La CEVIM au service des sans-abris

En 1994 le Père Maloney, supérieur général, souhaitait voir la Congrégation de la Mission rejoindre L’ONU pour y porter la voix des pauvres. C’est en 1998 qu’elle postulera et sera reconnue.

Bernard Massarini

La CEVIM au service des sans-abris

En 1994 le Père Maloney, supérieur général, souhaitait voir la Congrégation de la Mission rejoindre L’ONU pour y porter la voix des pauvres. C’est en 1998 qu’elle postulera et sera reconnue.

De mon côté, en 2002, étant rentré d’Amérique du Sud et ayant entendu que les Équipes Saint Vincent sont présentes au Conseil de l’Europe, je vais rejoindre la représentante des Équipes une année durant à Strasbourg. La déléguée des ESV était devenue la présidente de la commission grande pauvreté du Parlement où des associations (parmi lesquelles une cinquantaine d’associations et congrégations chrétiennes) font entendre la voix des chrétiens associés à d’autres associations protestantes et juives.

Lors de la session, l’équipière, amie de la Secrétaire du Conseil des Ministères du Conseil de l’Europe, me demande de rédiger une lettre pour postuler un siège. Je vais donc collecter ce que développent les provinces de la CEVIM au niveau social, des migrants, des sans-abris et de l’éducation interreligieuse. La secrétaire du conseil des ministres, heureuse de ce qu’elle apprend, dit qu’elle soutiendra notre candidature si nous la déposons. Cela aura pour conséquences de faire que la CEVIM ait sa rencontre en Slovénie pour écouter la déléguée des ESV en vue de réfléchir à la nomination d’un confère à ce service, soit 16 jours par an de présence à Strasbourg, mais il a été décidé de ne pas donner suite.

À l’O.N.U. l’équipe des vincentiens est composée des AIC (Équipes Saint Vincent) Filles de la Charité, Congrégation de la Mission, Société Saint Vincent de Paul et Fédération des Sœurs de la Charité américaines ; cette équipe porte la voix des plus fragiles au sein de cet aéropage.

Le Père Grégory GAY, ancien Supérieur Général, va prolonger ce service en chargeant ce confrère de créer un réseau VIN-JPIC Vincentiens-Justice, Paix Intégrité (ou Sauvegarde de la Création). Les visiteurs sollicités nommeront des délégués. Pour la CEVIM, 10 des 11 provinces choisiront un répondant. Le réseau VIN-JPIC est né. Ayant une ample connaissance des divers services que nous faisons comme CEVIM, notre représentant à l’ONU, le père CAMPUZANO, me demandera de l’aider, sollicitant pour cela le père Ziad HADDAD, visiteur du Liban, alors président de la CEVIM, pour qu’il me nomme correspondant continental.

C’est en avril 2021, que notre nouveau représentant de la Congrégation : Jim CLAFFEY a proposé aux délégués provinciaux VIN-JPIC une rencontre pour démarrer le travail, moi présent comme coordinateur continental. Comme nous n’étions que 4 présents sur les 10 représentants nommés, Jim CLAFFEY a proposé que nous centrions notre collecte d’informations sur nos activités comme CEVIM avec les Sans-Abris. Après avoir patiemment été à la pêche à l’information, je viens vous livrer la richesse de ce que 6 des provinces de la CEVIM : Espagne, France, Irlande, Italie, Liban et Slovénie, font au service des sans-abris. Je vous propose un panorama de nos diverses actions.

En France

2 types de présence sur le territoire : le collectif pour la mort des errants MSMA (Marseille Solidaire de la Mort des Errants) qui l’an dernier a accompagné 14 personnes mortes dans l’abandon, car le collectif ne se charge plus seulement des sans-abris, mais des personnes sans descendants, sans famille ou proches au moment de la mort.

L’ancienne maison des lazaristes : “Tour Sainte” dénommée aujourd’hui « le Mascaret » un hébergement temporaire pour des sans-abris ayant vécu à la rue de longues années, qui a été confiée à une association Habitat Alternatif Social (H.A.S). Sont accueillis 8 sans-abris, plus 55 et 70 (moyenne d’âge 66 ans) qui viennent réapprendre la vie en collectivité pour se préparer à rejoindre l’EHPAD ou un logement, en bénéficiant d’un accompagnement. Ils demeurent quatre ans environ sur place avant de vivre leur nouvelle étape.

Et un service en Grèce

À Thessalonique les confrères accompagnent les sœurs de Mère Térésa pour distribuer nourriture et produits d’entretien à environ 300 personnes parmi lesquelles de nombreux migrants. Parfois ils peuvent offrir des légumes récupérés du supermarché qui les leur cède.

Ils ont en projet l’achat d’une maison pour aider les personnes à avoir des douches, des vêtements et des boissons chaudes.

En Espagne

A Anujar (Jaen) un centre d’accueil de 14 places avec chambres simples, doubles et triples et une pour personne handicapée. Il y a des w.c. douches, machine à laver le linge et tout est fait pour permettre l’expression paisible des usagers. Sont réalisés des ateliers les invitant à participer à la vie du lieu.

Salamanque le projet Ranquines d’accueil de jour pour personnes ayant troubles mentaux. 40 accueils simultanés possibles. Il y a repas, douche, lingerie et des services d’aide spécifiques pour les aider à conserver la meilleure autonomie possible

Valladolid, le Projet de la Médaille Miraculeuse, dans les locaux d’une paroisse vincentienne, projet pour 30 personnes ayant des troubles mentaux dus à l’expérience de la rue. Une consigne, le petit-déjeuner, la douche, le lavage du linge, le coiffeur et le podologue.

L’objectif de ce service est de faire que toutes ces personnes retrouvent l’autonomie qui les caractérisait avant qu’ils n’entrent dans leurs troubles.

En Irlande

La paroisse tenue par les confrères met l’église à la disposition des sans-abris toute la journée pour 5 à 10 personnes en même temps. Ceux-ci recherchent des solutions d’hébergements temporaires pour les plus stables. 2 d’entre eux sont accueillis dans la maison des confrères. Quelques hébergements temporaires sont fournis par les personnels sociaux de la municipalité pour le suivi des personnes.  

Italie

A Catane Sardaigne « l’Auberge du Samaritain » qui peut loger 30 personnes sans-abris pour 24 h. Il y a aussi un dortoir pour hommes, une nuit seulement de capacité de 20 places.

A Côme avec la Société Saint Vincent de Paul distribution de repas aux sans-abris.

A Rome au Léonien avec les Dames de la Charité une fois par semaine : douche, petit-déjeuner et service d’écoute pour les sans-abris ainsi que pour des personnes victimes de violences familiales et d’addiction.

Au Liban

Sous les ponts de Beyrouth et jusque dans les camps de fortune distribution de nourritures ; près de 300 personnes en bénéficient. Parfois distribution de matelas ou de sac de couchage pour éviter que les personnes dorment sur le sol.

Slovénie

L’association des « Bénévoles de Saint Vincent de Paul», est devenue association à caractère humanitaire, conduite par 2 confrères. Depuis 2006 a été ouvert un Centre de jour pour sans-abris, avec services d’hygiène. Le centre est annuellement visité par environ 800 personnes. L’association compte 14 permanents et 200 bénévoles. Ce service se couple avec des activités visant à la réintégration des usagers. Certaines possibilités d’hébergements sont aussi offertes. Il y a des ateliers créatifs de jeux partagés. Sont aussi disponibles gâteaux, nourritures, légumes et l’on prend soin de préparer de bons aliments. Les après-midis sont réservés aux douches, soins personnels et lavage du linge. Les soupers sont préparés en commun et la télévision est regardée ensemble, le sport des championnats, les vendredis des films sont projetés. Ceci recrée pour tous un espace de communication sain.

Le foyer pour sans-abris de 7 lits, où on leur apprend à gérer ce nouvel espace. Certains grâce à cela retrouve le goût de reprendre une vie stable.

Les maraudes sur Ljubjana pour ceux qui ne viennent pas au centre. Ceux-ci sont visités aussi à l’hôpital ou à la prison. Distribution de nourriture dans la ville de Nova Gorica du lundi au vendredi avec l’essai de résoudre les difficultés qu’ils rencontrent. Ils sont aussi parfois conduits d’une ville à une autre plus proche.

On essaie de leur redonner une certaine autonomie, ils peuvent ainsi ne plus avoir besoin des services de secours. Certains se voient proposer des logements partagés ce qui les stabilise et leur donne de nouveau la chance d’équilibres retrouvés.  

On réfléchit à des actions partagées : visites, piscine et autres activités qu’ils auraient du mal à pratiquer seul. Nous le voyons, autant de projets dans lesquels les Confrères se sont investis pour aider leurs semblables sans-abris.

Vincentiens continuons à inventer pour continuer ce souffle que Saint Vincent nous a laissé !

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De belles années données à la Mission en France

Je suis Guillaume LEUKEUMO. Le Cameroun est mon pays d’origine. J’appartiens à la vice-province du Cameroun de la Congrégation de la Mission dites des lazaristes, ordonné prêtre il y a 18 ans.

Guillaume LEUKEUMO CM

De belles années données à la Mission en France

Je suis Guillaume LEUKEUMO. Le Cameroun est mon pays d’origine. J’appartiens à la vice-province du Cameroun de la Congrégation de la Mission dites des lazaristes, ordonné prêtre il y a 18 ans.

Appelé à une nouvelle mission, au service de la formation au Séminaire théologique vincentien international d’Enugu-Nigéria, le service de la communication de la province de France m’a demandé de donner un témoignage de ma mission en France. Que vais-je dire ? Rien n’a été accompli qui mérite d’être raconté. Je vais partager avec vous la mission ordinaire.

Ce sont huit belles années données aux paroissiens des Villepinte et au diocèse de Saint-Denis-en-France. Le temps est passé si vite. J’en suis étonné. Après six années données au service de la Région du Cameroun et Centrafrique comme supérieur régional, je suis arrivé en France, le 08 septembre 2013.

Je suis venu en France initialement pour faire des études en théologie et éventuellement donner un coup de main à la pastorale. A ma grande surprise, dès mon arrivée, il m’a été confié la charge curiale des paroisses multiculturelles de Villepinte :  Notre Dame de l’assomption et Saint Vincent de Paul. J’ai accepté par obéissance. J’ai eu du mal à ne pas me décourager à l’idée d’être nommé à une responsabilité importante alors que je croyais que ma priorité était les études et de surcroit nouvellement arrivé en France. La France est différente du Cameroun d’où je viens aussi bien sur le plan culturel que pastoral.

Au début, deux attitudes m’ont choqué.  D’une part, l’accueil que j’avais trouvé un peu glacial lors de la première rencontre de présentation de la nouvelle équipe des prêtres. Je me rappelle ces mots d’un membre de l’Equipe Pastorale : « Ici nous fonctionnons comme-ci… » Je me suis senti un peu « étranger ». Je comprendrai plus tard. Ayant toujours eu un très petit nombre de prêtres, cette équipe a toujours pris en charge la paroisse. D’autre part, le fait que certains fidèles quittent la célébration Eucharistique du dimanche au bout d’une heure, la caractérisant de longue. Au Cameroun, elle dure au moins deux heures. Bien sûr que ces attitudes ne m’ont pas découragé. La langue française, un acquis, a été un élément important. Elle a facilité l’accueil et l’intégration. La phrase de saint Paul m’avait réconforté quand à cette intégration : « vous n’êtes plus des étrangers (…) vous êtes de la famille de Dieu » (Ep. 2, 20). Au fils de ces années, j’ai tissé des liens amicaux solides. La devise « ma paroisse, c’est ma famille » est devenu réalité.

Il faut le dire cette nouvelle page de ma vie de missionnaire n’était pas facile. En effet, ce n’est pas simple de reprendre des études et le travail pastoral après six années d’interruptions. Curé et étudiant, il fallait tenir ensemble la pastorale et les études en vue d’un Master à l’ISTR-Institut de Science et de Théologie des Religions, spécialité dialogue interreligieux et missiologie, à l’Institut Catholique de Paris.  Mon sujet de Master portait sur l’articulation dialogue et mission. En effet, cette articulation reste sujette à questionnement d’autant qu’elle se prête à différentes interprétations surtout lorsqu’il s’agit du dialogue interreligieux en relation avec la mission.

La lettre de Mission par Mgr Pascal DELANNOY, évêque de Saint-Denis -en-France, a clairement établie la feuille de route de la pastorale. Cette lettre comportait trois axes :

-Aider l’Equipe Pastorale à porter solidairement la responsabilité de la vie de l’Église dans le secteur de Villepinte.

– Développer un vrai dialogue entre les croyants des différentes religions, pour la présence de l’Église aux réalités de la vie locale.

-Veiller à l’appel, au soutien et au ressourcement spirituel des acteurs pastoraux dont notre Église a besoin pour remplir sa mission.

Guidé par l’Esprit saint et le travail en équipe des confrères, en collaboration avec les laïcs, prenant le temps et surtout gardant l’espérance du salut en Dieu seul, nous nous sommes engagés à l’annonce l’Evangile.  Nous avons essayé, autant que faire se peut, de semer dans les cœurs des fidèles de Villepinte l’amour du Christ et la conviction d’appartenir à la famille de Dieu et à une paroisse : « ma paroisse, c’est ma famille ». Tout cela est don de Dieu.

Les études et la lettre de mission ont enrichi ma pratique pastorale surtout sur le plan du dialogue interreligieux.  Le dialogue interreligieux étant avant tout un vivre ensemble, une rencontre des personnes dans le partage de ce qui les fait vivre. Je me réjouis des grands moments de rencontre et de partage entre juifs, chrétiens, musulmans, Bouddhistes de Villepinte autour de l’«Iftar ensemble », « Hanouca ensemble » et « Noël ensemble ».

 Une Coordination Interreligieuse des Villes (CIVIL) est en train de naître, fruit de ces moments de rencontre et de partage. CIVIL veut unir les expériences des uns et des autres de l’interreligieux pour contribuer avec humilité à proposer des solutions et des outils pour préparer et permettre des liens fraternels solides.

J’ai appris beaucoup en allant frapper aux portes des chrétiens pratiquants, non pratiquants et d’autres croyants, des personnes âgées et seules, pour un temps de convivialité. Il s’agissait pour moi de faire corps avec la population locale, de vivre simplement avec les gens, partager les joies et les peines et témoigner ainsi de la charité en Dieu. Comme dit saint Vincent, « rendre effectif l’Évangile ».

J’ai découvert la place importante des laïcs qui travaillent à faire tourner la paroisse. En appréciant ce travail, je souligne le danger d’un cléricalisme laïc s’il n’y a pas une préparation, formation solide et un rappel à un travail en collaboration.

Membre de la communauté intert-culturelle et de diverses provinces de Villepinte depuis 2013, date de son installation dans cette ville, je suis heureux d’y avoir vécu. C’est une communauté priante et conviviale, accueillante et où l’ambiance est très fraternelle sans conflits majeurs, plein d’humour, une communauté où les uns et les autres sont au service de tous. Merci à chacun de vous, chers confrères pour ce temps de grâce. J’espère avoir apporté ma petite pierre.

En écrivant ces quelques mots, je voudrai adresser un immense merci à mes supérieurs du Cameroun et de la France pour leurs encouragements. Je pense à vous tous chers confrères lazaristes de France pour vos soutiens multiformes, à vous chers paroissiens de Villepinte, de Tremblay et chers prêtres de Saint- Denis pour vos amitiés sincères et relations solides. 

C’est une grâce d’avoir vécu cette magnifique expérience missionnaire en France ces huit années. Le « Faire davantage » de saint Vincent dans le film « Monsieur Vincent » m’interpelle en accueillant ma nouvelle mission. Je suis un peu triste de quitter Villepinte que j’aime, de quitter la France « terre de mission ».  Je me laisse réconforter par ce proverbe soufi : « Quand le cœur pleure ce qu’il a perdu, l’esprit rit sur ce qu’il a trouvé ».   Communion de prière !

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Pentecôte – B (Jean 20,19-23).” OUVERTS À L’ESPRIT”

Ils ne parlent pas beaucoup. Ils ne se font pas remarquer. Leur présence est modeste et discrète, mais ils sont le «sel de la terre». Tant qu’il y aura dans le monde des femmes et des hommes attentifs à l’Esprit de Dieu, il sera possible d’espérer encore. Ils sont le plus beau cadeau pour une Église menacée par la médiocrité spirituelle.

Jose Antonio PAGOLA

Pentecôte – B (Jean 20,19-23).” OUVERTS À L’ESPRIT”

Ils ne parlent pas beaucoup. Ils ne se font pas remarquer. Leur présence est modeste et discrète, mais ils sont le «sel de la terre». Tant qu’il y aura dans le monde des femmes et des hommes attentifs à l’Esprit de Dieu, il sera possible d’espérer encore. Ils sont le plus beau cadeau pour une Église menacée par la médiocrité spirituelle.

Leur influence ne vient pas de ce qu’ils font ou de ce qu’ils disent ou écrivent, mais d’une réalité plus profonde. On les trouve retirés dans les monastères ou cachés au milieu des gens. Ils ne se distinguent pas par leur activité et pourtant ils rayonnent une énergie intérieure partout où ils se trouvent.

Ils ne vivent pas d’apparences. Leur vie jaillit du plus profond de leur être. Ils vivent en harmonie avec eux-mêmes, attentifs à faire coïncider leur existence avec l’appel de l’Esprit qui les habite. Sans s’en rendre compte eux-mêmes, ils sont le reflet du Mystère de Dieu sur terre.

Ils ont des défauts et des limites. Ils ne sont pas immunisés contre le péché. Mais ils ne se laissent pas absorber par les problèmes et les conflits de la vie. Ils retournent sans cesse au plus profond de leur être. Ils s’efforcent de vivre en présence de Dieu. Celui-ci est le coeur et la source qui unifie leurs désirs, leurs paroles et leurs décisions.

Il suffit d’entrer en contact avec eux pour prendre conscience de la dispersion et de l’agitation qui règnent au dedans de nous. Auprès d’eux, il est facile de percevoir le manque d’unité intérieure, le vide et la superficialité de nos vies. Ils nous font découvrir des dimensions que nous ignorons.

Ces hommes et ces femmes ouverts à l’Esprit sont une source de lumière et de vie. Leur influence est cachée et mystérieuse. Ils établissent avec les autres une relation qui est née de Dieu. Ils vivent en communion avec des personnes qu’ils n’ont jamais vues. Ils aiment avec tendresse et compassion des personnes qu’ils ne connaissent pas. Dieu les fait vivre en union profonde avec toute la création.

Au milieu d’une société matérialiste et superficielle, qui disqualifie et maltraite tant les valeurs de l’esprit, je veux évoquer ces hommes et ces femmes «spirituels». Ils nous rappellent la plus grande aspiration du coeur humain et la Source ultime où toute soif est étanchée.

José Antonio Pagola
Traducteur: Carlos Orduna

 
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La Conférence Saint Vincent de Paul « Saint Fuscien – Au cœur de l’Autre »

Une maraude « Cœur de Nuit » a vu le jour en 2017 soutenue par la Conférence Saint Vincent de Paul – Sainte Anne à AMIENS. Cette maraude s’est renforcée au fil du temps et avec la crise du Coronavirus, la diversité des actions s’est développée : Maraude, Vesti-boutique, Aide Alimentaire, Aide sociale, Cellule d’écoute. Cette Maraude « cœur de Nuit » est devenue « Conférence Saint Vincent de Paul – Saint Fuscien au cœur de l’Autre ». Lycéens, Etudiants, jeunes parents s’y investissent.

Pierre Marionneau

La Conférence Saint Vincent de Paul « Saint Fuscien – Au cœur de l’Autre »

Une maraude « Cœur de Nuit » a vu le jour en 2017 soutenue par la Conférence Saint Vincent de Paul – Sainte Anne à AMIENS. Cette maraude s’est renforcée au fil du temps et avec la crise du Coronavirus, la diversité des actions s’est développée : Maraude, Vesti-boutique, Aide Alimentaire, Aide sociale, Cellule d’écoute. Cette Maraude « cœur de Nuit » est devenue « Conférence Saint Vincent de Paul – Saint Fuscien au cœur de l’Autre ». Lycéens, Etudiants, jeunes parents s’y investissent.

La maraude

Suivant les endroits visités dans le centre-ville d’Amiens, la gare, la rue des 3 Cailloux, le quartier Saint Leu, le parc de l’évêché, les rencontres avec ceux de nos frères et sœurs qui vivent dans la rue, sont plus ou moins nombreuses. Cependant, même rapides ou fugaces, ces contacts avec Benoit, Quentin, Romain … ne laissent pas indifférents. Certains n’aspirent qu’à une seule chose : une nuit au sec et au chaud, dans un lit et par-dessus tout, une douche. Mais certains ont des animaux de compagnie et les hébergements adéquats sont limités sur Amiens. 

Témoignages sur la maraude

Thomas (lycéen en Seconde) : « Alors dans cette maraude j’ai découvert notamment la relation « sdf ». C’est assez spécial mais ça fait du bien, ça te libère sur le coup. »

Marie (étudiante à Amiens en Anglais) : « La maraude pour moi c’est un moyen non seulement de garder les pieds sur terre, mais aussi de rencontrer des gens, des personnes que l’on croise peut-être tous les jours mais à qui nous ne prêtons pas attention, de passer un petit moment avec elles, de partager un café et de discuter. Ça coûte rien, ça leur donne le sourire et à moi aussi. »

L’aide Alimentaire

Avec la crise du Coronavirus, des personnes se trouvent en difficultés pour s’alimenter. La conférence Saint-Vincent-de-Paul « Saint Fuscien – au cœur de l’Autre » a pu bénéficier de dons financiers, de denrées alimentaires apportées dans les églises Sainte Anne, Saint Acheul, Cœur Immaculée et Jeanne d’Arc. Le magasin Intermarché d’Amiens lui a permis de faire des collectes de denrées alimentaires (Œufs, Riz, Pâte, Boite de Thon, Boite de Sardine, Boites de conserve (Ravioli, Haricots Verts, Petit Pois etc …). Les établissements scolaires Sainte Clotilde, Sacré Cœur et la Providence ont faits des dons en denrées alimentaires suite à leurs fermetures temporaires. Depuis, le mois de Juin 2020, tous les samedis matins, la Conférence bénéficie des invendus de la semaine (fruits, yaourts, légumes etc …). Tous les samedis a lieu une distribution de denrées alimentaires pour une vingtaine de familles. Pour la plupart, elles sont portées au domicile des personnes, ce qui permet un temps de partage et d’aide sociale.

Vesti-boutique

Suite à une collecte de vêtements faite par l’équipe des Scouts de France de Saint Acheul à Amiens, une vesti-boutique s’est ouverte dans le sous-sol de l’église Saint Honoré. Elle est ouverte le premier samedi de chaque mois de 10 h à 16 h. Les personnes à la rue et des familles viennent ainsi se vêtir et trouver des chaussures à leurs pieds. Ils peuvent donner s’ils le peuvent une participation financière. C’est le lieu d’un premier contact qui peut se poursuivre avec une aide alimentaire. A Noël, les enfants ont pu repartir avec un jouet.

Témoignage sur la vesti-boutique

Mélanie (mère de famille, Professeur de Lettres) : « le confinement a été l’événement déclencheur pour montrer que c’est possible de donner du temps en travaillant et en étant mère de famille. D’ailleurs toute la famille a été embauchée. »

Afin de répondre au mieux aux différents besoins, la Conférence vient d’acheter un local à proximité de l’église Sainte Anne où elle pourra stocker les denrées alimentaires.

Contacts :

Mélanie KAZUMBA, 06 62 49 40 10

conference.stfuscien@gmail.com

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La Mission Scolaire en temps de pandémie

La rentrée 2020-2021 fut un peu particulière pour la Mission Scolaire. Les 7 mois précédents ayant été marqué par la Covid 19 (et toujours aujourd’hui), j’ai choisi comme thème d’intervention de faire avec les jeunes une relecture de cette période de confinement. Le but étant de leur permettre d’exprimer leurs ressentis, leur vécu, leur questionnement, leurs découvertes, leurs peurs …

Eric Ravoux

La Mission Scolaire en temps de pandémie

La rentrée 2020-2021 fut un peu particulière pour la Mission Scolaire. Les 7 mois précédents ayant été marqué par la Covid 19 (et toujours aujourd’hui), j’ai choisi comme thème d’intervention de faire avec les jeunes une relecture de cette période de confinement. Le but étant de leur permettre d’exprimer leurs ressentis, leur vécu, leur questionnement, leurs découvertes, leurs peurs …

La première question que je leur posais concernait leur habitat, où avaient-ils vécu le confinement ? La question peut paraître saugrenue, mais le lieu de confinement joue beaucoup sur l’expérience vécue. Les jeunes des quartiers nord de Marseille ou de Nice n’ont pas tout à fait vécu la même chose que ceux de Châtillon-sur-Seine en Côte-d’Or.

Pour ceux qui le vécurent en appartement, le temps de confinement fut plus durement ressenti. Sentiment d’enferment difficile à gérer dans le temps, bien qu’il offrit à beaucoup une bonne période de repos. Un enfermement qui fut souvent la cause de tension au sein de la famille. Même si beaucoup de parents ont continué à travailler en extérieur, la vie de famille fut une découverte, ou une redécouverte, pour beaucoup, et se retrouver les uns avec les autres H24 du jour au lendemain, ne fut pas sans conséquences. Tiraillements avec les frères et sœurs, prises de bec avec les parents, sentiment de solitude quand enfant unique. Toutefois, ce temps permit aussi à bon nombre de tisser de nouveaux liens, de vivre des rapprochements familiaux. Passer plus de temps ensemble en famille rendit possible une meilleur connaissance, de poser une parole, de renouer des liens avec l’un ou l’autre, « mon père n’est plus un étranger ! » dit même un jeune.

Pour ceux qui le vécurent à la campagne, en extérieur, les tensions furent plus ténues, chacun ayant l’occasion de prendre l’air de son côté. Le climat aidant, beaucoup passèrent du temps en promenade, dans le jardin, ce qui rendit la situation beaucoup plus vivable, bien qu’un sentiment d’enfermement fût également ressenti au bout d’un mois : « je ne pouvais pas me déplacer comme je voulais ! ».

Mais c’est la relation, ou plutôt la non-relation, aux autres, aux amis, à la famille élargie, qui occasionna le plus de frustration. Et là je dois dire que je fus fort satisfait de leurs remarques. Alors qu’on dit des jeunes qu’ils passent plus de temps rivés sur leurs écrans qu’en relation directe, et les caricatures sur ce fait ne manquent pas, dans la réalité il n’en est rien. La grande majorité admis que devoir se contenter de la vidéo pour parler à ses amis fut une épreuve frustrante, dont ils se lassèrent vite. Ne pas être en mesure de voir ses amis, ses cousins-cousines, ses grands-parents, fut lourd à porter. Et de conclure unanimement qu’aucune technologie ne peut remplacer le contact direct, physique, tactile, avec les personnes que l’on aime. Cette prise de conscience de l’importance de la relation physique à l’autre est sans doute la plus belle découverte qu’ils aient pu faire. Découverte qui perdure dans une frustration qui malheureusement persiste dans le simple fait de ne pas pouvoir prendre leurs grands-parents dans les bras, les embrasser, les toucher, pour ne pas les mettre en danger. Et nous vivons tous cela avec peine.

Ce qu’ils retiennent également de ce temps est le silence dans lequel ils furent soudainement plongés. Silence auquel nous sommes peu habitués. S’il occasionna quelques angoisses chez certains, pour la plupart il fut vécu comme un heureux étonnement. Vivant en ville ou à la campagne, des bruits et des sons jusque-là inaudibles firent leur apparition. Chants d’oiseaux, croassement de grenouille, … Chants d’oiseaux qui retentirent jusque dans les appartements et enchantant des oreilles peu habituées à les entendre.

Mais difficile d’aller beaucoup plus loin quant à notre rapport à la nature et aux conséquences de notre mode de vie sur le reste du Vivant. Une remarque émanant de collégiens résume à elle seule leur sentiment, leur incompréhension : « le confinement, je l’ai vécu comme une punition. C’est comme si la nature nous avait puni pour l’avoir maltraité et nous mettait de côté ». Sans avoir forcément les mots pour le dire, sans en avoir pleine conscience ni compréhension, une sorte de culpabilité c’est installée dans l’esprit de beaucoup : « et si c’était de notre faute !? ».

Chaque jour, à la TV, à la radio, sur les réseaux sociaux, nous est fait la liste des aggravations et autres cataclysmes qui frappent de plus en plus notre planète, comme une sombre litanie. Pas un jour sans que nous soit rappelé notre impact sur le réchauffement climatique, la destruction de la biodiversité, l’épuisement des ressources et autres pollutions en tous genres. L’énumération est une chose …, l’appréhension, la compréhension et l’action en sont une autre ! Inconsciemment ou consciemment, les jeunes pressentent que notre système, notre manière de vivre est inadéquate avec notre environnement, nous allons droit dans le mur, mais aucune alternative ne leur est sérieusement présentée, aucune sérieuse option ne leur est exposée. Rien ne les prépare à un avenir qu’ils savent devoir être transformé. Et ils réalisent qu’ils sont formés, éduqués comme si rien ne devait changer, alors que demain sera tout autre. Leur inquiétude est grande !

Ce qu’ils ont du mal à gérer est le sentiment de non-control. Les choses semblent leur échapper totalement, plus personnes leur semblent avoir la mainmise sur les évènements, et cela les inquiète fortement. L’humain, en cette période, leur est également apparu comme très fragile, vulnérable. Cette vulnérabilité est pour la plupart d’entre eux une réalité nouvelle, soudaine, à laquelle rien ne les a préparés. Loin de l’humain tout-puissant, bardé de technologie et de certitudes, ils découvrent la faiblesse, la fragilité et la pauvreté de leur condition. Et cela aussi peu faire peur. Face à cela, avec l’inquiétude, nous trouvons aussi une grande lassitude, de la résignation : « Que peut-on y faire ?! ».

Et il y a la révolte, ils sont révoltés. Ils ont le sentiment qu’on leur vole leur liberté, « c’est notre jeunesse qui est gâchée, nous ne pouvons plus rien faire !! ». Pour une grande majorité de jeunes, cette entrave à leur liberté est insupportable, on les empêche de vivre leur jeunesse. Certes, ils en comprennent le but, mais c’est avec véhémence et fougue qu’ils n’en expriment pas moins leur “ras-le-bol”. Masque, couvre-feu, confinement, … tout devient alors prétexte pour contourner les règles, braver les interdits et défier l’autorité. Cette véhémence pourrait paraître un peu exagérée pour un quinquagénaire de mon espèce. Pourtant, ils n’ont pas tort, c’est bien une alerte qu’ils nous lancent. « La liberté se meurt en toute sécurité », tels sont les mots qu’on peut voir inscrit de plus en plus sur nos murs. La Liberté est sans aucun doute la valeur la plus chère à notre humanité, celle pour laquelle on donnerait sa vie, et c’est non sans raison qu’elle est la première des trois principes de la devise française et de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Encore faut-il s’entendre sur ce qu’on qualifie de liberté, mais ce n’est pas ici le lieu d’en débattre. Or, cette valeur Liberté est en passe d’être supplantée par une autre, pour notre plus grand malheur. Depuis des années, nous sommes plongés dans un contexte anxiogène largement alimenté par les médias de tous poils et sur lequel surfent avec plaisir les politiques de tous bords. Inquiet, apeuré, voire paniqué, le peuple crie sa soif, sa soif de SECURITE !!! Et voilà comment on remplace une valeur par une autre, ce qu’aujourd’hui les jeunes dénoncent. Car pour assurer notre Sécurité nous acceptons sans rien dire de voir nos Libertés muselées. Réalisons un instant que notre pays vit en “Etat d’Urgence” depuis 2015 (avec inscription dans le Droit Commun de plusieurs mesures), Etat prolongé jusqu’en septembre prochain dans l’indifférence générale. Je ne débattrai pas ici du bien-fondé de ces mesures d’exception aux vues des circonstances que nous traversons, mais les jeunes nous disent clairement ATTENTION, restons vigilant, n’oublions pas nos fondements.

Dans le contexte qui est le nôtre aujourd’hui, l’éducation est primordiale pour faire de nos jeunes des adultes responsables pour demain.

Cela commence en famille. Les différences d’approches sont grandes suivant les milieux familiaux, différences faciles à discerner en fonction des remarques des jeunes.

Il y a ceux qui se cachent derrière un déni total de la gravité de la situation, déni sans aucun doute calqué sur celui des parents, invoquant facilement complots et manipulations médiatiques. Ils sont particulièrement prolixes et on réponses à toutes tentatives d’objectivation.

Il y a ceux (majoritaires) qui éludent le problème car n’y entrevoyant aucune solution. Chez eux c’est le plus souvent l’inquiétude et la peur qui murent dans le silence. Inquiétude, peur, alimentées par une grande ignorance de ce qui se passe autour d’eux. Les parents doivent certainement être dans le même état d’esprit. Ils ne nient pas la situation alarmante dans laquelle nous nous trouvons, mais ne cherchent pas plus à la comprendre, à prendre du recul, ils se contentent du 20H. Aussi la peur l’emporte, peur silencieuse, qui ne se dit pas, mais qui paralyse. Pour eux un seul mot d’ordre : surtout ne changeons rien à notre ordinaire, c’est aux dirigeants de trouver des solutions pour nous !!

Et puis il y a ceux (un petit nombre) qui ont la chance, oui la chance, d’évoluer dans des familles qui ont décidé de prendre le taureau par les cornes et, conscient de leur responsabilités, choisissent de changer petit à petit de mode de vie, de revoir à la baisse leur impact sur l’environnement, adoptent la sobriété comme ligne de conduite. Ces familles sont le plus souvent bien informées, cultivées et engagées. Une confiance certaine en eux-mêmes motive leur engagement et leurs actions. Cette confiance, nous la retrouvons logiquement dans leurs enfants car loin des peurs qui paralysent tant d’autres, ils entrevoient des possibles. Chez eux le changement ne fait pas peur et règne en leur esprit un certain optimisme. Je peux également remarquer chez ces jeunes une bien plus grande intériorité que chez les autres, qui laisse deviner une grande source spirituelle nourrissant leur famille, et je dis bien spirituelle et non pas religieuse, ce n’est pas la même chose.

Education dans les familles qui ne saurait se faire sans une éducation en milieu scolaire. Depuis le temps que je tourne sur les établissements vincentiens et autres, je suis bien obligé de constater que là, le bât blesse ! Certes l’éducation nationale a bien intégré à ses programmes les questions climatiques, écologiques et de biodiversité. Mais malheureusement celles-ci se retrouvent bien trop souvent reléguées à quelques heures de cours en SVT. Et pour arranger le tout, force est de constater que la plupart du corps enseignant, les profs, se retrouve dans la même situation que leurs élèves : seul face à leur questionnement sans réponses !!! Comment en effet éveiller et former des jeunes pour être acteurs de leur vie dans un plus grand respect de la Création, comment les ouvrir à une plus grande intériorité pour en faire de futurs adultes réfléchis et pausés, optimistes et sûr d’eux, quand tout ce qui est demandé est de fabriquer, de formater de futurs acteurs économiques, plus soucieux de Croissance que d’Ecologie Intégrale ??!!

Au milieu de tout cela, il y a des petites merveilles, dont la Solidarité est non des moindres. Ce temps de pandémie et de confinement à répétition nous aura également permis de tourner notre regard vers l’autre. Il est un exemple qui m’a particulièrement marqué. Dans les Quartiers Nord de Marseille, au sein desquels se trouve le lycée professionnel Saint Louis. Tout en continuant leur commerce local “cage d’escalier” (ils ont même mis au point des Drive …!), des jeunes ne s’en sont pas moins souciés des habitants de leurs immeubles, organisant la livraison à domicile des courses des personnes âgées et des mères isolées. Un exemple parmi tant d’autres montrant que tout n’est pas perdu, et qui me permit d’aborder ce que nous vivons au regard de la Foi.

La peur qui saisit nombre de nos concitoyens, pousse malheureusement une grande partie d’entre nous au repli sur soi. Je vais donc essayer de me rassurer. Comment ? En consommant. Je me mets à amasser, tout et n’importe quoi (surtout n’importe quoi …) pour me rassurer. Il suffisait de voir les étals des supermarchés et les montagnes débordants des cadis le samedi 14 mars 2020 pour le vérifier, et qu’importe s’il ne restait plus rien pour les autres, qu’importe si j’allais devoir bouffer des pâtes et du riz les 10 prochaines années, …, et du papier toilette … Qu’importe, nous avons amasser plus que de raison, sans penser aux autres, pour nous rassurer. Et cela a continué. Combien de jeunes ont pu me dire avoir fait exploser la Carte Bleue (la leur ou celle des parents) en commandes en ligne durant le premier confinement, et la plupart du temps sans besoins réels, pour se rassurer de leur propre aveu.

La peur qui me rend cupide et m’incite à accaparer, à amasser, toujours plus. Cela devient mon seul objectif, largement attisé par la société de consommation qui est la nôtre. Pour me rassurer, je tends vers la recherche fébrile du plaisir immédiat de la livraison en moins de 24 heures. Mais force est de constater que cela ne me rassasie pas, au contraire. Chaque jour un peu plus je m’éloigne de l’autre pour ne plus penser qu’à moi et à mon petit cercle, ceux qui me ressemblent, à mon confort. Et s’installe alors la division, la séparation, … le Diable (du grec diabolos : celui qui désunit, divise, qui inspire la haine ou l’envie) ! En accaparant toujours plus, en voulant mettre la main sur tout, je prive les autres, beaucoup d’autres, je creuse les inégalités et je cause les conflits, ce que saint Jean-Paul II appelait justement les structures du péchés de notre société.

Tout l’inverse du Plan de Dieu ! Le 6e jour, Dieu créa l’Humain à son image et lui confia la Création pour la garder et la cultiver pour les générations à venir, et non pour la réduire à néant. Avec Jésus, c’est tout le sens du partage et du service qui s’exprime, la notion du don, du don de soi. Qui n’a jamais ressenti joie et fierté en rendant service à quelqu’un ne pouvant nous rendre qu’un merci et un sourire ? Les jeunes sont très sensibles à la question du service, mais ne prennent pas le temps d’en comprendre tous les biens-faits, « c’est normal ». Non, ce n’est pas normal, c’est essentiel, et d’autant plus vivifiant lorsqu’il est vécu avec amour.

Le Christ Jésus, dans sa Pâques me montre le Chemin, celui du don ultime, par amour. En donnant sa vie, par amour, il remporte la Victoire, il gagne, et ressuscite. Le voilà le CHEMIN que nous pouvons tous arpenter : donner de ma personne, être tourné vers les autres, vivre la solidarité, le partage, … la Charité. Vivant cela dans la gratuité, je ne peux que ressentir joie, bonheur, fierté, … un sentiment de plénitude qui me dit que je suis en VERITE avec moi-même, avec l’image de Dieu qui est en moi. Ma vie prend alors tout son sens, je ne suis pas là par hasard mais pour donner le meilleur de moi-même, la VIE. Alors monte en moi une envie folle de continuer, d’aller plus loin, envie de me libérer de toutes ces entraves qui me retiennent et m’emprisonnent, qui m’empêchent de mettre les voiles pour aller vers …, vers l’autre. Envie de plus de simplicité, de sobriété, envie de me désencombrer pour pouvoir me mettre en mouvement, envie de liberté … La voici la vraie LIBERTE, celle qui me permet de me mettre en route … « Allez, … prenez la route à travers villes et villages, annoncez la Bonne Nouvelle, et de toutes les nations, faites des disciples, pour un monde meilleur … ».

Il y aurait là bien des matières à creuser et à développer, et à intégrer aux Projets d’Etablissements et aux Projets Pastoraux. L’enjeu est essentiel pour notre avenir et des plus stimulants dans sa mise en place et son élaboration.

Voici ce que je pouvais vous partager de ma mission au sein des établissements scolaires vincentiens.

 

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