Homélie des funérailles du P. Bernard Pichon CM. 31 mars 2021 en la Chapelle Saint Vincent de Paul à Paris

L’un de tes confrères, Marius Denigot, écrit dans ses remerciements à la fin de son ouvrage « Villebon-sur-Yvette, notre histoire » : « Nous le savions déjà, le Père Bernard Pichon fut le maître d’œuvre de la découverte du Villebon géographique, par ses observations, ses commentaires de spécialiste en la matière ... et un ouvrier de la première heure pour l’ouvrage. »

Philippe LAMBLIN CM

Homélie des funérailles du P. Bernard Pichon CM. 31 mars 2021 en la Chapelle Saint Vincent de Paul à Paris

Cher Bernard. L’un de tes confrères, Marius Denigot, écrit dans ses remerciements à la fin de son ouvrage « Villebon-sur-Yvette, notre histoire » : « Nous le savions déjà, le Père Bernard Pichon fut le maître d’œuvre de la découverte du Villebon géographique, par ses observations, ses commentaires de spécialiste en la matière … et un ouvrier de la première heure pour l’ouvrage. »

Si quelqu’un perdait le nord à Scy-Chazelles, à Dax, à Cuvry, à Villebon, à Metz-Belletanche, et ici à Paris, ton écoute, ta bonhommie, ton expérience, ton souci de l’autre, il pouvait compter sur ta confiance et ta générosité naturelle.

Cet après-midi, pour accompagner ton dernier voyage, à la suite de Jésus, tu nous dis : « regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles, ni moisson ! » et aussi : « Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas. » Et Jésus ajoute un peu plus loin : « Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice. »

Depuis le 27 octobre 1946, date de ton entrée au Séminaire Interne, tu as souvent médité cette parole de Jésus, quand tu relisais les maximes évangéliques des Règles Communes de la Petite Compagnie, où st Vincent de Paul cite Jésus : « Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice. »

Les Règles communes t’ont collé à la peau toute ta vie, et particulièrement les 5 vertus puisées dans les conseils évangéliques : la simplicité, l’humilité, la douceur, la mortification et le zèle. A travers chacune d’elles, nous retrouvons l’un des visages du fils de Joseph et de Marie, non pas de Nazareth, mais Pichon, originaire de Scy-Chazelles, ce village logeant la Moselle, au pied du Mont Saint Quentin, fortifié pour veiller et défendre Metz.

Bernard, le terroir de Scy-Chazelles, sur les côteaux du Mont Saint Quentin, dans les petits clos de vignes qui bordent la route de Lessy, tu as appris à l’aimer avec tes deux frères et tes deux sœurs. C’est là qu’est née ta vocation comme celle de ta sœur Marie-Louise, Fille de la Charité.

Cependant, tu n’attendais pas que le Père céleste t’appelle et te nourrisse, tu n’espérais pas que les choses tombent du ciel.

En 1944, tu as eu 19 ans quelques jours après le débarquement en Normandie, à peine 3 mois après, tu t’engages volontairement pour une durée incertaine, car il fallait en finir avec une idéologie mortifère et tu seras démobilisé au début de l’année 1946. A la rentrée, tu rejoindras Dax pour entrer au séminaire interne et te préparer à devenir prêtre de la Mission pour célébrer la messe, pour continuer à dire les paroles de Jésus sur le pain et le vin. En cette veille de Jeudi Saint, où tous les prêtres aiment revivre ensemble la Cène, comme Jésus l’a vécu avec ses disciples, chacun de tes confrères ici présents aurait aimé te savoir à leurs côtés, ou plutôt à la place que tu t’étais réservé dans ce chœur pour prononcer dignement, la main étendue vers le pain de la patène et vers le vin du calice : « prenez et mangez, ceci est mon corps ; prenez et buvez, ceci est mon sang ».

Le blé pour le pain et le raisin pour le vin, la terre de Scy-Chazelles les produisait depuis des centaines années. La vigne se trouvait dans les hauteurs, les céréales étaient cultivées au bas du village. Entre les deux une zone fruitière avec les fraisiers, les framboisiers et les mirabelliers.

Quel bonheur pour toi, Bernard, de dire : tu es béni, Dieu de l’univers, toi qui nous donnes ce pain et ce vin, fruits de la terre et du travail des hommes. Fruits de la terre…

La terre, tu nous dirais que nous ne devons pas que l’aimer et l’admirer sur une carte ou en faisant tourner une mappemonde ou dans un film-découverte d’Arthus-Bertrand, car le Pape François dans son encyclique Laudato Si demande que nous protégions la terre, notre maison-jardin, car le monde naturel est l’évangile de la création.

Sans aucun doute, le Père Pichon, coiffé de son inséparable béret, vivait pour protéger la terre, sa terre.

Oui, tu as été heureux de vivre dans le parc de Cuvry, où tu as créé un arborétum, replanté des marronniers et des sapins dans le parc, soigner les pommiers du jardin, multipliant les fraisiers ; cette joie tu cherchais à la partager aux élèves de Cuvry tout en n’hésitant pas à aider ton frère François resté célibataire dans la ferme familiale. Et tu n’hésitais pas aussi à échanger avec les élèves lors de promenades dans l’allée des marronniers ou à les réjouir à la Saint Nicolas ou par un feu d’artifice.

Ton amour et ton respect de la terre que ce soit en cours de Géographie ou lors des échanges informels avec les élèves sont l’origine de tes Palmes Académiques par ton sens de la pédagogie auprès des adolescents, devenus tristes par des évènements familiaux de toute sorte.

Bernard, te souviens-tu comment ces palmes ont été retrouvées dans ta chambre à Belletanche ? Tombée derrière un meuble que nous allions déménager, je te la donne et tu me dis : « Je ne la méritais pas, je ne sais rien. »

Et si nous continuons ton parcours, nous arrivons à Villebon-sur-Yvette, où tu as collaboré pendant 4 ans au travail de tes confrères, comme je le rappelais il y a quelques instants.

Puis ce sera le retour en Lorraine, à Belletanche, où tu as assuré le service de l’aumônerie des Filles de la Charité, tout en veillant à l’avenir de Cuvry dans l’OGEC.

Ici, depuis que tu es arrivé dans cette maison, tu diras ouvertement que tu as fait un bon choix en acceptant d’être un peu coupé de ta terre natale. Tu apprécieras de parler avec des confrères, après un certain isolement à Belletanche. Nous avons pu nous taquiner avec toi, comme le font de bons amis. Tu nous as fait partager tes bons souvenirs. Tu as cherché à nous faire plaisir avec quelques bouteilles du vignoble Ste Françoise ou des Hautes Braies, tout en nous rappelant que les mirabelles de Lorraine avaient meilleur goût.

Tu rappelais que tu avais distribué la communion à M. Robert Schumann, l’un des pères de l’Europe, dans l’église de Scy-Chazelles.

Comme l’apôtre Paul, tu nous as transmis de la vie à travers des évènements, et comme Jésus, tu nous dis : « Ne vous souciez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni, pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ? »

Enfin rendons grâce à Dieu, avec toi, Bernard, pour ton regard serein sur les évènements de la vie que tu nous as partagés.

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Des vies ont été empêchées, mutilées, parfois pour toujours…

« Des vies ont été empêchées, mutilées, parfois pour toujours », explique, dans une tribune au « Monde », Véronique Margron, la présidente de la Conférence des religieux et religieuses de France, qui appelle à une indispensable éthique de responsabilité de l’Église. Et à « réparer l’irréparable ».

Province de France Congregation de la Mission

Des vies ont été empêchées, mutilées, parfois pour toujours…

« Des vies ont été empêchées, mutilées, parfois pour toujours », explique, dans une tribune au « Monde », Véronique Margron, la présidente de la Conférence des religieux et religieuses de France, qui appelle à une indispensable éthique de responsabilité de l’Église. Et à « réparer l’irréparable ».

 

Article publié dans le journal Le Monde du 30 mars 2021 

Tribune. « Celui qui est resté passif sait qu’il s’est moralement rendu coupable chaque fois qu’il a manqué à l’appel, faute d’avoir saisi n’importe quelle occasion d’agir pour protéger ceux qui se trouvaient menacés, pour diminuer l’injustice, pour résister. »

Cette parole du philosophe Karl Jaspers (1883-1969), à propos de la « culpabilité allemande », dit pourquoi l’Eglise catholique ne peut pas ne pas reconnaître sa responsabilité dans les abus spirituels, les agressions sexuelles et les viols commis par certains de ses membres. Responsabilité dans le climat, voire le système, qui les a couverts, déniés, minimisés. Système qui aura ignoré, parfois dénigré les victimes et leurs proches, considérés comme la cause du scandale.

Les évêques de France, le 26 mars, ont clairement assumé la responsabilité de l’Eglise, « devant la société, en demandant pardon pour ces crimes et pour ces défaillances ». C’est un pas décisif. De son côté, la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise (Ciase) entame la rédaction du rapport qu’elle livrera à l’automne – rapport essentiel à la nomination et la compréhension de l’ampleur des crimes commis.

L’Église devra beaucoup à l’immense travail accompli par cette commission, comme elle doit plus encore aux victimes qui ont surmonté leur peur de ne pas être entendues, leur sentiment de honte, pour prendre la parole et réclamer l’engagement de l’institution, la reconnaissance du mal commis, la mesure du mal subi.

Répondre de la vie des victimes

Qu’est-ce qui oblige à la responsabilité ? L’authentique sensibilité au mal. Il ne s’agit pas seulement de répondre de soi, mais de répondre devant l’autre des fautes et des souffrances, de l’irréparable subi par l’enfant, l’adolescent violenté, l’adulte trahi dans sa confiance, fracassé en son âme autant qu’en son corps. Tous ceux qui exercent une charge dans l’Eglise catholique sont assignés à la responsabilité. A répondre de la vie des personnes victimes – vies martyrisées par le mensonge, la séduction vénéneuse, la lâcheté, la désinvolture, le refus de voir.

La responsabilité morale ne relève pas de la réciprocité, mais d’une dissymétrie envers l’humain vulnérable. Il s’agit de nous tenir pour responsables et pas seulement d’être considérés – à raison d’ailleurs – responsables par celles et ceux qui nous font confiance. La responsabilité n’est pas imputée simplement par autrui : elle relève de la décision de s’engager corps et âme à répondre à quelqu’un. Qu’il me le demande ou pas. Y compris pour ceux qui ont refusé de répondre et d’eux- mêmes et de leurs crimes. Par action ou par omission. La responsabilité est ici décision, appel irréfutable devant le visage sans défense.

« S’avouer responsable, c’est changer de position. C’est diminuer en prétention morale, en superbe spirituelle. C’est devenir plus modeste car c’est accepter de rendre des comptes »

L’auteur porte la responsabilité personnelle – pénale – de la violence qu’il a fait subir. Des ecclésiastiques portent une responsabilité pénale pour avoir couvert des crimes et soustrait à la justice des membres coupables d’actes ignominieux dans le cadre de leurs activités religieuses. Tous ceux-là ont à répondre au juge « de quoi » ils sont responsables. Mais c’est bien toute l’Eglise, en ses autorités avant tout, qui porte une « responsabilité collégiale » (selon les mots de la philosophe Nathalie Sarthou-Lajus), où chacun est impliqué d’avoir entretenu le terreau infecté facilitant les abus de pouvoir, de conscience, comme les agressions et violences sexuelles.

Diminuer en superbe spirituelle

De quoi sommes-nous responsables, devant qui et de qui le sommes-nous ? « Qui dit vocation dit responsabilité, et la responsabilité étant une réponse entière de l’homme entier à la réalité entière, on ne saurait s’en tenir à son devoir professionnel au sens restrictif ; une restriction pareille serait de l’irresponsabilité » (Dietrich Bonhoeffer, Ethique, 1949). De qui sommes-nous aujourd’hui responsables ? Sinon justement de toutes les victimes, connues ou non, de leurs proches, affectés ô combien ; du visage du Christ doux et humble, ami et défenseur des plus petits. Visage trahi, humilié par ceux-là mêmes ayant un jour publiquement signifié qu’ils lui vouaient leur vie.

S’avouer responsable, c’est changer de position. C’est diminuer en prétention morale, en superbe spirituelle. C’est devenir plus modeste car c’est accepter de rendre des comptes. Et c’est ce qui se passera avec le rapport de la Ciase : rendre publiquement des comptes. Voilà la première des obligations, des réparations. Si d’aucuns ont pu croire que c’était devant Dieu seul – au mépris de la justice des hommes – que se rendaient les comptes, c’est face aux victimes, à leurs proches, devant l’ensemble du peuple de Dieu et du monde que l’Eglise doit le faire et manifester sa honte et sa douleur.

« Des manipulateurs ont usé de l’autorité que Dieu leur conférait pour fracasser des enfances, des consciences, des confiances »

Car notre responsabilité est aussi spirituelle. Le christianisme annonce un Dieu qui bénit l’homme vivant, relève, libère. Un Dieu qui restaure l’humaine dignité de celles et ceux qui sont écartés par le système social, les croyances de l’époque : femmes, enfants, malades…

Dans l’Eglise catholique, des femmes et des hommes – enfants, adultes – ont été meurtris jusqu’au tréfonds de la chair comme de l’esprit, de l’âme, de l’intime. LaParole de Dieu a été tordue pour servir les intentions les plus viles. La Tradition détournée par des théologies hallucinantes. Des manipulateurs ont usé de l’autorité que Dieu leur conférait – disaient-ils – pour fracasser des enfances, des consciences, des confiances. Cette responsabilité spirituelle est immense. Elle nous met devant Dieu qui nous convoque à être devant tous et reconnaître ce qui a été corrompu de la foi au Dieu fait chair, engagé en faveur des plus fragiles.

Enfin, l’éthique des responsabilités engage à réparer ce qui n’est pourtant pas réparable. Des interdits majeurs ont été transgressés : celui du meurtre, du mensonge, de la dissymétrie entre le faible et le fort. Des vies ont été empêchées, mutilées, parfois pour toujours. Alors oui, il faut réparer l’irréparable, avec la conscience qui doit nous laisser meurtris que de l’irréparé demeurera. La vérité sur la faute fonde le christianisme. Ainsi l’Eglise catholique peut-elle sortir plus vraie, plus juste si elle sait aller jusqu’où cela s’imposera, et que nous ne connaissons pas encore.

Religieuse dominicaine, théologienne, Véronique Margron est présidente de la Conférence des religieux et religieuses de France (Corref). Elle est l’autrice d’Un Moment de vérité. Abus sexuels dans l’Eglise (Albin Michel, 2019).

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Le cas de l’art public soutenu par la communauté en tant que ministère vincentien

Toute la lecture que j’ai faite de Saint-Vincent, me fait penser qu’en son temps, la fabrication de l’art visuel n’était pas quelque chose pour un membre de la Congrégation. La vanité et la commercialisation qu’il constatait dans l’art à son époque devait le déranger. Que penserait-il de mes efforts en 2021 ?

Bro Mark E. Elder CM

Le cas de l’art public soutenu par la communauté en tant que ministère vincentien

Il y a plus de vingt ans maintenant que l’on m’a demandé (ou que j’ai reçu la permission), de réaliser un cycle mural dans le hall de la Curie générale à Rome. Le révérend Robert Maloney, cm, supérieur général à l’époque, avait entendu et vu certaines de mes œuvres antérieures d’art mural à Chicago. Je pense donc qu’il s’est senti à l’aise pour me donner cette occasion. Les autres confrères vivant à la Curie en 2000, naturellement, étaient plus réservés. Je suis sûr qu’ils s’attendaient à ce que j’ai un thème et des croquis prêts quand j’ai passé la porte en février de cette année. J’ai montré à la maison une présentation de mes œuvres murales antérieures. Une fois terminé, j’ai demandé à chacun : « Quel message devrait avoir une composition murale pour les visiteurs de la Curie ? « Qu’est-ce que vous, (Les deux images : La famille vincentienne, Les Glaneurs, la Curie, Rome, 2000.) membres de la maison- la communauté, voulez dire dans cette peinture murale ? En posant des questions comme celle-ci, je me suis à mis à leur service, et les confrères ont été surpris. Ils ne savaient pas que l’art pouvait être créé à partir d’un dialogue avec eux. Ils ne savaient pas qu’ils pouvaient eux-mêmes être créateurs d’art. Je suis un artiste instrument de la volonté de la communauté. Quelle que soit cette communauté et n’importe où. C’est l’essence même de la façon dont je travaille et enseigne sur l’art, afin que je puisse être la voix de ceux qui n’ont pas de voix. Si ma version de l’art était présente à l’époque de Vincent, je crois vraiment qu’il serait à l’aise avec ce que je fais, et essaie d’encourager.

Our beaucoup de gens, le stéréotype de l’art semble être égocentrique. Certes, dans le monde de l’art contemporain commercial, il l’est. C’est leur affaire de faire des œuvres d’art comme produit à vendre, afin de promouvoir le nom de l’artiste. Il est difficile pour eux de séparer l’œuvre privée de l’artiste de sa vie publique, c’est souvent ainsi.

Pour moi, c’est différent. J’aime faire des peintures murales parce que les peintures murales ne peuvent pas être une marchandise d’art. Elles sont disponibles pour n’importe qui afin d’en profiter à tout moment, en particulier celles qui sont sur les murs extérieurs. Cela peut sembler plutôt socialiste, mais ce peut être aussi une approche très chrétienne. Permettez-moi de donner un exemple ou deux.

J’étais dans mon bureau d’université de DePaul Uun jour en 2007, quand j’ai reçu un appel d’un représentant d’une école primaire catholique à Philadelphie, PA. (Sur la côte est des USA.) L’école (l’école catholique DePaul) avait vu certaines de mes œuvres, et voulait m’inviter à faire une peinture murale pour eux. Leur intention était de montrer au quartier de quoi il s’agissait. Si le lecteur a les moyens d’explorer des « peintures murales à Philadelphie », cela conduirait le lecteur à une révélation. Toute la ville comprend la valeur de l’art public soutenu par la communauté. La ville en est remplie.

Alors que j’écris ceci, il y a plus de 4.000 pièces murales extérieures dans les divers quartiers de Philadelphie. Présentes dans les quartiers riches et pauvres. Toutes très bien entretenues et de nouvelles sont ajoutées chaque année. Alors lorsqu’est venu pour moi le temps de commencer à travailler avec les gens de la DePaul Catholic School à Germantown de Philadelphie, j’ai été présenté à tout le quartier. Plus de 2000 personnes de l’école et du quartier environnant sont venues à ma séance de présentation et d’échange. Collectivement, ils ont tout de suite compris ce qu’ils voulaient dire et ils ont pu voir que j’écoutais. Un mois plus tard, quand j’ai révélé mon premier croquis pour l’école, ils ont pu voir que je les avais entendus. L’ensemble du quartier a aimé la proposition et tout le quartier a été très réceptif pour le projet.

Il a fallu 3 sessions d’été (de six semaines chacune) durant lesquelles j’ai dirigé tous les bénévoles dans un atelier portes ouvertes. Les parties de base de la peinture murale ont été décomposées sur un espace où n’importe qui de 6 à 85 ans pouvait venir et aider à peindre la peinture murale. Et ils l’ont fait, plus de 250 personnes sont venues m’aider à peindre et à installer le mural, au moment où il a été achevé en 2010. Il inclut notre propre Supérieur Général de l’époque, le Père Gregory Gay, cm

La couleur, la composition, et toutes les personnes participantes, sont une grande preuve de l’efficacité de la peinture murale. Elle est jusqu’à ce jour l’une des parties les plus lumineuses de Germantown.

 

Vincent’s Orchard, école catholique DePaul, Philadelphie, PA, 2010

Au fil des ans, j’ai collaboré de la même façon avec quelques quartiers de Chicago. L’un d’eux St.Vincent’s Orchard, Ecole Catholique DePaul, Philadelphie PA, 2010, ce quartier était le quartier de Chicago Sud. Un quartier pauvre avec un centre d’art très organisé. On m’a demandé de collaborer avec les jeunes artistes là-bas, et mes propres étudiants DePaul. Plusieurs sessions de conversation avec les étudiants du centre d’art ont donné un thème qui disait « non » aux gangs organisés, et le respect de leurs héros locaux dans le quartier.

Lorsque la peinture murale a été installée à la fin de l’été 2007, elle a été bien reçue pour son message positif.

J’ai d’autres pièces sur le territoire des États-Unis. Tant dans les écoles que dans les paroisses. Le tout réalisé de la même façon. En ce moment, je travaille un projet assez intense à l’Université DePaul. Il est situé sous l’arrêt de train surélevé Fullerton dans le quartier de Lincoln Park. Les voies sont maintenues par de grands piliers en béton. DePaul est bientôt sur le point de célébrer son 125e anniversaire. J’ai pensé qu’il serait bon d’illustrer son histoire en décorant les piliers qui tiennent la station. J’ai eu la coopération de la Chicago Transit Authority et de l’Université. Ils étaient tous les deux enjoués par l’idée. L’ensemble du contenu provient des gens de l’Université. Le corps professoral, le personnel et les étudiants. Les étudiants ont beaucoup pour composer les dix-huit piliers qui composent la collection, et elle sera terminée, avec vingt-cinq.

Au tournant du XXe siècle, DePaul était appelée « la Petite École sous le « L» (Loop = métro centre-ville). Je suis sûr que Saint-Vincent auraitaimé ce surnom. Au dernier décompte, nous avons 22 000 étudiants. Mais l’esprit de « petit » est toujours là. Ainsi, le titre de cette pièce est L’histoire de la petite école sous le « L », Sous le « L ».

Mural @ 91st. St. Bro. Mark et les Elèves du Centre d’Art Visuel à Chicago IL.

Au tournant du XXe siècle, DePaul était appelée « la Petite École sous le « L» (Loop = métro centre-ville). Je suis sûr que Saint-Vincent auraitaimé ce surnom. Au dernier décompte, nous avons 22 000 étudiants. Mais l’esprit de « petit » est toujours là. Ainsi, le titre de cette pièce est L’histoire de la petite école sous le « L », Sous le « L ».

Toute la lecture que j’ai faite de Saint-Vincent, me fait penser qu’en son temps, la fabrication de l’art visuel n’était pas quelque chose pour un membre de la Congrégation. La vanité et la commercialisation qu’il constatait dans l’art à son époque devait le déranger. Que penserait-il de mes efforts en 2021 ?

Je crois vraiment qu’il serait à l’aise avec cela. Parce qu’il verrait que des communautés pauvres dans leur ensemble y trouvent un moyen d’exprimer et de visualiser ce qui est leur semble important. La propriété du message, l’enthousiasme de la confiance retrouvée sont merveilleuses à retrouver dans les personnes, pour chaque nouvelle pièce que nous aidons à créer.

Saint Vincent n’aime peut-être pas son portrait dans le hall de la Curie. (Comment le pourrait-il ? Etant le véritable homme de l’humilité.) Mais ce fut le choix des confrères de la maison à l’époque de l’avoir ainsi souhaité. Ainsi que le reste de la peinture murale. Ce sont eux qui ont fait les grands choix que nous pouvons encore voir aujourd’hui.

 

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Une Église au service du monde par amour du Christ

L’une des forces des sectes ou de communautés nouvelles, est la convivialité entre les membres. L’inconvénient des grandes structures est l’anonymat ! L’un des griefs les plus souvent évoqué par ceux qui ne côtoient plus l’Église est sur ce ressenti d’accueil ou plus exactement de non-accueil. Pourtant bien des églises ont fait effort pour soigner l’accueil pour ceux et celles qui viennent à une célébration.

Vincent Goguey

Une Église au service du monde par amour du Christ

L’une des forces des sectes ou de communautés nouvelles, est la convivialité entre les membres. L’inconvénient des grandes structures est l’anonymat ! L’un des griefs les plus souvent évoqué par ceux qui ne côtoient plus l’Église est sur ce ressenti d’accueil ou plus exactement de non-accueil. Pourtant bien des églises ont fait effort pour soigner l’accueil pour ceux et celles qui viennent à une célébration. Mais quelle connaissance y a-t-il de ces frères et sœurs une fois que nous sommes en extérieur de l’église ? L’esprit de famille ne peut se réduire à une heure de célébration par semaine, il est indispensable qu’il s’accomplisse dans des relations naturelles tout au long de la semaine pour concrétiser cet appel du Christ à devenir ses frères et sœurs. Avons-nous le souci de savoir ce qu’ils vivent dans leur famille ? leur travail ? leur santé ? Etc. Nous sommes très marqués par le fameux « liberté chérie, je ne veux pas m’immiscer dans leur vie personnelle ». C’est ce qui a donné une base de solidité à notre indifférence d’aujourd’hui, l’un des pires maux du moment. Nous avons tous besoin de reconnaissance pour exister et là comme on ne veut pas t’imposer quoi que ce soit on te laisse de côté !

L’Église est belle que lorsqu’elle se met au service du monde. Le Christ a tant aimé le monde qu’il a donné sa vie pour lui ! Si nous sommes appelés à suivre le Christ on ne peut faire autrement que de se mettre au service du monde !

Trop souvent nous regardons l’histoire de notre Famille qu’avec les yeux de nos détracteurs ! Nous évoquons si souvent l’affaire Galilée, l’inquisition, les croisades ou la pédophilie. Il est évident qu’il ne faut pas le nier, ni nous réinterroger pour savoir comment être davantage dans l’Esprit du Christ mais l’Église ne se réduit pas qu’à cela, loin sans faut. Juste sur l’inquisition, savons-nous que ça a été une véritable avancée judiciaire au moyen-âge ? Jusque-là c’était le prince du lieu qui était juge et partie, alors c’est évident qu’on savait dès le début qui allait gagner ! L’inquisition c’est cinq points importants qui sont encore le socle de notre justice d’assise aujourd’hui : qu’il y ait une enquête (ce que signifie inquisition) qu’il y ait un avocat pour défendre l’accusé, institution d’un juge indépendant ; création d’un groupe de jurés, pris dans la population, enfin que soit apporté la preuve de l’accusation.

Avec l’affaire Galilée on veut discréditer l’Église vis-à-vis de la science. Savons-nous que Copernic était un chanoine, astronome un siècle avant Galilée à défendre l’héliocentrisme ? Bien sûr toute nouveauté apporte aussi des tensions, certaines incompréhensions, il faut du temps pour que chacun puisse faire le chemin nécessaire à une nouvelle compréhension de notre monde. En Église aussi, certains avancent plus vite que d’autres…

Il est essentiel de regarder tout ce qu’a permis l’Église au long des siècles pour être juste avec elle et réapprendre à être fière d’être membre de cette famille de Dieu !

Dans les premiers siècles, bien des évêques ont été les défenseurs de leurs cités face aux invasions des barbares. Toute l’histoire du monachisme nous montre combien les moines ont apportés des avancées substantielles à la vie des gens où ils s’implantaient. Il suffit de voir leurs actions dans le monde agricole, combien ils ont assaini de régions marécageuses, développé tout un savoir sur les plantes (pour la médecine) ou la sélection de graines pour de meilleurs rendements afin de nourrir toute la population.

Si nous observons toute l’histoire de la santé, on verra que très fréquemment l’Église, via ses missionnaires (laïcs et religieux) a développé dispensaires et hôpitaux à travers le monde. Idem avec la question de l’éducation. La plupart des écoles de religieux avait comme cible première les enfants des pauvres. L’éducation était tellement bonne que les riches y ont envoyé leurs enfants !

La présence des chrétiens auprès de personnes vulnérables et isolées est une constante en Église. Au XIXe siècles, combien de congrégations ont vu le jour pour être au service de l’abandonné ?

Plus récemment il y a eu l’action catholique qui a formé des générations entières de jeunes et adultes pour s’investir dans les rouages de la société en mettant en acte la doctrine sociale de l’Église. C’est aussi tout le développement des patronages qui ont tant marqué la génération de nos anciens avec en parallèle les premiers cinémas déployés dans les salles paroissiales. Réjouissons-nous que le monde laïc ait repris le flambeau de toutes ces institutions car une fois que le sillon est tracé pour que d’autres prennent le relais il nous est demandé d’aller sur d’autres terres en friches !

L’Église n’est donc belle que lorsqu’elle se met au service du monde, des humains par amour pour le Christ et pour répondre à l’appel de Dieu.

Comme elle est actuellement en fragilité, le réflexe est de se replier sur elle-même avec toutes les questions identitaires communautaristes et de tenter de gérer ses propres pauvretés. Pourtant il est essentiel de continuer à être au service. Elle le fait déjà sans qu’on en ait bien conscience. Lors de rencontres d’Équipe d’Animation Pastorale, j’ai pour habitude de demander aux personnes de se présenter avec une joie vécue dans leur engagement ecclésial. Quelle merveille d’entendre chacun révéler sa joie de vivre en évoquant leur engagement auprès de personnes isolées chez-elles ou en EPHAD, l’accompagnement de personnes en fin de vie ou présence auprès des familles en deuil, la visite des détenus en prison, investissement dans une association d’accueil de migrants ou autre association caritative. Ce sont les lieux de fragilités actuelles de notre société qui n’aime pas voir le monde de la souffrance et du désarroi. Chaque chrétien investi dans ces lieux est une présence concrète de l’Église dans notre société.

Il est de bon ton d’être ouvert à tous et d’accueillir chacun avec ce qu’il est… même parfois au détriment du bon sens et du respect de la Vie. L’Église est fer de lance dans la défense de la Vie avant son arrivée sur Terre (embryon) et jusqu’à son extrême limite avant le grand départ en passant par tous ceux et celles qui sont vulnérables (handicap, maladie, errants, migrants…). Elle n’est pas toujours bien perçue car elle interpelle les bonnes consciences mais nous ne sommes pas là pour plaire mais bien pour faire la volonté de Dieu.

Pour redonner vie à l’Église, il est donc nécessaire de regarder notre monde et de repérer les pauvretés du moment. Ensuite discerner les moyens nécessaires pour nous y investir. Puis passer à des actes concrets. Mais au-delà de tout cela il est tout aussi important de nous réinterroger sur notre relation au Christ. Car des gens charitables, il y en a beaucoup en dehors de l’Église. Le chemin de la foi nous apprend à marcher en équilibre entre notre attachement à notre Sauveur, le Christ et nos actions auprès des délaissés de notre société ces deux réalités sont indissociables, ce sont elles qui nous permette de vivre en Dieu.

Dieu continue à appeler, la question est de savoir si nous l’entendons et si nous sommes prêts à y répondre !

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Une Église en désarroi

Je voudrai vous partager quelques réflexions à la suite de mes trois ans de mission en Périgord. Ce qui suit est plus particulièrement un certain constat d’une réalité pas toujours évidente à accueillir. Le risque est d’être dans un certain déni de réalité.

Vincent Goguey

Une Église en désarroi

Je voudrai vous partager quelques réflexions à la suite de mes trois ans de mission en Périgord. Ce qui suit est plus particulièrement un certain constat d’une réalité pas toujours évidente à accueillir. Le risque est d’être dans un certain déni de réalité. Il y a des lieux d’Église qui fonctionnent bien, avec des communautés rassemblées qui ont toute une dynamique et où l’on sent la joie de se retrouver pour célébrer le Seigneur ; béni soit Dieu. Il y en a d’autres où c’est plus difficile, souffrant. C’est ce que je voudrais évoquer maintenant.

La discussion avec un prêtre du diocèse m’a permis de mettre des mots sur ce que je ressentais depuis quelques temps vis-à-vis de mon vécu, principalement en église rurale. Ce prêtre me partageait qu’à son ordination (il y a déjà 25 ans) il disait qu’un très gros pourcentage de sa mission serait de faire du soin palliatif en église ! Donc accompagner jusqu’à la mort avec le plus d’attention et de délicatesse possible ! Ceci serait bien si nous avions les moyens et dispositions que l’on peut trouver dans ces centres d’accompagnements en soins palliatifs mais c’est rarement le cas.

Il est donc nécessaire de déplacer quelque peu l’image et de regarder un couple dans sa vieillesse où l’un des deux commence à avoir petit à petit de plus en plus besoin d’aide. Très souvent l’autre entre dans une attitude d’aide, ouvrant insensiblement le sillon du déséquilibre : Aidant / Aidé ! Ça peut arriver à la suite d’un AVC ou autre attaque, mais souvent ça commence par le besoin d’aide à mettre les bas de contention, ou d’une aide pour se déplacer ou encore de faire la toilette. La dépendance s’aggravant, l’Aidant devient quelque peu prisonnier de cette relation instaurée sans regarder de trop près ce que cela implique. Le souci est qu’un bon nombre d’Aidant, décède avant l’Aidé !!! Ces personnes s’y épuisent littéralement ne calculant pas le déséquilibre instauré par la dégradation de santé du conjoint. Dans ces situations de couples, il est bien souvent assez difficile de faire prendre conscience à l’Aidant qu’il a lui aussi besoin d’aide, de répit, de moments pour se ressourcer, sortir de cette situation où il n’est devenu QUE Aidant. L’Aidé peut même parfois devenir très exigeant. L’Aidant a bien souvent le sentiment de l’abandonner, de ne pas tenir son engagement d’être là pour le meilleur… et pour le pire. Il n’est plus à l’écoute de ses propres besoins. Littéralement il meure à la tâche !

En campagne, l’Église fonctionne principalement avec des personnes ayant un âge très honorable comme l’on dit pudiquement. Un très grand pourcentage des personnes investies a largement au-dessus de 70 ans, allant très facilement au-delà des 80 ans et plus ! Lorsque ce n’est pas l’âge qui est en cause, ça peut aisément être un souci de santé, ou un agenda surchargé qui amène à avoir des équipes paroissiales très fragiles.

Je suis très admiratif du très grand dévouement des personnes que j’ai pu rencontrer dans bien des paroisses du Périgord pendant trois ans. Ayant développées tout un tas d’attitudes et compétences personnelles, elles savent donner le meilleur d’elles-mêmes. C’est un très beau témoignage de foi et d’engagement au sein de l’Église. Elles mettent en pratique l’évangile, tendant à servir au mieux tout ce monde qui gravite autour de la paroisse.

Les troupes s’amenuisant, les différentes responsabilités se concentrent sur quelques personnes qui se donnent comme mission de tout tenir pour que l’Église reste une présence dans leurs villages, leurs bourgs. Nous avons facilement l’idée d’avoir à « faire son devoir », pour certains c’est même « mourir les armes à la main ». Mais est-ce ajusté ? C’est-à-dire est-ce juste ?

Il y a une ou deux décennies en arrière, les différentes charges d’une paroisse étaient réparties sur un bon nombre d’investis. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Est-ce ajusté de demander à des personnes s’étant engagées, il y a 20 ou 30 ans pour une de ces responsabilités de se retrouver avec 4, 5 ou 6 casquettes différentes (conseil économique, équipe pastorale, équipe liturgie, animation dans les EHPAD, visite à domicile, équipe funérailles, équipe des fleurs, catéchèse, aumônerie, secours catholique ou autres etc.) ?

L’ecclésiaste nous dit bien qu’il y a un temps pour tout ! L’âge avançant, il n’y a plus la même résistance, la même dynamique. Je vois certaines personnes parfois délaisser quelque peu leur famille pour être au service de cette Église très chronophage. Tant qu’elles ont le nez dans le guidon, elles ne s’aperçoivent pas trop de ce disfonctionnement. La période de confinement à fait prendre conscience à bon nombre d’entre elles de cela et bien de nos anciens ne sont plus prêts à réinvestir autant dans leurs engagements ecclésiaux ou associatifs. Ils ont compris qu’il fallait lever le pieds car ils ont autre chose à vivre dans leur vieillesse avançant. Parfois le surinvestissement peut être une excuse pour ne pas se voir avancer en âge et prendre conscience de son propre amenuisement.

Nous avons un travail de deuil à vivre : l’Église n’a plus la dimension sociale d’antan. Depuis des siècles nous sommes organisés en territoires géographiques. Aujourd’hui, il n’est plus possible de « tenir » ce territoire sous cette forme territoriale en monde rural (terrible de penser notre relation au monde en termes de « tenir » !!!).

Derrière cela se cache peut-être d’une manière sournoise, comme le malin sait si bien le faire, une volonté de « ramener » à soi (à l’Église) tous ceux qui nous entourent ! Sommes-nous ajustés à l’évangile ? Le Christ n’impose rien, il nous demande juste d’être témoin de sa présence, d’annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume, de diffuser Sa Paix. S’il n’y a personne pour l’accueillir, il suffit de sortir et de secouer la poussière de nos sandales. Lorsqu’on n’est pas accueilli dans un village, nul besoin de faire tomber la foudre du ciel dessus mais simplement aller plus loin. Avons-nous cette liberté intérieure ?

Toute cette décadence de l’Église doit nous mener à être davantage à l’écoute de l’Esprit Saint. Que nous dit-il dans sa manière de mener l’Église aujourd’hui ? A quelle conversion nous invite-t-il ? Un autre prêtre sur le diocèse évoque la période de Jérémie qui annonçait l’exil. Sommes-nous prêts à vivre cet exil de l’Église en terre rurale et de rester confiant à l’Esprit de Dieu qui conduit son peuple selon la volonté du Père ? Je sais que mon propos est quelque peu frustrant car nous aimerions avoir une perspective, des réponses, le plus clair possible, dans ces temps troublés et pourtant…

Acceptons de rentrer dans une période où nous ne voyons rien, apprenons à accueillir ce désarroi dans la confiance pour ne pas faire tant notre volonté que celle de Dieu. Non pas nous désinvestir et ne plus nous intéresser du devenir de notre communauté de croyants mais avancer sur un chemin de conversion en nous mettant d’avantage à l’écoute de l’Esprit de Dieu. C’est Dieu qui guide son Église. Il est temps de vivre une conversion pastorale !

Autres réflexions à suivre…

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