L’appel de Dieu. Témoignage de Patrick Rabarison CM

L’appel de Dieu

Témoignage de vocation de Patrick Rabarison, CM

Patrick Rabarison, diacre lazariste, sera ordonné prêtre le 18 juin 2017 à 15h30 en église Sainte-Anne d’Amiens par Monseigneur Olivier Leborgne, évêque d’Amiens.

Patrick, quel a été ton parcours avant d’entrer au séminaire ? J’ai fait des études en géographie et en géopolitique à l’Université Paris-Sorbonne. J’ai complété cette spécialisation universitaire par un engagement au niveau associatif et politique. J’ai pu travailler ainsi au rapprochement entre mon université (dont j’ai été élu administrateur et consulteur pendant quelques années) et des universités étrangères dans le cadre de la coopération inter-universitaire.

A quelle occasion as-tu ressenti le désir de te mettre au service de Dieu ?

C’est à l’occasion d’un voyage d’étude en 2002 en Bosnie-Herzégovine que j’ai pu vivre un moment décisif dans la découverte de ma vocation. J’ai été, en effet, profondément bouleversé par les séquelles psychologiques et matérielles laissées par la guerre inter-confessionnelle qui a ravagé ce pays au début des années 90. Le témoignage de rescapés civils ainsi que la vue inoubliable de villages entièrement rasés et de murs maculés de sang m’ont fait prendre conscience du caractère tragique de la condition humaine et du prix inestimable de la vie et de la paix.

A mon retour en France, je me suis senti déterminé à consacrer ma vie professionnelle à la cause de la paix et de la fraternité entre les peuples. Je voulais devenir un pont entre les hommes à l’image du pont de Mostar qui est un beau symbole de la cohabitation harmonieuse entre des communautés de cultures et de confessions différentes. Très vite s’est donc posée la question du lieu où pourrait se réaliser un tel projet.

L’expérience de prière et de fraternité universelle que j’ai pu vivre à Cologne en 2005, à l’occasion des Journées Mondiales de la Jeunesse, a constitué pour moi une réponse aussi inattendue que providentielle à tous mes questionnements intérieurs. Je me suis identifié aux Rois Mages (saints patrons de ces JMJ) et à leur itinéraire spirituel. Itinéraire que le Pape Benoît XVI a très bien décrit dans son homélie de la veillée de Marienfeld (20 juillet 2005) décisive pour mon appel. Dans un monde désordonné, ces rois étaient à la recherche d’un Roi-Messie capable de garantir le droit, la paix et la justice dans le monde. C’est pourquoi ils se sont mis en route pour le retrouver. Ils ont pensé le trouver dans les riches palais de Jérusalem, mais, contre toute attente, ce fut dans une petite étable de Bethléem qu’ils l’ont trouvé. Ils ont alors compris que « le pouvoir de Dieu est différent du pouvoir des puissants de ce monde ».

Au pouvoir tapageur et pompeux de ce monde, ajoutait Benoît XVI, Dieu n’oppose pas, en effet, une légion d’anges mais le pouvoir sans défense de l’Amour qui, sur la Croix, succombe et qui cependant instaure le Règne de Dieu. Ces paroles inspirées ont changé toute ma conception du pouvoir. Une véritable « conversion » s’en est suivie. « Ce ne sont pas les idéologies qui sauvent le monde, mais seulement le fait de se tourner vers le Dieu vivant […] c’est l’Amour qui sauve le monde. » J’ai compris ce jour-là que Dieu ne m’attendait pas dans les institutions internationales œuvrant pour la paix mais dans son Église.

 

En mai 2015 tu as prononcé les vœux dans la Congrégation de la Mission dite des Lazaristes. Pourquoi un tel choix ?

Plus qu’un choix, je demeure aujourd’hui convaincu qu’il s’agit avant tout d’une réponse à un appel.

Par la lecture et la méditation de plusieurs ouvrages consacrés à saint Vincent de Paul, j’ai découvert, en effet, la place particulière qu’occupe le Dieu Providence dans sa vie. Que ce soit à travers des événements ou la personne des pauvres, Il ne cesse de l’interpeller et de la provoquer à  l’action. Cet équilibre entre la contemplation du Dieu « riche en miséricorde » révélé par Jésus-Christ dans les Écritures, l’attention « aux signes des temps » par lesquels Il ne cesse de nous parler et l’action concrète envers les plus pauvres, constitue la grande force et la richesse de la spiritualité vincentienne.

Le sentiment de ne compter pour rien et pour personne constitue, je le crois, une des grandes pauvretés de notre temps. Il s’agit là d’un « signe des temps » auquel nous ne pouvons pas rester indifférents. Il est significatif à cet égard que la Société Saint Vincent de Paul qui a fait de la lutte contre la solitude et l’isolement, l’axe transversal de toutes ses actions, ait participé en 2011 à la reconnaissance de la solitude comme grande cause nationale. « Il ne me suffit pas d’aimer Dieu si mon prochain ne l’aime » disait Saint Vincent. La Bienheureuse Mère Térésa de Calcutta, Prix Nobel de la Paix, qui a joué également un rôle important dans mon discernement, relevait amèrement « qu’il y a toujours beaucoup de monde pour faire de grandes choses mais en revanche très peu de monde pour faire de petites choses avec un grand amour. »

Mon expérience personnelle m’a montré que les personnes en situation de grande précarité sociale ou de grande souffrance morale n’attendent pas « de grandes choses » de nous, tout juste une attention fraternelle, un peu de bonté, de tendresse, un sourire, autrement dit un peu d’humanité.

Pour toi, que veut dire : « être prêtre aujourd’hui » ?

Pour répondre à cette question, permettez-moi de vous partager deux expériences mémorables qui colorent mon regard sur ce qui, à mes yeux, manifeste toute la beauté et la grandeur du ministère du prêtre aujourd’hui. Au cours d’une année de stage en Normandie, j’ai participé avec un confrère prêtre aux funérailles d’un jeune homme qui s’était donné la mort quelques jours auparavant. Les parents et la sœur du défunt étaient amorphes, prostrés sur leurs chaises quand, brusquement, après la communion, le prêtre a quitté le chœur et s’est approché d’eux. Arrivé à leur hauteur, les parents et la sœur se sont jetés comme un seul homme dans ses bras. Il les a aussitôt après serrés contre son cœur. Cette image restera gravée dans ma mémoire parce que, derrière le prêtre,  j’ai vu le Christ-Bon Pasteur qui s’est servi de son ministre consacré pour leur manifester physiquement toute sa tendresse et sa compassion.

J’ai été amené une autre fois à porter la communion à une personne proche hospitalisée. Au téléphone, elle me confiait son regret de ne pas avoir beaucoup d’amis pour la visiter. Elle attendait avec impatience la venue du Christ présent dans la sainte eucharistie. A peine suis-je arrivé dans sa chambre qu’elle a commencé à s’effondrer en larmes et à me dire combien cette fidélité du Christ à son égard la touchait et la consolait de toutes ses tribulations.

Que peut-on offrir de mieux aux personnes que l’on aime sinon le Christ. Le Christ humble, le Christ présent, comme le soulignait Monsieur Vincent, aussi bien dans les espèces du pain et du vin que derrière la figure de la personne pauvre. Oui, pour ce Christ « doux et humble de cœur » qui n’attend de moi qu’une seule chose, à savoir lui donner mon cœur, je suis prêt à donner toute ma vie.

Être intendant des mystères de Dieu, apporter au nom de Dieu la paix, la joie que Jésus seul peut offrir au monde, que demander de plus sinon lui rendre grâce pour le fait que, tout indigne et faible que je suis, Il m’ait quand même appelé à son service ! Merci de prier pour moi.

Patrick RABARISON, CM 🔸

Que peut-on offrir de mieux aux personnes que l’on aime sinon le Christ ! Le Christ humble, le Christ présent, comme le soulignait Monsieur Vincent, aussi bien dans les espèces du pain et du vin que derrière la figure de la personne pauvre.

Pour Information :

Ce témoignage est paru dans la revue de l’Archiconfrérie de la Sainte Agonie de Notre Seigneur Jésus-Christ, numéro 66

Père Pedro Opeka à Amiens. 1er juillet 2017 à 15h en l’église Sainte-Anne d’Amiens : “Dans les pas de saint Vincent de Paul, une dynamique au service des pauvres”

Père Pedro Opeka à Amiens.

“Dans les pas de saint Vincent de Paul, une dynamique au service des pauvres”

1er juillet 2017 à 15 h en église Sainte-Anne d’Amiens

En ce 400ème anniversaire de la fondation du charisme vincentien, le Père Pedro Opeka, un des fils spirituel de Monsieur Vincent, missionnaire à Madagascar, et fondateur de l’Association humanitaire « Akamasoa » nous livre, son expérience auprès des pauvres d’Antanarivo qui vivaient sur la décharge publique.

Le Père Pedro OPEKA, sera à AMIENS le samedi 1er juillet 2017 à 15 h – Eglise Sainte Anne

Le Père Pedro est un homme d’exception, les organisateurs de ces rencontres voudraient que ces visites puissent laisser des traces…

Père Pedro, prêtre lazariste, est né en 1948 à San Martin (Argentine) de parents slovènes. C’est près de son père, en Argentine, que le jeune homme apprit très tôt le métier de maçon. C’est là aussi qu’il découvrit sa vocation et qu’il choisira de consacrer toute sa vie, à la suite de Sainte Mère Teresa et de l’humble sœur Emmanuelle, aux plus démunis et à Dieu.

En 1970 père Pedro découvre Madagascar et toute sa misère. En 1975 il s’embarque définitivement dans son pays de mission et crée en 1989 l’association AKAMASOA (qui signifie “Les bons amis”) qui a permis d’aider et de nourrir à ce jour 400 000 personnes en détresse, d’accueillir 25 000 malgaches dans les 22 villages qu’elle a construits aux abords de la décharge de la capitale mais aussi à travers tout le pays. Ces villages comprennent des maisons unifamiliales, de nombreuses écoles (12 850 enfants scolarisés “Ces milliers d’enfants…, ce sont de petits anges qui ont droit à avoir un avenir…” Père Pedro), des dispensaires, des bibliothèques… Tout ce travail est réalisé par des malgaches qui ont appris leur métier sur le tas et sans l’aide de leur pays.

Tous les dimanches, c’est un stade qui accueille pour la messe dominicale jusqu’à 7 000 fidèles réjouis. Une véritable fête !

Pour poursuivre son œuvre, Père Pedro a besoin d’une aide financière. C’est ainsi que le Père André-Marie FOUTREIN, moine, prêtre, poète, peintre et potier, consacre toute sa vie à soutenir l’œuvre de celui qui est devenu son grand ami.

Le 31 janvier 2017,  le Cardinal Pietro PAROLIN, Secrétaire d’Etat du Vatican (représentant direct du Pape FRANÇOIS) a visité AKAMASOA. Le Cardinal a été le témoin de la réussite du Père PEDRO et l’a encouragé à continuer ce travail contre la pauvreté et en faveur de la personne humaine.

Une belle page qui s’ajoute dans l’histoire et les annales  d’AKAMASOA.

Comptant beaucoup sur votre présence, au nom de tous les amis organisateurs, nous vous prions de croire,  à l’assurance de nos sentiments les plus cordiaux.

 

 

Conférence-Témoignage du Père Pedro Opeka
samedi 1er juillet 2017 à 15 h
ÉGLISE SAINTE ANNE D’AMIENS – 63 rue Vulfran-Warmé // 80000 AMIENS
Pour ceux qui le souhaitent, célébration eucharistique à 18h30
suivie d’un repas partagé et d’un concert d’Amis
Partenaires :

Congrégation de la Mission – Communauté d’Amiens

63 Rue Vulfran-Warmé – 80000 Amiens

 

Association Eglise Sainte Anne

63 rue Vulfran-Warmé – 80000 Amiens

Le grand entretien (2/2). « Le pape François aurait pu s’appeler Vincent ! »


Le grand entretien (2/2). « Le pape François aurait pu s’appeler Vincent ! »

Avec “Vincent de Paul, un saint au Grand Siècle”, Marie-Joëlle Guillaume, agrégée de lettres classiques, livre une excellente biographie d’un saint à l’immense héritage.

Aleteia : Vous dites avec humour que Vincent de Paul n’aurait sûrement pas été saint Vincent de Paul sans les femmes qui l’ont entouré. Quel est l’apport des femmes dans son œuvre ?
Marie-Joëlle Guillaume : Immense. D’abord parce qu’elles avaient l’entregent nécessaire, mais aussi parce que l’époque regorge de femmes remarquables, et qui ont su s’engager. Mme de Gondi, puis Louise de Marillac, sont les premières. Mais la duchesse d’Aiguillon, nièce de Richelieu, fut une vraie « camarade de combat » pour Vincent. Il y eut aussi la présidente de Herse, Mesdames de Lamoignon mère et fille, Mlle Viole, Mlle Poulaillon, tant d’autres… Et il y eut la confiance d’Anne d’Autriche !

Si l’attention aux pauvres est au centre de son œuvre, Vincent de Paul est également un homme de son siècle, vivant aux heures de la Réforme. C’est à ce titre qu’il se sent également concerné par la formation des prêtres. Pouvez-vous nous en dire plus sur la Conférence des mardis ?

La Conférence des mardis, fondée par Vincent en 1633 dans la foulée de l’organisation des retraites aux ordinands – prêchées au prieuré de Saint-Lazare à Paris – a pour but d’entretenir et approfondir la formation des prêtres, dans l’amitié et la prière communes. La Conférence des mardis eut un rayonnement considérable. À la mort de Vincent, 22 évêques auront été choisis parmi ses membres. Bossuet, jeune prêtre, y fut formé…

Quelles sont ses principales qualités, est-il un bon gestionnaire ?

Son humilité, sa bonté, son abandon à la Providence sont bien connus. On sait moins qu’il avait un don pour le gouvernement des hommes (et des femmes !) et la gestion des choses… et qu’il l’a utilisé ! Il pourrait être le saint patron de nos modernes DRH… D’une très grande rigueur personnelle, il ne supportait pas l’à-peu-près dans la gestion, mais il savait entraîner les autres. Il savait aussi rendre compte… aux Dames de la Charité !

Comment Vincent traverse t-il les crises de son siècle que sont le jansénisme et ensuite la Fronde (1648-1653) ?

La crise janséniste éclate en 1643 autour du livre d’Antoine Arnauld. Vincent est alors membre du Conseil de conscience d’Anne d’Autriche. Son amitié ancienne pour Saint-Cyran, proche de Jansénius, l’a conduit à prendre sa défense en 1639, après son arrestation par Richelieu. Mais Vincent a perçu le danger des idées jansénistes et il luttera de toute son intelligence, après la mort de Saint-Cyran, pour que Rome sache et se prononce. Il ne le fait pas en homme de parti, mais au service de la vérité, humblement.

Pendant la Fronde, outre le soin sans mesure donné aux pauvres par lui et les siens, Vincent prendra tous les risques pour tenter d’empêcher, par son influence au sommet du Royaume, le blocus de Paris en janvier 1649. Il s’efforcera ensuite d’œuvrer, jusqu’à la fin, au service de la paix civile. Ses initiatives appartiennent à l’Histoire.

Quels sont les héritages que nous devons à Saint Vincent de Paul ? Pouvons-nous tisser des liens entre lui et le pape François ? Les Filles de la Charité existent elles toujours ?

Il y a des héritages institutionnels : prêtres de la Mission et Filles de la Charité, essaimés dans le monde entier ; société de Saint-Vincent-de-Paul, fondée au XIXe siècle par Frédéric Ozanam ; Association internationale des Charités, héritière des Dames…

En dehors de l’Église, l’œuvre des Enfants trouvés a été la matrice de l’assistance publique et l’assistance sociale organisée a pris appui sur l’exemple de Monsieur Vincent. Il nous a légué un état d’esprit, inséparable de l’image de la France.

Le pape François aurait pu s’appeler Vincent ! Son message au service des pauvres et d’une ‘écologie humaine intégrale’ rejoint en profondeur le souci constant de Vincent : ne jamais séparer, dans la charité, les besoins du corps et ceux de l’âme.

Propos recueillis par Jean Müller. Aleteia.fr🔸

Le pape François aurait pu s’appeler Vincent ! Son message au service des pauvres et d’une ‘écologie humaine intégrale’ rejoint en profondeur le souci constant de Vincent : ne jamais séparer, dans la charité, les besoins du corps et ceux de l’âme.

Marie-Joëlle Guillaume
Site :
http://fr.aleteia.org/2015/10/29/le-grand-entretien-22-le-pape-francois-aurait-pu-sappeler-vincent-de-paul/

 

Le grand entretien (1/2). Vincent de Paul ou « l’évangélisation des campagnes et le service des pauvres »


Le grand entretien (1/2). Vincent de Paul ou « l’évangélisation des campagnes et le service des pauvres »

Avec “Vincent de Paul, un saint au Grand Siècle”, Marie-Joëlle Guillaume, agrégée de lettres classiques, livre une excellente biographie d’un saint à l’immense héritage.

Aleteia : D’où vient votre intérêt pour saint Vincent de Paul ? Quelle est la spécificité de la biographie que vous lui consacrez ?
Marie-Joëlle Guillaume : J’ai été sensibilisée dès mon enfance à cette si attachante figure de l’Église. Mais c’est à travers ma passion pour le XVIIesiècle que je l’ai « revisitée ». Cette biographie n’est pas une « vie de saint » au sens canonique, mais un livre d’Histoire. En allant aux sources, en m’appuyant sur sa correspondance, j’ai souhaité présenter Vincent dans ses liens avec cette période si contrastée : le temps de la Réforme catholique, mais aussi de la Guerre de trente ans puis de la Fronde…

Vincent de Paul est ordonné très jeune, à 19 ans. Certains contemporains parlent même d’arrivisme. Son entrée dans les ordres est-elle un simple calcul ?

Je réfute, dans mon livre, cette idée propagée au XXe siècle d’un calcul arriviste de Vincent. C’est un anachronisme. Le mariage comme l’entrée dans les ordres dépendaient étroitement, à l’époque, de la décision des familles. Enfant pieux et obéissant, Vincent a été ordonné trop jeune, comme beaucoup à l’époque (les décisions du Concile de Trente n’étant pas encore appliquées en France), mais rien ne permet de suspecter sa sincérité.

Vincent de Paul aurait été captif en Barbarie entre 1605 et 1607. Plusieurs historiens, à la suite du père Coste, pensent au contraire qu’il s’agit d’une invention et que Vincent aurait des choses à cacher. Comment vous situez-vous dans ce débat ?

Ce débat est né au XXe siècle, à la suite d’une série de fautes d’analyse et d’un défaut d’investigation historique, de la part de tous les protagonistes. J’ai repris le dossier à la base, en menant une véritable enquête policière dans l’ensemble des documents. Ma conclusion, solidement étayée, est très claire : oui, Vincent a bien été captif en Barbarie entre 1605 et 1607.

Vincent de Paul (1581-1660) est originaire d’un petit village des Landes. Quelles sont les rencontres qui lui ont permis d’avoir ensuite le rayonnement qui fut le sien ?

Il y en a eu de plusieurs ordres. Dès 1609, à Paris, il est aumônier de la reine Margot et il rencontre Bérulle, qui sera son directeur spirituel et l’introduira chez les Gondi. Il sera lié plus tard à toutes les grandes amitiés de la Réforme catholique, à commencer par François de Sales, rencontré en 1618. Mais c’est par le général des Galères et son épouse, M. et Mme de Gondi, que tout commence.

C’est chez les Gondi que Vincent réalise les premières Missions. Qu’est-ce exactement ? Quels sont les piliers de cette entreprise ?

Le 25 janvier 1617, alors que Vincent est précepteur chez les Gondi, des circonstances exceptionnelles l’amènent à prêcher dans l’église de Folleville en faveur de la confession. Les paysans sont si touchés que Vincent prend conscience de sa vraie vocation : l’évangélisation des campagnes et le service des pauvres. Un an plus tard, au retour de Châtillon-les-Dombes (Ain), il lance les premières Missions sur les terres des Gondi : prêches, catéchisme aux enfants, visites aux malades, confessions générales, etc. Chaque Mission est suivie de la fondation d’une confrérie de la Charité, prise en main par des femmes. Les piliers sont donc à la fois des prêtres et des laïques !

C’est avec Louise de Marillac qu’il fonde les Dames de la Charité, puis les Filles de la Charité. Quels sont les objectifs de ces organisations ? Comment fonctionnent-elles ?

Les Dames de la Charité sont fondées d’abord, en 1617 à Châtillon. Puis, Louise fait la connaissance de Vincent, en 1624, et anime avec lui toute une série de Charités. Issues de la noblesse et de la haute magistrature, les Dames font fonctionner ces confréries grâce aux subsides qu’elles récoltent et mettent la main à la pâte. La fondation de la Charité de l’Hôtel-Dieu de Paris (1634) va décupler leur rôle : secours aux pauvres et aux blessés de la guerre, aux enfants trouvés, aux malades, etc. Les Filles de la Charité, fondées en 1633, sont des filles de la campagne. Elles mènent une vie spirituelle de religieuses sous la houlette de Louise et de Vincent, tout en passant l’essentiel de leur temps à soigner toutes les formes de misère.

Propos recueillis par Jean Müller. Aleteia.fr🔸

Cette biographie n’est pas une « vie de saint » au sens canonique, mais un livre d’Histoire. En allant aux sources, en m’appuyant sur sa correspondance, j’ai souhaité présenter Vincent dans ses liens avec cette période si contrastée : le temps de la Réforme catholique, mais aussi de la Guerre de trente ans puis de la Fronde…

Marie-Joëlle Guillaume
Article Paru sur le site :
http://fr.aleteia.org/2015/10/28/le-grand-entretien-12-vincent-de-paul-ou-levangelisation-des-campagnes-et-le-service-des-pauvres/

Les lazaristes aux Mascareignes aux XVIIe et XIXe siècles


Les Lazaristes aux Mascareignes aux XVIIIe et XIXe siècles

Île Bourbon (La Réunion) et Île de France (Maurice)

Cet ouvrage n’a pas d’autre ambition que de mettre à disposition du chercheur et du curieux un choix de sources sur les lazaristes.

La Congrégation de la Mission a été fondée en 1625 par Saint Vincent de Paul. Ses membres s’appellent les lazaristes ou prêtres de Saint-Lazare. Pendant plus d’un siècle, plus d’une centaine de Lazaristes, prêtres et frères, ont évangélisé l’île Bourbon et l’île de France. C’est leur histoire, leur mission, que nous découvrons à travers les manuscrits, documents, lettres, notes, traités et mémoires entreposés aux Archives de la Congrégation de la Mission à Paris.

Avant-Propos

Cet ouvrage n’a pas d’autre ambition que de mettre à disposition du chercheur et du curieux un choix de sources sur les lazaristes. Ces sources sont souvent difficiles d’accès : les réunir dans une publication les rend accessibles au plus grand nombre.

Les documents présentés sont issus de la correspondance et des traités qui concernent la mission des lazaristes aux Mascareignes. Le texte original de chaque document retenu est retranscrit afin de permettre aux chercheurs une exploitation aisée. La table des matières détaillée organise ces documents par dates et par thèmes.

Mgr Maupoint avait écrit un ouvrage qui représente cinq ou six tomes manuscrits. Il souhaitait les publier, mais n’a pu les faire, car l’éditeur trouvait cet ouvrage trop conséquent. Mgr Maupoint donna ce manuscrit à un père lazariste, Gabriel Perboyre, qui s’en servit partiellement pour écrire ce qui aurait dû être le tome 10 des Mémoires des Missions Lazaristes. Ce tome 10, toujours manuscrit, n’a jamais été publié. J’ai repris ce manuscrit comme base de travail. J’y rajouté la correspondance échangée entre les missionnaires, le supérieur général, l’archevêque de Paris et les membres de la Compagnie des Indes.

Pour cette publication, j’ai retenu uniquement les documents ayant trait à l’aspect religieux.

CHAPITRE 1 : Négociations et Traité pour la mission de Bourbon – 1712-1714

CHAPITRE 2 : Préfecture Apostolique de M. Renou : 1714-1721

CHAPITRE 3 : Préfecture Apostolique de M. Criais pour les deux îles

CHAPITRE 4 : Préfecture Apostolique de M. Teste pour les deux îles

CHAPITRE 5 : Préfecture Apostolique de M. Contenot – 1772-mai 1778

CHAPITRE 6 : Préfecture Apostolique de M. Davelu – 1778-1781

CHAPITRE 7 : Préfecture Apostolique de M. Chambovet – 1781-1788

CHAPITRE 8 : Préfecture Apostolique de M. Darthé – 1788-1796

CHAPITRE 9 : Préfecture Apostolique de M. Boucher – 1804-1806

CHAPITRE 10 : Fin de la mission lazariste à l’île de France -1806-1808

CHAPITRE 11 : Projet Madagascar

CHAPITRE 12 : Notices sur les missionnaires des Mascareignes

CONCLUSION

BIBLIOGRAPHIE

Marc Thieffry 🔸

Au travers de cet ouvrage, nous souhaitons redonner vie à ces hommes qui se sont consacrés à cette oeuvre et permettre aux habitants de La Réunion et de Maurice de connaître l’histoire de la première évangélisation de leurs Îles.

Marc Thieffry

a eu l’occasion de travailler de nombreuses années en Afrique avec les Lazaristes, et les a fréquentés en Europe et en Amérique latine. Aujourd’hui, il lui est offert de travailler sur les archives lazaristes et ainsi de redonner vie à différentes missions ouvertes par Saint Vincent de Paul. Ce faisant, il permet à un plus grand nombre de vivre ces créations de l’intérieur.

Editions L’Harmattan, 5-7, rue de l’École Polytechnique 75005 Paris Tél. 01 40 46 79 20 / Fax 01 43 25 82 03 (commercial). 535 pages. // 42 euros
www.editions-harmattan.fr //

Le Supérieur Général rencontre le Pape François


Le Supérieur Général rencontre le Pape François

à la 88e rencontre des Supérieurs majeurs

Du 23 au 25 novembre, le Supérieur général de la Congrégation de la Mission, a participé à la 88ème Assemblée de l’Union des Supérieurs Généraux qui a eu lieu à Rome. Le thème de la rencontre était « allez et portez du fruit » et tous ont partagé sur le thème « la fécondité de la Prophétie »

Durant l’Assemblée, en plus de la richesse de la rencontres avec d’autres supérieurs généraux, a été abordé le thème de ”la fécondité de la prophétie ad intra et ad extra”, et « les Jeunes et la Vie Consacrée ». Les temps de réflexions étaient dynamisants à la vue des échanges qui ont suivis.

Mais le moment le plus important a sans aucuns doutes, été la rencontre avec le pape François. Nous avons rencontré un François simple, tout donné, intéressé et avec le désir de partager au-delà d’un évènement officiel, une rencontre entre frères. Lui avait été adressées quelques questions auparavant, auxquelles il a répondu sereinement et dans un climat de confiance entre amis et frères. Nous a profondément surpris qu’il vienne prendre le café avec tous, sans pouvoir le terminer car tous souhaitaient profiter de ce moment pour la photo. Nous vous partageons quelques photos de ce moment.

Bernard Massarini🔸