Messe et Canonisation des Bx : Paul VI, Oscar Romero, Francesco Spinelli, Vincenzo Romano, Maria Katharina Kasper, Nazaria Ignazia di Sainte Thérèse de Jésus, Nunzio Sulprizio. Homélie du Pape François – Place Saint Pierre – Dimanche 14 octobre 2018

Messe et Canonisation des Bx : Paul VI, Oscar Romero, Francesco Spinelli, Vincenzo Romano, Maria Katharina Kasper, Nazaria Ignazia di Sainte Thérèse de Jésus, Nunzio Sulprizio.

Homélie du Pape François – Place Saint Pierre – Dimanche 14 octobre 2018

La deuxième Lecture nous a dit qu’« elle est vivante, la Parole de Dieu, énergique et plus coupante qu’une épée » (He 4, 12). Il en est vraiment ainsi : la Parole de Dieu n’est pas seulement un ensemble de vérités ou un récit spirituel édifiant, non, c’est une Parole vivante, qui touche la vie, qui la transforme. Là Jésus en personne, lui qui est la Parole vivante de Dieu, parle à nos cœurs.

L’Évangile, en particulier, nous invite à la rencontre avec le Seigneur, à l’exemple de cet ‘‘homme’’ qui ‘‘court à sa rencontre’’ (cf. Mc10, 17). Nous pouvons nous identifier à cet homme, dont le texte ne mentionne pas le nom, presque pour suggérer qu’il peut représenter chacun d’entre nous. Il demande à Jésus comment « avoir la vie éternelle en héritage » (v. 17). Il demande la vie pour toujours, la vie en plénitude : qui d’entre nous ne la voudrait pas ? Mais, remarquons-le, il la demande comme un héritage à posséder, comme un bien à obtenir, à conquérir par ses forces. En effet, pour posséder ce bien, il a observé les commandements depuis son enfance et pour atteindre l’objectif il est disposé à en observer d’autres ; c’est pourquoi il demande : « Que dois-je faire pour avoir ? »

La réponse de Jésus le désoriente. Le Seigneur fixe le regard sur lui et l’aime (cf. v. 12). Jésus change de perspective : des préceptes observés pour obtenir des récompenses à l’amour gratuit et total. Cet homme parlait en termes de demande et d’offre, Jésus lui propose une histoire d’amour. Il lui demande de passer de l’observance des lois au don de soi, du faire pour soi-même à l’être avec Lui. Et il lui fait une proposition de vie ‘‘tranchante’’ : « Va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres […] puis viens, suis-moi » (v. 21). À toi aussi, Jésus dit : ‘‘Viens, suis-moi’’. Viens : ne reste pas sur place, car il ne suffit pas de ne faire aucun mal pour appartenir à Jésus. Suis-moi : ne marche pas derrière Jésus seulement quand cela te convient, mais cherche-le chaque jour ; ne te contente pas d’observer les préceptes, de faire un peu d’aumône et de dire quelques prières : trouve en lui le Dieu qui t’aime toujours, le sens de ta vie, la force de te donner.

Jésus dit encore : « Vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ». Le Seigneur ne fait pas des théories sur la pauvreté et la richesse, mais il va directement à la vie. Il te demande de laisser ce qui appesantit ton cœur, de te libérer des biens pour lui faire une place à lui, l’unique bien. On ne peut pas suivre vraiment Jésus quand on est alourdi par les choses. Car, si le cœur est surchargé par les biens, il n’y aura pas de place pour le Seigneur, qui deviendra une chose parmi les autres. C’est pourquoi la richesse est dangereuse et – dit Jésus – rend même difficile le salut. Non pas parce que Dieu est sévère, non ! Le problème est de notre côté : le fait d’avoir trop, le fait de vouloir trop nous étouffe, étouffe notre cœur et nous rend incapables d’aimer. C’est pourquoi saint Paul rappelle que « la racine de tous les maux, c’est l’argent » (1 Tm 6, 10). Nous le voyons : là où on met l’argent au centre, il n’y a pas de place pour Dieu et il n’y en a pas non plus pour l’homme.

Jésus est radical. Il donne tout et demande tout : il donne un amour total et demande un cœur sans partage. Aujourd’hui également, il se donne à nous comme Pain vivant ; pouvons-nous lui donner en échange des miettes ? À lui qui s’est fait notre serviteur jusqu’à aller sur la croix pour nous, nous ne pouvons pas répondre uniquement par l’observance de quelques préceptes. À lui qui nous offre la vie éternelle, nous ne pouvons pas donner un bout de temps. Jésus ne se contente pas d’un ‘‘pourcentage d’amour’’ : nous ne pouvons pas l’aimer à vingt, à cinquante ou à soixante pour cent. Ou tout ou rien !

Chers frères et sœurs, notre cœur est comme un aimant : il se laisse attirer par l’amour, mais peut s’attacher d’un côté seulement et doit choisir : ou bien il aimera Dieu ou bien il aimera la richesse du monde (cf. Mt 6, 24) ; ou bien il vivra pour aimer ou bien il vivra pour lui-même (Mc 8, 35). Demandons-nous de quel côté nous sommes. Demandons-nous où nous en sommes dans notre histoire d’amour avec Dieu. Nous contentons-nous de quelques préceptes ou suivons-nous Jésus comme des amoureux, vraiment disposés à quitter quelque chose pour lui ? Jésus interroge chacun d’entre nous et nous sommes tous, en tant qu’Église, en chemin : sommes-nous une Église qui ne prêche que de bons préceptes ou une Église-épouse qui s’abandonne dans l’amour pour son Seigneur ? Le suivons-nous vraiment ou retournons-nous sur les pas du monde, comme cet homme ? Au total, Jésus nous suffit-il ou bien cherchons-nous beaucoup de sécurités du monde ? Demandons la grâce de savoir quitter par amour du Seigneur : quitter les richesses, quitter les nostalgies de rôles et de pouvoirs, quitter les structures qui ne sont plus adaptées à l’annonce de l’Évangile, les poids qui freinent la mission, les liens qui attachent au monde. Sans un saut en avant dans l’amour, notre vie et notre Église souffrent d’une « autosatisfaction égocentrique » (Evangelii gaudium, n. 95) : on cherche la joie dans un plaisir passager, on s’enferme dans les palabres stériles, on s’installe dans la monotonie d’une vie chrétienne sans élan, où un peu de narcissisme couvre la tristesse de rester inachevé.

Il en fut ainsi pour cet homme, qui – dit l’Évangile – « s’en alla tout triste » (v. 22). Il s’était attaché aux préceptes et à ses nombreux biens, il n’avait pas donné son cœur. Et, bien qu’ayant rencontré Jésus et accueilli son regard d’amour, il s’en est allé triste. La tristesse est la preuve de l’amour inachevé. C’est le signe d’un cœur tiède. Par contre, un cœur détaché des biens, qui aime librement le Seigneur, répand toujours la joie, cette joie dont on a besoin aujourd’hui. Le saint Pape Paul VI a écrit : « C’est au cœur de leurs angoisses que nos contemporains ont besoin de connaître la joie, de sentir son chant (Exhort. ap. Gaudete in Domino, I). Aujourd’hui, Jésus nous invite à retourner aux sources de la joie, qui sont la rencontre avec lui, le choix courageux de prendre des risques pour le suivre, le goût de quitter quelque chose pour embrasser sa vie. Les saints ont parcouru ce chemin.

Paul VI l’a fait, à l’exemple de l’Apôtre dont il a pris le nom. Comme lui, il a consacré sa vie à l’Évangile du Christ, en traversant de nouvelles frontières et en se faisant son témoin dans l’annonce et dans le dialogue, prophète d’une Église ouverte qui regarde ceux qui sont loin et prend soin des pauvres. Paul VI, y compris dans la difficulté et au milieu des incompréhensions, a témoigné de manière passionnée de la beauté et de la joie de suivre Jésus totalement. Aujourd’hui, il nous exhorte encore, avec le Concile dont il a été le sage timonier, à vivre notre vocation commune : la vocation universelle à la sainteté. Non pas aux demi-mesures, mais à la sainteté. Il est beau qu’avec lui et avec les autres saints et saintes d’aujourd’hui, il y ait Mgr Romero, qui a quitté les certitudes du monde, même sa propre sécurité, pour donner sa vie selon l’Évangile, aux côtés des pauvres et de son peuple, avec le cœur attaché à Jésus et à ses frères. Nous pouvons en dire autant de Francesco Spinelli, de Vincenzo Romano, de Maria Caterina Kasper, de Nazaria Ignazia de Sainte Thérèse de Jésus, et aussi de notre garçon des Abruzzes et de Naples, Nunzio Sulprizio : le saint jeune, courageux, humble, qui a su rencontrer le Christ dans la souffrance, dans le silence et dans l’offrande de soi. Tous ces saints, dans des contextes différents, ont traduit par leur vie la Parole d’aujourd’hui, sans tiédeur, sans calculs, avec le désir de risquer et de quitter. Frères et sœurs, que le Seigneur nous aide à imiter leurs exemples !

Pape François 🔸

Jésus est radical. Il donne tout et demande tout : il donne un amour total et demande un cœur sans partage. Aujourd’hui également, il se donne à nous comme Pain vivant ; pouvons-nous lui donner en échange des miettes ? À lui qui s’est fait notre serviteur jusqu’à aller sur la croix pour nous, nous ne pouvons pas répondre uniquement par l’observance de quelques préceptes. À lui qui nous offre la vie éternelle, nous ne pouvons pas donner un bout de temps. Jésus ne se contente pas d’un ‘‘pourcentage d’amour’’ : nous ne pouvons pas l’aimer à vingt, à cinquante ou à soixante pour cent. Ou tout ou rien !

Pape François
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Rencontre de Vichy (7-9 octobre 2018)

Rencontre de Vichy (7-9 octobre 2018)

Étaient présents : François Hiss (absent de la photo) – Aimé Goliet – Pierre Hugon – Jean-Claude Sperandio – Antoine Tejedor – Pierre et Carmen Damiens – Dominique et Danielle Lê – Jean Logean – Jean et Michèle Prezeau – Marc et Patricia Thieffry –  Béatrice Garreau – Firmin Mola Mbalo – Lâm.

Venant de différents endroits de la France, nous nous retrouvons tous le dimanche soir, autour d’un apéritif offert par les confrères de la maison. Temps de retrouvailles, d’échanges, de partage.

Nous établissons le programme du lendemain : on se retrouvera à 9H dans la bibliothèque et commencera le temps du partage. A 11H, célébration eucharistique qui sera présidée par François Hiss, supérieur de la maison. Puis viendra le temps du repas. En début d’après-midi, visite du musée et ensuite reprise du partage. Repas à 19H.

  • Lundi 8 octobre

Après le petit-déjeuner, tout le monde se retrouve pour l’ouverture de la rencontre. Ceux qui ont reçu des nouvelles des absents nous lisent leur courrier.

Jean Zanolini, le matin du 8, a envoyé ce message à Aimé : « Bonjour à tous. Ne pouvant être présent pour cette énième rencontre fraternelle, j’ai demandé à Aimé d’être mon interprète pour vous souhaiter une rencontre gratifiante pour tous et régénératrice de chaleur pour chacun d’entre vous. Une prière pour la santé de mon épouse lors de l’Eucharistie est sollicitée. En Saint Vincent, je vous embrasse tous très fraternellement et vous donne rendez-vous l’an prochain, si la Providence m’octroie ce privilège. Jean Zano. »

Daniel Lamerand ne peut venir aujourd’hui pour raison de santé, s’ajoutant au fait que la date de notre rencontre coïncide avec celle d’une double ordination diaconale à St Lazare. Il a confié une lettre à JC pour nous dans laquelle il explique que ses problèmes de santé ont augmenté depuis la canicule de cet été et il craint maintenant de chuter en se déplaçant. Il n’ose plus conduire sa voiture, ne voit plus trop bien et donc lit avec difficulté, ce qui ne l’empêche pas d’aller régulièrement à l’EHPAD visiter des personnes âgées peu entourées, surtout des confrères. Il nous assure que nous avons toute notre place dans sa célébration de l’eucharistie.

Claude Lautissier prend en ce moment quelques jours de vacances, motif de son absence.

Michel Réveille ne se déplace plus seul car il voit mal et craint de chuter ou d’être bousculé. Il reste en contact avec des militants ACO-JOC et avec le CASAM (Collectif d’Accueil pour les Solliciteurs d’Asile en Moselle).  Il retrouve régulièrement d’autres prêtres pour une journée ‘Révision de vie’. Il nous conseille le livre : ‘Espérer Croire’ de Gianni Vattimo aux Éditions du Seuil. La thèse de ce philosophe est que le principe de la sécularisation des sociétés humaines réside dans l’incarnation du Christ. Il voit une transcription du message chrétien pour l’époque actuelle.

Gonzague Danjou, qui réside à St Lazare, ne peut pas venir à Vichy car sa mobilité est réduite, mais se joint « par la pensée et la prière à cette rencontre fraternelle ».

Yves Danjou, son frère, réside à Amiens. Bien qu’encore bien mobile, il rechigne à se déplacer. L’âge aidant, il reste tranquillement dans la maison lazariste d’Amiens dont il assure l’économat tout en rendant quelques services pastoraux. Libéré de son ministère en Turquie, il a passé la main à Elie Delplace comme représentant légal du Lycée Saint-Benoît d’Istanbul. Il donne le bonjour à tous les amis réunis à Vichy.

Jean-François Lagoueyte regrette de ne pas pouvoir venir pour raison de santé. Il n’ose pas faire le voyage de Marseille à Vichy cette année, car à la suite d’une chute le mois dernier, il souffre de maux divers, à la tête surtout, et doit se soumettre à toute une série d’examens médicaux. En revanche, il nous donne des nouvelles d’amis récemment visités : Jean-Marc Bascuñana est en mauvaise santé ; Michel Briau est lui aussi très fatigué, toujours seul mais bien entouré par des amis. ; et André Meyranx, réside maintenant chez son frère à Mugron dans les Landes depuis que son épouse a été placée en maison de retraite médicalisée.

Le 9 octobre (donc trop tard pour pouvoir être lu le 8), un message complémentaire de Jean-François a été adressé à Aimé : « … J’ai passé ce matin une IRM du cerveau et je vois mon neurologue à la Timone dans quelques jours. Jean-Marc Bascuñana, affecté par un Parkinson en progrès, vient de passer un séjour d’observation en gérontologie. Vu son état, il ne peut pas revenir en communauté. Nous sommes en recherche d’un EHPAD pour les jours prochains. C’est un moment difficile pour lui.  Michel Briau a été admis pour un mois dans un EHPAD de Martigues, avant de rejoindre son appartement que des copains sont en train de remettre en état. Michel est également fatigué (88 ans), mais il est bien entouré de vrais amis. Avec Michel et Jean-Marc, nous nous sommes retrouvés chez André Meyranx cet été. Josette, la compagne d’André, très diminuée par sa maladie, a été placée par ses enfants dans une maison spécialisée et André a quitté Fos pour Mugron, dans les Landes, chez son frère Laurent. Il y a un an, Paul Vincent nous quittait. Je reste en lien avec sa femme Bernadette et leur fille Magalie. Albert Loiodice est à Toulon, toujours avec des ennuis de santé qui l’immobilisent.  Ainsi va la vie, avec du bon et du moins bon ! Bonne rencontre et toute mon amitié à tous ».  Jean Joie

Jacques Gros nous envoie régulièrement sa « lettre aux amis », que JC diffuse aussitôt à tous les « amis de Vichy » (du moins à ceux qui ont une adresse internet !) et dont la lecture est toujours source d’enrichissement spirituel. Dans sa dernière « lettre aux amis », il évoquait sans grand enthousiasme un éventuel futur transfert à Surabay (il réside actuellement à Batulicin : chacun trouvera facilement ces lieux sur une carte d’Indonésie). Dans un message du 18 septembre : « Je ne serai pas de la partie à Vichy. Peut-être l’année prochaine si mon visiteur persiste à vouloir me transférer à Surabaya…et si Dieu me prête vie ». Il nous fait part de son agenda très chargé pour la période actuelle en raison de divers anniversaires (80 ans de son diocèse, 10 ans d’ordination épiscopale de son évêque, inauguration d’églises, plusieurs récollections, fête de St Vincent, etc. etc.). Il termine son message par : « Côté santé physique, pas de problèmes ; santé morale et spirituelle, toujours à remettre en chantier. Amitiés à tous ».

Depuis le terrible tsunami qui a frappé l’Indonésie (île de Célèbes), Jacques a envoyé (le 4 octobre) ce message rassurant : « Bornéo, mon île, est hors de la ligne des tremblements de terre et donc des tsunamis. Cette ligne passe au sud et à l’est de chez nous (c’est le heurt tectonique entre l’Australie et l’Asie). Le nombre de morts augmente chaque jour et les secousses continuent sporadiquement à se faire sentir, moins fortes mais traumatisantes pour ceux qui ont été déjà touchés.  Nous suivons cela à la TV mais c’est loin. Jusqu’ici, des gens que je connais, originaires des Célèbes où ont lieu ces tremblements et qui sont à Bornéo Sud avec moi, aucun n’a dans sa famille des victimes de ces fléaux. Mais nous nous sentons bien sûr en empathie avec les victimes. Encore toute mon amitié à tous ceux qui viendront à Vichy. Fraternellement. »

Pepito Campaña. Il annonce qu’il ne pourra pas venir (il est en voyage au Maroc). Il nous a envoyé en juin une longue lettre dans laquelle essentiellement il décrit son précédent voyage en Chine qui l’a beaucoup impressionné. Il reste, on le voit, toujours passionné par des voyages en terres lointaines !

Jean Haillet a demandé à JC, il a quelques jours, de diffuser aux « amis de Vichy » son CV détaillé, ainsi que plusieurs textes qui témoignent de son intense activité associative comme rédacteur de textes érudits et philosophiques pour l’Université du Temps Libre de Tarbes et de la Bigorre (textes qui ont été diffusés et que chacun a pu déjà lire in extenso.). Il est également militant à l’ADMD (Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité).

Il nous donne aussi quelques nouvelles de Michel Beyoglian qui semble avoir quelques problèmes de santé, au physique comme au moral. En janvier dernier, JC a contribué à faire la promotion du livre très intéressant de Michel dans lequel il raconte de façon humoristique son quotidien de professeur de lettres quand il était en activité à l’École apostolique de Cuvry.

Maurice Vialeton, dans un message du 16 juin dernier, nous donne de bonnes nouvelles de ses petits-enfants, ainsi que de lui-même et de son épouse Danielle, tous deux présentement en vacances en Croatie. Le 11 septembre, Maurice a confirmé son précédent message. Il regrette de ne plus avoir de nouvelles de Jean-François Calvel, avec qui il était en relation. Il souhaite à tous les anciens de Vichy bonheur et santé.

Michèle Prézeau nous donne des nouvelles de Bernardo Garcia, qui réside à Château-L’Évêque (près de Périgueux) où il assure l’aumônerie de la maison de retraite des filles de la Charité. Il souffre de quelques problèmes de santé qui lui font craindre les longs déplacements, même en voiture, – motif invoqué de son absence -, à moins que le vrai motif soit plutôt de « ne pas abandonner ses sœurs » ! Il reste en lien avec Christian Labourse, qui a repris un service pastoral non loin de là.

Après les nouvelles des uns et des autres, nous commençons notre tour de table (ou de fauteuils !)

Antoine Tejedor a déménagé de la campagne vers la ville. Lui et son épouse sont fatigués mais contents d’avoir fait ce transfert. La famille de son fils habite leur ancien logement. Cela l’a amené à se poser la question de la transmission (ceci a d’ailleurs amené à quelques échanges entre nous). Leur fille est très engagée, notamment dans une ONG. Leur fils est journaliste. Antoine a beaucoup privilégié la relation et l’éducation. Il sensibilise les gens à la spiritualité. Eveil à la bonté et à la beauté, particulièrement avec son petit-fils (Gustave) qu’il rencontre chaque jeudi après-midi.

François Hiss nous donne des nouvelles de la Province de France. Il y aura une Assemblée Provinciale à Villebon dans la semaine du 21 octobre. Ce sera l’occasion de faire un premier point sur la reconfiguration des deux anciennes provinces en une seule. Ce sera aussi l’occasion de sortir du caractère provisoire des normes qui ont été arrêtées lors de la fusion.

Jean Logean : le voici de retour après plusieurs années d’absence, pour notre plus grand plaisir ! Il nous donne quelques nouvelles de St Lazare et de l’EHPAD dans lequel il est très investi en rendant des visites aux uns et aux autres. Il nous rappelle également quelques expériences de sa vie dans la communauté.

Marc et Patricia Thieffry : La maison a reçu de nombreux visiteurs tout l’été. Patricia a fait de nombreux séjours à Chambéry pour des problèmes dentaires. Ils participent au jumelage franco-allemand de leur village. Marc nous parle de son dernier livre ‘Saint Vincent de Paul et la mission lazariste à Madagascar au XVIIème siècle’ paru chez L’Harmattan (au prix de 35 euros, faut bien faire un peu de pub !). Il reprend tout ce qu’on trouve aux archives concernant Madagascar (lettres de St Vincent, des missionnaires, les relations, les écrits des voyageurs de l’époque.

Aimé Goliet nous livre un certain nombre d’informations par rapport aux courriers des anciens qui n’ont pas pu venir.

Pierre Hugon est toujours dans la communauté de Vichy. Il aide les uns et les autres. Modeste, il préfère dire qu’il ne fait rien, « mais Aimé l’aide… » !

  • Eucharistie

Lundi matin 11h.  François Hiss préside l’Eucharistie et l’animation est assurée par Antoine et Dominique. C’est le temps durant lequel nous prierons notamment pour tous ceux qui n’ont pu être présents avec nous.

  • Apéritif et repas
  • Visite du musée

Après le repas, quelques-uns choisissent de faire la sieste tandis que les autres se rendent au musée pour une exposition sur des objets rapportés par des missionnaires et sur les dragons (n’y voyez aucun rapport de causes à effets). Les objets concernant les missionnaires proviennent de différents musées missionnaires de France.

Grand merci à Marie-Line, notre guide au musée, qui chaque année nous invite à de nouvelles découvertes !

Pour ceux qui seraient intéressés, au musée du Quai Branly, jusqu’au 01/01/19, il y a une exposition consacrée à Madagascar. Voir le site www.quaibranly.fr

Après la visite du musée, reprise du tour de table

Jean-Claude Sperandio remercie tout d’abord tous ceux qui lui ont témoigné leur amical soutien lors du décès de son gendre en janvier. Il note que la cérémonie des funérailles a été un bel exemple d’œcuménisme. Le couple ayant des liens avec la communauté protestante, le prêtre chargé des funérailles a organisé avec le pasteur local, son ami, une cérémonie associant catholiques et protestants. Le pasteur en habit de chœur fit la lecture des épitres et un petit sermon, et la chorale protestante assura les chants, complétés par les solos de musique des professeurs du Conservatoire. Il y avait plus de 500 personnes, dont on peut penser que peu d’entre elles étaient catholiques pratiquantes, mais ont pu apprécier cette cérémonie aussi apaisante qu’inhabituelle.

Depuis ce décès, la vie familiale a repris son cours. JC continue ses activités antérieures (familiales, universitaires, associatives, bricolages, etc.). Il s’est investi depuis l’an dernier, en animant des ateliers d’initiation par petits groupes, dans la lutte contre l’illectronisme (néologisme désignant le handicap social des personnes qui peinent à utiliser les moyens informatiques indispensables dans la société contemporaine, particulièrement internet). Cet été, il a visité la Communauté de Taizé en Bourgogne, près de Cluny. Séjour bref mais très enthousiasmant, dont le thème, ce week-end – là, portait sur le développement des liens entre l’islam et le christianisme. Grande animation, grande affluence de jeunes de divers pays !

Pierre et Carmen Damiens : Pierre est membre d’une association de retraités. Il y a une réunion tous les premiers lundis de chaque mois.  Il travaille également à la banque alimentaire en qualité de bénévole. Pierre et Carmen nous parlent de leurs enfants, notamment dans le débat que nous avons eu sur la ‘transmission’.

Béatrice Garreau : L’an dernier, elle était déjà présente. Son mari, Luc, est décédé il y a six mois. Ils avaient perdu un bébé et elle précise que c’est le pire des malheurs pour un Malgache. A propos des personnes âgées, elle précise qu’à Madagascar il n’y a pas de maison de retraite, les anciens restent dans la famille. Béatrice nous remet un petit fascicule écrit par son époux qui relate une tranche de vie.

Lâm : (pour ceux qui ne le connaissent pas, il travaille aux archives de la Congrégation à St Lazare depuis 5 ans). Il nous livre ses impressions par rapport au groupe : Fidélité à Saint Vincent et à son message. Ce groupe est un espace de fidélité, de fraternité, de bonté, de tolérance. Il a pris sur ses congés pour venir ici. Dans cette rencontre, on reçoit, on donne, on écoute, on vit. Parfois il se dit que les anciens n’ont pas leur place ; or il y a une place pour tous. Nous avons besoin les uns des autres.

Dominique et Danielle LÊ ont fêté leurs 50 ans de mariage le 6 juillet dernier. Ils sont toujours très engagés dand leur paroisse (animation, chorale, catéchèse, animation des funérailles). Danielle continue à écrire des poèmes.

  • Échanges divers

Quelques sujets ont fait l’objet de débats. En voici juste les thématiques : L’Église et la pédophilie, la transmission entre générations, la place des diacres et leur accueil difficile par certains prêtres, etc.

  • Avenir du groupe

Ceci a été largement discuté. On se rend compte que le vieillissement et l’état de santé de beaucoup font que le nombre de participants diminue chaque année. Tous souhaitent que le groupe continue à se retrouver mais il serait sans doute important de pouvoir l’étoffer. La présence de Lâm est un signe. Firmin a également proposé d’inviter des confrères qui ont été dans la CM et qui ont quitté. Il est important pour ces personnes de pouvoir se retrouver dans un groupe. Tout le monde semble d’accord sur cette proposition.

LA PROCHAINE RENCONTRE DE VICHY EST PRÉVUE LES

13 et 14 octobre 2019

Texte : M. Marc THIEFFRY – Photos : P. Firmin MOLA MBALO, CM🔸

Tous souhaitent que le groupe continue à se retrouver mais il serait sans doute important de pouvoir l’étoffer.

Marc Thieffry

Message du Pape François pour la Journée Mondiale des Missions 2018 – 21 octobre 2018 – “Avec les jeunes, portons l’Évangile à tous”

Message du Pape François pour la Journée Mondiale des Missions 2018 – 21 octobre 2018 –

“Avec les jeunes, portons l’Évangile à tous”

Chers jeunes, avec vous je désire réfléchir sur la mission que Jésus nous a confiée. En m’adressant à vous, j’entends inclure tous les chrétiens, qui vivent dans l’Eglise l’aventure de leur existence comme enfants de Dieu. Ce qui me pousse à parler à tous, en dialoguant avec vous, c’est la certitude que la foi chrétienne reste toujours jeune quand on s’ouvre à la mission que le Christ nous confie. « La mission renforce la foi » (Lett. Enc. Redemptoris mission. 2)a écrit saint Jean-Paul II, un Pape qui a beaucoup aimé les jeunes et leur a manifesté un grand dévouement.

L’occasion du Synode que nous célébrerons à Rome au mois d’octobre prochain, mois missionnaire, nous offre l’opportunité de mieux comprendre, à la lumière de la foi, ce que le Seigneur Jésus veut vous dire à vous les jeunes et, à travers vous, aux communautés chrétiennes.

 

La vie est une mission

Chaque homme et chaque femme est une mission, et c’est la raison pour laquelle on vit sur la terre. Etre attirés et être envoyés sont les deux mouvements que notre cœur, surtout quand on est jeune, sent comme des forces intérieures de l’amour qui promettent un avenir et poussent notre existence en avant. Personne autant que les jeunes ne sent combien la vie fait irruption et attire. Vivre avec joie sa propre responsabilité pour le monde est un grand défi. Je connais bien les lumières et les ombres propres au fait d’être jeunes, et si je pense à ma jeunesse et à ma famille, je me rappelle l’intensité de l’espérance pour un avenir meilleur. Le fait de ne pas nous trouver en ce monde par notre décision, nous laisse entrevoir qu’il y a une initiative qui nous précède et nous donne d’exister. Chacun de nous est appelé à réfléchir sur cette réalité : « Je suis une mission sur cette terre, et pour cela je suis dans ce monde » (Exh. ap. Evangelii gaudium, n. 273).

 

Nous vous annonçons Jésus Christ

L’Eglise, en annonçant ce qu’elle a gratuitement reçu (cf. Mt 10, 8 ; Ac 3, 6), peut partager avec vous les jeunes le chemin et la vérité qui conduisent à donner sens au fait de vivre sur cette terre. Jésus Christ, mort et ressuscité pour nous, s’offre à notre liberté et la provoque à chercher, à découvrir et à annoncer ce sens véritable et plénier. Chers jeunes, n’ayez pas peur du Christ et de son Eglise ! En eux se trouve le trésor qui remplit la vie de joie. Je vous le dis par expérience : grâce à la foi, j’ai trouvé le fondement de mes rêves et la force de les réaliser. J’ai vu beaucoup de souffrance, beaucoup de pauvreté défigurer les visages de tant de frères et sœurs. Pourtant, pour celui qui vit avec Jésus, le mal est une provocation à aimer toujours plus. Beaucoup d’hommes et de femmes, beaucoup de jeunes se sont généreusement donnés eux-mêmes, parfois jusqu’au martyre, par amour de l’Evangile, au service de leurs frères. De la croix de Jésus, découvrons la logique divine de l’offrande de nous-mêmes (cf. 1 Co 1, 17-25) comme annonce de l’Evangile pour la vie du monde (cf. Jn 3, 16). Etre enflammés de l’amour du Christ consume celui qui brûle et fait grandir, illumine et réchauffe celui qu’on aime (cf. 2 Co 5, 14). A l’école des saints, qui nous ouvrent aux vastes horizons de Dieu, je vous invite à vous demander en toute circonstance : « Que ferait le Christ à ma place ? ».

 

Transmettre la foi jusqu’aux extrêmes confins de la terre

Vous aussi, les jeunes, par le Baptême vous êtes des membres vivants de l’Eglise, et ensemble nous avons la mission de porter l’Evangile à tous. Vous êtes en train de vous ouvrir à la vie. Grandir dans la grâce de la foi qui nous a été transmise par les Sacrements de l’Eglise nous associe à un grand nombre de générations de témoins, où la sagesse de celui qui a l’expérience devient un témoignage et un encouragement pour celui qui s’ouvre à l’avenir. Et la nouveauté des jeunes devient, à son tour, soutien et espérance pour celui qui est proche du but de son chemin. Dans la cohabitation des divers âges de la vie, la mission de l’Eglise construit des ponts entre les générations, grâce auxquels la foi en Dieu et l’amour pour le prochain constituent des facteurs d’unité profonde.

Cette transmission de la foi, cœur de la mission de l’Eglise, arrive donc par la “contagion” de l’amour, où la joie et l’enthousiasme expriment le sens retrouvé et plénier de la vie. La propagation de la foi par attraction exige des cœurs ouverts, dilatés par l’amour. À l’amour il n’est pas possible de mettre des limites : l’amour est fort comme la mort (cf. Ct 8, 6). Et une telle expansion suscite la rencontre, le témoignage, l’annonce ; elle suscite le partage dans la charité avec tous ceux qui, loin de la foi, se montrent indifférents à elle, parfois hostiles et opposés. Des milieux humains, culturels et religieux encore étrangers à l’Evangile de Jésus et à la présence sacramentelle de l’Eglise représentent les périphéries extrêmes, les “extrêmes confins de la terre”, vers lesquels, depuis la Pâque de Jésus, ses disciples missionnaires sont envoyés, dans la certitude d’avoir toujours leur Seigneur avec eux (cf. Mt 28, 20 ; Ac 1, 8). En cela consiste ce que nous appelons la missio ad gentes. La périphérie la plus désolée de l’humanité qui a besoin du Christ est l’indifférence envers la foi ou encore la haine contre la plénitude divine de la vie. Chaque pauvreté matérielle et spirituelle, chaque discrimination de frères et de sœurs est toujours une conséquence du refus de Dieu et de son amour.

Les extrêmes confins de la terre, chers jeunes, sont pour vous aujourd’hui très relatifs et toujours facilement “navigables”. Le monde digital, les réseaux sociaux qui nous envahissent et nous traversent, diluent les confins, effacent les marges et les distances, réduisent les différences. Tout semble à portée de main, tout semble si proche et immédiat. Pourtant sans l’engagement du don de nos vies, nous pourrons avoir des myriades de contacts mais nous ne serons jamais plongés dans une véritable communion de vie. La mission jusqu’aux extrêmes confins de la terre exige le don de soi-même dans la vocation qui nous a été confiée par Celui qui nous a placés sur cette terre (cf. Lc 9, 23-25). J’oserais dire que, pour un jeune qui veut suivre le Christ, l’essentiel est la recherche et l’adhésion à sa propre vocation.

 

Témoigner de l’amour

Je rends grâce pour toutes les réalités ecclésiales qui vous permettent de rencontrer personnellement le Christ vivant dans son Eglise : les paroisses, les associations, les mouvements, les communautés religieuses, les différentes expressions de service missionnaire. Beaucoup de jeunes trouvent dans le volontariat missionnaire, une forme pour servir les “plus petits” (cf. Mt 25, 40), promouvant la dignité humaine et témoignant de la joie d’aimer et d’être chrétiens. Ces expériences ecclésiales font en sorte que la formation de chacun ne soit pas seulement une préparation pour son propre succès professionnel, mais développe et prenne soin d’un don du Seigneur pour mieux servir les autres. Ces formes louables de service missionnaire temporaire sont un début fécond et, dans le discernement vocationnel, peuvent vous aider à vous décider pour un don total de vous-mêmes comme missionnaires.

De cœurs jeunes sont nées les Œuvres Pontificales Missionnaires, pour soutenir l’annonce de l’Evangile à tous les peuples, contribuant à la croissance humaine et culturelle de tant de populations assoiffées de Vérité. Les prières et les aides matérielles, qui sont généreusement données et distribuées à travers les OPM, aident le Saint-Siège à faire en sorte que ceux qui les reçoivent pour leurs propres besoins puissent à leur tour, être capables de porter témoignage dans leur milieu. Personne n’est si pauvre au point de ne pas pouvoir donner ce qu’il a, mais avant tout ce qu’il est. J’aime répéter l’exhortation que j’ai adressée aux jeunes chiliens : « Ne pense jamais que tu n’as rien à apporter, ou que tu ne manques à personne. Beaucoup de gens ont besoin de toi ; sache-le. Que chacun de vous le sache dans son cœur : beaucoup de gens ont besoin de moi » (Rencontre avec les jeunes, Sanctuaire de Maipu, 17 janvier 2018).

Chers jeunes, le prochain mois d’octobre missionnaire, au cours duquel se déroulera le Synode qui vous est dédié, sera une autre occasion pour nous donner d’être des disciples-missionnaires toujours plus passionnés pour Jésus et sa mission, jusqu’aux extrêmes confins de la terre. A Marie Reine des Apôtres, aux saints François Xavier et Thérèse de l’Enfant-Jésus, au bienheureux Paolo Manna, je demande d’intercéder pour nous tous et de nous accompagner toujours.

Du Vatican, le 20 mai 2018, Solennité de la Pentecôte.

Pape François 🔸

Cette transmission de la foi, cœur de la mission de l’Eglise, arrive donc par la “contagion” de l’amour, où la joie et l’enthousiasme expriment le sens retrouvé et plénier de la vie. La propagation de la foi par attraction exige des cœurs ouverts, dilatés par l’amour. À l’amour il n’est pas possible de mettre des limites : l’amour est fort comme la mort (cf. Ct 8, 6).

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La Mission Scolaire à Châtillon-sur-Seine, du 24 au 27 septembre 2018

La Mission Scolaire à Châtillon-sur-Seine, du 24 au 27 septembre 2018

C’est avec grand plaisir que je retournais cette année au collège Lycée-professionnel St Vincent St Bernard de Châtillon-sur-Seine, totalisant un peu moins de 500 jeunes. Joie de retrouver une grande famille car c’est bien cela que vivent ensembles corps enseignant, personnel OGEC et élèves. Il y règne un esprit de simplicité, de convivialité et de fraternité, digne de l’esprit de Saint Vincent.

Beaucoup de profs et notamment les nouveaux, viennent du monde de l’entreprise, et il est beau et fort intéressant de les entendre partager leurs expériences professionnelles. Plusieurs m’ont partagé leur expérience de vie, se sont livrés. Et la foi n’est pas un tabou pour beaucoup, me partageant librement leur quête, leur vie de foi, leur rapport à l’Église. Il y a de la fraicheur qui fait du bien, qui m’a fait du bien.

En ce qui concerne les élèves, on sent bien que nous sommes en Province. C’est calme !! L’établissement leur offre un bel espace de vie. Il y a de la place, de la verdure, on y respire et il y règne une ambiance sereine, paisible, malgré quelques heurts quotidiens inhérents à la vie d’un établissement scolaire. Ils disposent de beaux moyens de formation, sans tomber dans le High-tech outrancier, mais tout ne marche pas toujours comme on veut, quand on veut (vidéo projecteur + son !!!) … c’est comme à la maison.

Avec les lycéens, pour illustrer le thème de la Solidarité, chaque classe a pu vivre le jeu du pas en avant. Quelle belle expérience !  En quoi consiste-t-il ? A chaque élève est donné un personnage représentatif de notre société, du plus pauvre au plus riche. Au départ ils sont tous sur une même ligne. Puis l’animateur énumère des situations de vie. Si le jeune estime que son personnage peut vivre cette situation, il fait un pas en avant, sinon il reste sur place. Au fur et à mesure nous voyons les écarts qui se creusent entre ceux qui ne peuvent avancer, ceux qui avancent tant bien que mal et ceux qui se retrouvent devant. A la fin, nous avons une image concrète de notre société. Quel que soit le niveau, de la 2sd à la Terminale, l’exercice a été vécu avec joie, sérieux, et surtout sans rechigner. Tous ont naturellement accepté de rentrer dans la démarche. Et ce qui m’a le plus surpris, agréablement surpris, c’est les relectures que nous avons pu en faire par la suite. Même les profs ont été bluffés par la qualité, la profondeur et la réflexion des jeunes sur ce qu’ils avaient vécu durant le jeu. Des jeunes disant : « je ne pensai pas que l’on pouvait vivre de telles situations »… en se mettant dans la peau de leur personnage. La relecture blessée de ceux qui restaient derrière, la relecture « je suis le roi du monde », « on ne se préoccupe plus de ce qui est derrière, on avance » quand on est devant, et la relecture inquiète de ceux majoritaires qui étaient au milieu, inquiet pour leur avenir, inquiet de risquer de tomber derrière. C’est le lot de beaucoup de personnes dans notre société qui ont de plus en plus tendance à se renfermer dans leurs murs et dans leur seul cercle familial et amical restreint, par peur du monde environnant.

Référence à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité » … Nous naissons libres et égaux, nous naissons … mais après, rien n’est garanti !!!

Beaux partages et témoignages quand 2 jeunes se retrouvaient avec les mêmes personnages, chacun n’avançant pas au même rythme. Les caractères des jeunes se révèlent alors, surtout dans le cas du personnage handicapé en fauteuil roulant. Les jeunes de caractère combatif vont faire avancer dans les premiers la personne handicapée et ils auront raison ; les jeunes de tempérament plus réservé auront tendance à rester en retrait pensant ne pas pouvoir faire, et ils auront raison eux aussi car c’est la réalité pour beaucoup. Référence alors à quelques grands personnages handicapés et aux jeux paralympiques.

Réflexions profondes des jeunes dont les personnages étaient restés derrière. Sentiments de désespoir et de colère quand aucun pas n’était possible, « abandonné, seul, inexistant ». Mais quand un pas était possible, « espoir, tout n’est pas perdu ».

Et puis il y a les belles analyses de ceux qui se retrouvaient au milieu, la majorité. Milieu en bas et milieu en haut. Les craintes exprimées par certains, craintes de tomber en regardant derrière (artisans, agriculteurs), soulagement d’autres en se disant « il y a pire que nous, on peut tenir ». Beaucoup de ces situations sont le vécu même de ces jeunes.

Je leur disais alors que si nous prenions 20 personnes de Châtillon un jour de marché, leur faisant jouer leur propre personnage, leur vie, nous aurions les mêmes écarts, les mêmes creusés, les mêmes craintes et les mêmes aveuglements.

Je pus sentir chez eux une grande empathie, mais allant en s’estompant grandissant en âge. Non pas que ce sentiment disparaisse, mais prenant conscience du mal environnant, en grandissant, ils se protègent d’une souffrance extérieure qu’ils ne peuvent gérer.

Face à la noirceur du monde tel qu’on leur présente quotidiennement, ils ont du mal à y déceler du positif, et font donc souvent mine de ne pas s’y intéresser. Mais ils sont inquiets. Il serait urgent de les aider à avoir un autre regard. Leur montrer toutes les belles initiatives qui se prennent autour de chez eux comme à l’autre bout de la terre. Leur montrer qu’il est possible de faire quelque chose même si ce n’est qu’une modeste chose. Ils ont besoin de voir du possible, d’entendre du positif.

Et Dieu là-dedans ? Cette empathie inhérente à l’être humain, les chrétiens l’appelle Compassion, et elle est don de Dieu, Lui qui n’est qu’Amour. Après avoir vécu le jeu « du pas en avant », avoir réfléchi sur notre société et notre monde, … parler de Dieu, de la foi Chrétienne, n’a posé aucun problème avec ces jeunes, pourtant bien éloignés de cette réalité. Etant dans la semaine de la fête de Saint Vincent de Paul, je repris avec eux l’Evangile de St Matthieu au chapitre 25, le passage du jugement dernier, cher à la Famille Vincentienne. Il est toujours étonnant d’entendre que Dieu ne juge pas sur la qualité de notre prière (toujours bien pauvre) ou de notre pratique religieuse (cahincaha ou de façade), mais bien sur l’amour que nous aurons su donner … ou pas. Dieu le Père a mis en nos cœurs son Amour, c’est l’Esprit qui brûle en nous, et chaque jour, par sa Parole, Jésus, Il nous montre comment donner vie à cet Amour. A l’exemple de Saint Vincent, le Seigneur souhaite que cet Amour nous fasse sentir, toucher, la souffrance des plus petits et que nous nous engagions à tendre la main, leur tendre la main. Si nous ne le faisons pas, si nous fermons nos cœurs, nos yeux et nos mains … alors c’est peut-être cela le péché contre l’Esprit, ce péché mortel qui tue l’Amour qui nous est donné par le Père. Etonnamment, les jeunes comprennent très bien cela. Et ils le comprennent d’autant mieux qu’ils savent ce qu’est « se mettre au service » par l’intermédiaire du lycée ou ailleurs. Je les fais alors revenir sur la joie que l’on éprouve en servant l’autre, en redonnant de la vie, du goût de vivre, notamment chez les personnes âgées qu’ils visitent régulièrement et à qui la filière coiffure offre des soins une fois par mois. Cette joie ressentie, c’est la joie de l’Esprit, et sans exagérer, nous pouvons dire que c’est Dieu qui en nous se réjouit.

Bien sûr, cela il faut le nourrir, pour le vivre il nous faut de la force. Et c’est là que la prière prend toute sa place, c’est là que la vie sacramentelle a tout son sens. Elles sont lieux d’énergie dans lesquelles nous puisons force, dynamisme, enthousiasme et joie pour la Mission.

Alors continuez les jeunes, vous n’êtes pas loin de la Vérité.

Eric RAVOUX, CM 🔸

Réflexions profondes des jeunes dont les personnages étaient restés derrière. Sentiments de désespoir et de colère quand aucun pas n’était possible, « abandonné, seul, inexistant ». Mais quand un pas était possible, « espoir, tout n’est pas perdu ».

Le père Guillaume Pouget

Le père Guillaume Pouget

Il est des hommes qui marquent leur histoire propre par leur intelligence, leurs connaissances, plus encore par leurs découvertes ou ce qu’ils ont réalisé. Demain on parlera encore d’eux.

Il en est d’autres qui passent à côté de la renommée, sans doute à cause de plusieurs facteurs humains qui les rendent moins intéressants aux yeux du monde habitué au paraître.

Le Père Guillaume Pouget Lazariste est un peu de ceux là. Il n’a rien fait d’extraordinaire. Dans sa vie propre nulle découverte, tout au plus quelques écrits dans une vie on ne peut plus simple, avec en plus un handicap, celui d’un accident qui l’a rendu presque aveugle.

Il est cependant un personnage unique, singulier qui mérite toute notre attention en cette année du bicentenaire de la Maison Mère des Pères Lazaristes. Aux yeux des témoins de son époque, M. Pouget était inoubliable et ineffable. Il le demeure encore aujourd’hui.

Guillaume Pouget est né le 14 octobre 1847 au hameau de Morsanges, commune de Maurines, située à 28 kilomètres de St-Flour.

Il est baptisé le jour même de sa naissance.  On lit en effet dans le registre des baptêmes de la paroisse de Maurines : « L’an mil huit cent quarante-sept, et le quatorzième jour du mois d’octobre, a été baptisé en l’église de Maurines, par moi desservant soussigné de la dite église, Guillaume Pouget, fils légitime de Jean et de Catherine Besse, tous deux présents au village de Morsanges. »

Il est l’ainé d’une famille de six enfants. Ses parents étaient des cultivateurs et ils étaient de petits propriétaires comme la plupart des paysans. Leur maison était bâtie non pas sur la hauteur du hameau, mais sur la partie pauvre qu’on appelle, les terres basses. Cela n’en faisait pas pour autant des pauvres. Leur logis, aucun apparat, mais « un petit bien », de l’avoir. Cela leur suffisait amplement. M. Pouget gardera toujours cette simplicité de vie du fait qu’il passa son enfance à aider ses parents dans leur rude labeur. Cela ne l’empêche pas de savoir lire à l’âge de cinq ans et à peu près seul, sans aide. Plus étonnant, il commence à aller à l’école à douze ans et seulement pendant l’hiver. Le reste de l’année, il aide son père aux travaux des champs. C’est à cet âge qu’il laboure avec son père.

Le curé de Maurines, frappé de ses dons exceptionnels, conseille à ses parents de lui faire entreprendre des études. A quinze ans en 1862 son père décida de le placer au petit séminaire de Saint-Flour espérant qu’il aurait la vocation de prêtre.

Le 7 octobre 1867 il est reçu au Noviciat des Père Lazaristes à Paris. Il prononce ses vœux le 8 octobre 1869. Et le 25 mai 1872, il est ordonné prêtre à la maison mère à Paris, au 95 rue de Sèvres, par Monseigneur Guido Luigi Alouvry.

En cette même année 1872 il est envoyé au petit séminaire d’Evreux où il enseigne différentes matières. Il y restera douze ans. C’est en 1873 qu’il commença à apprendre l’hébreu ainsi que d’autres langues orientales : « Je commençais à apprendre l’hébreu et je fis quatre ou cinq lectures de la Bible en hébreu. J’étais concordiste, et j’y cherchais de la géologie. [1]»

Nommé Supérieur en 1883 du petit séminaire de Saint Flour, il y restera trois ans continuant en secret à faire ses études tout en exerçant un supériorat peu banal et moins respectueux des formes que l’on puisse imaginer. Il lui était difficile en outre de punir.

En 1886, il est placé au scolasticat des Lazaristes à Dax comme professeur de sciences, mais il enseigne également la philosophie, l’histoire et l’Écriture Sainte.

Puis ce sera à la Maison Mère en 1888 où Il continuera à enseigner les sciences et l’Écriture Sainte. C’est 1905, malgré le soutien de son supérieur, qu’il est interdit d’enseignement, car il est jugé « trop en avance sur son temps »[2]. Il obéira à cette injonction humblement sans aucune rébellion. Paradoxe, M. Pouget qui ne possède aucun diplôme, va être jusqu’à sa mort, le 24 février 1933, le maître vénéré de bons nombres de prêtres et d’intellectuels, mais aussi un Père spirituel, un directeur de conscience. On venait chercher auprès de lui les réponses à de multiples interrogations.

 

Le rayonnement de M. Pouget

Son rayonnement est encore plus renforcé du fait (de sa maladie du fait) qu’il était devenu aveugle.

Pouget disait que la main du Seigneur l’avait touché. Elle le toucha en effet en ce qui lui était le plus sensible, à savoir ses yeux. Lui qui était avide de curiosité, il demandait beaucoup de services à sa vue. Il les avait fatigués (ses yeux) à des observations botaniques et astronomiques.

À 35 ans, en sa dernière année à Evreux, une première attaque de glaucome survint. Sa vue ne cesse de se dégrader. C’est ensuite une explosion dans son laboratoire de physique à Paris qui lui brûla le visage. En 1895, il tente l’opération. Malencontreusement le chirurgien lui pique l’œil entre l’iris et le cristallin au lieu de le piquer à la sclérotique, ce qui occasionna la perte de l’œil droit. Ce sera ensuite la vue de son œil gauche qui diminuera pour devenir totalement aveugle en janvier 1919. Il a 61 ans.

C’est à la maison mère des Pères Lazaristes que son rayonnement prendra toute son ampleur. Il occupait la chambre 104, « Cette chambre était obscure, pauvre et insalubre. Elle était obscure, parce qu’un aveugle, redoute la lumière, qui le brûle au lieu de l’éclairer. Elle était pauvre, parce que M. Pouget avait l’âme d’un pauvre. » Celui qui entrait dans son home ne pouvait qu’en être frappé par sa simplicité. Pas d’entrer en matière, ni de cérémonie. La conversation s’engageait à propose de tout et de rien. Que le visiteur fut un inconnu, « M. Pouget le traitait toujours comme une antique connaissance »[3].

On le disait savant mais il n’enseignait plus. Cependant sa chambre servait de bureau de consultation et de salle de classe. Original et singulier qu’il était, ses familiers n’étaient pas déconcertés par ses propos. Les autres partaient du simple fait que son savoir prodigieux qui s’offrait avec grande simplicité ne répondait cependant pas au renseignement espéré. M. Pouget était imprévisible. Il vous écoutait avec grande attention, semblait effleurer la question et s’égarait ensuite loin de son interlocuteur. En son esprit, il passait d’un sujet à un autre.

Plus extraordinaire encore, M. Pouget avait un champ démesuré de sa mémoire. Il ne cessait de la mesurer, de l’entretenir. « Dans l’Ancien Testament, M. Pouget avait confié à sa mémoire en hébreu, en latin et parfois en grec, les premiers chapitres de la Genèse, en particulier les trois premiers. Il savait aussi en hébreu une grande partie de Job et le Cantique des Cantiques. Il savait en Grec et très exactement, le livre de la Sagesse. Et naturellement, il savait de fort longs passages des autres livres ; je me borne à noter ses préférences. Pour le Nouveau Testament, il en possédait tout le latin, regrettant toujours de ne l’avoir pas apprise en grec lorsqu’il était jeune. Il avait même soutenu sa mémoire sur la mathématique des versets. Il savait au moins pour les textes les plus importants à ses yeux, que ceci était au verset tant et tant du chapitre tant et tant ; il lui arrivait bien rarement de se tromper [4]».

Les relations de M. Pouget furent nombreuses. Citons entre autres M. Jean Guitton mais aussi le philosophe Jacques Chevalier. Ce fut celui-ci qui envoyait vers M. Pouget ses amis et anciens élèves. C’est dans son livre Cadences qu’il a mentionné les noms de ceux qui fréquentèrent la chambre 104 du Père Pouget. M. Chevalier note dans son livre Cadences, à la page 122 : « Jusqu’à la dernière heure, M. Pouget demeura pour NOUS le maître auquel nous avions recours dans toutes nos difficultés, celui qui les résolvait d’un mot avec une infaillible sûreté, ou qui, par sa seule présence, les faisait s’évanouir comme une ombre à la pleine lumière du vrai. »

Finalement c’est une autre figure, un autre philosophe Henri Bergson, qui lui rendra le plus bel hommage dans un de ces ouvrages : « Au cour de ma vie, je n’ai rencontré qu’un seul homme vrai, c’est Monsieur Pouget ».

Didier MAHIEU, CM 🔸

Au cour de ma vie, je n’ai rencontré qu’un seul homme vrai, c’est Monsieur Pouget

Henri Bergson
Notes :

[1] Portrait de Monsieur Pouget – Jean Guitton P.26

[2] Portrait de Monsieur Pouget. Jean Guitton. P. 44

[3] Portrait de Monsieur Pouget. Jean Guitton. P. 60

[4] Portrait de Monsieur Pouget. Jean Guitton. P. 90

Bienheureux Ramose Lucien Botovasoa : “La sainteté est le visage le plus beau de l’Église”

Bienheureux Ramose Lucien Botovasoa : “La sainteté est le visage le plus beau de l’Église”

Vohipeno est un chef-lieu de district de la région sud est de Madagascar et il se trouve dans le diocèse de Farafangana, à 42km de Manakara la ville la plus proche. Un évènement exceptionnel a eu lieu dans cette bourgade de plus de 10 000 habitants.

Vohipeno a vu en trois jours quadrupler sa population ! Pour quelle raison? Aucun mot ne peut qualifier cet événement qui a vu converger cette affluence venue des quatre coins de l’île et même du monde, composé de catholiques, de non catholiques, de religieux, de non religieux, de croyants, de non croyants, de politiciens de tous bords, de journalistes avides de sensationnel, de simples curieux… a vécu ce dimanche 15 Avril 2018. Plus de 80 000 personnes se sont rassemblées à Vohipeno pour ne pas rater un évènement qui marquera d’une pierre blanche l’histoire de cette capitale du pays Antemoro déjà bien connue par les historiens et les anthropologues habituée à des évènements historiques…Toutefois, jamais n’a eu lieu une béatification dans la région !

La petite colline de Tanjomoha se trouve à l’entrée de Vohipeno. Le Père Deguise, un lazariste devenu moine, premier Postulateur de la cause de Lucien Botovasoa du temps du premier Evêque du diocèse de Farafangana Mgr Chilouet, Lazariste (1964) a élu Tanjomoha pour vivre en ermite… Coïncidence ou bien grâce, c’est cette colline qui a été choisie par les organisateurs 50 ans plus tard pour célébrer la béatification de Lucien Botovasoa !

La colline de Tanjomoha est devenue pour les 80 000 pèlerins un véritable « Mont Thabor » (Mont de la transfiguration Mc 9). Pourquoi ? Pendant quelques heures, le temps de la célébration de la Béatification de Lucien Botovasoa, les pèlerins ont vécu ce que les trois disciples ont expérimenté au Mont Thabor lors la transfiguration de Notre Seigneur. Comme Pierre, chacun a connu un moment très intense et personne n’a voulu le quitter…. Ce fut une véritable Pentecôte également… Les coeurs brûlaient en entendant la belle homélie du Cardinal Piat, Légat du Pape, en participant aux beaux chants et en suivant ensemble les gestes liturgiques bien rythmés… Comme les disciples d’Emmaüs ayant rencontré le Seigneur ressuscité et rentrant à Jérusalem pour annoncer la joie de Pâques, ces foules heureuses d’avoir été touchées par la grâce, après avoir vu les merveilles de Dieu souhaitent maintenant ensemble tous et chacun, à la suite du nouveau Bienheureux Lucien Botovasoa être maintenant des artisans de paix, des réconciliateurs et pourquoi pas appelés à être des témoins de la justice, de la vérité…. en ce moment où le pays en a tant besoin.

Ce que dit le Pape à partir de l’Exhortation : Gaudete et exsultate » . En faisant cette relecture de la vie de Bx Lucien Botovasoa les paroles du Pape dans son exhortation publiée juste la semaine de la béatification (9 avril) « Gaudete et exultate » me viennent en tête car elles semblent être « écrites » pour notre nouveau Bienheureux donc nous interpellent également. Il a voulu être saint, martyr dès le jour de sa conversion pour répondre à sa vocation. : « Soyez dans la joie et l’allégresse » (Mt 5, 12), dit Jésus à ceux qui sont persécutés ou humiliés à cause de lui. Le Seigneur demande tout ; et ce qu’il offre est la vraie vie, le bonheur pour lequel nous avons été créés. Il veut que nous soyons saints et il n’attend pas de nous que nous nous contentions d’une existence médiocre, édulcorée, sans consistance. En réalité, dès les premières pages de la Bible, il y a, sous diverses formes, l’appel à la sainteté. Voici comment le Seigneur le proposait à Abraham : « Marche en ma présence et sois parfait » (Gn 17, 1)…. (Plus loin le Pape de continuer que tout le monde est appelé à la sainteté)… Pour être saint, il n’est pas nécessaire d’être évêque, prêtre, religieuse ou religieux. Bien des fois, nous sommes tentés de penser que la sainteté n’est réservée qu’à ceux qui ont la possibilité de prendre de la distance par rapport aux occupations ordinaires, afin de consacrer beaucoup de temps à la prière. Il n’en est pas ainsi. Nous sommes tous appelés à être des saints en vivant avec amour et en offrant un témoignage personnel dans nos occupations quotidiennes, là où chacun se trouve. (Justement Lucien Botovasoa est un baptisé aspirant toujours à être « saintmartyr »).

Pour un chrétien, il n’est pas possible de penser à sa propre mission sur terre sans la concevoir comme un chemin de sainteté, car « voici quelle est la volonté de Dieu : c’est votre sanctification » (1 Th 4, 3). Chaque saint est une mission ; il est un projet du Père pour refléter et incarner, à un moment déterminé de l’histoire, un aspect de l’Évangile….C’est dans la vie quotidienne, ordinaire que Lucien a témoigné sa foi… N’aie pas peur de viser plus haut, de te laisser aimer et libérer par Dieu. N’aie pas peur de te laisser guider par l’Esprit Saint. La sainteté ne te rend pas moins humain, car c’est la rencontre de ta faiblesse avec la force de la grâce. Au fond, comme disait Léon Bloy, dans la vie « il n’y a qu’une tristesse, c’est de n’être pas des saints »

Enfin, le chemin qu’a pris Lucien Botovasoa est celui que le Pape nous préconise dans le troisième chapitre de l’exhortation : le chemin de la béatitude : … Jésus a expliqué avec grande simplicité ce que veut dire être saint, et il l’a fait quand il nous a enseigné les béatitudes (cf. Mt 5, 3-12 ; Lc 6, 20-23). Elles sont comme la carte d’identité du chrétien. Donc, si quelqu’un d’entre nous se pose cette question, “comment fait-on pour parvenir à être un bon chrétien ?”, la réponse est simple : il faut mettre en œuvre, chacun à sa manière, ce que Jésus déclare dans le sermon des béatitudes. À travers celles-ci se dessine le visage du Maître que nous sommes appelés à révéler dans le quotidien de nos vies. Le mot “heureux” ou “bienheureux”, devient synonyme de “saint”, parce qu’il exprime le fait que la personne qui est fidèle à Dieu et qui vit sa Parole atteint, dans le don de soi, le vrai bonheur.

Je conclus cette relecture de l’exhortation à partir de la belle figure de Lucien Botovasoa par ce « cri » du Pape que chaque pèlerin de Vohipeno a bien saisi, et qui résonne encore dans le cœur de chacun: « La sainteté est le visage le plus beau de l’Église »…. Et tout le monde de continuer… non seulement de l’Eglise mais du monde…

 + Marc Benjamin RAMAROSON, CM 🔸

Pour un chrétien, il n’est pas possible de penser à sa propre mission sur terre sans la concevoir comme un chemin de sainteté, car « voici quelle est la volonté de Dieu : c’est votre sanctification » (1 Th 4, 3). Chaque saint est une mission ; il est un projet du Père pour refléter et incarner, à un moment déterminé de l’histoire, un aspect de l’Évangile…

Pape François
Pour plus d’information :

OLO-ARAIKY ‘SIKA JIABY(16) SPECIAL LUCIEN BOTOVASAO BULLETIN DE LIAISON DE L’ARCHIDIOCESE D’ANTSIRANANA

Tel : (261) 32 11 539 39 BP 415 5 Boulevard Le Myre de Villers 201 ANTSIRANANA Madagascar

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