Saint Vincent de Paul et la communauté (III)

Saint Vincent de Paul et la communauté (III)

Le père Claude LAUTISSIER, directeur des Archives de la Congrégation de la Mission à la Maison-Mère de Paris, nous offre un article (numérisé) du père Jean Morin autour des origines de la “communauté” telle que saint Vincent de Paul l’a conçue pour les confrères de son temps et que nous pouvons relire à la lumière de notre expérience actuelle. Notre vie en commun destinée à la Mission le père Morin n’arrête pas de nous le dire ! Bonne lecture de ces deux premières parties.

III. La communauté du « Collège des Bons Enfants » (1625-1632)

Depuis le 1er mars 1624, saint Vincent était « principal » du Collège des Bons-Enfants ; et le 6 mars il prenait possession de l’Établissement. Mais une clause du Contrat de 1625 permet de supposer que le « principal » ne put s’installer aussitôt dans cette nouvelle résidence.

« …lesdits seigneur et dame (madame surtout, sans doute) entendent que ledit sieur Paul fasse sa résidence continuelle et actuelle dans LEUR maison, pour continuer à eux et à leur dite famille l’assistance spirituelle qu’il leur a rendue depuis longues années en ça… » (XIII, 199).

Madame de Gondi meurt le 23 juin 1625 et Monsieur Vincent obtient de Monsieur de Gondi l’autorisation de passer outre à cette clause du contrat. Il peut donc rejoindre sa Communauté au Collège des Bons-Enfants ; ce qu’il fit vraisemblablement entra le 20 octobre et le 22 décembre 1625.

 

1. La Communauté des « trois»

C’est donc fin 1625, sans doute, que se place la suite du témoignage cité plus haut : (XII, 8) « … le Collège des Bons-Enfants, où nous nous retirâmes, Monsieur Portail et moi, et primes avec nous un bon prêtre à qui nous donnions 50 écus par an. Nous nous en allions ainsi tous trois prêcher et faire la Mission de village en en village … »

Cette Communauté « Apostolique » composée de M. Vincent, M. Portail et le « bon prêtre » a été la première « stable » et entièrement adonnée à la Mission. Elle ne correspond pas encore à toutes les prescriptions du Contrat (cf. par exemple le statut « économique » du bon prêtre payé 50 écus), mais constitue la toute dernière expérience communautaire avant la première « Communauté des Prêtres de la Mission ».

Le texte (XII, 8) continue : « Voilà ce que nous faisons nous autres, et Dieu cependant faisait ce qu’il avait prévu de toute éternité. Il donna quelques bénédictions à nos travaux, ce que voyant, de bons ecclésiastiques se joignirent à nous et demandèrent à être des nôtres. »

Selon saint Vincent, le recrutement de la première Communauté se fit au vu des travaux. C’est la Mission elle-même qui attira ces bons ecclésiastiques, lesquels demandèrent à entrer. Les premières vocations à la Mission furent donc des vocations vraiment apostoliques qui se décidèrent en voyant les travaux et entrèrent pour la Mission.

 

2. La Communauté des « quatre »

Ces premières vocations à la Mission, nous les connaissons. Ce sont, les signataires de l’Acte d’Association du 4 septembre 1626 (XIII, 203-205)

Le Contrat de Fondation demandait à saint Vincent… d’élire et choisir six personnes ecclésiastiques … entre ci et un an prochainement venant.

Quinze mois plus tard, ils sont quatre à signer : M. Vincent, M. Portal, M. du Coudray et M. de la Salle. Ces deux derniers se sont sans doute présentés vers mars ou avril 1626, ce qui permet à saint Vincent d’écrire dans l’acte :

« Nous, en vertu de ce que dessus, après avoir fait preuve, un temps assez notable, de la vertu et suffisance de François du Coudray, prêtre, du diocèse d’Amiens, de Messire Antoine Portail, prêtre du diocèse d’Arles, et de Messire Jean de la Salle, aussi prêtre, dudit diocèse d’Amiens, avons iceux choisis, élus, agrégés et associés… pour ensemblement vivre en manière de congrégation, compagnie ou confrérie, et nous employer au salut dudit pauvre peuple des champs » . [52]

C’est donc un contrat écrit et signé qui « forma » la première Communauté des Prêtres de la Mission. Par ce contrat, les signataires « se lient et unissent POUR s’employer, en manière de mission, à catéchiser, prêcher et faire faire confession générale au pauvre peuple des champs ». Il s’agit donc bien d’un contrat apostolique.

On a également remarqué la formule : « pour ensemblement vivre en manière de congrégation, compagnie ou confrérie ».

Si la terminologie est encore vague, la vie commune – conformément à la Fondation – est explicitement formulée. Pour le reste, on promet, d’observer ladite fondation et le règlement particulier qui selon celui sera dressé et d’obéir tant à nous qu’à nos successeurs supérieurs, comme étant sous notre direction, conduite et juridiction. Ce que nous susnommés du Coudray, Portail et de la Salle agréons, promettons et nous soumettons garder inviolablement.

Le même jour et devant les mêmes notaires, saint Vincent faisait donation de ses biens à ses parents. (XIII, 61-63)

Les quelques lettres que nous avons de cette période 1626-1628 ne donnent que de rares échos sur la vie de la jeune Communauté. Les missions semblent se succéder à un rythme soutenu et Louise de Marillac a quelque mal à suivre son remuant Directeur et se plaint de ses absences aussi longues quo répétées (1,28). L’alternance prévue dans le Contrat (1 mois de mission et 15 jours de résidence), dès le début, ne semble guère observée, le travail prenant le pas sur la résidence (I, 36, 38, 40).

Quant aux Documents que nous trouvons au tome XIII, sur cette période, ils reprennent le plus souvent les termes du Contrat, insistant toujours et sur la finalité apostolique de la Communauté et sur la vie en commun (XIII, 206, 207, 215)

On peut également remarquer que l’Acte du 15 juillet 1627 (XIII, 213-214) fait mention de nouveaux membres dans la Communauté : aux quatre de l’Acte d’Association de 1626 s’ajoutent Jean Bécu, Antoine Lucas ainsi que Jean Jourdain qui sera le premier Frère et Jacques Régnier qui est clerc.

 

3. La Communauté des « neuf». (1er août 1628)

Les deux lettres que saint Vincent écrivit au Pape Urbain VIII, en juin et août 1628 sont signées de MM. de la Salle, J. Bécu du Coudray, Portail, Callon, Dehorgny, Brunet, Lucas et M. Vincent. Ces lettres, écrites dans le but d’obtenir l’approbation de Rome pour la Congrégation permettent de se faire une assez bonne idée de l’essor et des orientations de la Communauté (I, 42-62).

Six points peuvent être soulignés tout particulièrement :

 

1) Finalité apostolique et vie commune

L’essentiel du contrat de Fondation est repris de façon claire et saisissante : « …quelques prêtres résolus à vivre ensemble et à s’unir en Congrégation, après avoir quitté, avec les titres et les emplois ecclésiastiques qu’on a d’ordinaire dans les villes, l’espoir même de s’en procurer à l’avenir, et cela, pour faire profession de s’adonner, sous la direction dudit Vincent de Paul, au « salut des pauvres gens des champs… »

Trois thèmes essentiels à la Communauté des Prêtres de la Mission, dans ces quelques lignes : s’adonner au salut des pauvres gens des champs, résolus à vivre ensemble et à s’unir ; après avoir quitté titres, bénéfices et espoir d’en avoir. [54]

Le paragraphe suivant explique clairement les raisons de cette dernière exigence : on renonce aux bénéfices, « pour se livrer plus facilement et plus utilement au bien spirituel des habitants des campagnes… pour s’appliquer entièrement au salut des gons de la campagne… »

C’est là une motivation dont il conviendra de se souvenir au moment de l’introduction des Vœux dans la Communauté. La première forme de « renoncement » dans la Congrégation a été exigée POUR une disponibilité entière et durable au salut des pauvres gens des champs.

Quant à la vie commune, un autre passage de cette lettre précise : pour mener ensemble la vie commune, à l’exemple des religieux ». Cette précision était-elle de trop ? En tout cas, la réponse fut négative et ainsi motivée par la Propagande : « considerans illas petitiones terminos Missionis transgredi ac ad institutionem novae religionis tendere… » (XIII, 225)

 

2) La Géographie de la Mission

Le texte de la lettre donne une idée de l’extraordinaire essor des missions en deux années : « …non seulement sur les terres desdits seigneur et dame fondateurs… mais encore dans beaucoup d’autres parties de ce Royaume de France, comme dans les archevêchés de Paris et de Sens, dans les évêchés de Châlons en Champagne, de Troyes, Soissons, Beauvais, Amiens et Chartres… »

 

3) Le Recrutement de la Communauté

La supplique demande au pape de nommer ledit Vincent instituteur et supérieur général desdits prêtres, de ceux qui désirent s’adjoindre à eux et des personnes indispensables pour vaquer aux emplois domestiques dans « la Congrégation, dite de la mission, à laquelle ils s’unissent pour mener ensemble la vie commune. »

Et, un peu plus loin, le texte cite : « le supérieur, les prêtres, officiers, ministres et coadjuteurs des maisons. »

Les frères qui, on le sait, joueront un si grand rôle sous la direction de saint Vincent sont ici, et pour la première fois mentionnée comme membres de la Communauté.

 

4) La Pauvreté de la Communauté

La lettre rappelle la gratuité absolue du travail missionnaire : « … aux frais et dépends de ladite congrégation, ne recevant et n’attendant aucune récompense ou compensation matérielle… »

De par ailleurs, on l’a vu, les membres de la Communauté renoncent personnellement aux bénéfices. D’où le système économique des fondations et « dotations »« … qu’il soit permis audit Vincent … d’accepter librement… la possession corporelle, réelle et actuelle de tous ces biens et d’en garder à perpétuité les fruits, revenus et produits, d’en percevoir, exiger, lever et récupérer les droits, revenus et intérêts … »

La Communauté vivra donc de revenus. C’était, semble-t-il, le seul moyen pour éviter et la rétribution du travail et la mendicité.

 

5) L’Exemption

Un long paragraphe de la lettre traite de la situation juridique de la Communauté dans l’Église. Saint Vincent y demande expressément que soient exemptés : le supérieur, les prêtres susdits et tous les membres de ladite congrégation de la juridiction de leurs Ordinaires et de les faire dépendre du Saint Siège Apostolique… »

Mais intervient aussitôt la mise au point pastorale essentielle pour saint Vincent : [55] « …de telle sorte néanmoins que lesdites personnes soient tenues, on ce qui regards les missions d’obéir aux très révérends seigneurs Évêques et Ordinaires de leur résidence, d’aller où et vers qui ils seront envoyés… »

Curieusement, la lettre du 1er août ajoute ici quelques précisions à la version de juin ; et ces précisions éclairent sans doute la conception vincentienne de l’exemption, par l’évocation des thèmes de disponibilité et mobilité missionnaires. En effet, si les missionnaires se doivent d’obéir aux Ordinaires en ce qui regarde les Missions, le supérieur souhaite se réserver la « liberté » de choisir les missionnaires, nommer et déposer les supérieurs, de transférer d’une maison à une autre et « de les rappeler en quelque lieu ou on quelque maison qu’ils soient pour une mission ou si quelque nécessité l’exige ».

On soupçonne déjà là l’un des grands problèmes de la Mission naissante, qu’on pourrait traduire en langage d’aujourd’hui de la façon suivante : la tension entre les exigences de l’insertion pastorale et les nécessités de la disponibilité-mobilité missionnaire.

 

6) Les Structures de la Communauté

Elles ne sont qu’évoquées dans le texte. On peut cependant remarquer qu’aussitôt après avoir demandé le droit d’édicter statuts et règlements pour la Compagnie, la lettre poursuit : « …Que votre Sainteté veuille bien accorder encore audit Vincent plein pouvoir de corriger, modifier et retoucher les règles, quand elles seront faites, publiées et édictées, toutes les fois que les dispositions et les changements des personnes et des choses et des temps le demanderont… »

Les règles ne sont pas composées… elles ne le seront que trente ans plus tard et déjà saint Vincent se soucie du droit de pouvoir les modifier compte tenu des changements des personnes et des choses et des temps. Cette conception évolutive des structures était à souligner.

Bien que rejetée par Rome (XIII, 225), cette supplique de saint Vincent fait clairement le point sur l’état et les projets de la jeune Communauté, en août 1628. « La Mission demeure la raison d’être de la Communauté ; la vie commune se structure à l’exemple des religieux » ; et, enfin, le problème de l’exemption dans l’insertion apparaît comme le cap à franchir.

 

4. « … Cette nouvelle Mission extraordinaires ». (4 déc. 1630)

Avent d’en venir à la très intéressante « Opposition des Curés de Paris » où l’on trouve cette curieuse expression « Mission extraordinaire », opposée aux « prêtres ordinaires », il convient de faire état des quelques échos que nous trouvons dans la correspondance de l’époque de la vie de la Communauté.

Toujours très active (missions à Beauvais, Montmirail, Chelles, Bergier, Mesnil…) elle ajoute à ses travaux l’Œuvre des Ordinands, lancée à Beauvais en septembre 1628. (I, 65-66). Elle semble cependant observer le temps de résidence prévu, dans le Contrat, pour les mois d’été. Le 12 septembre 1631, saint Vincent écrit :

« Nous vivons d’une vie quasi aussi solitaire à Paris que les Chartreux, pource que, ne prêchant pas ni catéchisant ni confessant à la ville, personne presque n’a à faire à nous, ni nous à personne ; et cette solitude nous fait aspirer au travail à la campagne, et ce travail à la solitude. » (I, 122)

On sent bien quelque nostalgie de la Mission dans ces lignes. Que faisait-on pendant ces longs mois ? Une autre lettre, également de septembre, mais de 1628 nous en donne quelque idée. Saint Vincent est à Beauvais et écrit à M. du Coudray qui devait le remplacer à la tête de la Communauté des « Bons-Enfants ». (I, 64-68) : [56] « … Mais comment se porte la Compagnie ? Tout le monde est-il en bonne disposition ? Chacun est-il bien gai ? Les petits règlements s’observent-ils toujours ? Étudie-t-on et s’exerce-t-on sur la controverse ? Y tenez-vous l’ordre prescrit ? Je vous supplie, Monsieur, qu’on travaille à cela qu’on possède bien le petit Bécan. Il ne se peut dire combien ce petit livre sert… !! »

On apprend également, par cette lettre, que M. Lucas est détaché pour son travail et Monsieur Vincent se soucie de sa relation la Communauté : « Comment se porte M. Lucas en son travail ? Cet emploi lui revient-il ? Revient-il souper et coucher au Collège ? Assiste-t-il à nos Conférences ? »

Quoiqu’il en soit, cette vie Commune en résidence apparaît bien comme une sorte de parenthèse dans la vie missionnaire et la situation « normale » pour la Communauté est en mission. On y est à tour de rôle supérieur (IX, 8), et St Vincent écrit au P. Portail, le 21 juin 1631 : « J’espère beaucoup de fruit de la bonté de Notre-Seigneur, si l’union, la cordialité et le support sont entre vous deux… et parce que vous êtes le plus ancien, le second de la Compagnie et le supérieur supporte tout, je dis tout, du bon M. Lucas ; je dis encore tout, de sorte que vous déposant de la supériorité, ajustez-vous à lui en charité… Surtout qu’il ne paraisse point aucune scission entre vous. Vous êtes là sur un théâtre sur lequel un acte d’aigreur est capable de tout gâter… » (I, 112-113).

Ces curieuses consignes à un supérieur en mission donnent quelque idée de l’esprit que saint Vincent voulait entretenir dans ses Communautés Apostoliques.

Mais beaucoup plus que les problèmes internes à la Communauté, c’est la situation de la Compagnie dans l’Église en général et dans l’Église de France en particulier qui préoccupe saint Vincent.

En 1631, le Parlement de Paris doit entériner les lettres Patentes par lesquelles le Roi approuve la Congrégation de la Mission (XIII, 206-208 ; 225-227). Mais, au nom des Curés du diocèse de Paris, « le Syndic des curés de cette ville et faubourgs » fait opposition (XIII, 227-232). C’est un texte « dur », presque « polémique ». Mais cette opposition sera certainement, pour saint Vincent, révélatrice et l’amènera à mieux préciser la place de la « Mission » dans l’Église.

Trois griefs sont faits aux « soi-disant prêtres de la Mission » :

– on craint qu’ils ne renoncent pas vraiment aux emplois dans les villes ;

– on craint qu’ils s’immiscent intempestivement dans les paroisses ;

– on craint qu’ils en viennent à vouloir participer aux revenus des paroisses…!

Certes, dans la Contrat, la Communauté s’engage clairement sur tous ces points, mais cela n’est pas suffisant : « …car bien que toutes telles congrégations, de prime abord et en la source de leur première institution, soient très pures et fondées dans la considération de la plus éminente piété, dans la suite des années, l’ambition et l’avarice les changent entièrement… »

D’où trois conditions expresses :

– « qu’aucun vienne dedans une paroisse sans la permission du Curé ;

– « qu’aucun exercice de mission ne se fasse aux heures des offices habituels ;

– « que soit, à tous ces nouveaux prêtres de la mission, retranchée et ôtée l’espérance de pouvoir jamais prétendre, ni demander, soit sur le bénéfice de l’Église où ils entreront, soit sur le peuple, aucune rétribution de salaire… à quoi il est d’autant plus nécessaire de pourvoir, qu’il est certain que, quelque prétexte qu’ils prennent, en cette nouvelle institution, de refuser, leur intention n’est autre sinon de parvenir insensiblement à un partage des bénéfices… »

A plusieurs reprises, dans ce texte, intervient un parallèle ou plus exactement une opposition entre le ministère ordinaire et le ministère extraordinaire. On craint « des rixes et querelles journalières… entre les prêtres ordinaires [57] et ceux, de cette extraordinaire Mission, laquelle extraordinaire Mission serait inutile si les évêques soigneux à la un troupeau ne donnaient point les cures qu’à personnes de piété et capacités connues. Auquel cas, un curé serait suffisant pour célébrer le service, prêcher et catéchiser. Doncques la cour, s’il lui plaît, remédiera à ce point que cette nouvelle Mission extraordinaire ne nuise point aux fonctions de l’ordinaire… »

Dans sa forme « polémique », ce texte révèle bien la difficulté de situer la Mission dans la Pastorale Ordinaire. Ces mises en garde des Curés de Paris, comme sans doute aussi les difficultés rencontrées « sur le terrain », amèneront saint Vincent à préciser son projet. On le remarque, entr’autres, dans les consignes qu’il donne à François du Coudray envoyé à Rome pour activer l’affaire de la reconnaissance de la Congrégation.

 

5. …« Les cinq maximes fondamentales de la Congrégation »

Cette même année 1631, an effet, (I, 115-116), saint Vincent est amené à préciser ce qu’il appelle – par deux fois – les cinq maximes fondamentales de la Congrégation ; ajoutant qu’on n’y pourrait rien changer ni ôter qui ne portât un très grand préjudice. »

Ces consignes à M. du Coudray, envoya à Rome, sont précédées et motivées par le rappel de la raison d’être de la Communauté :

Le pauvre peuple se damne… c’est la connaissance qu’on en a eue qui a fait ériger la Compagnie … pour ce faire, il faut vivre en Congrégation… C’est très clair, il faut vivre en Congrégation pour assurer le travail d’évangélisation qu’on se propose.

D’ailleurs, les quatre premières maximes fondamentales de la Congrégation ne portent que sur le travail missionnaire :

–      laisser le pouvoir aux évêques d’envoyer les missionnaires dans la part de leur diocèse qu’il leur plaira ;

–      que les missionnaires seront soumis aux curés où ils font la mission, pendant le temps d’icelle ;

–      que la mission soit totalement gratuite et que les missionnaires vivent à leurs dépens ;

–    que l’on renonce à tout ministère en ville (où il y a évêché ou présidial ; sauf pour les Ordinands ct ceux qui feront les exercices dans la maison.

Il s’agit de situer la Mission dans l’Église, juridiquement et pastoralement. La Mission doit être, non pas « extraordinaire » comme le craignent les Curés de Paris, mais « envoyée » par l’évêque et « soumise » aux Curés. L’option est nette et la volonté d’insertion (comme l’on dirait aujourd’hui) Évidente, pendant le temps de la mission.

La gratuité du travail et la renonciation aux villes maintiendront, de leur côté, la Congrégation dans sa ligne désintéressée et missionnaire au service des pauvres gens des champs.

Enfin, la dernière maxime affirme la nécessité d’une autonomie de la Communauté. Soumise et « insérée » dans son travail, elle n’en est pas pour autant ni diocésaine, ni, à fortiori, paroissiale et le supérieur revendique l’entière direction d’icelle.

Ces cinq maximes doivent donc, selon saint Vincent, être considérées comme fondamentales de la Congrégation. Elles affirment tout à la fois mais à des niveaux différents l’insertion pastorale de la Mission, et son autonomie. C’est là la volonté de saint Vincent qui, pour le moment semble perçue comme « contradictoire » par Rome : l’autonomie souhaitée lui semblant « tendre à l’institution d’une nouvelle religion » . [58]

Mais Monsieur Vincent sait être persévérant. Grâce sans doute aux difficultés rencontrées (comme l’opposition des Curés de Paris), il a précisé son « dessein » et ne veut lâcher aucun des deux bouts de la chaine ! Insérée mais autonome ; et il conclut : « …Baste pour les paroles, mais pour la substance, il faut qu’elle demeure entière… Tenez y donc ferme et faites entendre qu’il y a de longues années que l’on pense à cela et qu’on en a l’expérience. »

Cette période du « Collège des Bons-Enfants » (1625-1632) constitue bien la première étape et la première forme de la Communauté de la Mission. Une Communauté qui intérieurement s’organise et qui extérieurement cherche à se situer dans l’Église.

Intérieurement, le fait de la résidence semble avoir été important. Le contrat de Fondation, on l’a vu, prévoyait de longues périodes de résidence : un mois de missions et 15 jours de résidence plus les mois de juin, juillet, août et septembre. Cela représente pratiquement six mois sur douze de résidence communautaire. Certes, il semble bien que ce rythme et cette alternance ne furent guère mathématiquement respectés, le temps de travail mordant souvent sur les temps de résidence, mais dès cette époque il apparait que l’organisation de ces longs jours de résidence (conçus plus ou moins sur un type « religieux ») modifie progressivement le style communautaire de ce qui n’était, au début, qu’une “Équipe de travail »… comme l’on dirait aujourd’hui. (Un certain phénomène de sédentarisation... ?)

Extérieurement, la Communauté cherche à se situer dans l’Église, par rapport à la Pastorale Ordinaire de l’Église. L’opposition des Curés de Paris se présente comme une sorte de « phénomène de rejet ». On demande que « cette nouvelle Mission Extraordinaire ne nuise pas aux fonctions de l’Ordinaire » et l’on se méfie beaucoup de « tous ces nouveaux Prêtres »… Dans les cinq maximes envoyées à M. du Coudray, saint Vincent situe vigoureusement sa Communauté dans l’Église : Totalement désintéressée, la Communauté dépendra – pour son travail Apostolique – des Évêques et sera soumise aux curés « où elle fait mission » ; mais pour sa vie et son organisation interne, elle ne dépendra que « du supérieur de la compagnie ».

On le voit, avec les termes et les réalités du temps, c’est tout le problème de l’insertion pastorale et de l’autonomie de la Communauté qui est ici posé et défini.

Au cours de cette période du « Collège des Bons-Enfants », la première communauté de la Mission s’organise donc intérieurement et se définit et se situe dans l’Église et par rapport « aux fonctions de l’Ordinaire »

Jean MORIN, CM 🔸

Au cours de cette période du « Collège des Bons-Enfants », la première communauté de la Mission s’organise donc intérieurement et se définit et se situe dans l’Église et par rapport « aux fonctions de l’Ordinaire ».

POUR CONNAÎTRE DAVANTAGE :

Visitez le site des Archives de la Congrégation de la Mission – Maison-Mère

 

www.docsvincentiens.fr

DOCUMENT SUR LA FRATERNITÉ HUMAINE POUR LA PAIX MONDIALE ET LA COEXISTENCE COMMUNE

Document sur la Fraternité Humaine pour la paix mondiale et la coexistence humaine

VOYAGE APOSTOLIQUE DU PAPE FRANÇOIS AUX ÉMIRATS ARABES UNIS (3-5 FÉVRIER 2019)

AVANT-PROPOS. La foi amène le croyant à voir dans l’autre un frère à soutenir et à aimer. De la foi en Dieu, qui a créé l’univers, les créatures et tous les êtres humains – égaux par Sa Miséricorde –, le croyant est appelé à exprimer cette fraternité humaine, en sauvegardant la création et tout l’univers et en soutenant chaque personne, spécialement celles qui sont le plus dans le besoin et les plus pauvres.

Partant de cette valeur transcendante, en diverses rencontres dans une atmosphère de fraternité et d’amitié, nous avons partagé les joies, les tristesses et les problèmes du monde contemporain, au niveau du progrès scientifique et technique, des conquêtes thérapeutiques, de l’époque digitale, des mass media, des communications ; au niveau de la pauvreté, des guerres et des malheurs de nombreux frères et sœurs en diverses parties du monde, à cause de la course aux armements, des injustices sociales, de la corruption, des inégalités, de la dégradation morale, du terrorisme, de la discrimination, de l’extrémisme et de tant d’autres motifs.

De ces échanges fraternels et sincères, que nous avons eus, et de la rencontre pleine d’espérance en un avenir lumineux pour tous les êtres humains, est née l’idée de ce « Document sur la Fraternité humaine ». Un document raisonné avec sincérité et sérieux pour être une déclaration commune de bonne et loyale volonté, destinée à inviter toutes les personnes qui portent dans le cœur la foi en Dieu et la foi dans la fraternité humaine, à s’unir et à travailler ensemble, afin que ce Document devienne un guide pour les nouvelles générations envers la culture du respect réciproque, dans la compréhension de la grande grâce divine qui rend frères tous les êtres humains.

DOCUMENT

 

Au nom de Dieu qui a créé tous les êtres humains égaux en droits, en devoirs et en dignité, et les a appelés à coexister comme des frères entre eux, pour peupler la terre et y répandre les valeurs du bien, de la charité et de la paix.

Au nom de l’âme humaine innocente que Dieu a interdit de tuer, affirmant que quiconque tue une personne est comme s’il avait tué toute l’humanité et que quiconque en sauve une est comme s’il avait sauvé l’humanité entière.

Au nom des pauvres, des personnes dans la misère, dans le besoin et des exclus que Dieu a commandé de secourir comme un devoir demandé à tous les hommes et, d’une manière particulière, à tout homme fortuné et aisé.

Au nom des orphelins, des veuves, des réfugiés et des exilés de leurs foyers et de leurs pays ; de toutes les victimes des guerres, des persécutions et des injustices ; des faibles, de ceux qui vivent dans la peur, des prisonniers de guerre et des torturés en toute partie du monde, sans aucune distinction.

Au nom des peuples qui ont perdu la sécurité, la paix et la coexistence commune, devenant victimes des destructions, des ruines et des guerres.

Au nom de la « fraternité humaine » qui embrasse tous les hommes, les unit et les rendégaux.

Au nom de cette fraternitédéchiréepar lespolitiques d’intégrisme et de division, et par les systèmes de profit effréné et par les tendances idéologiques haineuses, qui manipulent les actions et les destins des hommes.

Au nom de la liberté, que Dieu a donnée à tous les êtres humains, les créant libres et les distinguant par elle.

Au nom de la justice et de la miséricorde, fondements de la prospérité et pivots de la foi.

Au nom de toutes les personnes de bonne volonté, présentes dans toutes les régions de la terre.

Au nom de Dieu et de tout cela, Al-Azhar al-Sharif  – avec les musulmans d’Orient et d’Occident –, conjointement avec l’Eglise catholique – avec les catholiques d’Orient et d’Occident –, déclarent adopter la culture du dialogue comme chemin ; la collaboration commune comme conduite ; la connaissance réciproque comme méthode et critère.

Nous – croyants en Dieu, dans la rencontre finale avec Lui et dans Son Jugement –, partant de notre responsabilité religieuse et morale, et par ce Document, nous demandons à nous-mêmes et aux Leaders du monde, aux artisans de la politique internationale et de l’économie mondiale, de s’engager sérieusement pour répandre la culture de la tolérance, de la coexistence et de la paix; d’intervenir, dès que possible, pour arrêter l’effusion de sang innocent, et de mettre fin aux guerres, aux conflits, à la dégradation environnementale et au déclin culturel et moral que le monde vit actuellement.

Nous nous adressons aux intellectuels, aux philosophes, aux hommes de religion, aux artistes, aux opérateurs des médias et aux hommes de culture en toute partie du monde, afin qu’ils retrouvent les valeurs de la paix, de la justice, du bien, de la beauté, de la fraternité humaine et de la coexistence commune, pour confirmer l’importance de ces valeurs comme ancre de salut pour tous et chercher à les répandre partout.

Cette Déclaration, partant d’une réflexion profonde sur notre réalité contemporaine, appréciant ses réussites et partageant ses souffrances, ses malheurs et ses calamités, croit fermement que parmi les causes les plus importantes de la crise du monde moderne se trouvent une conscience humaine anesthésiée et l’éloignement des valeurs religieuses, ainsi que la prépondérance de l’individualisme et des philosophies matérialistes qui divinisent l’homme et mettent les valeurs mondaines et matérielles à la place des principes suprêmes et transcendants.

Nous, reconnaissant aussi les pas positifs que notre civilisation moderne a accomplis dans les domaines de la science, de la technologie, de la médecine, de l’industrie et du bien-être, en particulier dans les pays développés, nous soulignons que, avec ces progrès historiques, grands et appréciés, se vérifient une détérioration de l’éthique, qui conditionne l’agir international, et un affaiblissement des valeurs spirituelles et du sens de la responsabilité. Tout cela contribue à répandre un sentimentgénéral de frustration, de solitude et de désespoir, conduisant beaucoup à tomber dans le tourbillon de l’extrémisme athée et agnostique, ou bien dans l’intégrisme religieux, dans l’extrémisme et dans le fondamentalisme aveugle, poussant ainsi d’autres personnes à céder à des formes de dépendance et d’autodestruction individuelle et collective.

L’histoire affirme que l’extrémisme religieux et national, ainsi que l’intolérance, ont produit dans le monde, aussi bien en Occident qu’en Orient, ce que l’on pourrait appeler les signaux d’une « troisième guerre mondiale par morceaux », signaux qui, en diverses parties du monde et en diverses conditions tragiques, ont commencéàmontrer leur visage cruel ; situations dont on ne connaîtpas avec précision combien de victimes, de veuves et d’orphelins elles ontgénérés. En outre, il y a d’autres régions qui se préparent à devenir le théâtre de nouveaux conflits, où naissent des foyers de tension et s’accumulent des armes et des munitions, dans une situation mondiale dominée par l’incertitude, par la déception et par la peur de l’avenir et contrôlée par des intérêts économiques aveugles.

Nous affirmons aussi que les fortes crises politiques, l’injustice et l’absence d’une distribution équitable des ressources naturelles – dont bénéficie seulement une minorité de riches, au détriment de la majorité des peuples de la terre – ont provoqué, et continuent à le faire, d’énormes quantité de malades, de personnes dans le besoin et de morts, causant des crises létales dont sont victimes divers pays, malgré les richesses naturelles et les ressources des jeunes générations qui les caractérisent. A l’égard de ces crises qui laissent mourir de faim des millions d’enfants, déjà réduits à des squelettes humains – en raison de la pauvreté et de la faim –, règne un silence international inacceptable.

Il apparaît clairement à ce propos combien la famille est essentielle, en tant que noyau fondamental de la société et de l’humanité, pour donner le jour à des enfants, les élever, les éduquer, leur fournir une solide morale et la protection familiale. Attaquer l’institution familiale, en la méprisant ou en doutant de l’importance de son rôle, représente l’un des maux les plus dangereux de notre époque.

Nous témoignons aussi de l’importance du réveil du sens religieux et de la nécessité de le raviver dans les cœurs des nouvelles générations, par l’éducation saine et l’adhésion aux valeurs morales et aux justes enseignements religieux, pour faire face aux tendances individualistes, égoïstes, conflictuelles, au radicalisme et à l’extrémisme aveugle sous toutes ses formes et ses manifestations.

Le premier et le plus important objectif des religions est celui de croire en Dieu, de l’honorer et d’appeler tous les hommes à croire que cet univers dépend d’un Dieu qui le gouverne, qu’il est le Créateur qui nous a modelés avec Sa Sagesse divine et nous a accordé le don de la vie pour le préserver. Un don que personne n’a le droit d’enlever, de menacer ou de manipuler à son gré; au contraire, tous doivent préserver ce don de la vie depuis son commencement jusqu’à sa mort naturelle. C’est pourquoi nous condamnons toutes les pratiques qui menacent la vie comme les génocides, les actes terroristes, les déplacements forcés, le trafic d’organes humains, l’avortement et l’euthanasie et les politiques qui soutiennent tout cela.

De même nous déclarons – fermement – que les religions n’incitent jamais à la guerre et ne sollicitent pas des sentiments de haine, d’hostilité, d’extrémisme, ni n’invitent à la violence ou à l’effusion de sang. Ces malheurs sont le fruit de la déviation des enseignements religieux, de l’usage politique des religions et aussi des interprétations de groupes d’hommes de religion qui ont abusé – à certaines phases de l’histoire – de l’influence du sentiment religieux sur les cœurs des hommes pour les conduire à accomplir ce qui n’a rien à voir avec la vérité de la religion, à des fins politiques et économiques mondaines et aveugles. C’est pourquoi nous demandons à tous de cesser d’instrumentaliser les religions pour inciter à la haine, à la violence, à l’extrémisme et au fanatisme aveugle et de cesser d’utiliser le nom de Dieu pour justifier des actes d’homicide, d’exil, de terrorisme et d’oppression. Nous le demandons par notre foi commune en Dieu, qui n’a pas créé les hommes pour être tués ou pour s’affronter entre eux et ni non plus pour être torturés ou humiliés dans leurs vies et dans leurs existences. En effet, Dieu, le Tout-Puissant, n’a besoin d’être défendu par personne et ne veut pas que Son nom soit utilisé pour terroriser les gens.

Ce Document, en accord avec les précédents Documents Internationaux qui ont souligné l’importance du rôle des religions dans la construction de la paix mondiale, certifie ce qui suit :

–  La forte conviction que les vrais enseignements des religions invitent à demeurer ancrés dans les valeurs de la paix ; à soutenir les valeurs de la connaissance réciproque, de la fraternité humaine et de la coexistence commune ; à rétablir la sagesse, la justice et la charité et à réveiller le sens de la religiosité chez les jeunes, pour défendre les nouvelles générations de la domination de la pensée matérialiste, du danger des politiques de l’avidité du profit effréné et de l’indifférence, basée sur la loi de la force et non sur la force de la loi.

–  La liberté est un droit de toute personne : chacune jouit de la liberté de croyance, de pensée, d’expression et d’action. Le pluralisme et les diversités de religion, de couleur, de sexe, de race et de langue sont une sage volonté divine, par laquelle Dieu a créé les êtres humains. Cette Sagesse divine est l’origine dont découle le droit à la liberté de croyance et à la liberté d’être différents. C’est pourquoi on condamne le fait de contraindre les gens à adhérer à une certaine religion ou à une certaine culture, comme aussi le fait d’imposer un style de civilisation que les autres n’acceptent pas.

–  La justice basée sur la miséricorde est le chemin à parcourir pour atteindre une vie décente à laquelle a droit tout être humain.

–  Le dialogue, la compréhension, la diffusion de la culture de la tolérance, de l’acceptation de l’autre et de la coexistence entre les êtres humains contribueraient notablement à réduire de nombreux problèmes économiques, sociaux, politiques et environnementaux qui assaillent une grande partie du genre humain.

–  Le dialogue entre les croyants consiste à se rencontrer dans l’énorme espace des valeurs spirituelles, humaines et sociales communes, et àinvestir cela dans la diffusion des plus hautes vertus morales, réclamées par les religions ; il consiste aussi à éviter les discussions inutiles.

–  La protection des lieux de culte – temples, églises et mosquées – est un devoir garanti par les religions, par les valeurs humaines, par les lois et par les conventions internationales. Toute tentative d’attaquer les lieux de culte ou de les menacer par des attentats, des explosions ou des démolitions est une déviation des enseignements des religions, ainsi qu’une claire violation du droit international.

–  Le terrorisme détestable qui menace la sécurité des personnes, aussi bien en Orient qu’en Occident, au Nord ou au Sud, répandant panique, terreur ou pessimisme n’est pas dû à la religion – même si les terroristes l’instrumentalisent – mais est dû à l’accumulation d’interprétations erronées des textes religieux, aux politiques de faim, de pauvreté, d’injustice, d’oppression, d’arrogance ; pour cela, il est nécessaire d’interrompre le soutien aux mouvements terroristes par la fourniture d’argent, d’armes, de plans ou de justifications, ainsi que par la couverture médiatique, et de considérer tout cela comme des crimes internationaux qui menacent la sécurité et la paix mondiale. Il faut condamner ce terrorisme sous toutes ses formes et ses manifestations.

–  Le concept de citoyenneté se base sur l’égalité des droits et des devoirs à l’ombre de laquelle tous jouissent de la justice. C’est pourquoi il est nécessaire de s’engager à établir dans nos sociétés le concept de la pleine citoyenneté et àrenoncer à l’usage discriminatoire du terme minorités, qui porte avec lui les germes du sentiment d’isolement et de l’infériorité ; il prépare le terrain aux hostilités et à la discorde et prive certains citoyens des conquêtes et des droits religieux et civils, en les discriminant.

–  La relation entre Occident et Orient est une indiscutable et réciproque nécessité, qui ne peut pas être substituéeni non plus délaissée, afin que tous les deux puissent s’enrichir réciproquement de la civilisation de l’autre, par l’échange et le dialogue des cultures. L’Occident pourrait trouver dans la civilisation de l’Orient des remèdes pour certaines de ses maladies spirituelles et religieuses causées par la domination du matérialisme. Et l’Orient pourrait trouver dans la civilisation de l’Occident beaucoup d’éléments qui pourraient l’aider à se sauver de la faiblesse, de la division, du conflit et du déclin scientifique, technique et culturel. Il est important de prêter attention aux différences religieuses, culturelles et historiques qui sont une composante essentielle dans la formation de la personnalité, de la culture et de la civilisation orientale ; et il est important de consolider les droits humains généraux et communs, pour contribuer à garantir une vie digne pour tous les hommes en Orient et en Occident, en évitant l’usage de la politique de la double mesure.

–  C’est une nécessité indispensable de reconnaître le droit de la femme à l’instruction, au travail, à l’exercice de ses droits politiques. En outre, on doit travailler à la libérer des pressions historiques et sociales contraires aux principes de sa foi et de sa dignité. Il est aussi nécessaire de la protéger de l’exploitation sexuelle et du fait de la traiter comme une marchandise ou un moyen de plaisir ou de profit économique. Pour cela, on doit cesser toutes les pratiques inhumaines et les coutumes courantes qui humilient la dignité de la femme et travailler à modifier les lois qui empêchent les femmes de jouir pleinement de leurs droits.

–  La défense des droits fondamentaux des enfants à grandir dans un milieu familial, à l’alimentation, à l’éducation et à l’assistance est un devoir de la famille et de la société. Ces droits doivent être garantis et préservés, afin qu’ils ne manquent pas ni ne soient refusés à aucun enfant, en aucun endroit du monde. Il faut condamner toute pratique qui viole la dignité des enfants et leurs droits. Il est aussi important de veiller aux dangers auxquels ils sont exposés – spécialement dans le domaine digital – et de considérer comme un crime le trafic de leur innocence et toute violation de leur enfance.

§  La protection des droits des personnes âgées, des faibles, des handicapés et des opprimés est une exigence religieuse et sociale qui doit être garantie et protégée par des législations rigoureuses et l’application des conventions internationales à cet égard.

A cette fin, l’Eglise catholique et Al-Azhar, par leur coopération commune, déclarent et promettent de porter ce Document aux Autorités, aux Leaders influents, aux hommes de religion du monde entier, aux organisations régionales et internationales compétentes, aux organisations de la société civile, aux institutions religieuses et aux Leaders de la pensée ; et de s’engager à la diffusion des principes de cette Déclaration à tous les niveaux régionaux et internationaux, en préconisant de les traduire en politiques, en décisions, en textes législatifs, en programmes d’étude et matériaux de communication.

Al-Azhar et l’Eglise Catholique demandent que ce Document devienne objet de recherche et de réflexion dans toutes les écoles, dans les universités et dans les instituts d’éducation et de formation, afin de contribuer à créer de nouvelles générations qui portent le bien et la paix et défendent partout le droit des opprimés et des derniers.

En conclusion nous souhaitons que :

cette Déclaration soit une invitation à la réconciliation et à la fraternité entre tous les croyants, ainsi qu’entre les croyants et les non croyants, et entre toutes les personnes de bonne volonté ;

soit un appel à toute conscience vivante qui rejette la violence aberrante et l’extrémisme aveugle ; appel à qui aime les valeurs de tolérance et de fraternité, promues et encouragées par les religions ;

soit un témoignage de la grandeur de la foi en Dieu qui unit les cœurs divisés et élève l’esprit humain ;

soit un symbole de l’accolade entre Orient et Occident, entre Nord et Sud, et entre tous ceux qui croient que Dieu nous a créés pour nous connaître, pour coopérer entre nous et pour vivre comme des frères qui s’aiment.

Ceci est ce que nous espérons et cherchons à réaliser, dans le but d’atteindre une paix universelle dont puissent jouir tous les hommes en cette vie.

Abou Dabi, le 4 février 2019

 

Sa Sainteté
Pape François
Grand Imam d’Al-Azhar
Ahmad Al-Tayyeb

La foi amène le croyant à voir dans l’autre un frère à soutenir et à aimer. De la foi en Dieu, qui a créé l’univers, les créatures et tous les êtres humains – égaux par Sa Miséricorde –, le croyant est appelé à exprimer cette fraternité humaine, en sauvegardant la création et tout l’univers et en soutenant chaque personne, spécialement celles qui sont le plus dans le besoin et les plus pauvres.

Explications :

 

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Témoignage de la Mission dans l’église locale du Diocèse de Moulins – France – Emission KTO

Témoignage de la Mission dans l’église locale du Diocèse de Moulins – France –

Emission KTO

Dans l´Allier, un territoire de 340.000 habitants essentiellement rural, de nombreux services disparaissent dans les villages et le sentiment d´abandon grandit. Face à cette situation, l´Eglise catholique veut rester au plus proche de la population. Les trois prêtres de la paroisse de Notre-Dame de l´Alliance, au sud-est du département, visitent ponctuellement leurs 38 clochers dans de petites missions d´évangélisation et de soutien aux communautés locales, notamment aux personnes âgées seules ou dans le besoin.

Reportage dans le village de Saint-Clément. Au programme également de La Vie des Diocèses : l´église prieurale de Souvigny, une fille de l´abbaye de Cluny, qui revit depuis quelques mois grâce à la communauté religieuse des Oblates du Coeur de Jésus qui s´y est installée. Elles accueillent les visiteurs, répondent à leurs questions et assure ainsi le rayonnement du sanctuaire. Mgr Laurent Percerou, évêque de Moulins, se félicite de cette mission au service de l´évangélisation. Alors qu´il avait été père synodal au Synode sur les jeunes, qui s´étaient tenu à Rome en octobre, Mgr Percerou a fait des jeunes une de ses priorités, malgré un exode des jeunes hors du département important.

L´évêque de Moulins fait le bilan de son « Bishop tour » qui l´a vu rencontrer pendant deux ans des personnes engagées auprès des jeunes dans l´Allier dans des associations confessionnelles ou non-confessionnelles, culturelles, sportives et professionnelles. Enfin, à l´approche des Journées Mondiales de la jeunesse au Panama, Mgr Percerou exprime sa joie de se rendre au Panama avec les 1300 jeunes français.

 

La Vie des Diocèses du 14/01/2019 – Emission KTO🔸

L´évêque de Moulins fait le bilan de son « Bishop tour » qui l´a vu rencontrer pendant deux ans des personnes engagées auprès des jeunes dans l´Allier dans des associations confessionnelles ou non-confessionnelles, culturelles, sportives et professionnelles

Explications :

Témoignage du père Firmin Mola Mbalo CM à partir de la minute 27

INVITATION ! 9-16 février 2019 – Camp « Neige – partage »

INVITATION ! Camp « Neige – partage »

9-16 février 2019

« Neige – partage » est proposé aux collégiens et aux lycéens.

Nous pouvons accueillir des majeurs.

 

Pour une vie de groupe : partage, veillées, chants, jeux, ski ou snowboard ou raquette ou ski de fond, découverte des richesses locales …

Pour toutes informations complémentaires et les inscriptions :

 

Association « Action Jeunes Solidaire »

63 rue Vulfran Warmé 80000 AMIENS

Tél :  Pierre Marionneau : 06 20 65 93 91

 @ : action.jeunes.solidaire@gmail.com 

 

Prix du séjour : 440 € (Ce prix comprend le transport en minibus, la pension complète au chalet, le forfait de ski et la location du matériel (chaussures, skis et casque)

Caisse de solidarité en cas de difficultés financières. Aucun jeune ne doit renoncer au camp pour des raisons financières

Acompte de 125 € à l’inscription. Possibilité de règlement en plusieurs mensualités

Camp déclaré à Jeunesse et Sports. Aide CAF et Chèques Vacances

N’oubliez pas votre Instrument de musique si vous en avez un !

Pierre Marionneau, CM 🔸

Pour une vie de groupe : partage, veillées, chants, jeux, ski ou snowboard ou raquette ou ski de fond, découverte des richesses locales …

Explications :
POUR PLUS DE RENSEIGNEMENT :

Station AILLONS-MARGÉRIAZ

www.lesaillons.com

Témoignage à la fin et au début l’année !

Témoignage à la fin et au début l’année !

La veille de Noël, je rejoins Philippe, un jeune SDF dans l’abri qu’il s’est fabriqué pour se protéger du froid… Je m’assieds près de lui EN SILENCE COMME D’HABITUDE… Après un long temps, il me prend la main, et me dit :

  • « Tu as vu, Pierre, tous ces gens qui courent après le BONHEUR ? TU FAIS BIEN DE NE PAS LES SUIVRE… Ils n’ont pas encore compris que le BONHEUR est EN NOUS»…

Puis se tournant vers moi, le VISAGE RAYONNANT, les YEUX ETINCELANTS, il me dit :

  • « Pierre qui mieux que toi sais que je n’ai RIEN, que je ne suis RIEN, (insistant sur le RIEN) et pourtant je suis HEUREUX VRAIMENT HEUREUX»… Disant cela, il se frappe la poitrine et me donne l’accolade.

J’étais BOULEVERSÉ…

Oui, la Bonne Nouvelle est vraiment annoncée aux pauvres par CELUI QUI les HABITE.

Pour accueillir cette Bonne Nouvelle, il faut se faire PROCHE, très PROCHE, d’une PROXIMITÉ SILENCIEUSEQuand le silence devient COMMUNION la PAROLE SE LIBÈRE, telle la Parole de Philippe et des autres que j’accompagne.

Le Seigneur fait pour eux des MERVEILLES !

Ils devraient être les INSPIRATEURS de tout PROJET : Dieu choisit ceux qui ne sont rien. Très souvent la parole de Jean Sulivan me revient à l’esprit. Parlant des SDF, il dit : « Envions-les le moins hypocritement possible et rejoignons-les en ce lieu où la MORT et la JOIE ne sont qu’une SEULE RÉALITÉ.

BONNE et FRUCTUEUSE ANNÉE à TOUS !

Et que vivent les Gilets JAUNES… ! Ils sont une CHANCE pour la DEMOCRATIE PARTICIPATIVE.

Quand les PAUVRES SE LÈVENT, se METTENT en ROUTE, le monde CHANGE.

L’ESPRIT SOUFFLE où Il veut, quand Il veut COMME Il veut.

Pierre AUBRÉE, CM 🔸

Pour accueillir cette Bonne Nouvelle, il faut se faire PROCHE, très PROCHE, d’une PROXIMITÉ SILENCIEUSE…

Explications :

Texte : extrait de Jean SULIVAN, « la Traversée des illusions », chez Gallimard, 1977.

Petite note :

Ce témoignage est arrivé le 2 janvier 2019 à la Maison Provinciale. La typographie a été respectée. Dans 6 mois, Pierre fêtera ses 90 ans.

1er Janvier. Solennité de Sainte Marie Mère de Dieu

1er Janvier. Solennité de Sainte Marie, Mère de Dieu

Homélie – Réflexion

« Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage,
qu’il te prenne en grâce !
Que le Seigneur tourne vers toi son visage,
qu’il t’apporte la paix ! »

(Livre des Nombres 6,25-27)

Chers frères et soeurs : comme elle est belle cette bénédiction que nous offre la liturgie d’aujourd’hui ! Ce sont de très bons voeux à nous offrir les uns aux autres en ce 1er Janvier…

Une bénédiction à savoir par coeur… pour bénir vos enfants, pour bénir un parent malade, ou un ami…

« Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage », cela me fait penser à certains psaumes que nous chantons, avec plus ou moins d’attention, de semaine en semaine… mais aujourd’hui, je me demande : au fait, Dieu a-t-il vraiment un visage ?

Et je me rappelle que frère Christophe, l’un des 7 frères de Tibhirine, à la dernière page de son cahier de notes quotidiennes, donc juste avant leur arrestation, raconte que le prédicateur de leur retraite avait parlé de Dieu comme d’un « Père sans visage ». Et Christophe réagit vivement, en écrivant : « Le Père n’est que VISAGE »… Et il écrit « VISAGE » en majuscules !

Alors, c’est vrai que Dieu le Père n’est que visage, si l’expression veut dire qu’il n’est que don, qu’il ne vit que tourné vers son Fils et vers nous, essentiellement en relation, en face à face… Mais reconnaissons aussi que ce visage reste invisible jusqu’à ce qu’il devienne visible en Jésus. Ainsi le pape François commence sa lettre pour cette Année Sainte de la Miséricorde en disant

« Le visage de la Miséricorde du Père, c’est Jésus. »

Et vous savez que Jésus lui-même le dit : « Celui qui m’a vu a vu le Père. » (Jean 14, 9)

Et c’est Marie qui nous fait cette grâce de donner à Dieu son visage visible,…

Marie… par sa maternité.

Maternité proclamée par l’ange Gabriel dans le récit de l’Annonciation.
Maternité confirmée par Elisabeth dans le récit de la Visitation :

« D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » (Luc 1, 43) Alors, MERCI MARIE, pour cette maternité !

Les chrétiens des premiers siècles, ont voulu proclamer solennellement « MARIE, MERE DE DIEU » … surtout pour affirmer que Jésus est pleinement HOMME tout en étant vraiment DIEU. Mais dans cette maternité messianique, il n’y a pas que l’engendrement physique qui est important, il y a aussi tout l’engendrement éducatif…

Quelqu’un a dit joliment : « Une maman, c’est si beau, c’est si bon, que Dieu lui-même a voulu en avoir une ! » Une maman qui a accompagné toute la croissance de Jésus…

On voit comment, à Cana, au début du ministère publique de Jésus,
d’une certaine manière, elle enfante encore Jésus, en l’invitant à manifester sa gloire… Eduquer à la foi, éduquer à la fraternité, éduquer à marcher vers l’avenir avec confiance…

Et dans cet accompagnement éducatif, je vois Joseph qui est là… avec Marie. C’est ensemble, Joseph et Marie, qu’ils sont éducateurs… et éducateurs d’abord simplement par leur amour conjugal. Car vous savez que, s’il est tellement important pour l’enfant de se savoir aimé par chacun de ses parents,

il est encore plus important qu’il puisse voir l’amour qui unit ses parents… C’est pourquoi, dans l’icône de la Vierge à l’Enfant,Joseph me manque ! Certes, la Mère et l’Enfant représente bien le Mystère de l’Alliance de Dieu avec les hommes : cet admirable échange où Dieu, par Marie, reçoit notre humanité pour que toute l’humanité puisse avoir part à sa divinité !

Mais où donc est Joseph ?… Peut-être de notre côté… à contempler avec nous la Mère et l’Enfant… Mais je pense que Marie aimerait mieux l’avoir à côté d’elle… D’ailleurs, c’est l’Evangile d’aujourd’hui : « Les bergers découvrirent Marie et Joseph avec le nouveau-né. » (Luc 2,16)

En vérité, c’est ensemble, la mère et le père, qu’ils sont pour Jésus le sacrement de l’amour de Dieu, de sa Paternité… et de sa Maternité…

Mais la mission maternelle de Marie et la mission paternelle de Joseph ont aussi une dimension universelle : Marie et Joseph sont aussi une mère et un père pour nous tous, pour que nous devenions pleinement fils de Dieu. Quand Jésus, alors qu’il va mourir, confie sa mère à son disciple bien-aimé, il prend soin de sa mère : « Voici ta mère ! » (Jean 19, 27)… mais en même temps il nous la donne pour mère… et il assigne ainsi à Marie sa mission universelle : une maternité spirituelle à l’égard de tous… Au moment de l’Annonciation, devenir la mère de Dieu, c’était bouleversant… mais devenir maintenant la mère de tous, de chacun de nous, devenir la mère de ceux-là aussi qui sont en train de crucifier son fils !… de tous ceux qui, aujourd’hui, crucifie son fils !…

Nous ne pourrons jamais assez te remercier, Marie, de nous accueillir tous comme tes enfants ?

Marie est notre mère à tous par sa prière continuelle pour nous car elle ne cesse de demander à l’Esprit-Saint de venir engendrer spirituellement Jésus en nous comme un jour il l’avait fait physiquement en elle…

Mais elle est aussi notre mère simplement par sa présence tellement affectueuse et attentive ! Tant pis pour les grands messieurs qui n’en veulent pas !

Tant mieux polir tous !es délaissés, !es meurtris,… et les enfants émerveillés qui peuvent goûter la bonté de cette maman !

Et nous, les croyants, si nous prenions vraiment Marie chez nous, comme Joseph, comme ce disciple bien-aimé… et si nous laissions se déployer toute notre maternité, ou toute notre paternité… car c’est toute l’Eglise, et donc chacun de nous, qui est engagée avec Marie dans cette mission d’engendrement :

  •  d’abord porter Jésus en nous – d’abord qu’il soit désiré et sans cesse bien accueilli en nous
  • et puis le mettre au monde, le porter au monde, l’offrir à tous… Cette maternité de Marie nous concerne tous personnellement :

Porter Dieu en nous en engendrement spirituel
et porter Dieu au monde en fécondité universelle…

Il y va de notre accomplissement personnel comme de notre vocation, de notre mission dans l’histoire de l’humanité !

Vocation à devenir VISAGE,…

à refléter le visage de Jésus comme une bénédiction pour notre famille, pour notre communauté, pour tous ceux qui sont notre prochain… car si « Jésus est le visage de la Miséricorde du Père », comme le dit le pape François, n’oublions pas que le pape Benoît avait terminé sa lettre de l’Année de la Foi en disant : « L’Eglise est la communauté visible de la Miséricorde. »

Demandons à Marie, en un temps de prière silencieuse, cette grâce : que l’Eglise soit de plus en plus vraiment MERE DE DIEU et MERE DES HOMMES en étant aujourd’hui « LE VISAGE DE LA MISERICORDE DU PERE. »

Frère Didier, abbaye de Tamié 🔸

Les chrétiens des premiers siècles, ont voulu proclamer solennellement « MARIE, MERE DE DIEU » … surtout pour affirmer que Jésus est pleinement HOMME tout en étant vraiment DIEU. Mais dans cette maternité messianique, il n’y a pas que l’engendrement physique qui est important, il y a aussi tout l’engendrement éducatif…

Fr Didier
POUR SAVOR DAVANTAGE :

www.abbaye-tamie.com

Image :

“La Vierge Marie avec l’enfant”. Ambrosius Benson (1530). Collection Musée des Beaux Arts de Séville (Espagne)

https://artsandculture.google.com/partner/museo-de-bellas-artes-de-sevilla