIN-JPIC Vincentiens-Justice, Paix Intégrité (ou Sauvegarde de la Création). Les visiteurs sollicités nommeront des délégués. Pour la CEVIM, 10 des 11 provinces choisiront un répondant. Le réseau VIN-JPIC est né. Ayant une ample connaissance des divers services que nous faisons comme CEVIM, notre représentant à l’ONU, le père CAMPUZANO, me demandera de l’aider, sollicitant pour cela le père Ziad HADDAD, visiteur du Liban, alors président de la CEVIM, pour qu’il me nomme correspondant continental.

C’est en avril 2021, que notre nouveau représentant de la Congrégation : Jim CLAFFEY a proposé aux délégués provinciaux VIN-JPIC une rencontre pour démarrer le travail, moi présent comme coordinateur continental. Comme nous n’étions que 4 présents sur les 10 représentants nommés, Jim CLAFFEY a proposé que nous centrions notre collecte d’informations sur nos activités comme CEVIM avec les Sans-Abris. Après avoir patiemment été à la pêche à l’information, je viens vous livrer la richesse de ce que 6 des provinces de la CEVIM : Espagne, France, Irlande, Italie, Liban et Slovénie, font au service des sans-abris. Je vous propose un panorama de nos diverses actions.

En France

2 types de présence sur le territoire : le collectif pour la mort des errants MSMA (Marseille Solidaire de la Mort des Errants) qui l’an dernier a accompagné 14 personnes mortes dans l’abandon, car le collectif ne se charge plus seulement des sans-abris, mais des personnes sans descendants, sans famille ou proches au moment de la mort.

L’ancienne maison des lazaristes : “Tour Sainte” dénommée aujourd’hui « le Mascaret » un hébergement temporaire pour des sans-abris ayant vécu à la rue de longues années, qui a été confiée à une association Habitat Alternatif Social (H.A.S). Sont accueillis 8 sans-abris, plus 55 et 70 (moyenne d’âge 66 ans) qui viennent réapprendre la vie en collectivité pour se préparer à rejoindre l’EHPAD ou un logement, en bénéficiant d’un accompagnement. Ils demeurent quatre ans environ sur place avant de vivre leur nouvelle étape.

Et un service en Grèce

À Thessalonique les confrères accompagnent les sœurs de Mère Térésa pour distribuer nourriture et produits d’entretien à environ 300 personnes parmi lesquelles de nombreux migrants. Parfois ils peuvent offrir des légumes récupérés du supermarché qui les leur cède.

Ils ont en projet l’achat d’une maison pour aider les personnes à avoir des douches, des vêtements et des boissons chaudes.

En Espagne

A Anujar (Jaen) un centre d’accueil de 14 places avec chambres simples, doubles et triples et une pour personne handicapée. Il y a des w.c. douches, machine à laver le linge et tout est fait pour permettre l’expression paisible des usagers. Sont réalisés des ateliers les invitant à participer à la vie du lieu.

Salamanque le projet Ranquines d’accueil de jour pour personnes ayant troubles mentaux. 40 accueils simultanés possibles. Il y a repas, douche, lingerie et des services d’aide spécifiques pour les aider à conserver la meilleure autonomie possible

Valladolid, le Projet de la Médaille Miraculeuse, dans les locaux d’une paroisse vincentienne, projet pour 30 personnes ayant des troubles mentaux dus à l’expérience de la rue. Une consigne, le petit-déjeuner, la douche, le lavage du linge, le coiffeur et le podologue.

L’objectif de ce service est de faire que toutes ces personnes retrouvent l’autonomie qui les caractérisait avant qu’ils n’entrent dans leurs troubles.

En Irlande

La paroisse tenue par les confrères met l’église à la disposition des sans-abris toute la journée pour 5 à 10 personnes en même temps. Ceux-ci recherchent des solutions d’hébergements temporaires pour les plus stables. 2 d’entre eux sont accueillis dans la maison des confrères. Quelques hébergements temporaires sont fournis par les personnels sociaux de la municipalité pour le suivi des personnes.  

Italie

A Catane Sardaigne « l’Auberge du Samaritain » qui peut loger 30 personnes sans-abris pour 24 h. Il y a aussi un dortoir pour hommes, une nuit seulement de capacité de 20 places.

A Côme avec la Société Saint Vincent de Paul distribution de repas aux sans-abris.

A Rome au Léonien avec les Dames de la Charité une fois par semaine : douche, petit-déjeuner et service d’écoute pour les sans-abris ainsi que pour des personnes victimes de violences familiales et d’addiction.

Au Liban

Sous les ponts de Beyrouth et jusque dans les camps de fortune distribution de nourritures ; près de 300 personnes en bénéficient. Parfois distribution de matelas ou de sac de couchage pour éviter que les personnes dorment sur le sol.

Slovénie

L’association des « Bénévoles de Saint Vincent de Paul», est devenue association à caractère humanitaire, conduite par 2 confrères. Depuis 2006 a été ouvert un Centre de jour pour sans-abris, avec services d’hygiène. Le centre est annuellement visité par environ 800 personnes. L’association compte 14 permanents et 200 bénévoles. Ce service se couple avec des activités visant à la réintégration des usagers. Certaines possibilités d’hébergements sont aussi offertes. Il y a des ateliers créatifs de jeux partagés. Sont aussi disponibles gâteaux, nourritures, légumes et l’on prend soin de préparer de bons aliments. Les après-midis sont réservés aux douches, soins personnels et lavage du linge. Les soupers sont préparés en commun et la télévision est regardée ensemble, le sport des championnats, les vendredis des films sont projetés. Ceci recrée pour tous un espace de communication sain.

Le foyer pour sans-abris de 7 lits, où on leur apprend à gérer ce nouvel espace. Certains grâce à cela retrouve le goût de reprendre une vie stable.

Les maraudes sur Ljubjana pour ceux qui ne viennent pas au centre. Ceux-ci sont visités aussi à l’hôpital ou à la prison. Distribution de nourriture dans la ville de Nova Gorica du lundi au vendredi avec l’essai de résoudre les difficultés qu’ils rencontrent. Ils sont aussi parfois conduits d’une ville à une autre plus proche.

On essaie de leur redonner une certaine autonomie, ils peuvent ainsi ne plus avoir besoin des services de secours. Certains se voient proposer des logements partagés ce qui les stabilise et leur donne de nouveau la chance d’équilibres retrouvés.  

On réfléchit à des actions partagées : visites, piscine et autres activités qu’ils auraient du mal à pratiquer seul. Nous le voyons, autant de projets dans lesquels les Confrères se sont investis pour aider leurs semblables sans-abris.

Vincentiens continuons à inventer pour continuer ce souffle que Saint Vincent nous a laissé !

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