Pasteurs selon le cœur de Dieu : Partage après une retraite pour des jeunes chrétiens homosexuels et lesbiennes

Pasteurs selon le cœur de Dieu :

Partage après une retraite pour des jeunes chrétiens homosexuels et lesbiennes

Une association présente depuis 30 ans dans la pastorale des personnes touchées directement ou indirectement par l’homosexualité « Devenir Un En Christ », m’a invité à prêcher une retraite qui me conduit à cette communication.

Plusieurs des jeunes sont venus m’exprimer leurs douleurs face à l’incompréhension de leurs prêtres : ce sont les premiers mots de cette exhortation de l’exhortation apostolique de saint Jean-Paul II qui ont alors résonné en moi, alors que je recevais plusieurs d’entre eux en accompagnement : « Je vous donnerai des pasteurs selon mon cœur » (Jr 3,15). Par ces paroles du prophète Jérémie, Dieu promet à son peuple de ne jamais le laisser sans pasteur qui le rassemble et le guide : « Je susciterai pour [mes brebis] des pasteurs qui les feront paître ; elles n’auront plus crainte ni terreur » (Jr 23,4).(1) Nous le voyons pasteurs selon son cœur n’exprime pas un souhait, mais le désir de Dieu afin que les ‘brebis’ n’aient plus de craintes ni de terreur.

Je désirai venir vous partager quelques pistes de réflexion pour éclairer notre approche de ces sœurs et frères chrétiens en souffrance qui frappent à notre porte. Le texte de l’exhortation avait pour objectif de renouveler le ministère des prêtres, en le replaçant dans une société en mouvement afin qu’il déploie le modèle auquel la Constitution Lumen Gentium invitait : remettre le prêtre au cœur de la communauté ecclésiale comme animateur, pasteur.

Il m’a donc été demandé d’animer cette retraite sur le thème : ‘ne me retiens pas’ (ne me touche pas), parole de Jésus à Marie-Madeleine. Après avoir abordé les traditions sacerdotales et prophétiques du Premier Testament puis celles du Nouveau Testament sur le toucher, je me suis arrêté sur les deux toucher du ressuscité : celui d’appel à l’ouverture à la mission de Marie-Madeleine et celui de l’invitation à passer du désir de contact à celui de la confiance avec Thomas.

Avant d’aborder les questions que j’aimerai vous partager dans le cadre commun de la pastorale avec ces sœurs et frères. Nous référant au catéchisme comme référence qui consacre 3 articles à cette réalité :

Article 2357 : L’homosexualité désigne les relations entre des hommes ou des femmes qui éprouvent une attirance sexuelle, exclusive ou prédominante, envers des personnes de même sexe. Elle revêt des formes très variables à travers les siècles et les cultures. Sa genèse psychique reste largement inexpliquée. S’appuyant sur la Sainte Écriture, qui les présente comme des dépravations graves, la Tradition a toujours déclaré que les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés. Ils sont contraires à la loi naturelle. Ils ferment l’acte sexuel au don de la vie. Ils ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable. Ils ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas.

Article 2358 : Un nombre non négligeable d’hommes et de femmes présentent des tendances homosexuelles foncières. Cette propension, objectivement désordonnée, constitue pour la plupart d’entre eux une épreuve. Ils ne choisissent pas leur condition homosexuelle. Ils doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse. On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste. Ces personnes sont appelées à réaliser la volonté de Dieu dans leur vie, et si elles sont chrétiennes, à unir au sacrifice de la Croix du Seigneur les difficultés qu’elles peuvent rencontrer du fait de leur condition.

Article 2359 : Les personnes homosexuelles sont appelées à la chasteté. Par les vertus de maîtrise, éducatrices de la liberté intérieure, quelquefois par le soutien d’une amitié désintéressée, par la prière et la grâce sacramentelle, elles peuvent et doivent se rapprocher, graduellement et résolument, de la perfection chrétienne.

Nous entendons plusieurs éléments : un premier qui décrit cette réalité et la façon dont la tradition chrétienne l’a abordée, un second sur la compréhension contemporaine et l’accueil que nous devons pratiquer, enfin l’invitation que fait la tradition catholique à ces personnes.

Ceci posé, j’ouvre en vous le partageant le témoignage d’un des retraitants. Après s’être recherché plusieurs mois sur internet y compris par consultation de sites pornographiques il a tenté de répondre à ce qu’il ressentait sans oser aller à la rencontre d’hommes par crainte de faire des actes contraire à sa religion. Il trouvera la force de s’en ouvrir, en larmes, à son curé, lors d’un pèlerinage. Ce dernier, ému dans un premier temps, clora l’échange en lui enjoignant de ne pas s’engager dans une telle voie qui ne pourrait pas le conduire au bonheur et l’enfermerait dans des relations sans lendemain. Cela a fait naître chez le jeune un état dépressif le laissant plusieurs semaines avec des projets de suicide pour échapper à l’impasse dans lequel son corps et ses désirs le plaçaient.

Nous sommes convaincus que la sexualité dont la Bible est dépositaire se fonde sur la belle histoire de la création qui s’achève par celle d’Adam et Eve invités à s’unir dans une relation ouverte au don de la vie. Prêtres, il nous arrive d’être témoins de la découverte de l’intériorité d’un de nos fidèles. Ne devons-nous pas alors, tout en rappelant l’histoire sainte, donner à ceux qui demandent un conseil pour discerner la volonté de Dieu dans leur vie, leur proposer des paroles d’aide et de réconfort ?  En tous les cas, si le texte insiste disant que les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés : elle ne dit pas qu’ils sont mauvais. Il dit qu’ils sont intrinsèquement désordonnés e, ce qui signifie qu’ils ne sont pas inscrits dans l’ordre naturel de la création. Cela ne signifie en aucun cas que ces singularités soient à mépriser ou rejeter. D’ailleurs, le texte le précise : Ils doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse. Un théologien catholique, s’appuyant sur Thomas d’ Aquin, qui reprend Aristote, distingue entre nature de l’espèce et nature de l’individu, analysant cette attraction comme une structure propre.(2) Comme de plus tous les êtres ne sont pas soumis à la reproduction de l’espèce pourrions-nous faire preuve d’accueil respectueux de ces sœurs et frères à la recherche d’un équilibre dans leur vie à la suite de Jésus.

Je repense alors à l’invitation de l’encyclique du saint pape Jean-Paul II qui cite la parole du prophète Jérémie affirmant que Dieu lui-même fera surgir des pasteurs qui feront perdre leurs craintes à leurs brebis.

J’entends alors cette jeune qui pratique le sacrement de réconciliation chaque mois, depuis qu’elle l’a découvert, et va récemment, alors qu’elle termine une journée de travail, s’arrêter à une paroisse sur le chemin du retour à sa maison. Elle va commencer à demander pardon pour les mauvais comportements qu’elle a eue avec son amie. Le prêtre l’entendant insister sur l’amie (entend l’ami) et lui dit qu’il lui semble qu’il est très présent dans sa vie. Elle lui dit que c’est sa compagne de vie. Le prêtre arrête alors, lui disant qu’elle est en état de péché, et qu’il ne pourra pas lui donner le pardon (sic !). La voyant fondre en larmes il tente de la réconforter lui disant qu’il connait de nombreux couples de femmes merveilleuses mais ne peut la réconcilier avec Dieu.

S’il est vrai qu’étant en situation objective non conforme à la loi, car à cause de sa relation charnelle avec son amie, elle commet des actes qui ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable, et ne sauraient en aucun cas, recevoir d’approbation. Ce dont elle parle dans le sacrement, ne ressort pas de cet aspect de sa vie dans laquelle elle a trouvé un équilibre pour déployer son affectivité sans souffrance.

De plus si nous nous référons au troisième article du catéchisme, il dit que les personnes homosexuelles sont appelées à la chasteté : ce qui semble juste, et dans le catéchisme, les mots sont pesés. Le texte ne dit pas la continence. Nous pouvons penser qu’elle le sous-tend, car seules les relations sexuelles ouvertes à la procréation dans le mariage sont reconnues en Eglise, mais cela n’est pas exprimé : nous invitant peut-être à pratiquer la loi de la gradualité, telle que nous y invite le saint pape Jean-Paul II. (3)

Je continuerai vous livrant deux situations qui m‘ont aussi été confiées et terminerai par une question.

Tout d’abord, cette jeune femme qui s’apprête à changer d’activité professionnelle et confie tout à Dieu des décisions à prendre, le trouvant silencieux tout en reconnaissant sa difficulté à trancher. Elle confie ressentir le désir de quitter son amie, mais ne sait si c’est juste si cet appel vient de l’Esprit-Saint. L’autre est un jeune homme qui s’est séparé de son ami car tous deux ont découvert qu’ils avaient trop de différences et de projets, de vision de vie leur empêchant un projet commun.  Il est heureux car vient de retrouver un ami ; mais à il a de la gêne car lorsqu’il revoit son ancien, il éprouve une grande joie à l’étreindre. Chastes étreintes qui ne voudraient pas être infidélités à son nouveau compagnon, car ce serait un manquement à la fidélité, dit-il. Deux situations dans lesquelles cette sœur et ce frère souhaitent vivre en chrétien responsable dociles à l’Esprit, la en fidélité à leur voie singulière.

Si nous nous référons aux articles du catéchisme ils ne tranchant que pour les pratiques : les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés. Ils sont contraires à la loi naturelle. Ils ferment l’acte sexuel au don de la vie. Ils ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable. Ils ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas. Or dans ces deux cas il n’y a pas d’actes sexuels, et seuls sont rejetés les actes sexuels, pas les marques de tendresse. Le texte précise que la raison de ce rejet de tels actes est double : ils sont contraires à la loi naturelle et non ouverts à la procréation. Or, nous l’avons déjà vu : tous les vivants ne sont pas appelés à la reproduction de l’espèce et certains par leur structure, ne sont pas marqués des attraits qui caractérisent l’ensemble des vivants.

Demeure alors me semble-t-il, dans l‘exercice de discernement l’appel commun à la chasteté. Lorsqu’il s’agit de discerner la qualité de sa relation : la fidélité de l’engagement doit être évaluée en conscience. C’est là que se joue l’exercice de la chasteté. Il est vrai que le texte tait que dans leur cas la chasteté ne peut être que continence, étant donné que la doctrine catholique ne reconnait l’exercice de la génitalité que dans le cadre du mariage. Ne semblerait-il pas sage de conseiller à la première, d’écouter les motions de l’Esprit, qui si elles sont fréquentes et toujours identiques, la conduisent à exprimer à son amie ce que lui dicte sa conscience pour en tirer les conséquences ? Et d’inviter le second, à vérifier, si les étreintes ne réveillent pas en lui le désir du corps de s’enquérir, si pour celui qui les reçoit, le ressenti est le même, s’autorisant alors ce geste de tendresse qui transmet force sans manquer à la fidélité d’une nouvelle relation d’amour vécue ? Lorsque nous aidons à un tel discernement : la chasteté est convoquée comme qualité de la relation, même s’il n’est pas rappelé pas l’incomplétude d’une telle relation ni l’impossibilité de sa reconnaissance publique.

C’est précisément sur ces points que je souhaiterai terminer ma communication avec vous. N’est-il pas possible de reconnaitre la chasteté dans une relation affective de personnes ayant l’attirance pour le même sexe ? Etre des pasteurs selon le cœur de Dieu, des pasteurs qui apaisent leurs brebis et les aident à relever leurs défis ne pourrait-il pas signifier aider les croyants homo-sensibles à vivre leur affectivité dans leur dimension relationnelle (y compris dans la dimension sexuelle) dans le respect de leur condition et la dignité de leur engagement à la suite de Jésus et cela sans manquer à la parole commune? Puissions-nous ensemble, ouvrir des voies qui honorent chacun et permettent à tous, de mener une vie heureuse jusqu’à la rencontre avec le Père..

Bernard MASSARINI, CM 🔸

Ne devons-nous pas alors, tout en rappelant l’histoire sainte, donner à ceux qui demandent un conseil pour discerner la volonté de Dieu dans leur vie, leur proposer des paroles d’aide et de réconfort ?

Notes :
  1. Jean-Paul II, Pastores da vobis, 1992.
  2. Thomas d’Aquin est d’accord avec Aristote pour dire que, chez certains, la recherche de ce plaisir provient de la nature d’une complexion corporelle, ex natura corporalis complexionis, qu’ils ont reçue dès le début, a principio. Chez d’autres, par contre, [elle] découle de l’habitude, parce que, par exemple, ils se sont habitués à de telles pratiques depuis leur enfance, a pueritia[76]. Jean Voilquin qualifie ces pratiques de « dépravées », mais cette épithète n’est pas dans le texte d’Aristote. 

    Thomas d’Aquin fait à maintes reprises la distinction entre nature de l’espèce et nature particulière ou de l’individu[77], et il a reconnu[78] que l’union des sexes est une inclination fondamentale chez les humains, car elle assure la survie de l’espèce. Le vice contre nature, dont il distingue quatre modalités[79], est donc contraire à la nature de l’espèce, mais il peut être conforme à la nature de certains individus. Seule la science est en mesure de trancher cette question. S’il arrivait qu’elle tranchât un jour en faveur des homosexuels, le respect de la morale pour la nature n’essuierait aucune rebuffade : le devoir de propager l’espèce n’est pas imposé à chaque individu en particulier.

  3. Jean-Paul II,  Familaris Consortio, n° 34, 1980.

La rencontre des anciens. Vichy, 8-10 octobre 2017

La rencontre des anciens

Vichy, 8-10 octobre 2017

Etaient présents :  François HISS – Aimé GOLIET – Pierre HUGON – Firmin MOLA MBALO – Bruno DORVAL – Daniel LAMERAND – Pierre et Carmen DAMIENS – Jean-Claude SPERANDIO –  Dominique et Danielle LÊ – Jean ZANOLINI – Antoine TEJEDOR – Pépito CAMPAŇA– Marc et Patricia THIEFFRY – Jacques BERNEDE  

Sous le doux soleil vichyssois, le groupe s’est retrouvé comme chaque année, en octobre, pour un moment d’échange et de convivialité. Le dimanche soir est consacré aux retrouvailles avec un joyeux apéritif concocté par nos hôtes.

Le lundi matin, nous nous retrouvons tous dans la bibliothèque pour un temps de partage.

Sont tout d’abord évoqués ceux qui nous ont quittés définitivement : Vincent Carme à Paris, Pierre Zévaco à Madagascar, Paul Vincent à Martigues, François Brillet à Paris. Des textes en hommage à Vincent, à Pierre et à Paul ont été diffusés par courriel en cours d’années à tous ceux dont nous connaissons leur adresse électronique. Nous regrettons tous que la CM n’utilise pas mieux les sites web dont elle dispose pour nous informer des décès en temps utile.

Jean-Claude SPERANDIO nous donne ensuite lecture des messages d’absents qui se sont manifestés  par courriel, courrier postal ou téléphone :

Gonzague Danjou regrette de ne pas pouvoir se joindre à nous en raison de son handicap dorsal qui l’oblige à limiter ses déplacements. Il peut néanmoins continuer son service des confessions dans la chapelle de la rue du Bac.

Son frère Yves est un peu las de voyager, semble-t-il, lui qui jusqu’ici n’a pas ménagé sa peine à cet égard. Il reste le plus souvent à Amiens où il s’occupe de l’entretien de la grande église Saint Anne, de l’économat de la communauté qui compte 5 confrères, de divers remplacements pastoraux, ainsi que de l’animation d’une association de piété dite de la Saint Agonie de Notre-Seigneur  95 rue de Sèvres (site internet et revue).

Jean-François Lagoueyte n’a pas pu venir à Vichy, contrairement aux années précédentes, à cause de plusieurs fractures graves occasionnées par un accident (il a été renversé par une voiture alors qu’il traversait sur un passage pour piétons !). Il nous a fait part dernièrement du décès de Paul Vincent et nous a envoyé des documents émouvants rapportant les discours d’hommage faits à l’occasion des obsèques (le discours du maire de la commune de Martigues où Paul demeurait et où il est décédé ; un texte prononcé par André Meyranx ; et un court texte d’hommage par des neveux de Paul).

André Meyranx n’a pas pu venir en raison de la maladie chronique de son épouse, mais s’associe par le cœur et la pensée à notre rencontre.

Maurice Vialeton était indisponible à cette date. Il nous donne quelques nouvelles de sa famille, en particulier de l’un de ses petits-fils qui a obtenu le bac S avec mention TB à 16 ans !

Jean Prézeau et son épouse, ainsi qu’Antony et Yvette Nguyen se sont également excusés de ne pas pouvoir venir pour raison de santé.

Jacques Gros nous envoie régulièrement une lettre collective (aussitôt diffusée à tous ceux dont avons une adresse électronique…) dans laquelle il nous fait part sans langue de bois de sa vision de l’Église contemporaine, de sa conception du sacerdoce et du rôle du prêtre dans la société actuelle, ainsi que de ses lectures de spiritualité. Il s’associe à notre rencontre en nous faisant part des problèmes que posent dans sa Mission certaines décisions des congrégations (dont la CM et les Filles de la Charité) qui mutent brusquement leurs ressortissants sans trop se soucier des conséquences de ces mutations parfois peu compréhensibles localement. Il évoque aussi la célébration des 500 ans de la Réforme, qui n’a pas, dans sa région, l’impact qu’il souhaiterait, ainsi que les 400 ans du charisme vincentien sur le thème de « l’accueil de l’étranger », qu’il approuve mais dont il doute de l’impact effectif.

Nous avons aussi eu, par téléphone, quelques nouvelles de Bernardo Garcia et de Christian Labourse, tous deux aumôniers de la Maison de retraite des Filles de la Charité située à Château-l’Évêque (près de Périgueux). Bernardo n’a pas pu venir car il participe à l’anniversaire des 50 ans de mariage de son ami Maurice Lasserre. Sa santé, sans être optimale, est meilleure qu’elle n’a été. Idem pour Christian, que l’on ne parvient pas à convaincre de venir à notre annuelle rencontre ! (avis à quelques autres qui liront ces lignes !!!)

Michel Réveille a envoyé une lettre très détaillée sur ses activités qu’il poursuit (JOC, syndicats ouvriers, etc.). Il voit très mal, « un œil fichu et l’autre pas très bon », ce qui le handicape terriblement pour se déplacer en train, métro, etc. s’il n’est pas accompagné, mais cela ne l’empêche pas de marcher, d’aller à la piscine et de participer aux manifs syndicales contre la « loi-travail » ! Il nous conseille vivement la lecture du livre décapant « Né d’une femme » (Ed. Karthala) de John Schelby Spong (évêque anglican américain).

Enfin, une lettre d’André Rousseau nous est parvenue des USA ce lundi matin, qui nous annonce le décès de son épouse en août dernier, après plusieurs années de maladie et une alternance de faibles améliorations et de rechutes plus graves. La lettre en français est accompagnée d’un texte in memoriam en anglais résumant le parcours professionnel de son épouse, qui fut une éminente universitaire chercheuse en sciences bio-médicales. André continue là-bas de travailler comme psychologue clinicien.

Ensuite commence le tour de table :

Firmin Mola Mbalo : Il sort d’opération et est actuellement en convalescence. Les projets ne lui manquent pas avec un travail en lien avec la prison de Moulins-Yzeure et sans doute un engagement pastoral dans une paroisse du diocèse. Il est dans la communauté de Vichy depuis l’an dernier. Il fait partie du Conseil presbytéral de Vichy. Et son appareil photo n’est jamais très loin…

Bruno Dorval : il est tout neuf dans la communauté où il prend un temps sabbatique après avoir participé dans différentes communauté CM, la dernière en date étant en Haute-Marne. Cette dernière communauté prenant un nouveau secteur pastoral dans ce diocèse, Bruno prendra ensuite une autre mission qui lui sera confiée par le Visiteur. Actuellement Il prend un temps de formation et de relecture.

Aimé Goliet :  il continue évidemment de s’occuper activement de la Maison du Missionnaire qui fêtera bientôt ses 100 ans d’existence. Les travaux de rénovation sont terminés.

Patricia et Marc Thieffry : Marc est à la retraite depuis le 1er février 2017. Ce qui l’a occupé cette année est principalement la sortie de son livre ‘Les Lazaristes aux Mascareignes aux 18ème et 19ème siècles’ qui vient de sortir aux Editions L’Harmattan. Il poursuit aujourd’hui avec un travail sur Saint Vincent de Paul et la mission lazariste à Madagascar au 17ème siècle. Patricia est toujours investie dans le jumelage franco-allemand du village. Elle parle ensuite de son neveu qui est allé se suicider, en juin dernier, à 30 ans, à Los Angeles. Elle s’est fait opérer des dents et cela se prolongera l’an prochain. Tout l’été, la maison est devenue centre d’accueil pour amis et famille qui ont pu apprécier le charme de la Nièvre et de la Loire.

Carmen et Pierre Damiens : Pierre nous parle du voyage en Toscane qu’ils ont fait cette année et qui les ont ravis : Florence, Pise, les carrières de marbre, la civilisation des Médicis, etc. Leur petite-fille a fait sa première communion et la préparation de cet événement, au niveau de la catéchèse, a été assurée par leur fille, ce qui leur a fait très plaisir. Pierre nous présente ensuite deux livres qui ont retenu son attention :

‘Une vie simple’ de Alexis Jenni et Nathalie Sarthou-Lajus – Ed. Albin Michel

‘Vincent et les mousquetaires’ BD de Jean Dufaux et Martin Jumar – Ed. Dargaud

Jean-Claude Sperandio : Sa préoccupation du moment est la maladie du mari de sa plus jeune fille, hospitalisé pour un cancer très avancé. Ceci bouleverse l’organisation familiale, surtout pour ses 3 petits-enfants, qui sont encore en âge scolaire. Cette année, JC anime une matinée par semaine, dans une association de sa commune, un atelier sur la maîtrise d’internet. Au-delà de la consultation de sites et de l’usage a minima d’une messagerie qu’ils savent déjà faire, les participants ressentent le besoin d’une formation plus poussée parce que le fait de mal pratiquer Internet handicape de plus en plus leur vie professionnelle et sociale. JC participe aussi, une fois par mois, à un groupe universitaire de recherche historique sur l’ergonomie (sa discipline avant sa retraite), qui consiste essentiellement à interviewer des ergonomes retraités récents sur leur parcours professionnel passé. Et il reste intéressé par la grande précarité psychologique et sociale, sur le plan familial et en termes d’insertion professionnelle, des personnes en transidentité (= le fait chez une personne d’avoir une identité civile de genre autre que celle biologique assignée à la naissance). Ce phénomène encore mal connu donne malheureusement lieu à des mobilisations tapageuses de certains groupuscules pseudo-catholiques contre une soi-disant « théorie du genre ». Les prêtres, tout particulièrement, devraient mieux s’en informer sur le plan scientifique.

Antoine Tejedor : Il nous précise d’abord qu’il a donné la priorité à notre rencontre et de ce fait il a renoncé à une célébration œcuménique de confirmation et baptême. Il nous parle longuement de l’espace Montbrillant à Genève. C’est un espace de rencontre œcuménique, interreligieux et interconfessionnel. Beaucoup de temps d’écoute. Il nous parle également de l’ACASE : Association Catholique d’Action Sociale et Éducative, ainsi que de la perspective de son déménagement prochain, qui semble le tracasser beaucoup !

Temps de l’Eucharistie

En fin de matinée, comme de coutume, nous célébrons l’Eucharistie. Celle-ci est présidée par François Hiss, le supérieur de la communauté, que nous remercions encore pour son accueil, et nous avons été sensibles au fait que toute la communauté a participé à nos échanges.

Après l’Eucharistie vient le temps du repas, puis, pour ceux qui le souhaitent :

Une VISITE du musée : comme chaque année (sauf l’an dernier car le musée était en travaux), nous sommes invités à visiter le musée des Arts d’Afrique et d’Asie sous la conduite de Marie-Line qui met toutes ses compétences au service du groupe. Le thème de cette année ‘Je suis beau’  Non non, il n’y avait pas que des miroirs ! il s’agit surtout de montrer que les canons de la beauté peuvent être bien différents d’un pays ou d’un continent à un autre. La seconde partie de l’exposition était consacrée à la ‘fabrique des animaux’ : entre l’homme et l’animal les liens sont profonds.

Reprise du temps de partage :

Daniel Lamerand : Il nous donne des nouvelles de la Congrégation, de la nouvelle province de France et de Saint-Lazare, et nous signale notamment le nouvel éclairage de la chapelle, qui éclaire magnifiquement le plafond. Il évoque Claude Lautissier, en voyage en ce moment, et Jean Logean, qui regrette de ne pas pouvoir venir car il n’est pas très en forme physiquement. Daniel nous rappelle que, dans les années 90, le premier groupe qui s’est réuni et qui est devenu le ‘groupe de Vichy’, le fut à St Lazare, auprès du Père Lloret. La première fois, ils étaient quatre, dont lui.

Jacques Bernede : « Je viens à cette rencontre parce que cela m’apporte quelque chose ; c’est un peu comme ma retraite annuelle. Je me sens en communion avec tous ».

Danielle LÊ : nous partage deux poèmes de sa composition sur ‘le silence’ (en acrostiche) et un autre sur ‘La Force des Faibles’ qui lui a été inspiré le jour du décès de Simone Veil.

Questionnement sur la survie de notre groupe

Le constat est le suivant : cela fait plus d’une vingtaine d’année que ce groupe se réunit et force est de constater qu’avec les problèmes de santé des uns et des autres, les problèmes de déplacements et autres, notre groupe tend à ‘fondre’ chaque année. Que faire ? Faut-il continuer ?

Un échange se fait entre les participants. La conclusion est que chacun tient à ce que ce groupe continue à fonctionner. Chacun y trouve son compte et cette rencontre revêt un intérêt certain pour tous ceux qui y vienne. Comment pourrait-on faire évoluer notre groupe ? Inciter davantage à venir les personnes qui semblent intéressées mais ne viennent pas ? Il pourrait être envisagé d’inviter des personnes qui travaillent avec les lazaristes (par exemple Mr Lin qui travaille aux archives de St Lazare, ou Pierre Hureau qui est à la porterie de St Lazare depuis de nombreuses années. La réflexion continue et résolution est prise de se retrouver l’an prochain. Notons dès à présent les dates de notre prochaine rencontre à Vichy : 7-9 octobre 2018

 Le dernier repas est l’occasion de remercier tout le personnel de la maison qui, par sa gentillesse et l’excellence de leurs repas, contribue à la bonne réussite de notre rencontre. Antoine, notre porte-parole en cette occasion, remet une enveloppe à chacune des cuisinières et en profite pour déposer sur leurs chastes joues de délicieux petits bisous.

Merci à Firmin pour toutes les photos qui nous permettent d’illustrer le rapport de cette réunion.

Compte-rendu rédigé par Marc Thieffry 🔸

Le charisme de Vincent de Paul

Le charisme de Vincent de Paul

Article paru dans “La Croix”. Edition dominicale (2-3 septembre 2017)

En 1617, Vincent de Paul décide de se consacrer aux plus pauvres. Aujourd’hui, la famille vincentienne compte 165 institutions à travers le monde.

Qui était Monsieur Vincent ?

 

Vincent de Paul ou Depaul, également appelé « Monsieur Vincent », est né le 24 avril 1581 près de Dax. Ordonné prêtre en 1600, il aurait été capturé sur la voie du retour d’un voyage pour Marseille en 1605, puis vendu comme esclave à plusieurs maîtres successifs. Après deux années d’esclavage en Afrique du Nord, il se serait évadé de Tunis avec son dernier maître et ses trois femmes, les emmenant à Rome pour qu’ils se fassent pardonner par le pape (1). Sur recommandation du Saint-Siège, en 1610, il devient aumônier de Marguerite de France, la Reine Margot. Appelé en janvier 1617, dans un village de l’Oise (Gannes), auprès d’un vieillard mourant qui lui fait une confession publique et générale, il lance, le lendemain (Folleville), un appel à la confession au cours d’un sermon. La réponse massive des villageois lui fait brusquement prendre conscience de l’importance de sa mission.

Le 12 décembre 1617, il fonde à Châtillon-les-Dombes (2), avec les dames aisées de la ville, les « Dames de la Charité », pour venir en aide aux pauvres. Grâce au soutien financier de Mme de Gondi, en 1625, il fonde la congrégation de la Mission, vouée à l’évangélisation des pauvres des campagnes. Congrégation qui prendra le nom de lazaristes parce qu’elle est située dans le quartier Saint-Lazare de Paris. Le 29 novembre 1633, il fonde la congrégation des Filles de la Charité, vouée au service des malades et au service corporel et spirituel des pauvres, qu’il place sous la responsabilité de Louise de Marillac.

Le 14 mai 1643, Louis XIII, qui veut être assisté par lui dans ses derniers moments pour se confesser, meurt dans ses bras. Avant de mourir lui-même le 27 septembre 1660, il s’oppose à Mazarin durant la Fronde et fonde, en 1657, un hospice pour les personnes âgées, qui deviendra l’hôpital de La Salpêtrière. Canonisé par le pape Clément XII en 1737, il a été déclaré patron des instituts de charité.

 

Qu’appelle-t-on la « famille vincentienne » ?

 

Congrégation de la Mission, Filles de la Charité, Association internationale de la Charité, Société de Saint-Vincent-de-Paul, Jeunesses mariales, Missionnaires laïcs vincentiens (Misevi), Association de la Médaille miraculeuse, Missions populaires, religieux de Saint-Vincent-de-Paul… La famille vincentienne est composée d’au moins 165 institutions à travers le monde. Ces institutions sont toutes unies les unes aux autres par une caractéristique commune et fondamentale : « Suivre Jésus-Christ serviteur et évangélisateur des pauvres, à la manière de saint Vincent de Paul, explique Sœur Michèle Marvaud, Fille de la Charité depuis 1963 et secrétaire générale des Sœurs de Saint-Vincent-de-Paul, cela signifie que nous cherchons tous à vivre d’une spiritualité de l’incarnation, qui consiste à faire l’expérience de Dieu dans la rencontre du pauvre et à servir et à aimer Dieu en servant les pauvres. »

 

Qui sont ses grandes figures ?

 

Outre Louise de Marillac (1591-1660), précieuse collaboratrice de Vincent de Paul pendant trente-cinq ans, la famille vincentienne compte d’autres grandes figures en France. À l’instar du bienheureux François Régis Clet (1748-1820), membre de la congrégation de la Mission envoyé en Chine comme missionnaire pendant vingt-huit ans. Persécuté, il est contraint à l’errance et à la clandestinité. Dénoncé par un chrétien, il sera finalement arrêté avant de mourir suspendu à une croix.

D’origine lyonnaise, Frédéric Ozanam (1813-1853), lui, choisit la carrière d’enseignant comme professeur de littérature étrangère à la Sorbonne. Dès l’âge de 20 ans, avec quelques amis, il avait donné naissance à la Société de Saint-Vincent-de-Paul pour rompre la solitude et l’isolement dont étaient victimes les déshérités.

Sa contemporaine Catherine Labouré (1806-1876) a fait part à son confesseur des apparitions de la Vierge Marie qu’elle dit avoir eues en juillet et novembre 1830 durant son noviciat chez les Filles de la Charité, en la chapelle de son couvent de la rue du Bac, à Paris. C’est à la suite de ces apparitions que sera imprimée la célèbre « Médaille miraculeuse » aujourd’hui portée par de nombreux catholiques.

Également contemporaine de Frédéric Ozanam, Rosalie Rendu (1786-1856), elle aussi Fille de la Charité, est connue pour avoir traversé guerres, révolutions et épidémies en servant les pauvres, à Paris, via l’ouverture d’une école, d’un orphelinat, d’une maison de repos ou encore d’une infirmerie et d’une soupe populaire. Au cimetière Montparnasse, à Paris, sa tombe est toujours fleurie.

 

Quelle est son actualité ?

 

« 2017 est pour nous une année importante parce qu’elle marque le quatrième centenaire de la prise de conscience par saint Vincent de Paul qu’il était fait pour servir Dieu dans, pour et avec les pauvres », explique Sœur Michèle Marvaud en faisant référence à la fondation, en 1617, des « Charités », associations de femmes au service des pauvres, qui sera reconnue par l’archevêque de Lyon en décembre de la même année. En 2017, cet événement est donc abondamment fêté par la famille vincentienne pour rappeler le message de Monsieur Vincent.

Ce message est constitué de trois vertus fondatrices : l’humilité pour que chaque personne apprenne à occuper toute la place qui lui revient, la simplicité afin qu’elle recherche la justice, et la charité pour qu’elle serve l’autre dans le respect et la dévotion.

Ce triptyque est pleinement d’actualité, souligne Michèle Marvaud : « Dans un monde où la finance prend trop souvent le pas sur d’autres valeurs, où la personne tend trop souvent à devenir un objet et non un sujet, où la parole libre est compliquée voire risquée, où l’on ne permet pas toujours aux gens de développer leurs capacités et responsabilités, saint Vincent de Paul a beaucoup à nous dire. »

De fait, cet homme du XVIIe siècle a eu des intuitions qui semblent étonnamment en résonance avec le monde contemporain. Des siècles avant le concile Vatican II, il a su faire confiance à des laïcs pour se mettre au service d’autres laïcs, en particulier des pauvres. Des siècles avant que les hommes ne se préoccupent de la place des femmes dans la société française, il a commencé son action spirituelle et sociale avec l’aide de nombreuses femmes…

Jacques TYROL, journaliste à LA CROIX 🔸

Dans un monde où la finance prend trop souvent le pas sur d’autres valeurs, où la personne tend trop souvent à devenir un objet et non un sujet, où la parole libre est compliquée voire risquée, où l’on ne permet pas toujours aux gens de développer leurs capacités et responsabilités, saint Vincent de Paul a beaucoup à nous dire.

Soeur Michèle Marvaud, fdlc
Notes :

(1) Les historiens débattent de l’authenticité de cet événement. Pour en savoir plus, lire Marie-Joëlle Guillaume, Vincent de Paul : un saint au Grand Siècle, Paris, Perrin, 2015, 450 p.

(2) Aujourd’hui Châtillon-sur-Chalaronne, dans l’Ain.

Article paru sur l’édition dominicale du journal “la Croix” du 2-3 septembre 2017. Edition Internet et papier. Pour voir et lire l’article : http://www.la-croix.com/Journal/Le-charisme-Vincent-Paul-2017-09-02-1100873673

« Vers une culture renouvelée des vocations à la vie consacrée ». Lettre circulaire du Supérieur Général pour la fête de saint Vincent de Paul. A tous les membres de la Congrégation de la Mission.

« Vers une culture renouvelée des vocations à la vie consacrée »

Lettre circulaire du Supérieur Général pour la fête de saint Vincent de Paul.

A tous les membres de la Congrégation de la Mission.

Rome, le 20 septembre 2017

Mes chers confrères, La grâce et la paix de Jésus soient toujours avec nous ! En cette année jubilaire du 400ème anniversaire du charisme vincentien, nous avons tant de motifs pour rendre grâce au Seigneur !

Une chose pour laquelle nous devons remercier Jésus, c’est le don de milliers et milliers de confrères qui, au cours des 400 ans d’histoire, ont maintenu le charisme vivant jusqu’à nos jours. Par la grâce de Dieu, ils nous l’ont transmis de génération en génération. Des milliers d’entre eux ont atteint l’état de sainteté, parmi lesquels certains sont reconnus officiellement par l’Eglise comme bienheureux ou saints. Ils sont maintenant au paradis d’où ils intercèdent pour nous et nous accompagnent sur notre chemin de vie, dans notre propre pèlerinage vers une union totale et éternelle avec Dieu.

En abordant la pastorale de la promotion de la vocation à la vie consacrée et regarde vers l’avenir de la Congrégation et ses membres, ainsi qu’à celui du charisme vincentien en tant que tel, la profondeur de notre engagement personnel, de notre zèle et de notre conviction est de la plus haute importance. Que l’un des fruits concrets de l’année jubilaire du 400e anniversaire de notre charisme soit « une culture renouvelée des vocations à la vie consacrée ». Par culture des vocations à la vie consacrée, j’entends un environnement où les vocations à la vie consacrée grandiront naturellement, où la réponse à l’invitation de Jésus : « suis-moi » sera acceptée et ne sera pas considérée comme un choix de vie étrange ou répréhensible. Nous voulons créer un environnement où il sera « normal », et non pas « anormal », pour tout jeune homme de décider de suivre Jésus, dans notre cas précis, sur les pas de saint Vincent de Paul dans la Congrégation de la Mission en tant que frère ou prêtre.

Lorsque je parle d’une culture renouvelée des vocations à la vie consacrée en général, je suis très conscient que, dans de nombreuses régions du monde, une telle culture des vocations est déjà présente. Cependant, dans d’autres lieux, la société n’est pas du tout favorable à la promotion d’une culture des vocations à la vie consacrée ; elle s’y oppose souvent, en utilisant divers moyens pour saper un tel environnement.

Dans ma lettre du 25 janvier 2017, au début du 400e anniversaire du charisme vincentien, j’ai invité tous les membres de la Famille vincentienne à une action très concrète ; à savoir que chaque membre doit amener un nouveau candidat à l’une des branches de la Famille vincentienne. Un peu plus de la moitié de l’année s’est écoulée depuis et, alors que nous célébrons la solennité de notre Fondateur, chacun de nous peut répondre individuellement aux questions suivantes :

  • Comment ai-je répondu jusqu’à présent à cette invitation ?
  • Dans quelle mesure je me suis engagé durant la première moitié de l’année du jubilé dans ce domaine ?
  • Ai-je encouragé quelqu’un à s’engager dans l’une des branches de la Famille vincentienne, soit dans une des Congrégations féminines ou masculines de vie consacrée, soit dans une des branches laïques ?

Alors que nous entrons dans la seconde moitié de l’année du jubilé, je renouvelle avec ferveur cette invitation à chaque confrère, cette fois concrètement orientée vers la vie consacrée, une invitation à faire tous les efforts possibles pour aider les jeunes à répondre à l’appel de Jésus. Je voudrais souligner très précisément cet objectif au moment où nous célébrons la solennité de saint Vincent de Paul, en ce 400ème anniversaire du charisme vincentien. Je demande à chaque confrère d’être ouvert et de faire tout son possible pour encourager par la prière, le contact personnel et l’accompagnement, selon ses possibilités, un jeune à discerner, si vous sentez que Jésus l’appelle à la vie consacrée.

De nombreux confrères travaillent sans relâche au service de la promotion des vocations et je suis convaincu que, durant cette année du jubilé, nous avons déjà vu ou verrons des fruits concrets du fait que de nouveaux candidats embrassent la vie consacrée, plus spécifiquement dans  la  Congrégations  de  la  Mission,  ainsi  que  d’autres  Congrégations  de  la  Famille vincentienne. Pour cela, je vous remercie du fond du cœur ! Saint Vincent lui-même serait de cet avis :

Je rends grâces à Dieu des dévotions extraordinaires que vous vous êtes proposé de faire pour demander à Dieu, par le bienheureux saint Joseph, la propagation de la compagnie. Je prie sa divine bonté qu’elle les ait agréables. J’ai été plus de vingt ans que je n’ai osé demander cela à Dieu, estimant que, la congrégation étant son ouvrage, il fallait laisser à sa providence seule le soin de sa conservation et de son accroissement ; mais, à force de penser à la recommandation qui nous est faite dans l’Evangile, de lui demander qu’il envoie des ouvriers à sa moisson1, je suis demeuré convaincu de l’importance et de l’utilité de cette dévotion.2

Pour renouveler la culture des vocations à la vie consacrée, je voudrais suggérer de porter l’attention sur les trois groupes suivants :

 

·      Les membres de la Congrégation de la Mission

 

En notant ce point, je suis très conscient que je ne dis rien de nouveau. Le thème de la vie consacrée a été beaucoup abordé et souligné tout au long de l’histoire de la Congrégation de la Mission. Je voudrais donc simplement ajouter ma voix et lancer en même temps un nouvel appel à tous les membres de la Congrégation de la Mission à travailler sans relâche au renouvellement d’une culture des vocations à la vie consacrée.

Je vous convie à un ministère : celui de créer de nouvelles initiatives, approches ou idées renouvelées pour promouvoir les vocations. C’est une merveilleuse occasion. Si, pour quelque raison que ce soit, dans une province, vice-province, région ou mission internationale il n’y a aucun projet pastoral concret et actif pour encourager les vocations, ou si le projet n’est pas révisé annuellement pour vérifier que nous marchons dans la bonne direction, il faudra donc vous y engager sans plus attendre en cette année jubilaire, afin de garder vivant le feu, année après année.

En tant que membres de la Congrégation de la Mission, notre priorité doit être d’assumer la responsabilité de la pastorale des vocations et de continuer à bâtir une culture des vocations à la vie consacrée. Pour chaque confrère, cela devrait être un signe visible et essentiel de l’amour pour le charisme dont nous avons hérité, pour la Congrégation de la Mission dont nous sommes membres, pour l’Eglise, pour le Royaume.

 

·      Les membres des branches laïques de la Famille vincentienne

 

Il y a quelques mois, j’ai été contacté par un responsable international d’une branche laïque de la Famille vincentienne, qui a fait une proposition visant à encourager toutes les branches laïques de la Famille vincentienne à participer activement ou à continuer de participer à la promotion de la culture des vocations à la vie consacrée dans les Congrégations de la Famille vincentienne. Ce membre laïque a exprimé cette initiative en ces termes : « Vous, sœurs, frères et prêtres au sein de la Famille vincentienne, avez tellement fait et faites tellement pour les laïcs. Nous aimerions faire quelque chose pour vous en retour ». Quel merveilleux encouragement, soutien et initiative de la part d’un membre laïque de la Famille vincentienne !

Je voudrais inviter et encourager individuellement chaque membre d’une branche laïque de la Famille vincentienne à continuer ou à s’engager activement dans le développement d’une culture des vocations à la vie consacrée et à participer personnellement à la pastorale des vocations, plus particulièrement pour les différentes Congrégations de la Famille vincentienne. Ce sera un signe clair que la mise en œuvre d’une culture des vocations à la vie consacrée n’est pas réservée exclusivement aux seules personnes engagées dans la vie consacrée – sœurs, frères, prêtres – mais que tous les fidèles de l’Eglise, tous les membres de la Famille vincentienne, les laïcs aussi bien que les consacrés, en ont la responsabilité.

L’approche, les manières de participer, peuvent être différents parfois d’une branche à l’autre mais le but reste le même : nous, en tant que Famille vincentienne, participons tous à la mise en œuvre d’une culture des vocations à la vie consacrée. Comment une branche laïque peut-elle participer concrètement à cette tâche ?

  • Prier régulièrement, individuellement ou en groupe, pour obtenir de nouvelles vocations à la vie consacrée.
  • Etre attentif aux signes qui indiquent que Jésus appelle peut-être un jeune homme ou une jeune femme à le suivre en tant que sœur, frère ou prêtre et l’encourager dans cette direction.
  • Présenter, en parlant avec les jeunes, cette option de la vie consacrée comme un choix très concret. Quand nous parlons du mariage, nous devons également parler de la vie consacrée, pour qu’ils la considèrent comme un choix très normal, un appel normal et une réponse normale à un engagement de

Cette année du jubilé est une excellente occasion de continuer ou de commencer à encourager des initiatives renouvelées ou nouvelles. Les branches laïques de la Famille vincentienne ensemble peuvent créer un environnement, une culture qui sera réceptive à l’appel à la vie consacrée comme une réponse normale pour réaliser la mission confiée. Les branches laïques poursuivent le même charisme et la même spiritualité. Ils sont un milieu naturel où naissent de nouvelles vocations à la vie consacrée.

 

·      Les personnes en dehors de la Famille vincentienne

 

La culture des vocations à la vie consacrée n’est pas limitée uniquement à la Famille vincentienne mais, doit être poursuivie, renouvelée ou entreprise dans l’ensemble de la société pour en faire un choix normal et logique, parmi d’autres choix, en réponse à l’invitation à suivre Jésus dans sa mission. Au niveau de la Congrégation, une des façons dont nous essayons de nous engager et de participer au renouvellement de la culture des vocations à la vie consacrée, c’est de développer les médias numériques et sociaux, de mettre en œuvre des initiatives et des approches nouvelles ou renouvelées pour faire passer le message à un public le plus vaste possible.

Alors que nous nous préparons à célébrer la solennité de saint Vincent de Paul en cette année du jubilé du 400ème anniversaire du charisme vincentien, continuons à nous engager, à nous réengager ou commençons à nous engager à mettre en œuvre la culture des vocations à la vie consacrée dans tous nos lieux de service. Nous comptons sur nos propres capacités mais, toujours avec un engagement total et un feu intérieur, de sorte que notre amour pour le service pastoral de la promotion de nouvelles vocations puisse être toujours « affectif et effectif ».

Rendons grâce à Dieu pour toutes les vocations à la vie consacrée que nous recevons des mains miséricordieuses de Jésus car, en fin de compte, c’est sa miséricorde envers la « Petite Compagnie » qui rend possible ce miracle ! Comme l’a rappelé Saint Vincent :

Monsieur, qu’un bon missionnaire est de grand prix ! Il faut que Dieu le suscite et le façonne ; c’est l’ouvrage de sa toute puissance et de sa grande bonté. C’est pourquoi Notre-Seigneur nous a expressément recommandé de prier Dieu qu’il envoie de bons ouvriers à sa vigne ; car, en effet, il ne s’en trouve point de bons, si Dieu ne les envoie, et de ceux-là il n’en faut que peu pour faire beaucoup.3

Que Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse, saint Vincent de Paul et tous les Bienheureux et Saints de la Famille vincentienne intercèdent pour nous dans cette initiative. Je vous souhaite une très bonne fête ! Continuons de prier les uns pour les autres !

Votre frère en Saint Vincent,

Tomaž Mavrič, CM – Supérieur Général 🔸

Par culture des vocations à la vie consacrée, j’entends un environnement où les vocations à la vie consacrée grandiront naturellement, où la réponse à l’invitation de Jésus : « suis-moi » sera acceptée et ne sera pas considérée comme un choix de vie étrange ou répréhensible.

Tomaž Mavrič, CM
Notes :
  1. Cf. Luc 10,2
  2. Coste V, 462-463. Lettre 1956 à Etienne Blatiron, Supérieur à Gênes, le 12 novembre 1655.
  3. Coste VII, 613 ; Lettre 2879 à Guillaume Desdames, le 20 juin 1659.

 

CONGREGAZIONE DELLA MISSIONE CURIA GENERALIZIA

Via dei Capasso, 30 – 00164 ROMA

Tel: +39 06 661 30 61 – Fax: +39 06 666 38 31 – Email: cmcuria@cmglobal.org

 

 

Les portes de l’Amour. Le charisme vincentien en musique !

Les portes de l’Amour

Le charisme vincentien en musique !

Yves Bouchet, originaire de Saint Chamond dans la Loire, ordonné prêtre le 18 juin 1978, est membre de la Congrégation de la Mission, dite des Lazaristes. Il a commencé son ministère dans une équipe inter provinciale à Saint-Astier en Dordogne, puis a travaillé avec les mouvements d’Action Catholique à Saint-Chamond pendant 8 ans avant de rejoindre Limoges pour la fondation d’une première implantation communautaire lazariste sur un quartier ZUP et au service de l’Action Catholique des Enfants pendant 11 ans.  En juillet 2002 il a été appelé comme Visiteur pour la Province de Toulouse pour un mandat de 6 ans. Au terme de ce mandat  il a rejoint le secteur pastoral de Prayssac dans le Lot, tout en étant appelé dès la première année comme Directeur des Filles de la Charité de la Province Suisse/Turquie, puis très rapidement pour la Province France-Nord. Pour répondre au mieux à ces nouvelles missions, il a quitté le Sud pour rejoindre une communauté établie en Haute Normandie à Saint André de l’Eure et cela pendant trois années. Depuis novembre 2015 il est actuellement Directeur de la nouvelle Province des Filles d la Charité Belgique -France- Suisse. et réside à Paris à la Maison mère des Lazaristes, 95, rue de Sèvres, et est aussi engagé à l’aumônerie de la Prison de Fresnes.

Depuis les débuts, son ministère de missionnaire lazariste été marqué par la musique et la chanson, l’animation de Veillées, de rassemblements etc.

Auteur, compositeur, son répertoire s’est enrichi au fil du temps à travers les expériences, les rencontres, la vie des Mouvements, de l’Eglise et du monde ainsi que de la famille spirituelle à laquelle il appartient.  Le thème de ses chansons, pour certaines écrites en collaboration, est celui de la vie avec ses joies et ses larmes , ses attentes et ses espérances et la force de la foi en Dieu et en l’homme. Fils spirituel de Saint Vincent de Paul il a cœur aussi d’ honorer des visages de cette grande famille et de son charisme.

La chanson est là, nous dit-il, ” comme un moyen parmi d’autres, pour entrer dans la dynamique de l’Evangile, Bonne Nouvelle pour notre monde aujourd’hui.”

C’est aujourd’hui, pour Yves Bouchet,  la sortie de son 9e album.

Après :

Chantons la Vie (1997)

Le Vent de la Paix (1998)

Avancer, Espérer (2000)

Temps de Dieu, Temps des Hommes (2001)

Ecoute la Voix (2006)

Si l’Amour est un feu (2010)

Porte ouverte (2013)

Oser Partager Témoigner ( 2015)

vient de paraitre : Les Portes de l’amour ( 2017).

Le père Yves nous dit :

“C’est dans le cadre du 400ème anniversaire du charisme vincentien (1617- 2017), qu’est né ce nouveau CD  “Les Portes de l’amour”.  Parmi ces chansons, certaines sont plus directement en lien avec la personne et le chemin extraordinaire emprunté par Saint Vincent de Paul en son temps. Aujourd’hui  encore, ce charisme du service et de la charité continue de se déployer de bien des manières et en différents lieux, rejoignant celles et ceux qui sont aux périphéries de nos sociétés et même de l’Eglise.

Une fois de plus, c’est avec la complicité des amis du Studio Oui Dire de Limoges récemment implanté  dans de nouveaux locaux et dans un cadre verdoyant, que ces chansons ont pris couleur et vie. Un immense merci à Dominique et Yohann Boos, ainsi qu’à toute l’équipe des musiciens.”

Titres du CD

  1. Les portes de l’Amour / 2. Choisir de vivre l’Evangile / 3. Avec toi, Marguerite / 4. Allez dire à mes frères / 5. Préparez la route au Seigneur  / 6. Dis-moi Vincent / 7. Pierre vivantes de l’Eglise / 8. Toi, Marie / 9. Au chemin d’Emmaüs / 10. Prendre la route avec toi Seigneur / 11. Une province en partance / 12. De nous souvenirs / 13. Choisir de vivre l’Evangile (Instrumental)
Emile Ghali, CM 🔸

La chanson est là, “comme un moyen parmi d’autres, pour entrer dans la dynamique de l’Evangile, Bonne Nouvelle pour notre monde aujourd’hui. ”

Production :

Studios OUÏ DIRE

Limoges

Dominique et Johann Boss

Distribution et ventes

Prix : 15 euros

Maison-Mères des Lazaristes

95 Rue de Sèvres

75006 Paris

POUR ÉCOUTER UN MORCEAUX SUIVRE :

www.youtube.com/watch?v=E18zVbr2CQU