Dimanche 31 Temps ordinaire – C (Lc 19,1-10). Méditation

Lucas n’explique pas ce qui s’est passé dans cette maison. Il dit seulement que le contact avec Jésus transforme radicalement le riche Zachée. Son engagement est ferme. I

Jose Antonio PAGOLA

Dimanche 31 Temps ordinaire – C (Lc 19,1-10). Méditation

Pou Jésus il n'y a pas de cas désespérés

Jésus nous avertit fréquemment du risque d’être pris au piège par l’attrait irrésistible de l’argent. Le désir insatiable de bien-être matériel peut ruiner la vie d’une personne. On n’a pas besoin d’être très riche. Celui qui vit esclave de l’argent finit par s’enfermer en soi-même. Les autres ne comptent pas pour lui. Selon Jésus, « là où est ton trésor, là sera ton cœur ».

Cette vision du danger déshumanisant de l’argent n’est pas une ressource du Prophète indigné de Galilée. Différentes études analysent le pouvoir de l’argent en tant que force liée à de pulsions profondes d’autoprotection, de recherche de sécurité et de peur de la caducité de notre existence.

Pour Jésus, l’attrait de l’argent n’est pas une sorte de maladie incurable. Il est possible de se libérer de son esclavage et de commencer une vie plus saine. L’homme riche n’est pas «un cas perdu». Le récit de Luc sur la rencontre de Jésus avec un homme riche de Jéricho est très éclairant.

En traversant la ville, Jésus se trouve devant une scène curieuse. Un homme de petite taille a escaladé un figuier pour le voir de près. Il n’est pas un inconnu. C’est un riche et puissant chef des collecteurs d’impôts. Pour les gens de Jéricho, un être méprisable, un collecteur d’impôts corrompu et sans scrupule. Pour les secteurs religieux, « un pécheur » sans conversion possible, exclu de toute possibilité de salut.

Cependant, Jésus lui fait une proposition surprenante : « Zachée, descends vite car aujourd’hui je dois rester chez toi». Jésus veut être accueilli dans sa maison de pécheur, dans le monde de l’argent et du pouvoir de cet homme méprisé de tous. Zachée descend immédiatement et le reçoit avec joie. Il n’a pas peur de laisser le défenseur des pauvres entrer dans sa vie.

Lucas n’explique pas ce qui s’est passé dans cette maison. Il dit seulement que le contact avec Jésus transforme radicalement le riche Zachée. Son engagement est ferme. Il pensera désormais aux pauvres : il partagera ses biens avec eux. Il se souviendra également des victimes dont il a abusé : il remboursera au centuple ce qu’il a volé. Jésus a introduit dans sa vie la justice et l’amour solidaire.

Le récit se termine par quelques paroles admirables de Jésus : « Aujourd’hui, le salut est entré dans cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham. Car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu ». Les riches peuvent également se convertir. Avec Jésus, tout est possible. Personne ne doit l’oublier. Il est venu chercher et sauver ce que nous sommes en train de gâcher. Pour Jésus, il n’y a pas de cas désespérés.

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En quoi Jésus Christ me sauve-t-il ?

La tendance naturelle en moi serait le recroquevillement, le moindre. Etre à la suite du Christ c’est m’ouvrir vers la vie, vers les autres. Il m’apprend à aimer. Il me fait entrer dans le mystère insondable de Dieu

Vincent Goguey

En quoi Jésus Christ me sauve-t-il ?

Deux communautés lazaristes se sont rencontrées pour faire un bilan d’année et prendre un temps de discussion sur un thème plus large. Cette fois ci le thème était « le salut ». On s’aperçoit de fait, qu’il est de plus en plus difficile d’exprimer d’une manière personnelle ce en quoi Jésus-Christ vient nous sauver. A partir de textes romains et autres, nous avons déblayer quelques grands axes de ce mystère puis vers la fin de notre rencontre, nous avons été invités à répondre d’une manière très personnelle à la question :

En quoi Jésus Christ me sauve-t-il ?

En voici quelques échos :

« La tendance naturelle en moi serait le recroquevillement, le moindre. Etre à la suite du Christ c’est m’ouvrir vers la vie, vers les autres. Il m’apprend à aimer. Il me fait entrer dans le mystère insondable de Dieu. Il me fait découvrir ce pour quoi je suis sur Terre : advenir au divin. Dans la prière il m’initie à une joie intense, indéfinissable. Par les sacrements (symboles) il me fait comprendre que je ne suis pas que chair, limité, mais invité à vivre le présent éternel ! Ceci se vit dans des services concrets à des personnes et à des partages en profondeurs où j’ose exposer à l’autre, mes questionnements, mes fragilités, mes convictions et mes joies. Je vis déjà le Salut à chaque fois que je concrétise cet amour divin auprès de personnes en situation de besoin. »

« En écho à la Parole qu’on écoute depuis hier sur le sujet (Ex 14, Gn 19 et Jn 11), je crois que Jésus-Christ me sauve de la mort, non pas la naturelle mais la mort surnaturelle. Jésus me fait découvrir une autre vie que la vie naturelle qu’on connait tous et dont on cherche à se satisfaire. Jésus me révèle que ma vie ne se limite pas à cet immédiat et m’appelle à un éveil. Jésus m’enseigne cet éveil. Il m’entraine à m’y familiariser : 1) par la prière, ce lien unique à Dieu,  cet être réel qui a une forme de vie différente de la nôtre, à laquelle je suis invité à entrer en contact pour m’en laisser revêtir entièrement ; 2) par des contacts réels, avec Lui et mes semblables, en relation de charité. C’est du « déjà-là », je peux en vivre quelque chose, mais avec Jésus, j’en découvre davantage, par sa propre vie, qui peut devenir la mienne. Cette vie de charité, nous donne, à tous les humains, la vocation commune de serviteur de la vie. »

Dans les péripéties de ma petite vie, je vois un instinct répétitif à me tourner vers la croix, vers le Christ en croix, surtout dans les pires moments. Je me réfère alors au chant du père Duval « Dans ma détresse je crie vers toi, Seigneur serait-ce pour cette nuit ? ». L’ultime mot je le trouve dans Jésus-Christ. J’attends la Croix salvifique. Quand tout lâche, il n’y a plus que cela : le Christ en croix !

Il me sauve de la solitude et donc du non-sens. Parce que le fait d’être créé suppose que ce sont d’autres qui m’ont fait venir, donc à chaque fois que j’oublie cela je me perds. En créant une famille il me rappelle qu’il y a un créateur ! Si j’ai une famille ça a du sens, même si c’est compliqué dans la vie familiale ! Jésus, quand j’écoute ses paroles, ses gestes, ses attitudes, je comprends comment il suscite cette famille. Comment il renoue. Le sens n’est pas dans des réalisations concrètes mais dans la manière. Comment faire comprendre à chacun qu’il fait partie de la famille ? Comment le mettre en route ?

Jésus-Christ me sauve, d’après notre foi, chacun est appelé par Dieu c’est à nous de répondre à cet appel. Vivre en amour, cet amour ne se limite pas à quelqu’un que nous aimons, que j’aime mais amour envers tout le monde. Et cela rejoint l’Eglise. Nous agissons au nom de l’Eglise mais pas dans l’église : ça ouvre vers l’extérieur. L’amour et la vérité s’embrassent. La gentillesse dont les gens d’ici nous reçoivent, on sait qu’ils sont chrétiens mais toute autre personne peut le faire ils ont de l’amour, Dieu nous regarde par l’amour.

 « Au Vietnam c’’est différent ; le salut de Dieu, nous allons à la rencontre des non-chrétiens, nous parlons peu de Dieu mais nous parlons amitié. Amitié pour tous. Nous travaillons ensemble dans la différence. Je suis dans la joie, car il m’aime. Avec la rencontre d’une personne qui est dans l’épreuve je peux y trouver de la joie dans le partage. Accepter dans l’évènement, que la prière permette d’aller à la rencontre de Dieu. Au-delà des épreuves je crois en Dieu. Le Christ porte les souffrants, mon péché, je suis souffrant mais mon Dieu est souffrant aussi pour moi. Dans la difficulté, il me rejoint, il me soutient. Il m’accompagne dans le discernement de ma vie. «

C’est dans la mesure où nous osons balbutier quelque peu notre vécu, la manière dont nous comprenons pour nous le Salut en Jésus-Christ que nous pouvons devenir quelque peu témoins de cet insondable don que Dieu nous fait.  Par-là, inviter chacun à faire un bout de chemin pour entrer dans ce mystère de Vie.

Au plaisir d’avoir vos balbutiements sur ce site de la Province.

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Homélie du Pape François pour la Conclusion du Synode. 27 octobre 2019.

Les erreurs du passé n’ont pas suffi pour qu’on arrête de détruire les autres et d’infliger des blessures à nos frères et à notre sœur terre : nous l’avons vu dans le visage défiguré de l’Amazonie. La religion du moi continue, hypocrite avec ses rites et ses “prières” – bien des gens sont catholiques, se déclarent catholiques mais ont oublié d’être chrétiens et humains -, elle oublie le vrai culte à Dieu qui passe toujours par l’amour du prochain. Même des chrétiens qui prient et vont à la messe le dimanche sont adeptes de cette religion du moi.

Pape Francois

Homélie du Pape François pour la Conclusion du Synode. 27 octobre 2019.

La Parole de Dieu nous aide aujourd’hui à prier à travers trois personnages : dans la parabole de Jésus, le pharisien et le publicain prient ; dans la première Lecture, on parle de la prière du pauvre.

1. La prière du pharisien commence ainsi : « Mon Dieu, je te rends grâce ». C’est un très bon début parce que la meilleure prière est la prière de gratitude, celle de louange. Mais nous voyons immédiatement le motif pour lequel il rend grâce : « parce que je ne suis pas comme les autres hommes » (Lc 18, 11). Et il explique aussi le motif : il jeûne deux fois par semaine, alors que c’était obligatoire une fois par an ; il verse le dixième de tout ce qu’il a, or la dîme était prescrite seulement pour les produits les plus importants (cf. Dt 14, 22 ss). En somme, il se vante parce qu’il accomplit au mieux des préceptes particuliers. Mais il oublie le plus grand : aimer Dieu et le prochain (cf. Mt 22, 36-40). Trop sûr de lui-même, de sa capacité d’observer les commandements, de ses mérites et de ses vertus, il est centré sur lui-même. Le drame de cet homme, c’est qu’il est dépourvu d’amour. Mais même les meilleures choses, sans amour, ne servent à rien, comme dit saint Paul (cf. 1 Co 13). Et sans amour, quel est le résultat ? C’est qu’à la fin, au lieu de prier, il se loue lui-même. En fait, il ne demande rien au Seigneur parce qu’il ne se sent pas dans le besoin ou redevable, mais il se sent créditeur. Il est dans le temple de Dieu, mais il pratique la religion du moi. Et tant de groupes ‘‘illustres’’, de ‘‘chrétiens catholiques’’, sont sur ce chemin !

Et en plus de Dieu, il oublie le prochain, mieux il le méprise : pour lui, le prochain est vil, il n’a pas de valeur. Lui se considère meilleur que les autres qu’il appelle, littéralement, “les restants, les restes” (“loipoi”, Lc 18, 11). C’est-à-dire qu’ils sont “des restes”, des déchets dont il faut s’éloigner. Que de fois ne voyons-nous pas cette dynamique en acte dans la vie et dans l’histoire ! Que de fois celui qui est devant, comme le pharisien par rapport au publicain, n’élève-t-il pas des murs pour accroitre les distances, en rendant les autres encore plus des déchets. Ou bien en les considérant rétrogrades et vils, il méprise leurs traditions, il efface leurs histoires, il occupe leurs territoires, usurpe leurs biens. Que de prétendues supériorités qui se transforment en oppressions et en exploitations, même aujourd’hui – nous l’avons vu durant le Synode lorsque nous avons parlé de l’exploitation de la création, des gens, des populations de l’Amazonie, de la traite des personnes, du commerce des personnes ! Les erreurs du passé n’ont pas suffi pour qu’on arrête de détruire les autres et d’infliger des blessures à nos frères et à notre sœur terre : nous l’avons vu dans le visage défiguré de l’Amazonie. La religion du moi continue, hypocrite avec ses rites et ses “prières” – bien des gens sont catholiques, se déclarent catholiques mais ont oublié d’être chrétiens et humains -, elle oublie le vrai culte à Dieu qui passe toujours par l’amour du prochain. Même des chrétiens qui prient et vont à la messe le dimanche sont adeptes de cette religion du moi. Nous pouvons nous examiner intérieurement pour voir si, même pour nous, quelqu’un est inférieur, jetable, même seulement en paroles. Prions pour demander la grâce de ne pas nous considérer supérieurs, de ne pas nous croire en règle, de ne pas devenir cyniques et moqueurs. Demandons à Jésus de nous guérir de la propension à dire du mal et à nous plaindre des autres, de la propension à mépriser quelqu’un : ce sont des choses qui déplaisent à Dieu. Et providentiellement, aujourd’hui, prennent part avec nous à cette Messe non seulement les indigènes de l’Amazonie, mais aussi les plus pauvres des sociétés développées, nos frères et sœurs malades de la Communauté de l’Arche. Ils sont avec nous, au premier rang.

2. Passons à l’autre prière. La prière du publicain nous aide au contraire à comprendre ce qui plaît à Dieu. Il ne commence pas par ses mérites, mais par ses lacunes ; non pas par sa richesse, mais par sa pauvreté : ce n’est pas une pauvreté économique – les publicains étaient riches et gagnaient même injustement, au dépens de leurs compatriotes – mais il sent une pauvreté de vie, parce qu’on ne vit jamais bien dans le péché. Cet homme qui exploite les autres se reconnaît pauvre devant Dieu et le Seigneur écoute sa prière, faite simplement de sept paroles mais traduisant des attitudes vraies. En fait, pendant que le pharisien était devant et debout (cf. v. 11), le publicain se tient à distance et “n’ose même pas lever les yeux vers le ciel”, parce qu’il croit que le Ciel existe et est grand, tandis que lui se sent petit. Et “il se frappe la poitrine” (cf. v. 13), parce que dans la poitrine il y a le cœur. Sa prière naît précisément du cœur, est transparente : il met devant Dieu son cœur, pas les apparences. Prier, c’est se laisser regarder de l’intérieur par Dieu – c’est Dieu qui me regarde quand je prie –, sans feintes, sans excuses, sans justifications. Souvent nous font rire les repentirs remplis de justifications. Plus qu’un repentir, cela ressemble à une auto-canonisation. En effet, c’est du diable que viennent opacité et fausseté – ce sont les justifications -, de Dieu lumière et vérité, la transparence de mon cœur. C’était beau et je vous suis très reconnaissant, chers Pères et Frères synodaux, d’avoir dialogué, durant ces semaines, de tout cœur, avec sincérité et franchise, en mettant devant Dieu et nos frères les fatigues et les espérances.

Aujourd’hui, en regardant le publicain, nous redécouvrons d’où repartir : de la conviction d’avoir tous besoin du salut. C’est le premier pas de la religion de Dieu qui est miséricorde envers celui qui se reconnaît misérable. Au contraire, la racine de toute faute spirituelle, comme enseignaient les anciens moines, c’est de se croire juste. Se considérer juste, c’est laisser Dieu, l’unique juste, hors de la maison. Cette attitude de départ est si importante que Jésus nous l’illustre par une comparaison paradoxale, en mettant ensemble dans la parabole la personne la plus pieuse et la plus dévote de l’époque, le pharisien, et le pécheur public par excellence, le publicain. Et le jugement est inversé : celui qui est bon mais présomptueux échoue ; celui qui est mauvais mais humble est exalté par Dieu. Si nous nous examinons intérieurement avec sincérité, nous voyons en nous tous les deux, le publicain et le pharisien. Nous sommes un peu publicains, parce que nous sommes pécheurs, et un peu pharisiens, parce que nous sommes présomptueux, capables de nous justifier nous-mêmes, champions dans des justifications artificielles ! Avec les autres, ça fonctionne souvent, mais pas avec Dieu. Avec Dieu, ce procédé ne fonctionne pas. Prions pour demander la grâce de sentir que nous avons besoin de miséricorde, que nous sommes intérieurement pauvres. C’est aussi pourquoi, ça nous fait du bien de fréquenter les pauvres, pour nous rappeler d’être pauvres, pour nous rappeler que c’est seulement dans un climat de pauvreté intérieure que le salut de Dieu agit.

3. Nous arrivons ainsi à la prière du pauvre, de la première Lecture. Cette prière, dit Ben Sira le Sage, « traverse les nuées » (35, 21). Tandis que la prière de celui qui se considère juste reste à terre, écrasée par les forces de gravité de l’égoïsme, celle du pauvre monte directement vers Dieu. Le sens de la foi du peuple de Dieu a vu dans les pauvres “les portiers du Ciel” : ce sensus fidei qui manque dans la déclaration [du pharisien]. Ce sont eux qui nous ouvriront toutes grandes ou non les portes de la vie éternelle, eux qui se ne sont pas vus comme des patrons en cette vie, qui ne se sont pas mis eux-mêmes avant les autres, qui ont eu seulement en Dieu leur richesse. Ils sont des icônes vivantes de la prophétie chrétienne.

Durant ce Synode, nous avons eu la grâce d’écouter les voix des pauvres et de réfléchir sur la précarité de leurs vies, menacées par des modèles de développement prédateurs. Et pourtant, précisément dans cette situation, beaucoup nous ont témoigné qu’il est possible de regarder la réalité différemment, en l’accueillant à mains ouvertes comme un don, en considérant la création non pas comme un moyen à exploiter, mais comme une maison à protéger, en ayant confiance en Dieu. Il est Père et, Ben Sira le Sage le dit encore, « il écoute la prière de l’opprimé » (v. 16). Et bien des fois, même dans l’Eglise, les voix des pauvres ne sont pas écoutées, voire sont bafouées ou sont réduites au silence parce qu’elles sont gênantes. Prions pour demander la grâce de savoir écouter le cri des pauvres : c’est le cri d’espérance de l’Eglise. Le cri des pauvres, c’est le cri de l’espérance de l’Église. En faisant nôtre leur cri, notre prière aussi, nous en sommes certains, traversera les nuages.

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Dimanche 30 Temps ordinaire – C (Lc 18,9-14). Méditation.

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HOMÉLIE DU 5° DIMANCHE DU CARÊME (Jn 8,1-11)

Des pierres prêtes à être utilisées pour lapider la coupable… Ironie de l’histoire « LE COUPABLE » est absent… pour un adultère il en faut deux… ces hommes de loi n’ont surpris en flagrant délit que la femme !

Roberto Gomez

HOMÉLIE DU 5° DIMANCHE DU CARÊME (Jn 8,1-11)

Chères sœurs, chers frères :

Une femme condamnée à mort par des hommes qui veulent appliquer la loi coûte que coûte !

Un cercle de mort dressé autour d’une accusée surprise en flagrant délit !

Des pierres prêtes à être utilisées pour lapider la coupable… Ironie de l’histoire « LE COUPABLE » est absent… pour un adultère il en faut deux… ces hommes de loi n’ont surpris en flagrant délit que la femme !

Voilà l’image qui est au centre de notre liturgie ce matin.

Cette femme pécheresse est au centre de la scène ; mais elle n’est pas toute seule.  Près d’elle se trouve Jésus, le maître silencieux, baissé. Il écrit de son doigt sur la terre. Jésus le maître ne veut pas polémiquer, ne déclenche aucune commission d’enquête… il regarde, il se baisse, il écrit du doigt sur la terre et lance, non pas une pierre mais une parole libératrice pour les uns et pour les autres :

« Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter la pierre ! »

Oui, qui est sans péché ? Selon la loi… personne ! Vis-à-vis de la loi tous sont coupables… La loi ne cherche que des coupables à accuser, à condamner. La loi exige un homme sans péché, un être parfait, mais qui est parfait ?  

Bref, la loi ne cherche que des coupables en flagrant délit. Mais il faut le savoir :

Aucun délit, aucun péché ne dit pas la vérité d’une vie !!!

Le flagrant délit est une faille certes, il peut même être un péché…mais personne ne peut être réduit à son péché : « si notre cœur venait à nous condamner, Dieu est plus grand que notre cœur, il connaît tout » (1 Jn 3,20).

Frères et sœurs : Retenons pour notre méditation trois points aujourd’hui :

  1. Ne tombons pas dans le piège du légalisme, ne tombons pas dans le piège de la loi pour la loi. Ah ! que nous sommes enclins à cela … surtout les curés. Souvent nous invoquons qu’il s’agit de la loi de Dieu !!! Est-ce vraiment la loi de Dieu ou est-ce la loi des hommes ? Saint Paul, dans la lettre aux Philippiens vient de dire : « à cause de la connaissance du Christ-Jésus, j’ai tout perdu : je considère tout comme des ordures, afin de gagner un seul avantage, le Christ, et, en lui, d’être reconnu juste, non pas de la justice venant de la loi de Moïse mais de celle qui vient de la foi au Christ… ». Parfois il nous faut laisser tomber nos fausses images de Dieu pour accepter que Dieu est comme il est et non pas comme il nous convient qu’il soit. Jésus a critiqué souvent le légalisme de Pharisiens. Il a dit des choses claires : « l’homme n’est pas pour la loi, la loi est au service de l’homme… ». Cela nous le comprenons bien, n’est-ce pas ? Il a dit une chose plus subtile encore : « je ne suis pas venu abolir la loi, mais l’accomplir… Et alors quoi ? Ceci est moins simple que cela en a l’air… Il ne rejette pas la loi de Moïse, mais il dit qu’en la pratiquant on ne doit pas oublier ce qui est essentiel à la loi : la justice, la miséricorde et la fidélité (cf. Mt 23,23). A vrai dire, la seule loi que Jésus a invoquée est celle du commandement de l’amour ! Alors, ne soyons pas légalistes ; ne regardons pas en arrière comme le disait Isaïe. Le présent de Dieu est amour et pardon. Avec le Christ, quelque chose de nouveau est en train de naître, ne le voyez-vous pas ?

  • Le geste de Jésus mérite d’être commenté : il se baisse et il écrit sur la terre. A deux reprises le texte le dit. Ce geste a de l’importance puisque l’évangéliste insiste : Jésus se baisse et, du doigt, il écrit sur la terre. Nous sommes ramenés à la genèse lorsque Dieu crée à partir de la glaise. Il y a ici une nouvelle création… Tout bas, à notre niveau il réécrit sa loi, non pas dans le marbre ni la pierre mais sur une matière meuble (molle) parce que telle est notre nature. Préférons-nous ce doigt divin qui sauve, recrée et n’accuse pas ? Ou préférons-nous les pierres menaçantes (la loi de pierre) qui deviennent des armes mortelles… ?

Jésus dépasse l’âge de pierre en matière de pardon et de jugement : « plutôt qu’une loi inflexible, gravé dans le marbre et imposée d’en haut, avec le risque d’écraser le coupable, Jésus propose une pratique humaine de la loi au plus près de la vie toujours complexe, et en quelque sorte au service de l’être humain qu’il s’agit avant tout de sauver[1] ».

  • Il y avait autour de la femme un cercle de mort qui la condamnait et l’écrasait. Jésus, par contre, ouvre, relève et libère.  Il est venu pour ouvrir et non pas fermer, pour sauver et non pas pour perdre. Il est venu chercher et sauver CE[2] qui était perdu. Cherchons en nous ce qui risque de se perdre pour que Jésus le sauve. Avec cet épisode de la femme adultère, nous assistons à la première absolution : « Femme, où sont-ils donc ?  Personne ne t’a condamnée ?… Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus ». Quelle absolution, quel relèvement… quelle joie !!!

Cela dit, le mystère du mal et du péché reste tout entier. Jésus n’a résolu ni le mystère du péché et du mal, ni celui de la souffrance et de la mort. Par contre il a proposé des issues… Dans ce récit tout le monde est sauvé et libéré : les scribes et les pharisiens, les accusateurs, sont libérés d’un crime affreux qu’ils étaient tout près de commettre. La femme est aussi libérée, remise débout… va… ne pèche plus !

Frères et sœurs :

Jésus ne permet pas que l’on jette la première pierre sur la pécheresse.

Lui non plus, ne jette pas la première pierre.

Il ne promulgue non plus une loi écrite sur la pierre, c’est-à-dire sans nuance, sans humanité, sans tendresse.

Jésus nous révèle un Dieu qui n’est pas contre l’homme ni la femme !

Saurons-nous dépasser l’âge de pierre ?

[1] Yves-Marie BLANCHARD, L’Evangile du Christ roi ou la figure johannique de l’agneau », Paris, DDB, 2012, p. 67.

[2] « CE » et non pas « CEUX » cf. Luc 19,10. En lisant « ce », tout le monde est concerné. Il y a chez toute personne quelque chose qui se perd ou risque de se perdre. C’est cela-même que le Fils de l’homme est venu chercher et sauver.

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Saint François-Régis CLET. La joie de la Mission

La Joie de la Mission n’ayant pas de frontières, le missionnaire, sans nier l’importance de la paroisse et du diocèse dont il sait que ces structures existent tout autour de la terre, a pour terrain apostolique le monde, à la suite de l’envoi direct fait par Jésus lui-même : « Allez donc, de toutes les nations, faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 19-20).

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“La vida es bella”. Mi experiencia con la COVID-19

Mis queridos hermanos en el Señor, hace ya cuatro meses y medio que experimenté en carne propia la vulnerabilidad de mi humanidad a través de la Covid 19. Fue un momento difícil, de incertidumbre y de miedo. Pero les confieso que también fue un tiempo en el que pude apreciar más de cerca la misericordia y compañía de Dios…

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Transfiguration. Homélie (dimanche, 2ème Semaine de Carême – Année C) à la chapelle saint Vincent de Paul. Maison-Mère des Lazaristes. Paris

Le voici donc le Fils de la promesse, comme le confirme la voix venue de la nuée : « Celui-ci est mon Fils, celui que j'ai choisi, écoutez-le ».

Jean-Daniel PLANCHOT CM

Transfiguration. Homélie (dimanche, 2ème Semaine de Carême – Année C) à la chapelle saint Vincent de Paul. Maison-Mère des Lazaristes. Paris

Voici que Dieu visite Abraham au cours d’une « vision », ce qui suppose que le patriarche était en prière. Vraisemblablement déversait-il devant le Seigneur son angoisse face à l’échec apparent de sa vie se terminant sans descendance. Dieu l’invite à lever les yeux : « Regarde le ciel et compte les étoiles ». La descendance sera glorieuse, mais il ne la verra pas de son vivant : elle lui est annoncée pour un lointain avenir. Dieu demande seulement à Abraham de persévérer dans une espérance confiante en dépit des épreuves. « Abraham eut foi dans le Seigneur, et le Seigneur estima qu’il était juste. »

Les apôtres aussi sont préoccupés : les foules abandonnent le Maître, qui en plus vient de leur annoncer sa mort proche ainsi que leur participation à sa Passion. Pourtant, à l’inverse d’Abraham et de Jésus, ils ne prient pas sur la montagne où ils ont suivi leur Maître : « accablés de sommeil », ils se sont endormis. La suite du récit suggère que la transfiguration eut lieu pendant la nuit, ce qui rapproche encore le récit de celui d’Abraham. Mais ce qu’ils virent en se réveillant, ce n’est pas le scintillement d’une étoile lointaine, mais « la gloire de Jésus » tout proche.

Le voici donc le Fils de la promesse, comme le confirme la voix venue de la nuée : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi, écoutez-le ». La mise en parallèle des deux récits nous autorisait à penser que Dieu, sur le Thabor, aurait renouvelé l’Alliance scellée avec Abraham. Il s’apprête effectivement à le faire ; mais c’est sur une autre montagne, celle du Golgotha, que sera offert le véritable sacrifice et scellée l’Alliance nouvelle et éternelle.

Le dimanche de la Résurrection vient après celui de la Passion, comme le dimanche de la transfiguration fait suite à celui de la tentation. Jésus au désert a repoussé victorieusement la suggestion de l’Ennemi qui le poussait à se glorifier lui-même par des stratégies toutes humaines. La gloire véritable, celle qui est participation à la vie divine, ne peut qu’être reçue du Père dans un cœur filial, qui s’abandonne à son bon vouloir jusqu’au fond de l’épreuve, et même de la mort : « Père, entre tes mains je remets mon esprit » (Lc 23, 46).

Tel est le chemin du Maître, tel doit être aussi celui des disciples. Nous croyons certes que « nous sommes déjà citoyens des cieux » ; mais comme il est difficile de garder les yeux fixés vers le ciel, d’où viendra « notre Sauveur le Seigneur Jésus Christ, lui qui transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux » (2ème lecture) ! Instinctivement l’inertie de la chair nous fait « tendre vers les choses de la terre » et nous mettons notre « gloire dans ce qui fait » notre « honte ».

Que le Seigneur nous préserve de nous comporter en « ennemis de la Croix du Christ » par notre refus de le suivre sur le chemin du renoncement à la vaine gloire de ce monde. Puissions-nous n’aspirer à nulle autre gloire que celle que Dieu seul peut nous donner : la participation à sa propre vie.

« Écoute, Seigneur, je t’appelle ! Pitié I Réponds-moi ! C’est ta face Seigneur que je cherche : ne me cache pas ta face. » (Ps 26) Révèle-moi mes complicités cachées avec l’esprit de ce monde, et donne-moi de tenir le coup dans le beau combat de l’espérance

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Saint François-Régis CLET. La joie de la Mission

La Joie de la Mission n’ayant pas de frontières, le missionnaire, sans nier l’importance de la paroisse et du diocèse dont il sait que ces structures existent tout autour de la terre, a pour terrain apostolique le monde, à la suite de l’envoi direct fait par Jésus lui-même : « Allez donc, de toutes les nations, faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 19-20).

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“La vida es bella”. Mi experiencia con la COVID-19

Mis queridos hermanos en el Señor, hace ya cuatro meses y medio que experimenté en carne propia la vulnerabilidad de mi humanidad a través de la Covid 19. Fue un momento difícil, de incertidumbre y de miedo. Pero les confieso que también fue un tiempo en el que pude apreciar más de cerca la misericordia y compañía de Dios…

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