Lettre du Supérieur Général pour le temps de l’Avent. A tous les membres de la Congrégation de la Mission

Lettre du Supérieur Général pour le temps de l’Avent

A tous les membres de la Congrégation de la Mission

Mes très chers confrères, La grâce et la paix de Jésus soient toujours avec nous ! Dans ma première lettre pour la fête de saint Vincent, il y a deux ans, je vous ai écrit à propos de saint Vincent de Paul, mystique de la Charité. Lorsque nous réfléchissons sur saint Vincent en tant que mystique de la Charité et que nous essayons de suivre son exemple à cet égard, nous devons nous rappeler qu’il n’était pas un mystique au sens courant du terme, tel que l’Eglise le décrit habituellement. Vincent de Paul était un mystique, mais un mystique de la Charité. Avec les yeux de la foi, il a vu, contemplé et servi le Christ dans la personne des pauvres. Lorsqu’il touchait les plaies des personnes marginalisées, il croyait qu’il touchait les plaies du Christ. Quand il répondait à leurs besoins les plus profonds, il était convaincu qu’il adorait son Seigneur et son Maître.

En ce temps de l’Avent, je veux vous entretenir sur l’une des principales sources à laquelle Vincent a puisé en tant que mystique de la Charité : l’oraison quotidienne. Il a exhorté tous les groupes qu’il a fondés ou fréquentés : les membres laïques des Confréries de la Charité, les Prêtres et les Frères de la petite Compagnie, de la Congrégation de la Mission, les Filles de la Charité, les Dames de la Charité, les Prêtres des Conférences des mardis, à boire chaque jour à la source de l’oraison.

L’une des phrases les plus citées de saint Vincent, tirée d’une conférence donnée aux membres de la Congrégation de la Mission, exprime avec éloquence l’attitude de Vincent :

Donnez-moi un homme d’oraison, et il sera capable tout ; il pourra dire avec le saint Apôtre : « Je puis toutes choses en Celui qui me soutient et qui me conforte » (Ph 4,13). La  congrégation  de  la  mission  subsistera  autant  de  temps  que  l’exercice de l’oraison y sera fidèlement pratiqué, parce que l’oraison est comme un rempart inexpugnable, qui mettra les missionnaires à couvert contre toutes sortes d’attaques [1].

Vincent parlait de l’oraison quotidienne. Il a affirmé à ses disciples :

Donnons-nous bien tous à cette pratique de l’oraison, puisque c’est par elle que nous viennent tous les biens. Si nous persévérons dans notre vocation, c’est grâce à l’oraison ; si nous réussissons dans nos emplois, grâce à l’oraison ; si nous ne tombons pas dans le péché, grâce à l’oraison ; si nous demeurons dans la charité, si nous sommes sauvés,tout cela grâce à Dieu et à l’oraison. Comme Dieu ne refuse rien à l’oraison, aussi il n’accorde presque rien sansoraison [2].

Pour encourager ses fils et ses filles à faire oraison, il a repris beaucoup de métaphores employées couramment par les auteurs spirituels de son époque. Il leur disait que l’oraison est pour l’âme ce que la nourriture est pour le corps [3]. Elle est une « fontaine de jouvence » où nous sommes vivifiés [4]. Elle est un miroir dans lequel nous voyons toutes nos taches et nous ajustons pour nous rendre plus agréables à Dieu [5]. Elle est un rafraîchissement au milieu de notre difficile labeur quotidien au service des pauvres [6]. Elle est une prédication, dit-il aux missionnaires, qu’on se fait à soi-même [7]. Elle est un livre de ressources pour le prédicateur dans lequel il peut trouver des vérités éternelles à transmettre au peuple de Dieu [8]. Elle est une douce rosée, qui rafraîchit l’âme chaque matin, dit-il aux Filles de la Charité [9].

Vincent exhortait sainte Louise de Marillac à bien former les jeunes Sœurs à l’oraison [10]. Il leur a donné de nombreuses conférences pratiques sur le sujet. Il assurait les Sœurs que l’oraison est, en fait, très facile et que c’est comme si on s’entretenait avec Dieu pendant une demi-heure. Il disait que si certains sont ravis de pouvoir parler au roi, nous devrions nous réjouir de pouvoir parler cœur à cœur avec Dieu tous les jours [11].

L’oraison, pour Vincent, est une conversation avec Dieu, avec Jésus, dans laquelle nous exprimons nos sentiments les plus profonds (il a appelé cette prière « affective ») et dans laquelle nous cherchons à savoir ce que Dieu nous demande chaque jour, en particulier pour notre service des pauvres. Elle se caractérise par une profonde gratitude pour les nombreux dons de Jésus, en particulier notre vocation à servir les pauvres. Il en résulte des résolutions sur la manière dont nous pourrions mieux les servir dans l’avenir. Pour certains, et même pour beaucoup, elle fait place à une contemplation silencieuse de l’amour que Jésus nous porte et de son amour pour les pauvres et, cela nous pousse à lancer des « traits d’amour » qui « pénètrent les cieux » et touchent le cœur de Notre-Seigneur [12].

Pour Vincent, le sujet principal de l’oraison était la vie et l’enseignement de Jésus. Il a insisté sur le fait que nous devions revenir sans cesse aux « mystères » de l’humanité de Jésus : sa naissance, ses relations avec Marie et Joseph, les événements de son ministère public, ses miracles, son amour préférentiel pour les pauvres. Il nous exhortait à méditer dans les Ecritures les actions et les enseignements de Jésus [13]. Parmi les enseignements de Jésus, il a particulièrement attiré l’attention sur le Sermon sur la Montagne [14]. Surtout, il conseillait l’oraison centrée sur la passion et la croix de Jésus [15].

La méthode enseignée par saint Vincent était celle de saint François de Sales.[16] Il n’y a apporté que de légères modifications. Il était plus sobre que François de Sales lorsqu’il parlait de l’utilisation de l’imagination. Tout en valorisant la prière affective, il a vigoureusement insisté sur la nécessité de résolutions concrètes. Surtout lors de ses conférences aux Filles de la Charité, il entremêlait agréablement la sagesse spirituelle et le bon sens. Il a mis en garde les Sœurs de cultiver de « belles pensées » qui ne mènent à rien. Il a mis en garde les prêtres contre l’utilisation de l’oraison comme temps d’étude spéculative.

 

La méthode proposée par saint Vincent de Paul comportait trois étapes :

 

1. La préparation

  1. Premièrement, nous nous mettons en présence de Dieu. Cela peut être fait de différentes manières : considérer Notre Seigneur présent dans le Saint Sacrement, penser à Dieu régnant sur l’univers, réfléchir à la présence de Dieu dans notre cœur.
  2. Ensuite, nous demandons de l’aide pour bien prier.
  3. Enfin, nous choisissons un sujet d’oraison, tel un mystère de la vie de Jésus, une vertu, un passage de l’Ecriture ou un jour de fête.

2. Le corps de l’oraison

  1. Nous méditons sur le sujet choisi.
  2. Si le sujet est une vertu, nous recherchons les motifs pour aimer et pratiquer cette vertu. S’il s’agit d’un mystère de la vie de Jésus, par exemple, la passion, nous imaginons ce qui s’est passé et méditons sur sa signification.
  3. En méditant, nous exprimons à Dieu ce qu’il y a dans notre cœur (par exemple, l’amour du Christ qui a tant souffert pour nous, le chagrin du péché, la gratitude). Au fond, Vincent encourageait ses disciples à :
      • réfléchir sur le sujet de l’oraison,
      • identifier les motifs pour l’accueillir,
      • prendre des résolutions concrètes pour le mettre en pratique.

3. Conclusion

Nous remercions Dieu pour ce temps de l’oraison et pour les grâces que nous y avons reçues. Nous présentons à Dieu les résolutions que nous avons prises. Ensuite, nous demandons de l’aide pour les réaliser.

L’oraison quotidienne est un élément indispensable de notre spiritualité. Saint Vincent était absolument convaincu de son importance dans notre vie et notre service auprès des pauvres. Il la qualifiait de « l’âme de nos âmes » [17] et il pensait que sans elle, nous ne pourrions pas persévérer malgré les difficultés inhérentes à notre service des plus abandonnés.

Par cette lettre de l’Avent, je voudrais encourager chaque membre de la Congrégation à s’engager ou de conserver son engagement à faire tous les jours une demi-heure de méditation. Je voudrais insister pour que vous fassiez cette demi-heure de méditation avec vos frères en communauté, vous aidant ainsi l’un l’autre à boire ensemble à la même fontaine. J’insiste pour que vous n’écourtiez pas cette demi-heure (15 ou 20 minutes), mais de poursuivre la méditation durant une demi-heure.

Dans les Règles Communes, Vincent nous recommande de méditer une heure par jour. En appliquant cetterecommandation, nous pouvons trouver une autre demi-heure durant la journée et poursuivre notreméditation.

Vincent a reconnu qu’il y a plusieurs façons de faire oraison et a encouragé leur pratique. Certains utiliseront sûrement d’autres méthodes que celle qu’il a souvent enseignée et que j’ai décrite plus haut. Bien que les confrères puissent employer d’autres méthodes d’oraison, il est de la plus grande importance pour nous que chaque membre de la Petite Compagnie, la Congrégation de la Mission, connaisse et garde présente à l’esprit la méthode que Saint Vincent de Paul nous a donnée et que nous avons apprise au Séminaire Interne. En fin de compte, le plus important est que nous engagions notre esprit et notre cœur dans une conversation méditative avec Jésus et que nous le fassions quotidiennement et avec persévérance.

Dans nos Constitutions et nos Règles Communes, la liste des sujets de méditation fréquente est longue :

  • la relation de Jésus avec Dieu son Père
  • son amour effectif et compatissant pour les personnes marginalisées.
  • le Royaume qu’il a annoncé
  • la communauté qu’il forme avec les Apôtres
  • sa prière
  • la présence du péché dans le monde et en nous
  • l’empressement de Jésus à pardonner
  • son pouvoir de guérison
  • son attitude de serviteur
  • son amour de la vérité/simplicité
  • son humilité
  • sa soif de justice
  • son amour humain profond pour ses amis
  • son désir d’apporter la paix
  • son combat contre la tentation
  • la croix
  • la résurrection
  • l’obéissance de Jésus à la volonté du Père
  • la douceur de Jésus
  • la mortification
  • le zèle apostolique
  • la pauvreté
  • le célibat
  • l’obéissance
  • la joie et l’action de grâces de Jésus.

Tous ces sujets sont liés à notre mission auprès des pauvres. Tous nous aideront à suivre Vincent, mystique de la Charité. Quelle merveilleuse opportunité nous est donnée pour revivre, dès cet Avent, l’oraison quotidienne qui fera partie de notre vie spirituelle jusqu’à notre départ de cette terre pour l’éternité !

Que notre oraison soit toujours fondée sur la Bible, sur les lectures de la liturgie du jour. Ne passons pas le temps de l’oraison à lire un livre spirituel. Nous avons la possibilité de faire notre lecture spirituelle à un autre moment de la journée.

Méditer, c’est se placer devant Dieu, devant Jésus, grâce à sa Parole. C’est mettre notre cœur à la disposition totale de Jésus, lui permettant de nous parler tandis que nous écoutons. C’est nous mettre à l’écoute de ce que Jésus voudrait nous dire chaque jour. C’est faire confiance à la Providence pour lutter contre toutes les tentations d’éviter ou d’omettre l’oraison quotidienne. C’est simplement être avec Jésus tous les jours dans le silence de notre esprit et de notre cœur, même si notre esprit reste vide et que nous avons l’impression que rien n’a été accompli, que nous avons perdu une demi-heure à ne rien faire, car Jésus ne nous a communiqué aucune idée, aucun sentiment ou message. C’est simplement croire à la manière dont Jésus communique avec Dieu, son Père. Il a souvent passé toute la nuit en prière. C’est simplement manifester à Jésus notre amour total pour lui, le lui manifester en étant simplement avec lui, prêts, à tout moment et de la manière que la Providence jugera juste, à ce que Jésus nous communique son message. C’est simplement être là tous les jours, prêts pour le moment que Jésus jugera bon, pour ne pas laisser passer le moment de grâce, ne pas manquer la visite de Jésus.

De plus en plus, durant ses dernières années, Vincent prononçait des paroles extatiques sur l’amour de Dieu. Elles découlaient clairement de son oraison. Le 30 mai 1659, il a prié à haute voix lors d’une conférence aux confrères :

Regardons le Fils de Dieu ; oh ! Quel cœur de charité ! Quelle flamme d’amour ! Mon Jésus, dites-nous, vous, un peu,s’il vous plaît, qui vous a tiré du ciel pour venir souffrir la malédiction de la terre, tant de persécutions et de tourments que vous y avez reçus. O Sauveur ! Ô source de l’amour humilié jusqu’à nous et jusqu’à un suppliceinfâme, qui en cela a plus aimé le prochain que vous-même ? Vous êtes venu vous exposer à toutes nos misères, prendre la forme de pécheur, mener une vie souffrante et souffrir une mort honteuse pour nous ; y a-t-il un amour pareil ? Mais qui pourrait aimer d’une manière tant suréminente ? Il n’y a que Notre-Seigneur qui soit si épris de l’amour des créatures que de quitter le trône de son Père pour venir prendre un corps sujet aux infirmités Et pourquoi? Pour établir entre nous par son exemple et sa parole la charité du prochain. C’est cet amour qui l’a crucifié et qui a fait cette production admirable de notre rédemption. O messieurs, si nous avions un peu de cet amour, demeurerions-nous les bras croisés ? Ceux que nous pourrions assister, les laisserions nous périr ? Oh ! Non, la charité ne peut demeurer oisive ; elle nous applique au salut et à la consolation des autres [18].

Peu de saints ont été aussi actifs que saint Vincent, mais son action découlait de sa profonde immersion en Dieu, en Jésus. Quelle chance nous avons d’avoir un Fondateur aussi extraordinaire !

Que Dieu vous comble de ses bénédictions durant ce temps de l’Avent.

 Votre frère en Saint Vincent,

Tomaž Mavrič, CM – Supérieur Général🔸

En fin de compte, le plus important est que nous engagions notre esprit et notre cœur dans une conversation méditative avec Jésus et que nous le fassions quotidiennement et avec persévérance.

Notes :

Vincent de Paul, Correspondance, Entretiens, Documents, Coste XI, p. 83 ; Conférence 67, « Sur l’oraison ».
2 Coste XI, 407 ; Conférence 168, Répétition d’oraison du 10 août 1657.
3 Coste IX, 416 ; Conférence 37, « Sur l’oraison » du 31 mai 1648.
4  Ibid. 418.
5  Ibid. 417.
6 Coste IX, 402 ; Conférence 36, « Sur le bon usage des Instructions » du 1er mai 1648.
7 Coste XI, 84 ; Conférence 68, « Sur l’oraison ».
8 Cf. Coste XII, 15; Conférence 181, Répétition d’oraison « Sur l’œuvre des ordinands » [1658].
9 Coste IX, 402 ; Conférence 36, « Sur le bon usage des Instructions » du 1er mai 1648
10 Coste IV, 47 ; Lettre 1240 à sainte Louise [entre 1647 et 1651].
11 Coste IX, 116 ; Conférence 15, « Explication du règlement » du 14 juin 1643.
12 Coste IX, 37 ; Conférence 5, « Sur la fidélité au lever et à l’oraison » du 16 août 1640.
13 Cf. Règles communes de la Congrégation de la Mission I, 1.
14 Coste XII, 118 ; Conférence 197, « Des maximes évangéliques » du 14 février 1659.
15 Coste IX, 50 Conférence 7, « Sur le jubilé » du 15 octobre 1641.
16 Coste X, 587; Conférence 105, « Lever, oraison, examens et autres exercices » du 17 novembre 1658.
17 Coste IX, 416 ; Conférence 37, « Sur l’oraison » du 31 mai 1648.
18 Coste XII, 264-265 ; Conférence 207, « De la charité » (Règles communes, Chapitre II, Article 12) du 30 mai 1659.

Avec les Artisans de la Fête

Avec les Artisans de la Fête

Voici quelque vingt ans que mon évêque m’a envoyé en mission parmi les Artisans de la Fête, appelés aussi Forains. Cependant le mot « Artisan » veut souligner que leur métier est vraiment un « travail ».

Il y a dix ans, les évêques des Provinces de Bordeaux et Poitiers m’ont nommé, en lien avec l’Aumônerie Nationale, aumônier provincial de la Nouvelle Aquitaine. J’ai hésité à répondre favorablement à mon évêque, ne connaissant pas le monde des Artisans de la Fête. Puis, sachant que l’on ne se donne pas une mission mais qu’on la reçoit, je me suis lancé et j’y suis heureux, vivant mon ministère de diacre comme « un passeur d’espérance » (Selon Monseigneur Albert Rouet) dans une des périphéries de notre société.

Comment vit-on cette mission avec et au milieu des forains ? Un seul mot :  présence. Oui, il faut être là, passer et encore passer au milieu de la fête, allant de métier en métier pour serrer une main, dire un bonjour. Être parmi les forains, c’est de l’ordre de la gratuité.

Pendant trois ans, à la suite de religieuses présentes sur les fêtes, je n’ai eu que « contacts polis ». Il fallait « faire sa place », se laisser apprivoiser … Et un jour c’est le « finis d’entrer ! » Que de contacts depuis ! Des confidences, des questions alors que je suis dans les caisses des manèges. Des demandes de baptêmes ou de mariages. Des accompagnements de familles en deuil. Des baptêmes célébrés sur le manège ou petit châpiteau, parce que c’est le lieu de vie. Eucharistie célébrée avec mon évêque sur le manège d’auto-skooter, réunissant au cours de la fête dans la ville des forains et des paroissiens du quartier et de la ville.

Le téléphone sonne : Henri, jeune trapéziste de dix-huit ans s’est tué accidentellement. « Jean-Claude, on veut que ce soit toi notre aumônier qui fassent les obsèques. » Et je me retrouve au milieu de quelques huit cents Gens du Cirque ( de plusieurs cirques de France. ) Et quand les forains appellent pour un décès, il faut de suite répondre oui. La célébration a lieu dans l’église, mais il faut être dès le décès sur le terrain de remise des caravanes et prier dans la caravane du défunt.

Évidemment, ceci demande une pastorale bien différente des paroisses et des sédentaires pour préparer les sacrements. Être aumônier des Artisans de la Fête et des Gens du Cirque c’est partager, derrière les décors et loin des flonflons, les soucis quotidiens d’une profession consacrée à la fête des autres sans être toujours de la fête elle-même ! Il faut que comme aumônier, être avec les forains pour faire comprendre à un maire que si la fête est mise en dehors du centre-ville, alors ce n’est plus la fête. Il faut aussi que l’aumônier n’oublie pas de serrer la main des « commis », souvent main-d’œuvre étrangère qui sont de « petites gens »

Le cher Cardinal ETCHEGARAY, qui « curé » des forains dans son diocèse de Bayonne, a écrit : « Dis-moi quelles sont tes fêtes et je te dirai qui tu es. » Il faut se poser cette question. Saint Athanase, au IVe siècle, affirmait : « Le Christ ressuscité fait de la vie de l’homme une fête continuelle. »

Cette fête sans fin est-elle vraiment une réalité pour nous ? Et si la fête s’effaçait du Corps du Christ qu’est l’Église, y aurait-il encore sur terre ce sel qui donne goût de vivre et de vivre ensemble ? La fête en effet est la parabole du Royaume. Elle est un espace gratuit de convivialité où l’on se rencontre, où l’on passe un moment dans la musique et les lumières, même si l’on ne peut pas acheter quelque chose.

Aumônier, « passeur d’espérance », mon rôle est de faire le lien entre ce monde des forains et l’Église. Les Artisans de la Fête ont leur vie marquée par l’itinérance. Ils ont, pour beaucoup la foi chrétienne chevillée au cœur et transmise de générations en générations. Si vous entrez dans une caravane, vous y trouverez la croix du Christ et une image de la « Sainte », c’est-à-dire la Vierge Marie.

Suite à la visite de l’évêque sur la fête, en allant avec l’aumônier de métier en métier, j’ai entendu un forain me dire : « Quel plaisir de serrer la main à l’évêque. C’est l’Église qui est venue à moi ! »

Avec les forains, je vis beaucoup d’amitié. Je partage les joies et les peines, les soucis. J’aide parfois, à la réconciliation entre les personnes. Je découvre des gestes remarquables, comme cette foraine ayant un manège d’enfants et qui fait faire un tour à un gamin dont elle s’est rendu compte que les parents sont « fauchés ». Ou Sophie, confiseuse, qui remet gratuitement un sandwich à un sans domicile fixe passant dans la fête. J’ai pu aussi, épauler par un couple forain, aider un forain à se sortir de son addiction à l’alcool.

Quand mon évêque m’a envoyé en mission chez les Artisans de la Fête, il a voulu respecter mon désir d’être missionnaire à la suite de Saint Vincent de Paul. Car les forains représentent une périphérie dont très souvent les paroisses n’ont pas conscience. Que Saint Vincent me donne simplicité et humilité pour vivre la joie du service au milieu de ce peuple très attachant !

Jean-Claude PETEYTAS, diacre vincentien 🔸

Aumônier, « passeur d’espérance », mon rôle est de faire le lien entre ce monde des forains et l’Église. Les Artisans de la Fête ont leur vie marquée par l’itinérance. Ils ont, pour beaucoup la foi chrétienne chevillée au cœur et transmise de générations en générations

Pour savoir davantage :

http://forains.catholique.fr/

http://cm.diacresvincentiens.over-blog.com/

Les initiatives de la Famille Vincentienne en France

Les initiatives de la Famille Vincentienne en France

Le pape François a créé chaque 33e dimanche du temps ordinaire, une journée dédiée aux pauvres. A cette occasion, la Famille Vincentienne présente ses initiatives au service des pauvres.

«Un pauvre crie; le Seigneur entend.» (Ps33, 7) est la citation biblique que le Pape François a retenu pour cette deuxième journée mondiale.

« Les pauvres sont nos seigneurs et nos maitres » disait Saint Vincent. Aujourd’hui, les vincentiens creent des espaces de partage où les plus fragiles retrouvent le goût d’être debout et de partager la confiance par les échanges fraternels vécus dans les diverses structures. Les divers espaces ouvert essaient de répondre à leurs appels.

 

Que regroupe la Famille Vincentienne ?

En France, la Famille Vincentienne regroupe une quinzaine de congrégations et associations s’enracinant dans la spiritualité de Saint Vincent de Paul. Elles œuvrent dans des services de proximité (personnes âgées, enfants en difficultés, sans abris et les migrants), dans des institutions de santé (centre de post-traitements, maisons de retraite –EHPAD-, maisons d’enfants à caractère social-MECS-) et dans des établissements d’enseignement (écoles, collèges et lycées techniques).

 

Parmi les principales

– Les Équipes Saint Vincent – AIC France, environ 2000 femmes en 90 équipes développent des actions en direction des femmes ou des enfants : soutien scolaire, cours de français et de multiples initiatives invitant les personnes reçues à développer leur esprit d’initiatives, certaines aident des familles lors des visites auprès de leurs enfants en centre de détention.

– Les Filles de la Charité de la Province Belgique-France-Suisse regroupent 75 communautés. Elles portent le souci de la formation au charisme vincentien des laïcs qui assurent les services qu’elles leur ont confiés dans le domaine éducatif, sanitaire et social.

– Les Confrères et consœurs de Saint Vincent, quelques 17000 personnes dans plus de 90 départements déploient divers services auprès de personnes fragiles : partageant les compétences par des tables ouvertes pour aider à retrouver des emplois, créant des ateliers théâtres pour redonner confiance et promouvant de multiples initiatives qui redonnent à chacun de repartir dans la vie.

Les congrégations masculines des pères lazaristes et des religieux de saint Vincent proposent des services d’accueil de jeunes étudiants, des locaux qu’ils mettent au service des personnes en réinsertion sociale avec habitat et Humanisme (Amiens), l’APA (Paris) et IDEFORIS (Dax) et déploient aussi des actions auprès de jeunes sans grandes ressources ainsi que des activités dans des centres de jeunesses : patronages.

– Les Jeunesses Mariales Vincentiennes (J.M.V.), une association de jeunesse, née des apparitions de la Vierge Marie à Sainte Catherine Labouré (à la rue du Bac). Elle rejoint des enfants et des jeunes et leur permet de vivre en équipe, de contempler la vie et de s’engager au service de leurs frères.

P. Bernard MASSARINI, CM 🔸

« Les pauvres sont nos seigneurs et nos maitres » disait Saint Vincent. Aujourd’hui, les vincentiens creent des espaces de partage où les plus fragiles retrouvent le goût d’être debout et de partager la confiance par les échanges fraternels vécus dans les diverses structures. Les divers espaces ouvert essaient de répondre à leurs appels.

POUR ALLER PLUS LOIN :

www.famvin.org

Qui suis-je pour juger ? « TVU ‘Tendre Vers l’Unification’ »

Qui suis-je pour juger ?

« TVU (Tendre vers l’unification) »

Groupe de partage, de fraternité,
destiné aux prêtres ou religieux concernés par l’homosexualité qui souhaitent retrouver la joie d’un célibat chaste et continent

C’est l’Association « Devenir un En Christ » (groupe des catholiques concernées directement ou indirectement par l’homosexualité existant depuis 30 ans) qui m’a sollicitée pour faire naitre cette initiative. L’expérience a commencé en établissant des contacts par mail avec les prêtres qui demandaient de l’aide spirituelle face à cet aspect de leur personnalité.

À partir de ces échanges une proposition de retraite spirituelle a vu le jour. Ce temps de méditation et de prière a été préparé avec la collaboration d’une psychologue laïque thérésienne, il a été bâti sous le thème : « re choisir le Christ ». Sept prêtres ont répondu à cette proposition. Malheureusement, à la suite du texte de la Congrégation de l’Education Catholique interdisant l’accès au sacerdoce aux hommes homosexuels, tous ont décliné leur participation.

Après deux ans de réflexion et avec la collaboration d’un prêtre diocésain de Toulouse, nous avons créé ce service qui porte le nom de TENDRE VERS L’UNIFICATION et a pour objectif de venir en aide aux prêtres ou aux frères religieux  en situation de crise en les invitant à vivre la joie de consacrés dans le célibat continent.

Le Visiteur de la province Lazariste de Toulouse à l’époque, le père Yves Bouchet, CM nous a invité à aller rencontrer Mgr Giraud, évêque auxiliaire Lyon et responsable de la commission de la Conférence Episcopale chargée des prêtres à ce moment-là : Mgr GIRAUD qui a manifesté son intérêt pour une telle initiative. Nous avons commencé à bâtir ce projet et par la suite nous avons pris l’habitude d’envoyer nos compte-rendu à ces successeurs en ce service : Mgr Bouilleret (alors évêque d’Amiens) et Mgr Beau (alors évêque auxiliaire de Paris).

Le groupe de réflexion a commencé en 2011, co-animé par le prêtre diocésain, du Diocèse de Toulouse, qui connaissait aussi l’Association « Devenir Un En Christ ». Nous l’avons mis sous le patronage de la Congrégation de la Mission, pensant que le service d’accompagnement des prêtres était un service vincentien. Le groupe s’est retrouvé à Paris trois fois les deux premières années, suite à cela et avec le souci d’une plus grande stabilité des vies personnelles nous avons abouti à quatre rencontres annuelles. Les rencontres ont lieu au 67, rue de Sèvres dans le 6e arrondissement.

Normalement nos rencontres commencent le dimanche soir et finissent le lendemain dans l’après-midi. Ils comportent trois axes fondamentaux : la prière liturgique (complies le dimanche soir, laudes et messe le lundi matin). Le partage du « quoi de neuf » (ce qui est advenu dans les mois passés) le dimanche soir et un moment de formation autour des textes ou des petits ouvrages le lundi matin et l’après-midi pour finir avec un moment d’échange de perspectives.

Tous les participants disent que nous sommes devenus une « fraternité » et pour aller plus loin nous avons constitué un groupe whats’app qui est devenu une manière de nous soutenir.

Ordinairement le groupe est constitué par 18 membres (prêtres ou frères) ; quatre ont décidé d’arrêter pour différentes raisons. D’autres sont en lien avec le groupe mais ils ne parviennent pas à faire le pas de venir “s’exposer” avec d’autres prêtres  ou frères pour vivre le partage. A chaque fois nous sommes entre 10 et 14 prêtres et frères par rencontre.

Nous nous sommes donnés à connaître par le « bouche-à-oreille ». Nous nous présentons aussi aux évêques avec lesquels nous sommes en lien et quelques abbayes ou centres spirituels dont nous sommes proches (Solesmes, Tamie, Leyrins, En Calcat, Notre Dame du Désert, Maylis, Grottes Saint Antoine).

Pour aller plus loin dans la communication nous désirons constituer un blog ou dans l’avenir bâtir un site internet. Cet article se veut une manière humble de vous partager l’existence de cette expérience évangélique et d’Église en ce temps de difficulté dans notre communauté ecclésiale.

Nous bénéficions de l’attention des quelques évêques de la Conférence Épiscopale Française, et tenons informé le responsable de la Commission épiscopale pour les ministres ordonnés et les laïcs en mission ecclésiale de ladite Conférence. Nous informons régulièrement nos supérieurs de nos activités (bien sûr en gardant la discrétion) pour qu’ils comprennent l’importance de ce service et nous aident à avancer dans nos recherches de stabilité spirituelle et humaine pour mieux servir l’Église que nous appelle chaque jour.

Nous nous retrouvons tous les trois mois à Paris, et nous espérons être des bons instruments à l’écoute de nos confrères prêtres et frères….

P. Bernard MASSARINI, CM 🔸

L’homosexualité est difficile à aborder parce qu’elle touche aux profondeurs de l’humain et qu’elle a des effets socio-politiques. Nous avons souhaité nous laisser provoquer par l’interrogation du pape et, au-delà des « pré-jugés », ré-ouvrir la réflexion sur l’homosexualité.

François EUVÉ, revue ETUDES n. octobre 2014

Pour toute information ou pour prendre contact :

 

P. Bernard MASSARINI, CM

par courriel (click) :

waranaka@hotmail.com

Portable (mobile ) :

(0033) (0) 6 26 01 45 70

 

Messe et Canonisation des Bx : Paul VI, Oscar Romero, Francesco Spinelli, Vincenzo Romano, Maria Katharina Kasper, Nazaria Ignazia di Sainte Thérèse de Jésus, Nunzio Sulprizio. Homélie du Pape François – Place Saint Pierre – Dimanche 14 octobre 2018

Messe et Canonisation des Bx : Paul VI, Oscar Romero, Francesco Spinelli, Vincenzo Romano, Maria Katharina Kasper, Nazaria Ignazia di Sainte Thérèse de Jésus, Nunzio Sulprizio.

Homélie du Pape François – Place Saint Pierre – Dimanche 14 octobre 2018

La deuxième Lecture nous a dit qu’« elle est vivante, la Parole de Dieu, énergique et plus coupante qu’une épée » (He 4, 12). Il en est vraiment ainsi : la Parole de Dieu n’est pas seulement un ensemble de vérités ou un récit spirituel édifiant, non, c’est une Parole vivante, qui touche la vie, qui la transforme. Là Jésus en personne, lui qui est la Parole vivante de Dieu, parle à nos cœurs.

L’Évangile, en particulier, nous invite à la rencontre avec le Seigneur, à l’exemple de cet ‘‘homme’’ qui ‘‘court à sa rencontre’’ (cf. Mc10, 17). Nous pouvons nous identifier à cet homme, dont le texte ne mentionne pas le nom, presque pour suggérer qu’il peut représenter chacun d’entre nous. Il demande à Jésus comment « avoir la vie éternelle en héritage » (v. 17). Il demande la vie pour toujours, la vie en plénitude : qui d’entre nous ne la voudrait pas ? Mais, remarquons-le, il la demande comme un héritage à posséder, comme un bien à obtenir, à conquérir par ses forces. En effet, pour posséder ce bien, il a observé les commandements depuis son enfance et pour atteindre l’objectif il est disposé à en observer d’autres ; c’est pourquoi il demande : « Que dois-je faire pour avoir ? »

La réponse de Jésus le désoriente. Le Seigneur fixe le regard sur lui et l’aime (cf. v. 12). Jésus change de perspective : des préceptes observés pour obtenir des récompenses à l’amour gratuit et total. Cet homme parlait en termes de demande et d’offre, Jésus lui propose une histoire d’amour. Il lui demande de passer de l’observance des lois au don de soi, du faire pour soi-même à l’être avec Lui. Et il lui fait une proposition de vie ‘‘tranchante’’ : « Va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres […] puis viens, suis-moi » (v. 21). À toi aussi, Jésus dit : ‘‘Viens, suis-moi’’. Viens : ne reste pas sur place, car il ne suffit pas de ne faire aucun mal pour appartenir à Jésus. Suis-moi : ne marche pas derrière Jésus seulement quand cela te convient, mais cherche-le chaque jour ; ne te contente pas d’observer les préceptes, de faire un peu d’aumône et de dire quelques prières : trouve en lui le Dieu qui t’aime toujours, le sens de ta vie, la force de te donner.

Jésus dit encore : « Vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ». Le Seigneur ne fait pas des théories sur la pauvreté et la richesse, mais il va directement à la vie. Il te demande de laisser ce qui appesantit ton cœur, de te libérer des biens pour lui faire une place à lui, l’unique bien. On ne peut pas suivre vraiment Jésus quand on est alourdi par les choses. Car, si le cœur est surchargé par les biens, il n’y aura pas de place pour le Seigneur, qui deviendra une chose parmi les autres. C’est pourquoi la richesse est dangereuse et – dit Jésus – rend même difficile le salut. Non pas parce que Dieu est sévère, non ! Le problème est de notre côté : le fait d’avoir trop, le fait de vouloir trop nous étouffe, étouffe notre cœur et nous rend incapables d’aimer. C’est pourquoi saint Paul rappelle que « la racine de tous les maux, c’est l’argent » (1 Tm 6, 10). Nous le voyons : là où on met l’argent au centre, il n’y a pas de place pour Dieu et il n’y en a pas non plus pour l’homme.

Jésus est radical. Il donne tout et demande tout : il donne un amour total et demande un cœur sans partage. Aujourd’hui également, il se donne à nous comme Pain vivant ; pouvons-nous lui donner en échange des miettes ? À lui qui s’est fait notre serviteur jusqu’à aller sur la croix pour nous, nous ne pouvons pas répondre uniquement par l’observance de quelques préceptes. À lui qui nous offre la vie éternelle, nous ne pouvons pas donner un bout de temps. Jésus ne se contente pas d’un ‘‘pourcentage d’amour’’ : nous ne pouvons pas l’aimer à vingt, à cinquante ou à soixante pour cent. Ou tout ou rien !

Chers frères et sœurs, notre cœur est comme un aimant : il se laisse attirer par l’amour, mais peut s’attacher d’un côté seulement et doit choisir : ou bien il aimera Dieu ou bien il aimera la richesse du monde (cf. Mt 6, 24) ; ou bien il vivra pour aimer ou bien il vivra pour lui-même (Mc 8, 35). Demandons-nous de quel côté nous sommes. Demandons-nous où nous en sommes dans notre histoire d’amour avec Dieu. Nous contentons-nous de quelques préceptes ou suivons-nous Jésus comme des amoureux, vraiment disposés à quitter quelque chose pour lui ? Jésus interroge chacun d’entre nous et nous sommes tous, en tant qu’Église, en chemin : sommes-nous une Église qui ne prêche que de bons préceptes ou une Église-épouse qui s’abandonne dans l’amour pour son Seigneur ? Le suivons-nous vraiment ou retournons-nous sur les pas du monde, comme cet homme ? Au total, Jésus nous suffit-il ou bien cherchons-nous beaucoup de sécurités du monde ? Demandons la grâce de savoir quitter par amour du Seigneur : quitter les richesses, quitter les nostalgies de rôles et de pouvoirs, quitter les structures qui ne sont plus adaptées à l’annonce de l’Évangile, les poids qui freinent la mission, les liens qui attachent au monde. Sans un saut en avant dans l’amour, notre vie et notre Église souffrent d’une « autosatisfaction égocentrique » (Evangelii gaudium, n. 95) : on cherche la joie dans un plaisir passager, on s’enferme dans les palabres stériles, on s’installe dans la monotonie d’une vie chrétienne sans élan, où un peu de narcissisme couvre la tristesse de rester inachevé.

Il en fut ainsi pour cet homme, qui – dit l’Évangile – « s’en alla tout triste » (v. 22). Il s’était attaché aux préceptes et à ses nombreux biens, il n’avait pas donné son cœur. Et, bien qu’ayant rencontré Jésus et accueilli son regard d’amour, il s’en est allé triste. La tristesse est la preuve de l’amour inachevé. C’est le signe d’un cœur tiède. Par contre, un cœur détaché des biens, qui aime librement le Seigneur, répand toujours la joie, cette joie dont on a besoin aujourd’hui. Le saint Pape Paul VI a écrit : « C’est au cœur de leurs angoisses que nos contemporains ont besoin de connaître la joie, de sentir son chant (Exhort. ap. Gaudete in Domino, I). Aujourd’hui, Jésus nous invite à retourner aux sources de la joie, qui sont la rencontre avec lui, le choix courageux de prendre des risques pour le suivre, le goût de quitter quelque chose pour embrasser sa vie. Les saints ont parcouru ce chemin.

Paul VI l’a fait, à l’exemple de l’Apôtre dont il a pris le nom. Comme lui, il a consacré sa vie à l’Évangile du Christ, en traversant de nouvelles frontières et en se faisant son témoin dans l’annonce et dans le dialogue, prophète d’une Église ouverte qui regarde ceux qui sont loin et prend soin des pauvres. Paul VI, y compris dans la difficulté et au milieu des incompréhensions, a témoigné de manière passionnée de la beauté et de la joie de suivre Jésus totalement. Aujourd’hui, il nous exhorte encore, avec le Concile dont il a été le sage timonier, à vivre notre vocation commune : la vocation universelle à la sainteté. Non pas aux demi-mesures, mais à la sainteté. Il est beau qu’avec lui et avec les autres saints et saintes d’aujourd’hui, il y ait Mgr Romero, qui a quitté les certitudes du monde, même sa propre sécurité, pour donner sa vie selon l’Évangile, aux côtés des pauvres et de son peuple, avec le cœur attaché à Jésus et à ses frères. Nous pouvons en dire autant de Francesco Spinelli, de Vincenzo Romano, de Maria Caterina Kasper, de Nazaria Ignazia de Sainte Thérèse de Jésus, et aussi de notre garçon des Abruzzes et de Naples, Nunzio Sulprizio : le saint jeune, courageux, humble, qui a su rencontrer le Christ dans la souffrance, dans le silence et dans l’offrande de soi. Tous ces saints, dans des contextes différents, ont traduit par leur vie la Parole d’aujourd’hui, sans tiédeur, sans calculs, avec le désir de risquer et de quitter. Frères et sœurs, que le Seigneur nous aide à imiter leurs exemples !

Pape François 🔸

Jésus est radical. Il donne tout et demande tout : il donne un amour total et demande un cœur sans partage. Aujourd’hui également, il se donne à nous comme Pain vivant ; pouvons-nous lui donner en échange des miettes ? À lui qui s’est fait notre serviteur jusqu’à aller sur la croix pour nous, nous ne pouvons pas répondre uniquement par l’observance de quelques préceptes. À lui qui nous offre la vie éternelle, nous ne pouvons pas donner un bout de temps. Jésus ne se contente pas d’un ‘‘pourcentage d’amour’’ : nous ne pouvons pas l’aimer à vingt, à cinquante ou à soixante pour cent. Ou tout ou rien !

Pape François
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