Homélie pour le dimanche, 24 novembre 2019. Fête de Notre Seigneur Jésus Christ Roi de l’Univers. Chapelle Saint Vincent de Paul – Paris

Nos lectures d’aujourd’hui nous donnent plusieurs images de rois, alors comment comprenons-nous ce que c’est un roi ? Comment pouvons-nous concevoir notre Seigneur Jésus Christ, comme il est nommé dans le titre de la fête de l’Église qu’on célèbre aujourd’hui, comme un roi, le roi de l’univers ?

Warren Schmidt

Homélie pour le dimanche, 24 novembre 2019. Fête de Notre Seigneur Jésus Christ Roi de l’Univers. Chapelle Saint Vincent de Paul – Paris

Nos lectures d’aujourd’hui nous donnent plusieurs images de rois, alors comment comprenons-nous ce que c’est un roi ? Comment pouvons-nous concevoir notre Seigneur Jésus Christ, comme il est nommé dans le titre de la fête de l’Église qu’on célèbre aujourd’hui, comme un roi, le roi de l’univers ?

Le deuxième livre de Samuel nous présente aujourd’hui une première image d’un roi, celle de David, le roi d’Israël. « Tous les anciens d’Israël » sont attirés à Hébron, où siégeait le roi David, pour que David fasse alliance avec eux. Ces alliances entre David et les anciens de son peuple Israélite d’abord, puis sans doute d’autres alliances entre David et les nations autour d’Israël, assureraient la paix et la sécurité de la nation d’Israël, à l’intérieur d’elle-même et vis-à-vis les nations voisines d’Israël. C’est-à-dire qu’un bon roi, comme David, pouvait (ou même devait) fonctionner pour assurer la paix pour son peuple et de tout le monde.

La lettre de St. Paul aux Colossiens, de laquelle vient notre deuxième lecture d’aujourd’hui, fut écrite à une communauté chrétienne de l’Église primitive pour les évangéliser et augmenter leur espoir durant une période (probablement) de persécution des premiers Chrétiens par l’Empire romain. Il est probable que St. Paul, quand il écrivait sa lettre aux Colossiens, n’avait pas encore rencontré les Chrétiens des Colosses auxquels il écrivait. St. Paul s’est même peut-être adressé aux Colossiens pendant qu’il était emprisonné ; les biblistes ne sont forcément sûrs de ces détails. Néanmoins, il nous semble à partir du début de la lettre aux Colossiens que les Colossiens avaient une idée de ce que c’était un roi. Une image puissante d’un roi que les Colossiens auraient pu avoir dans l’imagination, c’était celle de l’Empereur romain ou des représentants locaux du César de Rome. Leur image dominante d’un roi aurait vraisemblablement été quelqu’un qui montrait son pouvoir politique et militaire, brutalement de temps en temps, sur un vaste territoire.

C’est à ce peuple colossien, avec ces images prédominantes de ce qu’était un roi, que St. Paul propose une autre image d’un roi ; un roi dont « la primauté » sur tout autre roi, y compris l’empereur de Rome, vient du fait qu’il a souffert et est mort librement pour le salut de son peuple. Si on y pense bien, le propos de St. Paul, que ce Jésus Christ soit le roi au-dessus de tout roi, non pas malgré mais á cause de sa mort sur une croix pour le salut de son peuple – pour notre salut- c’est ridicule ! Un vrai roi ne se soumettrait pas à une telle mort, une mort ignoble sur une croix, même pour le bien de son peuple. Mais c’est en effet ce que St. Paul veut que nous considérions comme l’image proéminente d’un roi : Jésus crucifié, le roi au-dessus de tout roi, de tout être visible et invisible ; au-dessus de toutes « puissances, principautés, souverainetés, dominations », par qui et pour qui tout est créé ; celui qui est « avant toute chose », en qui « tout subsiste ».

Notre lecture aujourd’hui de l’Évangile de St. Luc nous présente la même image d’un roi, le Christ crucifié, que nous présente St. Paul dans son épître aux Colossiens, mais d’une manière d’autant plus intense. Cette image d’un homme cloué à une croix entre deux larrons, soumis à une mort de condamné, de quelqu’un de tout-à-fait oubliable dans l’histoire, comme l’on vient de remarquer, ne serait-il pas loin d’être l’image la plus convaincante d’un roi ? Dans l’Évangile, ça nous prend la déclaration du « bon larron », sous le nom duquel il est souvent connu, pour nous révéler la nature royale de ce Jésus, le Christ : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton royaume ».

Ces mots du bon larron à Jésus, à partir desquels Jésus lui promet le salut – « Aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis »- nous révèle non seulement que ce Jésus Christ est roi, mais que son royaume n’a pas son origine dans ce monde. Pourtant, par la mort et puis la résurrection de Jésus, ce royaume, qui est d’origine en dehors de ce monde, est inauguré dans ce monde-même ; ce règne de Dieu et de son Christ, Fils de Dieu et Roi de l’univers, qui sera achevé dans ce monde à la fin des temps.

Cependant, tout cela – la révélation par le bon larron de la royauté du Christ crucifié, les images bibliques de ce que pourrait être un roi, l’expérience du Peuple de Dieu dans l’histoire avec des bons et fidèles rois comme David – ne nous aide-t-il peut-être pas à reconnaître pourquoi, aujourd’hui, on célèbre Jésus sous le nom de « roi de l’univers » ? N’avons-nous pas peut-être certaines difficultés à réconcilier ce titre que nous donnons à Jésus par cette célébration avec le fait qu’un roi, pour au moins la grande majorité de nous, nous est un concept étranger ? Combien d’entre nous, en fin de compte, ont connu un roi (ou autre membre de la royauté) comme chef d’état de notre pays ?

Venant du Canada, où notre système de gouvernement est une monarchie constitutionnelle, il faut que je réponde qu’en effet le chef d’état de mon pays, au moins officiellement, est un roi ou une reine. Actuellement, la Reine Élizabeth II de l’Angleterre est le chef d’état du Canada, mais son pouvoir au Canada est exercé par un gouverneur général et des lieutenants généraux, à travers le parlement national et les assemblées de chaque province. Mais ce n’est pas tout-à fait la même chose que d’être gouverné directement par un roi ou une reine. Ici en France, effectivement, nous sommes dans une république, alors sous un président et non pas un roi comme chef d’état. La France, bien sûr, a connu une longue succession de rois. L’un d’entre eux, Louis IX, a même été canonisé ; reconnu comme saint par l’Église. Mais nous n’avons pas, pour la plupart, l’expérience d’avoir été gouverné par un roi ou une monarchie.

Alors pourquoi célébrons-nous cette fête en ce dernier dimanche du temps ordinaire dans l’Église ? Pourquoi appliquons-nous le surnom de « roi de l’univers » à Jésus quand on lui donne plusieurs titres qui sont probablement moins difficiles pour nous que d’imaginer le Christ comme roi ? Cette célébration fut intégrée dans le calendrier de notre Église en 1925 par le pape Pie XI pour répondre surtout au communisme athée, système gouvernemental et socio-économique qui renie à la fois à la souveraineté de Dieu et à la dignité humaine, puisque le communisme pourrait en faire de l’ouvrier rien de plus qu’une machine productrice de biens consommateurs.

Mais, encore une fois, quand on parle des origines de cette célébration du Christ-Roi, nous sommes loin d’être dans ce monde. Alors que le communisme n’a pas totalement disparu du monde, les régimes totalitaires sont actuellement de moins en moins. Pourquoi, alors, continuer de célébrer le Seigneur Jésus Christ comme roi de l’univers aujourd’hui ?

Une raison pour continuer à célébrer le Seigneur Jésus Christ ainsi peut se trouver dans notre rituel du baptême. Quand nous sommes baptisés, nous sommes tous appelés « prêtre, prophète et roi » au moment de notre onction avec le saint-chrême. Le prêtre ou le diacre qui nous baptise dit au nouveau-baptisé à ce point : « Toi qui fait partie de son peuple, il te marque de l’huile sainte pour que tu demeures éternellement membre de Jésus Christ, prêtre, prophète et roi ».

N’est-il pas raisonnable que, ne pas ayant eu, pour la plupart, l’expérience des rois dans notre monde actuel, nous aurions de la difficulté à imaginer le Christ comme roi ? Traditionnellement, l’image du Christ comme roi est rattachée à son sacrifice libre de lui-même sur la croix pour notre salut. Cependant, nous sommes appelés par notre baptême à être, individuellement et ensemble en Église, le corps du Christ, l’image du Christ, « prêtre, prophète et roi ». Si nous avons de la difficulté à imaginer le Christ comme roi, regardons autour de nous.

Ici, nous voyons dans notre prochain, dans cette assemblée eucharistique, l’image vraisemblable du Christ, roi de l’univers au-dessus de tout roi ; du Christ, roi dont le royaume n’est pas de ce monde mais qui s’est fait homme et qui s’est sacrifié la vie-même, non seulement pour nous sauver, mais pour que nous participions à son œuvre de salut, son règne déjà inauguré et tout-à-fait authentique dans notre monde ici et maintenant.

JOURNÉE MONDIALE DES PAUVRES. HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS, Basilique vaticane XXXIIIe Dimanche du Temps ordinaire, 17 novembre 2019

Les pauvres sont précieux aux yeux de Dieu parce qu’ils ne parlent pas la langue du je : ils ne se soutiennent pas par eux-mêmes, par leurs propres forces, ils ont besoin de celui qui les prend par la main. Ils nous rappellent que l’Evangile se vit ainsi, en mendiants qui implorent Dieu.

Pape Francois

JOURNÉE MONDIALE DES PAUVRES. HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS, Basilique vaticane XXXIIIe Dimanche du Temps ordinaire, 17 novembre 2019

Aujourd’hui, dans l’Evangile, Jésus surprend ses contemporains, et nous aussi. En effet, alors même qu’était loué le magnifique Temple de Jérusalem, il dit qu’il n’en restera pas « pierre sur pierre » (Lc 21, 6). Pourquoi ces paroles envers une institution si sacrée, qui n’était pas seulement un édifice, mais aussi un signe religieux unique, une maison pour Dieu et pour le peuple croyant ? Pourquoi prophétiser que la ferme certitude du peuple de Dieu s’écroulerait ? Pourquoi, à la fin, le Seigneur permet-il que s’écroulent des certitudes, alors que le monde en est toujours davantage privé ?

Cherchons des réponses dans les paroles de Jésus. Il nous dit aujourd’hui que presque tout passera. Presque tout, mais pas tout. En cet avant-dernier dimanche du Temps ordinaire, il explique que ce sont les avant dernières choses qui croulent, non pas les dernières : le Temple, non pas Dieu ; les royaumes et les événements de l’humanité, non pas l’homme. Les choses avant-dernières passent, qui semblent souvent définitives mais ne le sont pas. Il y a des réalités grandioses, comme nos temples, et terrifiantes, comme les tremblements de terre, des signes dans le ciel et des guerres sur la terre (cf. v. 10-11) : elles nous semblent faites pour la une des journaux ; mais le Seigneur les met en deuxième page. En première page reste ce qui ne passera jamais : le Dieu vivant, infiniment plus grand que tous les temples que nous construisons, et l’homme, notre prochain, qui vaut plus que toutes les chroniques du monde. Alors, pour nous aider à recueillir ce qui compte dans la vie, Jésus nous met en garde contre deux tentations.

La première est la tentation de la hâte, du tout de suite. Pour Jésus il ne faut pas courir derrière celui qui dit que la fin arrivera tout de suite, que « le temps est proche » (v. 8). Celui qui sème la panique et qui entretient la peur de l’autre et de l’avenir ne doit donc pas être suivi, car la peur paralyse le cœur et l’esprit. Et cependant, combien de fois nous laissons-nous séduire par la hâte de vouloir savoir tout et tout de suite, par la démangeaison de la curiosité, de la dernière information retentissante et scandaleuse, par les histoires troubles, par les hurlements du plus énervé qui crie le plus fort, ce celui qui dit “maintenant ou jamais”. Mais cette hâte, ce tout et tout de suite, ne vient pas de Dieu. Si nous nous épuisons dans le tout de suite, nous oublions ce qui demeure pour toujours : nous poursuivons les nuages qui passent et perdons de vue le ciel. Attirés par le dernier tapage, nous ne trouvons plus de temps pour Dieu et pour le frère qui vit à côté. Comme cela est vrai aujourd’hui ! Dans la frénésie de courir, de tout conquérir et tout de suite, celui qui reste en arrière gène. Et il est considéré comme un rebut : combien de personnes âgées, d’enfants à naître, de personne handicapées, de pauvres sont considérés comme inutiles. On se dépêche, sans avoir souci que les distances augmentent, que la cupidité d’un petit nombre accroit la pauvreté d’un grand nombre.

Comme antidote à la hâte, Jésus propose aujourd’hui à chacun la persévérance : « C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie » (v. 19). La persévérance, c’est aller de l’avant chaque jour avec le regard fixé sur ce qui ne passe pas : le Seigneur et le prochain. Voilà pourquoi la persévérance est le don de Dieu par lequel tous les autres dons sont conservés (cf. Saint Augustin, De dono perseverantiae, 2, 4). Demandons pour chacun de nous, et pour nous comme Eglise, de persévérer dans le bien, de ne pas perdre de vue ce qui compte.

Il y a un deuxième mensonge dont Jésus veut nous détourner, lorsqu’il dit : « Beaucoup viendront sous mon nom, et diront : “C’est moi”. Ne marchez pas derrière eux ! » (v. 8). C’est la tentation du je. De même qu’il ne recherche pas le tout de suite mais le toujours, le chrétien n’est pas non plus un disciple du je, mais du tu. Il ne suit pas les sirènes de ses caprices, mais l’appel de l’amour, la voix de Jésus. Et comment reconnaît-on la voix de Jésus ? “Beaucoup viendront sous mon nom”, dit le Seigneur, mais il ne faut pas les suivre : l’étiquette de “chrétien” ou de “catholique” ne suffit pas pour appartenir à Jésus. Il faut parler la même langue que Jésus, celle de l’amour, la langue du tu. Celui qui parle la langue de Jésus est celui qui ne dit pas je mais qui sort de son je. Et cependant, combien de fois, même pour faire le bien, règne l’hypocrisie du je : je fais le bien mais pour être reconnu comme bon ; je donne, mais pour recevoir à mon tour ; j’aide, mais pour m’attirer l’amitié de cette personne importante. C’est ainsi que parle la langue du je. La Parole de Dieu, en revanche, pousse à une « amour sans hypocrisie » (Rm 12, 9), à donner à celui qui n’a rien à rendre (cf. Lc 14, 14), à servir sans chercher de récompense et de retour (cf. Lc 6, 35). Alors, nous pouvons nous demander : Est-ce que j’aide une personne dont je n’aurai rien à recevoir ? Moi, chrétien, est-ce que j’ai au moins un pauvre pour ami ?

Les pauvres sont précieux aux yeux de Dieu parce qu’ils ne parlent pas la langue du je : ils ne se soutiennent pas par eux-mêmes, par leurs propres forces, ils ont besoin de celui qui les prend par la main. Ils nous rappellent que l’Evangile se vit ainsi, en mendiants qui implorent Dieu. La présence des pauvres nous ramène au climat de l’Evangile, où se trouve les bienheureux et les pauvres en esprit (cf. Mt 5, 3). Alors, plutôt que d’éprouver du désagrément lorsque nous les entendons frapper à nos portes, puissions-nous accueillir leur cri comme un appel à sortir de notre je, à les accueillir avec le même regard d’amour que Dieu a pour eux. Qu’il serait beau que les pauvres occupent dans notre cœur la place qu’ils ont dans le cœur de Dieu ! En étant avec les pauvres, servant les pauvres, apprenons les goûts de Dieu, comprenons ce qui reste et ce qui passe.

Revenons ainsi aux questions du début. Parmi beaucoup de choses avant-dernières, qui passent, le Seigneur veut nous rappeler aujourd’hui celle qui est dernière, qui rester pour toujours. C’est l’amour, car « Dieu est amour » (1Jn 4, 8), et le pauvre qui demande mon amour me conduit droit à lui. Les pauvres nous facilitent l’accès au ciel : c’est pourquoi le sens de la foi du Peuple de Dieu les a vus comme les portiers du ciel. Ils sont dès maintenant notre trésor, le trésor d l’Eglise. Ils nous entrouvrent en effet la richesse qui ne vieillit jamais, celle qui relie la terre et le ciel et pour laquelle il vaut vraiment la peine de vivre : l’amour.

Homélie 32e Dimanche du Temps Ordinaire – Chapelle Saint Vincent de Paul – Paris. (2 Mac 7 1-2. 9-14 ; Ps 16 ; 2 Th 2 16 – 3 5 ; Lc 20 27-38)

A quelques jours de la fête de la Toussaint et de notre intercession pour nos sœurs et frères défunts, la liturgie nous invite à méditer sur le mystère central de notre foi : la résurrection. Les textes nous invitent à prendre conscience que la résurrection n’est pas seulement un phénomène d’après Pâques.

Jean-Daniel PLANCHOT CM

Homélie 32e Dimanche du Temps Ordinaire – Chapelle Saint Vincent de Paul – Paris. (2 Mac 7 1-2. 9-14 ; Ps 16 ; 2 Th 2 16 – 3 5 ; Lc 20 27-38)

A quelques jours de la fête de la Toussaint et de notre intercession pour nos sœurs et frères défunts, la liturgie nous invite à méditer sur le mystère central de notre foi : la résurrection. Les textes nous invitent à prendre conscience que la résurrection n’est pas seulement un phénomène d’après Pâques. Elle concerne toute l’humanité, et même ceux qui ont précédé Jésus dans le cours de l’histoire ont pu connaître ce mystère. Il est logique, puisque Jésus est venu pour accomplir, de trouver dans l’Ancien Testament des témoignages de la foi en la résurrection. Le livre des Maccabées contient un des tous premiers.
Ce témoignage prend une forme très concrète : un fils torturé et mis à mort sous les yeux de ses frères et de sa mère prétend que Dieu, qui lui a donné ses membres, les lui rendra. Cette conviction trouve son fondement dans la fidélité de Dieu. Puisque Dieu nous a donné la vie, il ne nous la reprendra pas. La première condition pour ressusciter est donc un acte de confiance dans la fidélité de Dieu.

Un autre exemple de cette confiance indéfectible en la fidélité de Dieu nous est donné par Jésus, sur la Croix : « entre tes mains je remets mon esprit ». Puisque Dieu est fidèle, lui remettre notre vie et tout ce que nous sommes, est s’assurer que personne ne nous en dépossèdera, et que la vie nous sera rendue. Mais avant d’être un couronnement ou une récompense, la résurrection est en elle-même un combat.

L’exemple grotesque de la femme qui épouse sept maris successifs au nom de la loi du lévirat montre que les Sadducéens perçoivent la résurrection comme une continuité avec la vie terrestre, et c’est pourquoi ils la refusent. Ils ont raison. Mais ils ont à faire un pas de plus et accepter la résurrection pour ce qu’elle est et non la refuser pour ce qu’elle n’est pas.

Comme l’explique Jésus faisant allusion aux anges, il y a un vrai hiatus entre la vie que nous connaissons ici-bas et celle qui sera donnée en partage. En présence de Dieu, nous serons en parfaite communion avec lui, l’expression de notre vie ne sera qu’action de grâce. Tout amour vécu ici-bas dans l’ordre de la charité demeurera et sera transfiguré.

Nous connaissons cette différence d’ordre. Mais le danger subsiste d’imaginer seulement un saut qualitatif. Or la différence radicale est annoncée dans l’évangile par l’expression « quand Jésus passa de ce monde à son Père ». Jésus passe d’un monde à un autre. Ce passage se fait par la mort, une vraie mort. Pas seulement une mort biologique, mais une mort métaphysique, si l’expression existe. C’est-à-dire que la résurrection n’est pas une simple réanimation biologique qui réduirait la mort à un sommeil douloureux et temporaire, mais elle est un passage de la mort à la vraie vie. C’est pourquoi la résurrection est la victoire contre la mort, la mort en elle-même, et non la victoire contre une mort particulière, celle d’une personne déterminée, Jésus de Nazareth. Nous le disons d’ailleurs dans le Credo : « il est ressuscité d’entre les morts », et non pas « quelqu’un de mort est ressuscité ». Ce n’est pas sa mort qui est dépassée, mais la mort qui est vaincue.

En vainquant la mort, le Christ nous extirpe de la mort. Il n’y a donc pas que la Passion et la Croix qui soient un combat, la résurrection l’est aussi. La résurrection est une partie intégrante du combat pour le salut des hommes. Jésus n’est pas seulement le ressuscité, il est aussi le ressuscitant, le principe actif de la résurrection des hommes.

Ce qui nous aide à mieux comprendre pourquoi entre la Croix et la Résurrection il y a un délai, pourquoi entre la victoire définitive de Jésus remportée au matin de la Pâques et l’avènement du Christ dans la gloire il y a un temps où nous luttons encore contre la mort, pourquoi entre notre baptême où nous sommes plongés dans la mort du Christ et notre accès à la plénitude la vie, il y a le temps où le Christ nous attire à lui, le temps où il nous enfante à la vie malgré nos résistances. Le temps où la résurrection est une lutte.

Il est donc grand temps de laisser le Christ nous enfanter à la vie filiale qui seule peut faire notre béatitude. C’est par le psaume que nous participons déjà à la louange des anges et des fils et que nous découvrons la vérité de nos âmes et le dessein de Dieu pour ses enfants. Il chante la gloire de celui qui nous appelle à la vie, tenant pour vraies et acquises les richesses à venir : « Et moi, par ta justice, je verrai ta face : au réveil, je me rassasierai de ton visage. »

Écouter la Parole de ce jour

Outre notre bel octave de Buglose, sous les premiers charmes de l’automne, nous sommes comblés par ce que nous venons de vivre ces derniers jours et d’écouter en ce dimanche.

Jean-Pierre Renouard

Écouter la Parole de ce jour

Outre notre bel octave de Buglose, sous les premiers charmes de l’automne, nous sommes comblés par ce que nous venons de vivre ces derniers jours et d’écouter en ce dimanche. A quelques soixante kilomètres d’ici, est situé un village désormais paré deux fois de pourpre, rouge par son piment, rouge par son cardinal, Roger Etchegaray ; il fut inhumé dans le caveau familial du village basque de son enfance proche d’une autre famille célèbre, celle du Père Armand David, le lazariste découvreur du Panda et missionnaire botaniste. Ces deux hommes issus de la même terre ont foulé le même champ apostolique de la lointaine Chine pour y faire entendre le message évangélique et y parler du Christ, seul Sauveur des hommes. Ce qui est frappant chez ces êtres d’exception épris d’humilité, c’est qu’ ils sont passés par un enracinement typé fait de solidité et d’endurance, doués d’une forte nature, d’une volonté à toute épreuve et d’une foi toujours prête à se donner sans réserve ni économie, à ‘rendre compte de son espérance’.

Pourquoi les évoquer aujourd’hui ? Parce qu’ils me font écouter la Parole de ce jour avec une oreille ouverte autrement, parce qu’ils sont arrivés au comble du bonheur, j’ai envie grâce à eux, de regarder ce Père des cieux amoureux des hommes qui nous attend tous et que nous chrétiens d’ici et d’ailleurs, avons toujours à annoncer. Ce père est bon comme celui de l’évangile. Il est réticent à se séparer d’un trop jeune fils, exécutant ses désirs malgré tout, et, des temps et des temps plus tard, scrutant l’horizon pour mieux apercevoir sa silhouette chérie revenant à la maison, être saisi de compassion, courir à sa rencontre, le couvrir de baisers , le revêtir comme un prince, lui passer la bague d’alliance, organiser la fête et calmer son frère à la jalousie déplacée. Ce Père se montre aussi ‘bon berger’, à la recherche exclusive de la brebis perdue et ‘bon balayeur’ à la quête de la pièce d’argent qui roule à la dérive dans quelque coin obscur de sa maison. Dieu est un empressé, un chercheur d’hommes, un insatisfait de sa battue tant qu’il n’a pas retrouvé l’objet ou le sujet de sa tendresse. J’aime ce Dieu la, le vrai Dieu, Celui qui s’est abaissé jusqu’à l’extrême. Quel regard habituel je porte sur Lui ? Est-ce que je convertis mon regard s’il est toujours tourné vers un Dieu avide de répression et de punition ? C’est à un accueil chaleureux que j’ai à m’ouvrir car il m’attend, bras et cœur ouverts.

Certes, je suis souvent de la race des « chiens perdus sans collier » comme celui qui a traîné toute la semaine, sur la place du Berceau, au gré de nos humeurs. Nous sommes de ce « peuple corrompu », adorateur de veau d’or ou d’argent selon les traditions bibliques. Et nous mériterions châtiment mais Dieu ne varie pas et reste délibérément optimiste sur la créature que nous sommes. Inlassablement, Il nous aime ! Et il martèle par st Paul interposé : « le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs ». Et le Christ, c’est son fils, son Bien aimé, son image parfaite, sa réplique, son double, l’expression éclatante de sa bonté toujours avide de partager l’amour et de le partager à l’homme. Est-bien ainsi que je m’approche moi-aussi de lui, cœur dilaté, toujours prêt à aimer et à répandre le bien sans frontières?

Et je reviens au Cardinal d’Espelette plus basque que romain et qui nous a confié de mille manières ce qui fit battre son cœur d’apôtre de la paix, le poussant à des milliers de kilomètres et qui fut le moteur de sa vie. Je le cite en remerciant Dieu de me l’avoir donné comme évêque à Marseille et puis, comme pèlerin du Berceau et de Buglose en 1981,  clamant sans se lasser à toutes races « l’amour du Christ nous presse » ; écoutez-le:

« -Heureux celui qui, ayant découvert cette source de l’amour, ne sait plus s’en détacher !

-Heureux celui qui, buvant à cette source de l’amour, voit la soif grandir à l’instant même où elle est comblée !

Heureux celui qui ne peut contenir son admiration et va, comme un fou errant, crier l’amour du Christ par-dessus les toits et de colline en colline ! »[1].

Amen.

[1] « J’avance comme un âne » – Roger Etchegaray Fayard 84 – L’amour du Christ nous presse p 89

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Outre notre bel octave de Buglose, sous les premiers charmes de l’automne, nous sommes comblés par ce que nous venons de vivre ces derniers jours et d’écouter en ce dimanche. A quelques soixante kilomètres d’ici, est situé un village désormais paré deux fois de pourpre, rouge par son piment, rouge par son cardinal, Roger Etchegaray ; il fut inhumé dans le caveau familial du village basque de son enfance proche d’une autre famille célèbre, celle du Père Armand David, le lazariste découvreur du Panda et missionnaire botaniste. Ces deux hommes issus de la même terre ont foulé le même champ apostolique de la lointaine Chine pour y faire entendre le message évangélique et y parler du Christ, seul Sauveur des hommes. Ce qui est frappant chez ces êtres d’exception épris d’humilité, c’est qu’ ils sont passés par un enracinement typé fait de solidité et d’endurance, doués d’une forte nature, d’une volonté à toute épreuve et d’une foi toujours prête à se donner sans réserve ni économie, à ‘rendre compte de son espérance’.

Pourquoi les évoquer aujourd’hui ? Parce qu’ils me font écouter la Parole de ce jour avec une oreille ouverte autrement, parce qu’ils sont arrivés au comble du bonheur, j’ai envie grâce à eux, de regarder ce Père des cieux amoureux des hommes qui nous attend tous et que nous chrétiens d’ici et d’ailleurs, avons toujours à annoncer. Ce père est bon comme celui de l’évangile. Il est réticent à se séparer d’un trop jeune fils, exécutant ses désirs malgré tout, et, des temps et des temps plus tard, scrutant l’horizon pour mieux apercevoir sa silhouette chérie revenant à la maison, être saisi de compassion, courir à sa rencontre, le couvrir de baisers , le revêtir comme un prince, lui passer la bague d’alliance, organiser la fête et calmer son frère à la jalousie déplacée. Ce Père se montre aussi ‘bon berger’, à la recherche exclusive de la brebis perdue et ‘bon balayeur’ à la quête de la pièce d’argent qui roule à la dérive dans quelque coin obscur de sa maison. Dieu est un empressé, un chercheur d’hommes, un insatisfait de sa battue tant qu’il n’a pas retrouvé l’objet ou le sujet de sa tendresse. J’aime ce Dieu la, le vrai Dieu, Celui qui s’est abaissé jusqu’à l’extrême. Quel regard habituel je porte sur Lui ? Est-ce que je convertis mon regard s’il est toujours tourné vers un Dieu avide de répression et de punition ? C’est à un accueil chaleureux que j’ai à m’ouvrir car il m’attend, bras et cœur ouverts.

Certes, je suis souvent de la race des « chiens perdus sans collier » comme celui qui a traîné toute la semaine, sur la place du Berceau, au gré de nos humeurs. Nous sommes de ce « peuple corrompu », adorateur de veau d’or ou d’argent selon les traditions bibliques. Et nous mériterions châtiment mais Dieu ne varie pas et reste délibérément optimiste sur la créature que nous sommes. Inlassablement, Il nous aime ! Et il martèle par st Paul interposé : « le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs ». Et le Christ, c’est son fils, son Bien aimé, son image parfaite, sa réplique, son double, l’expression éclatante de sa bonté toujours avide de partager l’amour et de le partager à l’homme. Est-bien ainsi que je m’approche moi-aussi de lui, cœur dilaté, toujours prêt à aimer et à répandre le bien sans frontières?

Et je reviens au Cardinal d’Espelette plus basque que romain et qui nous a confié de mille manières ce qui fit battre son cœur d’apôtre de la paix, le poussant à des milliers de kilomètres et qui fut le moteur de sa vie. Je le cite en remerciant Dieu de me l’avoir donné comme évêque à Marseille et puis, comme pèlerin du Berceau et de Buglose en 1981,  clamant sans se lasser à toutes races « l’amour du Christ nous presse » ; écoutez-le:

« -Heureux celui qui, ayant découvert cette source de l’amour, ne sait plus s’en détacher !

-Heureux celui qui, buvant à cette source de l’amour, voit la soif grandir à l’instant même où elle est comblée !

Heureux celui qui ne peut contenir son admiration et va, comme un fou errant, crier l’amour du Christ par-dessus les toits et de colline en colline ! »[1].

Amen.

[1] « J’avance comme un âne » – Roger Etchegaray Fayard 84 – L’amour du Christ nous presse p 89

Homélie du 31° Dimanche du Temps Ordinaire – Chapelle de la Médaille Miraculeuse – Paris

La belle figure de Zachée et sa rencontre bouleversante avec Jésus sauveur nous est proposée aujourd’hui pour notre méditation. Qui est Zachée ? Qui représente-t-il dans ce récit ?

Roberto Gomez

Homélie du 31° Dimanche du Temps Ordinaire – Chapelle de la Médaille Miraculeuse – Paris

Chères sœurs et chers frères présents dans cette chapelle ou chez vous qui écoutez la messe à travers France culture.

La belle figure de Zachée et sa rencontre bouleversante avec Jésus sauveur nous est proposée aujourd’hui pour notre méditation. Qui est Zachée ? Qui représente-t-il dans ce récit ?

  • Du point de vue de la foule, Zachée est une personne non fréquentable. On le pointe du doigt parce qu’il est chef des collecteurs d’impôts. C’est ce qu’on appelle un publicain. En termes plus modernes il s’agit d’un collaborateur qui vole la population. C’est un canaille qui s’enrichi sur le dos des autres. C’est pour cela que les gens murmurent en disant : « C’est chez un pécheur qu’il est allé loger ». Bref, Zachée est un pécheur public !
  • De son point de vue à lui, il semblerait que Zachée soit stigmatisé par sa petite taille : c’est à cause de la foule et de sa petite taille qu’il lui est impossible de voir Jésus traversant la ville de Jéricho, la ville la plus basse dans le monde, à moins 240 mètres sous le niveau de la mer. Bref, non seulement il est détesté de tous mais il a une basse considération de lui-même. Il a honte de ce qu’il fait, de ce qu’il a fait !
  • Cependant, Zachée a un atout, un avantage : il est curieux, récursif et il est en mouvement! Il veut voir Jésus. C’est un désir vif et profond, pas seulement une banale curiosité ; peut-être pourrait-il le rencontrer ? Deux obstacles sont à surmonter : la foule qui lui fait écran et toujours cette petitesse qui l’empêche de se hisser, de se mettre à niveau. Alors, « il court en avant » et grimpe sur un sycomore. « Courir en avant » est une expression étrange dans la Bible. Elle décrit une poussée intérieure et profonde comme celle du Disciple bien-aimé et de Pierre le matin de Pâques.
  • Zachée représente à nos yeux toute ces personnes qui voulant voir Jésus, sont empêchées de la faire par la honte, la culpabilité et la stigmatisation qui s’en suit.

Dans cette histoire, c’est la rencontre avec Jésus qui change tout. Zachée est perché sur son sycomore, il veut voir Jésus passer ; mais il ignore que Jésus veut le voir aussi. En fait, le titre de cet épisode pourrait bien être : « Deux regards qui se croisent », n’est-ce pas ?  Zachée veut voir Jésus, mais il ignore que Jésus veut le voir aussi. D’ailleurs c’est Jésus qui levant les yeux lui dit : « Zachée, descends vite : il me faut aujourd’hui demeurer dans ta maison ». Il y a ici une nécessité, une urgence : il me faut demeurer chez toi. Le voyage de Jésus n’est pas une promenade, il ne fait pas un tour. Au contraire ce voyage de Jésus est un rendez-vous avec l’Homme, avec tout homme, avec l’homme Zachée. Jésus fait du chemin et chemin faisant se révèle dans l’aujourd’hui des personnes de bonne volonté. Il me faut AUJOURD’HUI être chez toi. Cet adverbe de temps, est très important dans la théologie de l’évangile de Luc. Du début à la fin de son évangile, Luc parle de l’aujourd’hui de Dieu qui est l’actualisation de son œuvre de salut : « Aujourd’hui nous est né dans la ville de David un sauveur », voilà le premier aujourd’hui dans l’évangile de Luc. « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis », voilà le dernier aujourd’hui dans ce même évangile.

Frères et sœurs, laissons résonner dans nos cœurs aujourd’hui ces parles de Jésus que jadis il adressait à notre frère jumeau Zachée : « Descends vite, il me faut aujourd’hui être chez-toi ».  Personne n’est trop petite pour Dieu. Personne ne doit désespérer de Dieu. Dieu nous cherche toujours avec espérance !

Alors c’est avec joie et rapidement que Zachée accueille Jésus chez lui. Et Jésus ose rentrer chez le pécheur public que tout le monde déteste et pointe du doigt. Quelle liberté de Jésus ! En disqualifiant Zachée la foule disqualifie aussi Jésus ; mais rien ne l’arrête. Telle est sa mission : chercher et sauver CE qui est perdu.

Zachée fait la vérité devant Jésus. Sa rencontre dans l’intimité avec le sauveur lui fait prendre conscience de ses torts. Le moi qui le condamnait et le tyrannisait (tu es un pécheur, tu es perdu, tu n’as plus d’espoir…) fait un pas de côté. Ce n’est pas devant soi que l’on peut faire la vérité mais bel et bien devant Dieu : De nous réhabilité, Dieu nous sauve, Dieu nous récrée, Dieu ouvre devant nous un avenir nouveau et le rend possible.

Zachée est un Fils d’Abraham, c’est-à-dire un fils de Dieu, aimé et désiré. Contemplons Jésus, ses paroles, son regard. Il cherche Zachée depuis toujours. Il le cherche parce qu’il y en lui quelque chose qui se perd. Il y a chez Zachée et chez chacun de nous une partie qui risque de nous perdre ou de se perdre. Voilà, pourquoi aussi Jésus cherche à nous voir et à nous rencontrer.

Détail magnifique du texte de Luc : il écrit : « le Fils de l’homme est venu chercher et sauver CE qui était perdu ». « CE » et non pas « CEUX ». Ce détail change tout ! Le Fils de l’homme n’est pas venu chercher et sauver CEUX qui se perdent, c’est-à-dire les autres. On serait tenté de penser que moi, je ne me perds pas… en ce cas-là, Jésus serait venu pour les autres, pour ceux qui se perdent. Or, aujourd’hui l’évangile nous fait pointer CE qui se perd en nous. Nous sommes donc cherchés et sauvés par Jésus.

Amen, Alléluia !!!

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Le Mois Missionnaire Extraordinaire et l’esprit missionnaire vincentien

Les estomacs des affamés du monde entier parlent la même langue … Les cœurs des pauvres du monde entier parlent la même langue … Les missionnaires du monde entier communiquent dans la même langue, le langage de l’amour …

Varghese Libin Parappuram

Le Mois Missionnaire Extraordinaire et l’esprit missionnaire vincentien

Les estomacs des affamés du monde entier parlent la même langue … Les cœurs des pauvres du monde entier parlent la même langue … Les missionnaires du monde entier communiquent dans la même langue, le langage de l’amour …

Le Mois Missionnaire Extraordinaire (octobre 2019) a été annoncé par le pape François à l’occasion du centenaire de la Lettre apostolique Maximum Illud du pape Benoît XV. Le thème choisi est “Baptisé et Envoyé : l’Église du Christ en mission dans le monde”, une initiative qui vise à faire prendre conscience de la valeur de la mission et à revitaliser le sens des responsabilités dans l’annonce de l’Évangile par un nouvel enthousiasme.

La mission est définie comme : “La vocation ou l’appel d’une organisation religieuse, en particulier chrétienne, à aller dans le monde et à répandre sa foi. Le concept de mission n’est pas nouveau dans l’Église. La Bible nous parle de la mission dès le début du genre humain. Avec l’amour de Dieu pour son peuple élu, les Israélites ont créé le besoin de missionnaires pour leur communiquer le message d’amour et de paix de Dieu. Les prophètes de la Bible étaient des missionnaires, ils ont quitté leur pays, leur peuple, leur culture pour vivre significativement les nouvelles situations dans lesquelles ils ont été placés par Dieu. Dans le Nouveau Testament, nous voyons Jésus devenir lui-même un missionnaire, passant d’un endroit à un autre pour proclamer une vie bonne et morale. A travers ses enseignements Saint Vincent a adopté le même esprit du Christ pour devenir un véritable missionnaire.

Je crois que l’identité vincentienne est dans la mission. La mission ne devient possible et réussie que si elle est accomplie avec amour et charité.

Le pape François nous appelle à redéfinir le concept de mission. Il nous invite à participer à une prédication enthousiaste de l’Évangile. La redéfinition de notre mission ne devrait pas être uniquement pour ce Mois Missionnaire Extraordinaire, mais pour toute notre vie. La notion traditionnelle de mission nous est familière.

Mais pour redéfinir la mission traditionnelle avec plus de responsabilité et d’enthousiasme, je suggère que les vertus suivantes soient assumées personnellement par chacun :

  1. Foi en Dieu:la foi dépasse nos attentes. Je crois que tout est possible pour et avec Dieu. La foi est une confiance totale et la confiance en Dieu. C’est croire aux promesses de Dieu. Il peut y avoir des moments dans la vie d’un missionnaire où on se sent seul. Il peut sembler que nous sommes seuls sur terre et cela est décevant. C’est alors qu’un vrai missionnaire a besoin de s’accrocher à Dieu. En mission, on peut parfois se sentir bien et parfois moins bien. Toutefois, ce que nous devrions toujours croire en la parole de Dieu qui nous dit : “Je suis avec vous pour toujours” Mt 28; 20. Que nos missions deviennent des exemples de la foi d’un Fils en son Père.
  2. Aimez les autres:L’amour est un ensemble complexe d’émotions, de comportements et de croyances associés à de forts sentiments d’affection, de protection, de chaleur et de respect pour tous. Le cri de saint Vincent ramena les cœurs des pécheurs au Christ. Notre mission devient le lieu de la présence de Dieu lorsque nous transmettons son amour pour les autres. Il est difficile d’aimer une terre étrangère, sa culture et ses habitants comme s’ils étaient des nôtres. Nous ne pouvons le faire qu’en donnant vie au Christ, comme l’a fait notre fondateur Saint-Vincent. Que nos missions deviennent des lieux d’amour.
  3. La charité pour tous:La charité signifie la volonté de faire preuve de gentillesse et de compassion. La charité est plus que faire de l’humanitaire. En tant que missionnaires vincentiens, nous devons être toujours prêts à motiver les gens pour aider ceux qui sont dans le besoin, comme l’a fait saint Vincent. La charité passe aussi par le fait d’offrir notre temps, nos talents et nos ressources pour le bien-être des personnes dans notre mission. Tout ce dont nous avons besoin, c’est d’une attitude de générosité. Que nos missions deviennent des centres de charité, où tous vivent la gentillesse et prennent soin des autres.

L’identité de la Congrégation de la Mission en tant que congrégation internationale de missionnaires clarifie en soi son objectif. L’objectif de tous les vincentiens devrait être de dépasser les frontières des communautés locales, des régions et des provinces pour établir une frontière plus large pour le Christ. L’esprit de mission devrait s’enflammer en nous. Le feu de l’amour du Christ et de son peuple ne doit jamais permettre à un vincentien de rester inactif dans sa vie. Nous ne pouvons pas nous permettre de trier en fonction de leur moralité les estomacs affamés à nourrir.

Ce qui compte dans notre vie de Vincentien, c’est la gentillesse et la compassion associées à l’amour pour Dieu et son peuple. Tout ce dont nous avons besoin est de façonner ensemble notre avenir en tant que vincentien. Quand tous les autres donnent des choses pour la vie, un vincentien appelle à se donner. Si je suis riche, je dois être encore plus riche en donnant. Ce Mois Missionnaire Extraordinaire nous incite à redéfinir notre attitude à l’égard de la mission. Faisons de la mission notre priorité. Nous sommes des missionnaires où que nous soyons. Essayons d’étendre la charité et la morale de Dieu et de notre fondateur à tous ceux que nous connaissons. Demandons à Saint Vincent d’intercéder pour nous tous afin que nous devenions des missionnaires rajeunis avec enthousiasme et zèle pour la mission.

Traduit de l’Italien par
Jean Baptiste GNING
Province de France

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