INVITATION COMMENCENT BIENTÔT ! : Lectures des textes vincentiens. Approfondir l’esprit vincentien pour en vivre dans et pour la Mission. Thème 2019 : L’économie

O mon Dieu ! la nécessité nous oblige à avoir de ces biens périssables et à conserver à la Compagnie ce que Notre-Seigneur y a mis ; mais nous devons nous y appliquer comme Dieu même s'applique à produire et à conserver les choses temporelles, pour l'ornement du monde et la nourriture de ses créatures, en sorte qu'il a soin de pourvoir jusqu'à un ciron (ver de bois) ; ce qui n'empêche pas ses opérations intérieures, par lesquelles il engendre son Fils et produit le Saint-Esprit ; il fait celles-ci et n'omet pas les autres...

Jean-Francois DESCLAUX

INVITATION COMMENCENT BIENTÔT ! : Lectures des textes vincentiens. Approfondir l’esprit vincentien pour en vivre dans et pour la Mission. Thème 2019 : L’économie

INFORMATIONS

Invités

  • Les membres de la famille vincentienne, des réseaux vincentiens,
  • quel que soit leur statut (bénévoles, professionnels…),
  • quel que soit leur secteur d’action (action et aide d’urgence, éducation, enseignement, exclusion, précarité, médico-social, sanitaire)
  • les personnes qui souhaitent découvrir l’esprit vincentien.

 

… Pour découvrir comment saint Louise et  saint Vincent

  • font face et aident à faire face à la réalité,
  • aux situations complexes,
  • comment cette découverte est créatrice
  • …et autres…

 

Vincent dit aux prêtres de la mission, le 13 décembre 1658. (Coste XII, 110-111)

« O mon Dieu ! la nécessité nous oblige à avoir de ces biens périssables et à conserver à la Compagnie ce que Notre-Seigneur y a mis ; mais nous devons nous y appliquer comme Dieu même s’applique à produire et à conserver les choses temporelles, pour l’ornement du monde et la nourriture de ses créatures, en sorte qu’il a soin de pourvoir jusqu’à un ciron (ver de bois) ; ce qui n’empêche pas ses opérations intérieures, par lesquelles il engendre son Fils et produit le Saint-Esprit ; il fait celles-ci et n’omet pas les autres

 

… en travaillant sur les les textes.

 

Comment ?

  • « Lire le texte tel qu’il est et tel qu’il nous est donné, en ne négligeant aucun élément (surtout pas ceux qui nous dérangent) car il est porteur de sens (pluriel)….
  • …prendre la totalité du texte à bras le corps et ne pas éliminer ce qui nous gêne… »
  • Toujours enracinés dans un texte biblique,
  • Présentation du thème, du questionnaire et du ou des textes à travailler
  • Réflexion individuelle, travail en groupes
  • Mise en commun, approfondissement et commentaires en grand

 

Informations pratiques

 

Horaires

Début à 9 h puis en fonction du groupe et des impératifs du lieu d’accueil.

La journée se termine vers 17h 30 le premier jour et 16h 30 le deuxième jour.

L’Eucharistie est prévue chaque jour…

 

Lieux et dates

 

LYON :  Mercredi 27  et jeudi 28  mars  2019

8,  avenue du Doyenné – 69005 Lyon – Tél : 04 72 77 80 90 / Métro : Vieux Lyon

Hébergement : quelques places sur site ;  courriel : mbsmlambert.21@yahoo.fr

 

PARIS : Samedi 30 mars et dimanche 31 mars 2019  

67, rue de Sèvres  75006  Paris –  Tél : 01 42 22 33 90

Métro : Sèvres-Babylone

Hébergement : sur site (quelques  places) ;   courriel : accueilalm@gmail.com

 

MARSEILLE : Samedi 6 et dimanche 7 juillet  2019

9, impasse  du  belvédère  13007 – Tél : 04 91 31 52 38

Métro, arrêt «Vieux Port » puis Bus 55,  arrêt « Escalier Notre Dame »

Hébergement : quelques places sur site ;   courriel :   fdlc.marseillenotredame@gmail.com

 

Dax (Le Berceau) : Lundi 26 et mardi 27  août  2019

Centre Vincentien  40990   Le Berceau – Tel : 05 58 55 97 97    Gare -: taxi ou voiture des participants

Hébergement : sur place ;     courriel : reservationgroupes@oeuvreduberceau.fr

 

Frais de session : 50 € en fonction des possibilités, du nombre de participants,

Les tarifs des repas et de l’hébergement sont fonction des lieux

 Sr Michelle MARVAUD, fdlc ; Jean-François DESCLAUX, CM 🔸

O mon Dieu ! la nécessité nous oblige à avoir de ces biens périssables et à conserver à la Compagnie ce que Notre-Seigneur y a mis…

Vincent de Paul
POUR PLUS D’INFORMATION ET FAIRE VOTRE INSCRIPTION.
S’inscrire : au plus tard 10 jours avant la date de la session auprès de

Sr Michelle Marvaud :

mimarvaud@gmail.com

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Homélie Dominicale

2e Dimanche de l’Avent. Préparez. “Préparez le chemin du Seigneur, rendez droites ses sentiers”. Homélie en la Chapelle Saint Vincent de Paul – Paris

Pendant tout l’Avent, nous entendons parler de la venue du Seigneur et de l’attitude qui convient pour ne pas manquer sa visite. Il me semble que les textes qui sont proposés par la liturgie, durant ces quatre dimanches, nous dictent quatre attitudes : veiller, préparer, espérer, écouter (une par dimanche). Quatre mots, mais ce sont des verbes actifs, car il faudra le faire. Alors, dimanche dernier, le premier dimanche de l’avent, nous étions invités à « veiller ». Aujourd’hui, le deuxième dimanche, nous sommes invités à préparer. « Préparez le chemin du Seigneur. »

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Homélie Dominicale

Homélie du Deuxième dimanche de l’Avant. 8 décembre 2019. Chapelle de la Médaille Miraculeuse – Paris

Des faux prophètes, le monde en crève ! Leur message fascine mais il confond, fait peur et désoriente. Il y a tant de « prophètes de malheur » et nous manquons cruellement des prophètes d’espérance. Les premiers, proposent de vivre « des attentes et non pas en attente », de se contenter des petits espoirs mais n’apprennent pas à vivre dans l’espérance. Ces prophètes de malheur divisent l’humanité, paralysent les cœurs et n’apportent surtout pas la paix.

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Actualités

Cérémonie d’hommage aux Morts Anonymes de Marseille samedi 23 novembre 2019. ‘Fiction suite à une vision d’un « Mort de la Rue »’

Voilà. Ils sont arrivés au cimetière Saint-Pierre de Marseille au carré de la « Terre Commune ». Ils sont là. Je les vois. Mais eux ne me voient pas. On pourrait presque dire qu’ils font comme si je n’étais pas là. Pourtant c’est pour moi qu’ils sont venus. Oh pas pour moi tout seul. Nous ne sommes pas loin d’une quarantaine, trente sept ou trente huit, je ne sais plus. Difficile de compter d’où je suis. Oui, une quarantaine de morts à Marseille pour les deux ans qui viennent de passer.

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  • les personnes qui souhaitent découvrir l’esprit vincentien.

 

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Vincent dit aux prêtres de la mission, le 13 décembre 1658. (Coste XII, 110-111)

« O mon Dieu ! la nécessité nous oblige à avoir de ces biens périssables et à conserver à la Compagnie ce que Notre-Seigneur y a mis ; mais nous devons nous y appliquer comme Dieu même s’applique à produire et à conserver les choses temporelles, pour l’ornement du monde et la nourriture de ses créatures, en sorte qu’il a soin de pourvoir jusqu’à un ciron (ver de bois) ; ce qui n’empêche pas ses opérations intérieures, par lesquelles il engendre son Fils et produit le Saint-Esprit ; il fait celles-ci et n’omet pas les autres

 

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  • Mise en commun, approfondissement et commentaires en grand

 

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Horaires

Début à 9 h puis en fonction du groupe et des impératifs du lieu d’accueil.

La journée se termine vers 17h 30 le premier jour et 16h 30 le deuxième jour.

L’Eucharistie est prévue chaque jour…

 

Lieux et dates

 

LYON :  Mercredi 27  et jeudi 28  mars  2019

8,  avenue du Doyenné – 69005 Lyon – Tél : 04 72 77 80 90 / Métro : Vieux Lyon

Hébergement : quelques places sur site ;  courriel : mbsmlambert.21@yahoo.fr

 

PARIS : Samedi 30 mars et dimanche 31 mars 2019  

67, rue de Sèvres  75006  Paris –  Tél : 01 42 22 33 90

Métro : Sèvres-Babylone

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MARSEILLE : Samedi 6 et dimanche 7 juillet  2019

9, impasse  du  belvédère  13007 – Tél : 04 91 31 52 38

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Dax (Le Berceau) : Lundi 26 et mardi 27  août  2019

Centre Vincentien  40990   Le Berceau – Tel : 05 58 55 97 97    Gare -: taxi ou voiture des participants

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“Le courage de risquer pour la promesse de Dieu”. Message du Pape François pour la 56e Journée Mondiale de Prière pour les Vocations

Chers frères et sœurs, après avoir vécu, en octobre dernier, l’expérience dynamique et féconde du Synode dédié aux jeunes, nous avons récemment célébré à Panamá les 34èmes Journées mondiales de la Jeunesse. Deux grands rendez-vous, qui ont permis à l’Eglise de tendre l’oreille à la voix de l’Esprit et aussi à la vie des jeunes, à leurs interrogations, aux lassitudes qui les accablent et aux espérances qui les habitent.

Pape Francois

“Le courage de risquer pour la promesse de Dieu”. Message du Pape François pour la 56e Journée Mondiale de Prière pour les Vocations

Chers frères et sœurs, après avoir vécu, en octobre dernier, l’expérience dynamique et féconde du Synode dédié aux jeunes, nous avons récemment célébré à Panamá les 34e Journées mondiales de la Jeunesse. Deux grands rendez-vous, qui ont permis à l’Eglise de tendre l’oreille à la voix de l’Esprit et aussi à la vie des jeunes, à leurs interrogations, aux lassitudes qui les accablent et aux espérances qui les habitent.

En reprenant justement ce que j’ai eu l’occasion de partager avec les jeunes à Panamá, en cette Journée mondiale de prière pour les Vocations, je voudrais réfléchir sur la manière dont l’appel du Seigneur nous rend porteurs d’une promesse et, en même temps, nous demande le courage de risquer avec Lui et pour Lui. Je voudrais m’arrêter brièvement sur ces deux aspects – la promesse et le risque – en contemplant avec vous la scène évangélique de l’appel des premiers disciples près du lac de Galilée (Mc 1, 16-20).

Deux couples de frères – Simon et André avec Jacques et Jean – sont en train d’accomplir leur travail quotidien de pêcheurs. Dans ce dur métier, ils ont appris les lois de la nature, et quelquefois ils ont dû la défier quand les vents étaient contraires et que les vagues agitaient les barques. Certains jours, la pêche abondante récompensait la grande fatigue, mais d’autres fois, l’effort de toute une nuit ne suffisait pas à remplir les filets et on revenait sur le rivage fatigués et déçus.

Ce sont là les situations ordinaires de la vie, dans lesquelles chacun de nous se mesure avec les désirs qu’il porte dans le cœur, se consacre à des activités qu’il espère pouvoir être fructueuses, avance dans la “mer” de différentes manières à la recherche de la route juste qui puisse étancher sa soif de bonheur. Parfois il jouit d’une bonne pêche, d’autres fois, au contraire, il doit s’armer de courage pour tenir le gouvernail d’une barque ballottée par les vagues, ou faire face à la frustration de se retrouver avec les filets vides.

Comme dans l’histoire de chaque appel, même dans ce cas une rencontre survient. Jésus marche, il voit ces pêcheurs et s’approche… C’est arrivé avec la personne avec laquelle nous avons choisi de partager la vie dans le mariage, ou quand nous avons senti l’attrait pour la vie consacrée : nous avons vécu la surprise d’une rencontre et, à ce moment, nous avons entrevu la promesse d’une joie capable de combler notre vie. Ainsi, ce jour-là, près du lac de Galilée, Jésus est allé à la rencontre de ces pêcheurs, rompant la « paralysie de la normalité » (Homélie de la XXIIème Journée mondiale de la vie consacrée, 2 février 2018). Et tout de suite il leur adresse une promesse : « Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes » (Mc 1, 17).

L’appel du Seigneur alors n’est pas une ingérence de Dieu dans notre liberté ; ce n’est pas une “cage” ou un poids qui nous est mis sur le dos. C’est au contraire l’initiative amoureuse avec laquelle Dieu vient à notre rencontre et nous invite à entrer dans un grand projet dont il veut nous rendre participants, visant l’horizon d’une mer plus vaste et d’une pêche surabondante.

Le désir de Dieu, en effet, est que notre vie ne devienne pas prisonnière de l’évidence, ne soit pas entraînée par inertie dans les habitudes quotidiennes et ne reste pas inerte devant ces choix qui pourraient lui donner une signification. Le Seigneur ne veut pas que nous nous résignions à vivre au jour le jour en pensant que, au fond, il n’y a rien pour quoi il vaille la peine de s’engager avec passion et en éteignant l’inquiétude intérieure pour chercher de nouvelles routes à notre navigation. Si quelquefois il nous fait expérimenter une “pêche miraculeuse”, c’est parce qu’il veut nous faire découvrir que chacun de nous est appelé – de façons diverses – à quelque chose de grand, et que la vie ne doit pas rester empêtrée dans les filets du non-sens et de ce qui anesthésie le cœur. La vocation, en somme, est une invitation à ne pas nous arrêter sur le rivage avec les filets à la main, mais à suivre Jésus au long de la route qu’il a pensée pour nous, pour notre bonheur et pour le bien de ceux qui sont autour de nous.

Naturellement, embrasser cette promesse demande le courage de risquer un choix. Les premiers disciples, en se sentant appelés par lui à prendre part à un rêve plus grand, « aussitôt, laissant leurs filets, le suivirent » (Mc 1, 18). Cela signifie que pour accueillir l’appel du Seigneur il convient de se mettre en jeu avec tout soi-même et de courir le risque d’affronter un défi inédit ; il faut laisser tout ce qui voudrait nous tenir attachés à notre petite barque, nous empêchant de faire un choix définitif ; il nous est demandé cette audace qui nous pousse avec force à la découverte du projet que Dieu a sur notre vie. En substance, lorsque nous sommes placés face à la vaste mer de la vocation, nous ne pouvons pas rester à réparer nos filets sur la barque qui nous donne sécurité, mais nous devons nous fier à la promesse du Seigneur.

Je pense surtout à l’appel à la vie chrétienne, que tous nous recevons au Baptême et qui nous rappelle comment notre vie n’est pas le fruit d’un hasard, mais le don du fait d’être des enfants aimés du Seigneur, rassemblés dans la grande famille de l’Eglise. L’existence chrétienne naît et se développe justement dans la communauté ecclésiale, surtout grâce à la Liturgie, qui nous introduit à l’écoute de la Parole de Dieu et à la grâce des sacrements ; c’est là que, depuis le plus jeune âge, nous sommes initiés à l’art de la prière et au partage fraternel. C’est justement parce qu’elle nous engendre à la vie nouvelle et nous conduit au Christ que l’Eglise est notre mère ; c’est pourquoi nous devons l’aimer également lorsque nous découvrons sur son visage les rides de la fragilité et du péché, et nous devons contribuer à la rendre toujours plus belle et lumineuse, afin qu’elle puisse être témoin de l’amour de Dieu dans le monde.

La vie chrétienne, ensuite, trouve son expression dans ces choix qui, tandis qu’ils donnent une direction précise à notre navigation, contribuent aussi à la croissance du Royaume de Dieu dans la société. Je pense au choix de s’épouser dans le Christ et de former une famille, ainsi qu’aux autres vocations liées au monde du travail et des métiers, à l’engagement dans le domaine de la charité et de la solidarité, aux responsabilités sociales et politiques, et ainsi de suite. Il s’agit de vocations qui nous rendent porteurs d’une promesse de bien, d’amour et de justice non seulement pour nous-mêmes, mais aussi pour les contextes sociaux et culturels dans lesquels nous vivons, qui ont besoin de chrétiens courageux et d’authentiques témoins du Royaume de Dieu.

Dans la rencontre avec le Seigneur certains peuvent sentir l’attrait d’un appel à la vie consacrée ou au sacerdoce ordonné. Il s’agit d’une découverte qui enthousiasme et qui en même temps fait peur, se sentant appelés à devenir “pêcheurs d’hommes » dans la barque de l’Eglise à travers une offrande totale de soi-même et l’engagement d’un service fidèle à l’Evangile et aux frères. Ce choix comporte le risque de tout laisser pour suivre le Seigneur et de se consacrer complètement à lui pour devenir collaborateurs de son œuvre. De nombreuses résistances intérieures peuvent empêcher une décision de ce genre, comme aussi dans certains contextes très sécularisés, où il semble ne plus y avoir de place pour Dieu et pour l’Evangile, on peut se décourager et tomber dans la « lassitude de l’espérance » (Homélie de la messe avec les prêtres, consacrés et mouvements laïcs, Panamá, 26 janvier 2019).

Pourtant il n’y a pas de joie plus grande que de risquer sa vie pour le Seigneur ! En particulier à vous, les jeunes, je voudrais dire : ne soyez pas sourds à l’appel du Seigneur ! S’il vous appelle pour ce chemin, ne tirez pas votre épingle du jeu et faites-lui confiance. Ne vous laissez pas contaminer par la peur, qui nous paralyse devant les hauts sommets que le Seigneur nous propose. Rappelez-vous toujours que, à ceux qui laissent les filets et la barque pour le suivre, le Seigneur promet la joie d’une vie nouvelle, qui comble le cœur et anime le chemin.

Très chers, il n’est pas toujours facile de discerner sa vocation et d’orienter sa vie d’une façon juste. Pour cela, il faut un engagement renouvelé de la part de toute l’Eglise – prêtres, personnes consacrées, animateurs pastoraux, éducateurs – afin que s’offrent, surtout aux jeunes, des occasions d’écoute et de discernement. Il faut une pastorale pour les jeunes et les vocations qui aide à la découverte du projet de Dieu, spécialement à travers la prière, la méditation de la Parole de Dieu, l’adoration eucharistique et l’accompagnement spirituel.

Comme cela s’est présenté plusieurs fois durant les Journées mondiales de la Jeunesse de Panamá, nous devons regarder Marie. Dans l’histoire de cette jeune fille, la vocation a été aussi en même temps une promesse et un risque. Sa mission n’a pas été facile, pourtant elle n’a pas permis à la peur de prendre le dessus. Son “oui” a été « le “oui” de celle qui veut s’engager et risquer, de celle qui veut tout parier, sans autre sécurité que la certitude de savoir qu’elle était porteuse d’une promesse. Et je demande à chacun de vous : vous sentez-vous porteurs d’une promesse ? Quelle promesse est-ce que je porte dans le cœur, à réaliser ? Marie, sans aucun doute, aura eu une mission difficile, mais les difficultés n’étaient pas une raison pour dire “non”. Certes elle aura des difficultés, mais ce ne seront pas les mêmes difficultés qui apparaissent quand la lâcheté nous paralyse du fait que tout n’est pas clair ni assuré par avance » (Veillée pour les jeunes, Panama, 26 janvier 2019).

En cette Journée, unissons-nous dans la prière en demandant au Seigneur de nous faire découvrir son projet d’amour sur notre vie, et de nous donner le courage de risquer sur la route qu’il a depuis toujours pensée pour nous.

Du Vatican, le 31 janvier 2019, Mémoire de saint Jean Bosco.

Pape François 🔸

Le désir de Dieu, en effet, est que notre vie ne devienne pas prisonnière de l’évidence, ne soit pas entraînée par inertie dans les habitudes quotidiennes et ne reste pas inerte devant ces choix qui pourraient lui donner une signification. Le Seigneur ne veut pas que nous nous résignions à vivre au jour le jour en pensant que, au fond, il n’y a rien pour quoi il vaille la peine de s’engager avec passion et en éteignant l’inquiétude intérieure pour chercher de nouvelles routes à notre navigation.

Pape François

Saint Vincent de Paul et la Communauté (IV et conclusion)

Saint Vincent de Paul et la communauté (IV et conclusion)

LE PÈRE CLAUDE LAUTISSIER, DIRECTEUR DES ARCHIVES DE LA CONGRÉGATION DE LA MISSION À LA MAISON-MÈRE DE PARIS, NOUS OFFRE UN ARTICLE (NUMÉRISÉ) DU PÈRE JEAN MORIN AUTOUR DES ORIGINES DE LA “COMMUNAUTÉ” TELLE QUE SAINT VINCENT DE PAUL L’A CONÇUE POUR LES CONFRÈRES DE SON TEMPS ET QUE NOUS POUVONS RELIRE À LA LUMIÈRE DE NOTRE EXPÉRIENCE ACTUELLE. NOTRE VIE EN COMMUN DESTINÉE À LA MISSION LE PÈRE MORIN N’ARRÊTE PAS DE NOUS LE DIRE ! BONNE LECTURE DE CES DEUX PREMIÈRES PARTIES.

IV. Saint-Lazare et l’approbation de la Compagnie (1632 – 1633)

1. L’entrée à Saint-Lazare (8 janvier 1632)

Le Contrat d’union du Prieuré de Saint-Lazare à la Congrégation de la Mission fut signé le mercredi 7 janvier 1632 et la prise de possession se fit dès le lendemain. A en croire le0 curé de Saint-Laurent, M. de Lestocq qui servit d’intermédiaire au cours des tractations, il fallut insister toute une année (1631) pour amener saint Vincent à accepter ce très vaste couvent et cet enclos le plus vaste de Paris (Coste, Le grand saint… I, 191).

Dans son “Guide de saint Vincent de Paul à travers Paris” p. l, Monsieur Chalumeau précise que les bâtiments s’étendaient le long de la rue du Faubourg Saint-Denis sur une longueur de 150 mètres environ et sur une profondeur de 200 mètres environ”. Il convient sans doute de mentionner au moins ces quelques chiffres pour se faire une idée du “retentissement” profond que dût avoir ce nouveau cadre de vie sur la jeune et petite communauté. M. Coste (o.c. p. 192) ajoute qu’il y avait une église de style gothique (petite et sans beauté, remontant au XIIIe siècle) et un cloitre. Ces quelques détails [59] autorisent peut-être à juger assez vraisemblable la première réaction que M. de Lestocq prêtée à saint Vincent :

“Il est vrai, Monsieur, que votre proposition m’épouvante ; elle me paraît si fort au-dessus de nous que je n’oserais y penser. Nous sommes de pauvres prêtres qui vivons dans la simplicité, sans autre dessein que de servir les pauvres gens des champs.” (XIII, 246)…

Quoiqu’il on soit et après intervention de M. Duval, saint Vincent finit par accepter et Saint-Lazare devient la Résidence de la Communauté, quelques confrères restant au Collège des Bons Enfants.

Une lettre de saint Vincent à M. de Lestocq (I, 137-141), datant de la période des pourparlers, fait état de difficultés concernant l’éventuel transfert de la Communauté à Saint-Lazare. Il s’agit du dortoir et du chœur. Pour le dortoir, saint Vincent redoute la cohabitation entre les Missionnaires et les quelques religieux habitant encore Saint-Lazare : “parce que nous observons le silence depuis le soir après la prière jusqu’au lendemain après le diner, que nous avons une heure de récréation ; et depuis la récréation jusques au soir après souper, auquel temps nous avons encore une heure de récréation, laquelle achevée, nous rentrons dans le silence, pendant lequel nous ne parlons que de choses nécessaires, et encore tout bas…”

Pour le chœur, il s’agit de savoir si les Missionnaires porteront l’habit des Chanoines (le domino et l’aumusse) et s’ils chanteront l’Office. La réponse de saint Vincent est évidemment négative : “…pour éviter à confusion et le soupçon que le parlement aurait que nous commencerions à devenir chanoines, et par conséquent que nous renonçons tacitement à notre dessein de travailler incessamment le pauvre peuple des champs …”

Même si saint Vincent insiste sur la rigueur du silence dans le but d’obtenir une meilleure autonomie de sa Communauté par rapport aux derniers habitants de Saint-Lazare, cette lettre suggère bien le grand problème qui dût se poser à la jeune Communauté Missionnaire prenant possession de cet imposant Couvent. L’argument mis en avant contre le domino, l’aumusse et l’Office chanté est sans douta plus fondamental et essentiel : les Missionnaires doivent être et apparaître travaillant incessamment pour le pauvre peuple des champs.”

Las conditions et le style de vie en résidence ne peuvent être en contradiction avec cet essentiel de la vocation des Prêtres de la Mission. Et saint Vincent conclut qu’il élimerait mieux que nous demeurassions toujours en notre pauvreté que de détourner le dessein de Dieu sur nous”

Ce même 8 janvier 1632, l’archevêque de Paris approuvait l’union de Saint-Lazare à la Mission en précisant entre autres : que les Prêtres de la Mission seraient tenus à réciter l’office divin “in choro alta voce sine cantu”, que douze au moins devraient résider en la maison dont huit prêtres, qui assureraient des missions dans le diocèse de Paris et recevraient les Ordinands (XIII, 248-254). Même sans prendre à la lettre chacune de ces prescriptions, ce document – lui aussi – donne une idée d’une certaine évolution du style communautaire imposée par ce transfert de résidence.

2. La Bulle d’érection de la Congrégation de la Mission (12 janvier 1633)

1. La mission romaine de M. du Coudray

En juin et août 1028, on l’a vu plus haut, saint Vincent écrivit deux suppliques au Pape Urbain VIII en vue d’obtenir l’approbation de Rome pour la Congrégation, et le 22 août, la demande était pratiquement rejetée par la Propagande. (XIII. 225).

En 1631, saint Vincent reprend l’affaire et envoie M. de Coudray sur place pour y défendre le dossier. Le 20 juillet 1631, il lui écrit : “Vous voilà enfin arrivé à Rome” (I, 114), et c’est un échange de correspondance sur les délicates tractations. [60]

Cinq lettres de saint Vincent à M. du Coudray ont été conservées sur cette période.

L’argument essentiel et à mettre en avant est toujours la nécessité du pauvre peuple :

“Vous devez faire entendre que le pauvre peuple se damne, faute de savoir les choses nécessaires à salut et faute de se confesser. Que si Sa Sainteté savait cette NÉCESSITÉ, elle n’aurait point de repos qu’elle n’eût fait son possible pour y mettre ordre…” (I, 115).

Et pour appuyer cette argumentation, saint Vincent consulte les théologiens. Le 4 septembre 1631, il envoie un billet à Du Coudray : « Un grand personnage en doctrine et en piété me disait hier qu’il est de l’opinion de saint Thomas : que celui qui ignore le mystère de la Trinité et celui de l’Incarnation, mourant en cet état, meurt en état de damnation et soutient que c’est le fond de la doctrine chrétienne. Or cela me toucha si fort et me touche encore que j’aie peur d’être damné moi-même, pour n’être incessamment à l’instruction de pauvre peuple… » (I, 121)

Mais les oppositions se manifestent et les retards se multiplient. Dix ans plus tard, saint Vincent écrira au supérieur de Rome :

L’esprit de ce pays-là est réservé, temporisant et considérant, aime et estime les personnes qui vont piano, piano et se garde extrêmement de celles qui vont vite…! » (II, 263). Du Coudray souhaite employer des procédés un peu « contournés », mais saint Vincent, le 23 décembre 1631, juge la chose “assez ingénue” et ajoute : “Qui dit les choses tout bonnement comme elles sont, et se soumet, Dieu agrée, comme je crois, ce procédé. La vérité et l’humilité s’accordent bien ensemble.” (I, 144)

La lettre du 12 juillet 1632 (I, 162-165) surtout est à lire pour se faire une idée des difficultés et oppositions comme de la sainte opiniâtreté de saint Vincent.

« …car, il est vrai, on tache à nous brouiller, comme vous m’avez mandé ; et cela jusqu’à la personne de laquelle nous devrions espérer la plus grande assistance après Dieu. Mais tout cela ne m’étonnerait pas sans mes péchés, qui me donnent sujet de craindre non pas le succès de la chose, qui tôt ou tard se fera, de delà comme de deçà mais je ne saurais vous exprimer combien les artifices m’étonnent… »

N.B. : On trouvera dans les Annales de 1926 (p.140 à 144) et de 1941-1942 (p.27-31), le texte définitif de la requête présenté par M. Du Coudray, au nom de saint Vincent. Il fut présenté non à la Propagande, comme en 1628, mais à la Congrégation des Évêques et Réguliers avec l’adresse suivante : « à Sa Sainteté pour l’Érection d’une Mission de Prêtres séculiers en France ». Il n’est pas nécessaire d’analyser ici ce texte puisqu’il sera pratiquement repris en totalité dans la Bulle d’érection.

2. La Bulle Salvatoris Nostri (12 janvier 1633)

Le latin se trouve en XIII 257-267 et une traduction en français est proposée dans les Annales 1941-1942, p. 32-40. La « vie de Communauté » de la nouvelle Congrégation, en tant que telle n’y est pas directement traitée, mais on peut cependant remarquer que :

  1. C’est incontestablement, une communauté apostolique qui est officiellement approuvée dans ‘Salvatoris nostri’. Le “but particulier” de l’Institut est ainsi défini : “cum propria salute, in eorum salutem incumbere qui in villis, pagis, terris, locis et oppidis humilioribus commoruntur.”

On remarquera l’expression cum propria salute”. Une étude serait à faire sur l’histoire et l’évolution de ce qui deviendra, dans les Règles Communes de 1658, la première fin de la Compagnie : Propriae perfectioni studere. On s’appuie parfois sur ce 1° § des Règles Communes pour contester ou nuancer la primauté de la Mission et le [61] caractère nettement Apostolique de la Congrégation. Il semble bien que, pour saint Vincent, cette exigence de sainteté personnelle n’ait jamais remis en cause la fin nettement missionnaire de l’Institut.

Dans le Contrat de Fondation du 17 avril 1625, la perfection personnelle n’est mentionnée que comme condition sine qua non pour un travail Apostolique valable : (XIII, 198-199)…

Même perspective dans le premier Contrat d’Association (XIII, 204).

Par contre, on peut lire dans la supplique à Urbain VIII (1er août 1628) : “quorum principale ac praecipuum institutum erit propriae perfectioni et incolarum rure degentium totaliter incumbere.” (I, 47,55)

Pour comprendre l’esprit de Propriae perfectioni studere des Règles Communes, le mieux est sans doute de se reporter à la Conférence du 6 décembre 1658 où saint Vincent lui-même s’explique sur La Fin de la Congrégation de la Mission (XII, 73 et suiv.). La perfection personnelle y est mise en relation avec les exigences de la Mission :

“Notre-Seigneur étant venu au monde POUR sauver les hommes, a commencé à faire et nuis à enseigner” Le dessein de la Compagnie est d’imiter Notre-Seigneur, c’est-à-dire qu’il faudra d’abord pratiquer et vivre ce que l’on prêchera. Saint Vincent, tout au long de cette Conférence, unit dans une même vue MISSIONNAIRE, dons un même projet missionnaire, ce qu’il sera toujours dangereux de vouloir séparer (perfection et mission).

Le “cum propria solute, in eorum salutem incumbere” de la Bulle Salvatoris nostri suggère cette relation entre perfection et Mission et cette unité dans la visée Missionnaire.

  1. Sur le problème « Autonomie et Insertion », la Bulle entérine les « maximes fondamentales » que saint Vincent rappelait à M. du Coudray, deux ans auparavant : Supérieur général à vie, Monsieur Vincent puis ses successeurs se voient reconnus tous les droits de direction de la Compagnie, maisons, personnes et biens” relativement aux Missions seulement, les Ordinaires des lieux, ainsi qu’il a été dit, garderont leur autorité ; et mention est également faite des droits des curés. Pour les Ordinaires des lieux, il est précisé : “Qu’ainsi qu’il leur semblera bon, ils pourront envoyer, dans les diverses parties de leurs diocèses, les sujets de ladite Congrégation qui seront désignés par leurs supérieurs…”.

Quand aux curés il est précisé : “Pour tout cela, ils obtiendront auparavant la permission du curé de l’endroit, sans cette autorisation, ils n’entreprendront rien des susdits emplois…”

 

Conclusions Générales

De ce rapide survol de l’expérience communautaire de saint Vincent, jusqu’en 1633, on peu dégager plusieurs constatations et risquer quelques conclusions.

 

1. Une Communauté apostolique

La Communauté de la Mission est bien une Communauté Apostolique. On retrouve constamment cette affirmation, dans pratiquement tous les textes officiels, depuis le Contrat de Fondation du 17 avril 1625 jusqu’à la Bulle Salvatoris nostri :

On se met ensemble “pour s’appliquer entièrement et purement au salut du pauvre peuple.”  [62]

La Communauté est née des exigences de la Mission et elle est conçue, structurée en fonction de la Mission.

La mission, on l’a vu, est chronologiquement et logiquement antérieure à la Communauté. Il y eut Folleville “et la presse fut si grande” que M. Vincent ne put y suffire. D’où une première constatation : pour faire face au travail missionnaire, il faut être plusieurs. Pour les missions suivantes, dans les terres des de Gondi, on fait appel aux Pères Jésuites. Aide qui se révèle précieuse sans doute, mais qui demeure occasionnelle et irrégulière. D’où, nouvelle constatation dont on a l’écho dans le Contrat de Fondation lui-même : pour la Mission, il ne suffit pas d’être plusieurs, il y faut stabilité, disponibilité, unité… et c’est ainsi que l’on en vint à l’idée de la pieuse association de quelques ecclésiastiques, pour selon le bon plaisir des prélats, s’appliquer entièrement et purement au salut du pauvre peuple. (XIII, 198)

C’est ainsi que la Communauté naquit des exigences mêmes de la Mission et que, progressivement elle se structure. On a pu remarquer, par exemple, que même les temps de “résidence” aux Bons Enfants, puis à Saint-Lazare sont, en grande partie consacrés à ce que l’on pourrait appeler la “formation professionnelle” des Missionnaires (on s’exerce à la controverse, on étudie le petit Bécan, on fait maints exercices de prédication… etc)

Il s’agit bien, semble-t-il, d’une Communauté de travail pour la Mission.

 

2. Insérée… mais Autonome

La Situation de cette Communauté Apostolique dans l’Église a été, dès le début, un problème grave et délicat. Et, sur ce point, ce sont encore les exigences pastorales de la Mission qui ont prévalu. Malgré son ton polémique, « l’opposition des Curés de Paris » cerne bien la question. Il s’agit bel et bien de la relation entre la pastorale « ordinaire et locale » et « l’intervention Missionnaire »… ce que les curés de Paris appellent « cette extraordinaire Mission ».

Il est ainsi intéressant de noter que dès les tout débuts de la Communauté, il s’est avéré bien difficile d’être dans la Pastorale de l’Église, avec l’Évêque et tous les responsables locaux, tout en demeurant soi-même et fidèle au Charisme missionnaire.

Il est surtout intéressant de voir comment saint Vincent tenait fermement les deux bouts de la chaîne : « laisser le pouvoir aux évêques d’envoyer les missionnaires dans la part de leur diocèse qu’il leur plaira ; les missionnaires seront soumis aux curés où ils font la mission pendant le temps d’icelle ; que le supérieur de la Compagnie ait l’entière direction d’icelle… » et saint Vincent ajoutait, on l’a vu : “Baste pour les paroles ; mais pour la substance, il faut qu’elle demeure entière …” (I, 116)

Saint Vincent demeura toujours très ferme sur ces principes. C’est ainsi que le 11 août 1660, quelques jours avant sa mort, il écrivait à l’Évêque de Lescar : « les missionnaires se sont donnés à Dieu et à messeigneurs les prélats pour leur obéir » comme les serviteurs de l’Évangiles à leur maître, en sorte que leur disant : Allez en tel lieu prêcher, catéchiser et faire les autres fonctions de la Mission, ils sont obligés d’y aller, et quand ils les rappellent, de revenir ; et quand ils leur disent : « Faites cela, ils doivent le faire, selon notre Institut. »

Mais, pour le regard de la conduite intérieure des familles et des personnes de notre Congrégation, en quelque lieu qu’elles soient, elle demeure à leur supérieur général. C’est à lui à les changer, à les appeler et rappeler d’une maison à une autre, de nommer les supérieurs particuliers et les autres officiers, d’envoyer de temps en temps des visiteurs de sa part en chaque lieu, pour y maintenir la charité et l’observance des règles, recevoir les comptes de la dépense et de la recette … etc (VIII, 362)  [63]

Ainsi donc, devaient se concilier ce que nous appellerions aujourd’hui l’insertion pastorale, la mobilité et disponibilité missionnaires, et l’autonomie juridique de l’Institut : Droit est reconnu aux évêques d’utiliser les missionnaires, là où ils le veulent dans leur diocèse, à la condition toutefois (on l’a remarqué) qu’il s’agisse bien de la fonctions de la Mission”, mais le supérieur se réserve la conduite des Communautés (familles) et personnes, et le droit de nommer, rappeler et changer de maison… etc.

 

3. Vivre en Commun

C’est là l’expression même employée dans le Contrat de Fondation du 17 avril 1625, expression qui d’ailleurs est reprise dons la plupart des textes officiels. Et effectivement dès les tout débuts de la période des Bons-Enfants, tous les témoignages concordent : il s’agit bien d’une “Vie en commun”, tant au cours des missions que pendant les longs mois de résidence. En Mission, puis pour les Ordinands, on se répartit le travail ; « en résidence », on se prépare ensemble, on prie ensemble, on vit de la « bourse commune »… Cette “vie en commun” dut se structurer sinon s’uniformiser progressivement, et ce, à l’exemple des religieux, comme il est dit dans la lettre de saint Vincent au pape Urbain VIII. (On reviendra sur le processus de cette évolution). Les Avis donnés à la retraite annuelle de 1632 (XI, 100-102) sont déjà très significatifs, par exemple ce paragraphe : « Observer inviolablement aux Missions tout ce qui suit : 1) se lever à 4 heures et se coucher à 9 heures ; 2) faire son oraison ; 3) dire son office avec les autres ; 4) aller à l’église et en sortir avec les autres ; 5) dire la messe à son tour ; 6) ne point sortir de l’église sans permission, disant la couse au supérieur ; 7) faire lecture durant le repas ; 8) tous les vendredis tenir chapitre. »

 

4. La Communauté de Biens

Des 1625, le statut « économique » de la Communauté semble des plus clairs et précis. Il n’y a là rien de bien étonnant puisque le Contrat du 17 avril 1625 est d’abord un Contrat de Fondation au sens économique du terme. M. et Mme de Gondi « fondent l’Association » et les quelques six ecclésiastiques prévus vivront des revenus de la somme de 45 000 livres allouées par « les Fondateurs ».

Par la suite, saint Vincent demeurera fidèle à ce statut économique et multipliera les Fondations, c’est-à-dire que Prêtres et Frères de la Mission vivront de « revenus », parfois modestes, mais réguliers et les mieux assurés possible. Ce statut économique des Communautés a certainement eu sa gronde importance et influence sur la psychologie et la mentalité de la Compagnie. Une comparaison par exemple avec le statut économique des Filles de la Charité serait des plus instructives.

Mais plus encore que le statut lui-même, cc sont les motivations du choix de saint Vincent qui sont significatives. Elles sont surtout d’ordre pastoral et dictées par les exigences de la Mission. Deux impératifs, en effet, sont nettement mentionnés dans le Contrat de Fondation :

1. Pour s’appliquer entièrement et purement au soin du pauvre peuple, les Missionnaires doivent renoncer expressément à toutes charges, bénéfices et dignités, comme à tout ministère dans les villes.

2. Ils doivent, de par ailleurs, « aux dépends de leur bourse commune, prêcher, instruire, exhorter et catéchiser ces pauvres gens… sans en prendre aucune rétribution en quelque sorte ou manière que ce soit. »

Les Missionnaires ne vivront donc ni de leurs ressources personnelles auxquelles ils doivent renoncer pour être entièrement à la Mission, ni du fruit de leur travail qui devra être totalement gratuit. D’où la solution de la Fondation et des revenus : « …il n’est pas de nous comme des mendiants, écrira saint Vincent le 20 septembre 1652, ils n’ont qu’à planter le piquet et les voilà établis. Mais, à nous, qui ne prenons rien pauvre peuple, il nous faut du revenu… » (IV, 4 80)  [64]

C’est sur cette base économique que se greffera notre style de pauvreté : une pauvreté dans le travail missionnaire, une pauvreté dans le partage.

Dans le travail missionnaire, car nous vivrons de « revenus » alloués pour que nous évangélisions les Pauvres

Dans le partage intégral, car fondations et revenus sont à la communauté et constitueront ce que le Contrat appelle la « Bourse commune ».

 

5. D’une équipe missionnaire à une communauté à l’exemple des Religieux…

Reste à dire un mot du “processus” de structuration de la Communauté, de 1624 à 1633. La Communauté, on l’a vu, semble bien être née de la Mission, des exigences concrètes des missions, et le témoignage de saint Vincent, en XII, 7-8, évoque plus le style de vie de ce que nous appellerions aujourd’hui « une Équipe Missionnaire » que celui d’une Communauté : “…Nous nous en allions ainsi tous les trois prêcher et faire la Mission de village en village. En partant, nous donnions la clef à quelqu’un des voisins, ou nous-mêmes ” nous les priions d’aller coucher la nuit dans la maison…”

Dans ce témoignage, l’important est manifestement la Mission, les courses missionnaires de village en village et la « résidence » …on confie la clef… ! apparaît comme assez secondaire.

Par contre, avec et après le Contrat de Fondation, la « résidence » semble prendre de plus en plus d’importance. On devine comme un phénomène de sédentarisation de la Communauté missionnaire. Devant tenir compte du rythme des travaux agricoles, les mois de juin, juillet, août, septembre, se passeront à la « maison commune », plus quinze jours après chaque mois de Missions pendant le reste de l’année. Même si ce rythme ne fut guère respecté, les missions semblant se prolonger et se succéder souvent au détriment des temps de résidence, ces périodes relativement nombreuses et longues en la « maison commune » ont certainement contribué pour une large part à une première structuration de type « religieux » de la vie Communautaire.

Autre élément très important dans ce « processus », l’Œuvre des Ordinands, après 1628. On reçoit des Ordinands, puis des réunions d’ecclésiastiques dans la maison. Cela devient vite très exigeant pour la Communauté qui se doit de donner l’exemple d’une vie très régulière. Saint Vincent rappelle souvent à sa Communauté cette responsabilité :

“…Oh, quel bonheur de ce que non seulement Dieu veut se servir de pauvres gens comme nous, sans science et sans vertu, pour aider à redresser les ecclésiastiques déchus et déréglés, mais encore à perfectionner les bons, comme nous voyons par se grâce que cela se fait. Que bienheureux êtes-vous, Messieurs, de répandre par votre dévotion, douceur, affabilité, modestie et humilité, l’esprit de Dieu dans ces âmes, et du servir Dieu en la personne de ses plus grands serviteurs que vous êtes heureux, vous qui leur donnerez bon exemple aux conférences, aux cérémonies, au chœur, au réfectoire et partout.” (XI, 10)

Ainsi, la maison Commune se doit de devenir “exemplaire”.

Enfin, il y eût le transfert à saint-Lazare, dans un cadre, on l’a vu, assez grandiose… même si tout était bien loin d’être en bon état. On peut imaginer le « choc » que produisirent sur la jeune Communauté Missionnaire ce nouveau cadre de vie, et le retentissement que cela pût avoir sur les comportements. La résidence est, pratiquement, devenue « un Couvent ». Certes, les activités missionnaires demeurent l’essentiel, mais le style de vie semble se régulariser de plus en plus. A tel point que désormais, le style de vie de Saint-Lazare devient comme le type et l’exemple proposés à toutes les autres communautés. Beaucoup plus tard, en 1655, saint Vincent parlera ainsi aux confrères de Saint-Lazare : [65]

“… Un autre motif est l’exemple que nous devons à toutes les personnes qui viennent céans et qui nous voient et nous considèrent depuis les pieds jusqu’à la tête, qui viennent ici pour se récolliger, pour apprendre la manière de bien vivre, tant d’ecclésiastiques qui passent ici, les ordinands, les exercitants… ceux des autres maisons disent : À Saint-Lazare, on fait comme cela. Et ainsi, voilà comme tout s’en va en décadence … Voyez-vous, mes frères, la copie n’est point, pour l’ordinaire, mieux faite que l’original ; s’il y a des fautes en l’original, pour l’ordinaire il y en a dans la copie. La maison de Saint-Lazare, c’est l’original, sur laquelle les outres maisons et toutes les personnes qui y viennent prennent exemple et tirent copie…” (XI, 206-207)

Il convient cependant de ne point trop idéaliser « l’original ». Par exemple, concernant la régularité de l’office, ensemble et au chœur, imposée aux résidants de Saint-Lazare par le Contrat (XIII, 234-244)… On sera peut-être surpris de lire en XII, 334 : qu’il y a vingt ans (nous sommes en 1659 !!) que cet usage est tombé en désuétude : c’est une coutume introduite à présent dans Saint-Lazare, de n’aller plus au chœur, si ce n’est ceux du séminaire… et saint Vincent s’en humilie.

Sans donc exagérer le « caractère régulier » et exemplaire de la Communauté de Saint-Lazare, on peut remarquer, au terme de cette étude, comme une évolution progressive du style de vie en communauté. Certes, la Communauté demeure nettement et prioritairement apostolique, mais il semble évident que le style de vie se structure réellement “à l’exemple des religieux”, selon la formule de saint Vincent dans la lettre au Pape Urbain VIII, et ce, d’abord dans les résidences, puis dans les missions où seront conservés et observés tous les usages de la résidence compatibles avec le travail missionnaire, l’Œuvre des Ordinands et des exercitants d’une part, et le « cadre » de Saint-Lazare d’autre part ayant très vraisemblablement contribué à l’accélération de ce processus.

Jean MORIN, CM 🔸

Sans donc exagérer le « caractère régulier » et exemplaire de la Communauté de Saint-Lazare, on peut remarquer, au terme de cette étude, comme une évolution progressive du style de vie en communauté. Certes, la Communauté demeure nettement et prioritairement apostolique, mais il semble évident que le style de vie se structure réellement “à l’exemple des religieux”, selon la formule de saint Vincent

Jean MORIN
Explications :

Article parut dans le Bulletin Lazaristes de France, n. 41, octobre 1973, pp. 46-65

Numérisé par Le père Claude LAUTISSIER  le 19 décembre 2018

Parution livre numérique : « Monsieur, c’est à nos parents que vous devriez parler » par Vincent GOGUEY CM

Parution livre numérique :

« Monsieur, c’est à nos parents que vous devriez parler »

Voici la parution d’un livre numérique : “Monsieur, c’est à nos parents que vous devriez parler” évoquant la mission de deux frères “Lazaristes”, Eric Ravoux et Vincent Goguey, auprès des collégiens et lycéens, vécue depuis 10 ans, un peu partout en France et en Belgique.

Sur le fond, c’est principalement les grandes questions du sens de la vie qui sont abordées.

Sur la forme, en le lisant, vous vous retrouverez dans une salle de classe où les jeunes sont en discussion avec les missionnaires. Cette forme de discussion permet d’assez bien appréhender tout l’environnement mental, familial, et la manière d’approcher notre société de la part  des jeunes d’aujourd’hui.

Ce fut pour nous une très belle mission qui se continue encore. Occasion d’action de grâce pour tant de merveilles vécues dans ces rencontres de jeunes de tous milieux.

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Rencontre avec les jeunes pour aller au-delà des clichés

Les jeunes sont-ils ces êtres égoïstes, uniquement préoccupés d’eux-mêmes et sans aucun sens des valeurs que notre société, inquiète et volontiers pessimiste, veut souvent nous laisser entendre ?

Pendant une dizaine d’années, deux prêtres de la Congrégation de la Mission (Saint Vincent de Paul) sont allés à leur rencontre dans leurs classes, en France et en Belgique, pour les découvrir, accueillir leur questionnement et les interpeller sur le sens qu’ils donnent à leur vie.

Pour ces deux hommes, ce fut une source de joie et d’émerveillement. Quelles richesses chez tous ces jeunes qui ont aussi besoin d’être reconnus, encouragés et de découvrir en face d’eux des adultes ne fuyant pas leurs questions existentielles !

Ce livre vous fait entrer dans des classes où les élèves se sont livrés tels qu’ils sont. C’est une occasion pour chacun, jeune ou adulte, de se requestionner sur ce que nous faisons réellement de notre existence.

Vincent GOGUEY, CM 🔸

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Témoignage de la Mission dans l’église locale du Diocèse de Moulins – France – Emission KTO

Témoignage de la Mission dans l’église locale du Diocèse de Moulins – France –

Emission KTO

Dans l´Allier, un territoire de 340.000 habitants essentiellement rural, de nombreux services disparaissent dans les villages et le sentiment d´abandon grandit. Face à cette situation, l´Eglise catholique veut rester au plus proche de la population. Les trois prêtres de la paroisse de Notre-Dame de l´Alliance, au sud-est du département, visitent ponctuellement leurs 38 clochers dans de petites missions d´évangélisation et de soutien aux communautés locales, notamment aux personnes âgées seules ou dans le besoin.

Reportage dans le village de Saint-Clément. Au programme également de La Vie des Diocèses : l´église prieurale de Souvigny, une fille de l´abbaye de Cluny, qui revit depuis quelques mois grâce à la communauté religieuse des Oblates du Coeur de Jésus qui s´y est installée. Elles accueillent les visiteurs, répondent à leurs questions et assure ainsi le rayonnement du sanctuaire. Mgr Laurent Percerou, évêque de Moulins, se félicite de cette mission au service de l´évangélisation. Alors qu´il avait été père synodal au Synode sur les jeunes, qui s´étaient tenu à Rome en octobre, Mgr Percerou a fait des jeunes une de ses priorités, malgré un exode des jeunes hors du département important.

L´évêque de Moulins fait le bilan de son « Bishop tour » qui l´a vu rencontrer pendant deux ans des personnes engagées auprès des jeunes dans l´Allier dans des associations confessionnelles ou non-confessionnelles, culturelles, sportives et professionnelles. Enfin, à l´approche des Journées Mondiales de la jeunesse au Panama, Mgr Percerou exprime sa joie de se rendre au Panama avec les 1300 jeunes français.

 

La Vie des Diocèses du 14/01/2019 – Emission KTO🔸

L´évêque de Moulins fait le bilan de son « Bishop tour » qui l´a vu rencontrer pendant deux ans des personnes engagées auprès des jeunes dans l´Allier dans des associations confessionnelles ou non-confessionnelles, culturelles, sportives et professionnelles

Explications :

Témoignage du père Firmin Mola Mbalo CM à partir de la minute 27

“Noël ensemble”. Une expérience inédite pour célébrer la Paix (Villepinte, 23 décembre 2018). Retour sur la Fête

“Noël ensemble”. Une expérience inédite pour célébrer la Paix (Villepinte, 23 décembre 2018)

Retour sur la fête

Le dimanche 23 décembre dernier, les paroisses catholiques de Villepinte avec le concours des représentants de différentes communautés confessionnelles et le soutien de la municipalité organisaient pour la première fois un « Noel ensemble » sur le territoire communal.

En présence de Madame le Maire Martine Valleton, de l’évêque de Saint-Denis-en-France, Mgr Pascal DELANNOY, de la Vice-présidente de la région Ile-de-France Mme Farida ADLANI, du rabbin David ALTABE, du cheikh Abdelmajid TLEMCENI, du vénérable moine bouddhiste Éric XAYABANDITH et de près de 700 participants, le père Guillaume Leukeumo ouvrait cet évènement inédit.

Dans le teaser (vidéo) de présentation du « Noel ensemble », relayé et diffusé par le site web de la chaîne KTO, quelques-unes de ces autorités politiques et religieuses insistaient sur la dimension pédagogique de ce projet : dans un monde fracturé par des divisions de toutes sortes, offrir ne serait-ce que quelques heures et le temps de Noel, le témoignage qu’un monde fraternel est possible, du moins au niveau local.

Témoigner qu’ensemble et avec un peu de bonne volonté, l’unité, le dialogue, le respect peuvent l’emporter sur les préjugés, l’intolérance et l’esprit de défiance. C’est dans ce bel état d’esprit que fut pensé et bâti le programme du Noel ensemble. Outre les initiatives portées par nos communautés catholiques avec l’interprétation des chants de Noel par les chorales de nos deux paroisses ou encore des sketchs de Noel, un temps d’animation musicale fut proposé par la communauté musulmane.

Le journaliste-compositeur Laurent Grzybowski (père du fondateur de l’association interreligieuse Coexister) nous partagea quant à lui son témoignage au sujet de son engagement dans le domaine du vivre-ensemble et de la fraternité. Cette rencontre fut également l’occasion pour nos confrères Pierre MARIONNEAU et Jérôme DELSINNE de mettre en valeur leur savoir-faire de missionnaire vincentien avec leur spectacle son et lumière brillamment interprété par des jeunes de nos aumôneries.

La deuxième partie de l’après-midi fut consacrée aux prises de parole de Madame le Maire et des représentants religieux (vous pourrez lire ci-dessous l’intervention du père Guillaume qui résume bien l’histoire et la finalité du projet de l’association C.I.V.I.L. pour Coordination Interreligieuse des Villes, officiellement fondée ce jour-là). Le clou de ce temps fort fut le défilé en tenues traditionnelles des représentants de quelques communautés culturelles présentes à Villepinte (les cinq continents y étaient représentés avec notamment des représentants océaniens de Wallis et Futuna !) qui se succédèrent à la tribune pour y proclamer le mot « paix » dans leur langue d’origine.

En l’espace de quelques heures, l’espace « V » qui abritait cet évènement insolite devenait ainsi un véritable havre de fraternité et de paix où se côtoyaient des personnes de toutes générations, conditions sociales, cultures ou confessions. Qu’il était beau de voir l’imam dialoguer et plaisanter avec le rabbin, l’évêque échanger amicalement avec madame le Maire, ou encore des personnes âgées isolées retrouver le sourire en écoutant la chorale interpréter « Il est né le Divin Enfant ». Alors que certains médias et politiques semblent aujourd’hui se complaire à entretenir dans notre société un climat anxiogène caractérisé par la peur de l’autre et de ce qui est différent, il peut être bon de faire nôtre cette analyse du Cardinal Tauran : « Ce qui nous menace tous n’est pas la guerre des civilisations mais celle des ignorances et des radicalismes. Ce qui menace la coexistence est avant tout l’ignorance. C’est pourquoi nous rencontrer, parler, construire quelque chose ensemble, sont une invitation à rencontrer l’autre, et signifie aussi nous découvrir nous-mêmes. »

 

MOT D’ACCUEIL du père Guillaume LEUKEUMO, curé-modérateur des paroisses de Villepinte, Supérieur de la communauté lazariste de Villepinte

Mes chers frères, Mes chères sœurs,

Merci d’être venus si nombreux, y compris avec vos familles, vos amis à « Noël Ensemble », pour vivre ce moment fraternel et historique.

Noël, fête de la naissance de Jésus, est une fête joyeuse par excellence, une fête du vivre ensemble.

Notre rencontre de cet après-midi s’inscrit dans la continuité des actions inter-cultuelles déjà entreprises depuis bientôt 6 ans et dont l’assassinat du père Hamel fut un accélérateur.

À la suite de cet évènement tragique, nous, représentants des cultes, avons organisé une marche commune où nous étions main dans la main pour marquer notre refus de l’extrémisme et de la division. Dans la poursuite de notre cheminement ensemble, nous nous sommes retrouvés en 2017 à l’occasion de l’Iftâr.

L’objectif de toutes ces rencontres est de permettre aux différentes communautés de se connaître davantage, de redonner un second souffle au pacte républicain et au vivre ensemble.

C’est une grâce et c’est très beau de se rencontrer aujourd’hui pour vivre cet événement entre nous qui sommes issues de différentes confessions religieuses, originaires des cinq continents (même l’Océanie), pour renforcer le lien de « fraternité » qui fait de nous une seule et même famille humaine. Il s’agit de raviver pour cela une flamme…, oui, la « conscience d’être en relation », celle d’être « tous réciproquement nécessaires, celle d’être au fond « gardiens les uns des autres »’ .
Je vous souhaite à tous Bon « Noël Ensemble » !

 

Prise de Parole du père Guillaume

Mes chers frères, mes chères sœurs

Permettez-moi de commencer ce propos en évoquant une expérience personnelle de l’interreligieux.

Il y a 6 ans, je recevais de Mgr Pascal Delannoy, évêque de Saint-Denis-en-France ici présent, entre autres points de ma mission comme curé de Villepinte, je cite : « de poursuivre les efforts entrepris pour que l’Église soit présente aux réalités de la vie locale et pour que se développe un vrai dialogue entre les croyants des différentes religions. » fin de citation.

Cet appel et la pratique pastorale sur le terrain m’ont conduit à me former en vue d’acquérir des outils pour mener à bien cette mission ô combien d’actualité. Je dois reconnaître que ces outils m’ont permis de m’investir plus efficacement dans le dialogue interreligieux ici à Villepinte. Et l’assassinat du Père Hamel a rendu encore plus nécessaire cet engagement interreligieux et du vivre ensemble. Oui, le vivre ensemble est possible !

Dans un contexte difficile, il s’agit en effet d’affirmer haut et fort notre attachement aux valeurs de paix et de respect de l’autre malgré nos différences religieuse et culturelle. Dans notre société hyper individualiste où le lien social tend à régresser et la communauté du vivre ensemble à s’essouffler, il devient plus que jamais urgent de retrouver le chemin de la fraternité. « Nous sommes frères de tous ». Comme nous le rappelle le Pape François : « La fraternité a besoin d’être découverte, aimée, expérimentée, annoncée, et témoignée » .

C’est tout le sens de ce que nous avons décidé ensemble d’entreprendre, juifs, chrétiens et musulmans de Villepinte et au-delà, de saisir chaque occasion pour se connaitre davantage, s’estimer, se respecter et témoigner.

Mes chers frères, mes chères sœurs,
Je formule le vœu que cette initiative interreligieuse et du vivre ensemble puisse se perpétuer concrètement et localement, au quotidien, et dans nos différents quartiers.
Je vous remercie.

Patrick RABARISON, CM 🔸

Dans notre société hyper individualiste où le lien social tend à régresser et la communauté du vivre ensemble à s’essouffler, il devient plus que jamais urgent de retrouver le chemin de la fraternité.

P. Guillaume Leukeumo CM