Une Église au service du monde par amour du Christ

L’une des forces des sectes ou de communautés nouvelles, est la convivialité entre les membres. L’inconvénient des grandes structures est l’anonymat ! L’un des griefs les plus souvent évoqué par ceux qui ne côtoient plus l’Église est sur ce ressenti d’accueil ou plus exactement de non-accueil. Pourtant bien des églises ont fait effort pour soigner l’accueil pour ceux et celles qui viennent à une célébration.

Vincent Goguey

Une Église au service du monde par amour du Christ

L’une des forces des sectes ou de communautés nouvelles, est la convivialité entre les membres. L’inconvénient des grandes structures est l’anonymat ! L’un des griefs les plus souvent évoqué par ceux qui ne côtoient plus l’Église est sur ce ressenti d’accueil ou plus exactement de non-accueil. Pourtant bien des églises ont fait effort pour soigner l’accueil pour ceux et celles qui viennent à une célébration. Mais quelle connaissance y a-t-il de ces frères et sœurs une fois que nous sommes en extérieur de l’église ? L’esprit de famille ne peut se réduire à une heure de célébration par semaine, il est indispensable qu’il s’accomplisse dans des relations naturelles tout au long de la semaine pour concrétiser cet appel du Christ à devenir ses frères et sœurs. Avons-nous le souci de savoir ce qu’ils vivent dans leur famille ? leur travail ? leur santé ? Etc. Nous sommes très marqués par le fameux « liberté chérie, je ne veux pas m’immiscer dans leur vie personnelle ». C’est ce qui a donné une base de solidité à notre indifférence d’aujourd’hui, l’un des pires maux du moment. Nous avons tous besoin de reconnaissance pour exister et là comme on ne veut pas t’imposer quoi que ce soit on te laisse de côté !

L’Église est belle que lorsqu’elle se met au service du monde. Le Christ a tant aimé le monde qu’il a donné sa vie pour lui ! Si nous sommes appelés à suivre le Christ on ne peut faire autrement que de se mettre au service du monde !

Trop souvent nous regardons l’histoire de notre Famille qu’avec les yeux de nos détracteurs ! Nous évoquons si souvent l’affaire Galilée, l’inquisition, les croisades ou la pédophilie. Il est évident qu’il ne faut pas le nier, ni nous réinterroger pour savoir comment être davantage dans l’Esprit du Christ mais l’Église ne se réduit pas qu’à cela, loin sans faut. Juste sur l’inquisition, savons-nous que ça a été une véritable avancée judiciaire au moyen-âge ? Jusque-là c’était le prince du lieu qui était juge et partie, alors c’est évident qu’on savait dès le début qui allait gagner ! L’inquisition c’est cinq points importants qui sont encore le socle de notre justice d’assise aujourd’hui : qu’il y ait une enquête (ce que signifie inquisition) qu’il y ait un avocat pour défendre l’accusé, institution d’un juge indépendant ; création d’un groupe de jurés, pris dans la population, enfin que soit apporté la preuve de l’accusation.

Avec l’affaire Galilée on veut discréditer l’Église vis-à-vis de la science. Savons-nous que Copernic était un chanoine, astronome un siècle avant Galilée à défendre l’héliocentrisme ? Bien sûr toute nouveauté apporte aussi des tensions, certaines incompréhensions, il faut du temps pour que chacun puisse faire le chemin nécessaire à une nouvelle compréhension de notre monde. En Église aussi, certains avancent plus vite que d’autres…

Il est essentiel de regarder tout ce qu’a permis l’Église au long des siècles pour être juste avec elle et réapprendre à être fière d’être membre de cette famille de Dieu !

Dans les premiers siècles, bien des évêques ont été les défenseurs de leurs cités face aux invasions des barbares. Toute l’histoire du monachisme nous montre combien les moines ont apportés des avancées substantielles à la vie des gens où ils s’implantaient. Il suffit de voir leurs actions dans le monde agricole, combien ils ont assaini de régions marécageuses, développé tout un savoir sur les plantes (pour la médecine) ou la sélection de graines pour de meilleurs rendements afin de nourrir toute la population.

Si nous observons toute l’histoire de la santé, on verra que très fréquemment l’Église, via ses missionnaires (laïcs et religieux) a développé dispensaires et hôpitaux à travers le monde. Idem avec la question de l’éducation. La plupart des écoles de religieux avait comme cible première les enfants des pauvres. L’éducation était tellement bonne que les riches y ont envoyé leurs enfants !

La présence des chrétiens auprès de personnes vulnérables et isolées est une constante en Église. Au XIXe siècles, combien de congrégations ont vu le jour pour être au service de l’abandonné ?

Plus récemment il y a eu l’action catholique qui a formé des générations entières de jeunes et adultes pour s’investir dans les rouages de la société en mettant en acte la doctrine sociale de l’Église. C’est aussi tout le développement des patronages qui ont tant marqué la génération de nos anciens avec en parallèle les premiers cinémas déployés dans les salles paroissiales. Réjouissons-nous que le monde laïc ait repris le flambeau de toutes ces institutions car une fois que le sillon est tracé pour que d’autres prennent le relais il nous est demandé d’aller sur d’autres terres en friches !

L’Église n’est donc belle que lorsqu’elle se met au service du monde, des humains par amour pour le Christ et pour répondre à l’appel de Dieu.

Comme elle est actuellement en fragilité, le réflexe est de se replier sur elle-même avec toutes les questions identitaires communautaristes et de tenter de gérer ses propres pauvretés. Pourtant il est essentiel de continuer à être au service. Elle le fait déjà sans qu’on en ait bien conscience. Lors de rencontres d’Équipe d’Animation Pastorale, j’ai pour habitude de demander aux personnes de se présenter avec une joie vécue dans leur engagement ecclésial. Quelle merveille d’entendre chacun révéler sa joie de vivre en évoquant leur engagement auprès de personnes isolées chez-elles ou en EPHAD, l’accompagnement de personnes en fin de vie ou présence auprès des familles en deuil, la visite des détenus en prison, investissement dans une association d’accueil de migrants ou autre association caritative. Ce sont les lieux de fragilités actuelles de notre société qui n’aime pas voir le monde de la souffrance et du désarroi. Chaque chrétien investi dans ces lieux est une présence concrète de l’Église dans notre société.

Il est de bon ton d’être ouvert à tous et d’accueillir chacun avec ce qu’il est… même parfois au détriment du bon sens et du respect de la Vie. L’Église est fer de lance dans la défense de la Vie avant son arrivée sur Terre (embryon) et jusqu’à son extrême limite avant le grand départ en passant par tous ceux et celles qui sont vulnérables (handicap, maladie, errants, migrants…). Elle n’est pas toujours bien perçue car elle interpelle les bonnes consciences mais nous ne sommes pas là pour plaire mais bien pour faire la volonté de Dieu.

Pour redonner vie à l’Église, il est donc nécessaire de regarder notre monde et de repérer les pauvretés du moment. Ensuite discerner les moyens nécessaires pour nous y investir. Puis passer à des actes concrets. Mais au-delà de tout cela il est tout aussi important de nous réinterroger sur notre relation au Christ. Car des gens charitables, il y en a beaucoup en dehors de l’Église. Le chemin de la foi nous apprend à marcher en équilibre entre notre attachement à notre Sauveur, le Christ et nos actions auprès des délaissés de notre société ces deux réalités sont indissociables, ce sont elles qui nous permette de vivre en Dieu.

Dieu continue à appeler, la question est de savoir si nous l’entendons et si nous sommes prêts à y répondre !

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Une Église en désarroi

Je voudrai vous partager quelques réflexions à la suite de mes trois ans de mission en Périgord. Ce qui suit est plus particulièrement un certain constat d’une réalité pas toujours évidente à accueillir. Le risque est d’être dans un certain déni de réalité.

Vincent Goguey

Une Église en désarroi

Je voudrai vous partager quelques réflexions à la suite de mes trois ans de mission en Périgord. Ce qui suit est plus particulièrement un certain constat d’une réalité pas toujours évidente à accueillir. Le risque est d’être dans un certain déni de réalité. Il y a des lieux d’Église qui fonctionnent bien, avec des communautés rassemblées qui ont toute une dynamique et où l’on sent la joie de se retrouver pour célébrer le Seigneur ; béni soit Dieu. Il y en a d’autres où c’est plus difficile, souffrant. C’est ce que je voudrais évoquer maintenant.

La discussion avec un prêtre du diocèse m’a permis de mettre des mots sur ce que je ressentais depuis quelques temps vis-à-vis de mon vécu, principalement en église rurale. Ce prêtre me partageait qu’à son ordination (il y a déjà 25 ans) il disait qu’un très gros pourcentage de sa mission serait de faire du soin palliatif en église ! Donc accompagner jusqu’à la mort avec le plus d’attention et de délicatesse possible ! Ceci serait bien si nous avions les moyens et dispositions que l’on peut trouver dans ces centres d’accompagnements en soins palliatifs mais c’est rarement le cas.

Il est donc nécessaire de déplacer quelque peu l’image et de regarder un couple dans sa vieillesse où l’un des deux commence à avoir petit à petit de plus en plus besoin d’aide. Très souvent l’autre entre dans une attitude d’aide, ouvrant insensiblement le sillon du déséquilibre : Aidant / Aidé ! Ça peut arriver à la suite d’un AVC ou autre attaque, mais souvent ça commence par le besoin d’aide à mettre les bas de contention, ou d’une aide pour se déplacer ou encore de faire la toilette. La dépendance s’aggravant, l’Aidant devient quelque peu prisonnier de cette relation instaurée sans regarder de trop près ce que cela implique. Le souci est qu’un bon nombre d’Aidant, décède avant l’Aidé !!! Ces personnes s’y épuisent littéralement ne calculant pas le déséquilibre instauré par la dégradation de santé du conjoint. Dans ces situations de couples, il est bien souvent assez difficile de faire prendre conscience à l’Aidant qu’il a lui aussi besoin d’aide, de répit, de moments pour se ressourcer, sortir de cette situation où il n’est devenu QUE Aidant. L’Aidé peut même parfois devenir très exigeant. L’Aidant a bien souvent le sentiment de l’abandonner, de ne pas tenir son engagement d’être là pour le meilleur… et pour le pire. Il n’est plus à l’écoute de ses propres besoins. Littéralement il meure à la tâche !

En campagne, l’Église fonctionne principalement avec des personnes ayant un âge très honorable comme l’on dit pudiquement. Un très grand pourcentage des personnes investies a largement au-dessus de 70 ans, allant très facilement au-delà des 80 ans et plus ! Lorsque ce n’est pas l’âge qui est en cause, ça peut aisément être un souci de santé, ou un agenda surchargé qui amène à avoir des équipes paroissiales très fragiles.

Je suis très admiratif du très grand dévouement des personnes que j’ai pu rencontrer dans bien des paroisses du Périgord pendant trois ans. Ayant développées tout un tas d’attitudes et compétences personnelles, elles savent donner le meilleur d’elles-mêmes. C’est un très beau témoignage de foi et d’engagement au sein de l’Église. Elles mettent en pratique l’évangile, tendant à servir au mieux tout ce monde qui gravite autour de la paroisse.

Les troupes s’amenuisant, les différentes responsabilités se concentrent sur quelques personnes qui se donnent comme mission de tout tenir pour que l’Église reste une présence dans leurs villages, leurs bourgs. Nous avons facilement l’idée d’avoir à « faire son devoir », pour certains c’est même « mourir les armes à la main ». Mais est-ce ajusté ? C’est-à-dire est-ce juste ?

Il y a une ou deux décennies en arrière, les différentes charges d’une paroisse étaient réparties sur un bon nombre d’investis. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Est-ce ajusté de demander à des personnes s’étant engagées, il y a 20 ou 30 ans pour une de ces responsabilités de se retrouver avec 4, 5 ou 6 casquettes différentes (conseil économique, équipe pastorale, équipe liturgie, animation dans les EHPAD, visite à domicile, équipe funérailles, équipe des fleurs, catéchèse, aumônerie, secours catholique ou autres etc.) ?

L’ecclésiaste nous dit bien qu’il y a un temps pour tout ! L’âge avançant, il n’y a plus la même résistance, la même dynamique. Je vois certaines personnes parfois délaisser quelque peu leur famille pour être au service de cette Église très chronophage. Tant qu’elles ont le nez dans le guidon, elles ne s’aperçoivent pas trop de ce disfonctionnement. La période de confinement à fait prendre conscience à bon nombre d’entre elles de cela et bien de nos anciens ne sont plus prêts à réinvestir autant dans leurs engagements ecclésiaux ou associatifs. Ils ont compris qu’il fallait lever le pieds car ils ont autre chose à vivre dans leur vieillesse avançant. Parfois le surinvestissement peut être une excuse pour ne pas se voir avancer en âge et prendre conscience de son propre amenuisement.

Nous avons un travail de deuil à vivre : l’Église n’a plus la dimension sociale d’antan. Depuis des siècles nous sommes organisés en territoires géographiques. Aujourd’hui, il n’est plus possible de « tenir » ce territoire sous cette forme territoriale en monde rural (terrible de penser notre relation au monde en termes de « tenir » !!!).

Derrière cela se cache peut-être d’une manière sournoise, comme le malin sait si bien le faire, une volonté de « ramener » à soi (à l’Église) tous ceux qui nous entourent ! Sommes-nous ajustés à l’évangile ? Le Christ n’impose rien, il nous demande juste d’être témoin de sa présence, d’annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume, de diffuser Sa Paix. S’il n’y a personne pour l’accueillir, il suffit de sortir et de secouer la poussière de nos sandales. Lorsqu’on n’est pas accueilli dans un village, nul besoin de faire tomber la foudre du ciel dessus mais simplement aller plus loin. Avons-nous cette liberté intérieure ?

Toute cette décadence de l’Église doit nous mener à être davantage à l’écoute de l’Esprit Saint. Que nous dit-il dans sa manière de mener l’Église aujourd’hui ? A quelle conversion nous invite-t-il ? Un autre prêtre sur le diocèse évoque la période de Jérémie qui annonçait l’exil. Sommes-nous prêts à vivre cet exil de l’Église en terre rurale et de rester confiant à l’Esprit de Dieu qui conduit son peuple selon la volonté du Père ? Je sais que mon propos est quelque peu frustrant car nous aimerions avoir une perspective, des réponses, le plus clair possible, dans ces temps troublés et pourtant…

Acceptons de rentrer dans une période où nous ne voyons rien, apprenons à accueillir ce désarroi dans la confiance pour ne pas faire tant notre volonté que celle de Dieu. Non pas nous désinvestir et ne plus nous intéresser du devenir de notre communauté de croyants mais avancer sur un chemin de conversion en nous mettant d’avantage à l’écoute de l’Esprit de Dieu. C’est Dieu qui guide son Église. Il est temps de vivre une conversion pastorale !

Autres réflexions à suivre…

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Dimanche 22 novembre 2020 « Christ Roi de l’Univers ». Homélie à la Chapelle Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse. Paris

Comme chaque année, au dernier dimanche du temps ordinaire, l’Eglise nous invite à célébrer le Christ Roi de l’Univers. Instituée par le Pape Pie XI, en 1925, la fête du Christ Roi, avec à cette époque une connotation plutôt socio-politique, a pris vocable, dans la mouvance du Concile Vatican II, de Fête du Christ Roi de l’Univers, soulignant ainsi la dimension eschatologique, celle de la fin des temps, de ce monde nouveau déjà présent et encore à venir.

Yves BOUCHET

Dimanche 22 novembre 2020 « Christ Roi de l’Univers ». Homélie à la Chapelle Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse. Paris

Comme chaque année, au dernier dimanche du temps ordinaire, l’Eglise nous invite à célébrer le Christ Roi de l’Univers. Instituée par le Pape Pie XI, en 1925, la fête du Christ Roi, avec à cette époque une connotation plutôt socio-politique, a pris vocable, dans la mouvance du Concile Vatican II, de Fête du Christ Roi de l’Univers, soulignant ainsi la dimension eschatologique, celle de la fin des temps, de ce monde nouveau déjà présent et encore à venir.

La royauté du Christ, en effet, n’est pas de ce monde, Jésus lui-même l’affirmait à Pilate. « Ma royauté ne vient pas de ce monde ».  Elle se démarque des modèles humains d’hier et d’aujourd’hui. Et Jésus n’a jamais revendiqué le titre de roi terrestre : Il est venu pour servir, non pour être servi. « Je suis parmi vous comme celui qui sert. » dit-il à ses amis. Il est ce roi, comme on aime à le chanter : « Roi d’humilité, roi sans palais, roi sans armée. » Sa force n’est pas dans la puissance et l’accumulation de richesses.  Son autorité ne se déploie pas dans la domination, voire dans l’exploitation des hommes, mais tout au contraire, dans la patience, l’attention, la confiance, le respect, le pardon. Finalement, un roi qui nous surprend et nous désarme par la puissance de son Amour et par la force de son Pardon. Un amour total, sans mesure, qui fait dire à Jésus : « Ma vie nul ne la prend, c’est moi qui la donne. » et qui la donne pour la multitude, en rémission des péchés.   

« Alors que les grands de la Terre se construisent des « trônes » pour leur pouvoir, Dieu choisit un trône inconfortable, la croix, de laquelle il règne en donnant la vie. » dit le Pape François

En nous appuyant sur les textes bibliques que nous venons d’entendre, nous pouvons relever trois aspects de cette figure du Christ Roi de l’Univers

– Tout d’abord la figure du roi comme celle d’un berger qui veille sur son troupeau et le rassemble. « Voici que moi-même, je m’occuperai de mes brebis et je veillerai sur elles » avons-nous lu dans le livre du prophète Ezéchiel.  Un roi berger ! C’est bien le contraire des tendances de tout pouvoir qui ne pense souvent qu’à s’enrichir au détriment du peuple et des plus pauvres. Et tout au long de sa vie terrestre, Jésus n’a eu cesse de manifester cette tendresse, cette attention envers les hommes et en particulier le plus humbles, les malades, les étrangers, les rejetés, tant sur le plan social que religieux. Et non simplement il l’a manifesté en paroles : « Va, je ne te condamne pas » « lève -toi et marche » « Tes péchés sont pardonnés » Mais aussi en posant des actes :  guérissant des malades, nourrissant des foules, relevant des morts et jusqu’à se donner lui-même en donnant sa vie sur la croix. Voilà notre Roi, notre Christ Roi de l’Univers. Ce Berger plein de compassion, de tendresse et d’amour. Et ce Roi, berger de l’humanité, est le reflet même du visage de son Père qui est aussi, comme nous allons le redire tout à l’heure : Notre Père.

– Un deuxième aspect de la figure du Christ Roi de l’Univers est mis en valeur dans la lettre de Paul aux Corinthiens. Il nous parle du Christ ressuscité, berger de toute humanité, qui veut nous associer tous à sa victoire sur la mort et le péché. Le Christ Sauveur et Rassembleur. Par sa mort et sa résurrection, il a triomphé de toutes les puissances du mal. Il nous entraine avec lui sur le chemin du Royaume. Et par le Baptême nous sommes déjà entrés avec lui dans le mouvement du mystère pascal, jusqu’au jour où nous serons définitivement avec lui et où « Dieu sera tout en tous.» Depuis la résurrection, nous sommes en effet dans « les temps qui sont les derniers » et dans l’attente du dernier avènement. Dans une attente qui nous engage dés ici-bas, à nous investir à sa suite, et avec sa grâce, sur le chemin de la fraternité et du pardon. Dans   une attente qui nous engage aussi à savoir discerner au cœur de nos vies et de la vie du monde, les signes de sa présence et de sa venue.

– Le troisième aspect de la figure du Christ Roi de l’Univers nous est révélé pat Jésus lui-même qui, non simplement s’est approché des hommes en bon berger, mais qui s’est identifié aux plus humbles et aux plus pauvres. « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.» 

Proche des petits et des exclus, le Christ Roi de l’univers se reconnaît en chacun d’eux. Et c’est donc à la manière dont nous les aurons accueillis que nous serons jugés. « J’ai eu faim, j’étais malade, j’étais prisonnier, j’étais un étranger … »

La porte du Royaume est ouverte, mais la franchir ne consiste pas simplement à entrer dans nos églises ou à se retrouver dans le secret de la prière. La porte du Royaume nous dit Jésus, est à franchir en osant nos pas dans le concret de la vie, dans le vif de notre actualité traversée par ses misères et ses espoirs, dans la rencontre des hommes et en particulier des frères et sœurs en souffrance. Le Royaume est présent et en construction dans chaque écoute patiente, chaque sourire encourageant, chaque fardeau partagé, chaque regard respectueux et aimant, chaque geste de paix et de réconciliation.

Dans une prière que nous adressons à saint Vincent de Paul, pour lequel cet évangile de Matthieu a été phare et lumière pour sa vie, nous concluons : « Fais-nous souvenir que tous un jour nous serons jugés sur l’amour »

Ce jugement ne doit pas nous apeurer en pensant à la fin des temps, mais doit nous engager dans l’aujourd’hui de la vie, car c’est bien là que tout commence : « Le Royaume est là parmi nous. »

Le Christ roi de l’univers, berger de l’humanité, sauveur et rassembleur a fait choix d’habiter le palais du cœur des hommes pour nous conduire ensemble à la Vie, avec lui et pour l’Éternité.

Amen

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Rencontre avec le Père Roberto Gomez : « Saint Vincent de Paul est l’abbé Pierre de son époque »

À quelques jours de l’ouverture de l’Accueil Louise & Rosalie, situé dans les locaux de la Congrégation de la Mission dite des « Lazaristes », Coline et Laurence, bénévoles de l’accueil, sont allées à la rencontre du Père Roberto Gomez, supérieur de la communauté. Ce dernier nous parle de l’approche vincentienne de la pauvreté et donne des conseils concrets aux bénévoles pour accomplir au mieux leur mission.

Accueil Louise et Rosalie

Rencontre avec le Père Roberto Gomez : « Saint Vincent de Paul est l’abbé Pierre de son époque »

La communauté rassemble 25 frères et pères de tous âges et de 12 nationalités. Leur mission spécifique est l’accueil et l’évangélisation qui s’expriment au travers d’activités variées : animation des missions populaires, de la chapelle saint Vincent de Paul et de la chapelle de la rue du Bac, la formation universitaire des laïcs, etc. Les bâtiments sont le siège de ladite Congrégation depuis 1818, abritant une chapelle où sont conservées des reliques de St Vincent de Paul et des martyrs de Chine, les archives historiques, une bibliothèque dédiée aux études augustiniennes, une association pour l’amitié, bref un véritable patchwork.

 

Pouvez-vous nous rappeler le parcours de Saint Vincent de Paul et nous préciser sa spécificité ?

Saint Vincent de Paul est né en 1581 à côté de Dax dans une famille paysanne. Il a été ordonné prêtre à 20 ans.  Les premières années de sa vie sacerdotale sont une recherche de lui-même. 1617 est une année charnière où deux évènements ont bouleversé sa vie : à Folleville près d’Amiens, il est appelé au chevet d’un homme dont il mesure l’abandon spirituel et à Châtillon-sur-Chalaronne où, visitant une famille qui mourrait de faim, il réalise la misère économique et sociale de son temps.

De plus, Dieu l’avait préparé en lui faisant traverser deux épreuves qui l’ont fait sortir de lui-même : accusation injustifiée de vol et crise de la foi. Il a alors consacré sa vie à servir les gens de la campagne et les personnes les plus abandonnées.

Saint Vincent de Paul a profondément transformé la France du XVIIe siècle, il est l’abbé Pierre de son époque, une figure énorme aujourd’hui méconnue, c’est un géant. Le géant de la charité.

PÈRE ROBERTO GOMEZ

Que nous enseigne la spiritualité de Saint Vincent dans l’aide aux plus pauvres ?

La spiritualité de Saint Vincent plonge ses racines dans l’Incarnation du Christ qu’il a poussée jusqu’au bout en voyant dans le pauvre le Christ incarné souffrant, mettant en pratique les paroles du Christ transmises par l’évangile de Matthieu, chapitre 25 : « Lorsque vous avez fait quelque chose à ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ».

C’est pour cela que Vincent disait aussi « tournez la médaille et vous verrez derrière ces visages déformés par la maladie, la souffrance, le visage du Christ lui-même » et encore « si un pauvre arrive pendant l’Eucharistie, quittez l’adoration, c’est laisser Dieu pour Dieu ! »

 C’est énorme et c’est une véritable révolution théologique pour le XVIIe siècle.

Est-ce cette spiritualité qui vous a poussés à participer à l’ouverture de l’accueil ?

Nous sommes fils de Saint Vincent de Paul. Nous sommes une communauté vieillissante mais nous avons eu l’opportunité de monter ce projet avec la Fédération des Equipes Saint-Vincent et la Société de Saint-Vincent-de-Paul.  A partir du moment où nous pouvions faire équipe avec des laïcs, c’était une évidence.

Comment au quotidien rejoindre Saint Vincent de Paul ?

 

La charité n’est pas réservée aux catholiques et aux pratiquants. Beaucoup de non croyants sont sensibles aux souffrances de l’autre et veulent s’engager. L’amour est universel, les manières de le mettre en pratique sont particulières.

Quand on perd de vue que l’être humain est fait pour la transcendance, voilà la plus grande des pauvretés. Croire que nous ne sommes que de la matière, c’est une misère et l’on finit par ne vivre que pour soi, égoïstement. À l’inverse croire qu’il y a en nous quelque chose d’éternel, alors notre vie a un autre sens.

La famille vincentienne croit au mystère de l’incarnation, voit le Christ dans la personne la plus pauvre et participe par l’action et la charité au concert de l’amour universel.

Père Roberto Gomez

Quel conseil donneriez-vous aux futures bénévoles ?

Un conseil … c’est difficile, j’ai beaucoup d’admiration pour ceux qui font le pari de l’amour universel, qui croient à la grandeur de la personne humaine et s’engagent auprès de ceux qui sont mis de côté par la société.

Quelqu’un a dit « l’autre, quand on le voit de loin, il ressemble à un monstre, quand on s’en approche un peu, il ressemble à un être humain, quand on s’approche de près, c’est un frère ou une sœur. »

On a peur des immigrés par exemple, mais quand on connaît une personne immigrée on découvre que ce n’est pas un ennemi mais une personne humaine, comme nous, qui a faim, qui a souffert et quitté son pays par contrainte.

Si j’avais un conseil, je dirais : « n’ayons pas peur de l’autre et si nous osons tourner la médaille comme l’a dit Monsieur Vincent, ce serait la cerise sur le gâteau ! »

PÈRE ROBERTO GOMEZ

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Lettre aux amis et partenaires de l’Accueil Louise & Rosalie

Nous sommes heureux de vous adresser la première Lettre d’Information de l’Accueil Louise & Rosalie. Envoyée désormais régulièrement, elle aura pour but de vous tenir informés de l’avancement du projet et, après l’ouverture de l’accueil, des actions à conduire, des résultats obtenus, des dates à retenir, etc…

Accueil Louise et Rosalie

Lettre aux amis et partenaires de l’Accueil Louise & Rosalie

Chers amis et partenaires de l’Accueil Louise & Rosalie.

Nous sommes heureux de vous adresser la première Lettre d’Information de l’Accueil Louise & Rosalie. Envoyée désormais régulièrement, elle aura pour but de vous tenir informés de l’avancement du projet et, après l’ouverture de l’accueil, des actions à conduire, des résultats obtenus, des dates à retenir, etc…

C’est grâce à vous, grâce à votre engagement et à la confiance que vous nous portez que ce projet peut enfin se concrétiser. Nous tenions à vous en remercier très chaleureusement.

En effet, la date de l’ouverture de l’accueil prévue en juin dernier a dû être reportée compte tenu de la crise sanitaire. Aujourd’hui, nous avons la joie de vous annoncer que malgré cette nouvelle période de confinement, l’Accueil Louise & Rosalie ouvrira bien ses portes aux femmes sans abri à partir du jeudi 12 novembre 2020.

Cette ouverture sera singulière mais reste néanmoins symbolique, dans un contexte de précarisation croissante. Nous tenons ici à remercier les bénévoles qui, dans une démarche courageuse et audacieuse montrant le dynamisme des équipes, répondent présentes pour accueillir les femmes de la rue 3 matinées par semaine dans un premier temps.

L’épidémie du Covid-19 a frappé cette année de plein fouet les personnes sans-abri en accentuant encore leur précarité. Si certaines ont pu être accueillies dans des hôtels pendant la première période de confinement, d’autres sont restées dans la rue, encore plus démunies alors que de nombreuses associations, qui les aident habituellement et leur permettent de se nourrir, avaient dû cesser leurs activités.

Pour ce nouveau confinement, l’activité des associations doit se poursuivre. Notre vocation chrétienne est renforcée en période de crise et nous nous devons d’être sur le terrain tout comme St Vincent de Paul l’était au 17e siècle.

En revanche, le contexte ne nous permettra toujours pas d’organiser une « inauguration officielle » à laquelle nous souhaitons associer tous les partenaires et acteurs de ce projet. Nous vous proposerons, dès que les conditions seront à nouveau réunies, de participer à l’une des journées portes ouvertes que nous organiserons. Vous pourrez ainsi découvrir l’accueil situé au 97 rue de Sèvres, Paris 6 et rencontrer les bénévoles qui l’animeront au quotidien.

Jamais l’assistance aux femmes de la rue ne s’est faite plus urgente et la raison d’être de l’Accueil Louise & Rosalie plus essentielle.

Initiative conduite par la Fédération Française des Équipes Saint-Vincent et la Société de Saint-Vincent-de-Paul, en partenariat avec la Congrégation de la Mission (dite des Lazaristes), l’Accueil Louise & Rosalie entend répondre à ce besoin urgent en accueillant, le jour, les femmes de la rue qui bénéficient aujourd’hui de peu de centres d’accueil dédiés pouvant leur offrir un espace au calme et en sécurité.

Nous espérons que cette lettre d’information saura répondre à vos questions.

Bien fraternellement,

France Morane, Présidente de la Fédération Française des Équipes Saint-Vincent

Michel Lanternier, Président de la Société de Saint-Vincent de Paul

Père Roberto Gomez, Congrégation de la Mission

POUR EN SAVOIR PLUS :  https://louiseetrosalie.com/

DEVENIR BÉNÉVOLE : https://louiseetrosalie.com/devenir-benevole/

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