Chapelle Saint-Vincent-de-Paul. Paris

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Chapelle Saint-Vincent-de-Paul. Paris

LA CHAPELLE DES LAZARISTES

La Chapelle des Lazaristes est une église peu connue des parisiens. Ne manquez pas d’aller la visiter ; elle en vaut grandement la peine ! Située 95 de la rue de Sèvres dans le 6e arrondissement, non loin du « Bon Marché » et face à l’ancien hôpital Laennec. (Métro : Ligne 10 / Station : Vaneau) Cette chapelle abrite les reliques de Saint-Vincent de Paul placées dans une châsse située au-dessus le maître autel.     

QUELQUES ELEMENTS DE L’HISTOIRE

Une léproserie, attestée en 1110 et placée sous l’invocation de Saint-Ladre ou Saint- Lazare avait été fondée le long de la route de Paris à Saint-Denis à la limite de la zone marécageuse de l’ancien lit de la Seine. Pour soutenir cette institution charitable, le roi Louis VI le Gros établit en sa faveur une foire dont elle touchait les revenus. Cette foire qui durait huit jours se tenait le long de la route. Louis VI le Gros visita l’établissement avant de partir pour la deuxième croisade et lui fit d’importantes donations. En 1183 Philippe-Auguste racheta cette maladrerie et la transféra dans Paris au lieu-dit “les Champeaux” qui se trouvait au centre de Paris dans le quartier des halles. Elle fut cédée le 7 Janvier 1632 à Saint-Vincent de Paul et à la Congrégation des Prêtres de la Mission. Ils quittèrent le collège des Bons-Enfants-Saint-Victor qu’ils occupaient au n°2 et 4 de la rue des Écoles pour s’installer dans l’ancien hôpital Saint-Lazare que lui cédèrent les chanoines de Saint-Augustin.

Cet hôpital fut réparé et agrandi, il y avait là un ensemble composé d’un hôpital, d’un séminaire, d’un lieu de retraite et d’une maison de correction. Son enclos était immense et en faisait le plus grand enclos de Paris. Il s’étendait de la rue de Paradis au Sud, la rue du Faubourg Saint-Denis à l’Est, le boulevard de la Chapelle au Nord et la rue du Faubourg Poissonnière à l’Ouest.

La Congrégation de la Mission fondée en 1625 par Saint-Vincent de Paul fut expulsée de l’ancien prieuré Saint-Lazare par la Révolution. Ce dernier fut reconverti en prison lors de la “Terreur” en 1793. André Chénier, Aimée de Coigny ” la belle captive “, Marie-Louise de Montmorency-Laval dernière abbesse de Montmartre, Charles-Louis Trudaine, le marquis de Sade parmi tant d’autres y furent incarcérés. Un tableau célèbre “Appel des dernières victimes de la Terreur à la prison Saint-Lazare” de Charles-Louis Muller nous montre l’attente angoissée des prisonnières avant le départ pour l’échafaud.

Elle devint ensuite une prison pour femmes en 1896, alors que tous ses terrains avaient été progressivement cédés et lotis à partir de la Révolution. Parmi ses prisonnières célèbres emprisonnées à Saint-Lazare, on peut citer Louise Michel, Margaretha Geertruida dite Mata Hari et Henriette Caillaux emprisonnée pour avoir assassiné le directeur du Figaro Gaston Calmette. La prison Saint-Lazare recevait également les prostituées ramassées par la Police, une chanson célèbre d’Aristide Bruant « A Saint-Lazare » leur est dédiée !!! Cette prison pour femme ferme définitivement en 1920, les prisonnières incarcérées sont transférées à la prison de la Petite Roquette à Paris.

Elle fut détruite en grande partie. En 1935 l’Assistance publique-hôpitaux de Paris s’installera dans les bâtiments restants jusqu’à une période récente. C’est dans cet hôpital que les prostituées devaient subir une visite médicale. La Préfecture de Police de Paris y installa pendant un temps le service médical de la commission du permis de conduire. Il ne reste plus aujourd’hui de la Prison Saint-Lazare que l’infirmerie et la chapelle construits par Louis-Pierre Baltard en 1834. On peut voir la chapelle au fond du square Alban-Satragne 107 rue du Faubourg Saint-Denis. Aujourd’hui désaffectée et transformée en amphithéâtre, elle est propriété de la Faculté de Médecine 

La Congrégation de la Mission s’installa sur la rive gauche en 1817 au 95 de la rue de Sèvres. A cet emplacement s’élevait en 1685 l’hôtel Gaignières. François Roger de Gaignières était un généalogiste français, antiquaire et collectionneur. Écuyer du duc de Guise il constitua une vaste collection de lettres originales, portraits et gravures, sceaux, pierres tombales, vitraux, miniatures, tapisseries dont il fit don en 1711 à Louis XIV. Une partie de ces fonds sont aujourd’hui propriété de la Bibliothèque Nationale. Puis en 1788 l’hôtel du duc de Lorges ( Guy Aldonce de Dufort de Lorges ). Neveu du célèbre vicomte de Turenne. Le duc de Lorges connu sous le nom de Maréchal de Lorges servit sous Louis XIV.

Afin d’honorer leur fondateur les lazaristes font élever une chapelle afin d’y accueillir les reliques de Saint-Vincent de Paul cachées pendant la Révolution et miraculeusement sauvées. La première pierre de la chapelle est posée en 1826 et sera terminée l’année suivante. La chapelle sera inaugurée le 1er novembre 1827 par l’archevêque de Paris Mgr de Quelen.

Le corps de Saint-Vincent de Paul reposait dans la chapelle des Sœurs de la Charité rue du Bac. Le dimanche 25 avril 1830, le diocèse de Paris et les Lazaristes organisèrent le transfert des reliques du corps de Saint-Vincent de Paul depuis Notre-Dame de Paris jusqu’à la Maison Mère des Lazaristes au 95 rue de Sèvres. Mille sœurs, cent douze novices et tous les Lazaristes présents à Paris participèrent à cette journée exceptionnelle. Plusieurs dizaines de milliers de personnes suivirent la cérémonie et la procession dont le Roi Charles X. Ses reliques furent placées dans une superbe châsse surplombant le maître autel. La châsse abondamment ornée de sculptures en argent contient les reliques de Saint-Vincent de Paul. Elle est accessible par deux escaliers placés de part et d’autre de l’autel. Réalisée par l’orfèvre Jean-Baptiste-Claude Odiot. La châsse mesure 2.25 mètres de long et 65 centimètres de large pour environ 1 mètre de haut en son milieu. Au dessus un ensemble sculpté représente Saint-Vincent de Paul s’élevant vers le ciel avec les emblèmes de la foi, de l’espérance, et de la charité les trois vertus théologales, portés par quatre anges. Pour sa réalisation, une souscription publique a été ouverte. Elle sera largement couverte par le peuple de Paris, très attaché à ce saint, proche des pauvres.

Le corps de Saint-Vincent de Paul, mort le 27 septembre 1660, se trouvait intact à l’exception des yeux et du nez en 1712, soit 52 ans après son décès. En 1737, seul subsistait le squelette. Ces reliques ont pu être cachées et échapper à la tourmente révolutionnaire. Sur le squelette conservé, ont été modelés le visage et les mains en cire de sorte que l’on a l’impression que Saint-Vincent de Paul à l’air de reposer paisiblement, revêtu de ses habits sacerdotaux. La croix placée entre ses mains est celle avec laquelle il donna l’extrême-onction au Roi Louis XIII mourant. Le cœur de Saint-Vincent de Paul est conservé séparément dans la chapelle des Filles de la Charité 140 rue du Bac, plus connue sous le nom de la chapelle de la “médaille miraculeuse”. L’ordre des Filles de la Charité ou Sœur de Saint-Vincent de Paul fut crée en 1633 par Vincent de Paul dont la formation fut confiée à Louise de Marillac. Vincent de Paul fut béatifié par Benoît XII en 1729 et canonisé par Clément XII en 1737.

La chapelle garde le souvenir de deux prêtres de la Mission martyrisés en Chine : le père Gabriel Perboyre ( exécuté par strangulation en1840) et le Père François Régis Clet ( mort enseveli vivant sur la montagne rouge de Wuhan en 1820 ). Leurs tombeaux se trouvent dans les bas côtés de la Chapelle.

 La pierre tombale du père Etienne, ancien supérieur général, est située dans l’allée principale. Les décorations de la chapelle sont typiques de la fin de la restauration. Deux médaillons de teinte marron rehaussée de jaune sont placés au centre de chaque vitrail, probablement de 1864, évoquent la vie et les œuvres de saint Vincent.     

Cavaillé Coll achèvera la construction de l’orgue la même année. Louis Braille en plus de son enseignement à l’Institut Royal des Jeunes Aveugles, était un excellent organiste. Après avoir tenu l’orgue de l’église Saint-Nicolas-des-Champs jusqu’en 1845, il exercera jusqu’à sa mort en 1852 la fonction d’organiste à la Chapelle des Lazaristes.

Dans les tribunes, une série de tableaux exécutés par le Frère François (Frère de la Mission), élève du peintre Ingres, retracent des scènes de la vie de Jésus et de celle de la Vierge Marie. La chapelle de la sainte Vierge, au bas-côté gauche, est dédiée à la conservation du Saint Sacrement. Près de la Chapelle une salle des reliques contient des souvenirs de Saint-Vincent de Paul, de Louise de Marillac cofondatrice de l’ordre des Filles de la Charité et des martyrs de la congrégation Lazariste. La chapelle du bas-côté droit est dédiée à saint Joseph. La chapelle a été restaurée en 1983 et en 1992.

Elle est classée monument historique. https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00088638

 

  

 

Homélie Dominicale

Il faut que la Compagnie se donne à Dieu pour expliquer des comparaisons familières les vérités de l'Évangile, lorsqu'on travaille dans les missions. Étudions-nous pour façonner notre esprit à cette méthode, imitant en cela Notre-Seigneur, lequel, comme dit le saint évangéliste, Tout cela, Jésus le dit aux foules en paraboles, et il ne leur disait rien sans parabole . (Mt 13, 34). N'employons que sobrement dans les prédications les passages des auteurs profanes ; encore faut-il que ce ne soit que pour servir de marchepied à la Sainte Écriture.

Saint Vincent de Paul

Homélie Dominicale

La prudence et la simplicité tendent à même fin, qui est de bien parler et de rien faire dans la vue de Dieu ; et comme l’une ne peut être sans l’autre, Notre-Seigneur les a recommandées toutes deux ensemble. Je sais bien qu’on trouvera de la différence entre ces deux vertus par distinction de raisonnement ; mais, en vérité, elles ont une très grande liaison et pour leur substance et pour leur objet. Pour ce qui est de la prudence de la chair et du monde, elle a pour son but et pour sa fin la recherche des honneurs, des plaisirs et des richesses ; aussi est-elle entièrement opposée à la prudence et simplicité chrétiennes, qui nous éloignent de ces biens trompeurs pour nous faire embrasser les biens solides et perdurables, et qui sont comme deux bonnes sœurs inséparables, et tellement nécessaires pour notre avancement spirituel, que celui qui saurait s’en servir comme il faut amasserait sans doute de grands trésors de grâces et de mérites… (Saint Vincent de Paul, Coste XII, p. 51-52)

Homélie. 7e dimanche de Pâques, année A, (Ac 1, 12-14 ; 1 P 4, 13-16 ; Jn 17, 1b-11a). 24 mai 2020

L’Ascension de Jésus avait plongé ses disciples dans un confinement volontaire au Cénacle d’où ils n’osaient sortir. Ils avaient verrouillé les portes de cette chambre haute par peur. Ils attendaient, sans savoir exactement leur sort. Il faudra la foudre de Pentecôte (ou plutôt ses langues de feu) pour qu’ils puissent sortir de leur confinement volontaire pour parler à la foule.

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Ce confinement amène un sérieux questionnement du vécu en Église. J’ai plusieurs sujets en tête mais l’un d’entre eux me préoccupe de plus en plus : Que disent les chrétiens de leur foi en Jésus-Christ ?

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Un cierge pascal éclaire une immense église dans la pénombre Veillée Pascale. Maison-Mère 2020

Ô Christ ressuscité :
En cette Pâque 2020, marquée par la pandémie du Covid-19, nous avons plus que jamais besoin de toi, ô Jésus vainqueur de la mort !
Nous avons besoin de la force et de la confiance qui t’ont soutenu dans ton agonie et passion ; besoin du courage qui t’a permis de rester fidèle jusqu’au bout à la mission confiée par le Père ; besoin de l’amour à toute épreuve lequel s’est manifesté dans la puissance de ta faiblesse.

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Contrairement aux évangiles synoptiques de Pâques qui commencent à l’aube, le récit de Jean commence dans l’obscurité, l’absence de lumière (c’était encore les ténèbres). Arrivée devant le tombeau, Marie-Madeleine découvre que la pierre a été roulée. Elle en déduit qu’on a enlevé le corps de Jésus.

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