Homélie du 18 octobre 2020. Affiliation de Vincent DUQUESNOY à la Congrégation de la Mission

« Qui enverrai-je ? » Éternelle question du Seigneur ! question qui traverse tous les temps et qui rejoint chacune et chacun d’entre nous dans son aujourd’hui. C’est dans notre Église, que nous sommes tous appelés, baptisés dans la mort du Christ, vivifiés par l’Esprit Saint, pour écrire une page de solidarité, d’amour et de communion fraternelle là où nous sommes et pour témoigner de l’amour de Dieu, de son désir que la vie l’emporte sur le mal et la mort !

P. Christian Mauvais, cm

Homélie du 18 octobre 2020. Affiliation de Vincent DUQUESNOY à la Congrégation de la Mission

« Qui enverrai-je ? » Éternelle question du Seigneur ! question qui traverse tous les temps et qui rejoint chacune et chacun d’entre nous dans son aujourd’hui. C’est dans notre Église, que nous sommes tous appelés, baptisés dans la mort du Christ, vivifiés par l’Esprit Saint, pour écrire une page de solidarité, d’amour et de communion fraternelle là où nous sommes et pour témoigner de l’amour de Dieu, de son désir que la vie l’emporte sur le mal et la mort !

« Qui enverrai-je ? » Ce n’est pas une question banale, à prendre à la légère. Elle est essentielle car elle est un appel à VIVRE, à vivre en se donnant ; c’est un appel de l’Amour, celui de Dieu, et l’Amour est toujours tourné vers le prochain. Démarche pleine d’humilité et de simplicité.

Oui, cet appel à vivre pleinement nous invite à sortir de nous-même nous offrant ainsi la possibilité de nous mettre en situation de partage, de service, d’écoute. L’autre rencontré devient celui qui m’aide à me retrouver, dans la démarche du don de soi, à m’ouvrir à la vie !

Si tu veux vivre, laisses-toi porter par l’Amour, et n’aie pas peur de répondre : « Me voici : envoie-moi ! » ; Dans cette réponse, tu trouveras le bonheur, tu connaîtras la béatitude. C’est le mouvement de la vie qui te traverse, c’est le souffle de l’Esprit qui t’enveloppe. La vie humaine naît de l’amour de Dieu, grandit dans l’amour et tend vers l’amour.

Etre envoyé à qui ? se donner à qui ? s’engager à quoi ?

Pour répondre à ces questions, comme chrétien et vincentien, il me semble que nous devons contempler Jésus que Dieu a envoyé par amour pour les hommes ; il est LE Missionnaire dont la personne et les œuvres sont totale obéissance à la volonté de son Père. Il est LE Missionnaire envoyé porter la Bonne Nouvelle aux Pauvres.

Jésus est le 1er mouvement d’amour en sortie pour donner vie à la création dans sa totalité. Notre réponse à l’appel de Dieu s’inscrit dans ce mouvement de décentrement ; notre disponibilité à être envoyés s’enracine dans celle du Fils ; c’est l’Esprit qui nous est donné pour qu’en Église, nous ayons la force de nous porter au-devant de nos frères, entrant ainsi dans ce que le pape François appelle « la dynamique du don de soi » qui peut aller jusqu’au don total de soi comme le Christ.

« La mission, « l’Église en sortie », ne constituent pas un programme à réaliser, une intention à concrétiser par un effort de volonté. C’est le Christ qui fait sortir l’Église d’elle-même. Dans la mission d’annoncer l’Évangile, vous vous mettez en mouvement parce que l’Esprit Saint vous pousse et vous porte »

Ce que nous avons à faire, à montrer, à dire, c’est de porter une Bonne Nouvelle et cela à toute personne mais en priorité aux personnes qui sont laissées facilement de côté par la vie qui les exclue de plus en plus, les jugeant peu fiables, peu capables, ces personnes abattues par les difficultés de la vie.

Nous porter les uns les autres au-devant de l’autre pour leur porter une bonne nouvelle ! il faut être bien dans sa peau, dans sa vie, dans ses relations. On ne porte pas une bonne nouvelle avec une tête d’enterrement, ni en traînant des pieds, ni en ne se supportant pas mutuellement ! Quel est donc le visage que nous offrons à celui que nous rencontrons ; avec quelle démarche nous approchons-nous de lui ? qu’est-ce qui est bon en nous que nous pouvons lui transmettre ?

 

Nous sommes porteurs d’une bonne nouvelle. Nous portons une parole bienveillante, constructive. Nous portons la joie, celle de ne pas être seul, celle d’être aimé, respecté dans sa différence, accueilli avec sa richesse propre. Nous portons la confiance qui permet à l’autre de se révéler, de mettre en valeur ses compétences, d’agir avec ses moyens ; nous portons la confiance qui ouvre des issues dans l’impasse de certaines vies, de certains lieux. Nous portons l’initiative de leur donner leur place dans la société, dans les structures mises en place, dans les invitations à participer, à construire, à donner leur avis ! oui, nous portons le Christ. Nous portons la Vie.

Oui, il faut être solide pour porter une telle envie de vivre , une telle joie de vivre ! Ce que nous portons c’est la vie, c’est un mouvement d’amour que nous transmettons, à travers une présence quotidienne, des gestes simples qui respectent, qui mettent en valeur la personne.

Vincent, avec Aurélie ta femme, avec Faustine et Axel, tes enfants, vous vous portez les uns les autres en famille pour porter le Christ, bonne Nouvelle entre vous et pour tous ceux que vous rencontrez. C’est une expérience ecclésiale. Aujourd’hui, tu choisis de continuer ce chemin en t’inspirant de la spiritualité de St Vincent, plaçant le pauvre au centre. Pour cela, il nous revient, à toi et à nous tous, de choisir chaque jour les lieux éloignés qui nous obligent à sortir de nos routes et de nos rencontres habituelles pour être proches de celui qui est loin !

Nous portons le Christ, la Vie, comme le rappelle François : « le véritable missionnaire ressent Jésus vivant avec lui au milieu de l’activité missionnaire. Si quelqu’un ne le découvre pas présent au cœur même de la tâche missionnaire, il perd aussitôt l’enthousiasme et doute de ce qu’il transmet, il manque de force et de passion. Et une personne qui n’est pas convaincue, enthousiaste, sûre, amoureuse, ne convainc personne »

Ne perdons pas cette relation personnelle d’amour avec Jésus vivant dans son Église. Si tu es habité du Christ, animé de son Esprit, c’est Lui que tu donneras au monde, c’est son message que tu transmettras

Comme Marie, sa mère nous serons  disponibles pour répondre ‘me voici, envoie-moi !’ La prière, par laquelle Dieu touche notre cœur, nous ouvre aux besoins d’amour, de dignité et de liberté de nos frères et sœurs.

C’est sur le terreau de la générosité, de l’espérance et du don total de soi pour un autre avenir où chacun sera reconnu, accueilli et aura sa place, c’est sur ce terreau-là que se déploie notre élan missionnaire. C’est là que le Christ nous attend aujourd’hui, comme ses disciples, hier, en Galilée.

Bonne route, bonne mission.

 

Partager sur email
Partager sur print

“La vida es bella”. Mi experiencia con la COVID-19

Mis queridos hermanos en el Señor, hace ya cuatro meses y medio que experimenté en carne propia la vulnerabilidad de mi humanidad a través de la Covid 19. Fue un momento difícil, de incertidumbre y de miedo. Pero les confieso que también fue un tiempo en el que pude apreciar más de cerca la misericordia y compañía de Dios...

P. Alexis Octavio VARGAS SANDOVAL CM

“La vida es bella”. Mi experiencia con la COVID-19

“Me has curado, me has hecho revivir, la amargura se me volvió paz cuando detuviste mi alma ante la tumba vacía y volviste la espalda a todos mis pecados. El abismo no te da gracias, ni la muerte te alaba, ni esperan en tu fidelidad los que bajan a la fosa. Los vivos, los vivos son quienes te alaban: como yo ahora. El padre enseña a sus hijos tu fidelidad. Sálvame, Señor, y tocaremos nuestras arpas todos nuestros días en la casa del Señor” (Isaías 38, 16-20).

Mis queridos hermanos en el Señor, hace ya cuatro meses y medio que experimenté en carne propia la vulnerabilidad de mi humanidad a través de la Covid 19. Fue un momento difícil, de incertidumbre y de miedo. Pero les confieso que también fue un tiempo en el que pude apreciar más de cerca la misericordia y compañía de Dios, además de la solidaridad de ustedes mi comunidad local y parroquial, la provincia de Francia, mi familia, mis amigos y tantas personas de la familia vicentina y de buena voluntad y también la preocupación del personal de la salud del hospital Robert Ballanger; por medio de la oración, los cuidados o quizás desde un pequeño gesto, un pensamiento, un mensaje, en fin. Les estaré eternamente agradecido.

En ocasiones es difícil expresar los sentimientos y más entre nosotros hombres consagrados por la causa del amor. Deberíamos siempre volver a la fuente inagotable de la misericordia de Dios, sobre todo sabiendo que somos un don para el otro, y que la vida se gana dándola. Sí, han pasado tres meses desde mi salida del hospital y he tenido el tiempo para hacer un alto en el camino, reorientar mi vida, mi ministerio y creo que para todos este tiempo en medio de tanto, nos ha medido nuestra capacidad de resistir y de dar esperanza, justo allí donde a muchos los sobrecoge el desánimo y flaquean las fuerzas.

Quisiera valerme del Evangelio del domingo 18 del tiempo ordinario para contarles esa experiencia a mi manera. El evangelio de ese domingo comenzaba con un hecho doloroso para Jesús: la muerte de su muy querido amigo Juan Bautista. Por eso vio prudente en medio del dolor retirarse solo a un lugar para estar con su Padre. Qué importante es un tiempo para repensar las cosas, y para no hacer como si nada hubiera ocurrido. Pero ¿cómo me pasó todo esto? ¿Y por qué a mí? De todas formas, a todos nos llega el momento y de qué manera. La experiencia comenzó 15 días antes de hacerme el examen. Asistí a un almuerzo con la comunidad en una parroquia vecina donde habitualmente almorzamos juntos los sacerdotes de la unidad pastoral cada 15 días. El párroco anfitrión había ido al este del país, donde ya había habido algunos casos, sin embargo, como era el comienzo de esta turbulencia que aún sacude el mundo, no se le prestó mucha atención al riesgo que ello pudiese significar. Pasaron tres días y debí volver a la parroquia mencionada a una reunión de preparación de catequesis para adultos, pues hago parte del equipo junto con el párroco,  y nuevamente cenamos con él y su vicario en una mesa muy pequeña. Nada de distanciamiento físico en ese momento. Llegó el fin de semana y no me sentía muy bien. Empecé a tener fiebre, resfriado, mal de estómago y con esto pérdida del apetito. Como los síntomas siguieron el lunes siguiente fui al médico. Éste me hizo una consulta bastante rápida y me dijo que no era grave, que se trataba de un resfriado, me dio unos medicamentos para la fiebre y el dolor y que tomara algunos días de reposo. Como de costumbre, cuando uno va al médico y recibe buenas noticias se siente más seguro. No obstante, siguieron pasando los días y la mejoría nada que llegaba, toda esa semana la pasé así, con los mismos síntomas.

El fin de semana, como es usual, fueron unas mujeres de la parroquia. Ellas me insistieron para que me hiciera el examen. Esperé hasta el lunes para hacerlo. Había que llamar a un número. Llamé y me dijeron que fuera por urgencias al hospital Robert Ballanger. Ese 16 de marzo en las horas de la tarde un colega de la comunidad me acompañó. Había que esperar un poco. Le dije que se fuera a la casa y que cuando todo pasara lo llamaría para que me recogiera. La espera fue un poco larga: unas dos horas; pero uno como que presiente las cosas, cuando entras al hospital por algo que te pasa a ti, ves que el panorama se te oscurece. La pandemia estaba empezando la gente tenía miedo de cualquiera que fuese posible de caso de corona virus. Ahora comprendo de verdad la labor de todo el personal de la salud, todo lo que arriesgan. Bueno, me hicieron el examen, había que esperar el resultado. Yo estaba en una camilla, y a eso de la 9:30 pm, me dieron los resultados confirmando que era positivo, recuerdo que tomé la noticia normal y me dije bueno esto pasará. Uno cree que como es joven y fuerte será cuestión de tiempo. Le mandé un mensaje al colega contándole que era positivo y que debía esperar aún en el hospital que más tarde lo llamaría. Pues, les cuento que hasta ahí tengo memoria, después vino lo otro de estar sometido a ese coma artificial casi un mes.

¿De esta experiencia qué puedo decir?

Primero que es como estar entre el sueño y vigilia, como estar desconectado de la realidad y al mismo tiempo ser consciente. La mente divaga mucho. Tuve muchos sueños; pero les digo que uno no deja de ser lo que es. Me explico: en los sueños o esa realidad artificial todo tiene ver con la tarea que realizas; en mi caso, la concerniente al sacerdocio. Cito algunos ejemplos, pero son muchísimos unos buenos, otros una pesadilla completa. En otra oportunidad les contaré con más detalles. Entre otras cosas soñé que todo esto que me pasó se dio en medio un viaje a España y que íbamos en un barco y que había naufragado, y que fuimos rescatados por la marina francesa y que nos habían llevado a Barcelona y yo juraba que estaba en España. Además, recuerdo muy bien que hasta había pensado llamar a Toño (José Antonio Gonzáles, cohermano en estudios en Salamanca) a que fuera por mí. ¿Ven? Hay mucha coincidencia, pero también fantasía. Por ejemplo, que después del rescate yo estaba en una gran sala y que me llamaban y no podía caminar, ni moverme siquiera,  con mucha sed, pero que no había agua. Apenas me dieron un poquito y yo pedía más y más. Otro sueño consistía en que yo iba a Cali, Colombia que era tiempo de fiestas, pero que iba sólo por tres días de descanso y que me había enfermado y que estaba en una casa de las Hijas de la Caridad; allí mismo donde brindaban cuidados médicos y que había estado hospitalizado por un mes. Sabía que allí estaban los cohermanos, pero que habían sido las hermanas las que me habían cuidado. Hasta recuerdo que la ecónoma no quería hacer nada de rebaja por la hospitalización. Como a mí me hicieron traqueostomía que eso también había sido en Cali y que el médico que me la había hecho era un cohermano sacerdote de la provincia de Italia que había conocido en Roma y con quien íbamos a hacer una misión más adelante.

Después que pasó este tiempo y leyendo todo lo que me ocurrió, puedo decir que la mente es algo increíble, hay una cierta predisposición que te ayuda a dar el siguiente paso. Me explico:  estos tres sueños que les cuento me ayudaron mucho en la recuperación, ¿por qué?  Cuando me desperté o me despertaron mejor, yo tenía una sed increíble, de verdad que no me aguantaba, pedía agua y más agua, fue lo primero que pedí, pero no me daban y yo no entendía por qué. Por eso alguna enfermera muy querida me pasaba un paño húmedo por la boca, eso me refrescaba un poco. El segundo, yo no me podía mover en aquella gran sala. Me encontraba en una gran sala con muchos médicos y enfermeras entubado con sondas y de verdad estaba paralizado. Me dolía todo. No me podía mover. Y el tercero fue la cuestión de la “traqueo”, como lo había soñado para mí no fue difícil de aceptar. Es decir, todo ya estaba integrado de antemano, creo que ahí está la fe, Dios que dispone todo nuevamente. Además de esos sueños, también soné que había hecho un viaje en familia, que había ido en misión a la India, que había estado en una misa con el Papa a la una de la mañana y que me parecía muy raro. Que la provincia había comprado unos terrenos en las afueras de Bogotá y que me habían mandado como superior y trabajaría con uno de los García, (en nuestra provincia de Colombia tenemos o tuvimos cinco hermanos sacerdotes de los cuales fueron dos obispos que ya fallecieron, no sé si por eso de ser obispos) un hermano, y además era una obra en compañía con hijas de la caridad ya mayores. Y así otros tantos.

Volviendo al texto del evangelio, ese tiempo de retiro para Jesús (tiempo de hospitalización para mí, de cuarentena para ustedes), creo que ha sido un tiempo de reconciliación (con nosotros mismos, con los hermanos, la familia) para volver a la acción; es decir, materializar la caridad. Estoy convencido como el gran misionero San Juan Gabriel Perboyre de que no se necesitan más signos (el evangelio, la eucaristía y el crucifijo) para entregarse a la causa del amor.

Sí, el mundo necesita compasión, las multitudes buscan ser consoladas y nosotros somos las manos y los pies de Jesús.  ¿Cuál es mi respuesta hoy a esta propuesta de ayudar a sanar las heridas de tantos hermanos? A veces nuestra actitud es la de los discípulos:  despachar a la gente, que se las arreglen como puedan, y de esta manera, queridos hermanos, podríamos quedarnos en el aspecto milagroso de la acción de Jesús, pero Él quiere enseñarnos algo más: que no es necesario tenerlo todo para hacer algo, solo es necesario dar ese poco que tenemos y con Jesús será abundante, porque es su obra, no mis cálculos. Da sin medida y te darán sin medida y cuando sientas que no puedes más descubrirás que  dispones de cinco panes y dos pescados, que parecen poco, pero que con la presencia de Jesús harán la diferencia. Se trata de donar algo de tu tiempo, de tu dinero, de tu simpatía, de tu amistad y ese don que tú haces será contagioso. Si los otros te ven hacer algo harán como tú y habrá suficiente para nutrir la multitud. Nuestro santo fundador multiplicó no sólo el pan, sino también el amor, de tal modo que todos tuvieran algo.

Ahora quisiera nuevamente hacer un reconocimiento especial a todos por su solidaridad, amistad y cariño. Esos pequeños gestos de amor, de aprecio… valen oro para mí. Después de mi salida del hospital el 2 de mayo me han acompañado sentimientos de agradecimiento. La vulnerabilidad de la vida me recordó de una manera muy viva algo que ya sabía y que de tanto repetirlo parece hasta banal: “nada es para siempre”.  Ni la vida ni la salud ni los amigos; en fin, pero he aprendido lo que muchas veces predicamos:  la vida es un milagro y cada día, cada hora, cada minuto, cada segundo cuenta y debemos atrevernos a vivir, a arriesgar por lo mejor, por lo más bueno, no importa que uno se estrelle contra un muro, te quedará la satisfacción de que hiciste algo, lo intentaste y hay que volver a intentarlo una y otro vez. Hay que darse de alguna manera la oportunidad de equivocarse porque eso nos despierta y nos lleva asumir la vida con mucha más responsabilidad, y así estaremos convencidos de que lo importante es buscar cada día ser más auténticos, aprendiendo a sentir vergüenza de las propias faltas. No veo otro camino para un verdadero cambio. Cuando estaba en Medellín siendo rector Diego Luis, él insistía siempre en esta frase que recuerdo desde entonces, no sé si era de él, pero me gustó: “no le pidas a la estructura, lo que no te da tu propia conversión”. Para que no suene tan religioso, yo diría tu propia convicción, porque también he aprendido que los cambios vienen de adentro, de lo más íntimo, lo que más se cuida.

Les quiero compartir algunos sentimientos de la lectura espiritual que hice de esa experiencia límite.

  • El poder de la Oración y acción de gracias

Se traduce en la presencia de Dios que no nos falta nunca, y en la perseverancia de todos ustedes en la plegaria. Confieso hoy que tengo una deuda muy grande con todos. Sí, les debo la vida, y por supuesto, también a todas las personas que estuvieron pendientes de mí en el hospital. Por eso los invito a que se sientan orgullosos de la fe que tienen. Han logrado lo que pidieron:  un milagro, pues inclinaron a Dios que escuchó su oración. Mi vida es testigo. A veces nos desanimamos porque le pedimos a Dios y no logramos eso que deseamos, pero esto que hicieron por mí les puede dar la certeza de que Dios es compasivo y misericordioso y que vale la pena esperar contra toda esperanza.

  • La presencia del otro y los signos de Dios

Un día después de haber tomado nuevamente consciencia, caí en la cuenta de que una de las enfermeras era africana. No estoy seguro si era del Congo. Tenía aproximadamente 27 años de edad. Se me acercó y con mucho respeto me dijo al oído: “padre vengo para que recemos juntos». Esa acción se me quedó marcada. Algunas de las oraciones que me compartió, sobre todo a la Virgen María, las sabía hasta en latín. Esto sucedió dos o tres veces. Una vez terminada la plegaria me decía: “padre yo siempre estoy pasando por aquí y cuando necesite orar me manda  llamar con las compañeras”. Pueden ver, Dios siempre manda alguien que te susurrará al oído que siempre está ahí y por eso creemos en los ángeles y sobre todo en el ángel de la guarda. Vean una vez más la mano de Dios de manera patente. Sé que la Iglesia y el mundo atraviesan momentos difíciles, pero no hay que tener miedo. Por el contrario, creer siempre en el Señor que les prometió a los discípulos, y en  ellos a nosotros, que no estaríamos  jamás solos. Habrá siempre algo que nos empuja hacia adelante milagrosamente. Esa es la fuerza del Espíritu que da vigor al cuerpo y coraje al alma. 

  • La experiencia de la resurrección y el milagro de sentirse vivo

Hablamos siempre de la resurrección y tenemos suficientes relatos de la misma en la escritura y somos muchas veces muy buenos para hablar sobre ella, pero cuando uno la experimenta, cualquier explicación se queda corta porque te das cuenta que no es un argumento sino un hecho concreto del cual eres testigo. Después que yo fui consciente de dónde estaba, tenía en la cabeza esa preocupación de dar signos de vida, de decirles a ustedes y sobre todo a mi familia:  ¡yo estoy vivo, no sufran más! Pensaba sobre todo en papá y mamá, en cómo la estarían pasando de mal, porque ya perdieron un hijo y seguro que habría sido un dolor aún más fuerte, pues, ¿qué madre o padre quiere perder a su hijo? Con esto puedo decirles que para mí personalmente la resurrección significa “despertarse”, y ¿para qué?, para decir como el Señor:  ánimo, soy yo, no tengan miedo. Para anunciar esta buena noticia que significa la vida. Por eso yo los invito a despertarse para ver los signos de Dios. Porque estamos vivos , mas no despiertos  y esa es una diferencia muy grande. ¿Cómo reconocer el amor de Dios en nuestra vida? En este sentido, san Pablo llegó a afirmar que si Cristo no hubiera resucitado, vana sería nuestra fe.  De ahí que  las dudas sobre la presencia de Dios en mi vida de alguna manera han desaparecido. ¡Cómo no ver la obra de Dios en mi vida!

Con esto  les cuento la gran alegría que experimentaron  todos cuando volvieron a escuchar mi voz, y lo digo sobre todo por mi familia. De verdad que esta vez las lágrimas fueron de alegría. A la vez, sentí a mi familia mucho más confiada en Dios, y qué bueno, a veces los malos momentos de la vida nos llevan a poner todo en manos de Dios que sabe manifestarse. Y sí, las cosas de Dios tardan, pero llegan y nos dan seguridad. Algunos de mis cohermanos me expresaron también que nunca habían rezado tanto por alguien. Eso toca el corazón, de verdad que lo confieso y así corroboro que ahí se reconoce de verdad a los amigos cuando nos ayudan a atravesar las tempestades del dolor. Hoy más que nunca estoy seguro de que vale la pena vivir y tener los  amigos y la familia que tengo, y que no solo mis padres o mis hermanos hubieran dado su vida por mí, sino también muchos de ustedes. De verdad que ahí se cumple la Escritura: nadie tiene amor más grande que aquel que da la vida por sus amigos. Inmensas gracias por compartir este milagro que significa mi vida y les seguiré pidiendo oración por mí y de igual manera les aseguro la mía y por sobre todo mi amistad. Los amo en el Señor y ahora más que nunca. Sigamos soñando con el Cielo del cual vemos ya los signos materializados en esta Tierra, pero sobre todo creamos que hay vida eterna.  No seremos nunca defraudados.

Partager sur email
Partager sur print

“La vie est belle”. Mon expérience de la COVID-19

Mes chers amis, dans le Seigneur : il y a déjà quatre mois et demi que j'ai vécu dans ma propre chair l'expérience de la vulnérabilité de ma condition humaine à travers la COVID 19. Ce fut un moment difficile, d'incertitude et de peur. Mais je vous avoue que ce fut aussi un temps pendant lequel j'ai pu apprécier de plus près la miséricorde de Dieu et sa présence...

P. Alexis Octavio VARGAS SANDOVAL CM

“La vie est belle”. Mon expérience de la COVID-19

« Tu m’as guéri, tu m’as fait revivre, l’amertume s’est changée en Paix, quand tu as arrêté mon âme devant la tombe vide et que tu as jeté derrière toi tous mes péchés. L’abime ne te rend pas grâce, la mort ne te loue pas, et ceux qui descendent dans la fosse n’espèrent pas ta fidélité. Ce sont les vivants, les vivants qui te louent, comme moi maintenant. Le père enseigne à ses enfants la fidélité. Sauve-moi, Seigneur, et nous jouerons de la harpe tous les jours dans la maison du Seigneur » (Isaïe 38, 16-20).

Mes chers amis, dans le Seigneur : il y a déjà quatre mois et demi que j’ai vécu dans ma propre chair l’expérience de la vulnérabilité de ma condition humaine à travers la COVID 19. Ce fut un moment difficile, d’incertitude et de peur. Mais je vous avoue que ce fut aussi un temps pendant lequel j’ai pu apprécier de plus près la miséricorde de Dieu et sa présence, ainsi que la solidarité de toute ma communauté local et paroissiale, de la Province de France, de ma famille, de mes amis et de tant de personnes de la famille vincentienne, ou de bonne volonté et aussi le dévouement du personnel de la santé de l’hôpital Robert Ballanger; à travers la prière, de soins, ou peut-être un petit geste, une pensée, un message : je vous en serai éternellement reconnaissant.

Je peux vous dire que parfois il est difficile d’exprimer ses sentiments et davantage encore entre nous, hommes consacrés pour la cause de l’amour. Nous devrions toujours en revenir à la source inépuisable de la miséricorde de Dieu, sachant surtout que nous sommes un don pour l’autre et que la vie se gagne en la donnant. Oui, trois mois ont passé depuis ma sortie de l’hôpital et j’ai eu le temps de faire une halte sur le chemin, de réorienter ma vie, mon ministère ; je crois que, pour tous, « ce temps au milieu de rien » nous a fait mesurer notre capacité à résister et à redonner espoir devant le découragement de beaucoup.

Je voudrais m’appuyer sur l’évangile de dimanche 18ème du temps ordinaire pour vous raconter cette expérience à ma façon. L’évangile de ce dimanche commençait par un évènement douloureux pour Jésus : la mort de son très cher ami Jean-Baptiste. Il a donc cru nécessaire, dans sa douleur, de se retirer seul dans un lieu pour être avec son Père. Comme c’est important un temps pour méditer et ne pas faire comme si rien ne s’était passé ! Mais comment c’est arrivé tout cela ? Et Pourquoi à moi ? De toutes façons, il nous arrive à tous un moment difficile, et comment cela arrive-t-il ? Cela a commencé 15 jours avant de faire le test. J’avais assisté à un déjeuner avec la communauté dans une paroisse voisine où nous déjeunons d’habitude tous les 15 jours, tous les prêtres de l’unité pastorale. Il se trouve que le curé était allé en Alsace où il y avait déjà eu quelques cas. Cependant, comme c’était le début de cette turbulence qui secoue encore le monde, on n’y a pas prêté attention. Et puis trois jours ont passé et je suis retourné à une réunion de préparation à la catéchèse pour adultes dont je fais partie avec ce curé et nous avons dîné à nouveau avec lui et son vicaire à une très petite table. Aucune distanciation à ce moment-là. Le week-end est arrivé et je ne me sentais pas bien. Je commençais à avoir de la fièvre, enrhumé, mal à l’estomac et perte de l’appétit. Comme les symptômes continuaient, je suis allé chez le médecin le lundi suivant. Il m’a fait une consultation rapide et m’a dit que ce n’était pas grave, qu’il s’agissait d’un rhume, il m’a donné des médicaments pour la fièvre et la douleur et m’a dit de prendre quelques jours de repos.

D’habitude, quand on va chez le médecin et qu’il donne de bonnes nouvelles, on se sent rassuré. Les jours passaient et il n’y avait pas d’amélioration. J’ai passé toute cette semaine-là avec les mêmes symptômes. Ce week-end, comme d’habitude, des femmes de la paroisse sont venues. Elles ont insisté pour que je fasse un test. J’ai attendu le lundi pour le faire. Il fallait appeler un numéro de téléphone. J’ai appelé et on m’a dit d’aller aux urgences de l’hôpital Robert Ballanger. Ce 16 mars dans l’après-midi, un confrère de la communauté m’a accompagné. Il fallait attendre un peu. Je lui ai dit de rentrer à la maison, et que, quand j’aurais terminé, je l’appellerais pour qu’il vienne me chercher. L’attente fut un peu longue : environ 2 heures, mais comme on pressent quelque chose quand on rentre à l’hôpital, on voit que le panorama s’assombrit. Etant donné que la pandémie commençait, les gens avaient peur de moi. Maintenant je comprends vraiment le travail du personnel soignant et tout ce qu’ils risquent. On m’a examiné. Il fallait attendre le résultat. J’étais sur un brancard, et vers 21h30, on m’a donné les résultats, me confirmant que j’étais positif : je me souviens que j’ai pris la nouvelle normalement et que je me suis dit : ça va passer. On croit, parce qu’on est jeune et fort, que ce sera une question de temps. J’ai envoyé un message à mon confrère lui disant que j’étais positif, que je devais encore attendre à l’hôpital et que je l’appellerais plus tard. Jusqu’à ce point j’ai gardé la mémoire des événements, mais après, on m’a mis en coma artificiel pendant presque un mois.

Que puis-je dire de cette expérience ?

D’abord, c’est comme si on était entre la veille et le sommeil, comme si on était déconnecté de la réalité tout en étant conscient. Je m’explique : dans les rêves ou cette réalité artificielle, tout a à voir avec la tâche qu’on accomplit, c’est-à-dire pour moi, celle qui concerne mon sacerdoce. Je cite quelques exemples, mais il y en a beaucoup, certains bons, d’autres qui sont un vrai cauchemar. Je vous raconte en détails. Entre autres, j’ai rêvé que tout cela m’était arrivé au cours d’un voyage en Espagne, je ne sais comment, nous étions dans un bateau qui avait naufragé, Nous avons été sauvés par la Marine française qui nous avait emmenés à Barcelone et j’aurais juré que j’étais en Espagne. En outre, je me souviens très bien que j’avais même pensé appeler Toño (José Antonio Gonzalez, confrère colombien en études à Salamanque) pour qu’il vienne me chercher. Vous voyez ? Il y a beaucoup de vrai, mais aussi beaucoup d’imagination. Par exemple, après le sauvetage, j’étais dans une grande salle, on m’appelait et je ne pouvais pas marcher, ni même bouger ; j’avais très soif, mais il n’y avait pas d’eau. On m’en avait donné un tout petit peu et j’en demandais encore et encore. Un autre rêve était que j’allais à Cali en Colombie, pendant les fêtes, mais seulement pour trois jours de repos, et que j’étais tombé malade ; j’étais dans une maison des Filles de la Charité, la même où on donnait des soins médicaux et j’y avais été hospitalisé pour un mois. Je savais que là étaient mes confrères mais c’étaient les sœurs qui me soignaient. Je me souviens même que l’économe ne voulait me faire aucune remise sur l’hospitalisation. Comme on m’a fait une trachéotomie, je rêvais qu’elle avait aussi eu lieu à Cali et que le médecin qui me l’avait faite était un confrère prêtre de la province d’Italie que j’avais connu à Rome et avec lequel nous étions partis en mission plus tard.

Le temps a passé et en relisant tout ce qui m’est arrivé, je peux dire que l’esprit est incroyable : il y a une certaine prédisposition qui aide à faire le pas suivant. Je m’explique : ces trois rêves que je vous raconte m’ont beaucoup aidé au rétablissement. Pourquoi ? Quand je me suis réveillé, ou plutôt, qu’on m’a réveillé, j’avais une soif épouvantable. Vraiment je n’en pouvais plus, j’ai demandé de l’eau et encore de l’eau, c’est la première chose que j’ai demandée, mais on ne m’en donnait pas, et je ne comprenais pas pourquoi. C’est pour cela qu’une infirmière très chère me passait un linge humide sur la bouche et cela me rafraichissait un peu. Le second rêve, je ne pouvais pas bouger dans cette grande salle.

Je me trouvais dans une grande salle avec beaucoup de médecins et d’infirmières. Intubé avec des tuyaux et vraiment, j’étais paralysé. J’avais mal partout. Je ne pouvais pas bouger. Et le troisième rêve, la « trachéo », comme je l’avais rêvé, n’a pas été difficile à accepter pour moi. C’est-à-dire, tout était intégré à l’avance, alors, comme je vous le dis, c’est peut-être mon point de vue : je crois que là est la foi : Dieu dispose tout à nouveau.

En plus de ces rêves, je rêvais aussi que j’avais fait un voyage en famille, que j’étais allé en mission en Inde, que j’étais allé à une messe avec le Pape à 1h du matin et cela me paraissait très étrange. Je rêvais aussi que la province de Colombie avait acheté des terrains dans la banlieue de Bogotá, qu’on m’avait envoyé comme supérieur, et que je travaillerais avec un des frères Garcia (dans notre province de Colombie, nous avons où nous avons eu 5 frères prêtres dont 2évêques décédés, je ne sais pas si c’est parce qu’ils étaient évêques !), un frère, et en plus c’était une œuvre en association avec des filles de la charité déjà âgées. Et ainsi, beaucoup d’autres rêves.

Pour en revenir à l’évangile, ce temps de retrait pour Jésus (temps d’hospitalisation pour moi, de quarantaine pour vous) je crois que cela a été un temps de réconciliation (avec nous-mêmes, nos frères, la famille) pour retourner à l’action, c’est-à-dire, vivre la charité. Je suis convaincu, comme le grand missionnaire Jean-Gabriel de Perboyre, qu’on n’a pas besoin d’autres signes (l’évangile, l’Eucharistie, le crucifix) pour se donner à la cause de l’amour.

Oui, le monde a besoin de compassion, les foules cherchent à être consolées et nous, nous sommes les mains et les pieds de Jésus. Quelle est ma réponse aujourd’hui à cette proposition d’aider à guérir les blessures de tant de frères ? Notre comportement est parfois celui des disciples : on reçoit les gens, et ensuite, qu’ils se débrouillent comme ils peuvent. Et ainsi, chers frères, nous pourrions en rester à l’aspect miraculeux de l’action de Jésus, mais lui veut nous enseigner davantage : il n’est pas nécessaire de tout avoir pour faire quelque chose, il faut seulement avoir le peu que nous avons, et avec l’aide de Jésus, ce sera l’abondance, parce que c’est son œuvre, et pas mes calculs. Donnez sans mesure et on vous donnera sans mesure ; quand on sentira qu’on n’en peut plus, on découvrira qu’on dispose de cinq pains et de deux poissons, cela parait bien peu, mais l’aide de Dieu complètera. Il s’agit de donner un peu de notre temps, de notre argent, de notre sympathie, de notre amitié, et ce don que nous faisons sera contagieux. Si les autres nous voient faire quelque chose, ils feront comme nous et il y en aura assez pour nourrir la foule. Notre Saint fondateur a multiplié non seulement le pain, mais aussi l’amour, pour qu’il y en ait pour tous.

Maintenant je voudrais être reconnaissant à nouveau spécialement à tous pour leur solidarité, leur amitié et leur affection. Les petits gestes d’amour, d’estime… cela vaut de l’or pour moi. Après ma sortie de l’hôpital le 2 mai, ce sentiment de reconnaissance m’a toujours accompagné. Je vous avoue que la vulnérabilité de la vie m’a rappelé très vivement ce que je savais déjà et qui est même banal : « rien n’est pour toujours ». Ni la vie, ni la santé, ni les amis; mais j’ai vraiment appris ce que nous prêchons souvent : la vie est un miracle, et chaque jour, chaque heure, chaque minute, chaque seconde compte et nous devons oser vivre, risquer ce qu’il y a de mieux, n’importe si on s’écrase contre le mur, on aura au moins la satisfaction d’avoir fait quelque chose, d’avoir essayé, et il faut essayer encore et encore. Il faut, pour ainsi dire, se donner l’occasion de se tromper parce que cela nous réveille et nous conduit à assumer la vie avec beaucoup plus de responsabilité, et ainsi nous serons convaincus de l’importance de rechercher tous les jours à être plus authentique et d’avoir honte de nos propres fautes. Je ne vois pas d’autre chemin pour un véritable changement. Quand j’étais à Medellin, alors que Don Luis était recteur, il insistait toujours sur cette phrase dont je me souviens depuis, je ne sais pas si elle était de lui, mais elle m’a bien plu : «Ne demande pas à l’Institution  ce que ne te donnera pas ta propre conversion ». Pour que cela ne paraisse pas aussi religieux mais une conviction, j’ai aussi appris que les changements viennent de l’intérieur, du plus intime, ce qui compte le plus.

Je voudrais partager avec vous quelques sentiments de l’interprétation spirituelle que j’ai eue de cette expérience-limite.

  • Le pouvoir de la prière et action de grâce

Elles se traduisent dans la présence de Dieu qui est toujours là et dans la persévérance de la prière de vous tous. Je vous avoue qu’aujourd’hui j’ai une grande dette envers vous tous. Oui, je vous dois la vie, et bien sûr aussi, à tous ceux qui se sont inquiétés pour moi à l’hôpital. Je vous invite à vous sentir fiers de votre foi. Vous avez obtenu ce que vous avez demandé: un miracle, parce que vous avez incliné Dieu à écouter votre prière. Ma vie en est témoin. Parfois nous nous décourageons parce que nous n’obtenons pas ce que nous demandons à Dieu, mais ce que vous avez fait pour moi peut vous donner la certitude que Dieu est compatissant et miséricordieux et que cela vaut la peine d’espérer contre toute espérance.

  • La présence de l’autre et les signes de Dieu

Le lendemain du jour où j’ai repris conscience, je me suis rendu compte qu’une des infirmières était africaine. Je ne suis pas sûr qu’elle était congolaise. Elle avait à peu près 27 ans. Elle s’est approchée de moi et m’a dit à l’oreille avec beaucoup de respect : « Père, je viens pour prier ensemble». Cela m’a marqué. Quelques-unes des prières partagées avec moi, surtout à la Vierge Marie, elle les connaissait même en latin. C’est arrivé deux ou trois fois; la prière terminée, elle me disait « Père, je passe toujours par ici et quand vous aurez besoin de prier, faites-moi appeler avec mes compagnes ». Comme vous pouvez voir, Dieu envoie toujours quelqu’un qui susurre à l’oreille qu’il est toujours là et pour cela, nous croyons aux anges et surtout, à l’ange gardien. Voyez, une fois de plus, la main de Dieu, de manière évidente. Je sais que l’Eglise et le monde traversent des moments difficiles, mais il ne faut pas avoir peur. Au contraire, toujours croire au Seigneur qui a promis à ses disciples, et à nous à travers eux, que nous ne serions jamais seuls. Il y aura toujours quelque chose qui nous pousse en avant miraculeusement. C’est la force de l’Esprit qui donne vigueur au corps et courage à l’âme.

  • L’expérience de la résurrection et le miracle de se sentir vivant

Nous parlons toujours de la résurrection et nous en avons suffisamment de récits dans l’Ecriture et souvent nous en parlons très bien, mais quand on la vit, n’importe quelle explication ne suffit pas car on se rend compte que ce n’est pas une idée abstraite, mais un fait concret dont on est témoin. Après avoir été conscient de l’endroit où j’étais, j’avais dans la tête le souci de donner des signes de vie, vous dire à vous et surtout à ma famille : « je suis vivant, ne souffrez plus ! » Je pensais surtout à papa et maman, comme ils devaient être angoissés, ayant déjà perdu un enfant, et bien sûr, cela eût été une douleur encore plus forte car, quelle mère ou quel père veut perdre son enfant ? Je peux vous dire que pour moi personnellement, la résurrection signifie «se réveiller» et pour quoi? Pour dire comme le Seigneur : « Courage, c’est moi, n’ayez pas peur ». Pour annoncer cette bonne nouvelle qu’est la vie. C’est pour cela que je vous invite à vous réveiller pour voir les signes de Dieu. Nous sommes vivants, mais pas réveillés et c’est une très grande différence. Comment reconnaitre l’amour de Dieu dans notre vie ? Dans ce sens, Saint Paul a affirmé que si le Christ n’était pas ressuscité, notre foi serait vaine. Ainsi tous les doutes sur la présence de Dieu dans ma vie ont disparu. Comment ne pas voir l’œuvre de Dieu dans ma vie! Je ne vous dis pas la grande joie de tous quand ils ont entendu à nouveau ma voix, et, je le dis surtout pour ma famille. Cette fois vraiment, les larmes ont été de joie. En même temps, j’ai senti ma famille beaucoup plus confiante en Dieu, et bon, parfois les mauvais moments de la vie nous portent à tout remettre entre les mains de Dieu qui sait se manifester. Et si cela tarde, cela finit toujours par arriver et nous en donne la preuve. Certains de mes confrères m’ont dit aussi qu’ils n’avaient jamais autant prié pour quelqu’un. Cela touche le cœur et je vous assure vraiment que c’est là où on reconnait ses amis, quand ils nous aident à traverser les orages de la douleur. Aujourd’hui plus que jamais, je suis sûr que cela vaut la peine de vivre et d’avoir les amis et la famille que j’ai, et que non seulement mes parents ou mes frères auraient donné leur vie pour moi, mais aussi nombre d’entre vous. L’écriture s’accomplit : il n’ya pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Merci immensément de partager ce miracle qu’est ma vie et je vous demanderai encore de prier pour moi, de même que je vous assure de mes prières et de mon amitié. Je vous aime dans le Seigneur, maintenant plus que jamais. Continuons à désirer le ciel dont nous voyons les signes concrets sur cette terre, mais surtout, croyons en la vie éternelle. Nous ne serons jamais déçus.

 

Villepinte, Seine Saint Denis, France, Août 2020, Fête de l’Assomption de la Vierge Marie

Partager sur email
Partager sur print

Post-pandémie : la famille vincentienne de France se retrouve sur zoom

Nous étions 14 réunis pour notre première rencontre via ZOOM, notre rencontre prévue au mois d’avril n’ayant pu se dérouler en raison du confinement dû à la pandémie.

Famille Vincentienne - FRANCE

Post-pandémie : la famille vincentienne de France se retrouve sur zoom

Famille Vincentienne - FRANCE
Famille Vincentienne - FRANCE

Nous étions 14 réunis pour notre première rencontre via ZOOM, notre rencontre prévue au mois d’avril n’ayant pu se dérouler en raison du confinement dû à la pandémie.

Sont présents : France Morane des Equipes Saint Vincent-AIC France (E.S.V.), Patrick Rabarison de la Congrégation de la Mission (C.M.), Sœur Marie-Vianney Ressegand des sœurs de l’Union Chrétienne de St Chaumond, Sœur Blandine Klein des  sœurs de la charité de Strasbourg et Fanny Douhaire, leur chargée de projets, Sœur Nicole Roland et Sœur Pascale Haratik des sœurs de Jeanne Antide Thouret, Michel Lanternier de la Société Saint Vincent de Paul (S.S.V.P.), P. Yves Danjou de l’Archiconfrérie de la Sainte Agonie, Aurélie Madrid de la Jeunesse Mariale Vincentienne, Marie-Pierre Flour, secrétaire et membre de l’Association de la Médaille Miraculeuse, Sœur Marguerite-Marie Nmargo des sœurs de st Vincent de Paul de Lambélé, Sœur Laetitia Tremolet des sœurs du rosier de l’Annonciation et le P. Bernard Massarini, coordinateur.

Le coordinateur propose d’ouvrir par un temps de prière en lisant l’évangile du jour : Mt 5, 38-42 qui se termine par la phrase «Et si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui. À qui te demande, donne ; à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos », prière avec le texte du jour et la citation d’Ozanam.

Il prolonge en citant Frédéric Ozanam «l’assistance humilie si elle n’est en rien réciproque, si vous ne portez à vos frères qu’un morceau de pain, un poignée de paille que nous n’aurez probablement jamais à lui demander, si vous le mettez dans la nécessité douloureuse d’un cœur bien fait de recevoir sans rendre ». Après un court silence, la prière du Notre Père est récitée.

Nous commençons par un tour de table pour présenter nos nouvelles associées :

les sœurs du rosier de l’Annonciation : elles sont reconnues comme association publique de fidèles fondée par Sœur Laetitia Tremolet, actuellement en service à Lourdes et en fondation en Corse. Elles se mettent dans les pas de Louise de Marillac et de Saint Vincent de Paul comme  soutien de leur spiritualité. Un charisme au service de toutes les pauvretés (transmission de la foi aux enfants, accompagnement des mères seules en difficultés et auprès des malades).

les sœurs de Saint Vincent de Paul de Lembélé : elles sont fondées en Belgique en 1811 par un prêtre, qui va les faire naître au Rwanda en 1956. Elles sont présentes dans 7 pays dont l’Ouganda, le Centre-Afrique, le Congo et la Belgique. Elles sont arrivées dans la Somme en 2018 : 3 sœurs, une sœur en catéchèse et service d’Eglise (sacristie et servants de messe), une en aumônerie d’hôpital et une en aumônerie de jeunes pour les établissements publics et privés.

1 – Nos projets communs

Nous commençons l’ordre du jour en nous mettant au courant de nos projets communs. Le projet « Louise et Rosalie » (accueil de jour pour femmes seules à la rue), à la Maison-Mère des Lazaristes, au 95 rue de Sèvres, en partenariat entre E.S.V., S.S.V.P. et C.M. Le confinement a contraint à un arrêt total des travaux qui ont pu reprendre lors du déconfinement. Cet espace d’accueil aura un point sanitaire-douche, une cuisine et un espace d’écoute. L’ouverture prévue en juin est reportée après la Toussaint 2020.

Pour le Projet de Pantin, l’évêque du diocèse de Saint Denis a sollicité la S.S.V.P. pour un accueil de jour pour les SDF (femmes à la rue). Les travaux ont dû être reportés. Ce lieu d’accueil n’ouvrira que courant 2021. La S.S.V.P. a fait appel à la collaboration des Filles de la Charité. Quelques-unes participeront à ce service.

2 – Pauvretés rencontrées du fait de la pandémie

Le coordinateur nous informe que les Vincentiens à l’ONU ont obtenu 4 jours de travail lors de l’assemblée sur les personnes sans-abris qui a conduit à l’adoption d’un texte. Il a partagé lors d’une rencontre ZOOM des visiteurs de la Congrégation de la Mission 3 initiatives nouvelles de la S.S.V.P., 2 des E.S.V., 2 des Sœurs de la Charité de Strasbourg et 2 des Lazaristes qui ont créé des services de proximité de pauvres, d’enfants ou de soignants durant le confinement.

Mr Lanternier, de la Société Saint Vincent de Paul, nous informe des rencontres régulières entre le Ministère de la cohésion sociale et un collectif de 30 associations travaillant avec les populations pauvres.

Ils se sont aperçu que ce sont les étudiants et les jeunes qui sont plus particulièrement précarisés par la pandémie (chômage..). L’Etat a mis 50M€ au service de ces actions. Les bénévoles âgés ont dû se protéger et il a fallu faire appel à des bénévoles extérieurs.

Mr Lanternier déplore la méconnaissance des dispositifs : les 200€ pour les étudiants, les bons d’achats pour les personnes à faible revenus, les moyens mis à disposition par les collectivités territoriales… L’insécurité alimentaire a explosé et il est à craindre que le chômage explose sans pouvoir faire face.

La S.S.V.P. a consacré son énergie à remettre ou conserver le réseau au service et n’a pas eu l’occasion d’être davantage attentive aux personnes. Elle a mis en route un système de rapports que les conseils départementaux sont invités à remonter pour avoir une vue plus générale l’état des situations.

Nouvelle adaptation à faire avec des personnes d’âge avancé et comprendre comment continuer avec les nouveaux visages parus durant cette période.

A Besançon, les sœurs de Jeanne Antide Thouret (S.J.A.T.) ont constaté la paupérisation des étudiants étrangers qui vivaient de travaux intérimaires. L’un d’entre eux n’avait plus rien à manger, ni de quoi payer son loyer universitaire. Les S.J.A.T. lui ont procuré des  rations alimentaires et une association a accepté de prendre en charge le coût du loyer. Ce jeune étudiant est reçu en second cycle (Master) sur Paris à la rentrée et cherche un travail d’été en vain.  

Toujours à Besançon, « l’escale jeune » s’est retrouvée sur zoom ou Skype et a cherché des réponses aux nouvelles demandes. Il a été proposé de garder le lien par téléphone ou internet avec les personnes seules ou isolées. La rencontre en présentiel avec la pastorale de la santé les a invitées à voir comment continuer la dynamique engagée. Divers projets : repas, fêtes…

Les Equipes Saint Vincent-AIC France n’ont eu que des appels téléphoniques de mères seules pour obtenir une aide alimentaire. Il est triste de constater que beaucoup ne connaissent pas les dispositifs dont ils peuvent bénéficier (peu savent qu’ils peuvent contacter la paroisse de leur quartier ou les services de la mairie). Il faut faire en sorte que l’information soit connue. Les bénévoles âgés des E.S.V. ont dû se mettre à l’abri pour se protéger mais elles sont su s’adapter en s’initiant à la visioconférence zoom pour que leurs élèves en français/langue étrangère ne perdent pas leurs acquis ; elles ont conservé les liens en mettant en place les cours par whatsapp ou autre support. France Morane partage sa crainte de l’augmentation des violences tant pour les femmes que les enfants sans pouvoir encore évaluer combien de personnes suivies sont concernées. Pendant le confinement, la violence intrafamiliale a augmenté de 30%.

Les sœurs de la Charité de Lembélé, dans la Somme, ont accompagné le prêtre lors de la célébration des obsèques avec parfois seulement le cercueil, sans membre de la famille du fait du confinement. Elles ont aussi beaucoup écouté les personnes de leur environnement qui vivaient dans l’angoisse liée à l’isolement dû à une maladie.

Soeur Laetitia, des sœurs du Rosier de l’Annonciation, informe qu’avoir laissé l’église ouverte a permis aux personnes de faire des passages discrets et furtifs. Une grande solidarité les a fait bénéficier de nourriture de la part du maire ou du curé : elles en ont assuré la redistribution aux personnes en difficultés, cela a ouvert de nouvelles relations de proximité.

Faute de pouvoir faire patronage en présentiel, elles ont inventé un patronage en ligne : de courtes vidéos régulières avec un éveil à la foi, prière avec les sœurs, une activité bricolage ou recette et un jingle. De nombreux enfants s’y sont connectés :https://rosierdelannonciation.org/videos-en-ligne-pour-vos-enfants/

Patrick Rabarison (aumônier et prêtre accompagnateur des jeunes du diocèse de St Denis et prêtre de la paroisse de Villepinte) voit exploser la pauvreté relationnelle pendant le confinement car nombreux sont les jeunes qui vivent seuls (étudiants de province venus s’installer dans la région parisienne entre autres). Ces jeunes sont en attente de relations authentiques. La paroisse a proposé des messes et le chapelet en ligne, des échanges par ZOOM.

Suite à la mort de Georges Floyd, l’émotion des jeunes de la communauté afro-antillaise est forte en Seine-St Denis. Un grand courant de colère s’est levé et il a fallu tenter de canaliser cette situation explosive. Le service diocésain des jeunes a tenté une action pédagogique en trois temps auxquels plusieurs paroisses se sont jointes : 1/écouter les expressions de mal-être autour du racisme (cellules d’écoute avec leur curé et des animateurs laïcs) en apprenant à mettre des mots dessus et en invitant à formuler leur colère en prière. 2/recontextualiser les choses par un temps de formation. Cela a abouti à un chemin de croix pour associer les souffrances ressenties à la passion de Jésus souffrant (belle dévotion des jeunes au chemin de croix). 3/prévoir dans les prochaines semaines d’organiser des temps de rencontres entre jeunes et policiers. Il est important d’être artisan de paix et de tenir compte des souffrances de chacun. La S.S.V.P. se tient disposée à aider ce qui se passe dans la paroisse de Villepinte si cela était nécessaire (à voir comment et pour quel type de service).

En tant que Vincentiens, nous devrons être inventifs pour renouveler notre pratique de l’écoute.

Les Sœurs de la Charité de Strasbourg saluent les jeunes qui sont venus en renfort des équipes. Elles ont rencontré des difficultés dans les EHPAD mais sont reconnaissantes face à la solidarité des équipes de professionnels travaillant dans l’enfance qui se sont proposés pour renforcer la main d’œuvre dans les EHPAD.

Les sœurs de l’Union Chrétienne de St Chaumond ont eu leurs établissements scolaires fermés. Les professeurs principaux ont fait preuve d’inventivité  pour garder le contact chaque semaine avec tous les élèves. Le fossé risque de se creuser entre les bons élèves et les élèves en difficultés. A Madrid, le taux de mortalité a été important dans les familles, notamment parmi les grands-parents d’élèves. Les sœurs sur place ont accompagné par téléphone et sur les réseaux sociaux ces familles.

Les activités régulières de la Jeunesse Mariale Vincentienne ont été interrompues depuis le début du confinement. Les responsables d’équipe ont toutefois pu maintenir le lien avec les enfants et les jeunes qu’ils accompagnent, par téléphone ou en les rencontrant depuis la réouverture des établissements scolaires. L’Assemblée internationale qui devait avoir lieu en juillet 2020 a été reportée d’un an, et différentes initiatives ont été mises en place au niveau international, via les réseaux sociaux, afin de maintenir le lien et de partager des nouvelles entre pays.

L’Association de la Médaille Miraculeuse a poursuivi son activité grâce au télétravail. Un temps important a été consacré à l’appel des personnes seules, âgées et/ou malades.  Elle a constaté une grande dévotion mariale en ce temps de pandémie : plus de 1000 médailles miraculeuses ont été demandées depuis le début de l’année pour recourir à la protection de Marie.

Le Père Yves Danjou, de l’Archiconfrérie de la Sainte Agonie, n’a pas connu davantage de demandes mais a été en contact avec des personnes éprouvant une plus grande  solitude et qui étaient heureuses de bénéficier par exemple de l’extension de la non-expulsion hivernale. La suppression de temps de prière mensuel a été difficile à vire. Ceci a été une invitation à approfondir la spiritualité de Jésus à Gethsémani. Le Père Yves nous partage la mort du Covid-19 de son frère, lui aussi Lazariste. La gestion du deuil a été difficile à vivre mais cela a été l’occasion d’une communication plus profonde avec des amis qui se sont faits proches de lui.

3 – Questions diverses

Après un échange entre le coordinateur et la secrétaire-trésorière, et au vu des comptes de la Famille Vincentienne France, il est proposé de ne pas demander de cotisation annuelle pour 2020, ce qui sera une contribution à l’effort post-pandémie de la famille vincentienne en France pour le travail de chacun.

Nous évoquons la réédition du calendrier des saints vincentiens pour le rendre plus ajusté aux dates changées par la congrégation pour la cause des saints et vérifier ceux qui demeurent mémoire de notre famille et ceux qui ont été transférés dans une autre tradition spirituelle. La décision est positive.

Lorsqu’est évoquée la possibilité de réfléchir à une formation pour nos bénévoles, sans sœurs ni prêtres, avec l’organisme VDP formation (possibilité de rencontre en septembre ou octobre), la présidente des E.S.V pense qu’il serait mieux d’attendre la rencontre de novembre pour en rediscuter car la priorité actuelle sont les actions  en lien avec la pandémie.

Le prochain rendez-vous en présentiel de notre comité aura lieu le lundi 16 novembre 2020, à la maison mère des Lazaristes, au 95 rue de Sèvres à Paris. Ce sera aussi l’occasion de visiter le lieu d’accueil « Louise-Rosalie »…

Partager sur email
Partager sur print

François Régis-Clet… Un missionnaire en départ… qui a montré le chemin au jeune Jean-Gabriel Perboyre

Surprenante et inattendue a été pour nous tous cette année 2020. Quand avons-nous imaginé être confinés dans nos maisons comme si nous étions des moines de stricte observance monastique ! Nous avons dû lâcher l’accélérateur, ce que saint Vincent appelait « un zèle excessif » qui, dans certains cas, ne nous laisse le temps ni de prendre le repas ni du partage fraternel.

P. Marlio Nasayó Liévano, c.m. Province de Colombie

François Régis-Clet… Un missionnaire en départ… qui a montré le chemin au jeune Jean-Gabriel Perboyre

P. Marlio Nasayó Liévano, c.m.
P. Marlio Nasayó Liévano, c.m.

Province de Colombie

Surprenante et inattendue a été pour nous tous cette année 2020. Quand avons-nous imaginé être confinés dans nos maisons comme si nous étions des moines de stricte observance monastique ! Nous avons dû lâcher l’accélérateur, ce que saint Vincent appelait « un zèle excessif » qui, dans certains cas, ne nous laisse le temps ni de prendre le repas ni du partage fraternel. Cette accélération qui à maintes reprises nous a amenés à sauter la prière ou à la faire en toute hâte et à négliger le temps de l’oraison. Ce zèle excessif est du au fait, qu’en dehors de nos maisons, des pauvres, des malades et des paroissiens nous attendent pour des visites, l’onction des malades, les célébrations de l’eucharistie, quelques fois dans un village éloigné. Maintenant le Seigneur nous dit de mettre de côté, au moins pour un temps, ces 400 ans où nous avons été « apôtres des campagnes », des plaines, des villes et des montagnes … Pour devenir « chartreux à la maison » … Pour prier davantage, pour approfondir sa Parole et pour affermir davantage notre vocation et notre mission. Et tant mieux, car nous pouvons Lui demander : combien de temps allons-nous être ainsi, en suspens ?

Cette année, dans les éphémérides vincentiennes, nous avons trouvé au moins trois commémorations de centenaire qui ont été déplacées pour un autre moment, ou du moins nous n’avons pu les célébrer avec le faste qui a entouré le centenaire de la mort des Fondateurs ou bien, le 400ème anniversaire du début du charisme vincentien. Ces commémorations sont : le premier centenaire de la béatification de Mlle Legras (9 mai 1920), les martyrs d’Arras (13 juin 1920), et avant eux, le bicentenaire du martyre du père Clet (18 février 1820).

Précisément, nous sommes proches de la célébration liturgique de notre frère saint François-Régis Clet. Célébration que nous réalisons depuis sa canonisation le 9 juillet, avec les 120 autres martyrs qui, comme lui, ont versé leur sang pour le Christ, l’Église et les pauvres de la Chine. J’offre quelques lignes pour notre prière, notre méditation et notre réflexion dans cette célébration atypique correspondant à cette année.

Notre frère est entré dans la Congrégation de la Mission… Oui, il est entré pour la mission, formant d’abord des missionnaires vincentiens et des agents diocésains dans son pays. Mais, il a eu aussi l’audace et le courage d’accueillir la nouveauté dans un pays lointain, la Chine, avec un autre peuple, une autre culture, une autre langue et une autre religion … Il a retiré ses mains d’un bureau français pour aller les « salir » sur les plaines brûlantes de la réalité chinoise et ainsi devenir, comme l’a dit le pape François, un héraut de l’Évangile, un « hôpital de campagne » où la volonté de Dieu l’a placé.

Le Seigneur n’est-Il pas en train de nous préparer pour aller vers des nouveaux aréopages lorsque cette pandémie disparaîtra ? Si la Congrégation a été audacieuse à d’autres époques alors qu’elle était plus petite, comment pourrait-il en être autrement maintenant qu’elle est plus importante en nombre ? Le 1% de confrères que le Père Général a promis au Pape pour les missions, ne serait-il pas la graine de moutarde que le Seigneur fera pousser dans ces champs où les pauvres nous attendent de toute urgence ?

Lorsque la pandémie prendra fin et que nous cesserons d’être « chartreux chez nous » et que nous redeviendrons des « apôtres sur le terrain », nous repartirons sur les chemins du monde avec le zèle d’avant, avec une vigueur missionnaire renouvelée, avec un cœur plein du Seigneur et avec notre « sac-à-dos missionnaire » qui, comme celui de Clet, portera : l’Écriture Sainte, le bréviaire, les Règles Communes, les Constitutions, la croix des vœux, le  chapelet,… Mais nous, contrairement à lui, porterons de nouveaux instruments pour transmettre l’Évangile, qui ne seront plus la bouteille d’encre, le stylo et un cahier de 100 feuilles, mais les médailles miraculeuses, le téléphone mobile et l’ordinateur afin de mieux diffuser le message du Christ évangélisateur des pauvres à partir de n’importe quelle colline jusqu’à atteindre les extrémités du monde. Paraphrasant notre fondateur, le défi est sûrement de devenir « inventifs jusqu’à l’infini », dans les parcelles connues et dans celles qui s’apprêtent à être labourées et ensemencées.

Si nous pensons l’évangélisation vers l’extérieur, aussi bien les missionnaires de l’aube comme ceux à l’heure de midi qui, avec santé et zèle, peuvent aller vers des nouvelles moissons, nous ne pouvons pas oublier les missionnaires plus âgés fatigués par le poids du jour et la chaleur (Mt. 20,13) qui maintenant, avec diverses limitations, sont dans nos maisons de retraite. Envers eux, nous devons avoir des attitudes de proximité, d’affection et de gratitude, car ils ont été les piliers sur lesquels la Communauté a été construite, et que grâce à eux, nous sommes ce qui nous sommes aujourd’hui.

François-Régis Clet fut un missionnaire rempli de zèle apostolique et en bonne santé. Cependant, malgré son expérience et sa vigueur, la persécution et la mort l’ont touché « les armes à la main » (SVP). Cela reste l’idéal, mais tous les missionnaires n’ont pas la santé et l’énergie que Clet avait. Son exemple devrait nous conduire à travailler dans la mesure où les forces nous accompagnent. Les uns et les autres, missionnaires du matin avec des illusions pleines d’espoir, ceux du midi au milieu des fatigues et ceux du soir avec leur désir et leur prière et leur sacrifice continus. Car il n’y a pas de place pour la paresse. Nous sommes tous missionnaires, depuis les premiers pas au séminaire jusqu’au crépuscule de l’existence.

Au fil de tout, en tant que missionnaires nous sommes fils de la Divine Providence, nous sommes entre ses mains. N’oublions pas qu’après chaque tempête vient le calme. Et que, comme écrivait saint Vincent à M. Bernard Codoing le 16 mars 1644, « la grâce a ses moments ». Cette pandémie est la grâce et la bonté de Dieu.

Nous avons besoin des yeux de la foi, d’un cœur converti, d’une écoute joyeuse de la Parole de Dieu, des demandes de charité entre nous et avec les pauvres et d’une joyeuse espérance puisque nous sommes entre les mains de la Providence qui nous portera toujours avec amour et tendresse dans ses bras. Elle nous montrera de nouveaux horizons devant lesquels nous ne pouvons pas être inférieurs comme nos aînés ne l’étaient pas non plus, comme l’a fait notre confrère missionnaire François-Régis Clet.

Et je conclus avec ce beau poème du Père José Luis Blanco Vega, s.j. (+2005), peut-être inspiré par Jérémie 1,11-12. Il est un baume en ces temps sombres, avec la certitude sereine qu’une lumière brillera au bout du tunnel :

 

« Que vois-tu dans la nuit ?

Parle-nous, sentinelle !

Dieu comme un amandier

Avec la fleur éveillée ;

Dieu qui ne dort jamais

Cherche quelqu’un qui ne dort pas,

Et parmi les dix vierges

Seulement cinq étaient éveillées.

 

Coqs vigilants

La nuit, ils alertent.

Qui a renié trois fois

Par trois autres fois confessera,

Et il avoue par les pleurs

Ce que la peur nie.

 

Mort, on le descendait

A la nouvelle tombe.

Jamais si profond

La terre a gardé le soleil.

La montagne a crié,

Pierre contre pierre.

 

J’ai vu le ciel nouveau

Et la terre nouvelle.

Christ parmi les vivants,

Et la mort morte.

Dieu dans les créatures,

Et elles étaient toutes bonnes ! »

Partager sur email
Partager sur print